01/11/2019
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Une rencontre impromptue à Adria (Loduarie/Gina Di Grassi)

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Une rencontre impromptue à Adria



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Le capitaine Mardonios quand il voit un hélicoptère furtif loduarien se poser à côté de sa base après avoir violé l'espace aérien de son employeur



Le petit groupe de mercenaires commandés par l'achosien du nord Mardonios avait fort affaire: les rumeurs d'un siège de la cité d'Adria par les forces de l'hégémon Dodécaliote, l'infame Mogador Altarini, se faisaient de plus en plus pressantes. Il suffisait d'une seule défaite de la flotte d'Adolfino Agricola, qui s'était improvisé défenseur de la ville, pour que celle-ci soit à la merci d'une force d'invasion que l'on dit sans nom, que l'on estimait peut-être à 40 000 hommes dans les probabilités les plus précises et objectives. Forcément, c'était le pied de guerre. La cité avait ordonné la réquisition des habitants valides afin de former des milices citoyennes, mais c'était sans conteste les nombreuses forces mercenaires qui étaient sollicitées les premières: ceux ci montent des positions fortifiées en dehors de la ville, s'accordent entre eux pour garantir la défense de points stratégiques indispensables, tels que les deux embouchures du Canal d'Adria. Des pièces d'artillerie de marine obsolètes avaient été remises en état en toute urgence, on avait commandé des armes en grande quantité à plusieurs pays d'Eurysie, on avait construit en toute hâte des abris contre les éventuels bombardements, et les réserves de denrées comestibles se constituaient. La ville n'était pas encore assiégée, mais c'était comme si c'était déjà le cas.

Au milieu de tout ceci, la troupe de mercenaires du Capitaine Mardonios avait eu la charge de bâtir une série de redoutes à l'embouchure ouest du Canal d'Adria. Cette position, selon toute vraisemblance, serait l'une des premières positions à faire l'objet d'une attaque d'envergure de la part des forces d'Altarini. Elles frapperaient vite et fort le Canal afin de pouvoir encercler la ville sans faire le grand tour de la péninsule albienne. C'était en tout cas ce que pensait Mardonios. Mais ce matin du 18 juin, un évènement inattendu allait couper court à cette préparation interminable qui était devenue le quotidien de la troupe. Alors qu'il est prit par ses pensées et la planification d'un fatras dont il était en plein centre, un soldat de la troupe fit son entrée dans la tente de commandement, le regard médusé se perdant de ci et de là, sans jamais entrer en contact avec celui du capitaine. Le vieux commandant ne lève pas les yeux de la carte:

"Oui. C'est pourquoi ? J'espère que c'est important."

"Euh. En un sens ça l'est, capitaine Mardonios. Un appareil s'est posé non loin de la redoute nord, sur la piste d'atterrissage de fortune qu'on construit là bas."

"Et donc ? Ce sont des émissaires de la doyenne d'Adria ?"

"Pas exactement capitaine. Ce sont des loduariens."

"Des loduariens ? A Adria ? Vraiment ?...Ils se sont perdus ?"

"A en croire ce qu'ils disent, on dirait pas. Ils m'ont dit que c'était la secrétaire générale de la Loduarie elle-même qui avait fait le voyage. Et qu'ils voulaient voir l'aide de camp, Gina."

"Tu te fous de ma gueule ?"

"Assurément non, commandant. C'est bien ce qu'ils ont dit."

"Mais qu'est-ce qu'ils peuvent bien vouloir à cette fille ?"

"Il va falloir que vous leur demandiez, capitaine."

"...Bien, fais venir Gina ici, et nos invités."

"A vos ordres capitaine."



On fit donc venir les loduariens dans le camp de base, avec une femme à leur tête, Aurore, sans aucun doute. Aceuillis dans la tente de commandement, ceux ci étaient eurent été apostrophés ainsi par le commandant.

"Si j'avais cru un jour que je recevrais un chef d'Etat dans ce trou... C'est bien ma veine. Je vous en prie, "camarade", prenez place vous et vos hommes. On a de l'alcool, de l'alcool, et beaucoup d'alcool, encore et encore. A vrai dire, on a que ça. J'ai du whiskey caratradais, mais pas de vodka loduarienne malheureusement. Cela ne court pas les rues dans le coin. Gina ne va pas tarder, j'ai demandé à ce qu'on la fasse venir. D'ici là, et pardonnez moi l'indiscrétion, mais je voudrais savoir pourquoi la Secrétaire général de la Loduarie a tant besoin de voir mon aide de camp."


Avant même qu'il eut le temps de recevoir une réponse, il fut coupé par l'intéressée en question. Gina Di Grassi était elle aussi quelque peu décontenancée, et ne su dans un premier temps quoi répondre à une visite aussi aléatoire. Elle esquissa simplement un "madame.", avant d'attendre de quoi il en était. Assurément les auspices d'une rencontre bien curieuse.

Merci de votre accueil. Appelez moi mademoiselle, cela suffira.

La Princesse Rouge détonait par rapport au style vestimentaire de son père. Autant, lui serait apparu en treillis de combat pour une telle rencontre, autant elle s'était habillé élégamment. Longue cape de fourrure, vêtements raffinés, et une ceinture en cuir à laquelle un couteau, dans son fourreau, était placé.
Toujours debout, elle porta la main à sa ceinture, et en décrocha une petite bouteille personnelle.

Je ne bois que de l'eau. Mon père m'a appris beaucoup de choses, malgré son absence.

Elle but une gorgée.

Je comprends. Néanmoins il s'agit d'une discussion entre la DiGrassi qui se tient devant moi.

Elle salua brièvement celle avec qui elle devait discuter.

J'apprécierais que vous nous quittiez et que nous puissions discuter seules à seules.

Elle fit un mouvement de la main, et ses 2 soldats sortirent de la tente.

Elle attendit de ses hôtes la même chose, toujours debout.
Il régna un court instant une certaine confusion parmi le petit état-major du Capitaine Mardonios lorsqu'on lui demanda de sortir de sa propre tente. Celui-ci le prit relativement froidement.

"Secrétaire générale de la Loduarie ou pas, "camarade", nous ne sommes pas dans un salon de thé ici, et je..."

Ce dernier fut coupé dans son élan par son aide de camp, qui fit retomber la tension que venait de provoquer l'irruption aussi soudaine qu'impromptue des loduariens aussi loin de chez eux.

" Capitaine. Avec votre permission, je vais m'éclipser un instant avec nos invités. Après tout, c'est moi qu'ils veulent voir. Mademoiselle, allons dehors, je vous en prie. Il y a bien un endroit tranquille quelque part dans cette base..."

C'est vers un mess complètement vide que Gina Di Grassi indiqua la direction à prendre aux "loduariens héroïques". Une fois installés là bas, et s'être assurés que personne ne fut là pour écouter cette conservation qui s'annonçait bien étrange.

"Sauf votre respect, je ne vous ai jamais rencontrée, mademoiselle. Comme vous pouvez le voir, nous sommes légèrement occupés, et les personnes pour qui je travaille sont en pleine guerre. Aussi, je suis curieuse de savoir ce que vous voulez de moi, et ce que je peux faire pour vous..."
Elle suivit, et sortit de la tente, non sans un regard appuyé envers le Capitaine Mardonios et chacun de ses sbires.
Elle prit finalement place à l'endroit où on l'y invitait et s'assit.

De même pour moi. Je ne vous connais pas, hormis sur les fiches d'informations que j'ai pu faire remonter à mon niveau. Certaines fiches datent même d'avant la guerre civile que votre grande cité a connu.
Nos pères se sont rencontrés. Vous avez sûrement rencontré mon père. Et j'ai passé 4 ans de ma vie à Velsna.
Vous dites que vous êtes en guerre. Je veux bien vous croire, nous sommes également en guerre. Je suis en guerre.
Mon père est mort avant que j'ai pu le connaître, pourtant je le connais très bien. Il a laissé derrière lui beaucoup de choses à mon intention. Vous savez, il disait le plus grand bien de votre père. Il le respectait. Tous deux étaient du même moule, celui de la guerre. Et tout d'eux se soutenaient malgré le fait qu'ils partageaient la même vision. Et si je me fie à ce que j'ai lu à votre propos, nous pouvons estimer que votre réputation est à la même hauteur que celle de votre père.

Votre place n'est pas ici, dans ces terres, en temps que "aide de camp". Vous êtes une guerrière, désormais une mercenaire.
La Loduarie, de part ma personne, vous propose de prendre part à une vraie guerre. Un vrai combat, contre un ennemi concret. Voici ce dont j'ai besoin de vous, Gina DiGrassi.
Chaque parole de la loduarienne fut accueillie en premier lieu par un silence, pas de consternation, mais un de ceux qui laissent la bouche grande ouverte et les yeux écarquillés. La jeune velsnienne fixa la secrétaire générale, puis posa les yeux sur une bouteille de vin landrin qui traînait encore sur l'une des tables du mess.

" Vous permettez ?"

Ce n'était pas une proposition. L'aide de camp se dirigea sans attendre une réponse vers la vaisselle bien rangée, prenant l'un des verres retournés avec le plus grand des hasards, puis se saisit de la bouteille avant de reprendre sa place. Elle prend le temps interminable de se verser le verre, puis de le boire d'une traite. Elle lève les yeux vers Aurore, se mettant soudain, dans un reflexe nerveux, à rire. Ce n'était ni de l'hilarité, ni de la moquerie, simplement l'expression la plus pure de la surprise et de l'aléatoire le plus complet.

"Je crois, mademoiselle, que vous surestimez à la fois mes moyens propres et mes capacités. Les compétences, malheureusement, ne sont pas garanties par l'hérédité, je le crains. Elles s'acquièrent, mademoiselle. Mais permettez moi d'être plus claire quant à ma situation, et sans détour: vous vous adressez à une personne qui a été exilée de sa propre cité, qui s'est engagée dans un groupe de mercenaires qui a du mal à rentrer dans ses frais, qui est elle même sans le sou, qui n'a assumée aucun autre commandement que celui d'être une aide de camp d'un capitaine grincheux. Et vous venez me chercher ici, alors qu'une armée de 40 000 fous furieux pourrait mettre le siège de cet endroit à tout moment.

Je suis ravi que le sénateur mon père vous ait fait forte impression, mademoiselle. Mais je ne suis pas mon père, ô Dame fortune non...je ne le suis pas. Mais mettons...mettons que vous réussissez à me convaincre de venir avec vous. A quoi vous servirais-je. Je n'ai point d'armée, je n'ai point de compétences particulières en dehors de celle de n'être qu'une simple pionne, et de savoir bien parler, parfois dit-on.

Et cerise sur le gâteau, je suis tenue par le contrat et par le serment dans cette troupe."


Gina se leva de sa chaise. Elle regarda par la fenêtre, et invita la secrétaire générale à faire de même. Elle montre du doigt deux pions en faction, en train d'empiler des sacs de sable.

"Vous avez besoin d'aide, mes ces gens là aussi. Et nos employeurs aussi. Et je pense que ce sont de bonnes personnes qui ne méritent pas ce que Mogador Altarini s'apprête à leur faire subir. Mais d'un autre côté...vous avez fait tout ce chemin, il serait injuste de simplement vous tancer d'un non. J'ai un marché à vous proposer, et qui devrait nous contenter tous deux: ces gens là, pour qui je travaille, je peux vous le jurer: ce sont parmi les mercenaires les plus réputés de la Manche Blanche. Ce sont des chasseurs strombolains. Mettez les dans une montagne, et ils vous trouveront votre gibier. Mettez les dans une ville, et ils vous rapporteront tous les rats que vous voudrez. Aidez nous à repousser Altarini, donnez nous mille hommes maintenant, et je convaincrais le capitaine Mardonios de venir en Loduarie, lui et toute notre troupe. Ces gens ont été habitués à chasser leur gibier en Achosie du Nord, du gibier achosien. Si vous les déployez en Antarès, ils vous remporteront votre guerre. Qu'en dites vous ?"
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Aurore sourit.

Je sais exactement ce que vous pouvez nous valoir, Gina.
Mais aujourd'hui les rôles sont inversés. Vous dites que vous n'avez pas assez de moyens, nous pouvons vous les offrir. Vous dites que vous n'avez commandé que très peu dans votre vie, nous pouvons vous entraîner. Vous dites que vous avez été exilée de votre cité, nous pouvons vous offrir une accroche permanente au sol.

J'ai beaucoup parlé de mon père comme j'ai parlé du vôtre. Mais je ne suis pas mon père. Notre guerre en Antares, nous n'avons pas besoin de mercenaires pour le champ de bataille.


Elle marqua une pause.

Anna, elle s'appelait ? Mon père a laissé derrière lui un écrit sur sa rencontre avec votre père. Un petit passage sur l'évocation de l'un de ses crimes en Achosie avait suffit à le gagner. Êtes vous votre père, Gina ? Vous souvenez vous d'Anna Scaela aussi bien que votre père des hommes qu'il a tué ? Nous connaissons les chasseurs strombolains, nos hommes ont combattu à leurs côtés pendant votre guerre civile. Mais je n'ai besoin de ces milliers d'hommes pour mener une campagne militaire. Je les ait, ces hommes. Aussi hargneux et violents que les vôtres. Et des milliers d'autres sont prêts à venir sans que j'ai à bouger le petit doigt. Ce que je veux, c'est étendre cette guerre au dessous des cartes. Dans les palais. Et vous avez l'expérience en la matière. Vous êtes une mercenaire, un pion de votre propre aveu. J'ai besoin d'un pion dans une catégorie bien spéciale que je recherche depuis longtemps. Mon père aimait les grandes offensives, la puissance brut. Mais il n'a jamais compris que la vraie guerre, elle se remportait en haut, pas au niveau du peuple. Je vous veux vous et vos compétences. Avec tout ce que vous pourrez emmener. En échange, je vous offre tout ce que vous n'avez plus eu depuis des années déjà. Et plus encore. Car je crois en ce que vous pouvez nous offrir.
"Une accroche permanente..."



Les mots étaient lancés par Gina dans le vent, comme le premier souffle d'une phrase qui n'a pas de fin. Une accroche permanente. Une maison, peut-être ? L'offre était tentante, il est vrai. Mais une proposition était une proposition, et on avait rien proposé à Gina qui puisse améliorer le sort de ceux qui étaient autour d'elle, à se préparer d'une attaque qui viendrait bientôt.

"Je vous remercie de votre offre, madame la secrétaire. Mais un abandon de poste à un instant pareil, ce n'est pas une reconversion. Ce serait lâcheté de ma part. Il y a de fortes chances que nous mourrions ici, mais je ne supporterais guère de me regarder dans le miroir en ayant survécu par la plus dégonflée des manières. Si je n'ai point de dispositions de votre part permettant de les aider, de nous aider...alors je pense que cette conversation se termine présentement."

Elle retourne son verre vide sur la table, avant de se lever de sa chaise.

"Cette rencontre ? Oui. J'ai écrit dessus également. Sachez le: le décès de votre père a été perçu avec une grande tristesse dans notre cité, et que nous l'estimions beaucoup. Au revoir, madame, et bon retour. Nous vous souhaitons bonne chance pour votre guerre, et nous espérons que le plus méritant l'emporte, comme ici."

Elle s'apprête à tourner les talons...


Note HRP: En cas de non réponse de la part de lolo, la rencontre s'arrête là.
Allons, Gina. Vous ne m'avez pas compris. Je ne vous demande pas d'abandonner vos combats, de faire preuve de lacheté. Mon père avait horreur en cet état d'esprit et je le rejoins sur cette pensée.
Ce que je vous demande, c'est pour le futur. Ce que je ne veux pas, c'est mettre un pied dans ce conflit. Mais je tiens à ce que vous surviviez à ce conflit tout de même. Rasseyez vous. Nous n'avons pas fini de parler.
Je continue à penser que vous n'avez rien à faire ici. Ce n'est pas une place qui vous mérite. Mais restez y si vous le souhaitez. Cela ne me regarde peu tant que vous acceptez le futur que je vous propose.
"Pour le futur alors. Lorsque j'aurais terminé mes affaires ici, je viendrai à Lyonnars pour écouter ce que vous aurez à me proposer."
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Qu'il en soit ainsi. Mais une chose est certaine, j'apprécierais de pouvoir compter sur votre survie pour que nous puissions nous voir plus tard.
2 personnes partageront désormais votre compagnie dans ce même futur, jusqu'à ce que nous puissions nous voir une nouvelle fois. 2 membres de mes Forces d'Intervention Spécialisées. Ils partageront votre quotidien et s'assureront que vous restiez en vie. Ils seront vos protecteurs. D'ici là, ne mourrez pas.


Aurore se leva, prête à partir.

Nous nous reverrons. Mais avant cela, j'aurais votre père à voir. À très bientôt.

moi a écrit :2 soldats professionnels + 2 ali lvl11 seront désormais avec Gina DiGrassi à tout moment.
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