23/10/2019
18:33:18
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Le Grand Tour - Etape 1: Manticore (Teyla/Velsna)

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Le Grand Tour

Etape 1 Manticore



Ambiance (et souvenirs de jeu)



Quelques heures après l'arrivée sur le territoire teylais, à la lisière de Manticore...



"Ton invitation m'a surpris, Barnaba. J'aurais apprécié que tu en ais parlé à quelqu'un avoir d'avoir cette idée..."


"Oh je t'en prie Matteo. J'ai pas besoin de ta permission pour pisser."


"Tu en mets du temps..."


"Attends deux secondes bon sang ! Putain j'ai l'impression d'être un énorme boudin ficelé dans ce truc ! Diable et bordel de merde !"


L'ombre imposante de Bernaba se débattait derrière le paravent, on aurait dit un spectacle d'ombres chinoises. Un Di Grassi un peu gêné fixait le domestique du Patrice de Velsna, qui l'était tout autant, avec cette tonne de fins tissus dans les bras.

" Bernaba. Je voulais te le demander. Patrizio, il s'en sort bien ?"

"Ton fiston ? Oui, bien sûr. C'est un bon gamin, et il s'est porté volontaire pour entrer dans la Garde sénatoriale alors, disons que je lui ai proposé d'assurer ma sécurité pendant le voyage. Diable ! Ce gamin te ressemble comme deux gouttes d'eau: à coup sûr, Clara s'est pas tapée le facteur ! Ah ! Je crois que je l'ai ! Enfin..."


L'ombre cesse de se débattre, grossit derrière le paravent avant d'en sortir réduite. Il était 10h du matin, mais Bernaba paraissait déjà rougeot. On se savait dire si c'était là l'effet de l'alcool ou de la chaleur des mois de juin teylais. Mais on ne sentait rien d'autre que la transpiration, alors ce n'était pas l'alcool. Son excellence illustre, le Patrice de Velsna, était de cérémonie entièrement vêtu. Ses habits étaient somptueux, son manteau est fait d'hermine et de brocart, lamé d'or, d'argent ou de soie écarlate, portant un bonnet, la fameuse "corne patricienne". Il y avait sans doute plus de dorures sur sa personne que dans une mine d'or d'Antérie.

C'est ce même moment que d'autres personnes choisirent pour entrer dans la petite pièce, ce vestiaire luxueux tout de velours placardé sur les murs certes, mais qui comparé à la grandiloquence des couloirs du Palais des Patrices, était somme toute modeste en comparaison. Deux têtes se penchèrent sur le pas de la porte sans oser entrer: son excellence Sofia Di Saltis, la nouvelle maîtresse de l'Arsenal, et Carlos Pasqual, Maître de la Garde. Comme quelques autres, ceux là figuraient parmi le cercle de confiance de Bernaba, cercle dont les membres avaient pour seul point commun de s'être armés les premiers contre la tyrannie de Scaela, il y a déjà près de six ans de cela. Les deux sont muets, tout comme Di Grassi.

"Putain. Je ressemble à un clown poetoscovien."


Di Grassi eu un rictus courtois, mais on vit bien qu'il se retint de rire, une politesse qui ne fut guère de rigueur chez Di Saltis et Pasqual, qui explosèrent.

"Arrêtez de vous marrer bande d'idiots. C'est de votre faute si je dois porter cet accoutrement. La cape d'hermine me démange en plus, et j'ai l'impression d'être au soleil tellement j'ai chaud. Ce sera un miracle si je me fous pas à poil devant la grosse Catherine."


" Ne les écoute pas Bernaba, tu es très bien comme ça. On se voit en fin de journée, je dois parler avec Sofia. Tu me suis ?"



Le contraste entre intérieur et extérieur fut saisissant, entre un petit palais miniature et un véritable chantier grouillant de monde et de vacarme, semblable à un début de festival, mais où les tentes sont de petites maisons, dont des allées le reliant sont tracées par une unité de génie des gardes sénatoriales de wanmiriens et d'ushong, qui avaient aussi la charge de construire ce qui ressemblait de plus en plus à un village. Que dis-je...une petite ville plutôt, avec tout ce qui avait de prévu pour mener un certain confort: le camp s'articulait autour de la résidence provisoire du Patrice et des sénateurs représentatifs du gouvernement, un premier cercle de confiance. Au delà du premier cercle, on avait logé les sénateurs de l'opposition et les autres excellences illustres, magistrats de la République ainsi que chefs d'entreprises et de corporations marchandes. Encore au delà, les quartiers des gardes et des petites mains. On avait bâti un "Forum des entrepreneurs", conçu pour donner aux représentants des entreprises teylaises un point de ralliement afin de rencontrer leurs pairs velsniens.

Situé sur une hauteur champêtre, du camp, on pouvait y voir à l'horizon, au delà d'une vaste plaine en openfield typiquement teylaise, entrecoupée par de petites agglomérations, la jungle urbaine de Manticore au loin. Beaucoup paraissaient surpris de croiser le Sénateur Di Grassi parmi eux: il n'avait donné nouvelle de lui depuis deux ans, et le début de sa retraite sur ses terres, en Achosie du Nord. Certains des soldats, greffiers sénatoriaux et sénateurs l'appelaient encore "Stratège", ou "Amirraglio', à son passage. Au milieu de ce mouvement de fond, Di Grassi posa la main sur l'épaule de la Maîtresse de l'Arsenal.

" Sofia, je crois qu'il vaut mieux que cela toi qui t'occupe du discours à l'Assemblée des teylais."

"Ce n'est pas le Patrice qui est supposé le faire ?"

"Bernaba est beaucoup de choses, Sofia: je suis prompt à lui confier ma vie sur un champ de bataille sans aucune hésitation, mais pas une seule seconde il faut le laisser sur une estrade devant 500 personnes. Nous n'avons pas envie de provoquer une guerre."

" Et toi ? Pourquoi tu ne le fais pas ?"

" Je ne suis plus membre de ce gouvernement, ce ne serait pas normal."

"D'ailleurs, je pense qu'il faut qu'on parle sur tes petites vacances. Tu aurais pu nous prévenir avant que ça allait durer aussi longtemps. Deux ans, Matteo. Pendant que toi tu prenais tes aises, il nous a fallu gérer tout ce beau monde: la Dodécapole, les affaires nazumi, Altarini et Rufinus..."

"Et vous avez fait du bon travail jusque maintenant."

"Tu trouves ? On a un sénateur en cavale avec une flotte de déserteurs en Dodécapole, je te le rappelle. Non, les choses ne vont pas bien Matteo. La moitié des gens qui sont venus à cette petite balade veulent nos voir morts, et l'autre moitié veut nous sucer notre argent jusqu'à l'os."

"En quoi est-ce là pire que ce que nous avons déjà connu ? Altarini est un idiot qui est bien capable de se tuer tout seul. J'ai toujours espoir qu'Agricola ne reprenne ses esprits, et se rende de lui-même. Quant aux réformes de Rufinus, je pense qu'elles ne constituent pas un danger pour la République. Nous devrions laisser couler. Enfin...VOUS devriez laisser couler: je ne reprendrai pas ma place au Conseil Communal, Sofia. Je ne t'ai pas recommandé pour rien. Bon, on se voit après votre première réunion avec les teylais, tu connais le numéro du Pierre Lore ?"

"Oui, je crois."

"Tu crois ? Mauvais reflexe Sofia."

"Oui je l'ai. Content ?"

"Très. Bonne chance Sofia."

"C'est cela oui..."




Il a été proposé aux teylais de diviser la première journée de l'étape des velsniens, où devrait avoir lieu les formalités diplomatiques et les jolis discours, en deux groupes distincts:
  • Les membres du Gouvernement communal présents au Grand Tour mèneront le groupe qui sera chargé de passer devant l'Assemblée Nationale teylaise, puis éventuellement à la Résidence Faure. (Sofia Di Saltis, Carlos Pasqual et Rocco Ascone).
  • Le Patrice de Velsna se rendra en entretien "privé" auprès de la Reine de Teyla, privé entre guillemets parce qu'il sera secondé par le chargé de communication de l'ONC auprès de l'OND, et excellence sénateur, Alessandro Benedetti (accessoirement ancien garde du corps de Bernaba Di Albirio).
  • Le Forum des entrepreneurs velsniens est ouvert aux éventuels acteurs privés teylais.
  • Le "camp" (qui dans les faits ressemble plus à une petite ville de 1000 habitants) est ouvert aux teylais si volonté de parler à un personnage qi ne figure pas dans les deux délégations du jour.
HRP: je vais commencer par le discours introductif, en partant du principe de que de chaleureuses salutations ont été faites entre Roche Lore et les membres du Gouvernement communal velsnien. Je te laisse l'introduction de la présentation de l'entretien royal, ainsi que la suite du discours, qui sera probablement à la Résidence Faure, mais ça, je te le laisse à ta guise.



Embranchement du Gouvernement communal/assemblée teylaise



Bio du personnage pour le joueur: Pour les besoins du discours introductif, c'est la Maîtresse de l'Arsenal Sofia Di Saltis. A la tête du Bureau depuis les élections de 2018, en remplacement de Matteo Di Grassi qui s'est retiré des affaires gouvernementales, Di Saltis, juriste de formation, est une ancienne partisane de ce dernier, et lui a apporté son soutien durant la guerre civile des triumvirs, ce qui lui a coûté la perte de plusieurs membres de sa famille (son époux, qui était sénateur durant la législature du Gouvernement Dandolo (2012-2013, a été assassiné durant le coup d'état de Scaela en mai 2013. Deux de ses fils engagés dans la Garde civique ont trouvé la mort à Vatluna en janvier 2014).

Après ces évènements, elle a tout d'abord été nommée à la tête de la Classis III, stationnée dans le détroit méslvardien. Elle a ainsi participée à la campagne de Pravoslavnyy en 2015, puis à la campagne du Chandekolza en 2017. Après les élections de 2018, elle est nommée au Bureau de l'Arsenal en raison de ses diverses succès.

Sa famille est issue d'une lignée de propriétaires terriens de la chôra velsnienne dont la trace est recensée dans l'album sénatorial de la Grande République depuis le XVIème siècle.



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Sofia Di Saltis a écrit :
Le Discours de Manticore

Honorables députés,


Il est de notre honneur d'être reçus en guise de première des étapes de la grande tournée internationale dont la République a pris l'initiative. Si il n'est pas la première fois que nous nous rencontrons, c'est bien le plus grand des privilèges d'être reçue ici, dans l'une des plus grandes "arènes" de la vie démocratique d'Eurysie occidentale. Le pays teylais a beaucoup fait, mais avant tout, et tout comme le pays velsnien, a beaucoup vécu. Assez pour que ses citoyens apportent leurs propres conclusions sur ce qui est du ressort de la justice et ce qui est du ressort de la tyrannie. Aucun régime politique n'est parfait, et nos gouvernements ont chacun leurs défauts, il va de soi, mais en revanche, aucune tyrannie n'est un bon régime. A ce titre, nous avons toujours été heureux de situer le Royaume de Teyla dans la première de ces catégories: nous pouvons toujours réformer un régime ouvert imparfait, mais nous ne pouvons jamais réformer une tyrannie qu'en la renversant.

La tyrannie. Vous pourriez croire, mes excellences honorables députés, que votre invitée fait une fixette sur ce mot. Pourtant, je pense qu'il n'a jamais autant été d'actualité que lors de ces dernières années. Celle-ci relève de plusieurs natures: elle peut s'insinuer en silence au cœur des nations les plus honorables, les plus exemplaires. Cela a été le cas dans notre cité, il y a désormais cinq ans, et qui a fait de moi une veuve, et qui m'a pris deux garçons. Parfois, le mal n'est pas visible, que jusqu'au moment où il se révèle: moi, je me suis assis à côté de lui durant deux ans dans une chambre parlementaire qui ressemble trait pour trait à celle-ci.

C'est par le silence que le mal se manifeste le plus souvent lorsqu'il commence à prendre racine, et c'est par le silence que nous, eurysiens, avons permis à la Principauté de Carnavale. La tyrannie commence lorsque le silence est la seule réponse que l'on apporte à l'innaceptable. Cela fait désormais près de trois ans qu'Estham a été rasée, mais les tyrans ne se sont pas formés à ce moment-ci: ils étaient là, sous nos yeux depuis près de vingt ans. Ce n'est pas tant l'Organisation des Nations démocratiques qui a été aveuglée que tout notre continent. Le mal était en sommeil, il faisait partie de notre quotidien, à nos géostratèges qui lorsqu'ils voyaient Carnavale sur une carte la comparait souvent à une tâche de café. Une puissance isolée. Une puissance endormie.

Ce que je vais dire vous semblera peut-être mal placé, mais ces mots ont été murement réfléchis, auprès de mes conseillers non seulement, mais auprès de mes confrères du Gouvernement communal de la Grande République et du Sénat. Aussi, au nom de notre cité, et à titre collectif: nous sommes désolés. Ces mots s'excuses ne s'adressent pas tant à vos morts, que nous avons déjà pleurés avec le gouvernement nordien, à qui nous avons adressé une aide humanitaire d'urgence il y a trois ans. Ils ne s'adressent pas non plus à votre état-major, qui dans le cadre de cette guerre, a reçu notre aide anti-aérienne, certes dérisoire, mais symbolique. Ces mots se dirigent avant tout vers l'incapacité qu'a eu la Grande République, durant des années et en compagnie de la plupart des pays eurysiens, à vouloir considérer Carnavale autrement que comme une nation ordinaire. Nous pensions, comme bien d'autres, que le mal pouvait être circonscris, maîtrisé. Nous avons toujours eu des mauvaises manies, et parmi celles ci, la certitude illusoire que nous avions la maîtrise de la situation. Nous nous sommes trompés le jour où Estham a été bombardée. Aussi, et pour tout ceci, je suis désolée.

Ces excuses sont faibles de la part du reste de l'Eurysie que nous entendons vous transmettre, elles peuvent même paraître risibles au premier abord, mais je le pense, qu'elles peuvent constituer le terreau d'un nouvel ordre des choses: un monde géopolitique respectueux de tous ses acteurs, donnant la parole à chacun, où les avis sont pris en compte, où le courrier doit précéder la guerre. Nous ne sommes pas dupes quant à nos propres capacités: à ce jour, aucune puissance n'est en droit ou en capacité de revendiquer le titre d'hégémon, que cela soit un pays seul ou une organisation internationale quelconque. Pas plus plus nous, que vous, ou que les gens du Liberalintern. Et peut-être qu'il s'agit là d'une bonne chose. Peut-être que la nécessité de la recherche du consensus est la première des solutions à la tyrannie. Peut-être que la pensée presque naïve de se mettre autour d'un table et de discuter est un début de solution.

Mais vous connaissez les manies de vos voisins du nord: nous cherchons rarement à faire des exercices de pensée pour la beauté du geste, mais pour faire ce que nous avançons en premier temps par la parole. Nous ne sommes guère des kartiens sans parole et sans honneur, et je pense que collectivement, nous valons mieux que ces petits arrangements. Ne nous voilons pas la face: des nations comme les nôtres, disposant d'intérêts étendus de ça et de là dans le monde sont condamnées à voir ceux-ci s'entrechoquer parfois, comme c'est déjà arrivé par le passé. Mais la différence entre nous et les tyrans, est que nous cherchons en premier lieu à faire respecter l'équilibre qui s'est progressivement crée de fait entre nos pays, que personne ne perde la face, et que tout le monde reparte avec quelque chose.

C'est en ce sens que les évènements de Carnavale pourraient être le déclencheur de propositions concrètes en ce sens, qui vont au delà des palabres interminables que je vous énonce depuis désormais de longues minutes. Je pense que nous valons mieux qu'un second Estham, mais aussi que nous avons les moyens de nous prémunir de sa réitération: la multipolarité. La multipolarité partout et tout le temps, prise en compte dans nos décisions importantes. Bien entendu, nous en avons conscience, que des principes collectfis sont difficiles à mettre en place à partir de l'instant où un pays n'y souscrit pas, mais pouvons au moins nous donner une chance, et tester ce que peut donner une collaboration poussée entre plusieurs puissances que l'on aurait pensé à priori opposées, et ce dans une zone géographique bien limitée dans un premier temps. L'idée a fait son bout de chemin dans les milieux velsniens: elle a convaincu notre Gouvernement d'en faire la proposition au Gouvernement tanskien. Que la Manche Blanche ne soit plus un espace de division, mais où l'échange et la recherche du profit seront les valeurs cardinales, ce par l'introduction d'un droit maritime propre à la région, et qui se fonderait sur une autorisation de naviguer ou non de flottes militaires étrangères à la Manche blanche, sous condition d'un accord d'un représentant de chacune des trois grandes alliances internationale.

Pour finir, et sachez le: que ce voyage n'est pas seulement l'affaire d'un discours de bienvenue. Nous ne venons jamais les mains vides ô grand jamais. Au cours des trois prochains jours, nous invitons tous les acteurs privés teylais à venir à la rencontre des partenaires velsniens qui auront avec nous fait ce déplacement. L'assagissement du monde se fera par le commerce: commencerons par là. Je vous vous remercie.

Indications au joueur pour la suite: libre à toi d'écrire les réactions des personnages teylais au discours, ou encore d'accompagner les personnages de Sofia Di Saltis, Carlos Pasqual et Rocco Ascone à la Résidence Faure.


Embranchement Patrice (Palais Grayson)



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Dans le véhicule de parade sombre circulant péniblement parmi un cortège discret dans les rues de Manticore, le Patrice Albirio regardait quelques instants au travers de la fenêtre: un défilé de gratte-ciels d'une taille inhabituelle pour les voisins du nord: pour ceux qui venaient d'une ville qui avait des réglementations strictes en matière du nombre d'étages autorisés pour un immeuble, la capitale teylaise paraissait être d'un autre monde. L''accompagnant dans sa très lente pérégrination jusqu'au Palais Grayson, deux hommes radicalement différents, tant par la psyché que par l'apparence, le fixait d'un air impassible. Le sénateur Benedetti, chargé de communication de l'ONC auprès de l'OND, ainsi qu'un garde palatin, un jeune homme imberbe à l'air niais dont la différence de carrure avec le Patrice aurait pu faire croire que c'était le second qui protégeait le premier. Si Albirio ne disposait dans la théorie d'aucun pouvoir décisionnel, et n'entretenait aucune sorte d'ambition politique propre, il était entouré d'amis et de proches qui faisaient tout le travail pour lui, en échange de quoi il servait de vitrine, dans de qui ressemblait à un échange mutuel: accepter de s'exposer médiatiquement quelques instants pour avoir la paix le reste du mois. C''était là ce qu'il faisait à Manticore: faire le travail d'une vitrine: à la fois pour les vrais gouvernants de la cité et pour les entreprises. Le Patrice était là, sans grande attente de ce qui arriverait à une réunion qu'il n'avait point demandé à la base. La soie et l'hermine lui démangent encore le col. Il se gratte frénétiquement, et transpire à grosses gouttes. Benedetti avait peut-être perçu chez lui quelque chose dont il ne se doutait pas lui même...

" Vous êtes stressé, excellence illustre ?"

" Les seules fois où je suis stressé c'est quand je te croise dans le couloir Alessandro. T'as d'autres questions à la con comme ça ?"


...Ou peut-être pas finalement.

" Bon sang. Je sais même pas ce que je fais là Alessandro. Je voulais juste passer du bon temps sur le front de mer teylais à la base."

" Cela ne devrait pas durer trop longtemps, excellence."

"Mouais."

"Au pire, vous pouvez toujours me confier le plus dur. Laissez moi parler à votre place si vous le voulez."

"Mais tais toi donc. Ta mère avait pas encore été engrossée par le facteur que je tuais déjà des achosiens de l'AIAN. J'ai besoin de personne.

"Si vous le pensez, excellence."


L'arrivée devant le Palais Grayson se fait sous la bonne escorte des services teylais, qui jusqu'à présent ont dirigé le cortège au travers de la ville. La bâtisse fut gigantesque pour les yeux d'un velsnien, habitué à l'exiguïté des palazzos velsniens, qui par la force des choses, et surtout de terrain, doivent composer avec l'eau et les inondations constantes. Un château transpirant le classicisme de l'époque moderne, trop rectiligne et ordonné pour émouvoir les voisins du nord, dont la plupart des bâtiments de la même période sont davantage marqués par le baroque. Mais tout cela, inutile de dire que le Patrice n'en tient pas grand compte, et les bois alentours lui rappellent plus probablement que la région doit être riche en gibier.

On fait sortir le Patrice de sa Steiner raskenoise, le sénateur Benedetti et son garde personnel dans ses pattes. Dans le cortège d'Albirio, des "auxiliaires palatins" wanmiriens et ushongav ec qui ce dernier a paru mieux s'entendre qu'avec les autres sénateurs. Ce fut une autre raison qui a poussé le choisir cet Homme comme Patrice: malgré son air bourru, il paraît fait pour le contact avec les foules, et dés lors qu'il en est entouré, il se comporte comme l'un des leurs. Il apostrophe l'un des auxiliaires, en le tapant au niveau de l'entrejambe:

"Alors ? On attend pas le Patrice ? Haha !"


Le garde lui rend un sourire gêné. La plupart des auxiliaires ont encore des difficultés avec la langue velsnienne, étant des étrangers résidant à Velsna en attente d'une citoyenneté. Désormais, ce sont ces étrangers qui constituent la plupart des gardes rapprochées des sénateurs et du personnel politique, depuis la dissolution des licteurs du Sénat après la guerre civile. Pour cause, les velsniens ont tendance à ne pas faire confiance à d'autres velsniens pour s'assurer de leur sécurité, et choisissent le plus souvent de confier leur sécurité à des étrangers que l'on dit moins intéressés par la politique de la République.

Arrivant au devant de la reine et de son propre comité d'accueil (je laisse Val faire une description plus poussée), l'atmosphère change de tout au tout, adoptant des tons plus formels. Bernaba Di Albirio tente se se conformer au protocole royal teylais, de manière quelque peu maladroite certes, mais il tente. L'ensemble du personnel le suivant: lui, le Sénateur Benedetti, le jeune garde et les auxiliaires palatin, s'inclinent à tour de rôle suivant leur ordre d'importance. Une pensée intrusive vint harceler les pensées du Patrice de Velsna avant qu'il ne pu prendre la parole: Elle est moins grosse que prévu..., qu'il raya rapidement de son esprit le temps des présentations.

" Majesté Catherine. C'est un plaisir de faire votre rencontre. En tout premier lieu, je vous remercie de l'effort d'organisation que cela a dpu constituer pour vous. Organiser la sécurité du trajet, vous entendre avec nos propres services, cela a pas dû être de la tarte ! Même moi des fois j'ai du mal à m'entendre avec tout le monde au pays, alors... Dame Fortune, qu'il fait chaud ici ! Mon excellence Alessandro Benedetti avait hâte de revenir sous vos latitudes, je crois que vous le connaissez déjà... "


L'ancien garde du corps et agent de sécurité devenu sénateur, s'inclina plus gracieusement que son maître.

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" En effet excellence. J'ai très bon souvenir de notre mission commune au Chandekolza. Un bon accord, signé avec de bonnes personnes, qui perdure de nos jours. Nous sommes honorés d'être ici, majesté. Il est grand temps de "taper sur le cocotier" afin de tirer le meilleur de notre relation. Nous avons beaucoup à discuter."


"Alessandro. Apporte lui les cadeaux. Nous sommes bien élevés voyons."


Alors que Benedetti fit signe à des auxiliaires de ramener une lourde caisse en bois au devant de la reine et de son fils (je présume que le prince est là), le Patrice, qui feignit d'un oubli, fit un geste de la main en direction de son garde personnel.

"Oh. J'avais oublié. Je vous présente Patrizio Di Grassi. Vos avez sans doute déjà croisé son père. Regardez moi cette bouille de banbino, il se prend pour un soldat alors qu'il est moins vieux que mon téléphone portable ! Son père me l'a mis dans mes pattes, mais c'est un brave garçon. Son excellence Di Grassi vous envoie ses salutations cordiales, à ce propos."


Le jeune garde eu un regard gêné, faisant abstraction des propos du Patrice (il les subissait au quotidien). En effet, il avait des faux airs avec son paternel qui ne laissaient que peu de doute sur la filiation: visage fin, cheveux noirs, yeux clairs enfoncés dans leurs orbites qui donnaient un air sévère est impérieux, le tout sans la barbe. On déposa la caisse aux pieds de la reine, que l'on ouvrit scrupuleusement. Les gardes en sortirent deux imposants bustes en marbre, l'un à l'effigie de Catherine, l'autre à celle d'Angel Rojas. Alessandro Benedetti se chargea du "service après-vente".

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"Nous avons demandé aux meilleurs artisans marbriers de la cité de vous le faire. Je ne pense pas que vous connaissez les Ateliers Mizzo, mais ils font des merveilles avec leurs mains, et ils représentent l'excellence de notre ville en matière d'artisanat. Aujourd'hui, nous mettons cette excellence à votre service."


(Je laisse la suite à Val)


Inventaire des personnages velsniens présents au Grand Tour (pour aider Valentin)


Premier cercle de confiance du Patrice du Velsna:
  • Bernaba Di Albirio: Patrice de Velsna.
  • Carlos Pasqual: Maître de la Garde.
  • Sofia Si Saltis: Maîtresse de l'Arsenal.
  • Alessandro Benedetti: Maître des Jugements et chargé de communication de l'ONC pour l'OND.
  • Matteo Di Grassi: Sénateur et ancien membre du Gouvernement communal.
  • Clara Di Grassi: Epouse de Matteo Di Grassi.
  • Patrizio Di Grassi: Garde personnel du Patrice de Velsna.
Autres membres du Gouvernement communal et sénateurs de la majorité:
  • Rocco Ascone: Maître des Balances.
Sénateurs de l'opposition:
  • Lupo Cadorna: Doyen du Sénat, et membre du groupe des Optimates.
  • Dom Mogador Altarini: Hégémon de la Dodécapole et membre du groupe des optimates.
  • Alfondo Rufinus Portelli: Sénateur social-démocrate et juge de la Plèbe des Comices Proletari.
  • Lucio Campora: Chef de file des sénateurs libéraux.
  • Enrico Bertaggia: seul sénateur eurycommuniste à avoir accepté de faire le Grand Tour.
Patronat velsnien:
  • Girolamo Strama: PDG du groupe automobile Strama.
  • Giovanni Falieri: Directeur du Groupe bancaire Falieri.
  • Plusieurs représentants de la Société des honnêtes armateurs velsniens (SAV).
  • Divers représentants de secteurs d'entreprises ayant des intérêts potentiels à Teyla: semi-conducteurs, grande distribution, secteur viticole etc...
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