Ce sujet a pour vocation de présenter les films réalisés (ou tout du moins produits) par des citoyens makotans. Bien que cela puisse paraitre étrange pour tout observateur extérieur qui ne connait pas bien le pays, en raison du caractère largement arriéré du pays sur un certain nombre d'aspects, notamment les moyens d'art et d'information, il est pourtant une évidence que le Makota est un grand pays de cinéma. Evidemment, les particularité du pays des grandes prairies fait que tous les genres ne se retrouvent pas aussi bien représenter et que la plupart des films étrangers, retoqués par l'index, ne sont pas connus car inconsultable et donc n'ont pas d'influence réel sur la scène nationale. Sans entrer trop dans le détail, il existe malgré tout plusieurs scènes que l'on peut esquisser très rapidement. Le Western est assurément le genre majeur, il comprend d'ailleurs la majorité des longs métrages qui sortent. On trouve également du cinéma plus familial et d'animation, mais aussi, et c'est moins connu, une véritable scène expérimentale se concentrant essentiellement sur des questions de représentation de l'indicible, essentiellement en matière de mysticisme, scène qui, comme on s'en doute, ne touche que les partis les plus niches de la population.
Pays producteur(s) : République de l'Etat du Makota
Catégorie : Film de fiction
Nom de la production : L'attaque des Peaux-Rouges
Affiche ou visuel : Facultatif – À défaut d’une affiche, vous pouvez illustrer le formulaire avec un visuel/une capture d’écran de votre production prise à un moment donné.
Genre ou thème abordé : Western
Synopsis ou résumé : Le film s’ouvre sur une scène de vie idéalisée du Makota profond. Quelque part dans un comté rural qui n’est jamais précisément défini, une petite municipalité vit son existence sereine sous la direction calme et avisée de son maire, le vieux Jean Bertrand – par ailleurs principal vacher des alentours –, et du shérif Alexandre Touret. Pourtant, la communauté commence à s’inquiéter face à des vols de bétail répétés. Une enquête du shérif révèle rapidement que les responsables sont les Peaux-Rouges, des indigènes aleuciens venant de l'étranger. Les voleurs sont arrêtés, jugés par un jury populaire, condamnés et pendus, au grand soulagement de la population qui espère ainsi se débarrasser définitivement de cette plaie qui trouble l'ordre public.
Mais les vols reprennent de plus belle et s’intensifient. De nouveaux sauvages font leur apparition, et ils sont de plus en plus nombreux et de mieux en mieux armés. Il s’avère alors que ces Peaux-Rouges étaient en réalité formés, armés et envoyés par des commissaires communistes étranger (le film mentionne plusieurs pays d’Aleucie, dont la plupart ne sont pas considérés comme communistes par la communauté internationale). La petite communauté, qui vit essentiellement du vacherisme, refuse de disparaître sous les déprédations des forces coalisées et barbares du paganisme et du collectivisme. Alors, comme tout Makotan le ferait spontanément dans une telle situation, la municipalité s’organise en milice. Puis, sans que l’on sache vraiment pourquoi, les forces aleuco-communistes lancent alors une attaque massive contre la municipalité, menant au climax du film : une fusillade spectaculaire.
Naturellement, les gentils – c’est-à-dire les Makotans – sortent vainqueurs. Les Peaux-Rouges sont éliminés, mais les commissaires politiques communistes, dépeints comme très laches, parviennent à s’enfuir. Acclamé par la population pour son courage, le shérif demande alors au maire la main de sa fille, une idylle ayant été discrètement esquissée auparavant. Le maire la lui accorde et le film s’achève sur une noce joyeuse avec une mise en scéne qui évoque la paix, l'harmonie et le bonheur retrouvés dans la communauté. Le dernier plan, accompagné de la chanson « Makota, Terre Bénie », montre une botte de vacher écrasant un symbole communiste à côté du cadavre d’un Aleucien.
Commentaire : Promis à un gros succès commercial, L’Attaque des Peaux-Rouges s’inscrit dans la veine classique du cinéma makotan. Il n’est pas besoin de préciser qu’il s’agit d’une idéalisation de la société makotane. Si les costumes, les armes et certains réflexes de défense communautaire s’appuient sur des éléments réels, le film idéalise clairement la figure du rancher ainsi que celle du shérif. Il convient de rappeler que les producteurs sont eux-mêmes des ranchers, à l’image de George Tépha, qui produit ce film. Le public makotan se montre extrêmement friand de ces œuvres qui lui renvoient une image idéalisée de lui-même.
Par ailleurs, certaines erreurs factuelles assez absurdes, comme l’origine disparate et incohérente des agents communistes, ne devraient vraisemblablement poser de sérieux problème ni au public ni à la critique. Ajoutons que, les Makotans n’ayant plus (ou presque) de représentants des populations aléuciennes, les rôles de Peaux-Rouges sont entièrement interprétés par des acteurs blancs grimés pour l’occasion. Le film ne présente d’ailleurs aucun aspect culturel profond ou authentique de la société des Premières Nations — ce qui, à la décharge du film, s’explique par l’absence ou le caractère largement mythique de cette culture au Makota, du moins en ce qui concerne la tribu des Makota.
Société de production / Producteur : George Tépha
Réalisateur : René Chabrol
Distribution : Jean-Pierre Moreau (Jean Bertrand, le maire) Lise Moreau (Gilberte, la fille du maire) Gaston Leblanc (Alexandre Touret, le shérif)
Date de sortie : en avant-premère pour le festival et donc date de sortie après.
Nom de la production : La réussite selon Mlle Olaf
Affiche ou visuel : Facultatif
Genre ou thème abordé : Documentaire intimiste, tranche de vie
Synopsis ou résumé : Ce documentaire retrace l’ascension fulgurante de Mlle Hélène Olaf, devenue à dix-huit ans président-directeur général des Hôtels Olaf et l’une des femmes les plus influentes du Makota. Il s’ouvre sur une galerie de photographie commentées par l’intéressée : on y apprend qu’elle est née le 7 mars 2000 au manoir familial de Ranch-le-Grand, dans le comté des Marais, et qu’elle est la fille aînée de Noël Olaf, grand industriel à la tête du groupe familial. Le film (et Mlle Olaf lisant son texte à M. Longer qui lui donne la réplique) s’attarde longuement sur des considérations généalogiques, rendues vivantes par de nombreuses illustrations et anecdotes d’archives.
On passe ensuite à des videos scolaires en VHS. La jeune fille y apparaît en uniforme, posant devant la caméra ou disputant des matchs de volleyball au prestigieux pensionnat de jeunes filles de Sainte-Aurore. On y voit qu’elle fréquentait l’élite makotane, notamment la fille du président Irreville et celle de M. Vèque, maire de Sainte-Régine, capitale du Makota, et chef du principal parti d’opposition. Mlle Olaf commente longuement sa scolarité et les liens d’amitié qui l’unissaient et l'unissent encore à ces jeunes filles issues des milieux les plus influents.
Par le moyen de photographies et de vidéos d'entreprise, le documentaire évoque ensuite son passage à la tête des Restaurants Olaf, une chaîne populaire destinée au grand public. On assiste à sa nomination au poste de vice-président et à son discours d’investiture, dans lequel elle expose, avec une certaine affectation et une emphase laborieuse (mais à sa décharge elle a alors seulement dix-huit ans), plusieurs idées nouvelles en matière d’aménagement et d’ambiance. Elle avoue plus tard, en voix off, les avoir toutes empruntées à différentes enseignes d’Eurysie. On apprend toutefois qu’elle n’est pas parvenue à imposer cette vision à son père et qu’elle a fini par quitter ses fonctions.
Le film nous entraîne alors à l’Exposition universelle de Starvosk, où Mlle Olaf présente son ouvrage "La Nouvelle Ménagère" devant un public que l’on devine mais que l’on ne voit jamais, le réalisateur s’abstenant de faire de contrechamp. Lors de cette conférence dont un long passage nous est imposé, elle expose — en lisant ses fiches — des techniques modernes de faire son ménage et le bon usage qu'il convient de faire des appareils ménagers importés. Le ton et le contenu de l’intervention laissent toutefois clairement entendre qu’elle n'est pas l’auteur de ce manuel qui est un grand succès de vente et qui lui est cependant attribué par complaisance.
Le documentaire aborde ensuite son entrée dans l’hôtellerie de luxe. C’est le moment le plus emphatique du film, au point d’en devenir caricatural. Après s'être fait la main comme directrice des Hôtels Olaf sous la supervision de son père, elle en prend la présidence, toujours à dix-huit ans, devenant ainsi, comme il le sera répété plusieurs fois, la plus jeune femme PDG de l’histoire du pays. Le commentaire, d’une complaisance extrême, salue l’impulsion visionnaire de la jeune femme, grâce à laquelle les quatre établissements cinq étoiles du groupe, situés dans les principales villes du Makota, auraient connu un surcroît d’élégance et de prestige jusqu’alors inégalé.
Le portrait s’achève enfin dans une salle de bal accueillant le gratin makotan et où l’on voit Mlle Olaf minauder avec une affectation qui frôle le ridicule, entourée de ses admirateurs. La jeune femme y adopte des poses d’une grandiloquence invraisemblable, tandis que le réalisateur conclut en voix off, avec une gravité imperturbable, que cette jeune fille constitue un exemple de réussite et de grâce digne d’être imité par l'ensemble des jeunes femmes du Makota. Commentaire : Ce documentaire se révèle assez déroutant, car il semble autoriser deux lectures diamétralement opposées. La première, la plus immédiate, est celle que le réalisateur met en avant, certainement sous la pression du producteur (lequel producteur est, pour rappel, le père de Mlle Olaf) : une success story racontée sur un ton intimiste, avec sérieux, gravité et emphase. L’autre lecture, que l’auteur ne revendique évidemment jamais, consiste à y voir une critique subtile de la vanité des ranchers et des capitaines d’industrie du Makota — autrement dit, de son aristocratie. Celle-ci, incarnée par sa jeunesse, allie bêtise et orgueil avec une élégance et une force qui demeurent incontestables car le réalisateur nous montre bien que si l’aristocratie makotane est idiote et superficielle, mais elle n’est pas pour autant décadente. Société de production / Producteur : Olaf Production
Réalisateur : Albert Longer
Distribution : Il n'y a pas d'acteurs, c'est un documentaire.