
Le capitaine Mardonios quand il voit un hélicoptère furtif loduarien se poser à côté de sa base après avoir violé l'espace aérien de son employeur
Le petit groupe de mercenaires commandés par l'achosien du nord Mardonios avait fort affaire: les rumeurs d'un siège de la cité d'Adria par les forces de l'hégémon Dodécaliote, l'infame Mogador Altarini, se faisaient de plus en plus pressantes. Il suffisait d'une seule défaite de la flotte d'Adolfino Agricola, qui s'était improvisé défenseur de la ville, pour que celle-ci soit à la merci d'une force d'invasion que l'on dit sans nom, que l'on estimait peut-être à 40 000 hommes dans les probabilités les plus précises et objectives. Forcément, c'était le pied de guerre. La cité avait ordonné la réquisition des habitants valides afin de former des milices citoyennes, mais c'était sans conteste les nombreuses forces mercenaires qui étaient sollicitées les premières: ceux ci montent des positions fortifiées en dehors de la ville, s'accordent entre eux pour garantir la défense de points stratégiques indispensables, tels que les deux embouchures du Canal d'Adria. Des pièces d'artillerie de marine obsolètes avaient été remises en état en toute urgence, on avait commandé des armes en grande quantité à plusieurs pays d'Eurysie, on avait construit en toute hâte des abris contre les éventuels bombardements, et les réserves de denrées comestibles se constituaient. La ville n'était pas encore assiégée, mais c'était comme si c'était déjà le cas.
Au milieu de tout ceci, la troupe de mercenaires du Capitaine Mardonios avait eu la charge de bâtir une série de redoutes à l'embouchure ouest du Canal d'Adria. Cette position, selon toute vraisemblance, serait l'une des premières positions à faire l'objet d'une attaque d'envergure de la part des forces d'Altarini. Elles frapperaient vite et fort le Canal afin de pouvoir encercler la ville sans faire le grand tour de la péninsule albienne. C'était en tout cas ce que pensait Mardonios. Mais ce matin du 18 juin, un évènement inattendu allait couper court à cette préparation interminable qui était devenue le quotidien de la troupe. Alors qu'il est prit par ses pensées et la planification d'un fatras dont il était en plein centre, un soldat de la troupe fit son entrée dans la tente de commandement, le regard médusé se perdant de ci et de là, sans jamais entrer en contact avec celui du capitaine. Le vieux commandant ne lève pas les yeux de la carte:
"Euh. En un sens ça l'est, capitaine Mardonios. Un appareil s'est posé non loin de la redoute nord, sur la piste d'atterrissage de fortune qu'on construit là bas."
"Et donc ? Ce sont des émissaires de la doyenne d'Adria ?"
"Pas exactement capitaine. Ce sont des loduariens."
"Des loduariens ? A Adria ? Vraiment ?...Ils se sont perdus ?"
"A en croire ce qu'ils disent, on dirait pas. Ils m'ont dit que c'était la secrétaire générale de la Loduarie elle-même qui avait fait le voyage. Et qu'ils voulaient voir l'aide de camp, Gina."
"Tu te fous de ma gueule ?"
"Assurément non, commandant. C'est bien ce qu'ils ont dit."
"Mais qu'est-ce qu'ils peuvent bien vouloir à cette fille ?"
"Il va falloir que vous leur demandiez, capitaine."
"...Bien, fais venir Gina ici, et nos invités."
"A vos ordres capitaine."
On fit donc venir les loduariens dans le camp de base, avec une femme à leur tête, Aurore, sans aucun doute. Aceuillis dans la tente de commandement, ceux ci étaient eurent été apostrophés ainsi par le commandant.
Avant même qu'il eut le temps de recevoir une réponse, il fut coupé par l'intéressée en question. Gina Di Grassi était elle aussi quelque peu décontenancée, et ne su dans un premier temps quoi répondre à une visite aussi aléatoire. Elle esquissa simplement un "madame.", avant d'attendre de quoi il en était. Assurément les auspices d'une rencontre bien curieuse.