03/01/2020
08:03:09
Index du forum ScĂšne Internationale ÉvĂšnements culturels 🎬 CinĂ©ma Festival des Anges (PremiĂšre Ă©dition)

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INSCRIPTION DES FILMS

[b]Pays producteur(s) :[/b]
[b]CatĂ©gorie :[/b] À choisir entre : Film de fiction / Documentaire / SĂ©rie tĂ©lĂ©visĂ©e / Film d’animation

[b]Nom de la production :[/b]
[b]Affiche ou visuel :[/b] Facultatif – À dĂ©faut d’une affiche, vous pouvez illustrer le formulaire avec un visuel/une capture d’écran de votre production prise Ă  un moment donnĂ©.
[b]Genre ou thÚme abordé :[/b] Comédie ? Drame ? Autre ? Ou sinon, quel thÚme est au centre de votre production ?
[b]Synopsis ou résumé :[/b] Pas de longueur maximale.
[b]Commentaire :[/b] Facultatif - Si vous voulez joindre des anecdotes de tournages, des critiques parues dans la presse, ou tout élément susceptible d'intéresser le lecteur, de contextualiser le film culturellement, etc.

[b]Société de production / Producteur :[/b]
[b]Réalisateurice :[/b]
[b]Distribution :[/b] Nom des acteurs et le personnage qu’ils jouent entre parenthĂšses. Pour les documentaires, ce critĂšre s’applique seulement s’il y a un intervenant notable. Pour les sĂ©ries tĂ©lĂ©visĂ©es d’animation, ce critĂšre n’est pas applicable, sauf si vous jugez important de mentionner les comĂ©diens de doublage de la VO.
[b]Date de sortie :[/b] Sur ce genre d'évÚnement, la grande majorité des films inscrits le sont en avant-premiÚre. Une date de sortie située [b]aprÚs[/b] le festival est donc possible voir recommandée.
Vous pouvez aménager ce formulaire à votre convenance et lui donner une esthétique particuliÚre, tant que tous les critÚres obligatoires y figurent.
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Pays producteur(s) : Capitalia
Catégorie : Film de fiction


Nom de la production : Wrong

Affiche ou visuel :

Affiche publicitaire du film

Genre ou thÚme abordé : Science-Fiction, Drame Psychologique, Aventure, Comédie (pas trop non plus hein)

Synopsis ou résumé : Jean vit une existence assez banale, dans une ferme avec sa famille dans le nord ouest de Capitalia. Un jour, il se sent mal...trop de répétitions, il veut rester dans sa petite vie habituelle mais au fond de lui il en à marre : il veut partir.
(Suite du film qui n'est pas dans le synopsis) Alors un jour, sans prévenir sa famille, il part...loin et il se rend compte (aprÚs avoir franchi une sorte de portail invisible) que le reste du monde est vide : un énorme "champ plat" alors son ancienne vie lui manque (aussi inintéressante soit-elle) et avec sa voiture il roule, roule, roule mais n'arrive pas à retrouver sa maison, débute alors un combat intérieur entre souffrance et regrets.
Commentaire : Human's Films est une société de production assez...bizarre : elle ne fait pratiquement que des films SF, dramatiques ou trÚs niches dans la plupart des cas
Les critiques en raffolent de ce genre de film... ou du moins Ă  Capitalia, c'est la premiĂšre grande sortie Internationale de Human's Films


Société de production / Producteur : Human's Films, Ministre de la Culture Capitalienne (financements), Quelques Critiques Anonymes (financements)

Réalisateur.ice : Quentin Du Pieux

Distribution :
Hector Du Pieux (Jean)
Jeanne Pilet (Jeanne, femme de Jean)
Morgan Kate, ÉlĂ©anore Du Pieux, Jeanne DuprĂšs (Jeannot, Jeannette, Jeanne)
George Petit (Doublage de : Voix intérieure 1)
Hector Joutet (Doublage de : Voix intérieure 2)
Pierre Du Pieux (Doublage de : Voix intérieure 3)
François De Bresac (Doublage de : Voix intérieure 4)

Date de sortie : 12/09/2019
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Pays producteur(s) : République de l'Etat du Makota

Catégorie : Film de fiction

Nom de la production : L'attaque des Peaux-Rouges

Affiche ou visuel : Facultatif – À dĂ©faut d’une affiche, vous pouvez illustrer le formulaire avec un visuel/une capture d’écran de votre production prise Ă  un moment donnĂ©.

affiche du film

Genre ou thÚme abordé : Western

Synopsis ou résumé :
Le film s’ouvre sur une scĂšne de vie idĂ©alisĂ©e du Makota profond. Quelque part dans un comtĂ© rural qui n’est jamais prĂ©cisĂ©ment dĂ©fini, une petite municipalitĂ© vit son existence sereine sous la direction calme et avisĂ©e de son maire, le vieux Jean Bertrand – par ailleurs principal vacher des alentours –, et du shĂ©rif Alexandre Touret. Pourtant, la communautĂ© commence Ă  s’inquiĂ©ter face Ă  des vols de bĂ©tail rĂ©pĂ©tĂ©s. Une enquĂȘte du shĂ©rif rĂ©vĂšle rapidement que les responsables sont les Peaux-Rouges, des indigĂšnes aleuciens venant de l'Ă©tranger. Les voleurs sont arrĂȘtĂ©s, jugĂ©s par un jury populaire, condamnĂ©s et pendus, au grand soulagement de la population qui espĂšre ainsi se dĂ©barrasser dĂ©finitivement de cette plaie qui trouble l'ordre public.

Mais les vols reprennent de plus belle et s’intensifient. De nouveaux sauvages font leur apparition, et ils sont de plus en plus nombreux et de mieux en mieux armĂ©s. Il s’avĂšre alors que ces Peaux-Rouges Ă©taient en rĂ©alitĂ© formĂ©s, armĂ©s et envoyĂ©s par des commissaires communistes Ă©tranger (le film mentionne plusieurs pays d’Aleucie, dont la plupart ne sont pas considĂ©rĂ©s comme communistes par la communautĂ© internationale). La petite communautĂ©, qui vit essentiellement du vacherisme, refuse de disparaĂźtre sous les dĂ©prĂ©dations des forces coalisĂ©es et barbares du paganisme et du collectivisme. Alors, comme tout Makotan le ferait spontanĂ©ment dans une telle situation, la municipalitĂ© s’organise en milice. Puis, sans que l’on sache vraiment pourquoi, les forces aleuco-communistes lancent alors une attaque massive contre la municipalitĂ©, menant au climax du film : une fusillade spectaculaire.

Naturellement, les gentils – c’est-Ă -dire les Makotans – sortent vainqueurs. Les Peaux-Rouges sont Ă©liminĂ©s, mais les commissaires politiques communistes, dĂ©peints comme trĂšs laches, parviennent Ă  s’enfuir. AcclamĂ© par la population pour son courage, le shĂ©rif demande alors au maire la main de sa fille, une idylle ayant Ă©tĂ© discrĂštement esquissĂ©e auparavant. Le maire la lui accorde et le film s’achĂšve sur une noce joyeuse avec une mise en scĂ©ne qui Ă©voque la paix, l'harmonie et le bonheur retrouvĂ©s dans la communautĂ©. Le dernier plan, accompagnĂ© de la chanson « Makota, Terre BĂ©nie », montre une botte de vacher Ă©crasant un symbole communiste Ă  cĂŽtĂ© du cadavre d’un Aleucien.


Commentaire :
Promis Ă  un gros succĂšs commercial, L’Attaque des Peaux-Rouges s’inscrit dans la veine classique du cinĂ©ma makotan. Il n’est pas besoin de prĂ©ciser qu’il s’agit d’une idĂ©alisation de la sociĂ©tĂ© makotane. Si les costumes, les armes et certains rĂ©flexes de dĂ©fense communautaire s’appuient sur des Ă©lĂ©ments rĂ©els, le film idĂ©alise clairement la figure du rancher ainsi que celle du shĂ©rif. Il convient de rappeler que les producteurs sont eux-mĂȘmes des ranchers, Ă  l’image de George TĂ©pha, qui produit ce film. Le public makotan se montre extrĂȘmement friand de ces Ɠuvres qui lui renvoient une image idĂ©alisĂ©e de lui-mĂȘme.

Par ailleurs, certaines erreurs factuelles assez absurdes, comme l’origine disparate et incohĂ©rente des agents communistes, ne devraient vraisemblablement poser de sĂ©rieux problĂšme ni au public ni Ă  la critique. Ajoutons que, les Makotans n’ayant plus (ou presque) de reprĂ©sentants des populations aleuciennes, les rĂŽles de Peaux-Rouges sont entiĂšrement interprĂ©tĂ©s par des acteurs blancs grimĂ©s pour l’occasion. Le film ne prĂ©sente d’ailleurs aucun aspect culturel profond ou authentique de la sociĂ©tĂ© des PremiĂšres Nations — ce qui, Ă  la dĂ©charge du film, s’explique par l’absence ou le caractĂšre largement mythique de cette culture au Makota, du moins en ce qui concerne la tribu des Makota.


Société de production / Producteur : George Tépha

Réalisateur : René Chabrol

Distribution :
Jean-Pierre Moreau (Jean Bertrand, le maire)
Lise Dumont (Gilberte, la fille du maire)
Gaston Leblanc (Alexandre Touret, le shérif)

Date de sortie : en avant-premĂšre pour le festival et donc date de sortie aprĂšs.
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Pays producteur(s) : Le Gemeindebund (équivalent du Commonwealth entre l'Altrecht et Champalak)
CatĂ©gorie : À choisir entre : film de fiction

Nom de la production : Voyage Rouge
Affiche ou visuel :
https://i.postimg.cc/zD6XvKQM/Film1.png

Genre ou thĂšme abordĂ© : ComĂ©die dramatique d’aventure politique. C’est une satire historique, sur fond de romance en tension.
Synopsis ou rĂ©sumĂ© : Une semaine de vacances au Champalak ? Quoi de mieux pour sauver un couple au bord de la rupture ! Justine et Alex dĂ©cident de tenter une derniĂšre escapade romantique sur l’üle paradisiaque de Vaearu, espĂ©rant raviver la flamme avant de mettre dĂ©finitivement fin Ă  leur relation. Mais lorsque une rĂ©volution Ă©clate brutalement sur l’üle, leur sĂ©jour tourne au cauchemar

Commentaire : C’est LE film de Gloria Mejo'o. Dans toute sa carriĂšre, elle n’a jamais rĂ©ussi Ă  dĂ©passer les frontiĂšres de l'Altrecht et du Champalak, mais ce film bat des records dans les sondages cinĂ©matographiques, approchant des audiences dignes des grands films internationaux.

Société de production / Producteur : Lennard Schiller
Réalisateurice : Gloria Mejo'o

Distribution : Gloria Mejo'o joue le personnage de Justine, en couple avec Alex, interprété par Gunnar RÀdler. Enfin, le commissaire Karl Sperl (le "méchant" de cette histoire) est interprété par Josua Ehrenreich.

Date de sortie : Le film sortira le 19 juillet 2020 au cinéma !
3559
Pays producteur(s) : Terres Dévastées du Dakora (Despotat punk)

Catégorie : Documentaire

Nom de la production : Correspondances des soeurs réginistes en Punkland

Affiche ou visuel : Facultatif

affiche du film

Genre ou thÚme abordé : Documentaire social

Synopsis ou résumé :
Le documentaire dĂ©bute par une scĂšne de distribution de nourriture Ă  des enfants abandonnĂ©s dans les ruines de Dakoraville. On voit sƓur Mahaut, qui est la rĂ©alisatrice et narratrice du documentaire, ainsi que deux de ses compagnes, en habits religieux makotans (le grand habit rĂ©giniste) mais Ă©galement armĂ©es d’armes Ă  feu, distribuer de la viande bovine sĂ©chĂ©e makotane Ă  une petite foule d’enfants sales et mĂ©fiants en haillons, le tout sous le regard distant et louche de quelques lascars aux crĂȘtes colorĂ©es dont on devine qu’ils sont tout Ă  la fois sous l’emprise de l’alcool et des drogues. La camĂ©ra suit les Ă©changes brefs, les gestes prudents et les sourires timides des religieuses qui tentent tant bien que mal d’approcher ces enfants sauvages, abandonnĂ©s et dĂ©nutris. Une voix off, celle de sƓur Mahaut, nous apprend que les religieuses sont installĂ©es depuis plusieurs semaines dans l’ancien couvent Ă  proximitĂ©, qu’elles ont fortifiĂ© elles-mĂȘmes pour se protĂ©ger des dĂ©prĂ©dations des punks et de la violence furieuse des Raiders.

Puis le film remonte le fil de leur arrivĂ©e. On dĂ©couvre sƓur Mahaut, vingt-cinq ans, ancienne infirmiĂšre issue d’une famille de ranchers du Makota, qui explique face camĂ©ra la force du songe qui l’a poussĂ©e Ă  tout quitter : une ville en ruine noyĂ©e dans une brume verdĂątre, oĂč elle avançait seule en traĂźnant une lourde croix. Le documentaire alterne ensuite entre les images actuelles de la vie quotidienne au couvent – priĂšres dans une chapelle Ă  moitiĂ© effondrĂ©e, tours de garde armĂ©es, rĂ©fection des tombes anonymes, distribution de nourriture aux enfants et mĂȘme la construction d’un dĂ©but d’orphelinat – et les rĂ©cits de la prĂ©paration de cette mission sur deux ans, du recrutement des quatre compagnes et des nĂ©gociations dĂ©licates avec les autoritĂ©s militaires de la RĂ©publique de l’État du Dakora (RED) ainsi qu’avec Zed, le chef des Kradocs, ce despote « pas vraiment Ă©clairĂ© » qui rĂšgne plus ou moins sur le Punkland.

Le ton reste sobre mais tendu. On voit les religieuses se livrer Ă  leur Ɠuvre pie tout en maintenant des distributions rĂ©guliĂšres de canettes de biĂšre afin d’entretenir une fragile coexistence avec les clans punks et de ne pas leur donner de raisons de leur ĂȘtre hostiles. On sent la prĂ©caritĂ© permanente : regards mĂ©fiants, portes barricadĂ©es le soir, priĂšres murmurĂ©es dans un silence coupĂ© par des tirs lointains, des cris monstrueux et des hurlements incohĂ©rents dont on apprend qu'ils sont ceux des raiders, ces malheureux dĂ©ments qui ont respirĂ© le Smog, sans parler, justement, des Ă©pisodes de Smog qui obligent parfois tout le monde Ă  mĂ©thodiquement se calfeutrer durant de longues pĂ©riodes.

Le documentaire pose d’emblĂ©e la question centrale Ă  laquelle il va tenter de rĂ©pondre : que peuvent vraiment accomplir cinq femmes de foi dans une ville largement livrĂ©e au chaos et sise au milieu d’un pays qui, de toute Ă©vidence, est mort ? Au fil de l’avancĂ©e du documentaire, on comprend peu Ă  peu que cette implantation n’est ni une simple Ɠuvre caritative ni une croisade naĂŻve, mais une tentative courageuse pour ramener Dieu au milieu des ruines de Dakoraville et y apporter un peu de Sa lumiĂšre et de Son amour, et ce au prix d’un combat quotidien et d’un confort quasi inexistant.

Commentaire :
Le documentaire est manifestement produit Ă  trĂšs bas coĂ»t, et cela se ressent dans certaines scĂšnes dont la qualitĂ© formelle est en deçà de ce qui est normalement attendu d’une production convenable et elle Ă©voque parfois le fontfootage amateur . Cela dit, c’est largement contrebalancĂ© par les effets rĂ©els — et ils sont d’autant plus rĂ©els qu’ils sont authentiques — ainsi que par la grande sincĂ©ritĂ© des interventions (rien n’est jouĂ©).

Société de production / Producteur : Ordre Réginiste

Réalisateurice : Soeur Mahaut

Distribution : Il n'y a aucun acteur dans ce documentaire, ce n'est pas une fiction.

Date de sortie : le Festival a le droit à l'avant premiÚre, le film sera diffusé aprÚs.
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Pays producteur : Fédération des Peuples Estaliens.
Catégorie : Film de fiction.

Nom de la production : Nous n'étions plus des enfants.
Affiche ou visuel :

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Genre ou thÚme abordé : Drame, historique et guerre
Synopsis ou résumé : 1869, la Kartalie envahit l'Estalie et ravage la région de l'Horistia. L'armée estalienne est écrasée et Mistohir tombe aprÚs deux ans de combat acharnés et sanglants. Arty, jeune paysan estalien d'une quinzaine d'années, se retrouve soudainement propulsé dans le cauchemar infernable de la Grande Guerre d'Estalie, luttant pour survivre et voyant son monde s'effondrer.

Résumé détaillé.
Eté 1869, Horistia, ouest de l'Estalie.

Le film s'ouvre sur la plaine, ĂŽ immense plaine de l'Horistia, au milieu des champs de seigle que le vent couche par vagues lentes, un ciel bas et blanc de chaleur qui rappelle la nostalgie de la vieille Estalie rurale, puis un village de pierre grise caractĂ©ristique du monde paysan d'Eurysie de l'Est (toits de chaume, bĂȘtes dans la cour, fumĂ©e maigre sur les cheminĂ©es), entendant les cloches de l'Ă©glise orthodoxe avant mĂȘme de l'a voir. Arty, le protagoniste, a alors quinze ans...ou peut-ĂȘtre seize, il ne sait pas exactement, sa mĂšre non plus d'ailleurs. Il revient des champs avec son pĂšre quand un cortĂšge de rĂ©fugiĂ©s apparaĂźt alors sur la route, des gens Ă  pied, sans charrette ou bagages, venant de la frontiĂšre Ă  l'ouest. La nuit mĂȘme, le village se divise, les hommes valides sont convoquĂ©s par un sous-officier de l'armĂ©e royale estalienne, distribuant des armes qui datent du siĂšcle dernier ou en trĂšs mauvais Ă©tat. Arty n'est pas appelĂ©, il regarde Ă  l'inverse son pĂšre partir au matin avec les autres appelĂ©s, dans la brume, sans que celui-ci ne se retourne.

Arty resta avec sa mĂšre et sa sƓur cadette avec qui il se chargea de s'occuper des enfants et des anciens du village, la vie continue dans une forme d'irrĂ©alitĂ© studieuse : on trait les vaches, on fabrique le pain, le film nous prĂ©sente assidĂ»ment les aspects les plus banals et rĂ©pĂ©titifs de la vie paysanne de la fin du XIXe siĂšcle. Puis les nouvelles arrivent mais pas celles que l'on attendait : un soldat Ă  cheval, blessĂ©, raconta Ă  l'ensemble du village les rĂ©cits d'une bataille s'Ă©tant dĂ©roulĂ© Ă  quelques kilomĂštres Ă  l'ouest, racontant avec effroi et un peu trop de prĂ©cision ce qui ressemblait plus aux yeux des paysans crĂ©dules Ă  un massacre Ă  grande Ă©chelle qu'Ă  une bataille rangĂ©e : le schrapnel coupant des dizaines d'hommes en morceaux de chair, la puissance de feu kartalienne Ă©crasante face Ă  des blocs de soldats estaliens trop compacts et enfin le coup de grĂące de la cavalerie kartalienne qui Ă©crasa et encercla la majoritĂ© des soldats estaliens en fuite.

MĂšre Estalie et ses enfants au front, Andronikov Mesianov, 1880.

Le lendemain, les soldats kartaliens entrent dans le village sans rencontrer aucune résistance plus personne ne peut s'y opposer. L'occupation s'organise de maniÚre méthodique : les soldats kartaliens réquisitionnent les greniers et les bùtiments publics, ils installent leur cantonnement dans l'église et ils annoncent en haut-estalien une liste précise d'infractions à ne pas faire sous peine d'exécution sommaires, notamment l'hébergement de soldats estaliens ou le sabotage. La population restante, c'est-à-dire les femmes, les vieux et les enfants, s'adapte à la situation sans possibilité réelle de résister. Arty entre dans une routine de survie en effectuant des corvées éreintantes pour les soldats kartaliens qui le maltraitent, il coupe le bois pour leur procurer du chauffage, entretient les routes et portent leurs bagages, il évite de se faire remarquer. C'est durant cette période du film qu'il rencontre Dasha, une jeune fille de son ùge dont le hameau natal a été rasé par l'armée kartalienne et qui faisait partie du cortÚge de réfugiés du début du film. Elle ne savait rien du sort de sa famille, elle était isolée et seule. Il rencontre également Pavko, le maréchal-ferrant du village, un homme d'une quarantaine d'années, jugé invalide au moment de la mobilisation, qui observait avec Arty les mouvements de l'occupant, évaluant les habitudes des soldats kartaliens et leurs rotations et suggérant à plusieurs reprises à Arty de l'aider à résister.

Printemps 1871.

Des partisans estaliens opĂšrent depuis les forĂȘts et les bosquets de l'Horistia pour rĂ©sister Ă  l'occupant, attaquant les lignes d'approvisionnement kartaliennes. Une patrouille est embusquĂ©e sur la route menant au village d'Arty, tuant trois soldats kartaliens. L'officier kartalien commandant l'occupation du secteur rĂ©agit en effectuant des reprĂ©sailles directement sur la population : sous les yeux apeurĂ©s d'Arty et de tout son village rĂ©unie sur la place publique, une dizaine d'hommes sont choisis alĂ©atoirement et pendus Ă  l'entrĂ©e du village. Pavko est pendu avec eux. C'est le moment charniĂšre du film pour Arty, la pendaison dure une dizaine de minutes dans le film dans un silence mortel macabre entrecoupĂ© par les souffles coupĂ©s des pendus qui tentent de respirer, aucun dĂ©tail n'est coupĂ© au montage. Le soir mĂȘme, Arty prend la dĂ©cision de quitter son village, il s'enfuit avec Dasha dans la forĂȘt pour rejoindre les partisans, sans certitude de les trouver et sans Ă©quipement.

AprĂšs deux jours de marche, ils localisent et rejoignent un groupe partisan d'une vingtaine d'hommes et de femmes commandĂ© par un certain Strel, un ancien sergent de l'armĂ©e rĂ©guliĂšre estalienne qui a survĂ©cu au massacre de son rĂ©giment lors des premiers jours de la guerre. Strel est un homme sans illusions particuliĂšres sur la guerre et son issue, il estime que l'Estalie est condamnĂ©e Ă  devenir un pion kartalien mais il refuse d'abandonner et continue de rĂ©sister avec une discipline qui impressionne rapidement le jeune Arty. La vie dans le maquis est montrĂ©e dans sa rĂ©alitĂ© quotidienne : le froid, les dĂ©placements constants pour Ă©viter les ratissages kartaliens, la pĂ©nurie de vivres et de munitions, les blessĂ©s qu'on ne peut pas soigner et que le groupe est parfois obligĂ© d'abandonner Ă  leur sort au milieu de la forĂȘt. Arty apprend Ă  se battre dans ces conditions en participant aux embuscades, il apprend Ă  se dĂ©placer sans bruit, Ă  tirer vite et Ă  ne pas s'attarder sur les camarades tuĂ©s au combat. Dasah se rĂ©vĂšle plus douĂ©e que lui pour le tir et s'impose rapidement comme une combattante compĂ©tente, les deux adolescents s'habituent Ă  la vie partisan.

Etét 1871.

Le groupe reçoit des informations en provenance d'un rĂ©seau de contact : le village d'Orvash abriterait une unitĂ© kartalienne impliquĂ©e dans plusieurs exĂ©cutions de masse Ă  travers toute la rĂ©gion. Plusieurs informateurs signalent en mĂȘme temps que l'armĂ©e estalienne est sur le point de lancer une nouvelle offensive et qu'il faut donc Ă©vacuer les civils du village avant que les Kartaliens ne mĂšnent des reprĂ©sailles. Strel dĂ©cide d'envoyer une partie du groupe, dont Arty, pour prĂ©parer cette Ă©vacuation. L'information se rĂ©vĂšle inexacte dans les faits, les forces estaliennes sont Ă  des semaines de marche et aucune offensive n'avait Ă©tĂ© prĂ©vue, les armĂ©es estaliennes ont depuis longtemps Ă©tĂ©s mises en dĂ©route. Le groupe d'Arty ne le sait pas encore. Ils arrivent Ă  Orvash Ă  l'aube en retard de deux jours? Les Kartaliens sont dĂ©jĂ  passĂ©s. Le village a Ă©tĂ© entiĂšrement massacrĂ© pour des raisons inconnues. Tous les habitants sont morts, dans les rues, les maisons, plusieurs dizaines de corps sont entassĂ©s dans le puits sur la place du village. Le groupe cherche des survivants et n'en trouvent qu'une seule, une vielle femme en pleine dissociation, incapable de communiquer et dĂ©lirante en tous points. C'est la sĂ©quence la plus longue du film, et peut-ĂȘtre de loin la plus difficile.

Les mois suivants sont marquĂ©s par une intensification des opĂ©rations de harcĂšlement kartaliennes contre le maquis qui perd plusieurs membres dans les accrochages successifs, Dasha est mĂȘme blessĂ©e durant l'une des escarmouches. La blessure est sĂ©rieuse mais pas mortelle. Puis un courrier apporte la nouvelle que tout le monde redoutait : Mistohir Ă©tait tombĂ©e. Strel annonça la nouvelle au groupe sans commentaire, le film s'attardant sur les visages de chacun des membres du maquis, mĂȘlant tristesse, dĂ©sespoir pour certains, colĂšre et haine pour les autres. Les derniĂšres minutes du film s'achĂšvent sur un panorama de paysages dĂ©vastĂ©s par le passage des armĂ©es kartaliennes, des villages brĂ»lĂ©s, des fosses communes remplies, des cadavres au bord de la route, des armes abandonnĂ©es. Arty rentre finalement dans son village, ayant subi le mĂȘme sort que les autres, retrouvant sa maison calcinĂ©e. Le film s'achĂšve brutalement sur la vue de la maison d'Arty en cendres et fumante.

Commentaire : Il faut savoir que le film a Ă©tĂ© tournĂ© intĂ©gralement en extĂ©rieur dans les plaines et forĂȘts de l'Horistia estalien, le rĂ©alisateur Valko Orenstein avait refusĂ© catĂ©goriquement tout tournage en studio car il souhaitait que ses acteurs subissent rĂ©ellement les contraintes du froid, de la boue et de l'Ă©puisement physique. Orenstein n'aurait pas donnĂ© d'indication de jeu Ă  MikhaĂŻl Drev, le jeune acteur qui interprĂšte Arty, notamment durant la sĂ©quence d'Orvash, le faisant simplement marcher dans les dĂ©cors sans lui expliquer Ă  l'avance ce que son personnage allait trouver. La sĂ©quence des pendaisons a nĂ©cessitĂ© prĂšs de onze jours de tournage.

Sur le plan des critiques, il faut savoir que le film a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© visionnĂ© en avant-premiĂšre en Estalie Ă  un public restreint de la presse cinĂ©ma et de personnalitĂ©s connues du cinĂ©ma estalien. Beaucoup de journalistes ont interprĂ©tĂ©s ce film avec grand enthousiasme, la presse progressiste a notamment appuyĂ© que de tous les films estaliens parlant de la Grande Guerre d'Estalie, il s'agissait bien du premier et seul film sur cette pĂ©riode historique qui avait dĂ©cidĂ© de regarder le conflit en face, en laissant de cĂŽtĂ© le faux hĂ©roĂŻsme de la guerre et en rejetant fermement le pathos nationaliste qui entoure cette guerre dans le roman national estalien pour dĂ©crire la guerre de la maniĂšre la plus rĂ©aliste et brutale qui soit : la souffrance, des soldats mais aussi des civils qui en subissent les consĂ©quences. Les sujets qu'abordent le film sont notoirement sombres : la brutalisation psychologique engendrĂ©e par la guerre, le racisme (notamment des Kartaliens Ă  l'Ă©gard des Estaliens), la destruction de l'innocence des enfants pendant la guerre et la dĂ©romantisation complĂšte de la guerre. C'est notamment important dans le contexte estalien actuel, dans une sociĂ©tĂ© oĂč la militarisation est toujours croissante, oĂč les valeurs martiales et le sacrifice de soi envers la cause libertaire sont vues comme des marqueurs sociaux de premiĂšre importance, oĂč l'ArmĂ©e Rouge est systĂ©matiquement prĂ©sentĂ©e de son profil le plus messianique et hĂ©roĂŻque qui soit ; le film rappelle Ă  ses spectateurs que la guerre n'a rien d'hĂ©roĂŻque et n'a rien de souhaitable, qu'elle ravage tout sur son passage, qu'elle transforme les hommes en pĂąles copies brutales et amĂšres d'eux-mĂȘmes. Le film est parcouru de profils d'hommes et de femmes brisĂ©es par la guerre, tantĂŽt Dasha qui a perdu ses parents au dĂ©but du conflit, Arty qui a vu une partie de son village se faire pendre sous ses yeux ainsi que les diffĂ©rents personnages du maquis, ayant tous de bonnes raisons d'avoir pris les armes pour repousser l'invasion kartalienne, parfois sans trop y croire eux-mĂȘmes mais le faisant par pure haine de l'envahisseur. C'est donc un film qui s'adressait initialement Ă  un public authentiquement estalien, puisque les dynamiques sociĂ©tales qui sous-tendent le film et le cĂŽtĂ© nostalgique et ruraliste du film sont pour beaucoup des rĂ©fĂ©rences purement estaliennes difficilement interprĂ©tables Ă  l'international ; cela Ă©tant, le message de fond, lui, est universel.

Société de production / Producteur : Coopérative cinématrographique urbaine de Mistohir.
Réalisateurice : Valko Orenstein.
Distribution (acteurs principaux seulement) :
  • Arty : MikhaĂŻl Drev.
  • Dasha : Kirillovna Baltabeva.
  • Pavko : Ilyich Kaverin.
  • Strel : Dmitrievich Abram.
Date de sortie : Avant-premiÚre restreinte déjà réalisée en Estalie ; sortie définitive pour le grand public le 11 décembre 2019.
20194
Les Trois amours de Giovanni Slestri



Dans le cadre de l'inauguration prochaine du Festival des anges, une date de sortie a été annoncée pour le prochain long-métrage fleuve de Jacopo Amario: les Trois amours de Giovanni Slestri.

Pays producteur(s) : Grande République de Velsna
Catégorie : Drame.

Nom de la production : Les Trois amours de Giovanni Slestri
Affiche ou visuel :
V




Genre ou thÚme abordé : Drame, récit crépusculaire, fresque de la société velsnienne des années 2000 et 2010.

Synopsis ou résumé :

"Ce film est inspiré de faits réels, selon l'individu qui les a narré."


C'est un carton titre incitant à la curiosité qui annonce le début de ce long-métrage fleuve de prÚs de trois heures. Les Trois amours de Giovanni Slestri débute de la plus simple des maniÚres: il n'est pas de feu d'artifice, de procédé grandiloquent pour suivre les premiers pas du personnage principal de l'oeuvre, le jeune Giovanni Slestri. Simplement une voix off qui le suivra sporadiquement durant toute la durée de ses pérégrinations. Le film est divisé en trois actes, prenant chacun le noms des "amours" de la vie de Giovanni.

Acte 1: Helena Pedretti


Giovanni Slestri figure parmi les bonnes familles de l'aristocratie provinciale de la citĂ© afarĂ©enne de Cerveteri....une aristocratie appauvrie par la mauvaise d'un pĂšre peu compĂ©tent dans la sauvegarde de sa famille, sans le sou, ne bĂ©nĂ©ficiant comme biens que les quelques terres qu'il reste Ă  sa famille, et le capitale social liĂ© Ă  une bonne Ă©ducation. Mais cela, Slestri semble s'en dĂ©sintĂ©ressĂ©. L'argent semble le laisser indiffĂ©rent, la diffĂ©rence de la totalitĂ© de son entourage et des connaissances du petit milieu des Ă©lites de Cerveteri. Slestri tient en mĂ©pris l'argent, non seulement, mais aussi la politique, les commĂ©rages et les blablatages. Il ne semble obnubilĂ© que par la seule maniĂšre qu'il a de faire oublier les mĂ©saventures familiales: forger la rĂ©putation de son propre nom. EmportĂ©, colĂ©rique, fier et orgueilleux, il n'en reste pas moins une "bonne Ăąme" obsĂ©dĂ©e par les affaires de son propre honneur ainsi que celui des autres, au mĂ©pris de toutes les autres de ses prĂ©occupations et parfois mĂȘme de sa propre vie. Il passe ainsi son temps Ă  fureter dans les salons, les soirĂ©es mondaines et jusqu'aux rues de Cerveteri pour dĂ©fier quiconque aurait une cause noble Ă  dĂ©fendre en duel. Siestri est respectueux, gĂ©nĂ©reux de son Ăąme, mais avant tout un jeune homme se dĂ©crivant lui-mĂȘme comme un grand duelliste de muletto, se promenant dans les rues de la ville, et faisant valoir le poignard en argent qu'il arbore comme un marqueur social distinctif, et qui lui donne le droit de s'appeler "gentilhomme", et qui constitue son seul bien de valeur.

Le premier acte expose la citĂ© de Cerveteri par l'entremise de Giovanni: celui d'une citĂ© gouvernĂ©e par une petite relativement inconsciente, peu alerte des choses du monde, et oĂč les politesses et les convenances cachent une violence sociale marquĂ©e, que Slestri tient en horreur.

C'est au cours de l'une de ces soirĂ©es rĂ©unissant la bonne sociĂ©tĂ© de Cerveteri que Giovanni Slestri fait la rencontre du premier des "amours de sa vie": Helena Pedretti, la fille d'un riche notaire, en rebĂ©llion contre ce dernier, et qui prit la dĂ©fense de Slestri lorsque celui-ci frappa le notaire, Ă  l'occasion d'une discussion peu discrĂšte oĂč celui-ci se vantait d'avoir fait exploser les frais de son activitĂ© auprĂšs des habitants de la ville. Tombant immĂ©diatement sous le charme d'Helena, Slestri dĂ©fia au muletto le notaire, avec le gage suivant: qu'il pourrait Ă  sa guise courtiser sa fille, en rĂ©tribution de la cruautĂ© qu'il exerçait sur tous les citoyens de la citĂ©. C'est ainsi que Giovanni Slestri gagna le coeur de la fille rebelle, qu'il maria.

C'est un couple heureux qui naquit, mais un couple sans le sou. De plus, on ne tarde pas à annoncer à Helena un cancer agressif. Le couple n'a pas les moyens de subvenir aux nécessités financiÚres d'un tel traitement, et Slestri ne possÚde rien de ce qui pourrait lui permettre d'obtenir cet argent, ne sachant gagner pauvrement sa vie qu'en défiant plus fortuné que lui en duel, et en pariant aux cartes. Si le couple désespÚre, une opportunité se présente à Slestri. On apprend en mai 2013 les nouvelles terribles du coup d'état de Dino Scaela. L'arrivée de la petite armée de Matteo Di Grassi à Cerveteri achÚve de convaincre Slestri qu'il s'agit là d'un signe de la providence qui lui permettra, avec la perspective d'une solde, de financer le traitement de sa compagne. Il confie cette derniÚre aux bons soins de sa tante, et quitte ainsi Cerveteri en novembre 2013 pour rejoindre la plaine velsnienne, au sein de l'armée qu'il a incorporé.

"C'est ainsi que Giovanni Slestri entra dans la Garde civique, pour un chef militaire ayant pour lui des intentions nobles, qui sont celles d'une quĂȘte de justice personnelle ressemblant Ă  la sienne. Ce fut probablement ce que se dirent beaucoup de citoyens enrĂŽlĂ©s dans la Garde civique: "nous chefs nous ressemblent". Ils furent 1 000 dans sa tribune, ils n'en revinrent que 200. La justice vaut-elle 800 vies ? "


La rencontre entre Giovanni et l'armée est le début d'un mariage, qui lui est bien plus mauvais. Slestri intÚgre le 2Úme régiment de la Garde civique de Cerveteri en compagnie de parias et de soudards bien différents des nobles personnes qu'il escomptait voir pour mener une guerre visant à renverser un tyran. La discipline y est rude, et les écarts sont sévÚrement punis. La réalité matérielle de la guerre moderne entre en grande contradiction avec ses propres idéaux. Lui qui imaginait la guerre comme une épopée courte et héroique la voit désormais comme une trÚs longue attente, et un ennui, entrecoupé de trÚs courtes phases de terreur indiscible. Là encore, son muletto y est totalement inutile, et son insubordination le mÚne aux sanctions, aux corvées et aux sévices. Pire que tout, la solde est loin de correspondre aux promesses qui lui avaient été faites. Malgré cela, Slestri se sacrifie pour envoyer la quasi totalité de ses salaires à Cerveteri, pour y soigner son épouse, tandis que la guerre avance, ainsi que ses exactions.

MalgrĂ© cette situation, Giovanni Slestri est un homme brave qui se distingue parmi la troupe. Il participe ainsi aux batailles d'Hippo Reggia, puis de Vatluna. Il dit dans ses mĂ©moires, qu'il fut parmi les premiers Ă  entrer dans la ville en ruines, (ce dont le narrateur doute tout de mĂȘme). Il obtient ainsi une mĂ©daille de la part de Matteo Di Grassi lui-mĂȘme, et se lie d'amitiĂ© avec son commandant de tribune, Pietro San Sebastian, un officier, fils d'un riche notable qui le prend sous son aile, et l'intĂšgre Ă  sa clientĂšle, pourvoyant ainsi Ă  ses Ă©quipements jusqu'Ă  la fin de la guerre.


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Mais malgré ces réconforts relativement maigres, la notion d'honneur rest efondamentalement étrangÚre à la Guerre du Triumvirat: un jour de rupture avec sa hiérarchie intervient, lorsqu'on lui ordonne d'abattre un prisonnier scaelien désarmé, chose qu'il se refuse à faire.

"Donnez lui un couteau semblable au mien, et j'accepterai de le tuer que si je le vainc."


Des provocations et de l'insubordination, son lien avec San Sebastian n'es tpas suffisant pour lui Ă©viter les sanctions, les punitions et les privations de salaires, qui viennent alourdir sa perception nĂ©gative de l'armĂ©e. il tolĂšre tant bien que mal l'alternance des combats et de l'ennui. Routine qu'il rompt de maniĂšre providentielle dĂ©s qu'il reçoit des lettres de la rĂ©mission de son Ă©pouse, qui le poussent Ă  envoyer la quasi totalitĂ© de ses Ă©conomies au pays. Lorsque la guerre se termine, celui-ci est libĂ©rĂ© de ses serments, et s'en va retrouver Helena Ă  Cerveteri. Mais son arrivĂ©e laisse rapidement place Ă  un Choc indescriptible, dĂ©s lors qu'il rejoint la maison de sa tante oĂč est supposĂ©e se trouver son Ă©pouse. Celle-ci lui annonce la mort d'Helena, qui est survenue deux mois avant son retour. Dans un premier temps, Slestri ne la croit pas, puis il remarque de nouveaux meubles, et mĂȘme une riche parure de bijoux autour du cou de la tante de sa femme. PlutĂŽt que de soigner Helena, le jeune homme rĂ©alise que son argent a Ă©tĂ© utilisĂ© dans la seule fin d'augmenter le train de vie de la vieille femme qui a laissĂ©e Helena Ă  l'agonie. Fou de rage, il l'Ă©trangle de ses propres mains. C'est le seul meurtre de sang froid que commettra Giovanni Slestri de son existence, et le seul qu'il ne regrettera pas.

Conscient de son acte, et sachant son arrestation certaine s'il reste au pays, Giovanni repart de Cerveteri, cette fois pour ne plus jamais y revenir, et se réfugie à Velsna. C'est la fin du premier acte, ponctué par la voix du narrateur.

"De tous les amours connus par Giovanni Slestri, celui qu'il eut pour Helena fut le plus grand. Et avec sa mort, quelque chose avait disparu de lui pour ne plus jamais revenir."




Acte II: Livia Bellonte



Comme beaucoup d'anciens soldats de la Guerre des Triumvirs, Giovanni se retrouve sans travail, et en proie Ă  la faim. Celui qui avait vĂ©cu jusque lĂ  de la plus confiante des maniĂšres malgrĂ© une existence modeste Ă©tait dĂ©sormais tentĂ© par le vol et la rapine, qu'il ne se rĂ©sout pas Ă  commettre. Lorsqu'il rencontre San Sebastian, sn protecteur, afin de quĂ©rir de l'aide, celui-ci lui annonce tristement qu'il est lui-mĂȘme ruinĂ©: le paiement de ses propres Ă©quipements n'ont pas Ă©tĂ© compensĂ©s par les rĂ©compenses de la guerre (le pillage des villes fidĂšles Ă  Scaela). Giovanni est contraint de vendre les mĂ©dailles qu'il a reçu durant la guerre pour survivre.

Durant cette pĂ©riode, il apprit Ă  connaĂźtre Velsna et les habitants qui la composait: nous Ă©tions lĂ  en juin 2014 et la guerre Ă©tait dĂ©sormais loin derriĂšre, mais malheureusement, l'opinion des velsniens sur les vĂ©tĂ©rans tombĂ©s dans la misĂšre n'Ă©tait pas bien bonne, comme si les gens comme Giovanni Ă©taient des hontes qu'il fallait cacher afin de ne plus se souvenir du conflit, des Hommes devenus sauvages et qui ne paraissaient plus ĂȘtre en capacitĂ© de s'intĂ©grer dans la sociĂ©tĂ©. La pension accordĂ©e aux anciens combattants de Di Grassi Ă©tait assez bonne pour survivre, mais trop maigre pour vivre. Durant cette pĂ©riode, Giovanni Slestri sympathise avec les travailleurs des chantiers navals de Velsna, proches du Parti eurycommuniste, et chose ubuesque pour un petit notable de province: Slestri manifeste Ă  leurs cĂŽtĂ©s durant les troubles sociaux de la fin d'annĂ©e 2014. Il prend part Ă divers rassemblements de vĂ©tĂ©rans de la Guerre des triumvirs tombĂ©s comme lui dans la pauvretĂ©. Paradoxalement, c'est la misĂšre de Giovanni qui va permettre sa rencontre avec le deuxiĂšme de ses grands amours: Livia Bellonte.

La jeune femme est la veuve d'un ancien sénateur scaelien executé par les digrassiens à la fin de la guerre civile. Celle-ci se rend réguliÚrement en tant que donatrice à une soupe populaire destinée aux anciens combattants, et tombe sous le charme de Giovanni lors de leur rencontre. Par ce mariage, le jeune homme accÚde aux hautes sphÚres de la bonne société de la cité velsnienne, et fort de ses codes déjà acquis par son éducaton, se fond parmi ses membres. Bien qu'union de convenance davantage que d'amour, Giovanni et Livia développent une forte complicité, et celle-ci lui inculque bon gré mal gré la compréhension de la politique à Giovanni, mais qui n'en retire pas davantage de bonne opinion envers le sujet, bien au contraire, la percevant comme un inconfort nécessité qu'il accepte de ne plus fuir. Slestri reprend son activité de duelliste dans les salons qu'il fréquente, et son existence paraßt réussir à toucher une forme de stabilité.

"A bien des Ă©gards, et si il n'entretint moins de passion Ă  l'Ă©gard de Livia que d'HĂ©lena, Giovanni Slestri avait apprit Ă  considĂ©rer Livia avec une plus grande Ă©quitĂ©. Une Ă©gale davantage qu'une sujette ou qu'une "auxiliaire". Et si la nature de leur affection pu ĂȘtre diffĂ©rente, elle Ă©tait sans aucun doute sincĂšre. Et indubitablement, Giovanni avait bien davantage apprit auprĂšs d'elle que l'inverse. "


Cette histoire pourtant, n'Ă©tait pas destinĂ©e Ă  durer. La situation de madame Livia Bellonte s'apprĂȘtait Ă  se dĂ©grader rapidement. En effet, en fin d'annĂ©e 2014, le Gouvernement communal velsnien publia un Ă©dit consacrant la saisie de toutes les propriĂ©tĂ©s, entreprises et terres sous la possession d'anciens partisans de Dino Scaela. Une fois de plus, Giovanni Slestri est dĂ©semparĂ© face Ă  cette situation, et en absence d'un protecteur tel que San Sebastian, il ne peut que voir l'ensemble des propriĂ©tĂ©s de Livia ĂȘtre subtilisĂ©es par la citĂ©. Livia Bellonte sombre alors dans une profonde dĂ©pression, et se suicidera le 2 avril 2015, alors que Giovanni Ă©tait parti pour Velsna dans l'espoir de contracter un emprunt auprĂšs de la Zecca di Velsna, sans succĂšs. Lui-mĂȘme y songera, en apprenant la nouvelle de la mort de son Ă©pouse, mais y renoncera.

"La douleur de Giovanni Ă©tait immense: il aimait sincĂšrement cette femme, aussi douteuses aient Ă©tĂ© ses anciennes allĂ©geances, et il estimait que le sort lui Ă©tait profondement injuste. Il rĂ©flĂ©chi quelques jours Ă  l'idĂ©e de la rejoindre, lorsque finalement, il se rendit compte qu'il n'eut ni l'envie, ni la rĂ©solution de le faire. PlutĂŽt que de voir la propriĂ©tĂ© de madame ĂȘtre prise par les procurateurs sĂ©natoriaux, il y mit le feu, avant de partir."


Avec ceci, Giovanni Slestri se retrouve de nouveau ruinĂ©, et le jeune homme, sans aucune autre compĂ©tence particuliĂšre que celle de s'ĂȘtre battu dans une guerre qui n'Ă©tait finalement pas la sienne, eut ainsi le choix entre la mendicitĂ© et le retour dans les rangs de la Garde civique. Il y retourna, mais sans jamais y engager la mĂȘme passion que la premiĂšre fois qu'il prit les drapeaux.



Acte III: Roxane



" La mort de Livia Bellonte fut le début d'une longue errance pour Giovanni Slestri, qui s'engagea de nouveau, mais sans passion aucune pour des campagnes lointaines qui l'aideraient à s'éloigner de Velsna, et à ne pas y retourner. Giovanni fut intégré dans la 5Úme tribune de gardes civiques de Velsna, dans celle qui disait-on, comptait de ce qu'il y avait de pire dans la plÚbe urbaine de la cité..."


Quelques aprÚs un funeste départ, Slestri prend part à la campagne de Pravoslavnyy. L'espace d'un instant, il cru de nouveau avoir affaire à une cause juste qui mériterait son engagement, voyant ainsi dans les médias et à la télévision, la defense des minorités homosexuelles perspecutées et maltraitées par le régime local. Mais la réalité de la situation fut bien différente, et Slestri y vu, en compagnie d'un régiment de soudards mal dégrossis, des scÚnes ressemblant davantage à des pillages qu'à une protection quelconque des populations locales. Giovanni rencontra à cette occasion des soldats tanskiens participant également à l'opération, lesquels partageaient selon lui des visions nobles, mais qui étaient noyées dans un idéal qui lui était impossible à concevoir.

Alors que l'intervention s'achÚve, à l'occasion d'une patrouille, Slestri est interpellé par une scÚne de pogrom d'un groupe de pravoslaves à l'égard d'un homosexuel. Il interrompt le chahut, et menace de tirer sur les locaux s'ils ne se dispersent pas. Ceux-ci refusent et l'encerclent, lui et son groupe. Alors qu'il tente de parlementer, ses camarades de tribune ouvrent le feu sans dicsernement. S'ensuit une scÚne de massacre auquel Slestri tente d'interrompre, mais sans succÚs. Lorsque la fusillade se termine, il se rend compte que le pauvre homme qui était victime du pogrom s'est également prit une balle perdue. A terme de l'opération, il reçoit une médaille, mais refuse de la porter.

AprĂšs ces Ă©vĂšnements, Giovanni fait la demande d'une mutation, afin de le retirer loin des combats, qu'il n'obtient qu'au bout de plusieurs mois. Il est alors transfĂ©rĂ© parmi la garnison d'une base navale velsnienne en PolkĂȘme. Si il caresse l'illusion d'une tranquilitĂ© et de la solitude, il ne met guĂšre longtemps Ă  rĂ©aliser que cette affectation n'est qu'un autre fardeau. La PolkĂȘme est dĂ©peinte comme un pays froid, dont les habitants sont hostiles, et qui pratiquent une politique de sĂ©grĂ©gation et de maltraitance vis Ă  vis de minoritĂ©s ethniques et religieuses. La cohabitation entre lui et les locaux se passe mal. Mais il vient Ă  Giovanni quelque source de rĂ©confort, Ă  l'occasion des Ă©changes que font le velsniens de la base et les Ă©trangers, qui apportent marchandises exotiques et soieries qui lui rappellent les parfums et les odeurs des marchĂ©s de Cerveteri l'espace d'un instant.

A l'occasion de l'un de ces Ă©changes, il remarque dans une foule de marchands, un garde polk en train de battre Ă  coup de bĂąton une jeune femme blĂȘme. Il s'interpose et le menace avec le muletto qu'il a Ă  sa ceinture, mais ses supĂ©rieurs l'intiment de cesser. Le garde accuse la jeune femme de vole et de sorcellerie. PlutĂŽt que de le dĂ©fier, il jette cent florius Ă  la face du polk, pour le dĂ©dommager du vol supposĂ© de la jeune femme, avant de repartir avec elle et de la mettre hors de portĂ©e des polks. Il lui conseille alors de rentrer chez, ce qu'elle refuse. Lorsqu'il demande oĂč elle ira, elle lui rĂ©pond qu'elle le suivra. Dans un premier temps, Giovanni refuse catĂ©goriquement, arguant "qu'il est maudit", ce que la jeune femme refuse d'entendre. Il accepte alors de l'aceuillir dans les quartiers civils de la base velsnienne de Port-Ponant. C'est ainsi que dĂ©buta le troisiĂšme amour de Giovanni Slestri.

"Cette union n'eut rien des prĂ©cĂ©dentes. Il n'y eu pas de grande cĂ©rĂ©monie, pas de diner clinquant, pas de fĂ©licitations d'une belle famille richissime. Giovanni devait s'y rĂ©soudre: la bonne sociĂ©tĂ© velsnienne qu'il avait effleurĂ© du doigt auprĂšs de Livia Bellonte resterait Ă  jamais hors de sa portĂ©e, et il avait parfaitement acceptĂ© ce fait. Le couple vivait chichement: la dĂ©brouille, les combines, les coups de pouces, tous ces termes existant pour dĂ©finir le courage des modestes Ă  s'en sortir, tous ceux lĂ  s'accolaient parfaitement Ă  leur nouveau mode de vie, un nomadisme qui n'Ă©tait pas sans ĂȘtre familier Ă  Roxane, qui du reste, avait fait de la barriĂšre de la langue sa force, en faisant l'intermĂ©diaire entre les locaux et les velsniens dĂ©s lors qu'ils voulaient acheter de si exquis alcool traditionnel polk. Le couple Ă©tait modeste: Giovanni se contentait de sa solde, et Roxane vivait Ă  l'instar de toutes les femmes et enfants de soldats, dans le sillage de l'armĂ©e civique, rendant des services de ci et de lĂ . Le couple Ă©tait modeste, mais il Ă©tait heureux: Giovanni n'avait plus sa fortune, mais il avait gagnĂ©, au fil de ses pĂ©ripĂ©ties, un Ă©lan de sagesse, et un supplĂ©ment d'Ăąme. Au bout de quelques mois, Roxane attendit un enfant. Si l'histoire de Giovanni pu s'arrĂȘter lĂ , cela aurait constituer une fin amĂšre, mais douce."



L'Histoire, cependant, ne s'arrĂȘta point lĂ , car les choses ne s'arrĂȘtent jamais dans la Garde civique, et une guerre en cache toujours une autre. Quelques semaines aprĂšs la naissance de leur fils, la Guerre du Chandekolza Ă©clate. Roxanne supplie Giovanni se dĂ©missionner, il refuse. Lorsqu'elle se met sur ses genoux en l'implorant de fuir avec elle et leur enfant, il rĂ©pond simplement : « Et pour faire quoi ? »

ReversĂ© dans une unitĂ© de gardes civiques velsniens, Slestri participe Ă  la trĂšs sanglante prise de Seipalbon. Lorsque sa tribune parvient devant le Palais du Cong, d'autres unitĂ©s sont d'ores et dĂ©jĂ  en train de saccager plusieurs de ses bĂątiments. Se souvenant des exactions similaires auxquells il avait assistĂ© parotut oĂč il s'Ă©tait dĂ©jĂ  battu, Slestri refuse alors la situation. AprĂšs avoir convaincu sa propre troupe de ne pas prĂȘter concours Ă  leurs camarades, il tente de t'interposer entre le Palais et les autres unitĂ©s. Mais l'arrivĂ©e d'une autre tribune, commandĂ©e par San Sebastian,son ancien ami et patron, change la donne.

Pietro San SĂ©bastian lui apprend par le fil de ses pĂ©rĂ©grinations, qu'il a renouĂ© avec la fortune, Ă  l'occasion des campagnes de Pravoslavnyy et de Rasken, et qu'il entend bien faire de mĂȘme avec le Palais du Cong. Giovanni refuse de le laisser passer, et annonce Ă  son ancien ami qu'il lui faudra le tuer pour avoir le droit de saccager le Palais et s'emparer de ce qui s'y trouve. Il lui lance un couteau de muletto, dont il se saisit au sol. Bravache, il lui prĂ©cise que s'il le dĂ©sire, il peut affronter les officiers de sa Tribune les uns aprĂšs les autres.


Giovanni affronte tout d''abord le Primipile de la troupe, qu'il dĂ©fait aisĂ©ment. Puis un deuxiĂšme, puis un troisiĂšme homme,prenant le soin d'en tuer aucun d'entre eux. Le quatriĂšme cependant, avant d'ĂȘtre mis hors de combat, l'entaille profondĂ©ment dans le ventre. Lorsque San Sebastian lui demande Ă  nouveau de le laisser passer, sa rĂ©ponse demeure inchangĂ©e. Giovanni se dĂ©barrasse, plus difficilement, de deux autres officiers. Devant un Slestri Ă  bout de force et sur ses genoux, San Sebastian consent finalement Ă  dĂ©fier Giovanni. Giovanni n'a jamais perdu un duel au muletto, mais il se vide de son sang, et finit par dĂ©faillir. Pietro San Sebastian lui inflige un coup mortel entre les deux homoplates, non sans l'Ă©treindre une derniĂšre fois, non sans Ă©prouver un grand chagrin, mais la perspective du gain l'a convaincu du contraire. Dans un dernier souffle, Giovanni lui demande de faire jeter son corps dans l'une de ces fosses communes oĂč les velsniens ont jetĂ© les combattants chandekolzans dĂ©faits.

Le film s'achĂšve sur un plan long de prĂšs d'une minute, montrant l'incendie du Palais du Cong, et une scĂšne de pillage choquante.

" Giovanni Slestri avait vĂ©cu, et Roxanne est le seul de ses trois amours Ă  lui avoir survĂ©cu. En pitiĂ©, Pietro San SĂ©bastian s'engagea Ă  lui donner rente Ă  vie pour compenser la mort de son ami, qu'il avait lui-mĂȘme tuĂ©. Roxanne ne fut jamais gratifiĂ©e de la pension versĂ©e aux veuves de guerre, en raison de la rebellion de Slestri devant le Palais du Cong. Giovanni Slestri conserva sa fiertĂ© intacte et ses principes, jusque dans sa tombe. Peut-ĂȘtre son seul crime aura t-il Ă©tĂ© de ne point comprendre qu'il est difficile d'ĂȘtre juste dans un monde injuste. "




Commentaire : "Les Trois amours de Giovanni Slestri" constitue selon son rĂ©alisateur, une fresque de la sociĂ©tĂ© velsnienne des annĂ©es 2010, qu'il dĂ©sire percevoir comme son Ɠuvre la plus aboutie jusqu'Ă  prĂ©sent. D'une durĂ©e de trois heures et trente minutes, Alessandro Savonarole a eu la volontĂ© de dĂ©peindre une sociĂ©tĂ© velsnienne des annĂ©es 2010 en mutation. Si officiellement, le rĂ©alisateur n'a disposĂ© d'aucun parti-pris public, le film regroupe une longue sĂ©rie de critiques et une analyse sociĂ©tale velsnienne dont les observateurs ont perçu la pertinence.

Loin d'ĂȘtre une Ɠuvre inoffensive, le film constitue un tĂ©moignage de la condition des soldats dans l'armĂ©e velsnienne, des femmes, de la grande pauvretĂ© et de la perception des Ă©trangers. La critique de la rĂ©surgence d'un impĂ©rialisme velsnien aprĂšs 2014 est Ă©galement soulignĂ©e de maniĂšre presque transparente, mĂȘme si elle n'est jamais explicitement formulĂ©e. D'autres thĂ©matiques sont abordĂ©es: si la critique du militarisme est prĂ©sente, c'est aussi un rejet de l'idĂ©alisme dans le cadre d'un rĂ©cit Ă  l'atmosphĂšre crĂ©pusculaire qui se dĂ©gage du personnage principal. Le refus d'abandonner des principes dĂ©suets, l'absence d'adaptation du hĂ©ros Ă  la cruautĂ© ambiante dans laquelle il Ă©volue, tout cela forme un rĂ©cit complet qui va au delĂ  de la simple reprĂ©sentation esthĂ©tique de la Velsna des annĂ©es 2010. Les Ă©vĂšnements historiques abordĂ©s ne sont qu'un prĂ©texte au rĂ©cit, et non l'inverse.

La dĂ©marche artistique d'Alessandro Savonarole s'appuie sur une attention quasi millimĂ©trĂ©e du dĂ©tail, comme l'adoption quasi systĂ©matique de dĂ©cors naturels (les lieux de tournage sont multiples: Velsna, AfarĂ©e, PolkĂȘme). Pour des raisons budgĂ©taires et matĂ©rielles, seuls les dĂ©cors du Palais du Cong ont Ă©tĂ© reconstituĂ©s Ă  l'identique en studio. Savonarole assume pleinement une dĂ©marche mimĂ©tique concernant les costumes.


Société de production ou Producteur : Savonarole productions, Phinéas
Réalisateur : Alessandro Savonarole
Acteurs principaux ou notables :
- (Ă  remplir: casting international).
Date de sortie : Aout 2019.
2462
Pays producteur(s) : République technocratique d'Arkavie
Catégorie : Film de fiction

Nom de la production : "The Elite"

Affiche ou visuel :

the elite

Genre ou thÚme abordé : Drame psychologique / thriller

Synopsis ou rĂ©sumĂ© : Safa est l’hĂ©ritiĂšre d’un empire immobilier et financier colossal. Jeune femme indĂ©pendante et sĂ»re d'elle, elle vit dans un luxueux penthouse Ă  RymĂ©riah et travaille officiellement comme consultante en art contemporain. Officieusement, elle Ă©volue dans des milieux clandestins du marchĂ© de l’art, servant d’intermĂ©diaire pour des transactions illĂ©gales sur le marchĂ© noir en ligne.

Habituée aux plaisirs sombres et étrerrés des élites de la société, Safa participe réguliÚrement à des soirées clandestines ultra-privées dont l'organisation et l'inscription sont effectuées sur le darknet. Lors de ces soirées, derriÚre des masques somptueux, les élites de la société venues des quatre coins du monde se réunissent pour assister à des spectacles de torture en direct. Lors de ces soirées meurtriÚres, tout est monnayable, pour chaque victime enfermée dans une cage vitrée, les invités enchérissent afin de décider de ce qui lui sera fait.

Seulement, lors d’une soirĂ©e organisĂ©e dans la capitale arkavienne, Safa voit entrer dans la cage Mokthar, le jeune barman dĂ©sargentĂ© dont elle est secrĂštement tombĂ©e amoureuse quelques semaines plus tĂŽt. L’homme qui reprĂ©sentait pour elle une Ă©chappatoire comme elle n'en avait pas eu depuis des annĂ©es, devient soudain un simple divertissement malsain...


Commentaire :

PrĂ©sentĂ© comme le “film choc” du Festival des Anges, "The Elite" de Josef Mok'aĂŻr a immĂ©diatement divisĂ© la critique cinĂ©matographique par sa violence psychologique et physique assumĂ©e et sa maniĂšre glaciale de reprĂ©senter les ultra-riches. DerriĂšre son esthĂ©tique luxueuse raffinĂ©e et trĂšs lĂ©chĂ©e, le film crĂ©e une critique sociale fĂ©roce sur la dĂ©shumanisation pouvant ĂȘtre provoquĂ©e par le pouvoir, l’argent, etc. Josef Mok’aĂŻr joue Ă©galement avec le malaise du spectateur lui-mĂȘme : la mise en scĂšne rappelle constamment certaines cĂ©rĂ©monies mondaines, crĂ©ant volontairement un contraste percutant entre la raffinerie et la violence du film. La performance de l’actrice Shanna Dufkor, incarnant Safa, a Ă©tĂ© particuliĂšrement saluĂ©e pour son jeu extrĂȘmement froid et Ă©motionnel. Plusieurs critiques ont comparĂ© cette interprĂ©tation aux grands rĂŽles de films de cinĂ©ma d'auteurs. DĂšs sa premiĂšre projection, "the Elite" est devenu l’un des sujets trĂšs dĂ©battus du festival. En effet, certains critiques l’ont dĂ©crit comme un chef-d’Ɠuvre dĂ©rangeant et fascinant, tandis que d’autres lui ont reprochĂ© sa violence extrĂȘme Ă  certains moments.

Société de production / Producteur : Arāq'Films

Réalisateur : Josef Mok'aïr

Distribution :

Shanna Dufkor (Safa) & Ezra UbanĂżd (Mokthar)

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Date de sortie : 19 septembre 2019
4413
Pays producteur(s) : Zagroyat de Morakhan et Padichùhat Jéhovainide.

CatĂ©gorie : SĂ©rie tĂ©lĂ©visĂ©e d’animation

Nom de la production : Érythe ou Érythe : de Rouge et de Sang.

Affiche ou visuel :
https://i.ibb.co/JRd1DgXP/rythe.png
https://i.ibb.co/1GdLR2RN/rythe-1.png

Genre ou thÚme abordé : Fantasy dramatique, aventure, guerre politique, tragédie psychologique, racisme systémique.

La sĂ©rie aborde principalement la propagande, le nationalisme, le racisme, les mĂ©moires falsifiĂ©es, le poids de l’hĂ©ritage, la difficultĂ© morale de dĂ©sobĂ©ir Ă  son propre peuple, la folie religieuse, la dĂ©shumanisation de l’ennemi et la transmission de la haine Ă  travers les gĂ©nĂ©rations.

Synopsis ou rĂ©sumĂ© : Depuis des siĂšcles, les peuples Ă©rythes et alĂšthes se livrent des guerres pĂ©riodiques, motivĂ©s par des intĂ©rĂȘts stratĂ©giques et/ou religieux. Dans le Despotat Pyrrhique, royaume militaire situĂ© sur le front oriental, des soldats Ă©rythes sont rĂ©partis en unitĂ©s d'Ă©lites classĂ©s par ordre alphabĂ©tique allant des meilleurs aux escouades sacrifiables.

L’équipe Z, elle, appartient Ă  cette derniĂšre catĂ©gorie. MĂ©prisĂ©s, affectĂ©s Ă  de simples missions de surveillance et privĂ©s de reconnaissance, ses membres rĂȘvent de prouver leur valeur sur le champ de bataille. Leur jeune chef, Achille, dĂ©cide alors de dĂ©sobĂ©ir aux ordres et mĂšne clandestinement son unitĂ© dans une offensive suicidaire contre un camp alĂšthe. L’opĂ©ration rĂ©ussit au-delĂ  de toute attente : le groupe parvient Ă  assassiner un gĂ©nĂ©ral ennemi.

Mais la victoire vire au cauchemar. Presque toute l’équipe est massacrĂ©e durant la retraite. Seuls Achille et son plus proche ami, Hector, survivent. En fouillant les quartiers du gĂ©nĂ©ral alĂšthe, ils dĂ©couvrent des archives rĂ©vĂ©lant que la propagande Ă©rythe qui a façonnĂ© leur existence repose sur des falsifications historiques. Les AlĂšthes ne sont ni les monstres dĂ©crits depuis des gĂ©nĂ©rations, ni les seuls responsables de la guerre.

À leur retour, l’administration militaire attribue pourtant l’exploit Ă  l’équipe B, officiellement chargĂ©e du secteur. Les survivants de l’équipe Z sont rĂ©duits au silence puis exclus de l’armĂ©e afin d’éviter tout scandale.

Cette trahison provoque une rupture irrĂ©versible entre les deux amis : Achille veut rĂ©vĂ©ler la vĂ©ritĂ© et mettre fin au conflit tandis qu'Hector estime qu’aucune vĂ©ritĂ© ne vaut l’effondrement de leur civilisation.

Alors que le second gravit les Ă©chelons militaires et devient progressivement un symbole national Ă©rythe, Achille fuit Ă  travers un monde ravagĂ© par la guerre. AccompagnĂ© de deux mystĂ©rieux frĂšre et sƓur dissidents, Adelphos et Manon, d’une HelfĂšque technocrate exilĂ©e, Astrid, et d’un jeune alĂšthe, Aghat, dont il apprend peu Ă  peu Ă  comprendre le peuple, il dĂ©couvre que le conflit actuel trouve son origine dans une antique guerre divine oubliĂ©e.

Les dieux crĂ©ateurs des peuples auraient disparu aprĂšs avoir emprisonnĂ© un arbitre cosmique destinĂ© Ă  empĂȘcher leurs conflits. DĂ©sormais, tandis que les nations s’approchent d’une extermination mutuelle, Achille et ses compagnons se lancent dans une quĂȘte dĂ©sespĂ©rĂ©e visant Ă  retrouver les quatre reliques des dieux primordiaux afin d’empĂȘcher le monde de sombrer dĂ©finitivement dans la haine.

Mais plus ils approchent de la vĂ©ritĂ©, plus une question devient impossible Ă  ignorer : qu’advient-il d’un monde lorsque les peuples dĂ©couvrent que toute leur histoire a Ă©tĂ© bĂątie sur un mensonge ?

Commentaire :
PensĂ©e comme une Ɠuvre de fantasy politique Ă  forte portĂ©e Ă©motionnelle, Érythe mĂȘle inspirations mythologiques indo-europĂ©ennes, sĂ©mitiques, tragĂ©die antique et questionnements contemporains autour de la propagande, de l’identitĂ© nationale et des rĂ©cits collectifs.

La direction artistique privilĂ©gie une approche picturale et mĂ©lancolique : architectures brutalistes monumentales, paysages de cendres rouges, citĂ©s blanches suspendues dans la neige et fresques divines partiellement effacĂ©es composent un univers oĂč la mĂ©moire elle-mĂȘme semble en ruines.

Le projet a rapidement attirĂ© l’attention pour son traitement inhabituellement mature de la fantasy animĂ©e, refusant toute opposition simpliste entre bien et mal. Plusieurs critiques ont notamment soulignĂ© la maniĂšre dont la sĂ©rie traite simultanĂ©ment le militarisme, le racisme structurel et systĂ©mique, le traumatisme collectif, la manipulation historique, le fanatisme religieux et la difficultĂ© du pardon aprĂšs plusieurs gĂ©nĂ©rations de guerre.

Société de production / Producteur :
Val Mir Pictures
Produit par Pavel Vélizarevitch Val Kontchalovski.

Réalisatrice :
SoleĂŻna P. Vl. Arkhadiev
(co-réalisation artistique : Marusya K. Chevtchenko)

Distribution :

Ilyan I. Vl. Vorodine (Achille)
Nahuel I. Vl. Vorodine (Hector)
VaĂŻra F. Selkov (Astrid)
Daniel Gabriel ben-AĂŻkha al-Hibbat (Aghat)
Vladimir D. Vl. Korenko (Adelphos)
Lyssandra I. Ashkyov (Manon)
Shahim ben-Kasim al-Nuqtar (Le xƥāyaΞiya xƥāyaΞiyānām [Empereur des alÚthes])
Alexander V. Vl. Parouchkin (Pyrrhus XI, despote d'Épyrrhe)
Ana K. Gargarine (Anaxandre, femme du despote d'Épyrrhe)
Ilyitch I. Vl. Sourikin (Général altÚhe tué)

Date de sortie : Avant-premiÚre prévue au Festival.
Sortie prévue en novembre 2019.
4508
Pays producteur(s) : Terres Dévastées du Dakora (Parapluvie Inc)

Catégorie : Film de fiction

Nom de la production : Ascension entéléchique du Vivant

Affiche ou visuel : Facultatif – À dĂ©faut d’une affiche, vous pouvez illustrer le formulaire avec un visuel/une capture d’écran de votre production prise Ă  un moment donnĂ©.

affiche du film

Genre ou thÚme abordé : Film expérimental

Synopsis ou résumé :
Ascension EntĂ©lĂ©chique du Vivant est une Ɠuvre expĂ©rimentale qui refuse toute approche narrative traditionnelle. Ainsi, plutĂŽt que de proposer une fiction linĂ©aire centrĂ©e sur des personnages et leurs pĂ©ripĂ©ties, le film privilĂ©gie une expĂ©rience sensorielle, plastique et intellectuelle, organisĂ©e autour de cartons thĂ©matiques en lien avec la vie dans son expression la plus fondamentale : la cellule. Sans voix off explicative ni rĂ©cit conventionnel, il invite le spectateur Ă  construire son propre cheminement Ă  partir des images, des sons et des fragments textuels qui jalonnent le film afin de transmettre, autant qu'il est possible, l'Ă©merveillement du rĂ©alisateur pour ce miracle qu'est la vie. Sur le plan visuel, l’Ɠuvre oscille en permanence entre l’observation microscopique et des scĂšnes de laboratoire, de vies sauvages, mutantes et dĂ©routantes dans le Wasteland ou de vie humaine — distinguant nettement les hommes primitifs du Wasteland (Punks et Raiders) des hommes civilisĂ©s et supĂ©rieurs des abris de la Parapluvie Inc. Sur le plan sonore, la musique classique occupe une place centrale, entrecoupĂ©e de lectures philosophiques denses, parfois absconses, toujours emphatiques, et de silences ponctuĂ©s de sons captĂ©s directement dans l’environnement des scĂšnes. On ne va pas donner le rĂ©sumĂ© complet du film mais voila quelques cartons :

Le premier carton, MĂ©iose, montre une cellule en cours de division qui donne naissance Ă  deux nouvelles cellules. Cette sĂ©quence alterne avec des images de reproduction animale filmĂ©es dans le Wasteland — oĂč Ă©voluent plusieurs spĂ©cimens mutants difficilement identifiables — et avec des plans tournĂ©s dans les centres d’expĂ©rimentation des abris de la Parapluvie Inc. À travers la musique et le texte, le film cĂ©lĂšbre le dĂ©ploiement du vivant et la persistance de son Ă©lan vital vers un futur enthousiasmant.

Le deuxiĂšme carton, Nutrition, nous fait observer une cellule en train d’absorber des nutriments. Il est accompagnĂ© de lectures exaltĂ©es de passages de grands philosophes, puis suivi de scĂšnes de nutrition au sein de la faune atypique du Wasteland et de scĂšnes d'ivrognerie chez les punks de Dakoraville. Le segment s’achĂšve sur un repas communautaire dans la cantine d’un abri de la firme, oĂč se dĂ©ploie toute la technicitĂ© de la science nutritionnelle au service des employĂ©s de la Parapluvie Inc.

Le troisiĂšme carton, Respiration, nous plonge dans le mouvement respiratoire permanent de la cellule qui capte l’oxygĂšne et rejette le dioxyde de carbone au sein de ses mitochondries. La sĂ©quence alterne entre ces Ă©changes gazeux microscopiques et des plans de la faune mutante du Wasteland haletant dans une atmosphĂšre corrosive, sans doute lors du passage du Smog. Le film montre ensuite les systĂšmes de rĂ©gĂ©nĂ©ration d’air contrĂŽlĂ©e des abris de la Parapluvie Inc, oĂč des hommes et des femmes — en salopette noire de la firme ou en costume-cravate — respirent Ă  pleins poumons tout en menant une existence paisible. En contrepoint, on entend des lectures exaltĂ©es de philosophes antiques consacrĂ©es Ă  l’élĂ©ment aĂ©rien.

Le quatriĂšme carton, Croissance, observe une cellule qui s’allonge, accumule de la matiĂšre et s’organise progressivement pour atteindre une plus grande taille. Cette sĂ©quence est entrecoupĂ©e d’images filmĂ©es depuis un Ă©gout partiellement effondrĂ© et inondĂ© : une plante monstrueuse aux racines hypertrophiĂ©es perce une Ă©paisse couche de bitume et Ă©ventre un lotissement en ruine, tandis que ses larges branches prospĂšrent au-dessus de ses murs en parti Ă©ventrĂ©s. On y voit Ă©galement des Raiders terrifiants et monstrueux pratiquant des scarifications rituelles sur le plus jeune d’entre eux. La sĂ©quence s’achĂšve dans une salle de classe souterraine de la Parapluvie Inc, oĂč une institutrice enseigne Ă  de proprets enfants blonds. Des lectures philosophiques sur l’entĂ©lĂ©chie accompagnent ces images ; bien que trĂšs complexes, elles sont lues par les enfants avec exactitude.

D’autres cartons suivent — Adaptation, Communication, RĂ©gĂ©nĂ©ration —, toujours selon le mĂȘme principe : prĂ©sentation du processus cellulaire, extrapolation au Wasteland (sa faune, sa flore et parfois ses habitants), et mise en regard de la maniĂšre dont la Parapluvie Inc applique ce principe vital Ă  ses propres installations et Ă  ses employĂ©s.


Commentaire : Si la nature expérimentale de ce film ne fait absolument aucun doute, on ne sait toujours pas, à ce jour, si il s'agit d'un film d'entreprise ou non. Dans tous les cas, on voit clairement que ce film est un concentré de culture d'entreprise de la Parapluvie Inc. et que le réalisateur a reçu une assistance de la Firme, laquelle d'ailleurs produit le film.

Société de production / Producteur : Parapluvie Inc, branche communication

Réalisateurice : Jean Jouin

Distribution : Pas d'acteurs

Date de sortie : Déja sortie, mais n'a pas connu de sortie officielle en dehors des cinémas des abris, il sera donc exclusif pour le festival.
3527
Pays producteur(s) : Quatre Vallées, Namarov, Ustia, Morakhan.
Catégorie : Film de fiction historique.

Nom de la production : Gojeh Sabz (ÚŻÙˆŰŹÙ‡ ۳ۚŰČ).

Affiche ou visuel :

Gojeh Sabz

Genre ou thÚme abordé : Drame poétique, révolution décolonial, monde nomade rurale, amitié, déchirement.

Synopsis ou rĂ©sumĂ© : Dans les annĂ©es 1950, les marges de l'Empire Mor s'embrasent. Des dizaines de peuples s'organisent et rĂ©sistent Ă  l'occupation Mor, faite d'oppressions, de dĂ©placements forcĂ©s et de massacres. En plein milieu de cette guerre dans le nord des Quatre vallĂ©es actuelles, un soldat Namarovien (Umanov), un soldat Ustien (SĂŒrĂŒkhaay) et un soldat Mor (Miloradov) sont recueillis par un groupe de nomades Shmalis. LaissĂ©s pour morts par leurs unitĂ©s au milieu de la montagne, ils ont pris part Ă  un combat sans y laisser la vie, mais sont mal en point. Ils vont ĂȘtre soignĂ©s par les nomades et malgrĂ© leurs blessures importantes, ils vont continuer Ă  essayer de s'entretuer. Toutefois, sans armes et avec une mobilitĂ© rĂ©duite, ils ne vont faire que se chamailler. Va alors s'installer au fil du temps une relation toxique entre ces trois personnes. Umanov, SĂŒrĂŒkhaay et Miloradov, se dĂ©testant les uns les autres, vont dĂ©velopper une routine parfaitement huilĂ©e consistant Ă  emmerder le plus possible les deux autres. Jeter les vĂȘtements d'un autre dans l'eau, balancer de la terre dans l'assiette d'un autre, pisser sur l'oreiller d'un autre, tous les coups sont bons.

Dans le mĂȘme temps, ils n'ont pas le choix de vivre comme les nomades les ayant recueillis. Un mode de vie difficile pour ses sĂ©dentaires, mais qui va s'installer, petit Ă  petit, comme une Ă©vidence. En effet, lentement, doucement, sans bruit, dans des moments de vie simples, les trois Ă©trangers vont dĂ©laisser leur haine pour se concentrer sur ce rapport au monde diffĂ©rent, exigeant, qu'ils vont trouver passionnant. Tellement qu'ils vont finir par vivre en nomades comme s'ils avaient toujours vĂ©cu ainsi, alors qu'ils auraient pu quitter le plus tĂŽt possible cette vie pour rejoindre leurs armĂ©es respectives. Par la suite, ils vont guĂ©rir et durant tout le rĂ©cit ils vont alterner entre tentative de meurtre et moment de convivialitĂ©, d'amitiĂ© sincĂšre. Entre eux.

Angle mort de leur nouvelle vie, ils mettent tellement d'Ă©nergie Ă  s'occuper d'eux trois, des tĂąches physiques qu'ils doivent effectuer, qu'ils ne nouent pas vraiment de relations avec les gens qui les ont accueillis. Nastaran, Farzin, deux des personnes ayant le plus d'influence dans le groupe, vont alors tout tenter pour les exclure du groupe. ArmĂ©s, contrairement aux trois Ă©trangers, ils vont organiser leur meurtre. Pejman et Elham, deux autres membres influents du groupe, vont tout faire pour les en empĂȘcher. Partiellement en vain, les trois soldats vont ĂȘtre blessĂ©s par balles et Umanov va mĂȘme perdre la vie. Le groupe se fragmenta en deux, ceux protĂ©geant Ă  tout prix SĂŒrĂŒkhaay et Miloradov et ceux voulant finir le travail.

Dans ce genre de cas spĂ©cial, la tradition veut, pour Ă©viter l'autodestruction de la communautĂ©, que les groupes divergeant se sĂ©parent et s'Ă©loignent le plus possible. C'est ce qui va se passer. Nous suivons ensuite Pejman, Elham, SĂŒrĂŒkhaay, Miloradov et leur nouveau groupe vivre. En parallĂšle, la guerre continue et force le groupe Ă  se sĂ©dentariser partiellement. Ils vont devenir nomades saisonniers marchands. Ils vont s'installer sur une terre dĂ©serte, pour faire culture des prunes acides typiques de la rĂ©gion (Gojeh Sabz (ÚŻÙˆŰŹÙ‡ ۳ۚŰČ)). Les quatre personnages finissent par devenir amis et se lancent sur les routes entre les Quatre VallĂ©es, l'Ustia et le Namarov, pays nouvellement indĂ©pendants.

SĂŒrĂŒkhaay et Miloradov se retrouvent Ă  la fin du rĂ©cit sur la tombe d'Umanov. Les pleurs sont incontrĂŽlables et aucun d'eux n'a l'air de comprendre pourquoi


Société de production / Producteur : Val Mir Pictures, société Mor. Financement de l'Etat Ustien et du Namarovien. Tournage effectuer dans les Quatre Vallées.

Réalisateurice : Samira Kaviani, réalisatrice Lav P'iri.

Distribution : Reza Haghshenas (Pejman), Leila Fathi (Nastaran), Talat Saltik (Farzin), Dzovig Dzaghgouni (Elham), Abraam Sologashvili (Miloradov), Griboyedov Artemiy Valentinovich (Umanov) et Khaji Kulug (SĂŒrĂŒkhaay).

Date de sortie : 11 Janvier 2020.
1811
Pays producteur(s) : Etat des ßles CélÚnes et Célestes
Catégorie : Film de fiction

Nom de la production : Ici
Affiche ou visuel :
https://i.postimg.cc/59Z9b5xh/zerfgtdhyfjugyikuoli.png
Genre ou thÚme abordé : Horreur , horreur psychologique
Synopsis ou résumé :
Un jour, un homme (dont le nom n’est jamais donnĂ© dans le film) fait croire Ă  sa femme qu’il part en dĂ©placement professionnel pendant quatre jours, alors qu’en rĂ©alitĂ©, il part chez des amis Ă  lui qui vivent Ă  quatre heures de route de sa ville pour faire une soirĂ©e qu’il organise depuis longtemps. Mais sur le chemin, il s’arrĂȘte plusieurs fois pour se dĂ©gourdir les jambes. Au bout de la troisiĂšme fois, il remarque un peu plus loin une maison sur une colline, sans fenĂȘtres et d’un jaune assez inhabituel. Il n’y va pas et continue sa route, mais au bout de quelques minutes, il retombe sur cette mĂȘme maison, les mĂȘmes panneaux: il a fait une boucle.

Cela l’intrigue et il dĂ©cide de continuer sa route, mais au bout de plusieurs minutes, il retombe encore sur cette mĂȘme route avec cette mĂȘme maison. Commençant Ă  ĂȘtre paniquĂ© par la situation et ne parvenant pas Ă  avoir de rĂ©seau, il dĂ©cide d’aller vers la maison. En faisant le tour, il remarque qu’en plus de ne pas avoir de fenĂȘtres, elle n’a pas d’entrĂ©e non plus. Mais il trouve une planche contre le bas d’un des murs, cachant un trou menant au vide sanitaire, qui donne accĂšs Ă  l’intĂ©rieur de la maison. Dans cette maison, l’homme remarque rapidement qu’elle est largement plus grande Ă  l’intĂ©rieur qu’à l’extĂ©rieur et qu’il est facile de s’y perdre. Mais surtout, il commencera peu Ă  peu Ă  remarquer qu’il n’est pas seul ici.


Commentaire : Ici est un film assez attendu dans son pays d’origine. Le film a coĂ»tĂ© 17 millions, deux fois plus que ce que souhaitaient les rĂ©alisateurs, et constitue un record sur la scĂšne cinĂ©matographique cĂ©linienne. Cela est dĂ» au souhait de la sociĂ©tĂ© de production de construire la maison et les dĂ©cors dans la vrais vie, et d’utiliser le moins d’effets spĂ©ciaux possible.

Société de production / Producteur : Médéprod
Réalisateurice : Nathan Lambert
Distribution : Aman Sari dans le rĂŽle de l'acteur principale (sans nom)
Date de sortie : 13 décembre 2019
4647
Pays producteur(s) : République du Makota

Catégorie : Documentaire

Nom de la production : La réussite selon Mlle Olaf

Affiche ou visuel : Facultatif

Une affiche du documentaire. Au centre de l’image, une femme (Mlle Olaf) est assise dans un grand fauteuil. Elle porte une magnifique robe Ă  crinoline rose Ă  large dĂ©colletĂ©  et elle a de longs gants blancs qui montent jusqu’au-dessus des coudes. Bref, la toilette en usage dans le  Monde au Makota.  Dans sa main droite (cĂŽtĂ© gauche de l’image), elle tient un verre de jus d’orange. Dans sa main gauche, posĂ©e sur ses genoux, elle tient un smartphone noir. DerriĂšre elle, on distingue un intĂ©rieur trĂšs luxueux et classique.

Genre ou thÚme abordé : Documentaire intimiste, tranche de vie

Synopsis ou résumé :
Ce documentaire retrace l’ascension fulgurante de Mlle HĂ©lĂšne Olaf, devenue Ă  dix-huit ans prĂ©sident-directeur gĂ©nĂ©ral des HĂŽtels Olaf et l’une des femmes les plus influentes du Makota. Il s’ouvre sur une galerie de photographies commentĂ©es par l’intĂ©ressĂ©e : on y apprend qu’elle est nĂ©e le 7 mars 2000 au manoir familial de Ranch-le-Grand, dans le comtĂ© des Marais, et qu’elle est la fille aĂźnĂ©e de NoĂ«l Olaf, grand industriel Ă  la tĂȘte du groupe familial. Le film (et Mlle Olaf lisant son texte Ă  M. Longer qui lui donne la rĂ©plique) s’attarde longuement sur des considĂ©rations gĂ©nĂ©alogiques, rendues vivantes par de nombreuses illustrations et anecdotes d’archives.

On passe ensuite Ă  des videos scolaires en VHS. La jeune fille y apparaĂźt en uniforme, posant devant la camĂ©ra ou disputant des matchs de volleyball au prestigieux pensionnat de jeunes filles de Sainte-Aurore. On y voit qu’elle frĂ©quentait l’élite makotane, notamment la fille du prĂ©sident Irreville et celle de M. VĂšque, maire de Sainte-RĂ©gine, capitale du Makota, et chef du principal parti d’opposition. Mlle Olaf commente longuement sa scolaritĂ© et les liens d’amitiĂ© qui l’unissaient et l'unissent encore Ă  ces jeunes filles issues des milieux les plus influents.

Par le moyen de photographies et de vidĂ©os d'entreprise, le documentaire Ă©voque ensuite son passage Ă  la tĂȘte des Restaurants Olaf, une chaĂźne populaire destinĂ©e au grand public. On assiste Ă  sa nomination au poste de vice-prĂ©sident et Ă  son discours d’investiture, dans lequel elle expose, avec une certaine affectation et une emphase laborieuse (mais Ă  sa dĂ©charge elle a alors seulement dix-huit ans), plusieurs idĂ©es nouvelles en matiĂšre d’amĂ©nagement et d’ambiance. Elle avoue plus tard, en voix off, les avoir toutes empruntĂ©es Ă  diffĂ©rentes enseignes d’Eurysie. On apprend toutefois qu’elle n’est pas parvenue Ă  imposer cette vision Ă  son pĂšre et qu’elle a fini par quitter ses fonctions.

Le film nous entraĂźne alors Ă  l’Exposition universelle de Starvosk, oĂč Mlle Olaf prĂ©sente son ouvrage "La Nouvelle MĂ©nagĂšre" devant un public que l’on devine mais que l’on ne voit jamais, le rĂ©alisateur s’abstenant de faire de contrechamp. Lors de cette confĂ©rence dont un long passage nous est imposĂ©, elle expose — en lisant ses fiches — des techniques modernes pour bien tenir son mĂ©nage et le bon usage qu'il convient de faire des appareils mĂ©nagers importĂ©s et qui jusqu'Ă  peu n'existaient pas au Makota. Le ton et le contenu de l’intervention laissent toutefois clairement entendre qu’elle n'est pas l’auteur de ce manuel qui est un grand succĂšs de vente et qui lui est cependant attribuĂ© par complaisance.

Le documentaire aborde ensuite son entrĂ©e dans l’hĂŽtellerie de luxe. C’est le moment le plus emphatique du film, au point d’en devenir caricatural. AprĂšs s'ĂȘtre fait la main comme directrice des HĂŽtels Olaf sous la supervision de son pĂšre, elle en prend la prĂ©sidence, toujours Ă  dix-huit ans, devenant ainsi, comme il le sera rĂ©pĂ©tĂ© plusieurs fois, la plus jeune femme PDG de l’histoire du pays. Le commentaire, d’une complaisance extrĂȘme, salue l’impulsion visionnaire de la jeune femme, grĂące Ă  laquelle les quatre Ă©tablissements cinq Ă©toiles du groupe, situĂ©s dans les principales villes du Makota, auraient connu un surcroĂźt d’élĂ©gance et de prestige jusqu’alors inĂ©galĂ©.

Le portrait s’achĂšve enfin dans une salle de bal accueillant le gratin makotan et oĂč l’on voit Mlle Olaf minauder avec une affectation qui frĂŽle le ridicule, entourĂ©e de ses admirateurs. La jeune femme y adopte des poses d’une grandiloquence invraisemblable, tandis que le rĂ©alisateur conclut en voix off, avec une gravitĂ© imperturbable, que cette jeune fille constitue un exemple de rĂ©ussite et de grĂące digne d’ĂȘtre imitĂ© par l'ensemble des jeunes femmes du Makota.

Commentaire : Ce documentaire se rĂ©vĂšle assez dĂ©routant, car il semble autoriser deux lectures diamĂ©tralement opposĂ©es. La premiĂšre, la plus immĂ©diate, est celle que le rĂ©alisateur met en avant, certainement sous la pression du producteur (lequel producteur est, pour rappel, le pĂšre de Mlle Olaf) : une success story racontĂ©e sur un ton intimiste, avec sĂ©rieux, gravitĂ© et emphase. L’autre lecture, que l’auteur ne revendique Ă©videmment jamais, consiste Ă  y voir une critique subtile de la vanitĂ© des ranchers et des capitaines d’industrie du Makota — autrement dit, de son aristocratie. Celle-ci, incarnĂ©e ici par sa jeunesse, allie bĂȘtise et orgueil avec une Ă©lĂ©gance et une force qui demeurent incontestables car le rĂ©alisateur nous montre bien que si l’aristocratie makotane est idiote et superficielle, elle n’est pas pour autant dĂ©cadente.
Société de production / Producteur : Olaf Production

Réalisateur : Albert Longer

Distribution : Il n'y a pas d'acteurs, c'est un documentaire.

Date de sortie : DĂšs la fin du festival
3946
Pays producteur(s) : République du Makota

Catégorie : Documentaire

Nom de la production : Immersion dans le demi-Monde

Affiche ou visuel : Facultatif

affiche du documentaire

Genre ou thÚme abordé : Courtisanerie, immersif

Synopsis ou résumé :
Dans ce documentaire résolument intimiste et sans aucune voix off ni commentaire, la caméra observe, en silence, la vie croisée de plusieurs courtisanes makotanes évoluant dans le demi-Monde de Sainte-Régine, capitale du Makota. Malgré les paillettes et les ors omniprésent à l'image, aucune mise en scÚne ni artifice factice ne vient fausser le regard du spectateur car on cherche à capturer le quotidien de ces femmes et la caméra, utilisée comme tampon, nous protÚge de la tentation de pénétrer dans leur monde imaginaire de plaisir et de douceur dans lequel elles travaillent inconsciemment à nous faire entrer.

On les suit donc dans l’intimitĂ© de leurs appartements excessivement meublĂ©s, dĂ©corĂ© dĂ©licatement et Ă©lĂ©gants Ă  outrance, par la gĂ©nĂ©rositĂ© de leurs protecteurs et l'on assiste Ă  leurs longs rituels d’habillage et de la rĂ©alisation de leurs coiffures complexes, puis on les suit Ă  l'extĂ©rieur dans les rues commerçantes oĂč leurs emplettes s’accompagnent de murmures offusquĂ©s, de sourires complices ou de regards lourdement appuyĂ©s. Tout la sociĂ©tĂ© les observe et rĂ©agit Ă  leur passage : admiration et dĂ©sir chez beaucoup d’hommes, mĂ©pris et hostilitĂ© chez nombre de femmes du peuple comme du Monde.

Le visage de la plupart des courtisanes et de leurs clients restent masquĂ©s tout au long du film, prĂ©servant leur anonymat tout en permettant Ă  la camĂ©ra de pĂ©nĂ©trer dans les salons feutrĂ©s dans lesquels elle n'aura pas pu entrer autrement. On assiste alors Ă  l’autre versant de leur existence : l’accompagnement aux soirĂ©es culturelles et artistique, la maĂźtrise de l'art de la conversation, du chant et de la musique et de la reprĂ©sentation mondaine
 mais aussi de ce qui est au centre de leur profession et que la camĂ©ra ne peut pas filmer. Comme on s'en doute, le documentaire ne montre jamais aucune scĂšne explicite mais il les suggĂšre adroitement.

Un passage particuliĂšrement cru et vrai montre une courtisane, une certaine Mlle L. , anonymisĂ©e, en consultation chez un mĂ©decin spĂ©cialiste des maladies vĂ©nĂ©riennes. L’entretien, d’une franchise rare et dĂ©routante, laisse peu de place au glamour et au rĂȘve. Le praticien lui expose sans dĂ©tour son constat concernant son Ă©tat de santĂ© prĂ©occupant ainsi que les risques qu’elle court en continuant sur cette voie et il lui conseille vivement d’arrĂȘter le genre de vie qu'elle mĂšne. Elle Ă©coute poliment puis rĂ©pond sobrement qu’elle y songe mais on se doute bien qu'elle n'en fera rien, tant la vie de la nuit lui convient en dĂ©pit des difficultĂ©s et des peines qui l'accompagnent.

Plus tard, on suit une courtisane parvenue au terme de sa carriĂšre. Ayant dĂ©passĂ© l’ñge oĂč le marchĂ© la sollicite encore, elle tente de se reconvertir en ouvrant un Ă©tablissement de gamme infĂ©rieure. La camĂ©ra l’accompagne dans les travaux encore en cours de son futur bordel oĂč elle fera office de mĂšre macrelle. C’est alors qu’une ancienne consƓur, elle aussi en fin de parcours, vient lui rendre visite. Nous assistons Ă  leur Ă©change. Cette consƓur, quant Ă  elle, a trouvĂ© une issue diffĂ©rente mais dont elle espĂšre beaucoup : un mariage avec un ancien dĂ©tenu de droit commun.

Le film se conclut sur une nouvelle scÚne de préparation de partie fine dans un salon particuliÚrement coquet. Les rires, la musique, les discussions politiques, les verres qui se choquent
 la caméra se fixe alors vers le sol et la scÚne se poursuit hors champs puis, au bout d'un assez long moment, quand les conversations sont sur le point de dépasser le convenable, le documentaire s'achÚve sur un fondu au noir.

Petite vidéo d'extraits choisis du documentaire :

Commentaire :
Par ce documentaire, Jean Dumas ne veut pas défendre ou condamner la courtisanerie, son projet est à la fois beaucoup plus humble et beaucoup plus ambitieux : il veut seulement montrer la vérité au spectateur et lui laisser se faire son opinion, si tant est qu'il y ai une opinion à se faire à ce sujet. Ce film est produit par la maison de production Poulin, maison progressiste, et n'est pas en soi provocateur, il cherche seulement à montrer ce qu'est la courtisanerie au Makota. Si il devrait intéresser le public, on ne peut pas exclure que les Ligues de Vertus chercheront à le faire interdire ou, tout du moins, à en limiter la distribution.
Société de production / Producteur : Poulin Production

Réalisateur : Jean Dumas

Distribution : Aucun acteur, c'est un documentaire

Date de sortie : Avant-PremiÚre pour le festival, puis, diffusion en salle dans la foulée.
3787
Pays producteur(s) : République du Makota

Catégorie : Film de fiction

Nom de la production : La Croisade de la Nonne avec un Gros Flingue

Affiche ou visuel :

Affiche du film

Genre ou thÚme abordé : Action, Exploitation, Grindhouse, LGBT

Synopsis ou résumé :
Le film suit la quĂȘte personnelle et mystique de SƓur EugĂ©nia, une religieuse makotane visionnaire aussi psychologiquement assez instable dans sa foi qu'elle est intempĂ©rante et violente dans ses mƓurs. AprĂšs une vision largement explicable par sa consommation de drogue rĂ©crĂ©ative – dans un cadre sororal certes, mais incompatible avec ses vƓux de chastetĂ© –, elle se persuade d’avoir Ă©tĂ© suscitĂ©e par Dieu lui-mĂȘme pour libĂ©rer son Église, la Vraie Église, autrement dit l’Église volignonaise du Makota, de l’influence pernicieuse et destructrice des forces combinĂ©es du communisme et du progressisme, en sommes les dĂ©mons et leurs suppots. Ce qui s’ensuit est une croisade mystique (en rĂ©alitĂ© largement hallucinĂ©e et psychotique), qui mĂȘle une enquĂȘte aussi absurde que rocambolesque, une romance lesbienne on ne peut plus racoleuse ainsi que des combats extrĂȘmement crus et sanglants qui s’enchaĂźnent sans temps mort.


Commentaire :
La Croisade de la Nonne avec un Gros Flingue est un film subversif d’une grande valeur artistique, sociale et esthĂ©tique. Outre qu'il nous offre une photographie soignĂ©e, il joue sur l’absurde, l’extrĂȘme et les limites de ce qui est montrable pour servir un propos en rĂ©alitĂ© diamĂ©tralement opposĂ© Ă  celui qu’il prĂ©tend dĂ©fendre (procĂ©dĂ© assez frĂ©quent dans la contre culture makotane). Ce long-mĂ©trage constitue en effet un brĂ»lot ironique et racoleur contre le clergĂ© makotan, ses excĂšs et surtout ses prĂ©rogatives dĂ©mesurĂ©es dans cet État qui est probablement l’un des rares, sinon le dernier, Ă  entretenir avec son Église nationale une union de type organique, allant bien au-delĂ  d’une simple religion d’État ou mĂȘme du concordat.

Émanation de la scĂšne underground progressiste makotane, d'ailleurs on remarquera qu'il a Ă©tĂ© produit par la sulfureuse Maison de production Poulin et rĂ©alisĂ© par Mlle Mathilde Poisson, nonne dĂ©froquĂ©e et figure importante de ce milieu interlope, ce film, sous ses aspectes sciemment outranciers Ă  l'absurde, est en rĂ©alitĂ© une satire sociale au vitriol. Sa violence et sa cruditĂ© extrĂȘmes lui confĂšrent un aspect « cinĂ©ma vĂ©ritĂ© » qui le rend, sinon intouchable, du moins tolĂ©rable malgrĂ© l’omniprĂ©sence de ses outrances blasphĂ©matoires et subversives. C’est d’ailleurs largement grĂące Ă  ses outrances et Ă  sa violence qui en font un film d'exploitation qu’il doit son existence et sa survie, tout comme celle de ses Ă©quipes de production et de rĂ©alisation.

Et les outrances sont nombreuses : violence extrĂȘme Ă  travers des scĂšnes de fusillades d’une cruditĂ© saisissante et sanglantes Ă  souhait, sexe rĂ©crĂ©atif omniprĂ©sent via la prostitution et les bordels, ainsi qu’une apologie subversive et hilarante des comportements lesbiens rĂ©currents dans le monde religieux fĂ©minin. Tous les curseurs sont poussĂ©s au maximum pour choquer et, par ce biais, crĂ©er une vĂ©ritable Ɠuvre artistique qui dit quelque chose de la sociĂ©tĂ© qu'elle dĂ©nonce.

Notons au passage que SƓur EugĂ©nia, malgrĂ© ses petits vices – consommation de substances illicites et proximitĂ©s excessives avec ses consoeurs –, ne se dĂ©tourne jamais de sa quĂȘte sacrĂ©e qu'elle mĂšne avec constance et brio : traquer et exterminer, au sein du clergĂ© ou Ă  son service, les agents de la subversion communiste et progressiste. Et ce qui rend le film si magistral, c’est qu’elle en trouve
 et pas qu'un peu, et qu’elle en extermine Ă  foison, faisant la dĂ©monstration de la vĂ©racitĂ© de la morale que le film entend nous enseigner, Ă  savoir que l'on peut toujours trouver ce que l'on cherche quand on se donne un peu de mal, surtout si l'on peut se reposer sur l'assistance solide de la drogue et de la violence combinĂ©e.

Le film trouvera assurĂ©ment son public au Makota, pour peu que les Ligues de Vertu ne dĂ©truisent pas trop de salles progressistes. Il est en revanche peu probable qu’il parvienne Ă  exister Ă  l’étranger, tant il est profondĂ©ment ancrĂ© dans des considĂ©rations culturelles et politiques nationales peu exportables.

Société de production / Producteur : Poulin Production

Réalisatrice : Mlle Mathilde Poisson

Distribution :
Mlle Amandine Roux (Soeur Eugénia)
Mlle Gwendoline Jackart (Soeur Madeleine)
Jean Fallot (le chef des agents communistes)

Date de sortie : En avant-premiĂšre pour le festival.
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