11/09/2019
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Guerre Dodécaliote (Interlude Acte 1-Acte 2): La chanson d'Agricola

RP MAJEUR (AFFRONTEMENT MAJEUR)


Histoires dodécaliotes: la Bataille du Cap albain (phase de préparation d'Adolfino Agricola)


"Menu par la taille, grand par le courage. Adolfino Agicola portait la barbe avec grande élégance et dignité. Il traitait ses soldats comme des frères, et non des subordonnés. Il fut d'une grande vaillance, et respecta les convenances de la guerre, allant lui même par plusieurs occasions au devant du danger. A Velsna, malgré son statut de traître, il était devenu une légende folklorique de son vivant, autant par ses exploits de la guerre que de la séduction. Mauvais politicien, c'est avec tempérance et recul que j'affirme qu'il fut toutefois une bonne personne. Ce qui était rarissime dans nos contrées."
Récit de Gina Di Grassi (Aout 2019)

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Des derniers jours de 2019, je conserve le souvenir d'une douce amertume, agréable en bouche, et restant sur le palet. Il y avait à Adria, parmi les mercenaires comme parmi les adrians et leur population un parfum de fin. Le sentiment que s'achève quelque chose d'agréable, qui a fait durer pour partie notre existence. Adria était un délice: ses rues exiguës cachaient des parfums, des saveurs, des bruits que je ne perçu pas ailleurs. La ville fut vivante, l'un des phares de l'instruction des jeunes gens, qui y venaient et étudiaient, et en retour, l'animaient d'une flamme qui se s'éteignait pas. Pourtant, le vent d'ouest soufflait, et la faisait faiblir. Nous en connaissions très bien les responsables, et nous, mercenaires au service d'Adria, nous étions pétris de notre orgueil, nous étions certains d'être les meilleurs. Qu'Altarini envoie à Adria ses armées, nous répondrions avec la fureur. Etrangement, nous n'étions guère anxieux malgré ce parfum de bout du bout. Au contraire, les strombolains de Mardonios n'étaient point perturbé dans leurs habitudes, qui consistaient à boire, à manger, à coucher, à se faire beau, et ils embrassaient ce quotidien voluptueux qui sortait de leurs campagnes avec grand plaisir. Adria leur donnerait à boire jusqu'à la fin, si tant est qu'elle les paierait suffisamment longtemps et en quantité respectable. Nos derniers jours à Adria ne furent ponctués d'aucune larme, au contraire: jamais je vis les strombolain de Mardonios embrasser la vie avec une telle intensité.

Les soirées n'avaient pas de commencement et pas de fin, le vin de Léandre et de Velsna s'écoulait en hectolitres, et on fit venir de l'alcool celte en tout aussi grande quantité. Mardonios et quelques autres fous buvaient leur vin landrin pur, c'est à dire sous la forme d'une pâte mi-liquide, sans la couper à l'eau, formant une mélasse d'alcool fruité à la vigne, comme le buvaient nos aïeux qui avaient une existence plus difficile que la notre. A l'alcool se mêlait une profusion sans fin de nourriture venue des qatre coins de la Manche Blanche. Des fromages teylais à pête cuite, de la carpe grillée d'Achosie, garnie d'olives cueillies dans les vergés de la chôra de la cité velsnienne. Des laitages de brebis de la plaine de Velcal... Il y avait beaucoup de viande, beaucoup de céréales, beaucoup de fruits et de légumes de garniture, il y avait beaucoup de tout. Les mercenaires de Mardonios avaient coutume de ne pas garder leur argent gagné très longtemps: ils ne regardaient point la dépense dés leur contrat en poche, s'emparant de tous les alcools, de tous les fromages, et de prostituées, et de ce fait, ils étaient ruinés et fauchés la plupart du temps. Des femmes de cette condition, il y en avait qui circulaient de genoux et genoux, et quelques hommes également. La détresse et l'imminence d'une mort éventuelle décuplait tous les désirs des trois choses qui manquent à toute l'humanité, et qui est prompte à soulager toutes les âmes: l'alcool, la nourriture et le sexe.

Je plaiderais moi-même coupable si je disais que je ne jeta guère un œil a quelque jeune homme. Pas un prostitué, mais plutôt un cœur à l'âme plus musicienne. Il y avait parmi notre troupe ce jeune homme de la cité de Rio di Canossa, qui jouait de la guitare devant nous, qui était resté dans le sillage de notre troupe. Un peu jeune du haut de ses vingt ans, mais cela n'enlevait rien à la beauté de sa voix, quand bien même ses paroles furent vulgaires. Autour de lui, quelques strombolains s'étaient soudain arrêtés de tout faire, pour tendre l'oreille apaisée, et le regard doux à lui. J'en fis partie.

Quand je bois du vin landrin,
Amis, tout tourne tourne tourne tourne,
Aussi désormais
Je bois whiskey d'Achosie.
Chantons, et toi, bois,
À cette bouteille nous ferons la guerre,
Comme Agricola guerroie,
Entre les cuisses de Moretti,

Chantons et buvons,
Mes amis, buvons donc.

Buvons bien, buvons mes amis,
Trinquons, buvons, gaiement chantons.
Mangeant grassement, oubliant mille soucis
À cette bouteille faisons la guerre.
Comme nous la ferons à Altarini

Chaque strophe était ponctuée d'une tournée de l'un d'entre nous. Plus elle avançait, plus nous buvions, et même le commandant Mardonios s'y mit. Les tables ne désertèrent pas, au contraire, elles s'emplissaient car des soldats adrians, des kotioites et même certains de la garde d'Agricola vinrent, attirés par le bruit et les odeurs.

Et ce fut au beau milieu de ce brouhaha que surgit à dans l'encadrement de la porte du débit de boisson, cet Homme qui d'ordinaire fut si sage, et qui pourtant fut présent devant nous: son excellence l'ancien Sénateur et hégémon proclamé Adolfino Agricola.Il y eu quelques révérences dans le public, bien trop avinées pour être droites. Le joli jeune homme s'arrêta de chanter et de jouer, et les têtes se tournèrent vers l'aristocrate élégant, dont nous nous attendions à ce qu'il prononce paroles de son rang. Que nenni: il prit un verre des mains de l'un des strombolains.

"Mes frères, mes soeurs. Ce n'est pas parce que je vous paye pour vous battre que vous ne pouvez pas boire. BUVONS MES FRERES ET MES SOEURS ! Et au whiskey achosien, faisons la guerre !"


Une vague de hurlements sortis des tripes, des verres tenus en l'air à bout de bras, des mercenaires et des soldats conquis par leur commandant de cette manière. Adolfino Agricola avait appris à ses hommes et ses femmes à l'aimer, et en vétéran de la Grande campagne contre Scaela, il connaissait l'importance de la proximité, et du partage de la souffrance, mais aussi des courtes joies, des plaisirs éphémères ponctuant une existence misérable. Menu par la taille, grand par le courage. Adolfino Agicola portait la barbe avec grande élégance et dignité. Il traitait ses soldats comme des frères, et non des subordonnés. Il fut d'une grande vaillance, et respecta les convenances de la guerre, allant lui même par plusieurs occasions au devant du danger. A Velsna, malgré son statut de traître, il était devenu une légende folklorique de son vivant, autant par ses exploits de la guerre que de la séduction. Mauvais politicien, c'est avec tempérance et recul que j'affirme qu'il fut toutefois une bonne personne. Ce qui était rarissime dans nos contrées.

Il s'approcha de nous, qui étions tous resserrés à la table de Mardonios, qui tenait encore bien debout malgré tout ce qui avait pu passer par son estomac et son foie. Le visage d'Agricola passa rapidement du joyeux au solennel, et au plus grand des sérieux, mais gardant en coin un sourire, presque mélancolique.

"Commandant."

"Excellence."

"Je suppose que vous êtes au courant, Mardonios. Altarini est en route. J'ai besoin de vous: rendez vous aux bureaux de la doyenne Moretti. C'est d'ici que j'assumerai les opérations. J'ai fait convoqué tous les commandants de compagnie. Mettez donc votre tête dans un seau d'eau glacée avant de venir, vous avez l'air de vous être fait écrasé par un camion."


C'est ainsi que débuta la campagne d'Adria, par une décuvée brutale, mais prévisible. La fin de la torpeur d'un rêve.


Dans le bureau de la doyenne, l'atmosphère s'était soudain refroidit. Les effluves d'alcool n'émanaient plus de la barbe de Mardonios. Il s'était "fait beau": il avait lissé ses cheveux qu'il tenait à mi-long, de même qu'il eut coiffé sa barbe drue avec une grande attention. Ce n'était point courant qu'il prenne soin de son apparence, sauf dans les temps où il devait aller se battre. Il existait cette croyance parmi ces gens, un peu ridicule et hors d'âge, qu'il fallait être beau pour mourir. Il y avait dans cette pièce tous les commandants mercenaires et capitaines de compagnies au service d'Agricola et de la ville d'Adria. C'était la première fois qu'ils étaient tous réunis au même endroit et au même instant, non seulement face à Agricola, mais aussi devant l'incarnation du pouvoir civil en cette ville: Marina Moretti, qui avait délaissé jusque là les affaires de la Guerre de Dodécapole à son amant, était bien présente, depuis sa chaise habituelle qu'elle tenait durant les conseils universitaires. Mardonios, le "professeur", Ulysses Sil Retaellon et Deng Gengxin, les capitaines velsniens qui avaient déserté pour Agricola...ils étaient là, en cercle, circonspects. Agricola croisa ses mains sur la table, le ton de la gravité au fond de sa gorge.

"Messieurs. Et mesdames. Mes commandants, et mes amis. De source sûre, d'après ce qu'ont fait courir mes amis encore à Velsna, Mogador Altarini a réussi à lever une armée de 40 000 hommes. Ils seront à Adria d'ici quelques semaines, tout au plus. Ils ont déjà commencé à barrer le sud de la péninsule albienne. Ils veulent nous étrangler, de toute évidence, avant d'attaquer. Ce porc est plus prudent que je ne l'aurais pensé. Il n'attaque pas, il attend juste que nous ne respirions plus."


Mardonios se racla la gorge.

"40 000 hommes...je crois que la dernière fois qu'un sénateur velsnien a levé une telle armée, nous n'étions pas nés."

"Ils sont venus en masse on les tuera en masse."
ponctua un capitaine de navire velsnien dans le fond de l'auditoire

Aricola exigea le silence en levant sa main droite.

"Oui. Ils sont venus nombreux, en effet, mais c'est ce à quoi nous nous attendions. Le seul imprévu, en revanche, c'est qu'Altarini a réussi à se trouver une source de financement, malgré le fait que le Sénat velsnien ne lui a pas cédé un seul florius pour sa campagne...."

"Le serpent a des amis à Fortuna, chez ses fameux cousins..."
reprit le même capitaine de navire.

Agricola se lève de sa chaise. On pu sentir chez lui, enfin, une pointe de nervosité, mas aussi une excitation. Peut-être ce moment lui en rappelait d'autres, quand il était aide de camp pour le sénateur mon père durant la Guerre des Triumvirs. Il s'avance au devant d'une immense table qui remplissait le centre de la pèce, une gigantesque carte la couvrant.

"Qu'importe tout cela. Cela ne change rien à notre position: nous allons nous battre. Nous sommes dans une bonne position défensive. Altarini a une grande armée, mais tout porte à croire que sa flotte soit sensiblement identique à la notre. Nous avons une bonne position défensive. Nous devons partir de ce constat pour arriver au résultat que nous voulons. Vous tous: de combien d'hommes nous disposons ? Pour ma part, j'ai mes 5000 velsniens, qui me seront toujours sûrs et fidèles. Mais vous, qu'avez vous ?"


Mardonios s'avança le premier:

" Nous pouvons compter sur 1 500 hommes de notre côté. Ce sont les meilleurs, excellence."

"Adria peut fournir des armes à 8 000 hommes armés, si on additionne également les levées militaires de Cortonna."
intervint Moretti.

"C'est peu, mais c'est suffisant, je pense..." fit Agricola, scrutant de plus près la carte du golfe albain.

Maladroit dans la vie de tous les jours, malhabile dés lors qu'il s'agissait de politique, il se métamorphosait quand il posait ses yeux au dessus du golfe albain. Il ne montrait pas de peur ou d'apprhénsion, au contraire, il semblait brûler d'en découdre avec Altarini. Il avait ce regard...

"Son armée est grande, mais il est difficile de croire que la valeur combattive d'effectifs levés à la hâte dans des villes où il est détesté, soit très grande. Nous allons le balayer avant même qu'il n'ait débarqué à Adria. Nous ne devons pas attendre qu'il soit aux abords du canal et de la ville. Il a besoin d'une base de départ pour préparer la prise de la ville, et il ne peut pas partir d'aussi loin que de Castel Estrech. Or, nous savons qu'il a commencé à établir des avants postes et des contreforts à l'extrémité occidentale d'Albe, juste à l'est du Waldenmark. Nous devons l'empêcher de contrôler ces points précis, sans quoi, nous perdrons le contrôle du golfe albien du sud. Si j'ai appris quelque chose de la Guere des triumvirs, c'est qu'il faut tendre vers l'innatendu, et ne jamais laisser respirer l'adversaire. Ne pas lui laisser le temps de réfléchir à sa situaiton. L'effet de sidération, c'est ce qu'on cherche. A la fois sur terre et sur mer. Nous allons engager le combat naval dans le Golfe, tout en débarquant une petite force d'intervention capable de détruire ses bases, dans le même laps de temps."


Madonios sortit de sa réserve.

"Ce serait audacieux, excellence. Peut-être trop. Nous ne savons pas exactement combien de troupes sont déjà sur place là bas, ou même si elles ont eu le temps de bâtir des retranchements. Nous avons une bonne position défensive: servons nous en au lieu de l'abandonner, et d'envoyer notre flotte loin de la ville."

"Mardonios. Si on entend défendre quelque chose, il ne faut rien défendre. C'est comme ça que nous, à Velsna, avons toujours combattu."

"C'est dogmatique, et risqué, excellence. Ce qui fonctionne une fois ailleurs ne fonctionne pas toujours. Si nous échouons dans votre opération, nous n'aurons pas de seconde chance et nous perdrons tout. Non, je pense qu'il faut avoir Altarini à l'usure, il faut accepter le siège. Ses ressources ne sont pas infinies, et plus nous l'attirons loin dans le golfe, près d'Adria, et plus ils seront vulnérables. Quand il arrivera à court d'arent pour payer ses troup des, elles se disperseront. Il n'a quasiement que des mercenaires, et vous êtes bien placé pour savoir que les mercenaires sont chers. Sans le soutien de Velsna, ce qu'il n'a pas, il repartira dés qu'il aura des pertes trop importantes. Je propose que nous ne fassions que des tactiques de harcèlement contre leurs campa de base pour le moment, afin de perturer leurs arrières pendant le siège."


Les deux hommes se fixent en silence. Le premier différend est intervenu. Agricola se tourne alors vers les autres capitaines mercenaires.

"Messieurs. Mesdames. Un avis ?"



Note sur le RP (aide aux joueurs):
  • Les commandants de l'armée d'Adria ne sont pas d'accord sur la tactique à aborder contre Altarini: Agricola veut s'engager dans un combat naval décisif à l'entrée du Golfe albain, tout en débarquant une force afin de détruire le camps de base de l'armée d'Altarini, à l'entrée du Golfe. Le problème étant que l'état des forces d'Altarini dans la région n'est pas connu avec certitude, et que tout débarquement entrainera un malus de nuisance d'ordre logistique. La puissance de l'effet de surprise dépendra fortement du hasard, ainsi que de la rapidité d'intervention d'Agricola.

  • A contraire, Mardonios, veut s'engager dans un long siège défensif de la ville, qu'il pense être une position plus avantageuse, qui à laisser à Altarini le contrôle du Golfe albain, pour placer la flotte directement aux abords d'Adria. Cela pourrait fournir un avantage défensif à Agricola, mais aussi laisser du temps et de l'espace à Altarini pour préparer le siège.

    Aux joueurs de déterminer ce qui semble être pour eux la meilleure es solutions, ou bien même à apporter de nouveaux élements pour vaincre Altarini.

  • Pour la bataille, Agricola dispose de l'ensemble de la part de l'atlas dodécaliote dévolu à Adria + Cortonna qui est sous son contrôle. Voir pourcentage dans le topic principal du conflit.
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