27/08/2019
14:13:27
Index du forum Continents Aleucie Dakora Wasteland [PNJ et Lieux] [7371 NE] Municipalité de Quieval (Lieu)

Journal de Jean Girard

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Journal de Jean Girard

Journal intime

Le Journal de Jean Girard est un récit mené sous forme de journal intime, sans système de jeu (pas un rapport de parti de jdr solo). Un homme tient le journal de son exploration de Quieval, qu’il parcourt dans l’espoir de retrouver sa sœur disparue. Son esprit est confus, et cette confusion se traduit dans son écriture. Les choses devraient cependant s’éclaircir progressivement au fil des entrées et de la progression du personnage dans la ville et dans ses souvenirs et son trauma. Ce récit se veut être un pastiche de l’atmosphère de Silent Hill, transposée dans l’univers de Géokratos et de fournir malgré tout une histoire inédite.
Entrées

Entrée 1 : Le 15 avril 2019, aux abords de Quieval
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Entrée 1 : Le 15 avril 2019, aux abords de Quieval

Été 1989, au bord du lac Kolita. Devant un petit bâtiment, sans doute l'atelier, la famille pose un après-midi d’été. Le père, debout, une main posée sur l’épaule de son fils. La mère, légèrement en retrait, sourit avec douceur. Le grand garçon, déjà presque aussi grand que son père, regarde l’objectif avec un air sérieux. À ses côtés, la petite fille, en robe d'été. Derrière eux, le lac scintille sous la lumière chaude. Une photo simple, prise avec un appareil jetable, aujourd’hui jaunie par le temps et marquée de plusieurs pliures.


Quieval… depuis le temps que je te vois dans mes rêves. Se pourrait-il que tu sois autre chose qu’un mirage de mon esprit malade ? Je ne sais plus trop ce que je fais là, aux abords de la ville, au milieu de ces terres hostiles et ravagées du Dakora avec pour seule compagnie la mort et les cadavres. Je me demande parfois si tout ce voyage depuis le Makota, et cette longue chevauchée à travers le Wasteland, n’est pas simplement le symptôme d’un mal qui me ronge depuis ton départ plutôt qu’une quête pleine d’espoir. Et pourtant… je n’ai nulle part ailleurs où te chercher. J’ai retourné chaque recoin de la terre où je pensais pouvoir te retrouver. Si tu es encore quelque part, ma petite Génie, ce ne peut être que dans les ruines sordides de cette Quival. C’est là que nos parents nous emmenaient passer l’été, dans notre petite maison au bord du lac Kolita.

C'est toi qui m'a rappelé tout ça. Tu m’as demandé, dans ce rêve, si je me souvenais de l’été 89. Un rêve qui me semblait plus réel que tout ce que je vis depuis vingt ans maintenant que tu as disparu. Oui, je m’en souviens. Les détails sont flous, mais je me rappelle qu’on était heureux, tous les quatre. C’était peut-être le dernier été vraiment heureux de notre vie.

Je ne sais pas si je fais bien de revenir. Je ne sais pas ce que je vais trouver, si je trouve quelque chose. Mais je sais ce que j’ai laissé derrière moi au Makota et c'est pas grand chose. Tant pis si le Rancher que j'ai laissé en plan ne veut plus me reprendre quand je rentrerai… si jamais je rentre un jour. La seule chose que j’espère, c’est de ne pas avoir tout abandonné pour retrouver une vieille maison vide et délabrée. Une maison dans laquelle tu ne serais jamais revenue.

Non. Je ne dois pas penser comme ça. Rien de bon ne peut arriver si je n'y crois pas. Je dois y croire. Tu m’attends là-bas, j’en suis sûr. Maman avait l’habitude de laisser la clé sous le pot de fleurs. Tu t’en souviens ? Moi, j'avais oublié jusqu'à récemment et je m’en souviens maintenant. Tu as dû t’en souvenir aussi, sinon comment aurais-tu pu entrer ? Il faut que tu te mettes à l’abri, il n'y a certainement plus d'électricité mais enfin, tu peux faire du feu, il doit certainement rester du bois sous l'appenti derrière l'atelier. Les nuits sont encore froides au bord du lac Kolita en cette période de l’année. Tu sais bien que tu n’as pas le droit d’attraper froid.

Ne t’inquiète pas pour moi. Je suis bien couvert. Je ne crains rien. Je suis aux abords de la ville, mais il fait déjà trop sombre pour entrer ce soir. Je ne distingue plus le chemin et ces ruines sont dangereuses quand on y voit pas clair. Demain, dès les premières lueurs, je laisserai mon campement et j’irai enfin te rejoindre. Je ne sais pas comment je me suis débrouillé, je suis de l’autre côté de la ville, mais Quieval n’est pas si grand. Je serai bientôt là.

Demain, quand je t’aurai retrouvée, je te ramènerai à la maison. Et Maman sera enfin rassurée.

Demain, alors.
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