03/01/2020
08:01:09
Index du forum ScĂšne Internationale ÉvĂšnements culturels 🎬 CinĂ©ma Festival des Anges (PremiĂšre Ă©dition)

🌮 | La Croisette

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La brise marine balaie doucement la baie, mĂȘlant l'odeur iodĂ©e de l'ocĂ©an aux effluves de haute parfumerie. Sous un soleil radieux, la CitĂ© des Anges s'est mĂ©tamorphosĂ©e : ses avenues sont bloquĂ©es par une foule de badauds et de journalistes accourus des quatre coins du globe, et les façades immaculĂ©es des palaces arborent fiĂšrement les affiches dĂ©mesurĂ©es des films en compĂ©tition.

Le crĂ©pitement des flashs rythme chaque arrivĂ©e devant le cĂ©lĂšbre palais des festivals. Les vĂ©hicules Ă©lectriques aux vitres teintĂ©es dĂ©posent tour Ă  tour les figures les plus Ă©minentes de ce monde. RĂ©alisateurs, acteurs, mais aussi ministres de la Culture, ambassadeurs et chefs d'État venus soutenir leurs champions nationaux ou profiter de l'effervescence.

Bienvenue sur la Croisette.


Ce sujet est ouvert au Rp libre, un peu Ă  la façon d'un sujet ActivitĂ©s ÉtrangĂšres.

Vous pouvez y écrire l'arrivée de vos délégations sur le tapis rouge, les entrevues visant éventuellement à acheter des voix, les réactions à la sortie des projections telles que des critiques de votre presse nationale ou de vos célébrités concernant les films inscrits, tout ce qui fait la vie d'un festival de cinéma, en somme.
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Selection du Festival des anges: un premier avis de Dino Pétrola

Interview



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Arrivé la veille en territoire kah-tanais, le réalisateur et auteur Dino Pétrola, s'est saisi de la croisette avec son flegme habituel, installant ses quartiers et ceux de ses quelques collaborateurs, aux abords du "café Texcoco", sur le bord de mer, et participant aux quelques réunions d'aprÚs visionnage en compagnie des trÚs rares personnes du milieu en capacité de le supporter humainement parlant. Un journal kah tanais local est parti à sa rencontre, afin de recueillir ses premiers avis sur la sélection de cette année.



Journaliste: Bonjour monsieur PĂ©trola ! Des ressentis sur la sĂ©lection ? Vous qui ĂȘtes un habituĂ© de la riviera, on va a vu sceptique Ă  la sortir de quelques avant-premiĂšres...

Dino PĂ©trola: En train de fumer avec un cafĂ© dans l'autre main Sceptique...je n'aime pas ce mot. "Sceptique". J'ai horreur de ce relativisme, presque autant que j'ai horreur de la tĂ©lĂ©vision. Vous ĂȘtes lĂ , Ă  essayer de capturer un moment de tĂ©lĂ©vision, et Ă  rendre captif vos auditeurs de cette façon "Oh, Dino PĂ©trola a dit que ce film Ă©tait une merde, quel scandale...". Il faut pas avoir peur des mots mademoiselle: dites "déçu" plutĂŽt que "sceptique". Mais je trouve ça presque dommage que l'on s'intĂ©resse Ă  mon avis, plutĂŽt qu'aller voir directement les films en question. Nous sommes censĂ©s ĂȘtre au Grand Kah, et pour le moment, je n'ai vu aucun processus rĂ©volutionnaire en marche, qu'il soit dans les films, dans les comportements ou mĂȘme comment on organise cette compĂ©tition. J'avais espĂ©rĂ©, en venant ici, percevoir cette petite flamme rĂ©volutionnaire qui n'existe malheureusement plus sur la croisette.

Par oĂč voulez vous que je commence cette selection ? Par le western fasciste makotan ? Par la propagande intĂ©griste catolane ? Par le film ultra militariste estalien ? J'ai du mal Ă  croire qu'on ait laisser de telles "choses" concourir. Je note que mĂȘme au Kah, le cinĂ©ma est incapable de contenir ces avancĂ©es rĂ©actionnaires. Et encore que, on peut fare un film fasciste, mais si je dois regarder un tel film, j'aimerais au moins que la technique se mette au service de la propagande. L'attaque des Peaux-Rouges est intĂ©ressant, mais pas en tant que film j'en ai peur. Il n'y a pas de recherche esthĂ©tique, pas la moindre signification dans les plans choisis, pas le moindre symbolisme. Le film est pauvre dans tous les sens du terme, mais avant tout en intelligence. Le seule angle d'intĂ©rĂȘt de l'Ɠuvre, si on peut l'appeler ainsi, est qu'elle permet d'observer une sorte de tĂ©moignage de nĂ©vroses racistes. Cela faisait longtemps que je n'avais pas vu de black face dans un film je dois l'avouer...

Cette absence de recherche esthĂ©tique, j'ai presque envie de dire qu'elle est omniprĂ©sente dans la sĂ©lection de cette annĂ©e... J'ai l'impression que la nouvelle gĂ©nĂ©ration de rĂ©alisateurs considĂšre le cinĂ©ma comme un vulgaire support pour y mettre en scĂšne des romans. Le cinĂ©ma n'a pas l'air d'ĂȘtre interprĂ©tĂ© comme un art Ă  part entiĂšre, c'est un peu comme si des romanciers sortaient des livres vierges et disaient "Oui, ceci est de la littĂ©rature.". On nous raconte des histoires sans la moindre recherche de mise en scĂšne. Depuis quand le scĂ©nario est important dans un film ? C'est la maniĂšre de faire ressentir qui compte, on s'en fiche du reste. La sĂ©lection de cette annĂ©e, c'est un peu le triomphe d'une thĂ©orie bourgeoise du montage: des histoires linĂ©aires, avec un parcours du hĂ©ros qui s'Ă©lĂšve au dessus de sa propre condition, par ses moyens blablabla... C'est un chiant indescriptible.

Le plus triste dans cette offensive rĂ©actionnaire, c'est que finalement, je ne vois pas de diffĂ©rence fondamentale en matiĂšre de construction du rĂ©cit entre L'attaque des Peaux-Rouges et Nous n'Ă©tions plus des enfants, qui est censĂ© ĂȘtre le film sĂ©lectionnĂ© par une nation de rĂ©volutionnaires. Sous couvert du racisme des kartaliens, on vient glorifier une autre armĂ©e, une autre machine militaire. Par bien des aspects, au moins L'attaque de peaux rouges est cash sur ce qu'elle entend ĂȘtre, lĂ  oĂč Nous n'Ă©tions plus des enfants constitue une Ɠuvre de propagande qui se donne des airs de
film anti-guerre.

Ce sont deux films de faquins, mais l'un des deux ne se ment pas Ă  lui-mĂȘme.


Journaliste: Y-a t-il au moins un film qui trouve grĂące Ă  vos yeux pour le moment ?

Dino PĂ©trola: Un film qui soit ni une Ɠuvre de propagande ni un simple produit commercial Ă  peine digne d'une tĂ©lĂ©vision abrutissante ? En matiĂšre de films novateurs et audacieux, pour le moment, "Ici" m'a fait lever un sourcil curieux je dois l'admettre. MĂȘme si j'ai l'impression que l'idĂ©e n'est pas totalement achevĂ©e, elle a le mĂ©rite d'exister. Nathan Lambert est encore un jeune rĂ©alisateur, mais il y a un dĂ©but de recherche esthĂ©tique. Je lui souhaite de poursuivre ses expĂ©rimentations. J'ai bien aimĂ© le fait que le rĂ©cit semble finalement si superficiel, qu'il ne soit pas achevĂ© Ă  la fin du film. Je ne sais pas si c'est volontaire ou non, mais c'est Ă  noter. Gojeh Sabz a aussi trouvĂ© quelque intĂ©rĂȘt Ă  mes yeux, mais lĂ  encore, le rĂ©cit est trop linĂ©aire pour incarner la dĂ©marche rĂ©volutionnaire dont le film pense ĂȘtre porteur.

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Mlle Olaf arrive au Festival des Anges

Mlle Olaf sur le tapis

Narration de l'événement

DĂ©sireuse d’ĂȘtre remarquĂ©e par tous et d’augmenter ainsi le nombre de ses admirateurs par pure satisfaction Ă©gotiste, Mlle HĂ©lĂšne Olaf, hĂ©roĂŻne d’un documentaire makotan produit Ă  sa gloire par la gĂ©nĂ©rositĂ© paternelle se rend au Grand Kah le plus tĂŽt possible. Elle entend se faire voir dĂšs l’ouverture du Festival des Anges et capter l’attention aussi longtemps qu’elle le pourra. Formellement invitĂ©e pour reprĂ©senter le documentaire qui lui est consacrĂ©, elle est venue, en rĂ©alitĂ©, se reprĂ©senter elle-mĂȘme. D'ailleurs, le film lui sert bien davantage qu’elle ne le sert, et il n'aura Ă©chappĂ© Ă  personne que son rĂ©alisateur ne l’accompagne pas au festival.

AprĂšs un vol assez long dans le jet privĂ© de son pĂšre, elle attĂ©rit finalement au Grand Kah et appelle une limousine pour rĂ©ussir au mieux son entrĂ©e. Elle arrive donc en limo dont elle descend avec une lenteur calculĂ©e, offrant aux photographes le spectacle d’une toilette somptueuse, manifestement rĂ©alisĂ©e pour cette occasion. Sur le tapis, elle profite sans la moindre retenue de l’attention des paparazzis, dont elle ne se lasse jamais, bien qu’elle affecte de s’en plaindre. Elle les aiment particuliĂšrement quand ils cherchent Ă  l'espionner et qu'elle peut s'organiser pour leur donner les meilleures scĂ©ne volĂ©es car ça sert particuliĂ©rement l'image qu'elle entend donner d'elle-mĂȘme. Donc, tout naturellement, elle minaude avec une complaisance Ă©hontĂ©e, Ă  la façon de la plus vaniteuse des jeunes filles — ce qui n’est pas trĂšs loin d’ĂȘtre exact, encore que la compĂ©tition soit particuliĂšrement forte chez les mondaines du Makota.

Parvenue en haut des marches, elle s’immobilise longuement, le buste lĂ©gĂšrement cambrĂ©, le menton levĂ© selon l’angle prĂ©cis qu’elle a rĂ©pĂ©tĂ© devant son miroir la veille. Un sourire figĂ©, mi-sĂ©ducteur, mi-impĂ©rial, Ă©tire ses lĂšvres. Elle sait qu’on la regarde. Elle veut qu’on la regarde. Et elle prend tout son temps pour que chacun puisse admirer sa pose et l’élĂ©gance de sa tenue. Ce n’est qu’une fois qu’elle estime avoir suffisamment posĂ© pour les camĂ©ras qu’elle consent enfin Ă  pĂ©nĂ©trer dans le palais oĂč se tient le Festival.

En terme de jeu

Mlle Olaf ne vient pas pour voir des films (elle ne s'intĂ©resse pas au cinĂ©ma) mais pour gagner. En effet, remporter un prix lui sera trĂšs utile sur le plan de la gloire personnelle et de son image publique de femme de pouvoir au Makota. Aussi, dĂšs que la composition du Jury sera annoncĂ©e, elle se mettra en quĂȘte d'aller les corrompre un par un par tout les moyens possibles et imaginables. En attendant, elle doit poser dans le palace oĂč elle a sa suite (celle qui est pleine de malles en bois et qui dĂ©borde de soubrettes en robe noire Ă  tablier blanc ...).
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Léonpold CastelagePhilippe Pine

- Philippe, comment ça va ? C'est super de vous voir sur la Croisette !

- Ah monsieur Castelage comment allez vous ?

- Super, super... Carnavale Matin couvre le Festival alors ?

- Ah oui oui on fait la culture et tout.

- Vous ĂȘtes un sacrĂ© gĂ©nĂ©raliste vous.

- Vous aimez le cinéma monsieur Castelage ?

- J'adore ! Je me suis refais tout Valko Orenstein le mois dernier, j'adore les comédies avec des communistes qui meurent !

- Ah oui oui... c'est bien.

- C'est super !

- C'est dommage que Carnavale ne présente pas de film cette année.

- C'est que tout le budget caméra est passé dans la propagande de guerre.

- Je croyais que la Principauté avait un budget illimité ?

- Haha, allez je vous paye Ă  boire Philippe ?
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Marc MicmacCielestin Robespaul

- Je vois dans le programme on peut aller Ă  la premiĂšre de Capitalia dans une demi-heure et aprĂšs on fait une pause pour manger et on enchaĂźne sur L'attaque des Peaux-Rouges. Il n'y a pas de documentaire sur les trains ? J'Ă©tais certain qu'il y avait un documentaire sur les trains... j'ai dĂ» rĂȘver...

- Parfait parfait.

- Ça va Cielestin, vous ĂȘtes distrait ou quoi ?

- Pardonnez moi Marc, je dois vous faire faux bond pour aujourd'hui.

Il se dirige vers des agents secrets kah-tannais. Marc Micmac lĂšve les yeux au ciel.

- Foutues conspirations politiques... on peut jamais ĂȘtre tranquille pour une sortie en amoureux.
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Balthazar MétaphoreMarie Gaule

- J'aurai préféré rester en Althalj...

- Vous avez suffisament pris de vacance jeune homme, il est temps de faire un peu votre éducation. OH MON DIEU regardez là-bas c'est Aman Sari !!! Hiiiii !!!

- Hein ?

Marie Gaule lui donne un coup d'ombrelle.

- Corniaud, c'est l'acteur principal d'Ici, de Nathan Lambert, vous connaissez Nathan Lambert ?

- Non.

- Vraiment les jeunes de nos jours... c'est l'un des réalisateurs les plus connus de ma génération.

- Il vient d'oĂč ?

- Les ßles CélÚnes.

- C'est quoi ça ?

- Aucune importance ils font du bon cinéma. Oh là-bas ! HélÚne Olaf !

- Qui ?

- La dame qui ressemble Ă  un sapin.

- En vert ?

- Bien sûr en vert regardez bien, je l'ai vu à l'affiche ! Que de beau monde !

- Mais vous connaissez tout en fait ?

- Oh j'avoue que j'ai ma petite culture c'est vrai...
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La Croisette : Arrivée du Ministre de la Culture arkavien, Yousef Zhrot accompagné de son épouse et réalisatrice, Jusseka Pomakhin



Un couple descend d'une luxueuse berline argentée sous une pluie de flashs d'appareils photo. Yousef Zhrot, Ministre de la Culture de la République technocratique d'Arkavie, et à son bras, Jusseka Pomakhin, réalisatrice et critique cinématographique, avancent cÎte à cÎte avec élégance et charisme. Ils avancent ensemble sur le célÚbre tapis rouge du Festival des Anges.

Tapis rouge



Un journaliste du média kah-tanais Vibrance les interpelle, micro à la main.

Journaliste : « Madame Pomakhin, Monsieur le Ministre Zhrot, bonsoir. Vous arrivez ensemble ce soir. Que représente cette présence au Festival de Anges, ici au Grand Kah, pour vous et pour Arkavie ? »

Yousef Zhrot : « C’est un trĂšs grand honneur pour nous d'ĂȘtre ici. Nous n'aurions pour rien au monde loupĂ© un festival cinĂ©matographique mondiale d'une telle envergure. Et nous sommes trĂšs heureux de venir y reprĂ©senter une nation qui croit profondĂ©ment au pouvoir et Ă  l'importance du 7e art dans notre monde. »

Jusseka Pomakhin : « Je suis Ă©galement trĂšs heureuse d’ĂȘtre ici. Pour moi, ce genre de festival reste un lieu oĂč l’on peut encore voir du cinĂ©ma exigeant et mĂ©ritant. C'est pourquoi j'ai trĂšs hĂąte d'assister aux premiĂšres projections.»

Journaliste : « Parmi les films en sélection officielle cette année, y en a-t-il un qui vous intéresse particuliÚrement ? »

Jusseka Pomakhin : « Pour ma part, deux Ɠuvres retiennent particuliĂšrement mon attention. D’abord, Les Trois amours de Giovanni Slestri, qui m’intĂ©resse principalement pour la profondeur de ses thĂ©matiques abordĂ©es. C’est un film qui semble aborder avec beaucoup de maĂźtrise l’intime, le politique et l’historique en mĂȘme temps. Mais d'un autre cĂŽtĂ© Gojeh Sabz m’interpelle Ă©galement, pour des raisons trĂšs diffĂ©rentes. Son approche est plus sensible, plus poĂ©tique. Le synopsis et les bandes-annonces nous mettent sur la voie d'un film qui offre une perspective plus douce, mais tout aussi significative, sur des rĂ©alitĂ©s difficiles. Ces deux films, chacun Ă  sa maniĂšre, me paraissent donc particuliĂšrement intĂ©ressant. »

Journaliste : « Qu'en est-il pour vous monsieur le ministre ? »

Yousef Zhrot : « Je dirai que, Nous n’étions plus des enfants, qui m’intĂ©resse par rapport Ă  la rigueur de son approche de la guerre et notamment car il raconte une partie de l'Histoire estalienne que j'ignore encore et qui m'intĂ©resse beaucoup.»

Journaliste :« Madame Pomakhin, Si vous étiez choisie pour faire partie du jury officiel cette année, quel type de jurée seriez-vous ? »

Jusseka Pomakhin :« Je dirais que je serai une jurĂ©e exigeante mĂȘme intransigeante au vu de cet Ă©vĂ©nement grandiose, mais avant tout une jurĂ©e passionnĂ©e par le cinĂ©ma, j'Ă©valuerai Ă  juste titre. De maniĂšre gĂ©nĂ©rale, je cherche des films qui ont quelque chose de vrai Ă  dire sur l’ĂȘtre humain, mĂȘme si c’est inconfortable, qui ont quelque chose Ă  dire sur notre sociĂ©tĂ©, mĂȘme si ça peut fĂącher, voire choquer. Un film qui n'a pas qu'une histoire Ă  raconter. Par ailleurs, je pense que je serai aussi une jurĂ©e qui mettra en avant les performances artistiques : aussi bien celles des acteurs, que celles des photographes, de ceux qui auront travaillĂ© sur l'esthĂ©tique du film, etc. Le cinĂ©ma est un art, et j'estime qu'il fait partie des ces arts particulier qui a besoin des autres pour exister. »

Journaliste :« Merci d'avoir répondu à nos questions. »

Yousef Zhrot : « De rien. »


Le couple reprit son chemin sur le tapis rouge.
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Marc Micmac

- Par le Grand Satan, ce documentaire sur les trains est le meilleur que j'ai vu de ma vie... ! Il faut absolument que je passe un coup de fil Ă  ce monsieur du Barrot...
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A...prÚs ce coup de fil, j'avais eu envie de sauter dans la mer. L'étourdissement de cette nouvelle m'avait frappé en plein aprÚs-midi ; j'ai appris la mort de Claire dans les effluves d'aperol spritz et de l'écumesalée. Je savais qu'elle avait annulé sa participation au festival
des Anges Ă  cause de sa santĂ©. La semaine prĂ©cĂ©dente, nous nous entretenions au tĂ©lĂ©phone sur la prochaine Ă©dition de la Semaine kĂ©pilandienne de la Mode, oĂč devait se produire Karl Larx avec une nouvelle sĂ©rie de crĂ©ations pour la collection printemps-Ă©tĂ© de Cedarshead. J'avais pris des nouvelles de sa fille ; nous remontions la pente aprĂšs des annĂ©es d'Ă©loignement et un certain nombre de griefs, parmi lesquels ni elle, ni moi, n'avions dĂ©mĂ©ritĂ© d'astuce et d'orgueil. J'ai raccrochĂ© le tĂ©lĂ©phone : devant moi s'Ă©tendait la mer de mes vacances Ă  Capitalia. Perdre une amie, surtout comme Claire Rylieu-Rebenzstǐn, c'est perdre une immense part de soi-mĂȘme. — From The Embers. Il y a, paraĂźt-il, un ancien sentier de pĂšlerinage qui longe toute la cĂŽte de la pĂ©ninsule crĂ©nelĂ©e, Ă  partir du nord de CrĂ©dora, et jusqu'aux campagnes du grand nord. C'est la cĂŽte de Jaspe : les falaises de granite et de grĂšs rose se succĂšdent, parsemĂ©es de pins sculptĂ©s par le vent maritime, des criques adorables oĂč resplendit le fond Ă©meraude du soleil. Ils s'y trouvent, lovĂ©s entre les collines, de charmantes petites stations balnĂ©aires avec de vieux casinos, des hĂŽtels en bois peint, des cabines pour se changer et bronzer sur la plage. J'ai goĂ»tĂ©, dans un grand restaurant dont la terrasse de briques rouges surplombait un golfe parsemĂ© de petits voiliers, une salade de seiches Ă  l'encre toute noire, avec de la salicorne et de la salsepareille. C'est ainsi jusqu'Ă  New Ocean et ses grattes-ciels accrochĂ©s par la brume. J'y ai pu finir des vacances tranquilles et clĂŽturer deux semaines de deuil prĂšs de la mer. Capitalia et les CitĂ©s-Unies se partagent comme deux lĂ©zards le bout de la pĂ©ninsule, encore tranquilles et insouciantes. Je recommande particuliĂšrement le spa Ă  la thalasso de Vuilldor : les sources d'eau chaude et l'agrĂ©ment de cette rĂ©publique capitalistique conviennent tout Ă  fait Ă  la dĂ©tente. On en oublierait presque le risque d'invasion communiste de la Loduarie voisine. Si vous vous rendez Ă  CrĂ©dora, n'oubliez pas non plus de faire un tour sur le port ; il y a le lundi, le jeudi et le samedi un grand marchĂ© aux poissons frais ; de trĂšs beaux pĂ©cheurs y dĂ©coupent la chair succulente et fraĂźche de somptueuses murĂšnes, qu'ils attrapent vers la cĂŽte d'AmĂ©thyste, de l'autre cĂŽtĂ© du Golfe. — L'Ă©tĂ© arrive et je me cherchais un maillot de bain. J'ai dĂ©laissĂ© le vieux crĂšme et le blanc, so 2018, pour un body cĂ©rulĂ©en. Mais c'Ă©tait encore avant de tomber sur le swimsuit de plage de la Maison ShamsĂ»r, qu'on connaĂźt pour ses burkinis tendance. C'est la couleur pour moi : le bleu turquoise ! J'ai cru comprendre qu'il y a en Azur des Turcs qui broient des pierres colorĂ©es pour faire une teinture et d'ailleurs c'est de lĂ  que viennent les deux noms ; sous le ciel bleu et parmi les vagues, voilĂ  de quoi scintiller cet Ă©tĂ© sur la plage et mettre en valeur mon corps d'Ă©tĂ©. — Festival des Anges : avec regrets et du fait de mon deuil de Claire, je n'ai pas eu le courage de m'y rendre moi-mĂȘme. La derniĂšre Ă©dition du salon international du film remontait Ă  2012 ! Je me rappelle avoir adorĂ© Les remords de l'ambition de Miro Cadiz, rĂ©alisateur malĂ©vien, peignant une histoire d'amour et de secret, de confession et d'exploration des sentiments particuliĂšrement nuancĂ©e et intĂ©ressante ; Alina, Malos, le film nous fait tourner autour de leurs blessures et de leurs mĂ©faits rĂ©ciproques, racontant aussi toute la lumiĂšre rĂ©demptive d'un amour jeune, qui nous emmĂšne avec le sĂ©millant Gustavo, le psychanalyste, aux confins du pourquoi... J'espĂšre que les films de l'Ă©dition 2019 seront Ă  la mĂȘme hauteur ! J'ai cru comprendre que depuis Miro Cadiz, le renouvellement des gĂ©nĂ©rations commençait Ă  se faire sentir du cĂŽtĂ© de la crĂ©ativitĂ© artistique. Les participants au Festival des Anges seront-ils Ă  la hauteur ? Mais je m'Ă©loigne de mon domaine de prĂ©dilection. Pour couvrir ce grand gala du septiĂšme art, j'ai fait appel aux services d'un critique cinĂ©ma qui se dĂ©voilera trĂšs bientĂŽt — A new foe has appeared !

LYRE ANDROPHORA



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Les sƓurs de la Mission Ă  Dakoraville profitent de la projection de leur documentaire pour quĂȘter pendant le festival

Des nonnes en mission au Punkland, que l’on voit dans le documentaire, sont installĂ©es devant une salle de cinĂ©ma du festival oĂč le documentaire est justement projetĂ©. Elles y font la quĂȘte en faveur des enfants de Dakoraville

Narration de l’évĂ©nement

Venues initialement pour prĂ©senter leur documentaire Correspondances des soeurs rĂ©ginistes en Punkland, SƓur Mahaut et une poignĂ©e de ses consƓurs en ont profitĂ© pour joindre l’utile Ă  l’agrĂ©able. Cela signifie qu’outre profiter gratuitement du transport, du gĂźte et du couvert pendant toute la durĂ©e du festival (elles partagent toutes la mĂȘme chambre ; elles ont empilĂ© les deux lits et dorment Ă  mĂȘme le sol sur leurs paquetages, c’est beaucoup plus rustique et convenable et cela permet de loger toute la dĂ©lĂ©gation gratuitement et de sous-louer le reste), elles en profitent aussi pour quĂȘter. L’Église du Makota finance dĂ©jĂ  la mission Ă  Dakoraville, mais il n’y a jamais assez d’argent pour nourrir, habiller et vĂȘtir les enfants de la ville dĂ©vastĂ©e, sans parler de la diffĂ©rence abyssale de niveau de vie entre Dakoraville et le Grand Kah qui fait qu’une piĂšce ou mĂȘme un petit billet kahtanais reprĂ©sentent une vraie fortune dans la citĂ© dĂ©vastĂ©e (via la fameuse mĂ©canique de paritĂ© de pouvoir d’achat, ou PPA). Quand elles le peuvent, elles ne se bornent pas au festival et vont aussi quĂȘter en ville, dans les restaurants, bistrots et bars, et partout oĂč l’on trouve des attroupements, peu importe leur nature. Elles sont aimables et affables, mais insistantes, n’hĂ©sitant pas Ă  remuer bruyamment leurs troncs si l’on a la mĂ©chancetĂ© de ne rien donner.
En termes de jeu

Le festival et ses alentours immĂ©diats vont faire les frais de la mendicitĂ© active des sƓurs de Dakoraville. Cela dit, il n’y a aucune entourloupe : tout ira pour les enfants pauvres et malades de la ville dĂ©vastĂ©e. Evidemment, l'organisation du festival ou les autoritĂ©s de la ville pourront trouver que c'est une nuisance, il faudra alors justifier pourquoi les religieuses seront empĂȘchĂ©es de quĂȘter.
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L'équipe d'Il Sabato rosso débarque sur la croisette.

Le radar Ă  cons



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Les habituĂ©s de la Riviera kah tanaise ont tout pour ne plus ĂȘtre surpris par le tout venant et la curiositĂ© que cela sous-tend. Le monde entier passe sur ces planches de bois qui suivent le front de mer. Toutefois, certains seront tout de mĂȘme surpris par le spectacle Ă©trange d'une petite Ă©quipe montant une petite estrade, dĂ©corĂ©e de fanions et cocardes ressemblant Ă  celles que l'on pourrait utiliser lors d'une campagne Ă©lectorale velsnienne. Sur une grande banderole est Ă©crit en grosses lettres rouges pĂ©tantes "Votez pour Di Resta.", tandis qu'on distribue des petits drapeaux velsniens aux curieux qui restent plantĂ©s devant ce spectacle, entre autre, car on y ajoute ceux de diverses nations aleuciennes et eurysiennes: loduariens, icamiens, makotans et autres Etats "frĂ©quentables". Un grand Ă©tendard est dĂ©ployĂ© par plusieurs techniciens du Sabato Rosso Ă  l'effigie du "sĂ©nateur", affichĂ© tout sourire, presque niais. "Allocution sĂ©natoriale imminente de son excellence Alessandro Di Resta".

Une voix féminine retentit dans les hauts parleurs installés sur le cÎté de la scÚne, tandis qu'une musique solennelle de cuivres et de vents est entonnée de maniÚre relativement fausse.

"Citoyens et citoyennes de Chan Chimu, veuillez accueillir son excellence, le sénateur illustre Alessandro Di Resta pour cette allocution exceptionnelle."

Sur scĂšne, Alessandro Di Resta, chroniqueur principal de l'Ă©mission du Sabato Rosso fait son entrĂ©e, enroulĂ© dans une toge pompeuse de sĂ©nateur velsnien, bien trop longue pour lui, et qui traĂźne par terres sur une bonne dizaine de mĂštres. Autour de sa tĂȘte est fixĂ©e un Ă©trange dispositif, reliĂ© par un fil Ă  un compteur qu'il tient dans la main, avant de le poser sur son pupitre dĂ©s lors qu'il prend place. Di Resta marque une longue pause gĂȘnante devant des passants confus, le micro grĂ©sille, ce dont apparemment, il prend un certain plaisir Ă  faire durer. L'une des "techniciennes" de l'assistance l'interpelle.

"Le micro est branché, excellence sénateur."

"Oh ! Merde.... Citoyens, citoyennes de Chan Chimu, son excellence le sĂ©nateur Alessandro Di Resta vient vous sauver. Oui, vous, dans le foule, surtout toi lĂ  bas que je fixe du doigt, avec un embonpoint. Avant toute chose, et comme je suis aprĂšs tout en ces lieux qu'un "petite candidat", j'aimerais vous dire Ă  quel point je suis en rĂ©alitĂ©, sous ces cinq couches de toga, l'une des vĂŽtres. Laissez moi ĂȘtre "performatif" comme disent les jeunes et les trisomiques, et vous narrer des situations qui vous rappellerons Ă  qui vous avez affaire. Je suis parfaitement au fait de la cause de la plupart des minoritĂ©s, je suis au fait des causes de la misĂšre et du chĂŽmage, de la discrimination et de l'intolĂ©rance, de ce qui est juste et de ce qui ne l'est pas. Pour cause, je suis devenu dĂ©fenseur des droits des femmes le jour oĂč pour la premiĂšre fois, j'ai dit "merci" Ă  mon Ă©pouse. A ce moment lĂ , cela pouvait paraĂźtre un pas bien modeste pour vous, qui vivez dans une sociĂ©tĂ© bien diffĂ©rente, mais ce regard de gratitude dans le regard de mon Ă©pouse, lorsqu'elle me tendait mes slips repassĂ©s, et quand je lui ai simplement dit "merci", cela...je ne l'oublierai jamais, et cela a depuis guidĂ© l'intĂ©gralitĂ© de mon action politique.

Je me dĂ©finis Ă©galement comme "Ă©veillĂ©" par rapport Ă  la grande pauvretĂ© depuis que je me suis rendu compte qu'il y avait un sans abri au coin de la rue oĂč je vis, et vous le devinerez jamais...mais je lui ai donnĂ© deux florius la semaine derniĂšre. D'ordinaire, les pauvres sont vaporisĂ©s avec du spray au poivre, ou bien on leur conçoit de trĂšs ingĂ©nieux systĂšmes de bancs oĂč il est impossible de se coucher. D'ailleurs, je dois l'admettre...c'est Giordano, mon cousin au troisiĂšme degrĂ© qui l'a inventĂ©...MAIS ne vous en faites pas, je ne suis pas comme lui, et j'ai appris de mes erreurs...et d'ailleurs ce n'est pas la question.

C'est pourquoi, lorsque j'ai entendu, par delĂ  l'ocĂ©an, vos appels Ă  l'aide: votre ville a Ă©tĂ© envahie par des hordes de militaristes ? Par des bonnes sƓurs un peu louches appartenant Ă  quelque sectes intĂ©gristes ? Par des rĂ©alisateurs soupçonnĂ©s d'agression sexuelle ? J'ai enfilĂ© ma plus belle toge pour venir Ă  votre rencontre, et vous annoncer que je suis officiellement candidat au Conseil de Chan Chimu. En effet, j'estime, face au retour de bĂąton des forces de la rĂ©action qui caractĂ©rise ce festival, et DONT JE NE FAIS PAS PARTIE, qu'il est nĂ©cessaire pour les kah tanais de la commune si ensoleillĂ©e de Chan Chimu, d'Ă©lire un homme qui a dĂ©jĂ  fait la dĂ©monstration de son progressisme, et pour preuve, qui a dit une fois Ă  table: "Les pauvres sont des gens bien, les homosexuels et les femmes probablement aussi...je sais pas, je n'en ai jamais croisĂ©, mais c'est sans doute le cas..".

Face Ă  la mollesse des instances en place devant une prĂ©-sĂ©lection de films incendiaires et fascistes, je saurais, moi, excellence illustre Alessandro Di Resta, incarner un virage radical par rapport aux ordinaires membres des clubs corrompus. Je pense par exemple, au trĂšs droitier club de l'accĂ©lĂ©ration, oĂč, mĂȘme si je n'y ai pas que des amis, on me dit "Alessandro, calme toi, la fenĂȘtre d'Overton n'est pas encore assez grande pour un individu aussi clivant que toi. Allons y en douceur". C'est Ă  cet instant que j'ai rĂ©alisĂ© que j'Ă©tais un rĂ©volutionnaire, et j'en ai aussitĂŽt informĂ© mon pĂšre, qui pour l'occasion m'a rĂ©servĂ© une soirĂ©e dans un restaurant cinq Ă©toiles de Velsna, entiĂšrement privatisĂ©...mais il l'a fait de maniĂšre rĂ©volutionnaire !

Aussi, pour vous, mes concitoyens kah tanais déçus de l'orientation générale de votre commune, je suis venu avec tout mon bagage socialiste, et faire à leur place office de "lanceur d'alerte" concernant le caractÚre scandaleux de certains des films inscrits à la présélection du Festival des Anges. Et pour se faire, je viens à vous avec une prouesse technologique qui vous facilitera la tùche.


Di Resta met en avant le dispositif attaché à son front.

Citoyens et citoyennes, je vous présente le radar à cons ! Samantha, allume le s'il te plait.

Le dispositif Ă©met un bip sonore extrĂȘmement rapide.

C'est normal ça ?

Vous devriez le retourner pour voir... - fait l'assistante -

Ok...comment ça se fait qu'il bip encore plus fort ? Bon, c'est sans doute rien. BREF, ce dispositif, citoyens vous permettra de reprendre le contrĂŽle de la promenade de Chan Chimu, en repĂ©rant ceux parmi nous qui seraient des cons. Ces mĂȘmes cons qui pullulent actuellement dans les quatre coins du monde, et dont je ne suis que l'humble opposant qui se trouve ĂȘtre Ă©galement sauveur. Citoyens et citoyennes, ce jour marque le premier de notre veille, le Sabato Rosso dĂ©barque sur la croisette !

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Les nonnes makotanes assistent à l'émission d'Il Sabato rosso

Les nonnes makotanes et les petits drapeaux

Narration de l'événement

— Des petits drapeaux ? Non merci, monsieur, nous n’en avons pas besoin.

— Chut, ma sƓur. Prenez son drapeau. Il s’agit certainement d’une manifestation patriotique. Tñchez de bien vous conduire, pour une fois.

— Oui, ma sƓur. Vous avez raison.

Les nonnes makotanes, celles qui Ɠuvrent actuellement au Dakora auprĂšs des enfants abandonnĂ©s et qui sont actuellement au Festival des Anges pour la prĂ©sentation du documentaire illustrant leur apostolat, arrivent par hasard sur la Croisette (en rĂ©alitĂ©, ça n'avait rien d'un hasard puisqu'elles pratiquaient la mendicitĂ© active pour leur orphelinat), et amusĂ©es par ce spectacle manifestement tĂ©lĂ©visuel ou radiophonique qui s'apprĂȘte Ă  dĂ©marrer, elles s’autorisent un petit temps de relĂąche pour se rĂ©crĂ©er convenablement entre deux sessions de quĂȘte humanitaire (de raquette Ă©motionnel) auprĂšs des festivaliers. Elles ne comprennent pour ainsi dire pas grand-chose Ă  l’émission qui se dĂ©roule devant elles mais rient de bon cƓur avec tout le monde, surtout quand on les qualifie de "nonnes louches". Elles conserveront leurs petits drapeaux qu’elles ramĂšneront au Dakora pour servir de jouets Ă  leurs protĂ©gĂ©s.
En terme de jeu
Les nonnes gardent les petits drapeaux ... C'est tout.
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㊐ L'AbbĂ© RyĂ»maru bannit l'intelligence artificielle : « une insulte Ă  la vie elle-mĂȘme »
Le Bien-aimĂ© VĂ©nĂ©rable a visionnĂ© l'un des films prĂ©sentĂ©s cette annĂ©e au festival des Anges, lĂ -bas. Un film entiĂšrement conçu par l'intelligence artificielle, de son graphisme Ă  son scĂ©nario, en passant par ses effets et l'Ă©criture des scĂšnes. Une scĂšne particuliĂšrement pĂ©nible de guerre aurait-elle eu raison de la compassion bouddhiste du VĂ©nĂ©rable AbbĂ© ? « Celui qui a fait ça n'a aucune idĂ©e de ce qu'est la souffrance », a-t-il commentĂ© au sujet des borborygmes bizarres Ă©mis par l'un des monstres Ă  l'Ă©cran, dont le nombre de doigt avait tendance Ă  Ă©voluer entre quatre et sept au dĂ©but de la sĂ©ance. C'est une prise de position moins philosophique qu'artistique de la part des autoritĂ©s de notre petite rĂ©publique archipĂ©lagique : « L'art, ce n'est rien d'autre que l'expĂ©rience de l'art », tout comme la vie n'est rien que l'expĂ©rience de la vie. ExpĂ©rience et sensation, vĂ©ritĂ©s sans comment ni pourquoi, sont exclues du processus de crĂ©ation numĂ©rique d'images, de textes, de donnĂ©es et de stratĂ©gies, ouvrant la porte Ă  une approche inĂ©dite de la crĂ©ation artistique : non pas en tant qu'innovation, ce dont l'I.A. est incapable, mais en tant que rĂ©pĂ©tition de schĂšmes artistiques compilĂ©s, analysĂ©s et recrachĂ©s par des algorithmes. Moins une boĂźte de Pandore qu'un serpent qui se mort la queue, tel le ver qui avale et conchie avec sa bouche dans un mĂȘme mouvement, l'artiste n'est-il plus qu'un reproducteur du mĂȘme ? L'oeuvre doit-elle ĂȘtre abstraite des conditions humaines de sa production, au profit d'une puretĂ© informatique Ă©ludant taches, traces, nuances, accidents et rougeurs, au prix d'en perdre en sensibilitĂ© ? Qu'est-ce que cet art insensible de l'I.A., qui provient non plus ni du coeur ni des tripes, mais d'une quelconque puce Ă©lectronique chauffant libidineusement sur sa console ? L'intelligence artificielle gĂ©nĂ©rative pour faire des images et des vidĂ©os n'a pas plu au chef de la Terre Pure : « le prochain qui touche Ă  ça sera soumis aux Mille Coupures. » Trait d'humour ou mesure ayant vocation Ă  rĂ©ellement s'appliquer, la rĂ©ponse est claire. Le supplice des Mille Coupures, qui consiste Ă  inciser la peau pour Ă©corcher le suppliciĂ© jusqu'Ă  ce que mort s'ensuive, Ă©tait monnaie courante Ă  l'Ăšre impĂ©riale, il est dĂ©sormais rĂ©tabli pour tous ceux qui se hasarderaient Ă  gaspiller leur Ă©nergie vitale en ne prenant pas le pinceau avec leur main. « L'imperfection est la signature de l'Ăąme humaine », aurait pu dire un disciple du Jƍdƍ ShinshĆ« qui se trouverait aux Anges pendant le festival : il n'y a pas de place au Nirvana pour les modĂšles de langage machiniques. Le rĂ©gime amidiste a Ă©galement indiquĂ© que les data-centers seraient incendiĂ©s et pillĂ©s, avec leurs propriĂ©taires et leurs promoteurs Ă  l'intĂ©rieur. InterrogĂ© sur son intention d'aller dĂ©truire les centres d'Ă©laboration de la perversion I.A. Ă  l'Ă©tranger, l'AbbĂ© n'a pas rĂ©pondu, se contentant de dire que « l'HumanitĂ© sait ce qu'elle a Ă  faire. » Une humanitĂ© qui consommerait trop d'eau sur terre pour faire tourner le plein potentiel des datacenters ? Pour les Terrepuriens, le premier qui s'avancera dans les eaux fangeuses du nihilisme façon bullshit informatico-spĂ©culatif sera abattu sur-le-champ. L'ensemble des films gĂ©nĂ©rĂ©s par I.A. sont interdits dans les cinĂ©mas de la Terre Pure, et les visionner en cachette sera passible de crucification, a d'ores et dĂ©jĂ  annoncĂ© le Tatami Ă  l'occasion d'une confĂ©rence de presse dans la foulĂ©e des dĂ©clarations du VĂ©nĂ©rable AbbĂ©.
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Les fameux Acéphales anti-religieux. Oui, on est dans le futur, on a des images holographiques animées.

OĂč est l'argent, Soeur Mahaut ?

Au Grand Kah, il y en avait, des choses. Il y en avait, des individus. Il y en avait, des individualités. Des idées, des opinions, des actions. Des hommes. Des femmes. Des enfants. Des gens.

Soyons honnĂȘtes, c'Ă©tait surtout le rayon des idĂ©es qui, prĂ©sentement, nous intĂ©ressait. Et des mauvaises idĂ©es, il y en avait aussi. Voyez-vous, le Communalisme, c'est certes le triomphe du peuple face aux Ă©lites et Ă  l'oppression des supposĂ©s grands hommes qui façonnent l'Histoire, mais ça n'en Ă©tait pas moins le mouvement de fond d'une somme d'individualitĂ©s forgĂ©es par leurs environnements. Une culture. Une bonne grosse culture. Au sens le plus biologique du terme. Du sale, du lourd, du dĂ©gueulasse.

Pourquoi ces qualificatifs ?

Parce qu'Atlan, Chilton et Lorenzo étaient de ce genre là. Ils avaient grandi dans une relative opulence, si tant est qu'un qualificatif comme "opulence" puisse s'appliquer à une quelconque frange de la population au sein du Grand Kah. Ils n'avaient manqué de rien, ils avaient eu des familles aimantes, ils avaient fait des études. De belles études. Des études de lettres et de philosophie politique.

Et plutÎt que de participer aux mille et un débats passionnants de la société kah-tanaise par la rhétorique, ils avaient décidé de se lancer dans une lutte toute religieuse. Une lutte pour l'extase du genre humain tout entier. Une lutte qui dépasse et transcende la discussion, car elle transcende la réflexion.

Atlan, Chilton et Lorenzo sont des Acéphales. Un courant trÚs en vogue dans certaines parties du Kah ainsi qu'aux Communes-Unies du Paltoterra Oriental, et pour ces Acéphales, le monde est une scÚne. Une grande scÚne continue à la cruauté avérée et à la logique absente, sinon dans les actions des vrais surhommes affranchis.

Une scĂšne qui, de maniĂšre parfaitement raisonnable, incluait donc le festival des Anges, vers lequel s'Ă©taient acheminĂ©s les trois comparses dans une Voitlodur cabossĂ©e et rafistolĂ©e, et oĂč leurs lubies paraissaient Ă  peine moins dĂ©placĂ©es que les zouaves ordinaires fervents consommateurs de stupĂ©fiants en tout genre : tout au plus s'esclaffa-t-on de voir le plus grand des trois se balader avec un sabre briquet d'infanterie teylais du XIXĂšme siĂšcle et des casques de surplus militaires du Centron, un genre de curiositĂ© dont l'apparition sur la Croisette aurait dĂ©jĂ  fait rĂ©flĂ©chir les personnes censĂ©es.

Mais nous étions en 2019, à l'approche de l'année 2020, et le bon sens semblait s'échapper du Monde aussi vite que le Temps.

Mais Atlan, Chilton et Lorenzo Ă©taient fiers et heureux, car la RĂ©alitĂ© Ă©tait venue frapper Ă  leur porte. Ou plutĂŽt, Ă  la porte des SƓurs RĂ©ginistes du Makota. Car voilĂ  qu'aprĂšs avoir frĂ©quentĂ© les Punks du Dakora, elles avaient rencontrĂ© les trĂšs aimables Punks AcĂ©phales Kah-tanais. Les trois hommes avaient en effet rĂ©pondu Ă  l'offre du sous-location des bonnes soeurs pour venir participer au Festival des Anges depuis la lointaine Tlacuahian, et les trois hommes avaient Ă©tĂ© surpris, et bien surpris. A chaque jour suffisait sa peine, et chaque jour amenait son pain ; et Atlan, Chilton et Lorenzo Ă©taient bien dĂ©cidĂ©s Ă  appliquer cet adage de maniĂšre littĂ©rale. Les Makotans, en effet, c'Ă©tait connu, Ă©taient maladivement cupides et avares : chacun d'entre eux et chacune d'entre elle transportait une bourse en cuir rempli de piĂšces d'or autour du cou.

...

C'Ă©tait donc pour cela que, le lendemain-mĂȘme de leur premiĂšre nuit dans le gĂźte sous-louĂ© par les SƓurs RĂ©ginistes, Atlan, Chilton et Lorenzo attendirent le dĂ©part des nonnes, ou tout du moins, une baisse notoire de la sĂ©curitĂ© du lieu pour enfoncer comme des brutes la porte de la chambre rĂ©gine avec une barre Ă  mines. L’appĂąt du gain aidant, les AcĂ©phales embarquĂšrent l'ensemble des possessions des nonnes dans le coffre de la Voitlodur, avant d'incendier l'appartement pour effacer toutes les preuves de leur passage - on avait Ă  faire Ă  des professionnels -.

Ils ne perdirent pas un instant de plus, et se prĂ©cipitĂšrent en trombe vers un prĂȘteur sur gages de la Croisette pour Ă©changer l'ensemble de ces nouvelles possessions en liquiditĂ©s Ă  mĂȘme de financer leurs excursions psychĂ©dĂ©liques ...


Résumé succinct :
Atlan, Chilton et Lorenzo, une bande de loubards kah-tanais acĂ©phales ont profitĂ© de la gentillesse des sƓurs rĂ©ginistes leur ayant sous-louĂ© une partie de leur appartement pour subtiliser l'ensemble de leurs possessions, persuadĂ© qu'en tant que Makotanes, elles transporteraient forcĂ©ment de l'or. SĂ»rs d'eux-mĂȘmes, ils n'ont pas mĂȘme vĂ©rifiĂ© leur butin, mais ont quand mĂȘme foutu le feu Ă  l'appartement pour s'assurer de ne pas laisser de traces ... Avant de se diriger vers un prĂȘteur sur gages pour pouvoir blanchir leur marchandise et financer leur addiction Ă  la mĂ©thamphĂ©tamine.
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Heureusement que ces pauvres gens n'étaient pas là ...

Dans la suite incendiée, c'est la consternation

Narration de l'Evénement

Les religieuses makotanes sont de retour dans leur chambre aprĂšs une longue et Ă©reintante journĂ©e faite de mendicitĂ© active et de prĂ©sentation de leur documentaire. Elles ne vont pas voir les autres films car le cinĂ©ma ne les intĂ©resse pas, elles ne sont lĂ  que pour faire connaitre leur oeuvre et lever des fonds pour les enfants des ruines de Dakoraville. Evidemment, c'est un coup dur pour elles. L’incendie a ravagĂ© la suite et a sĂ©rieusement endommagĂ© une aile de l’hĂŽtel dans lequel le Festival les avait logĂ©es. Elles sont naturellement sidĂ©rĂ©es mais en bonnes vestales du TrĂšs Haut et Epouses du Fils de Dieu, elles ne se laissent pas abattre pour autant.
— Doux JĂ©sus, pauvres gens
 Croyez-vous qu’ils soient
 Mon Dieu, quelle mort abominable ! Que Dieu ait leurs Ăąmes !

— Non, rassurez-vous, ma sƓur. J’ai fait le tour. L’incendie est Ă©teint et, avec l’aide des sapeurs-pompiers, j’ai bien vĂ©rifiĂ© : les corps de nos invitĂ©s ne sont pas dans les dĂ©combres. Je me disais bien que ça ne sentait pas le cochon grillé  Enfin, je veux dire
 ce que ça sent d’habitude quand


— Oui, ma sƓur, nous avons compris. L’important, c’est que ces pauvres gens ne soient pas morts. Dieu n’a pas voulu qu’ils soient la proie des flammes ni qu’ils connaissent ici-bas les souffrances d’un enfer anticipĂ©. Cela dit, je ne vois pas nos affaires
 J’en dĂ©duis qu’on nous les a volĂ©es.

— Pensez-vous que ce soit l’Ɠuvre de nos invitĂ©s ? Ils avaient l’air si gentils
 Mais je ne peux m’empĂȘcher de penser que nous aurions dĂ» nous mĂ©fier quand ils nous ont avouĂ© qu’ils ne croyaient en rien. Avons-nous eu tort de leur donner le gĂźte ? Ne suis-je pas fautive de les accuser alors que nous n’avons aucune preuve ?

— Les accueillir Ă©tait une bonne chose, ma sƓur. Mais c’est bien triste pour nos enfants. Pour nous, au fond, c’est profitable : cet incident nous rappelle que nous nous attachons encore beaucoup trop aux biens matĂ©riels. Allons quand mĂȘme porter plainte auprĂšs des forces de l’ordre. AprĂšs l’office, nous retournerons quĂȘter. Avec l’aide de Dieu, nous aurons de quoi manger ce soir. Je demanderai aussi Ă  l’organisation du Festival de nous trouver un autre gĂźte, on ne sait jamais.

En terme de jeu
Elles poursuivent leurs activitĂ©s de collecte de fonds et de sensibilisation aux misĂšres du Dakora mais elles n'ont plus de gite et repartent de zĂ©ro dans leur collecte. MalgrĂ© tout, elles portent plainte au commissariat le plus proche, ne serait-ce que pour sortir l'organisation du Festival de l'embarras avec les assurances, si de telles choses existent en terre anarchiste, mais elles ne chargent pas pour autant les punks AcĂ©phales mĂȘme si elles mentionnent naturellement la prĂ©sence de ces nihilistes dans la suite comme locataires d'occasion lors de l'incendie.
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