28/11/2019
17:37:57
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Le Grand Tour - Velsna/Grand Ling

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Le Grand Tour

Le Grand Ling


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Représentation non fidèle du Patrice Bernaba Albirio


Il était une fois, l'histoire d'une simple greffière...


Devant le pavillon provisoire monté à l'intention du logis de son excellence Rocco Ascone, une curieuse file s'agglutinait progressivement aux premières heures du matin. Dans cet immense camp où les velsniens affluaient en un nombre toujours plus grand au fil des heures, ceux ci se rassemblaient autour des pavillons gouvernementaux. L'emplacement du "camp" (mais on pourrait tout autant l'appeler un village) avait été décidé suivant la proximité aux accès aéroportuaires, à proximité de la mégalopole de Neijing, pas à plus d'une vingtaine de kilomètres de la capitale impériale. Pour la plupart, c'était avec une grande curiosité (et non sans que le climat fasse couler de la sueur sur les fronts) que l'arrivée dans ce pays s'était faite. Neijing paraissait d'une jungle urbaine verticale bien étrange, pour des gens vivant dans une ville où les plus grands bâtiments flirtaient péniblement avec six étages. Mais revenons à cette fille d'attente. Tout d'abord, qui était ce Rocco Ascone ? A coup sûr, le Maître des Balances était bien connu dans la cité velsnienne, mais aucunement en cette patrie. Membre du gouvernement communal, souvent dans l'ombre de personnalités plus puissantes, plus majestueuses que lui, son excellence le Sénateur Ascone n'en était pas moins une figure clé du système républicain. Pour cause, il avait un surnom: la banque. Là où la plupart de ses confrères du Gouvernement communal étaient des vétérans de la Guerre des Triumvirs ayant un certain mépris pour les affaires financières, déléguant à plus compétents qu'eux, Rocco Ascone était bien loin de cette image de soldat. Toutes les questions budgétaires du Gouvernement communal passaient par lui à un moment ou à un autre. Fiscaliste implacable et travailleur acharné en manque de sommeil chronique, on disait de lui qu'il disposait d'un véritable don pour trouver de l'argent, qu'importe les moyens employés, qu'importe la moralité requise à les obtenir ou non. A Velsna, on s'amusait souvent à dire autour des tables lors des diners, qu'il valait mieux finir son assiette avant que Rocco Ascone ne vienne la finir.

Mais dans le cadre du Grand Tour, le Maître des Balances n'était pas là pour finir l'assiette de qui que ce soit, mais plutôt pour dresser les couverts que son excellence le Patrice de Velsna ainsi que ses proches, salissaient à tout bout de champ. Derrière l'organisation et la logistique monstrueuse impliquée par le Grand Tour, c'était la main de Rocco Ascone qui signait les chèques, qui comptait le moindre centime de ces fonds en partie procurés par l'Etat velsnien lui-même. Le Sénat de la cité était pingre sur les questions budgétaires, aussi fallait-il composer avec des ressources calculées des mois en avance du démarrage du Grand Tour. 350 millions de florius, c'était là l'addition théorique finale qui devait être atteinte par les frais du Grand Tour en fin de boucle. Et si le Grand Ling n'était que la deuxième étape, l'argent, lui, avait tendance à s'évaporer beaucoup trop rapidement, sous le poids des frais de trajet, des salaires des fonctionnaires, des frais de représentation et de sécurité du Patrice...c'était un miracle s'il restait des cheveux à Rocco Ascone. Et dans cette file qui attendait dans la chaleur et l'humidité du Ling, c'est toute une partie du personnel dédié aux questions financières, à l'expertise géopolitique, à la logistique du Grand Tour qui figuraient.

Ces gens en robe rouge amples et en chapeaux de velours carrés qui y faisaient le plantin, les bras chargés de livres et de notes, étaient la cheville ouvrière de l'administration velsnienne: les greffiers sénatoriaux. Partout où des représentants de la République allaient, ils suivaient comme des guêpes s'agglutinent autour du sucre. A intervalle régulier, le secrétaire personnel de Rocco Ascone sortait du pavillon pour faire signe à l'un d'entre eux d'entrer: certains ressortaient tout rouges de honte après que l'on ait entendu au travers des murs les hurlements de rage du Maître des Balances, d'autres en sortaient soulagés.

Attardons nous sur une d'entre elles, en plein dans cette file de malheureux prêts à être livrés en sacrifice. Une petite femme menue, jeune d'apparence, dont les cheveux roux coupés courts dépassent du calot. Elle supporte dans ses bras l'équivalent de la moitié de son poids en dossiers. Le secrétaire d'Ascone ressort de la tente, pose son regard sur chacun des greffiers, avant que celui-ci ne se porte sur le visage rond de la jeune femme.

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Signora Fiorella Bernoldi, une greffière sénatoriale velsnienne tout ce qu'il y a de plus ordinaire et terriblement banal

"Signora Bernoldi. C'est à vous. Vous êtes en retard."


La jeune femme pénètre dans une petite salle où des greffiers personnels du Maître des Balances sont déjà au travail sur leurs bureaux. Ils marquent une courte pause à son arrivée, avant de reprendre comme si de rien n'était. Lorsqu'on la fait rentrer dans le logis d'Ascone, celui-ci ne daigne lever les yeux pour la saluer, et poursuis ses gribouillages. Des comme elles, il en a vu beaucoup.

"Signora Bernoldi. Prenez place je vous prie. Nous avons fort affaire."

Il pose enfin son stylo et défait les lunettes de son nez.

"Bernoldi...Vous êtes la fille du Sénateur Enrico Bernoldi ?"

"Oui excellence, Fiorella Bernoldi."


Le monde des greffiers était petit, et la plupart d'entre eux venaient de bonnes familles, comme celle de la jeune femme. Rocco Ascone sourit, il se souvient...

"Vous savez ce qu'on dit sur votre père dans les couloirs du Sénar, Fiorella ?"

"Non ?"

"Qu'il est si corrompu qu'il serait capable de tout voler dans une pièce, sauf un poêle à bois allumé."


La greffière baisse les yeux. Elle voudrait l'insulter, mais elle ne peut pas: cet homme a assez de pouvoir pour faire disparaître un nom de famille de l'album sénatorial pour plusieurs générations. Rocco Ascone n'est pas une personne agréable à vivre: il marche à la moquerie, à l'humiliation et au mauvais mot. Alors elle encaisse sans rien dire, et rebondit, l'air pâle.

" Vous vouliez me voir excellence ?"

"Oui. En effet. Nous avons besoin...enfin, le Patrice de Velsna serait intéressé par votre profil en vue de sa rencontre avec la cour impériale du Grand Ling."

"De quoi son excellence a t-elle besoin ?"

"De quoi son excellence a besoin ? A première vue, je dirais, au choix une éducation complète, une aide pour écrire son propre prénom, des connaissances dans à peu près tous les domaines de compétences de la plupart des sciences excepté l'art de la guerre. Mais je vous rassure, nous vous demandons pas de refaire l'intégralité de son éducation. Nous essayons sans succès de le faire depuis de longues années. Non, votre tache ne sera pas aussi herculéenne, nous ne sommes pas des monstres. J'ai remarqué dans votre dossier que vous êtes diplômée à l'Ecole de philosophie politique du Canal, avec une mention économie, et que vous avez travaillé sur des sujets relatifs aux économies du Nazum médian. Est-ce vrai ?"

"Euh. Oui excellence."

"Est-ce également vrai que vous êtes capable de tenir une conversation en lingois ?"


La jeune femme hésite.

"Oui, plus ou moins, excellence."

"Plus ou moins...c'est toujours mieux que ce que nous disposons à l'heure actuelle. Cela fera l'affaire."


Rocco Ascone se lève de sa chaise, empile une suite de dossiers, et vient alourdir la charge que la greffière tenait déjà sur ses bras.

"Félicitations, vous serez la traductrice de son excellence Albirio dans le cadre de la rencontre avec la cour impériale. Votre travail sera en deux points: premièrement, vous ferez contact entre les partenaires privés velsniens et le gouvernement lingois. Le Grand Ling est un pays qui relève de grandes potentialités économiques, dont nous nous devons de profiter. Ils ont des besoins que nous pouvons satisfaire, et inversement. Mais ça, ce sera la partie facile de votre travail. Avec les autres greffiers, vous aurez la très lourde tâche d'empêcher le Patrice de provoquer un incident diplomatique avec nos hôtes. Cette tâche est lourde, jeune femme, je vous préviens. Hésitez pas à déformer ses propos auprès des lingois si il dépasse les bornes, et empêchez le faire de faire...des gestes obscènes."

" Des gestes obscènes ?"

" Au repas d'hier, il s'est mis à imiter un nazumi en tirant sur ses yeux, et en prenant un accent...assez désagréable. C'est de ce genre de chose qu'il faudra vous méfier. Encore hier lors d'une réunion, il a confondu le Grand Ling avec l'Empire Xin: tout porte à croire qu'il ne soit pas capable de faire la différence entre les deux. Aussi...de manière générale il est de l'intérêt de notre cité qu'il parle le moins possible. Cela aurait été avec plaisir d'assister à cette réunion, mais comme vous le voyez, j'ai beaucoup de travail et pour être honnête, j'ai déjà donné en babysitting."


Le Maître des Balances lui tape sur l'épaule, en souriant.

"Aussi, signora Bernoldi, bonne chance."



Le jour même, sur la route de la cour impériale...



Une file de véhicules de facture velsnienne et raskenoise avance en cortège en direction du lieu de rendez vous. Fiorella Bernoldi est là, en orang d'oignon sur la banquette arrière de la Steiner de tête, en compagnie de cinq autres greffiers, tout de rouges vêtus, comme elle. En face, le Patrice de Velsna, en habits de cérémonie, les yeux braqués sur son smartphone. Aucun bruit excepté des bruits de hurlements frénétiques émanant du haut-parleur de son portable se font entendre à l'arrière de la voiture, et qui font grand sourire à Bernaba, lequel paraissait déjà las de son séjour au Grand Ling, préférant s'avachir devant les calembours de son humoriste favori.


"Haha...le fion..."


Le Patrice laisse échapper des éclats de rire incontrôlés, sous le regard inquiet de Fiorella. A t-il seulement révisé son texte introductif ? Bernaba lâche enfin son portable au bout de vingt trop longues minutes de transport. Il lève alors le regard vers la greffière: son visage lui rappelle quelque chose...

" Signora Bernoldi. Seriez vous la fille d'Enrico ?"

"Euh. Oui excellence."


Le Patrice éclate de rire.

"Oui ! Je me souviens de lui! Pendant le coup d'état de Scaela, votre père a réussi à s'en sortir parce qu'il avait resquillé la séance sénatoriale, il avait choisi ce jour là pour vider une partie des réserves du Palais des Patrices. Quand il est revenu au Sénat il y avait déjà plus personne !"

Curieusement, le rire d'Albirio était assez communicatif pour faire rire la jeune femme sur un anecdote mettant en scène son propre père.

" Votre père a ses défauts, mais c'est un type bien. Faut juste éviter de lui donner les clés de la bijouterie. Il est très doué à la chasse ! Je préfère avoir affaire à des types comme lui que des traîtres ou des pisse-froid. "


De toute évidence, il parlait là de Rocco Ascone.

" Bref, votre père a ses mérites. J'ai hâte de voir de quoi vous êtes capable. J'ai cru comprendre que vos vous y connaissiez en ushong ?"

"En lingois."

"Oui. En lingois."

"Nous avons l'opportunité de conclure plusieurs partenariats aujourd'hui, excellence. Industrie ferroviaire, télécom, armement, agroalimentaire et grande distribution..."

"Oh vous savez, cela, ce n'est pas mon problème ! La question, c'est si ces accords nous permettront de disposer de nouveaux alliés militaires dans la région. Disons que si on disposait de batteries de missiles à quelques encablures de la Poetoscovie, la "nation littéraire" commencerait à faire autre chose qu'avoir les yeux sur des bouquins et le nez fourré dans notre cul. Vous avez bien vu à quel trou à merde ressemble le Nazum, à tel point que nous avons dû envoyer mon cher Alessandro Benedetti régler son compte au Dyl Milath. J'ai l'impression que sur ce continent, les choses se règlent par la force davantage que par la raison. Cela tombe bien, j'aime me battre."



Le convoi arrive au point de rendez vous. (Je laisse la présentation de l'accueil au bon plaisir de Lord.)


Appendice et aide au RP:

Pour le confort de Lord, cette liste de personnages est présente pour échanger après la rencontre avec Albirio si il veut. Ces personnages sont majoritairement présents au "Village" temporaire monté par les velsniens à la sortie de la capitale lingoise.

Inventaire des personnages velsniens présents au Grand Tour


Premier cercle de confiance du Patrice du Velsna:
  • Bernaba Di Albirio: Patrice de Velsna.
  • Carlos Pasqual: Maître de la Garde.
  • Sofia Si Saltis: Maîtresse de l'Arsenal.
  • Alessandro Benedetti: Maître des Jugements et chargé de communication de l'ONC pour l'OND.
  • Matteo Di Grassi: Sénateur et ancien membre du Gouvernement communal.
  • Clara Di Grassi: Epouse de Matteo Di Grassi.
  • Patrizio Di Grassi: Garde personnel du Patrice de Velsna.
Autres membres du Gouvernement communal et sénateurs de la majorité:
  • Rocco Ascone: Maître des Balances.
Sénateurs de l'opposition:
  • Lupo Cadorna: Doyen du Sénat, et membre du groupe des Optimates.
  • Dom Mogador Altarini: Hégémon de la Dodécapole et membre du groupe des optimates.
  • Alfondo Rufinus Portelli: Sénateur social-démocrate et juge de la Plèbe des Comices Proletari.
  • Lucio Campora: Chef de file des sénateurs libéraux.
  • Enrico Bertaggia: seul sénateur eurycommuniste à avoir accepté de faire le Grand Tour.
Patronat velsnien:
  • Girolamo Strama: PDG du groupe automobile Strama.
  • Giovanni Falieri: Directeur du Groupe bancaire Falieri.
  • Plusieurs représentants de la Société des honnêtes armateurs velsniens (SAV).
  • Des représentants du Groupe Laurenti Alfonso, principal pourvoyeur de transport naval et ferroviaire du pays.
  • Divers représentants de secteurs d'entreprises ayant des intérêts potentiels au Grand Ling: semi-conducteurs, grande distribution, secteur viticole etc...

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Great Ling turns open.
LE GRAND TOUR.
Rencontre Empire du Grand Ling — Grande République de Velsna.


La duchesse de Qingshan-Hanlin, LIN Meiyue réajusta le chignon qu'elle venait à l'instant de refaire et reboutonna le haut de sa robe. Derrière elle, le Premier Ministre ZHOU Lee regardait ses chaussures en quête d'une tâche à exterminer. Sa veste avait été envoyée mourir sur le canapé de la chambre quelques heures plus tôt, lorsque les deux protagonistes s'étaient retrouvés au Wu Hotel de Neijing. Rapidement, il la remit et continua sa discussion.
– Ascone. Le -e final est important. Répéta-t-il.
– Par tous les saints ! Souffla la jeune femme. J'avais saisie les dix premières fois. Allons-nous devoir encore revoir mon fortunéen ?

Depuis près de trois heures, le Premier Ministre et la Duchesse travaillaient sur la rencontre lino-velsnienne qui devait se jouer dans les prochains jours. Velsna était une grande nation qui avait déjà eu quelques liens par le passé avec le Grand Ling. Depuis la Grande Dette du Rail, les partenariats s'étaient fait plus sporadiques, timides, presque victimes du traumatisme mondial qu'avait engendré la bulle spéculative ferroviaire de l'Empire du Milieu. Pour travailler loin des piallement de la Cour, ZHOU Lee et LIN Meiyue s'étaient donné rendez-vous au Wu Hotel de Neijing — l'un des trois, tout du moins — et pour travailler, ils avaient travaillés. Malgré tout, ce n'était pas ce qu'avait dû penser le jeune room service qui s'était présenté à la porte de la chambre voilà une heure, lorsqu'en poussant le chariot de nourriture, il vit la directrice de la Linganese Culture Promotion Agency deux boutons de robe en moins, pieds nu et les cheveux en bataille tandis que le Premier Ministre avait abandonné sa cravate et relevé les manches de sa chemise. ZHOU Lee était connu pour s'afficher régulièrement avec son épouse tandis qu'il travaillait énormément à l'international avec la Duchesse. Lorsqu'elle le vit la bouche grande ouverte, elle s'était empressée de répondre avec le même cynisme qui la carectérisait « Quoi ? L'amour n'a pas d'âge, hein. »
Et c'était vrai, jusqu'à un certain point. Mais le plus drôle — ou le plus désolant — c'est que la relation qu'entretenait ces deux personnes n'était rien de plus qu'une relation professionnelle. La presse à scandale se serait emparée de l'affaire autrement : « La femme la plus belle du Grand Ling couche avec le Premier Ministre ? Enquête très exclusive ! »

Des scandales, elle en avait connu bien assez pour une vie. On lui avait prêté mille et une attention alors qu'en réalité, son coeur chavirait déjà pour quelqu'un. ZHOU Lee, quant à lui, était réputé homme fidèle et posé. Il n'aurait jamais tenté quoi que ce soit avec la Duchesse, ne serait-ce que parce qu'il avait l'âge d'être son père, voir son grand-père. Enfin, certains acteurs aleuciens s'était offert le luxe de (re)devenir père à 90 ans passé, rien n'était impossible dans ce monde de fou.
Cela étant, ils avaient parlé des heures durant, des jours durant, de la rencontre. La diaspora velsnienne installée au Grand Ling depuis l'époque des comptoirs eurysiens célébrait joyeusement l'arrivée des représentants de la Sérenissime. Un petit campement, qui n'avait de petit que le nom, s'était constitué en banlieue de Neijing. En fait, ils occupaient surtout une grande partie d'un parc urbain, la mégalopole faisant plus de 16 000 km². Les autorités lingoises avaient suggérés de loger toute cette troupe au sein de batiments gouvernementaux du quartier des Légations mais ceux-ci avaient refusé pour des raisons qui leur étaient propres. Sans doutes, cela leur donnaient-ils le souvenir de campagnes militaires antiques.

– Sa Grâce, par pitié concentrez-vous ! Cette rencontre doit permettre à l'Empire d'exporter encore plus son savoir faire et d'asseoir sa prédomination dans des secteurs industriels de pointe ! Nous avons l'occasion d'exporter le savoir de Hongzhaji Rail, de Weihua Technologies, et même de GLSMC. Ce n'est pas rien ! Martela le Premier Ministre en rythme avec son poing.
– Honorable ZHOU, je le sais parfaitement. Seulement face à vous, c'est la Directrice de la Linganese Culture Promotion Agency que vous avez, pas celle de la Trade and Partnership. Dit-elle, l'air sérieux. Mon rôle est uniquement de représenter la Maison Impériale avant une éventuelle présentation à Sa Majesté. Et de faire en sorte que nos expatriés à Velsna soient représentés.
– Et pour cela, l'Empire vous remercie. Je n'ai aucuns doutes que les bar-tabac et les restaurants à volonté velsniens seront... Cruciaux, dans cet échange.
– Monsieur le Premier Ministre, sont-ce des avances que vous me faites là ? Ajouta t-elle, l'oeil brillant tandis que ZHOU Lee roula des yeux. La réalité était qu'il appréciait autant la duchesse qu'elle le rendait complètement fou. Ne vous en faites pas, tout ira pour le mieux. En plus il y a fort à parier que le Patrice cherche un nouvel ami dans la région pour avoir moins de route à faire lorsqu'il faudra gifler à nouveau un milathien ou un Poëtoscovète. Elle frémissa de dégoût en pensant à la Nation littéraire.
– J'aimerais autant que ce soit le Maître des Balances qui parle. Le Patrice est... Beauf. Je ne sais quel outrage serait-il capable de faire à Sa Majesté et à dire vrai, j'ai bien plus peur qu'il pille les caves impériales au point de déclencher une bagarre d'ivrogne. Mais les Dieux, pour des raisons qui sont les leurs, lui ont accordé son titre.
– Le Patrice est ce qu'il est. C'est son argent que nous voulons, pas sa main. N'allons pas déclencher des tensions inutiles entre ONC et OND pour quelques blagues graveleuses. Ni présumer qu'il nous donne autant de crédit, dans la tête de ces gens là nous ne sommes pas des géants.

La conversation s'était poursuivie dans les couloirs de l'hôtel, jusqu'à l'ascenseur. LIN Meiyue, si cela n'avait pas été le Premier Ministre, aurait pu s'amuser à poser sa tête sur l'épaule de l'homme qui l'accompagnait juste par pur plaisir de voir d'ici combien de temps la presse allait l'apprendre et plus encore, son père. Mais elle se souvenait malgré tout des convenances dont elle avait fait tant de fois fi. La rencontre allait être importante, et malgré toute la légèreté qu'elle accordait à la situation, elle avait particulièrement bien travaillée le sujet. Lorsque la délégation s'était installée, elle avait fait mandater au nom de Sa Majesté — comme ses prérogatives de représentante de la Maison Impériale le lui autorisait — quelques bataillons de la Garde Impériale et avait demandé au conseil municipal de Neijing de renforcer la sécurité du quartier en triplant les effectifs de police en coordination avec les propres services de sécurité des velsniens.
Au Patrice, elle avait fait envoyer des présents dont, dissimulé entre plusieurs fruits et spiritueux locaux, une compilation d'un artiste local qui se faisait appeler « le lingois marrant ».


Le jour de la rencontre.

Devant les portes du Palais Pourpre décoré aux couleurs lino-velsnienne, la délégation lingoise attendait. Elle était présidée par le Premier Ministre ZHOU Lee, suivi de près par LIN Meiyue qui représentait la Maison Impériale et son agence. On y trouvait également les représentants des plus importantes entreprises lingoises dont Great Ling Railways, Hongzhaji Rail, Weihua Technologies Company, Ltd., Great Ling Semiconductors Manufacturing Company, Kongke Aeronautics, Great Ling Space Agency, et bien d'autres.
La foule était retenue par des barrières vauban disposées pour l'occasion tandis que des policiers, la Garde Impériale et quelques agents dissimulés ou non des Jinyiwei (Garde Brodée). La rencontre avait été organisée de telle manière qu'il était absolument impossible à quiconque de tenter quoi que ce soit sans que les forces de l'ordre soient au courant, notamment grâce à un réseau performant de caméras de sécurité épaulant les composantes humaines du dispositif. Le Grand Ling était un pays sécuritaire de manière générale.
A Neijing, le soleil avait déjà bien entamé sa course sans qu'aucun nuage ne daigne s'opposer à lui malgré la saison des pluies qui devait débuter quelques jours plus tard. L'air était humide et chaud, il faisait pas loin de 26°C lorsque les velsniens arrivèrent à bord de leurs voitures qui précédait un convois exceptionnel ouvert par des policiers à moto, entre bien d'autres choses.
ZHOU Lee fit un pas en avant, tandis qu'à l'ouverture de la Steiner, l'hymne velsnien fut joué par un orchestre ; suivi de l'hymne lingois. Entre deux silences, on entendit les appareils photo jouer de leur sonorité particulière.

Porte du Midi (cliquer pour aggrandir, après c'est déjà bien grand non ? On va p'être pas faire une pleine page non plus parce que vous avez des yeux pourris ? Si ? Ah bon d'accord).

Face à face, les formalités s'échangèrent avant que la délégation velsnienne soit conviée à pénétrer le Palais Pourpre. La duchesse s'improvisa guide mais n'abusa pas de cette prérogative, il était pas question de donner de mauvaises idées aux musées velsniens après l'incident du Cong. Qui plus est, le Patrice ne semblait pas être homme de grand intérêt pour ces choses là, l'ennuyer si tôt aurait été catastrophique pour le reste de la rencontre.
Les représentants des deux délégations prirent place dans un pavillon qui, si d'extérieur pouvait laisser comprendre qu'il avait plusieurs siècles d'histoire, à l'intérieur les rénovations en vue de le moderniser au début du siècle avaient été d'un très grand succès. Mieux encore, il y faisait particulièrement frais grâce à un performant réseau de ventilation et de climatisation.

– Honorables représentants de la Grande République, soyez les bienvenus au Palais Pourpre. Dit ZHOU Lee dans un fortunéen étonnement correct. Nous prions pour que votre voyage ait été agréable et que de cette rencontre découlera le renforcement de liens séculaires et forts. Velsna a autant à offrir que Neijing. Poursivit-il en lingois.

Armoiries du Grand Ling.
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Le Grand Tour

La cour du Grand Ling



P
Une tentative (ratée) d'adoucir les traits de Bernaba Di Albirio en peinture


Les allées fastueuses, les fontaines de paillettes dorées, les toits en pagode et les murs en papier fin. Cet endroit sortait tout droit sorti de l'imagination de quelque fou et explorateur de temps qui n'étaient plus. Digne des encycliques et des récits de voyage orientaux d'anciens marchands. Plus prosaïquement, il y avait pur certains gardes et dans la cohorte de fonctionnaires sénatoriaux suivant le Patrice un sentiment de déjà vu. Le Patrice de Velsna, dans son ignorance confondait à tout bout de champ le Ling et le Xin à coup sûr, mais cette comparaison maladroite trouvait ses fondements dans la confusion dans laquelle étaient les velsniens. Les deux pays étaient des constructions politiques étroitement liées, et le hasard de l'Histoire fit que les marchands de la République s'étaient tournés vers le Nazum du sud plutôt que le nord: une route plus pratique, plus courte et aux escales plus attrayantes sur la route de la Jashurie, le "pays des pâtes de fruits", comme on le surnommait par delà la mer. Le Grand Ling apparaissait bien isolé de son côté, aux abords de cette immense mer froide qu'était le nord-Nazum. Avec qui nouer des liens dans cette région en dehors d'eux même: la Poetoscovie ? La Confédération socialiste ? Le Vélésie ? Il y avait là assez de mots pour faire froid dans le dos à un croque-mort de San Sebastian (hrp: ref à une île de la lagune velsnienne abritant le plus grand cimetière de Velsna). Les échanges entre la cité velsnienne et le Grand Ling, ironie du sort, n'avaient guère était ralentis par la réputation des lingois, mais plutôt de leurs voisins. Il est plus difficile, en effet, d'attirer des grands transporteurs maritimes comme Laurenti Alfonso, qui tenaient la République dans le creux de leur main, dans des contrées regorgeant d'états faillis. La présence des velsniens en ces lieux toutefois, serait peut-être le moment de corriger ces idées préconçues: si des velsniens sont en en endroit, c'est que des opportunités économiques ont émergé entre temps, et que des moyens de les convertir en profits existent, et attendent d'être exploités.

Le Patrice de Velsna était ignorant de beaucoup de choses certes, mais il paraissait étrangement sage au milieu de sa troupe de greffiers, à suivre la visite de la duchesse Lin. Il semblait s'arrêter sur chaque artefact brillant, demandant ce que c'était. Devant l'un d'entre eux, la jeune greffière tout juste entrée à son service glissa une remarque.

"Excellence illustre, je crois que c'est une imprimerie du XIVème siècle. Regardez les lettres, on peut les intervertir pour en constituer des tablettes, qui forment des pages une fois pressés contre la feuille."


Bernaba fut prit d'un rire.

" Ha ! Une imprimerie. C'est peut-être pour ça que j'ai pas reconnu à la base !"


Di Albirio, s'il était à cheval sur son honneur personnel, paraissait d'une personne disposée à rire d'elle même au besoin. L'avantage pour les lingois, fut qu'il ne portait pas en lui, apparemment, l'arrogance et le mépris caractéristique de beaucoup de membres de l'aristocratie sénatoriale velsnienne. Il était né, avait grandit et s'était épanoui dans un camp militaire. Cela laissa des traces, de toute évidence. Il ne sembla guère décoller son regard de la duchesse, tant et si bien qu'il fut rappelé à l'ordre par l'un de ses gardes palatins wanmiriens.

"Plus haut les yeux excellence. Vous vous égarez dans vos pensées."

" Merci, que ferais je sans toi Sukaretto. Peut-être m'amuserais avec mes pensées profondes..."



L'escorte diplomatique passa devant des pieds de colonnes sur lesquelles reposait le premier étage d'un toit en pagode. Le Patrice tapa discrètement du coude sa nouvelle greffière.

" Regardez Fiorella. C'est les mêmes qu'au Chandekolza."

" Excellence. Concentrez vous."


De toute évidence, les gardes wanmiriens le remarquèrent également, sans rien dire.

" Vous avez des épées ou des trucs du genre ?" interpella le Patrice à la duchesse

Lorsque la visite fut terminée, l'ensemble de l'escorte paru émettre un immense soupire de soulagement: Le Patrice de Velsna semblait avoir passé avec plus ou moins de réussite la douloureuse épreuve de la représentation politique, qui était à peu de choses près son seul rôle officiel dans le système républicain. Désormais, l'heure était aux spécialistes: greffiers, conseillers économiques et autre personne dont dépendant plus largement la réussite de cette entrevue. Fiorella Bernoldi avait beau être jeune, elle serait en charge de coordonner toutes ces volontés.

Le pavillon choisi pour la rencontre fut le témoin d'une tournée de révérence de la part de la vingtaine de personnes que comptait l'escorte du Patrice, et seuls les greffiers purent entrer en sa compagnie. Bernaba poussa un soupire de soulagement.

"Enfin du frais... Remercions Dame Fortune de cette bénédiction."


Les premiers mots du ministre Zhou suscitèrent l'étonnement de l'audience velsnienne, à commencer par Fiorella Bernoldi elle-même, qui nota pour elle même que le premier ministre du Grand Ling possédait un fortunéen classique meilleur que celui d'Albirio. Langue de prestige et de distinction sociale, Zhou la parlait comme les élites de la cité fortunéenne de la mère patrie, là où la plupart des velsniens utilisaient une langue vulgaire et profane, à l'image d'un Albirio qui ne la jamais maitrisé, ou qui n'en a jamais prit la peine tout du moins. Le Patrice fit signe à la première de ses greffières, avec un moulinet de la main, d'enchaîner sur les propos de la délégation lingoise, cette fois ci dans la politesse de la langue des locaux.

" Excellence Zhou. C'est un honneur d'être reçu ici. Cela fait bien plusieurs décennies que le Palais pourpre n'a pas eu notre visite, si l'on fait exception des personnes privées, des négociants de passage et des chefs d'entreprise. Nous tâchons aujourd'hui d'y apporter une correction plus que méritée.

Malgré le plaisir que cela constitue, il semble que c'est la situation géopolitique actuelle du Nazum qui en fait une obligation morale. Vous n'êtes pas sans le savoir: notre cité s'est historiquement toujours plus tournée vers l'est que vers l'ouest, vers le Nazum et ses opportunités plutot qu'un continent aleucien peuplé de sauvages et des barbares. Il suffit de s'entretenir quelques instants avec un makotan pour comprendre que toutes les nations ne se valent pas, et qu'il y a des contrées du monde qui demandent davantage notre attention que d'autres. Or, cela fait des siècles que nous sommes présents sur le continent nazumi, la plupart du temps indirectement, et par le biais du commerce. La route commercial du sud-Nazum est la plus importante de tout le dispositif d'échange velsnien, la présence de notre flotte dans le détroit mésolvardien en témoigne de manière indéniable. Les aykhanides font grand accueil de nos produits, les ushong du pays de Xin font grand accueil de nos capitaux pour le développement d eleurs zones franches. Les jashuriens font grand profit de l'un et de l'autre. Il ne manque que vous, car nous estimons en pays nazumi qu'il n'existe que quatre nations: la Jashurie, le pays ushong, le pays turcique, et le vôtre.

Or, il n'a pas été sans constater ces derniers temps, par le Sénat des Mille de la Grande République, que le pays nazumi qui nous est si précieux est en proie à une vague de sottise et de stupidité inédite de la part de ses membres évoluant le plus à sa marge. Nous avons de fait, été contraints par la force des choses au rappel ferme que quiconque perturbe la bonne circulation des capitaux, et que quiconque bouscule le statut quo qui nous est si précieux, est à traiter en ennemi de la République, et à rappeler à l'ordre. Sur ce point, je suis certain que nous sommes dans le cadre d'intérêts convergeant, et sommes sûrs que nous sommes sur la même longueur d'onde, que nous avons le même but, qui est de nous assurer de l'isolement durable de ces pays. Ouaine, Dyl Milath, Portoscovie, et tous ceux qui jugeront utile et pertinent de les rejoindre dans leurs initiatives puériles et stupides.

Dans le même temps, nous pensons que le Grand Ling est une terre d'opportunités économiques comme il en existe peu d'autres sur ce continent. L'action économique, nous le pensons, doit suivre le même chemin que l'entente politique: aller dans le sens d'une intensification des échanges, au profit d'un enrichissement commun. Les grandes groupes velsniens dédiés au transport maritime n'ont qu'une envie: ouvrir en grand les portes du Nord Nazum, et procéder à une intégration plus profonde des réseaux velsniens et lingois. La COV (Compagnie de l'occident velsnien pour le commerce) et le Groupe Laurenti Alfonso sont catégoriques: il est nécessaire que le Nord Nazum devienne un tracé alternatif vers le Jashuria, et qu'une implantation plus durable de leurs activités au sein du secteur portuaire lingois relève d'une nécessité absolue. C'est pourquoi nous venons vous demandons l'autorisation en leur nom d'une baisse de tarifs douaniers et de droit de mouillage dans les ports lingois à leur adresse, à des taux plus compétitifs que ce que notre concurrence peut avoir.

Bien entendu, nous serions disposés de notre côté, à ouvrir davantage le marché velsnien à l'offre lingoise, dans les secteurs que vous sauriez considérer comme relevant de vos intérêts. De notre coté, nous avons parfaitement connaissance du haut degré d'expertise de certains de vos acteurs, publics et privés confondus, dans les affaires de l'industrie ferroviaire, des télécommunications et des..."


"Des bars-tabacs" interpelle le Patrice

"Oui...C'est cela...des bars-tabac."


7755
Great Ling turns open.
LE GRAND TOUR.
Rencontre Empire du Grand Ling — Grande République de Velsna.


Pour répondre à la requête du Patrice, la duchesse avait prit soin d'orienter la visite vers la cour de la Vertu martiale autour de laquelle gravitait plusieurs salles et pavillons qui formaient le lieu de résidence et de repos de la Garde impériale. Quantité de ces bâtiments n'étaient pas visitables pour des questions de sécurité mais la Direction de la Garde et de la Protection impériale — qui formait l'une des huit Directions de l'Agence de la Maison Impériale — avait accordé une autorisation limité pour visiter la salle d'armes, qui servait d'avantage aujourd'hui de petit musée historique que de véritable lieu de vie et d'entreposage de la Garde. A l'intérieur, on y retrouvait une quantité folle d'armes de poing datant des premières dynasties jusqu'aux armes cérémonielles de la Dynastie Liang. Sur quelques statues de terre cuite, on distingait par ailleurs des armures de toutes les époques.

Dans le salon où la délégation fut conviée, aux abords de la cour Extérieure, l'air frais offrait une bouffée d'oxygène mérité à ceux qui n'avaient pas encore eu le privilège de s'accoutumer à l'environnement lingois. La pollution atmosphérique n'arrangeait pas cette chaleur, ni la démocratisation des climatisations, un cercle vicieux infini qui devint la nouvelle norme du pays. La réindustrialisation et la modernisation avaient ses avantages, et ses nombreux désavantages que subissait de plein fouet la délégation velsnienne aujourd'hui.
Les invités furent conviés à s'asseoir autour d'une table basse de verre et de bois verni, sur des canapés qui mélangeait élégamment le style classique lingois et la tradition occidentale. Par ici, on appelait ça le néo-lingois.
Le Premier Ministre, la Duchesse et quelques représentants des grandes compagnies écoutèrent attentivement les mots de la délégation portés par Fiorella Bernoldi.

– Honorable Madame Bernoldi, permettez moi de vous féliciter pour votre lingois. Rare sont celles et ceux qui maîtrisent avec tant d'aisance l'art si particulier de la tonalité lingoise. Mais puisque votre pays a une longue tradition avec nos voisins... Usurpateurs, il est tout à fait normal que vous soyez habituée à nos langues. Je ne m'aventurerais pas linguiste, mais les différences sont pour ainsi dire minime entre nous deux. Des affaires de tonalités, de conjugaison ou de caractères.

Nous sommes honorés d'être considérés comme l'une des quatre nations du Nazum et nous sommes contraints de vous accorder cela. Le Sanctuaire est semé d'obstacles qui sont les entreprises égoïstes que fait sans fin surgir l'oeuvre des démons. Nous ne sommes pour ainsi dire pas aidés par des nations obnibulés par le simple fait de vouloir exister. Oh ce n'est pas un mal, mais exister peut se faire sans devoir détruire ce que les vertueux du Sanctuaire tentent systématiquement de construire.
Nous nous permettrons cependant de vous aider à ouvrir quelque peu vos perspectives. Le Nazum est malgré tout chargé de quelques nations qui peuvent et veulent bien faire. La République du Talaristan, l'Empire d'Alarya et l'État du Fujiwa sont autant de nations, certes défaillantes par endroit, qui pourraient intéresser les votres.
Entama le Premier Ministre. Nos visions s'accordent toutefois sur la nécessité de garantir les flux commerciaux et les capitaux. Vous le savez, le Grand Ling prône le libéralisme depuis près de deux siècles et a dû se battre pour se reconstruire après les diverses calamités que nous avons subit. Le libéralisme dégénéré nous a conduit à la Grande Dette du Rail, c'est pour cela que nous nous sommes toujours évertués à conserver certaines limites et certains garde-fous qui font aujourd'hui le socle vital minimal de l'appareil législatif et économique du Grand Ling.

Tandis que ZHOU Lee poursuivait son développement, quelques eunuques pénétrèrent dans la pièce, les bras chargés de plateau. L'un d'entre-eux fut déposé au centre de la table, il contenait un service à thé d'une porcelaine inégalable, quelques douceurs sucrées locales comme la très enviée tartelette danta qui avait quelques similitudes avec des pasteís listoniens ou des des p'tits flans. Elle était le fruit de la rencontre entre les colons de Macao et les marchands lingois. En l'occurence, ceux-ci avaient en plus du jus de gingembre et de citron dans la préparation, toutefois cela ne représentait qu'une infime possibilité des nombreuses variations qui existaient.
Les autres plateaux contenais de nombreux présents dont ce qui semblait être une toute petite épée, voir une dague, enroulée dans un carré de soie.

– Ah bien, bien. Duchesse, voulez-vous ? Dit ZHOU Lee. La Duchesse hocha la tête et se saisi un à un des présents pour les offrir à ses invités. Honorable Patrice, d'ordinaire, Sa Majesté offre quelques grammes du très précieux et de la très rare Brume Celeste, un thé impérial si difficile à cultiver et si cher, que même la Maison Ling au complet ne peut pas y avoir accès aussi facilement que Leurs Majestés. Mais la Duchesse de Qingshan-Hanlin, LIN Meiyue, nous a fait part d'où vos yeux se tournaient régulièrement. Il marqua une pause entendue puis sourit simplement. Il est apparu que vous avez semblé être particulièrement intéressé dans la cour de la Vertu martiale et plus particulièrement dans notre salle d'arme. Aussi, votre carrière est connue de tout bon service diplomatique qui se respecte. Aussi, apprécirez vous cette dague traditionnelle que vous pouvez voir sur les quelques gardes impériaux en tenue traditionnelle qui protègent le Palais Pourpre. Ce modèle remonte à la révolte Ling de 1824 qui vit la Dynastie Liang chuter au profit de l'actuelle. Ce n'est pas l'or du Cong, mais le symbole demeure bien fort, ne croyez-vous pas ?
A mesure qu'il parlait, la duchesse offrait les présents tandis qu'un eunuque servait du thé pour tous.
– Dame Bernoldi, acceptez ce modeste présent. Il s'agit d'une copie du Daojing, l'un des deux textes sacrés de la pensée Shintaoïste. Vous la traduiriez par « Le livre sacré de la voie et de la vertu », chez vous. Il fut copié par un des disciples de Laocius au début du IXe siècle. Le texte en lingois classique reprend le passage des Sept Défenses à observer, ce sont les interdits alimentaires prônés par Laocius mais je ne peut pas vous conseiller ce régime alimentaire.
Dague (cliquer pour aggrandir). Daojing (cliquer pour aggrandir).

Alors que les présents étaient offerts dans le pavillon, d'autres étaient donnés à la délégation attendant à l'ombre d'un gingko ou visitant quelques endroits du Palais Pourpre. Ceux-ci avaient été directement envoyé au camp velsnien. Aux greffiers, on offrit une presse du XVIIIe siècle ; au Maître des Balances un boulier datant de la dynastie Jia ; à Girolamo Strama une Dahatsu 240 d'origine dans un bleu marine métallisé, célèbre coupé deux places de 150 ch sorti en 1967 ; a Govanni Falieri un authentique taël d'argent, lingot d'argent servant de poids de mesure jusqu'à l'adoption du système métrique et qui inspira la devise monétaire lingoise actuelle ; aux armateurs de la SAV, une armada de jonque en bronze fondu au XVIIIe siècle ; aux représentants du Groupe Laurenti Alfonso, le premier clou ferroviaire posé par les ouvriers de Battista de Salami e Coppa, comte de Salami e Coppa, seigneur de Lardo, de Guanciale et de Porchetta ; et bien d'autres présents plus ou moins personnels.

– Bien, parenthèse refermée, les astres ont été cléments avec nous car comme vous le savez, le Grand Ling est pleinement engagé dans le développement du Ruban Doré dont notre pays est l'ingénieur principal ainsi que le carrefour principal entre le sud et le nord du Nazum. De ce fait, votre démarche s'inscrit particulièrement bien avec ce principe même. Si vous ne disposez pas réellement de possessions continentales, c'est un fait assumé que ce projet continental s'inscrit dans une volonté plus globale de faire du Sanctuaire un carrefour commercial d'envergure. L'Empire ne néglige, de fait, aucune option : qu'elle soit maritime, aérienne ou terrestre. Concernant vos demandes sur nos tarifs douaniers, sachez d'ores et déjà que nous disposons de deux zones franches en l'espèce du port de Lingbo — accessoirement le plus grand du monde — et Fengling, notre capitale technologique. Pour le reste du Grand Ling, notre loi L18-12-003 relative à la codification des tarifs douaniers et protection des zones franches est très claire sur le sujet. L'article II dispose une proportionnalité totale. Nous attendons donc de vous la même chose, mais cela ne devraiit pas être un problème en soi. J'ai cru comprendre que vous étiez déjà prêt à le faire.

Pour les secteurs clés qui nous intéressent, nous sommes parmi les leaders mondiaux dans les médias, l'électronique, les télécommunication, l'aérospatial et aéronautique et, vous le savez pertinemment, le ferroviaire. Nous aimerions pouvoir implanter nos usines ou nous entendre sur ces sujets. Nous pourrions par exemple ouvrir chez vous des grandes enseignes lingoises tandis que vous ouvriez chez nous les vôtres. Qui n'a jamais rêvé d'aller au Ramen King après avoir acheté un ticket à gratter dans un bar-tabac lingois ?


Armoiries du Grand Ling.
12471
Le Grand Tour

La cour du Grand Ling



P
Greffiers sénatoriaux en train de transpirer en croisant les doigts pour que le Patrice ne sorte aucune dinguerie


Le lingois. La langue était peu connue. Pour les velsniens, il n'y avait dans le fond, guère beaucoup de choses qui séparaient politiquement la nation des "ushong du nord" et celle des "ushong du sud", si ce n'est deux têtes couronnées qui ont décidé il y a quelques siècles, de faire des royaumes de leurs domaines respectifs. Mais les velsniens ont toujours l'image d'un immense empire immuable occupant les plateaux et les rivages du centre du Nazum, avec leur réseau de vassaux et d'états clients. Pour certains des moins au fait de la politique nazumi, le Dyl Milath et d'autres n'étaient que des provinces insoumises et rebelles à l'un de ces deux pouvoirs parallèles, et" cordialement" rivaux. L'alliance et les liens avec le Xin étaient actées depuis des années, aussi les velsniens avaient cru, par crainte, qu'il serait difficile d'opérer un même rapprochement avec le Grand Ling. Pour le moment, force était de constater que cela ne rentrait aucunement en ligne de compte dans ce dialogue, fort heureusement pour les velsniens, à partir du moment où ceux ci n'évoqueraient pas le sujet.

Les quatre grandes nations du Nazum....Là aussi, un raccourci géopolitique conforté par des réalités historiques. Les velsniens aimaient bien les découpages approximatifs et arbitraires du monde. Il devait bien y avoir des centaines de langues parlées dans le Nazum, aussi, il eut été plus simple pour eux de dire qu'il n'y avait que quatre pays dignes de dialogue. La jeune greffière avait été éduquée ainsi, mais elle avait quelque peu enrichie cette vision par des lectures additionnelles. Le Nazum était un débouché commercial trop précieux pour une cité velsnienne, dont les flux étaient davantage tournés vers l'orient que vers l'occident, pour qu'il ne soit guère la peine de lire quelque auteur lingois, talar ou jashurien. La Signora Bernoldi eut bon ton de tempérer ses propres propos, qui méritaient clarification, dans un lingois qui finalement, n'était pas si bon que cela, et qui avait sans doute été complimenté davantage pour faire plaisir que toute autre chose.

"Nous vous remercions de vos bons conseils, excellence et duchesse. Si le chancelleries de notre cité sont ouvertes en continent nazumi depuis des siècles, il est toujours bon de recevoir des indications de ceux qui nous veulent du bien, et qui pensent pouvoir tirer profit d'une collaboration étroite. Nous disposons d'ores et déjà de contacts étroits avec la République du Talaristan, dont les vues semblent concordées avec les nôtres en matière de coopération internationale. Nous sommes impatients de voir ce que donnera ce projet de forum nazumi auquel nous avons adhérer en qualité d'observateurs, par ailleurs."


Le Patrice de Velsna choisit ce moment pour se réveiller subitement et raccrocher les wagons de la conversation.

"Si je puis donner mon avis sur la viabilité des organisations régionales ainsi que leur pertinence, mon avis personnel est relativement mitigé. Le forum aleucien a t-il déjà servi à quelque chose, concrètement ?"

La greffière tenta de corriger Albirio sans en donner l'air.

" Certes excellence, mais nous ne pouvons pas nier que dans ce genre de choses, l'identité des acteurs compte davantage que la structure dans laquelle ilssont engagés. Le forum aleucien avait Stérus et l'Akaltie comme membres. La communauté nazumi devrait compter le Jashuria, le Xin, le Grand Ling...pour nous, c'est déjà une garantie de stabilité et de viabilité en soi."


Le Patrice se redressa dans son siège, qui au vu de ses gestes, semblait lui donner une sensation légère d'inconfort.

"Certes. Continuons."


Garde-fous, limites...la délégation veslsnienne botta en touche. Si le gouvernement conservateur actuel avait des vues relativement mitigées sur l'absence de réglementations économiques, c'était oublier que la cité velsnienne avait fait partie des acteurs en faisant le plus la promotion jusque dans les récentes années. Peut-être, là aussi, ne valait-il mieux pas en parler. Velsna avait résolu la crise du rail de la fin du XIXème siècle en abandonnant purement et simplement le rail, ou du moins, les grandes entreprises de transport de fret s'étaient tournées vers d'autres moyens alternatifs: le Groupe Laurenti Alfonso était retourné à ses vieux amours du fret fluvial et maritime, ce qui dans un pays aux territoires aussi morcelés que Velsna était une nécessité. D'autres avaient le choix du routier et de l'aérien. Il n'y avait depuis longtemps plus une seule société velsnienne qui était spécifiquement dédiée au trafic ferroviaire, et le Groupe Laurenti Alfonso et bien d'autres entretenaient un réseau que l'on pouvait qualifier de secondaire, et dont les cités libres de la République assuraient l'entretien bien davantage que Velsna elle-même.

Le Patrice de Velsna sauta sur les sucreries et les viennoiseries que l'on apporta, comme un enfant à qui on apportait un hochet. Il ria, lorsqu'une fois une de ces pâtisseries orientales en bouche, il plaisanta ainsi, avec ce ton qui laissait penser qu'en permanence, il faisait exprès de mettre mal à l'aise ses conseillers, greffiers et secrétaires, en y prenant une forme de plaisir non dissimulé...ou bien cela signifiait qu'il prenait trop ses aises, et qu'il était parfaitement détendu, les deux cas de figure étant à proscrire.

" Vous savez. Je pense que c'est très facile de m'assassiner: il suffit de se me servir à bouffer et de me ramener une femme devant moi ! L'affaire serait pliée en quelques minutes ! On me dit que j'ai des goûts plus appropriés et dignes la menuaille que pour les raffinements de la bonne société courtoise, mais j'ai tôt fait de choisir les seins plutôt que les discours du Sénat. Qu'est-ce que..."


Le temps que Fiorella Bernoldi tenta en vain de corriger ses propos, la dague se dévoila à sa main lorsqu'il fouilla sur le plateau de victuailles. Il s'en saisit par le pommeau, avant de la prendre en main, sans pour autant la sortir de son fourreau. A coup sûr c'était là une offrande réussie qui trouvait preneur. Il ignora en revanche totalement l'ouvrage qu'il y avait à côté.

"Ah ! C'en est une belle surprise que vous me faites, excellence ! Nous sommes sur la même longueur d'ondes. J'avais un cadeau assez similaire dans son offre à ce que vous m'avez offert. Mais je vais laisser mon fidèle Sukaretto vous en faire l'offrande."


Depuis l'extérieur du pavillon, les gardes wanmiriens du Patrice firent passer un petit écrin de bois vernis et de velours aux greffiers, qui eux mêmes le disposèrent sur la table séparant les deux délégations, sous les accents d'une signora Bernoldi bien pressée de passer outre les déclarations sans équivoque du Patrice.

"Ces excellences honorables du Gouvernement communal et du Sénat, ont ramené avec la cohorte des merveilles dont ceux ci souhaitent vous faire les propriétaires. Si notre cité est peu de choses devant un Empire millénaire et les collections qui nous ont été présentées, ces menus objets pourraient attirer votre curiosité. Son excellence le Patrice Di Albirio a choisit le couteau spécialement pour vous."


Une petite lame fine, presque un canif dont la lame, rétractable pouvait rentrer dans sa petite poignée, dorée et décorée: un stiletto velsnien, fut tendue en direction de la délégation lingoise, et Albirio paraissait fier d'en voir fait la proposition à ses conseillers.

" Mes excellences. Je me permets de vous offrir un stiletto, en ayant pris le soin d'y graver les initiales de son excellence le Premier Ministre. A l'origine c'était des petite slames de duel très courantes dans l'escrime local, et tous les généraux en avaient une avec eux. Et avec la diffusion des armes à feu, elles se sont raccourcies petit à petit pour devenir ces canifs fort élégants, utiles dans les combats de rues et les duels rapides...même si je ne vous souhaite pas d'en arriver à ces extrémités excellence ! Mais si vous voulez vois exercer, l'escrime sportif ai stiletto existe toujours chez nous, et je ne saurais vous conseiller de vous inscrire à l'une de ces confréries qui le pratique un jour où vous irez nous voir ! J'ai beaucoup pratiqué quand j'étais plus jeune, et avec trente kilos de moins !"


Fiorella émis un petit rire nerveux avant de faire signe de passer à la suite.

"Sur des accents moins guerriers, mes excellences, il se trouve que le Collège des viticulteurs de Velsna souhaiterait vous faire part de leur propre cadeau."


On fit alors venir une bouteille de vin, garnie d'une étiquette et d'un nom qui devait être assez exotique pour plaire aux lingois.

"C'est un cru assez célèbre de la chôra velsnienne, la région dans les environs immédiats de Velsna. Du Casparo de 2003, l'une des meilleures années que la plaine velsnienne a connu. C'est le fruit de plusieurs siècles de secret de fabrication au sein du Collège des viticulteurs, qui sont issus des pratiques en vigueur dans la région de Léandre, en Leicytalée. On dit que ce sont les landrins qui l'ont rapport à nous lorsque Fortuna a rasé leur cité, au XVème siècle. Je ne suis pas la plus grande spécialiste des vins, mais l'un de mes parents m'a ainsi dit qu'il était distinguable de tous les autres pour ses notes terreuses de gravier humide et de prune. Le Collège des viticulteurs a jugé bon d'en faire apporter une cargaison de 200 bouteilles à la cour impériale. Peut-être ont-ils l'espoir de faire de vous des clients du bon goût.

Le Patrice, à côté, est occupé à sentir les aromes du thé que les lingois ont offert, fourrant son gros nez dans le sachet.

"Voilà qui plaira à ma femme. Qui sait, peut-être qu'elle oubliera mon existence le temps de cinq minutes ! Mais bref, où en étions nous..."


"Peut-être une fois les cadeaux distribués, devrions nous commencer par les aspects politiques de notre visite, avant que vous ne me laissiez la main pour le reste, excellence."

"Oui, bonne idée."


La Patrice attendit que les va et vient et des secrétaires et domestiques cesse, pour prendre de nouveau la parole, à l'adresse du Premier Ministre.

" Pour ce qui est de la raison de notre venue ici, je n'irais pas par quatre chemins, car il n'est que eu de choses que nous avons l'intention de cacher à des partenaires potentiels comme vous: nous en avons plus qu'assez de devoir intervenir dans les eaux du Nazum, que ce soit dans les mers méridionales et septentrionales afin de faire la police contre les margoulins du tout venant, et dont l'objectif, j'ai envie de le croire, est de nous empêcher de dormir. Petoscovie, Dyl Milath et toute cette cohorte de catin...eu je veux dire de vilains, tout ceux là doivent être punis séance tenante dés qu'ils font mouvement. J'ai adoré la claque à l'adresse de l'amabssadeur milathinien. Benedetti est un brave garçon, je l'ai récompensé d'une enveloppe de 500 florius pour son déplacement au Dyl Milath. Il ira loin s'il continue de taper fort comme ça. Mais le fait est que nous avons besoin d'une stratégie...plus "sophistiquée" et plus en phase avec les acteurs locaux tels que vous, si nous voulons que la paix du Nazum perdure."

" Son excellence Patrice omet également de dire que nous avons tenté de raisonner avec le Dyl Milath sans succès, que nous avons offert notre amitié au Dl Milath, que ceux ci ont refusé vivement, quant bien même nous avons tenté de les récolicilier avec les empereurs xin et la République du Jashuria."

"Mais il semblerait bien que ces barbares ne comprennent que la force, excellence. La preuve, ils on transféré il y a peu la moitié de leur flotte de votre côté du Nazum. Désormais, il y a donc une flotte coalisée de ces deux patries de put...de gredins à un jet de pierre de vos côtes. C'est le premier objet de notre visite: savoir ce que vous pensez de ces gens là, et si il serait possible de compter sur votre bienveillance si jamais la Marineria se devait d'intervenir dans la région à leur encontre. Sur ce point, sommes nous sur la même longueur d'onde ?"

Une fois son exposé terminé, le Patrice fit signe à la greffière d'évoquer les sujets "moins intéressants" (selon lui) avec un moulinet de la main. Elle se saisit vivement d'un autre dossier

" Euh...oui, en effet. Sur l'aspect commercial et industriel de notre éventuelle collaboration. Nous avons d'ordinaire la tendance à laisser nos partenaires privés s'occuper de leurs affaires sur la question, mais nous pouvons d'ores et déjà vous dresser un état des lieux des potentialités économiques dont nous aimerions profiter, ou vous faire profiter inversement. Le Grand Collège des Corps de métier, ainsi que le Sénat, sont optimistes quant au caractère complémentaire de nos économies respectives. En outre, il y a chez nous des demandes capables d'être soutenues par une offre lingoise. En l'état, il serait envisageable une collaboration de cette nature sur le territoire velsnien et lingois:
  • Un appel d'offre du Groupe Laurenti Alfonso concernant la remise en état de 6 000km de voie ferrée en plaine velsnienne, ainsi que l'acquisition de matériel ferroviaire neuf.
  • L'acquisition par le gouvernement velsnien et les partenaires privés velsniens d'un important stock de semi-conducteurs afin de ne plus dépendre uniquement des offres tanskeinnes et teylaises, qui sont les deux acteurs principaux sur le marché velsnien actuellement.
  • La perspective de revenus par l'ouverture des secteurs respectifs de la grande distribution. Nous savons que le Grand Ling est un marché immense, où la demande du secteur est très importante. Nous pouvons donc imaginer une collaboration sur ce plan, et des implantations d'enseignes.
  • Sur un autre secteur, nous serions disposés à offrir au gouvernement lingois ainsi qu'à ses acteurs privés les outils financiers actuellement à notre disposition. L'adoption par le Grand Ling du système de paiement interbancaire SPIV pourrait rendre le Grand Ling moins sensible à des sanctions internationales hypothétiques. Dans le contexte où le Nazum semble de nouveau être le terrain de jeu de tensions internationales, cette proposition n'est pas sans fondement, à notre avis. Nous évoluons dans un monde de blocs de puissance interposés et parfois concurrents. Le Kah avance ses pions sur le plan financier par exemple: il serait sage de resserrer nos liens sur ce plan donc.
  • Enfin, nous avons connaissance du fait que la classe moyenne lingoise s'enrichit à vitesse rapide, et que ses besoins en matière de luxe et de confort augmentent avec. Ce faisant, je pense que l'offre lingoise conviendrait parfaitement aux Groupes Falieri et Oliviera, qui sont les champions du luxe et du bon goût velsien.

Le Patrice de Velsna, qui s'était progressivement désintéressé de la conversation, se raccroche par un calembour.

"Mince, je croyais que c'était moi qui était le champion du bon goût, héhé...Je vous en prie, continuez."


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