Méta-Baronnie - Vlastie, une rencontre historique

Dégagez crétins de civils, vous n'avez rien à faire ici, cette voix, c'est Popir, chevalier de classe 4, si l'on pouvait discerner son visage sous son casque intégral, on pourrait y lire la morgue traditionnelle de ces brutes de la méta-armée.
On est chez nous paléo-trous du culs, c'est là qu'on travaille, c'est vous qui nous obligez à travailler l alors nous dites pas de dégager abrutis, cette voix, c'est Mattéo, un docker de classe 7, le plus puant des larves déchargeant les trésors lointains des bateaux s'arrêtant ici. Heureusement, la partie de son corps lui permettant de produire ces désagréables bruits se retrouve projetée à une dizaine de mètres d'un revers méprisant.
Quelques visages malaxés plus tard, la zone est parfaitement dégagée pour accueillir Michel Gorbata, l'invité attendu avec "tant" d'impatience. Un simple ferry permettant de rejoindre la Méta-Baronnie depuis la Vlastie, il a paru bien plus pratique pour les mentreks de dégager les quelques 10 000 limaces puantes permettant un dixième des importations de la Méta-Baronnie que de tout simplement accueillir l'influent membre du Politburo sur une plage isolée.
Cependant, qui aurait pu prévoir qu'en débarquant, Gorbata remarque miraculeusement les taches de sang maculant le ponton. Celles-ci ne couvraient après tout qu'un dizaine de mètres carrés sur les 30 du ponton accueillant le petit ferry réservé aux hôtes de marque., ,
C'est un honneur, oui, un véritable honneur pour moi, pauvre et insignifiant classe 3 de voir un homme tel que vous Mr Gorbata, bienvenue en Méta-Baronnie, si vous voulez bien me suivre, nous espérons que les vaisseaux ne vous dérangent pas. C'est ce petit personnage bedonnant, aux abords il est vrai fort sympathiques a qui il a été offert la chance unique de recevoir le membre du Politburo, qui vient de parler tout en tiraillant respectueusement la manche du vlastique.
Mr Gorbata c'est un honneur pour moi de... ne m'approchez pas vermines, j'ai compris, j'ai compris. C'est sans doute Mager Zeghtar, le massif tas de graisse représentant de l'Ekonomat dans la région qui va être déçu. Alors qu'il contait soustraire Gorbata à ces immondes tas de muscles débiles de la Méta-Armée, il a finalement, en prenant habilement en compte dans son calcul Popir et ses deux compères à l'air enervé (ou congestionné, ca dépendra de l'interprétation de mon très cher auditeur de classe 5), il décide finalement qu'il attendra son tour après ce maudit méta-baron et qu'après tout, un peu de politesse ne fait pas de mal. Si son immonde grimace faisant tressauter ces bourrelets laisse transparaitre un très légitimie agacement, celui-ci se containt et, essuyant son visage (boursouflé le visage), il fait dignement demi-tour.
Ne vous inquiétez pas Mr Gorbata, venez, venz. Gorbata suit alors son ventripotent guide qui bondit (ou court, ou se précipit, ou dérate, ou se déhanche, oui, se déhanche lamentablement est le bon terme, deux termes en l'occurrence mais bon, bref, se déhanche lamentablement vers le splendide vaisseau qui les attend sur le spatioport de port.

Quelle chance a Michael Gorbata de pouvoir profiter pendant son trajet d'une aussi belle vue. S'il n'était pas aussi impressionné par les merveilles technologiques du vaisseau, il pourrait jeter un coup d'oeuil sur ces magnifiques champs de betteraves noires, et ces usines noires dégageant de la fumée noire et ces champs de betteraves noires... et .. ces champs de betteraves noires... et... ces ... champs. Oui, bon, soit, le paysage de la Méta-Baronnie n'est pas des plus varié ni des plus imaginatifs (celui qui a décrit le pays la première fois pour le construire n'avait vraiment aucune imagination, ce vulgaire scribouillard en était réduit à copier des oeuvres de la pop-culture, et pour trouver de quoi remplir son pays il a juste eu l'idée de mettre des trucs noirs. Brillant vraiment. Heureusement que ce piètre auteur est à côté de cela extrêmement intelligent, très beau aussi, il est aussi très fort à ce qu'on raconte, il a aussi un sens de l'humour extrêmement développé. Mais par contre il voit qu'il est en train de perdre son auditeur alors il va derechef se reconcentrer sur son récit plutôt que de faire ces choses vraiment mérpisables) . Bref, Gorbata, et c'est compréhensible, est plus occupé à regarder de son côté du hublot que de l'autre. Il peut y observer ce splendide vaisseau qui jure avec la grossièreté du paysage. On peut s'y déplacer comme bon nous semble. Gorbata ,n'a même pas remarqué lorsque le vaisseau a décollé. On n sent nullement l'effet du mouvement, il parait n'y avoir nulle turbulence, nul bruit désagréable de moteurs. Bref, on se croirait toujours sur terre, dans une vaste pièce éclairée. Dans la pièce circulaire en demi-cercle d'une trentaine de mètres carrées (environ 30 millions d'euros à Paris), il peut à loisir appeler qui il veut en visio, observer n'importe quel film ou n'importe quelle chaine de télés du monde sur l'immense écran géant se rétractant à loisir sur le mur. Il peut sinon se plonger dans la contemplation de l'immense bibliothèque sur le mur, qui, si elle est parfaitement propre, a l'air de ne pas avoir été utilisé de sa vie. Mais nous voyons bien que notre cher auditeur s'ennuie alors nous allons laisser Gorbata faire comme il lui parait bon sa vie pendant ce trajet d'environ trente minutes et directement atterrir sur la spatioport du méta-bunker.

C'est donc ainsi que Popir ( et oui cher auditeur, ce texte est particulièrement bien écrit, on y retrouve des personnages que l'on oublie nullement, qui ont tous un role et qui n'hésitent pas à revenir régulièrement dans l'univers dans lequel nous sommes. C'est vraiment bluffant de qualités. On ne cherche vraiment pas ici à utiliser un maximum de caractères das d'interminables descriptions, vraiment pas du tout, cette accusation est honteuse... honteuse oui) entre discrètement dans la pièce.
Mr Gorbata, nous sommes arrivés, si vous voulez bien me suivre
Gorbata se presse donc derrière l'imposant chevalier en armure jusqu'à la sortie du vaisseau. Arrivé à la sortie de celui-ci, Popir s'arrête: Navré monsieur Gorbata, je ne suis pas autorisé à aller plus loin, je vous laisse avec Tronto. Le chevalier se retourne sans un mon dans le vaisseau qui décolle immédiatement sans un bruit devant un Gorbata confus.
Monsieur Gorbata, c'est un honneur immense pour moi, simple tas de mécaniques rouillées de vous accueillir ici dans ce méta-bunker. Veuillez vous dépecher je vous en conjure, mon maître n'aime pas attendre et mes rouages se glacent d'effroi à l'idée de ce qui pourrait arriver à votre humble serviteur s'il venait à arriver en retard.
Gorbata parait un temps surpris et cherche d'où a pu venir la voix. Il s'avère finalement que celle-ci vient du petit robot d'un mètre de haut, vaguement humanoïde avec son immense écran jaune uni à la place du visage, même s'il n'a pas de jambes et roule comme un char sur des chenilles. Gorbata se décide finalement après moults troubles spirituels à suivre ce bizzare croisement entre BB8 et une lampe de chevet dans les dédales du méta-bunker.
Nous vous passons aimablement la visite guidée du méta-bunker qui est prodiguée à Gorbata (ce sera pour une prochaine fois... holalala foreshadowing... holalala grosse attente produite chez l'auditeur ... attention y a du niveau ). Celui-ci se retrouve finalement devant une immense vitre teintée d'une trentaine de mètres de largeur et d'une dizaine de mètres de hauteur. Devant celle-ci, un siège avec à côté tout ce que pourrait demander un visiteur, un téléphone, du papier, des stylos, un télévision, des commodités de la conversation... Gorbata, suivant les indications du robot s'asseoit et la vitre se déteinte peu à peu. Gorbata commence ainsi à distinguer ce qui semble être un immense appartement, au milieu, à une vingtaine de mètres de lui, derrière la vitre, il distingue ce qui semble être le méta-baron.
Monsieur Gorbata, je vous attendais... clame le haut-parleur situé juste au dessus de la vitre. Gorbata marque un petit temps d'hésitation.
Et bien, vous n'avez rien à me dire? reprend le haut-parleur d'un ton un peu amusé.