Bureau du Maître des Canaux

- Organisation actuelle de la Magistrature des eaux de la cité velsnienne et instituts associés.
- Etat actuel des canaux de la cité velsnienne et mesure des risques actuels.
- Moyens d'action visant à la protection et la préservation de la cité velsnienne.
Dans le cadre de ce rapport adressé au Sénat, il convient de rendre compte à mes confrères sénateurs du bilan de tous ces points dont la compréhension semble pour moi essentielle à la prospérité de notre République.
I) Organisation actuelle de la Magistrature des eaux de la cité velsnienne et instituts associés.
Nous avons fait le choix, en tant que société constituée et de par la situation très spécifique de notre cité, de confondre la question maritime et de l'entretien des eaux avec celle de la plus grande priorité pour notre Gouvernement communal et le Sénat des Mille de la Grande République. La gestion des eaux a toujours été d'une importance absolue dans l'ordre du jour de ces excellences, et à raison. A cette fin, nous avons conclu, dans la continuation de la "grande alliance" entre le peuple, le Gouvernement communal, le Sénat des Mille et les milieux spécialisés, en une organisation faisant appel à ces trois milieux, pour confier la question aux plus honorables et compétents agents au service de l'Etat velsnien.
Ainsi, le Bureau des Canaux s'est constituée en arbitre suprême de ces questions. Malgré la pleine responsabilité que moi-même, en tant que Maitre des canaux, dans les décisions finales relatives à l'entretien de notre bonne ville, il m'est impossible de composer dans la Magistrature de l'eau, que je préside, en compagnie du Conseil des édiles des canaux, constitués de dix magistrats sénatoriaux nommés par ce dernier, et qui ont pour tâche de me seconder et me mettre au fait de tous les défis posées par nos problématiques.
A ce conseil, je salue également la probité des agents publics nommés directement depuis ma clientèle et celle des édiles, et qui se relèvent indispensables à la bonne administration sur le terrain: à commencer par son excellence, le magistrat-enquêteur Gian Galleazo Orsini, et les magistrats-inquisiteurs de l'eau. Je salue également, au bout de notre chaîne opérationnelle, ces excellences les curateurs des eaux usées, qui ont la charge de diriger les travaux dans les différents sestieri de la cité, au plus proche contact des comités de quartiers et des habitants de notre ville.
À cet organisme sont confiées la surveillance et l'administration de l'ensemble de la lagune vénitienne et des cours d'eau qui s'y jettent. Il a toute autorité sur les travaux, excavations, manutentions, manœuvres de bonification, modifications temporaires ou définitives, opérés dans la lagune et les fleuves qui l'alimentent. Il exerce son emprise sur le moindre détail concernant l'eau et à droit de regard sur toute affaire relative à cette question: A Velsna même, la Magistrature de l'eau a droit de regard sur la planification urbaine, et la constructions de pieux de soutènement des bâtiments ne peut être déplacé sans son autorisation. Le maintien des eaux de la lagune est une question d'état existentielle, qui attrait à l'intérêt collectif, et donc concentré au sein d'une administration publique dédiée plutôt qu'à des partenaires privés. Celles-ci garantissent en effet la survie de la cité et de son système socio-économique. Elles constituent également l'ultime rempart contre une éventuelle menace extérieure, les systèmes d'écluses et dispositifs d'inondation de la ville pouvant être déployés à des moyens militaires.
Aussi et en dernier lieu, j'ai la volonté de rappeler à ces excellences du Sénat le caractère indispensable de l'existence de cette institution qu'est la Magistrature de l'eau. Nous rappelons ainsi en tout premier lieu la nécessité absolue du maintien de l'allocation des ressources financières nécessaires à son existence, dont dépend celle de notre ville. Par trop de fois, nous avons accusé un manque de moyens criants. Ainsi, entre 2010 et 2014, durant les gouvernements du Patrice Dandolo, et de celui du Triumvirat, la Magistrature des eaux s'est parfois révélée incapable de remplir ses fonctions les plus élémentaires, et a été dans la contrainte de faire le choix de repousser, ou d'abandonner purement et simplement l'entretien de canaux jugés secondaires dans leur ordre d'importance. Mais c'est là une question qui fera l'objet d'un point d'intérêt lorsque nous aborderons les défis posés à notre administration.
II) Etat des canaux de la cité velsnienne et mesure des risques actuels.
Comme dit plus tôt, cette question est conditionnée en premier lieu par les allocations budgétaires confiées au Bureau des Canaux. Si en dehors de Fortuna, nous estimons que le niveau d'expertise de nos agents chargés de la surveillance des eaux ne saurait être égalé par nul autre sur le continent eurysien, voire au delà. Nous évoluons actuellement dans ce paradoxe, du fait que ces agents ont pendant des années fait les frais d'une politique d'économies systématique qui ne leur a pas permis de remplir leur rôle. En résulte un réseau de canaux secondaire qui a été relativement délaissé depuis le début des années 2000, et qui nécessite par endroits une rénovation complète, avec désensablement et nettoyage systématique. C'est particulièrement le cas dans le sestieri de l'Arsenal, aux abords du quartier populaire du même nom. La première étape d'un éventuel plan serait de rehausser les budgets, de l'ordre de 400 milllions de florius velsniens par an, dans les estimations les plus basses. Soit le budget minimal indispensable à la gestion et la surveillance lagunaire, auxquelles s'ajoutent aujourd'hui les impératives opérations de désensablement, de bonification et de régulation portuaire, tant en matière d'installations que de trafic.
Si l'aspect budgétaire représente un premier défi affectant l'état des canaux, ces opérations ont été rendues plus difficiles au fil des ans par une ensemble de facteurs concrets auxquelles les administrations successives n'ont pas su répondre:
- La population de la ville de Velsna a connu une augmentation de l'ordre de 30% entre 2012 et 2019, et atteint désormais les 3 200 000 habitants. Or, les installations actuelles n'ont pas été conçues à l'origine au traitement des besoins d'une concentration aussi importante de population. La population vivant au centre de la lagune, dans la vieille ville de Velsna, atteint 400 000 habitants, contre 320 000 il y a huit ans. La problème étant que notre cité, pour ce qui s'agit des quatre sestieri de la vieille ville, en raison de la nature du terrain, ne possède pas de réseau d'adduction d'eau proprement parler, les déchets des eaux étant directement rejetés dans la lagune.
- La question de l'érosion des canaux constitue un volet à part entière de la liste de nos problèmes. En effet, les canaux de Velsna sont délimités par près de 12 000 pieux en chêne fichés par groupe de trois. Ces pieux subissent l'érosion de l'eau salée des canaux. 500 sont remplacés par an, ce qui représente un coup d'un million de florius velsniens par an. L'idée de remplacer le bois par des équivalents en plastique a été avancée, mais rejetée par les édiles des canaux en raison d'une possibilité sérieuse d'émission de microplastiques dans les eaux de la lagune. Les épisodes de crue et de décrue de la lagune ont accéléré ce phénomène d'érosion.
- Les années récentes ont vu une multiplication des épisodes de crue et de décrue de lagune, et ont mis à la fois en exergue la question de l'érosion et celle de la surpopulation, et ses conséquence sur l'évacuation des eaux. Si les épisodes de sècheresse sont rares, ils n'en restent pas moins désagréables pour la population. En effet, les eaux sales stagnantes rencontrent ainsi davantage de difficultés à l'évacuation, et les curateurs des eaux ne disposent pas assez d'agents et de moyens afin de remplir eux même cette tâche. En résulte également l'impossibilité de circuler pour les vaporetto approvisionnant la vieille ville, mais également des bateaux de secours des hôpitaux et des charités, et de ceux censés approvisionner les commerces et autres restaurants. Cette situation se répercute donc également sur la réputation de la respectable corporation de bateliers velsniens, et représente un défi de plus pour ces derniers, qui se retrouvent surchargés lorsque l'activité reprend après ces épisodes.
- L'évolution des moyens de transport, la motorisation généralisée du transport fluvial en particulier, ont provoqué une augmentation importante des niveaux de pollution dans la lagune velsnienne: non seulement des déchets industriels, mais tout particulièrement des résidus d'hydrocarbures, des niveaux de mercure trop importants. Il s'agit là d'une question d'ordre sanitaire d'une importance majeure.
Toujours en rapport au même problème, l'augmentation de la population a également engendré une hausse des besoins des commerces, plus particulièrement de la grande distribution et de la restauration. Cela a aboutit à une augmentation du trafic sur les canaux, et donc à une érosion plus importante de ces derniers.
Ces trois phénomènes cités sont les priorités principales auxquelles doit répondre la Magistrature des eaux ces prochaines années, chacune avec des options pour y faire face, mais qui nécessite la mobilisation de moyens conséquents.
III) Moyens d'action visant à la protection et la préservation de la cité velsnienne: augmentation des moyens et du personnel alloué et constitution du "dispositif de la Ménora"
Face à cette multitude de défis, nous pouvons adresser trois esquisses de solutions: deux pouvant être facilement mises en oeuvre mais ne représentant que des petite spas dans la bonne direction, et une autre solution, bien plus radicale et définitive, mais demandant la mobilisation de moyens bien plus grands et étalés dans le temps:
- La première solution réside tout simplement dans l'augmentation importante de moyens financiers et humains alloués aux curateurs des eaux usés, et à la Magistrature de l'eau de manière générale, qui permettrait de remettre en état des portions complètes de canaux secondaires. Une première enveloppe de 400 millions de florius est à prévoir, ce qui représente certes une somme importante, qui qui peut-être déduite d'autres secteurs de dépense. Je pense en particulier à la Marineria, qui chaque année qui passe obtient des financements au delà de ses propres besoins.
- Deuxièmement, il convient d'établir une législation environnementale plus sévère concernant toutes les activités relatives à l'utilisation des canaux. Ainsi, je conseille l'application de decrets relatifs à l'interdiction de déversement de polluants industriels dans toute l'étendue de la lagune de Velsna, de la part d'entités et personnes privées des sesiteri de la terra firma inclus. De même, l'usage d'embarcations à moteur devrait être sévèrement réglementée, avec interdiction formelle d'usage hors du Grand Canal San Stefano, qui constitue l'artère vitale de la vieille ville. Cet aspect devra être négocié avec le Collège des bateliers velsniens.
- Dernièrement, et c'est là le projet le plus ambitieux: le financement et la réalisation du système baptisé Ménora, dans les cartons depuis une trentaine d'années. Il s'agirait d'un système intégré de digues et d'écluses formé d'une rangée de parois mobiles escamotables permettant d’isoler la lagune de Velsna de la Baie des nations durant les phénomènes de hautes marées. et jusqu’à un niveau maximum de 3 mètres. Cet ouvrage, qui est lié à d’autres interventions complémentaires comme la consolidation du littoral, la surélévation des rives et des pavages et la requalification environnementale de la lagune, devrait permettre de défendre Velsna contre les phénomènes extrêmes comme les inondations et éviter sa dégradation morphologique, qui provoque l’envahissement progressif de la lagune par la mer et l’affaissement du sol.
Par l’émission de ce document, je prie le Sénat des Mille de la Grande République de continuer à accorder sa confiance au Conseil Communal et à son Maître des canaux.
Ainsi a été fait ce courrier à la date du 20 juin 2019 par le Maître des canaux de la Grande République,
Son excellence illustre, le Sénateur Luigi Zonta.