22/07/2019
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[Karty-Kah] La guerre au bout du fil, V2

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AlinéaLa scène diplomatique Kartienne a changé, le temps des hostilités Loduariennes. Cela passe, par exemple, par l'évacuation du Capitole par ses fonctionnaires, entre autres les trois Gouverneurs. Ils étaient tous introuvables, telle était la sécurité. Tosca Shimanskaya, Luciano Bellanti et Angèle Orlovski, trois figures qui s'étaient muées dans le décor Kartien. La communication, elle, se voyait assurée par la Vorna, par les soins d'Ingrid Hunnigan et d'autres techniciens.

Dès lors, la gestion de la diplomatie se voyait plus diffue, il venait d'arriver que la Commissaire à la Défense se charge des affaires se présentant militaires. Cela avait été le cas avec Teyla. Taliska s'était installée dans un des quelques centaines de complexes militaires de la République Fédérale, depuis une semaine. Et le protocole était clair: Pas plus d'une semaine au même endroit pour les personnalités d'importance, tout en particulier l'état-major.

Dame Strakhova avait assuré une liaison téléphonique avec les Teylais. Elle avait veillé tard, ce soir et pire, jusqu'au petit matin. Son sommeil se comptait plus en minutes qu'en heures, écroulée sur sa chaise de bureau. C'était un des revers de la grande figure, la plus éminente militaire Kartienne, avachie là, sur une chaise faite de métal et de bois rugueux. Mais tel était son travail, tel était son devoir. Le soleil parût à peine, faisant reluire les grandes antennes de transmission à quelques kilomètres de la base, lorsque la femme fut coupée dans son sommeil. L'on toquait à sa porte.

Une missive Azuréenne. D'importance, de surcroît.

Que voulaient réellement les Azuréens ? En tout cas, cela avait valu une réunion d'urgence sous les pares-feux des renseignements, les trois Gouverneurs et quelques responsables militaires s'étant retrouvés par occasion impromptue. Et c'était à Taliska de mener un double-objectifs: Le temps était venu d'interroger la puissance Kahtanaise sur sa vision quant à la Loduarie, et de la prévenir de potentielles menaces venant de l'Azur...

Taliska se saisit à nouveau du combiné de la ligne sécurisée, qui se connecta directement à Axis Mundis.

Taliska theme

«Commissaire Taliska Strakhova à l'appareil, République Fédérale Kartienne.»

Après quelques échanges et redirections, la Commissaire vint droit au but. Elle avait horreur de perdre du temps, surtout sur ce type d'affaire.

«Camarade Kahtanais.

Soyez informés que notre pays a reçu une missive de l'Azur. Cette dernière fait l'objet de son soutien à notre égard sur nos opérations en Loduarie. Dans un premier temps, Volkingrad souhaiterait enfin engager des discussions sur le cas Lyonnars. Notre pays y est directement impliqué, c'est une nécessité.

D'autre part, la diplomatie de l'Azur nous fait part d'un fort ressentiment à l'encontre de votre pays. Une vision que Volkingrad ne partage pas, là n'est pas le sujet. Si l'Azur soutient nos opérations en Antares, ce pays souhaite engager des discussions avec Volkingrad afin de traiter du potentiel débordement de ce conflit sur celui opposant Carnavale à l'OND, ou encore celui opposant Cramoisie à l'Afarée. Des spéculations qui m'exaspèrent, Volkingrad a tiré cette conclusion: C'est en acceptant un tel soutien Azuréen que les conflits seront mêlés.

Volkingrad vous fait part de cette conjoncture considérant votre degré d'implication avec les affaires Carnavalaises et Azuréennes.
»

Affiche de propagande de la Commissaire Taliska Strakhova
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« Citoyenne Strakhova, enchanté de faire votre connaissance. Je suis le citoyen-directeur Oyishi Kitano, Directoire du Commissariat à la Paix des Communes Unies du Grand Kah. Considérant les sujets que nous avons à aborder la Convention a souhaitée que le Commissariat soit votre interlocuteur, et j'ai été nommé par mes pairs pour nous représenter. »

Il s’écoule un silence, à peine plus d’une seconde. Moins qu’une respiration ou une pause.

« Les Loduariens. Vous n'ignorez sans doute pas que nous avons déjà eu à combattre ce régime sur trois continents. En Eurysie centrale où ils soutenaient un régime génocide, au Paltoterra Oriental – lors de l'opération menée par mon camarade le citoyen MacUalraig, et aussi au Mokhaï, où j'ai personnellement mené les opérations. À l'époque j'avais même été l'objet d'un appel direct du camarade secrétaire général lui-même. Cela a au moins eu le mérite de sauver la vie de certaines de ses troupes. » Le militaire soupire. « À partir de là vous pouvez sans doute supposer que le Grand Kah, en tant que Confédération, n’a pas un amour particulier pour ce régime. Si vous me permettez de vous parler franchement, l'Eurycommunisme est un mélange peu avisé des pires tendances du nationalisme et du socialisme bureaucratique. S'ils ne représentent pas un risque pour l'humanité au sens large, contrairement à, par exemple, vos voisins du Vahrénie, leur logique les condamne à être au mieux un outil. Et pour vous parler de façon tout à fait candide, c'est précisément comme cela que nous percevons leur rôle.

Votre position dans ce conflit est on ne peut plus claire : vous intervenez directement aux côtés d’Antares et y participez donc en qualité de cobelligérants. Une position que nous pouvons entendre, bien que nous ne la cautionnions pas. Nous supposons aussi que vous ne cautionneriez pas une intervention directe de l'Union aux côtés des Loduariens. Sur ce point je peux déjà vous rassurer : elle n'est pas à l'ordre du jour pour le moment, et ce bien que nous avons l'Antares en détestation. La situation interne du pays fait état d'un pourrissement sociétal et étatique particulièrement avancé – je ne reviendrai pas sur le coup d’État, les témoignages faisant acte de nettoyage ethnique, ou le simple fait que ce régime est, par essence, une construction bourgeoise détestable. S’il ne fait aucun doute que les intentions Loduarienens sont moins humanitaires ou même révolutionnaires que nationalistes, le sort de la structure étatique Antarienne n'est pas au cœur de nos priorités.

Ainsi, pour être tout à fait franc, la Loduarie joue un rôle stratégique fort et utile à la lutte révolutionnaire internationale. Antares, pour sa part, est un obstacle potentiel ayant du reste adopté une construction anti-sociale. Nous savons que cela n’arrête par la République Fédérale de Karty, j’ai eu écho du rapprochement initié avec le régime ethno-nationaliste bordant vos frontières. Puisque vous êtes en mesure d’assurer la protection de pays se revendiquant du fascisme le plus répugnant, nous supposons que votre lecture de la situation internationale ne s'organise pas autour des intérêts internationaux et à long terme de la Révolution.

Ce constat n'est pas formulé comme un reproche, notez-le bien.

Nous, pour notre part, avons un intérêt à ce que la Loduarie continue de remplir ce que nous percevons comme étant son rôle historique de verrou Eurysien. Ce qui signifie que le régime doit au mieux gagner sa guerre, au pire survivre après avoir infligé des pertes équivalentes ou supérieures à celles subies, aux régimes réactionnaires contre lesquelles elle s'élance.

Nos positions semblent, en conclusion, assez incompatibles. Mais je reste pour ma part persuadé que nous pouvons éviter de les laisser évoluer en points de frictions potentiellement fatals pour nos excellentes relations. Comme vous l’avez compris notre positionnement est strictement localisé et pragmatique. Nous ne sommes par conséquent animés d’aucun sentiment négatif fort contre votre politique d’intervention, bien qu’elle soit contraire à ce que nous avons défini comme la résolution la plus vraisemblablement utile au prolétariat international.

Je tenais aussi à vous remercier au nom de la Convention et de tout le Commité de Salut public concernant votre transparence sur la position du Califat d'Azur. Je dois avouer que nous sommes relativement surpris d'apprendre qu'il existerait des tensions entre Lac-Rouge et Agatharchidès. Cela étant, elle apparait clairement comme la confirmation d'inquiétudes développées par certaines marges de nos chancelleries et relayée par la presse kah-tanaise. Je crois personnellement que vous faites bien d'être exaspéré : l'approche Azuréenne semble assez conforme à celle expérimentées à plusieurs reprises auprès de plusieurs pays et organisation, avec une absence relative de succès justifiant probablement cette inopportune tentative de vous rallier.

Il va de soi que je suis ici la voix d'une Union qui, nous l'avons vu, a ses propres intérêts, mais si vous le permettez je souhaiterai vous partager un article du Miroir Rouge analysant justement la doctrine diplomatique du Califat. Nous avons d'excellentes raisons de croire que l'Azur a déjà tentaté - sans succès - de trainer l'ONC dans une guerre contre Carnavale, d'intégrer - sans succès - les efforts de l'OND contre la Principauté et, dernièrement, de pousser le Pacte Afaréen de Sécurité dans une guerre contre Cramoisie. L'obsession actuelle du califat d'Azur semble être le déclenchement de ce conflit, allant jusqu'à saboter les efforts diplomatiques initiés par leurs propres alliés du Finejouri, mais aussi les pays membres du FCAN - Altajh, Banairah, Marcine, Qadisha.

La position actuelle d'Azur nous semble d'autant plus irrationnelle que la dernière communication entretenue au plus haut niveau entre nos deux pays était une demande, formulée sur un ton de courtisan, que nous assistions à la démilitarisation de Cramoisie comme nous l'avions fait pour Carnavale. Vous n'êtes pas sans savoir que l'Union a effectivement négociée un certain nombre d'accord auprès de la Principauté, notamment son désarmement chimique. La demande de l'Azur est d'autant plus étonnante que c'est précisément ce à quoi nous travaillons, avec l'Altajh et le Finejouri mentionnés dans la missive, et ce sont précisément ces efforts que le Califat sabote par des actes militaires inconsidérés.

Ce même Califat qui se disait si attaché au multilatéralisme s'est donc lancé dans une aventure militariste contraire aux intérêts et intentions des pays riverains de Cramoisie, et engagés dans la question de sa démilitarisation. Les principes d'Azur sont, selon nous, le cache-misère d'une politique solitaire et obsessionnelle. L'incohérence inhérente du régime l'empêchant de suivre une ligne claire et ses méthodes évoluant au gré des jours, elle n'a pas réussi à s’agréger plus qu'une alliance avec le Churaynn, empire militariste et problématique s'il en est, véritable Loduarie réactionnaire d'Afarée.

Je peux supposer que l’acrimonie à laquelle vous faisiez référence est donc le résultat d’une frustration, celle de voir le Grand Kah suivre la ligne fixée par ses partenaires régionaux – Altajh, Finejouri, Banairah, Qadisha, Marcine. Ne trouvant sans doute pas de soutien immédiat pour justifier leur conflit, ils cherchent de nouveaux alliés en ingérant dans des conflits détachés de leurs intérêts détachés. Il est aussi tout à fait possible qu’ils essaient de transformer la guerre Antares – Loduarie en guerre de Proxy entre le Grand Kah et le Califat. Si, par exemple, ils décidaient de vous armer pour soutenir les forces Antarienne, cela pourrait pousser l’Union à armer la Loduarie, épuisant nos stocks d’armement respectif sans nous infliger de pertes humaines ou territoriales, les dégâts étant dès-lors délocalisé chez nous poulains respectifs ;

À ce sujet ma conclusion sera la suivante : vous aurez sans doute le droit à un langage délicieux, à des formulations exquises et à des grands discours. Vous pourrez sans doute, au même titre que Marcine, l’Altajh, le Grand Kah, l’ONC dans son ensemble, constater d’un changement de ton immédiat au moment même où vous ne remplirez plus fidèlement les objectifs que vous fixe le Califat dans son plan. En l’occurrence, il semble évident que le but est de provoquer une polarisation du monde entre un axe Carnavalo-Loduarien-Kah-tanais, contre, nous le supposons, un acte Azuréen-Kartien-Onédien.

Une lecture que nous jugeons tout à fait hors-sol, mais qui ne tente rien n’a rien, n’est-ce pas ? Sans trop en dire sur les bruits de couloirs et les manœuvres en cours, il se peut que la politique hasardeuse et la stratégie d’insulte systématique de cette théocratie trouve bientôt ses limites en l’action conjointe d’une coalition internationale dépassant très largement les clivages militants et politiques. Je vous remercie encore de nous avoir informé et vous souhaite de tirer autant d’avantages que vous le pourrez de ce régime, sans pour autant tomber, mécaniquement, dans les pièges qu’ils vous tendront. Aucun de nos deux pays n’a intérêt à enclencher une guerre par procuration.
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