Ambiance (et souvenirs de jeu)
L'ombre imposante de Bernaba se débattait derrière le paravent, on aurait dit un spectacle d'ombres chinoises. Un Di Grassi un peu gêné fixait le domestique du Patrice de Velsna, qui l'était tout autant, avec cette tonne de fins tissus dans les bras.
"Ton fiston ? Oui, bien sûr. C'est un bon gamin, et il s'est porté volontaire pour entrer dans la Garde sénatoriale alors, disons que je lui ai proposé d'assurer ma sécurité pendant le voyage. Diable ! Ce gamin te ressemble comme deux gouttes d'eau: à coup sûr, Clara s'est pas tapée le facteur ! Ah ! Je crois que je l'ai ! Enfin..."
L'ombre cesse de se débattre, grossit derrière le paravent avant d'en sortir réduite. Il était 10h du matin, mais Bernaba paraissait déjà rougeot. On se savait dire si c'était là l'effet de l'alcool ou de la chaleur des mois de juin teylais. Mais on ne sentait rien d'autre que la transpiration, alors ce n'était pas l'alcool. Son excellence illustre, le Patrice de Velsna, était de cérémonie entièrement vêtu. Ses habits étaient somptueux, son manteau est fait d'hermine et de brocart, lamé d'or, d'argent ou de soie écarlate, portant un bonnet, la fameuse "corne patricienne". Il y avait sans doute plus de dorures sur sa personne que dans une mine d'or d'Antérie.
C'est ce même moment que d'autres personnes choisirent pour entrer dans la petite pièce, ce vestiaire luxueux tout de velours placardé sur les murs certes, mais qui comparé à la grandiloquence des couloirs du Palais des Patrices, était somme toute modeste en comparaison. Deux têtes se penchèrent sur le pas de la porte sans oser entrer: son excellence Sofia Di Saltis, la nouvelle maîtresse de l'Arsenal, et Carlos Pasqual, Maître de la Garde. Comme quelques autres, ceux là figuraient parmi le cercle de confiance de Bernaba, cercle dont les membres avaient pour seul point commun de s'être armés les premiers contre la tyrannie de Scaela, il y a déjà près de six ans de cela. Les deux sont muets, tout comme Di Grassi.
Di Grassi eu un rictus courtois, mais on vit bien qu'il se retint de rire, une politesse qui ne fut guère de rigueur chez Di Saltis et Pasqual, qui explosèrent.
Le contraste entre intérieur et extérieur fut saisissant, entre un petit palais miniature et un véritable chantier grouillant de monde et de vacarme, semblable à un début de festival, mais où les tentes sont de petites maisons, dont des allées le reliant sont tracées par une unité de génie des gardes sénatoriales de wanmiriens et d'ushong, qui avaient aussi la charge de construire ce qui ressemblait de plus en plus à un village. Que dis-je...une petite ville plutôt, avec tout ce qui avait de prévu pour mener un certain confort: le camp s'articulait autour de la résidence provisoire du Patrice et des sénateurs représentatifs du gouvernement, un premier cercle de confiance. Au delà du premier cercle, on avait logé les sénateurs de l'opposition et les autres excellences illustres, magistrats de la République ainsi que chefs d'entreprises et de corporations marchandes. Encore au delà, les quartiers des gardes et des petites mains. On avait bâti un "Forum des entrepreneurs", conçu pour donner aux représentants des entreprises teylaises un point de ralliement afin de rencontrer leurs pairs velsniens.
Situé sur une hauteur champêtre, du camp, on pouvait y voir à l'horizon, au delà d'une vaste plaine en openfield typiquement teylaise, entrecoupée par de petites agglomérations, la jungle urbaine de Manticore au loin. Beaucoup paraissaient surpris de croiser le Sénateur Di Grassi parmi eux: il n'avait donné nouvelle de lui depuis deux ans, et le début de sa retraite sur ses terres, en Achosie du Nord. Certains des soldats, greffiers sénatoriaux et sénateurs l'appelaient encore "Stratège", ou "Amirraglio', à son passage. Au milieu de ce mouvement de fond, Di Grassi posa la main sur l'épaule de la Maîtresse de l'Arsenal.
"Ce n'est pas le Patrice qui est supposé le faire ?"
"Bernaba est beaucoup de choses, Sofia: je suis prompt à lui confier ma vie sur un champ de bataille sans aucune hésitation, mais pas une seule seconde il faut le laisser sur une estrade devant 500 personnes. Nous n'avons pas envie de provoquer une guerre."
" Et toi ? Pourquoi tu ne le fais pas ?"
" Je ne suis plus membre de ce gouvernement, ce ne serait pas normal."
"D'ailleurs, je pense qu'il faut qu'on parle sur tes petites vacances. Tu aurais pu nous prévenir avant que ça allait durer aussi longtemps. Deux ans, Matteo. Pendant que toi tu prenais tes aises, il nous a fallu gérer tout ce beau monde: la Dodécapole, les affaires nazumi, Altarini et Rufinus..."
"Et vous avez fait du bon travail jusque maintenant."
"Tu trouves ? On a un sénateur en cavale avec une flotte de déserteurs en Dodécapole, je te le rappelle. Non, les choses ne vont pas bien Matteo. La moitié des gens qui sont venus à cette petite balade veulent nos voir morts, et l'autre moitié veut nous sucer notre argent jusqu'à l'os."
"En quoi est-ce là pire que ce que nous avons déjà connu ? Altarini est un idiot qui est bien capable de se tuer tout seul. J'ai toujours espoir qu'Agricola ne reprenne ses esprits, et se rende de lui-même. Quant aux réformes de Rufinus, je pense qu'elles ne constituent pas un danger pour la République. Nous devrions laisser couler. Enfin...VOUS devriez laisser couler: je ne reprendrai pas ma place au Conseil Communal, Sofia. Je ne t'ai pas recommandé pour rien. Bon, on se voit après votre première réunion avec les teylais, tu connais le numéro du Pierre Lore ?"
"Oui, je crois."
"Tu crois ? Mauvais reflexe Sofia."
"Oui je l'ai. Content ?"
"Très. Bonne chance Sofia."
"C'est cela oui..."
Il a été proposé aux teylais de diviser la première journée de l'étape des velsniens, où devrait avoir lieu les formalités diplomatiques et les jolis discours, en deux groupes distincts:
- Les membres du Gouvernement communal présents au Grand Tour mèneront le groupe qui sera chargé de passer devant l'Assemblée Nationale teylaise, puis éventuellement à la Résidence Faure. (Sofia Di Saltis, Carlos Pasqual et Rocco Ascone).
- Le Patrice de Velsna se rendra en entretien "privé" auprès de la Reine de Teyla, privé entre guillemets parce qu'il sera secondé par le chargé de communication de l'ONC auprès de l'OND, et excellence sénateur, Alessandro Benedetti (accessoirement ancien garde du corps de Bernaba Di Albirio).
- Le Forum des entrepreneurs velsniens est ouvert aux éventuels acteurs privés teylais.
- Le "camp" (qui dans les faits ressemble plus à une petite ville de 1000 habitants) est ouvert aux teylais si volonté de parler à un personnage qi ne figure pas dans les deux délégations du jour.
Pour les besoins du discours introductif, c'est la Maîtresse de l'Arsenal Sofia Di Saltis
Honorables députés,
Il est de notre honneur d'être reçus en guise de première des étapes de la grande tournée internationale dont la République a pris l'initiative. Si il n'est pas la première fois que nous nous rencontrons, c'est bien
Antarès, Carnavale, Manche blanche circulation maritime
(Suite à écrire..., ne pas répondre tout de suite)