10/09/2019
08:23:54
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Orage de septembre [Azur - Althalj]

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Visite de la Qari Ijja Shenna des
Tamurt N'Althaljj
au ksar de Manghadanem, du
Califat constitutionnel d'Azur




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La matinée de septembre était imprégnée par l'ozone brûlée, déferlant des hauteurs. Sur les contreforts des montagnes et entre les pics glacés, l'arrivée des masses humides et chaudes de la mer perturbait l'air sec et raréfié du continent, provoquant des tumultes électriques et la saison des orages : la plus azuréenne des saisons de l'année. Les aéronefs de la délégation de la Qari furent donc accueillis avec un soin méticuleux, balisé d'une constellation de stations météorologiques au sol, dans les montagnes, dans les villes ou bien dans les airs. Le réseau de ballons-sondes parsemant les cieux d'Afarée permettait d'éviter les violentes secousses atmosphériques, dont l'intensité en septembre en Azur dépasse les prévisions des utilisateurs non avertis. Au contraire parmi ces nuages noirs qui amènent autant la foudre et le tonnerre que de providentielles pluies de recharge, qui dégoulinent en crues le long des roches et remplissent les barrages, qui génèrent un flux hydroélectrique abondant et providentiel pour la société des vallées, les aéronefs de l'Althalj tracèrent un chemin d'oiseau vigilant et gagnèrent les aérodromes où ils se posèrent sans encombre.

Le Diwan surchargé avait conscience qu'une ère se clôturait dans les jours mouillés, brûlants et humides des orages de 2019. Les étendards althaljirs très longs étaient un champ de soie bleu et blanc. De marches militaires et de cérémonies officielles on se passera des descriptions. Plus sûrement des montagnes dont les pluies récentes rougissaient les affleurements, de ces pentes qui demain jailliraient de minuscules fleurs miraculeuses promises à une vie éphémère, de ces grondements souterrains où jaillissait la ressource divine, captée dans les gorges et les grottes d'une géologie unique au monde, creusée depuis des millénaires par les artisans irrigants facétieux et téméraires, les autorités azuréennes firent visiter la délégation althaljire. Une vapeur intenable saturait l'humidité chaude de l'air, bientôt giflée par les contrecoups furieux du désert proche, de bourrasques remplies d'un sable dangereux, abrasif, sec et violent, qui repousserait la moisson et faisait évoluer, comme du lait dans le café, les volutes de l'air tropical au-dessus du continent afaréen.

A cette latitude, là où se trouve le Plateau, berceau géologique, historique et économique du pouvoir azuréen, de sa société de cultivateurs des vallées, des châteaux de montagne, des barrages et des canaux d'irrigation, des palmeraies, des vignes, des rizières abondantes et secrètes au milieu d'un désert de pierre, l'air chaud n'est que timoré par les exhalaisons généreuses de la moisson tropicale. Les précipitations n'y sont que ponctuelles, intenses mais concentrées, et le mois de septembre, de recharge, de paix, de flux continus d'onde tiède sur les montagnes et leurs versants, est une exception dans l'année éblouissante d'un soleil sahrien ardent, qui dessèche la surface des argiles, fait craqueler les sables et soulève la poussière. L'air pur, qui brûle le souffle et duquel s'abritent les habitants sous des vêtements amples et des voiles de coton, se départit le reste de l'année des charges humides qui saturent septembre de parfums organiques.

C'était une bonne chose à savoir. Parmi les villages hissés au sommet des pics, dans la Dariane la plus traditionnelle et la plus pittoresque, des fonds de vallées heureux ont développé des jardins luxuriants. Le paradis est une enclave à l'ombre d'une retenue d'eau. Les palais y ont fleuri. L'oasis de Manghadanem, construit par la main des hommes après la redirection des eaux d'un oued, rivière temporaire de crue au milieu du désert, vers un lac artificiel et une palmeraie, est un exemple de ces résidences seigneuriales riches de l'eau et du commerce. Posée comme un joyau dans une campagne propice à rien si ce n'est au broutement des caravanes erratiques, l'oasis de Manghadanem surveille les contreforts des Monts Daria, abritait un grand caravansérail, des stocks de grains, des mosquées, des bains et des palais, et de ces temps médiévaux révolus et poussiéreux il reste un ksar étincelant. La délégation althaljire est invitée à y prendre le thé, derrière ses portes de fer ciselé et de titane.



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Des coussins sont disposés sur une terrasse abritée, encadrée par d'épais murs recouverts de mosaïques. Des orangers aux fruits dont la peau rugueuse se parsème de traînées rouges, des grenadiers dont les feuilles se hissent à peine hors du bois noueux, des amandiers dont on espère avec tendresse le retour des fleurs pâles, occupent des pots et des cadres. Le mobilier est en ébène, en acacia et en cèdre de Dariane. De majestueux arbres pluricentenaires ont sans doute été abattus brutalement dans les collines et les profondeurs de la forêt du Mirobansar pour confectionner ces tables sculptées, inscrutées de marquetterie, dans le luxe traditionnel consommé qui écoeure les amateurs d'art. Le kitsch azuréen a l'arrogance du Makhzen. C'est bien un truc d'Arabe.



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La Qari et ses sœurs ont été accueillies par celle qui est devenue la numéro deux du Diwan : la ministre du Développement. La sheikha Lubna bint Adel Sharim al-Qasîmi, qui porte la plupart du temps de petites lunettes à cause de sa myopie, a appris à sourire aux photographes grâce aux entraînements d'un coach. Elle gère les balances du commerce, les poids et les devises, les curseurs des investissements et c'est elle, qui comme tout pays qui n'a pas renoncé à sa tradition impériale, ajuste le cours des tarifs et des impôts aux intérêts de l'Etat. Ni libéralisme ni mercantilisme n'ont d'emprise idéologique sur l'esprit vif et l'intellect systémique d'al-Qasîmi, diplômée d'une grande université tanskienne. Ses doigts légèrement tordus sont repliés avec calme sur son ventre, ses yeux voilés arborent un sourire doux. Femme d'économie, Lubna est un poids lourd du Diwan, qu'elle a rejoint depuis une décennie. Elle sait comment marche l'institution. Elle a accompagné le Grand Vizir, gagné la confiance du Sérail, établi pour l'Azur un programme de croissance économique déjouant les prédictions malveillantes du Plan Gazier et de ses détracteurs. Sous les orages célébrés par les fêtes traditionnelles, le gouvernement est déjà entré en campagne pour les grandes cérémonies électorales de 2020. Elle, tient la barre du navire. Face à la nouvelle ère dont rêve Afaghani Pasha, philosophe et sensible, le coeur d'al-Qasîmi est serein. Nul ne songerait à dire d'elle qu'elle est brutale.

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A côté de la ministre, Fatma Jebbar Ramdhan a gagné sa participation à cette réunion composée exclusivement de femmes. Le Diwan a cru bien faire. Ramdhan n'est qu'au début de sa trentaine. Elle vient de l'entourage du doyen des oulémas, le vieux président conservateur du Majlis, al-Kayzari. Ses yeux brillent. Elle appartient à la frange radicale de la Nahda, et pas celle qui dévie vers la gauche. D'être la femme la mieux placée de la faction conservatrice au sein des institutions califales l'a propulsée à cette réunion. Elle est pourtant loin d'être bête et elle scrute ses notes. Aux côtés de la ministre, elle accroît par sa présence l'influence du régime religieux dont elle est une technicienne non dénuée d'ambitions, et de pieuses certitudes idéologiques.

Une troisième femme participe à écouter la Qari et les Athaljires. Elle a un sourire amusé qu'elle dissimule aussitôt.

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— Je suis Amra Bint Sayyid.

Elle connaît bien le Khalife.

— Vénérable Qari, nous vous souhaitons la bienvenue en Azur. Au nom du Diwan je vous remercie d'avoir accepté cette visite dans notre pays. C'est la première fois. Nous vous en remercions. J'espère que vu d'en haut le paysage vous a plu, et que les visites vous intéresseront, si votre âge vous le permet, grâce soit rendue à Dieu et qu'Il vous préserve.

Bruit de page qu'on tourne. Chapitre un : introduction. C'est la ministre al-Qasîmi qui mène la partie azuréenne.

— Vénérable Qari, Excellences Althaljires, j'aimerai vous présenter l'ensemble des points que nous souhaitons aborder avec vous. J'espère être la plus concise, et que notre dialogue irriguera de clarté le rapport entre nos deux pays. Je n'ignore pas le contexte et les conditions dans lesquelles celui-ci se trouve à cette heure. Le Diwan a présenté ses excuses pour l'opération visant la Maktaba. Permettez-moi de les réitérer ici.

Petit silence.

— Cet événement ne devrait pas se reproduire entre deux grands Etats afaréens engagés dans un but commun, même par des voies différentes. Il faut résoudre ce malentendu et travailler aux rapprochements qui peuvent être réalisés. Il ne faut pas abandonner le dialogue. Il faut nous parler et échanger pour que nous puissions revenir et restaurer les relations diplomatiques, car c'est le voeu du Diwan avec une nation-soeur.

Moyen silence.

— Nous voyons trois plans du dialogue qui doivent être abordés. Tout d'abord, sur le plan le plus étroit et le plus circonstanciel, nous ne pourrons pas ici faire l'économie d'un échange au sujet de ce que vous appelez judicieusement l'Écarlate. Ce sujet est comme une épée à deux fils : l'un nous tranche, Azuréens, au coeur de ce qui est l'état d'alerte générale donnée à nos forces armées en prévision d'une frappe dévastatrice du Pape Noir des Lucifériens contre notre pays. Cet homme a émis un ultimatum auquel l'Azur ne répondra jamais, ni à lui, ni à ses semblables colons, y compris les journalistes. Cette situation risquée est pour l'instant maîtrisée, mais que nous réserve l'avenir ?

Grand silence.

— Il y a pourtant bon espoir que le dialogue reprenne entre nous et sur ce sujet en général, car nous avons reçu la proposition de la Baskonie de tenir une conférence internationale à ce sujet. L'Azur a l'intention de rendre cette issue possible et de reprendre un travail strictement diplomatique, après les errements des ultimatums et la constatation que les embargos militaires ne peuvent se passer du concours des puissances hégémoniques, qui ont à la fin le droit de veto sur l'avenir de l'Afarée. Non, c'est bien le dialogue que le Diwan met au coeur de son action, par des paroles parfois excessives, mais jamais par des agressions ni des offenses humiliantes. C'est cela qui peut renouer le fil entre nos approches a priori hétérogènes. Mais avant de rechercher à raccommoder le fil, il convient de nous comprendre réciproquement. Aussi, Qari, Althaljires, je ne saurai que vous laisser exprimer d'abord votre vision de la situation et de sa résolution, à partir de ce que l'Althalj envisage comme projet, si ce n'est comme stratégie.

La pluie se remet doucement à tomber sur le jardin. Les roulements lointains d'un délicieux orage sont perdus dans les brumes montagneuses.

— Le deuxième plan de notre dialogue dépasse cette question excessivement épineuse et douloureuse pour les deux côtés. Il rejoint quelque chose de plus sensé, constructif et apaisant entre nos deux pays si différents l'un de l'autre. C'est celui que le Diwan souhaite proposer à l'Althalj : le rapprochement entre tous les pays Afaréens au sein d'un seul et unique collectif de dialogue diplomatique et de résolution des problématiques par la méthode pacifique et les principes universels. L'Azur a participé à la fondation d'une organisation continentale, le Pacte afaréen de sécurité, qui n'a pas vocation à se substituer ou à concurrencer le Forum afaréen de coopération du nord. Au contraire, nous envisagions qu'il en complétait les écueils et pouvait participer du renouveau afaréen, une véritable renaissance, que nous observons aujourd'hui. Bien qu'il soit critiquable, tout comme le Forum peut l'être, nous pensons qu'une opportunité réside dans le fait de promouvoir un rapprochement mutuel, une compréhension des visions réciproque, avec le voeu profond de réaliser l'unité du continent dans le respect des diversités. Ceci est une voie d'empuissantement des jeunes Etats qui nous constituent, et de direction collective vers un horizon pacifié. Il y a d'immenses chantiers qui peuvent être plus enthousiasmants à mener par la coopération que la guerre et la discorde, et nous sommes convaincus que les Afaréens au sens large sont déterminés à écrire ensemble plutôt que divisés les nouvelles pages de leurs histoires.

Des pêches au sirop, avec une crème parsemée de sésame pilé, distraient les papilles pour celles qui en veulent.

— Le troisième plan de notre dialogue relève du lien que l'Althalj et l'Azur veulent établir entre elles. Nous ne tenons pas à conclure des traités-carcans pour corseter la relation, mais à ouvrir tous les canaux de coopération qui peuvent l'être, dans le respect des intérêts réciproques. En vérité, le Diwan considère que nos deux pays sont perdants quand ils se divisent et s'affrontent, et que le continent n'en sort pas grandi. Nous considérons que l'éloignement n'est profitable ni à l'une, ni à l'autre, car cet éloignement provoque des étincelles et alimente des incendies qu'il faudrait songer à éteindre plutôt qu'à étendre. Aucunement l'Azur ne pourrait développer une politique sereine sans l'Althalj, car la lune althaljire éclipse les rayons de notre soleil si elle n'est pas alignée avec lui ; et réciproquement, aucunement l'Althalj ne pourrait rencontrer de succès véritable sans s'assurer d'une cohérence avec la force de l'Azur. Car nos deux pays sont assez puissants pour frayer un chemin isolé à chacun, au prix de la discorde, dont nous ne voulons plus. Parlons donc de ce que nous pouvons faire ensemble.




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14/08/2019
La qari Sofines Berek regarda par le hublot.

Les deux chasseurs Althaljirs avaient laissé l'avion de la Maktaba poursuivre son chemin dés lors qu'ils quittèrent les Territoires Libres Sahranes.
La fascination pour les paysages était universelle. Les couleurs, les ombres, les courbures, les reliefs doux et abruptes. La Femme était bien minuscule face au gigantesque que formaient les désert, les montagnes, les océans, les plaines vertes et les terres arides.

"Un climat et un paysage rudes façonneront des populations douces."

La Qari avait entendu et respecta le silence et la réflexion qui s'imposèrent. La qari Sofines Berek était sûrement la moins "patiente" de la Maktaba, toutefois elle disposait d'une clairvoyance reconnue sur les dossiers internationaux. Sa gestion du dossier de la Cramoisie et aujourd'hui l'Ecarlate avait été au coeur des sujets de tension avec Azur. L'approche lente de la gestion de la crise avait été à rebours de ses instincts qui furent partagés avec ceux de la Qari lors de l'entrevue avec le PDG Protecteur Petipont. Cette résilience montrait une force qui semblait ordinaire à la Maktaba, qui est toutefois un combat personnel commun à toutes personnes face aux responsabilités et aux choix.

Les dunes laissèrent place à une terre sèche et martelée par un soleil de plomb. La terre laissait paraître quelques aspérités rocheuses ici et là pour enfin révéler un paysage d'ébène parsemé de patchs de sables roussis. Les nervures et serpetins noirâtres sillonnaient le paysage pour s'unir et former une plaque épaisse et irradiant certainement une chaleur incommensurable. Au loin, des cônes de diverses tailles rappelaient que l'Afarée vivait encore de grandes transformations géologiques et gardait une inhospitalité localisée propre.

Et déjà au loin, derrière le brouillard de quelques sables virevoltants et dansants autour des marques du manteau de silicates, des montagnes coiffées de chapeaux blancs introduisaient le Levant. Plus au Nord, le Banairah, allié que les Tamurt n Althalj admiraient. Le Grand Frère du Levant et la Petite Soeur du Couchant, comme les Althaljirs se plaisaient à s'appeler, nouaient des relations exceptionnellement bonnes depuis l'unification des Tamurt n Althalj. La dimension militaire avait été mise en second plan, favorisant les sujets de partenariats dans l'Education, dans le commerce, la nécessité de créer des havres de prospérités de parts et d'autres du Nord de l'Afarée afin de tirer le continent et ses peuples vers des objectifs de réussites et de bien être.

Les nuages se firent plus nombreux en arrivant au dessus de la Cité du Désert. Et comme une frontière naturelle et délétère, les nuages sombres et orageux saisonniers d'Azur confirmèrent que l'avion arriveraient sous peu à l'aéroport régional de la Dariane, contournant la Tigrane.
Le tumulte de l'air chaud et humide accueillirent l'avion habitué à ceux de l'Altilal Amunjamda.

"La srine d'Icemlet et l'orage de la Dariane."

La Qari observa la qari envoûtée par les fenêtres entre les nuages lourds et gris permettant une vue splendide sur ce qu'Azur était devenu et devenait.
Les maisons traditionnelles flanquaient les rochers abruptes et arpentaient les terrasses verdoyantes et luxuriantes coincées entre deux reliefs arides.
Une route sillonnait vers la montagne, les véhicules s'y faufilant comme de petits fourmis.

Une pluie battante de quelques secondes seulement rinça l'extérieur des hublots, et comme transitoire, le soleil reprit place sur l'entendue de la Dariane sans entraves aucunes.
La sortie de l'avion et de l'aéroport n'avaient pas été médiatisées. La Maktaba n'avait pas annoncé officiellement son déplacement, soucieuse de se concentrer sur le fond et l'essentiel des échanges à venir avec Agatharchidès.

L'arrivée à l'Oasis et au caravansérail de Manghadanem ne fut pas sans une certaine admiration et nostalgie de cette vie autrefois simple, toutefois âpre et courte.
Les artisans et artistes Azuréens savaient ravir les yeux et les deux femmes Althaljirs comprirent assez rapidement qu'Azur avait préparé cette rencontre avec soin, chaque détail apposant sa signification, précise et marquée.

Le Grand Vizir n'était pas présent ? Qu'importe, les Althaljirs ne souhaitaient aucunement flatteries, mais bien une compétence diplomatique Azuréenne qui en fit la nation qu'elle est aujourd'hui. Et c'est en la sheikha Lubna bint Adel Sharim al-Qasîmi qu'Icemlet attendait une réciprocité intellectuelle. Elle ne déçut aucunement : respectueuse, ordonnée, préparée. Fatma Jebbar Ramdhan fit penser à certaines consoeurs de la Sororité et les représentantes de la Maktaba semblèrent à leur aise de disposer d'un contrepoids politique lors de cette entrevue tout l'émotion d'Amra Bint Sayyid fit sourire à son tour la Qari qui lui fit signe qu'un assistant, un homme tout habillé de blanc, disposait toujours d'une canne lorsque le corps grinçait.

La Qari Ijja Shenna et la qari Sofines Berek saluèrent les femmes azuréennes et s'intallèrent.
La Maktaba écouta avec attention, les sujets et priorités étaient donnés et les deux femmes Althaljirs hochèrent la tête.

La qari Sofines Berek prit la parole à son tour.




Nous vous remercions pour cette invitation.
Elle ne va sans dire que les Althaljirs prennent la main tendue des Azuréennes et oeuvrent à l'amélioration de nos coopérations.
Nous vous remercions par la même occasion de votre considération de l'Althalj.
Le Diwan a maintes fois salué l'Althalj par le passé pour son oeuvre Afaréenne et touche là où l'humilité d'un petit état en oublie ses dimensions.


Permettez moi de confirmer les nombreuses considérations du troisième plan.
Les Tamurt n Althalj sont bien entendu à l'écoute d'un renforcement de la coopération et des échanges avec Azur.
De nombreux dossiers peuvent être ouverts et discutés, qu'ils aient attrait à la culture, l'éducation, l'économie par exemple.
Soyez assurées de notre entrain.


Sur le second plan, elle convient de poser le sujet qui dispose de quelques parallèles avec le premier plan.
Ainsi, nous répondrons à votre demande du premier plan.


Lorsque le temps passe et que la jeunesse s'échappe comme un souvenir bienheureux et nostalgique, la réalisation de l'éphémère de la vie impressionne. Nous ne sommes pas seules à apprécier d'autant plus les levées du jour et les accomplissements journaliers. C'est en ce sens que l'émotion force la réflexion et l'empathie du pastiche nos aïeules : avec l'âge vient la sagesse, la raison et le sens de la vie.

Cette vie, longue ou courte, fut occise pour de nombreuses âmes en Afarée du Nord Ouest.


La qari regarda furtivement la Qari Ijja Shenna qui l'enjoint à continuer.


Les Tamurt n Althalj ne pardonneront jamais, cet acte intolérable.
Les responsables doivent être jugés et punis, c'est inéluctable.

Nous comprenons la rationalité de l'ultimatum et ses affres.
Nouées, nos gorges acceptèrent néanmoins le dialogue âpre,

Afin de préserver les vies de celles qui furent floutées,
A des fins diplomatiques, ces nouveaux visages responsabilisés.


La qari fit une pause. Il était évident que les Althaljirs ne pouvaient frapper un nouveau régime qui aurait peut être été une victime de la folie de celles et ceux à Carnavale qui poussèrent le bouton de la Cramoisie et qu'en cela la décision du dialogue et du long terme se révéla, à l'Althalj, comme une solution à l'Ecarlate.


La Force du Matriarcat Ilahmique était prête, toutefois une entrevue avec le PDG Protecteur Petipont, de l'époque, donna une perspective toute autre que celle constatée dans les premiers instants de la Cramoisie où la vaporisation ne suffisait pas et que le sang continuait à couler.

Y-a-t-il une possibilité de travailler avec les nouvelles instances dirigeantes afin de guérir ce qui peut l'être ? L'acte militaire n'aurait que continuer l'oeuvre des démons Cramoisiens. Elle faut sauver celles qui peuvent l'être.

Ainsi, le Royaume du Finejouri et les Tamurt n Althalj ont été invitées à observer et questionner la Kabalie Rouge sur ses intentions, son fonctionnement, ses conditions de survie actuelles et de la Justice qui n'a pas encore assigné et rendu verdict publiquement.
Elle est évident que de nombreuses questions s'amoncèlent. Qu'en est-il de l'actionnariat et de la place de la Maison Dalyoha en Kabalie Rouge ? Peut-on accepter que le Sahra continue d'être transformé par les impulsions scientifiques sans contraintes de l'Ecarlate ? La Kabalie Rouge est-elle une nation Afaréenne de facto ?

Les Tamurt n Althalj considèrent que l'Afarée et le monde a été mis face à une situation inédite et que l'immigration de masse a été un facteur essentiel de la prise de décision d'Icemlet afin de dialoguer avec l'Ecarlate. Nous avons été fortement éprises de la Crise des Courageux, ces migrations à travers le Sahra vers l'Eurysie, il y a de cela 10 ans à présent. De nombreuses Althaljirs ont été poussées des Territoires Libres Sahranes vers l'Althalj...

Quelle est la solution à l'Ecarlate ?
Elle faut dialoguer et inciter plutôt que contraindre autant que se puisse.
L'Ecarlate est prise au piège de l'agent chimique Cramoisie et mène le radeau de la survie dans un océan brûlant et stérile.
Lorsque tous les indicateurs sont au rouge, les tensions s'accélèrent et les patiences s'effritent.

L'Ecarlate devra prouver qu'elle mènera une Justice qui convainc face à l'ignominie des premiers instants de la Cramoisie.
L'Ecarlate devra se séparer de ses arsenaux chimiques. Nous devons pour notre part convaincre de l'avancée du dialogue et que la Kabalie Rouge ne risque pas un conflit armé, rendant son ultimatum caduc, obsolète.
L'Ecarlate devra rassurer et concrétiser son dessein d'intégration et de pérennisation auprès de ses peuples et voisines. Cela devra inclure un moratoire sur la mise en place de technologies invasives pour le Sahra et ainsi l'Afarée.

Ceci n'est qu'une once de ce qu'Icemlet attend de l'Ecarlate, toutefois donne une direction quant aux intentions Althaljirs.

Nous devons de prime abord conclure des réponses et observations, de premières demandes avant de pouvoir donner un calendrier qui faciliterait, tel un projet de construction, le suivi de jalons jusqu'à l'achèvement de l'oeuvre.


Vous devez disposer de questions à votre tour ?
Ce "plan" n'est pas parfait. Rien n'a disposé les nations à suivre une voie parfaite de résolution de cette catastrophe.
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