
La fédération du Navasota est une démocratie élective où le gouvernement fédéral appuie sa légitimité sur la confiance qu’accorde la population à sa couleur politique lors des différentes élections qui s’échelonnent tous les deux ans. Cette année, pour l’année 2020, ce sont les élections intermédiaires qui tombent où 1/3 des sièges de l’assemblée citoyenne seront renouvelés dans quelques États clés de la fédération, soit 140 siège sur les 421 que compte l’assemblée citoyenne. Pour le gouvernement d’Hosey Morisson, c’est un test politique pour connaître le niveau d’appréciation que la population conserve pour sa couleur politique (l’union libérale).
Pour celui qui fêtera en 2020 la 6e année à la tête du gouvernement fédéral, le défi à relever est immense malgré de bonnes réussites lors de ce second mandat qui lui a été accordé après les élections primaires de 2018. De l’autre côté, les conservateurs n’attendent que ces élections pour renverser la majorité gouvernementale et prendre le pouvoir. L’élection intermédiaire de 2020 risque donc d’être un point chaud sur la politique fédérale et risque de transformer la politique fédérale en profondeur selon qui remportera les élections ou non.
Actuellement, le parti de l’union libérale, qui est celui de la présidence fédérale et du gouvernement, possède une courte majorité de 220 députés à l’assemblée citoyenne, ce qui leur a permis jusqu’ici de mener à bien la politique voulue par le chef du gouvernement et le chef de l’État. Mais cette majorité pourrait bien changer lors de ces élections avec une hausse, selon les sondages, des intentions de vote pour l’alternative politique représentée par les conservateurs.
Ce contexte favorable à une victoire des conservateurs est dû à de multiples conjonctures qui frappent la fédération du Navasota. Tout d’abord, rappelons que la fédération du Navasota est un état fédéral qui accorde une importante autonomie aux états fédérés. Depuis les années 1830 et la fondation du parti conservateur (qui est historiquement une sécession de l’cnion libérale), une majorité d’états se revendique de la couleur bleue conservatrice (états sûrs), une situation qui a historiquement été défavorable à l’union libérale qui ne peut se baser que sur les états côtiers et sur les grandes villes connues pour leurs situations plus libérales et plus progressistes que les états de l’intérieur et les campagnes.
En plus de ce sujet, un nouveau sujet de débat est apparu sur la scène politique, sujet qui n’existait pas précédemment ou du moins était peu abordé, car considéré comme mineur. Aujourd’hui, la question de l’international, de l’ouverture du pays aux capitaux et aux échanges avec les pays tiers et également du commerce extérieur va constituer un thème central de débat. Sous le mandat de la présidence fédérale Ashley Hopkins avec son secrétaire d’état aux affaires étrangères Edwards Lewis, la fédération s’est lancée dans l’ouverture du pays comme objectif principal. Une ouverture qui, selon la couleur politique de celui qui est jugé, est considérée comme étant plus ou moins une réussite. En tout, cette question internationale va être un élément central des débats politiques et des échanges entre les candidats aux élections. D’autant plus que selon la position des partis politiques : que ce soit de l’union libérale favorable à l’ouverture du pays à l’étranger ou des conservateurs, plus protectionnistes et peu enclins à ouvrir le pays, le débat ne sera pas le même.
Les uns plaident pour la nécessité d’ouvrir le pays aux capitaux étrangers tandis que les seconds répliqueront qu’il faut protéger l’industrie, le savoir-faire et les agriculteurs navorais de la concurrence des pays étrangers et des risques de délocalisation.
L’économie reste la question centrale et l’argument éternel de campagne qui rejoint quasiment tous les autres sujets. Si le bilan politique du gouvernement fédéral en la matière peut se targuer d’être excellent avec une augmentation sur une année du PIB de plus de 32%, passant de 500 milliards à plus de 660 milliards, et la relance de secteurs économiques clés de la fédération après la grande crise des années 2000 et le choc néolibéral de 2007, la question centrale reste centrée sur les inégalités de revenus et de développement criantes entre les différents états et entre les différentes classes sociales de la fédération, qui ne cessent d’augmenter au lieu de se résorber. En effet, malgré la croissance économique exceptionnelle, la redistribution des richesses n’a été que partielle : les puissants et les riches se sont enrichis tandis que les pauvres se sont appauvris. Autre sujet qui fait le lien entre l’ouverture du pays et l’économie : l’ouverture du pays a causé l’afflux massif de produits étrangers qui ont supprimé des emplois nationaux, soumis à une forte concurrence d’autres secteurs et a fait augmenter la pauvreté dans les classes moyennes et populaires.
Les mesures politiques proposées par les partis sont encore une fois différentes avec un parti de l’Union libérale qui est déchiré au sein même de son groupe entre les sociaux-démocrates, partisans d’une ligne sociale plus forte, d’une plus forte subvention économique et d’une plus grande aide économique aux nécessiteux, tandis que les libéraux économiques proposent une plus grande ouverture du pays et un afflux de capitaux et de biens qui seront à terme combler les inégalités que les échanges et le commerce ont eux-mêmes créées. De l’autre, le parti conservateur prône une ligne dure : suppression de certaines aides, renforcement des « aides utiles » à la population et centralisation des moyens d’actions politiques du gouvernement fédéral en faveur des nécessiteux.
La question de l’armée et de la défense est une autre question et sujet de campagne. Si les deux partis sont partisans d’une ligne de renforcement des moyens militaires de la fédération, ils divergent cependant sur le jusqu’où ? Et sur le jusqu’à quand ? Ainsi que sur les moyens qui doivent être mis en œuvre pour atteindre ces objectifs. La question de la défense est donc un thème majeur dans un contexte régional et international plutôt tendu et instable. La guerre que mène l’OND contre Carnaval, l’attaque d’Estham ou encore le conflit Westalo-Stérusien constituent des questions centrales qui concernent directement la fédération du Navasota et interrogent sur ses capacités et sur ses moyens de défense. L’armée a été pendant un moment le grand oublié du budget de la fédération depuis les années 2000, une position qui devra changer quelle que soit la couleur politique qui arrivera au pouvoir. Si c’est l’union libérale qui reste au pouvoir, le projet devra continuer comme le prévoit la loi de programmation militaire votée en 2018 et si ce sont les conservateurs, la vision de la politique de la défense reste floue tellement les positions selon les candidats varient mais tous s’accordent à dire qu’il faut augmenter massivement les moyens militaires du pays.
Autre point, la question des grandes entreprises interroge, comme elles sont appelées : les C2BW (équivalent des GAFAM) pour Cox Technologies (CxT), Bailey Inc. (B-Core), Webb Networks (W-Link), Weaver Commerce (W-Commerce) et Bennett Systems interrogent l’opinion publique navoraise. La très grande puissance, capacité d’influence via le capital économique et les lobbys ainsi que la très importante indépendance de ces entreprises met mal à l’aise une grande partie de l’opinion publique qui demande plus d’encadrement et plus de mesures de protection contre ces grands groupes du numérique qui dominent l’économie fédérale.
Avec tout ceci, il faut également s’intéresser à la situation interne au sein des partis. Au sein de l’union libérale, la situation semble être plutôt unie autour de la figure d’Hosey Morrison qui reste le leader pour l’instant incontesté du parti sauf par la faction des sociaux-démocrates qui lui reproche ses inactions à agir pour protéger les plus démunis et à redistribuer la richesse créée au sein de la fédération. Si Hosey Morrison peut se targuer de pour l’instant diriger son bateau en tant que capitaine incontesté, il devra veiller à satisfaire des factions très diverses et aux intérêts tout autant divers. D’ailleurs Hosey Morrison, qui est de la faction des modérés, pourrait se retrouver pris en étau entre les sociaux-démocrates qui plaisent de plus en plus à l’électorat par leurs programmes sociaux plus poussés et les sociaux-libéraux qui se rapprochent plus de l’aile modérée de la droite conservatrice.
Chez les conservateurs, la situation semble être beaucoup plus calme. Le président du parti Marcus Harlan Reed dirige son parti avec charisme et s’appuie sur une base électorale solide pour espérer remporter l’assemblée citoyenne. Toutefois, il apparaît qu’au sein du parti, les radicaux et extrémistes semblent prendre de plus en plus de place notamment le Mouvement pour la Renaissance Navoraise (MRN) et les Conservateurs Radicaux qui tiennent un discours extrémiste sur des questions sociales, économiques et raciales alimentant des débats fédéraux comme l’euthanasie, l’avortement, le droit des femmes, la question raciale (autochtones et noirs) mais également religieuse (notamment la lutte contre l’antisémitisme et l’islamophobie).