

En résumé :
Sur le plan démographique et humain, comme indiqué plus haut, Barbery est avant tout une mégalopole côtière où vit l’essentiel de la population nationale. Le pays reste jeune et sa démographie est plutôt dynamique, surtout en ville. Hors de la cité, en revanche, dans les terres et au nord, la population est cependant nettement sénescente. D’un point de vue général, Barbery paie cher son modèle de société : agriculture chimique massive, omniprésence du plastique et règne des fast-foods. Résultat, une incidence anormalement élevée de cancers, des maladies cardiovasculaires et de l'obésité, particulièrement chez les populations les plus modestes.
Sur le plan culturel, l’esthétique et les mœurs de Barbery semblent figées dans les nuits urbaines des années 80-90. Les néons n’ont jamais perdu leurs droits, la synth-pop reste la musique populaire incontestée et ses rythmes comme ses thèmes continuent d'émouvoir l'ensemble de la nation. Ses starlettes sont d’ailleurs chouchoutées par la Hoctemare dont elles sont, en quelque sorte, elles aussi les employées. Il est d’ailleurs probable que cette éternelle nuit 90’s soit en grande partie l’œuvre du contrôle culturel exercé par la firme sur la Cité. Cependant, sous ce vernis bling-bling et noceur persiste pourtant un fond culturel volignoniste et néo-gallouésant qui tente, vaille que vaille, de survivre.
Sur le plan économique, Barbery est une grande cité balnéaire dont les banlieues sont résolument industrielles : industrie lourde et manufactures y dominent. D’un côté, la baie où le beau monde s’adonne à une fête perpétuelle faite de drogues et d’escort-girls (moins raffinées et nettement moins cultivées que les courtisanes makotanes, mais aussi bien moins chères et moins exigeantes). De l’autre, les usines des faubourgs où s’échine une main-d’œuvre laborieuse, le plus souvent au service de la Hoctemare ou de l’une de ses innombrables filiales présentes partout dans le pays. On peut estimer avec une précision étonnante le niveau social d’un Barberien en mesurant simplement la distance qui sépare son logement de la mer. Plus on est pauvre, plus on en est éloigné.
Sur le plan institutionnel, officiellement, l’État de Barbery est une république bicamérale dotée d’un président élu par les deux chambres. Voilà pour la théorie. En pratique, toutes les institutions sont vidées de leur substance et les elus ne sont que des potiches : c’est la Hoctemare qui tient réellement les rênes de l'état. La firme semble pourtant très attachée à cette fiction légale car le Président Hoctemare, comme son père avant lui, est convaincu qu’il sert les intérêts de son entreprise en jouant cette comédie de démocratie. Cependant personne n’est dupe, ni à l’intérieur ni à l’extérieur du pays. Le président de la République s’appelle Lebrun. Vous ne le connaissez pas ? Rassurez-vous : les Barberiens non plus.
Sur le plan militaire et géopolitique, enfin, Barbery est actuellement en pleine restructuration militaire et diplomatique. On peut cependant la qualifier de thalassocratie paisible très attachée à la pratique du « doux commerce » (dans la mesure où il sert les intérêts de la Hoctemare, naturellement) et on peut affirmer que Barbery croit davantage à la vertu de la paix qu’à celle de la guerre. Cela dit, une fois réformée, l’armée privée de la Firme sera tout à fait capable d’intervenir pour défendre ce que le Président Hoctemare définira comme les intérêts vitaux de la Cité. Car, en matière militaire comme pour tout le reste, c’est bien la Hoctemare qui commande. Et personne d’autre.




