19/09/2019
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Détails historiques et contextuels du Götterland.

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Détails complémentaires sur le Götterland :

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Ici sera publié l'ensemble des posts qui viseront à expliquer de manière plus approfondie certains aspects précis de l'histoire, de la culture ou de la politique du Götterland, sans ordre chronologique. Chaque post visera à expliquer sur un sujet bien précis et permettra à tout joueur externe au Lore de comprendre le contexte historique et politique dans lequel le Götterland a évolué avant et pendant la guerre civile qui y fait actuellement rage.

Sommaire :

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Histoire syndicale du Götterland :

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Origines du syndicalisme au Götterland :

Le syndicalisme götterlandais naît dans la seconde moitié du XIXe siècle dans les mêmes conditions que dans la plupart des pays industrialisés eurysiens à la même époque : des ouvriers d'usines qui travaillaient douze à quatorze heures par jour dans des conditions dangereuses, sans protection social, sans recours légal, face à un patronat protégé par l'Etat impérial et une Eglise catholagne qui prêche la résignation en échange du paradis dans l'au-delà. Les premières formes d'organisation collective émergent dans les années 1860-1870, d'abord sous la forme de caisses de secours mutuelles et de coopératives de consommation tolérées par le Saont-Empire parce qu'elles semblaient alors inoffensives, puis progressivement sous forme de ligues professionnelles clandestines dans les métiers les plus exposés comme la sidérurgie, les mines et les ports. Ces premières organisations portent en elles dès l'origine la tension fondamentale qui structurera le syndicalisme götterlandais pour le siècle suivant : d'un côté, une tendance mutualisante et réformiste qui cherche à améliorer les conditions ouvrières dans le cadre du système actuel, de l'autre une tendance syndicaliste révolutionnaire qui considère que le capitalisme ne peut se réformer et que seule la grève générale expropriatrice peut libérer la classe ouvrière.

En 1891, la même année que la fondation du SPDG, un congrès fondateur se réunit à Waldenau qui comprend les délégués de plusieurs dizaines de ligues professionnelles locales afin de fonder la Götterländischer Gewerkschaftsbund (ou Confédération Syndicale Götterlandaise, abrégée en GSB). Cette fondation, simultanée avec celle du SPDG quelques mois plus tard, n'est pas un hasard : les mêmes militants, les mêmes réseaux, les mêmes lectures du marxisme de l'époque animent les deux organisations. Cependant, dès les premières années, la question de l'indépendance des syndicats vis-à-vis des partis politiques, notamment du SPDG, devient un sujet de débat violent. Les partisans de l'autonomie syndicale, fortement influencés par d'autres courants syndicalistes révolutionnaires eurysiens, refusent de voir le mouvement ouvrier devenir une courroie de transmission électorale pour le SPDG et perdre ainsi la capacité de mener des actions directes que le calcul électoral rendrait toujours inopportunes. Ce débat culmine lors du Congrès de Waldenau en 1904. Après quatre jours de débats houleux et une nuit de négociations, les délégués adoptent à une courte majorité la Charte de Waldenau, texte fondateur du syndicalisme révolutionnaire götterlandais qui proclame l'indépendance totale du mouvement syndical vis-à-vis de tous les partis politiques, affirme que la grève générale est l'arme principale de la classe ouvrière et que l'objectif final du mouvement est l'expropriation du patronat et l'autogestion des moyens de production par les travailleurs eux-mêmes. La minorité réformiste, battue sur le vote et non convaincue, reste dans la GSB mais continue de contester continuellement l'application de la dite charte. Cette coexistence forcée entre révolutionnaires et réformistes au sein d'une même confédération sera la source de conflits permanents pendant les décennies suivantes.

La période impériale et la Première République (1904-1929) :

Sous le Saint-Empire, la GSB opère dans une forme de semi-légalité précaire. Formellement tolérée par les autorités, elle est en pratique constamment harcelée : ses locaux sont fréquemment perquisitionnés par la police, ses militants sont arrêtés pendant les grèves et ses caisses saisies sous des prétextes fiscaux. Les grandes grèves de 1908 dans les aciéries de Waltereich et de Waldenau, qui contribuent à déstabiliser le Saint-Empire durant ses derniers mois d'existence, furent d'ailleurs organisées par la GSB et vont se conclure par un massacre des grévistes perpétrés par la police privée de Stalhwerke Waltereich (ancêtre de l'actuelle VGW) et par les forces armées impériales. Ces massacres laisseront une mémoire traumatique dans le mouvement ouvrier götterlandais et vont radicaliser durablement la plupart des fédérations industrielles. La Première République, qui se transforme rapidement en une junte militaire nationaliste, fut une catastrophe encore pire pour le mouvement ouvrier national. La GSB est officiellement dissoute dès 1909, ses dirigeants sont emprisonnés ou exilés et ses structures sont démantelées par l'armée républicaine. Le mouvement survit clandestinement, fragmenté en dizaines de groupes locaux qui maintiennent une activité minimale dans les usines. C'est dans ce contexte que la division entre révolutionnaires et réformistes prend une nouvelle dimension : les révolutionnaires, proches des communistes qui fonderont l'Armée Populaire du Götterland (ancêtre spirituel de l'actuelle ALPG), plaidaient pour la résistance armée face à la junte tandis que les réformistes préféraient chercher une légalisation progressive quitte à accepter les contraintes imposées par la junte.

Ce fut également à cette période que naît le syndicalisme chrétien götterlandais. En 1921, avec le soutien explicite de l'Eglise catholagne du Götterland, est fondée la Christliche Arbeitnehmervereinigung (ou Association Chrétienne des Travailleurs en français, abrégée en CAV). L'objectif de l'Eglise avec ce syndicat est déjà très transparent à l'époque : offrir aux travailleurs chrétiens une alternative au syndicalisme socialiste athée et révolutionnaire de la GSB, enraciner le principe de collaboration entre le capital et le travail dans la pure continuité de la doctrine sociale chrétienne et ainsi maintenir l'influence de l'Eglise dans les milieux ouvriers qui commençaient à lui échapper. La CAV se développe rapidement dans les secteurs où l'encadrement chrétien est historiquement fort : les petites villes industrielles conservatrices, l'artisanat, les services et quelques bastions agricoles. Elle reste cependant marginale dans les grandes forteresses sidérurgiques et minières où la tradition laïque et révolutionnaire est trop enracinée pour que l'Eglise puisse y pénétrer.

La Seconde République (1929-2018) :

La proclamation de la Seconde République en 1929 permit la reconstruction du mouvement syndical. En 1931, les différentes composantes du syndicalisme götterlandais se réorganisèrent en trois confédérations distinctes qui vont structurer le paysage syndical pour les décennies suivantes :

  • Vereinigte Freie Gewerkschaften (VFG - Syndicats Libres Unis) : c'est la confédération héritière directe de la GSB et de la Charte de Waldenau, elle regroupe les grandes fédérations industrielles de branche comme IG Metall (métallurgistes et sidérurgistes, de loin la fédération la plus puissante du pays), IG Chemie (travailleurs chimistes et pharmaceutiques), IG Bergbau (pour les mineurs), IG Hafen (dockers et travailleurs portuaires) et plusieures autres fédérations sectorielles plus modestes. La VFG maintient formellement la Charte de Waldenau et l'indépendance vis-à-vis des partis politiques mais en pratique, elle maintient des relations étroites avec le SPDG, le VFG utilisant le SPDG pour obtenir des avancées législatives sur le droit du travail qu'elle ne peut arracher par la seule action syndicale. Cette proximité avec le SPDG nourrira en permanence une tension interne entre l'aile révolutionnaire qui y voit une trahison de la Charte tandis que l'aile réformiste considère cette coopération comme purement pragmatique.

  • Allgemeiner Angestellten und Dienstleistungsgewerkschaft (Confédération Générale des Employés et des Services - AADG) : confédération réformiste réunissant les cols blancs et les services publics, elle est née d'une scission avec la VFG dans les années 1930 qui regroupaient les fédérations qui refusaient explicitement la Charte de Waldenau et qui représente principalement les fonctionnaires, les enseignants, les travailleurs de la santé, les cheminots et les employés de bureau. La confédération a une orientation ouvertement réformiste et social-démocrate, elle croit en la négociation collective, à la co-gestion prônée par le SPDG et au progrès graduel plutôt qu'à la rupture révolutionnaire. Elle a une relation avec le SPDG encore plus étroite que la VFG à telle point qu'il est souvent difficile de tracer une frontière nette entre l'AADG et le SPDG du fait de son financement croisé avec le SPDG, des cadres qui circulent entre la confédération syndicale et le parti et évidemment des positions politiques parfaitement alignées l'un sur l'autre, l'AADG est le symbole même de la domestication du mouvement ouvrier par la politique partisane de la Seconde République.

  • Christliche Arbeitnehmervereinigung (Association Chrétienne des Travailleurs - CAV) : fondée en 1921 sous la Première République, la CAV se transforme dans les années 1930-1950 en une confédération plus structurée et professionnelle. Bien qu'elle s'inscrit encore largement dans la tradition du catholicisme social, elle développe progressivement une identité syndicale qui dépasse le seul encadrement religieux en acceptant en son sein des travailleurs non-pratiquants et s'ouvrant aux revendications plus combatives sur les salaires et les conditions de travail. Elle reste cependant structurellement différente des deux autres confédérations par son attachement au principe de la Sozialpartnerschaft (partenariat social) qui postule que les intérêts du capital et du travail ne sont pas fondamentalement antagonistes et peuvent être réconciliés par le dialogue et une négociation à l'échelle institutionnelle. Ce principe, clairement hérité de la doctrine sociale de l'Eglise, la rend naturellement plus conciliante avec le patronat et plus réticente aux grèves générales. Politiquement, la CAV est idéologiquement alignée sur l'Union Chrétienne et entretient avec ce parti une relation comparable à celle de l'AADG et du VFG avec le SPDG.

A côté de ces trois grandes confédérations existent plusieurs Freie Berufsverbände (associations professionnelles indépendantes) qui réunissent des cadres, des professions libérales et certains travailleurs spécialisés dans des organisations moins militantes ou plus corporatives et donc plus proches du patronat. Ces associations ne constituent pas une confédération unifiée mais forment un ensemble diffus souvent assez proche du Parti du Progrès dont elles soutiennent la politique de flexibilisation du marché du travail et de réduction des protections syndicales.

Les années 1950 aux années 1980 représentent l'apogée du syndicalisme götterlandais, notamment de la VFG dont les grandes fédérations industrielles atteignent des taux de syndicalisation exceptionnellement élevés dans les bastions sidérurgiques et miniers. C'est la période où la co-gestion imposée par la loi de 1952 sous la pression du SPDG donne aux représentants syndicaux des sièges dans les conseils de surveillance des grandes entreprises, une avancée que la VFG accepta avec ambivalence puisque si les réformistes voient ça comme une victoire, les révolutionnaires craignent purement et simplement à une cooptation. C'est aussi la période où les grandes grèves métallurgistes de 1968, 1974 et 1982 démontrent simultanément la puissance de mobilisation de la VFG et les limites de son pouvoir réel face au patronat mieux organisé et face à un Etat qui finissait toujours par arbitrer en faveur des entreprises. L'arrivée au pouvoir du Parti du Progrès en 1979 inaugure le déclin progressif de l'ensemble du mouvement syndical. La flexibilisation du marché du travail réduisit la protection des militants syndiqués en facilitant notamment les licenciements déguisés. La privatisation des entreprises publiques affaiblit les bastions syndicaux de l'AADG dans les services et les transports et la désindustrialisation progressive vida les usines, forteresses syndicales de la VFG. Le recours massif à l'intérim et à la sous-traitance créa une masse de travailleurs précarisés dont la syndicalisation était rendue quasiment impossible par la crainte de représailles patronales. Entre 1979 et 2010, le taux de syndicalisation national chuta de 48 à 31%, une hémorragie qui affectait différemment chaque confédération : la VFG vit ses effectifs fondre de moitié, l'AADG résista un peu mieux grâce à ses bastions dans la fonction publique et la CAV maintint une base stable mais vieillissante dans les secteurs qu'elle représentait en majorité. La grève de 2013 à Zollstadt fut à cet égard un tournant. IG Metall, la fédération la plus puissante de la VFG, mobilisa 18 000 sidérurgistes dans une grève illimitée qui se conclut par un compromis douloureux perçu par les militants les plus radicaux comme une capitulation. La direction nationale de la VFG, qui avait négocié en sous-main ce compromis, fut accusée par une fraction croissante de sa base de trahir la Charte de Waldenau pour des avantages matériels mineurs. C'est dans cette période que les germes de la scission qui éclatera durant la guerre civile furent semés.

La guerre civile (2018-...) :

Lorsque la guerre civile éclate en janvier 2018, le mouvement syndical götterlandais se retrouve coupé en deux selon une ligne de fracture qui n'est pas parfaitement nette par confédération mais qui suit globalement la géographie de la guerre, l'idéologie et les calculs politiques pour la survie de chaque institution.

Du côté de la République restent à Waltereich la direction nationale de la VFG ainsi que ses fédérations dont les bastions se trouvent dans la capitale et sa périphérie immédiate, l'ensemble de l'AADG dont la base de fonctionnaires et d'employés des services publics est géographiquement concentrée dans la capitale et la CAV dans son écrasante majorité (sauf la faible minorité calmüser qui s'est ralliée à l'Organisation de Libération Francophone). Ces syndicats forment une coalition syndicale républicaine informelle qui siège auprès du gouvernement dans des comités consultatifs de l'économie de guerre, une institutionnalisation de leur rôle qui les satisfait inégalement selon les confédérations : l'AADG et la CAV sont parfaitement complaisants mais la direction nationale de la VFG s'y sent compromise mais ne peut pas vraiment s'en extraire sans perdre le peu d'influence politique qui lui reste dans la capitale. Les tensions au sein de cette coalition sont permanentes, le SPDG servant d'intermédiaire indispensable mais sa médiation reste insuffisante entre les syndicats qui souhaitent une économie de guerre socialisée face à un gouvernement néolibéral dominé par le Parti du Progrès qui souhaite une approche de partenariats public-privé pour alimenter l'économie de guerre de la République. Actuellement, la direction de la VFG est dominée par son secrétaire général, Klaus Harrenberg. Harrenverg est un homme de 60 ans, fils d'ouvrier sidérurgiste de Waldenau, il fut ancien employé de VGW avant d'intégrer la VFG et de gravir les échelons de la confédération. Il incarne la social-démocratie syndicale par excellence, il croit sincèrement à la co-gestion, au dialogue social, aux avancées graduelles et il considère le ralliement de ses camarades méridionaux à l'ALPG comme une erreur tragique et comme un échec personnel de sa vie militante. Il partage une relation personnelle saine avec Suckow, le président du SPDG, avec qui il partage les mêmes convictions politiques.

Du côté de l'ALPG, les fédérations méridionales d'IG Metall (notamment les sections de Zollstadt, Waldenau et Rheinbruck) qui avaient adoptés une logique de confrontation totale face à VGW lors des grèves de 2013, les fédérations d'IG Chemie et d'IG Bergbau au sud qui ont participés aux premières milices d'autodéfense en 2017 ainsi que plusieurs syndicats locaux indépendants n'appartenant pas aux grandes confédérations syndicales ont rejoints l'ALPG. Ces fédérations dissidentes ont rompus formellement avec la direction nationale de la VFG dans les mois qui ont suivis le début de la guerre civile en refusant de reconnaître sa légitimité à parler en leur nom dans une situation où les militants risquaient leur vie pendant que les dirigeants syndicaux de la centrale négociaient au chaud à Waltereich. Ces fédérations ont ainsi formés rapidement la Revolutionäre Gewerkschaftsunion (Union Syndicale Révolutionnaire - RGU), une nouvelle confédération syndicale d'emblée beaucoup plus radicale et militarisée que n'importe quelle organisation syndicale que le Götterland avait connue depuis la Première République et dont la vocation n'est plus de négocier avec le patronat mais bien de l'exproprier et d'établir par soi-même la gestion des moyens de production par les travailleurs eux-mêmes. Cependant, la RGU est confrontée à la même contradiction que l'ALPG dans son ensemble car elle représente des travailleurs dont les usines sont pour la plupart en arrêt, dont les caisses de solidarité sont désespérément vides et dont les familles meurent de faim ou de violence. Elle n'a pas les moyens de ses ambitions et les différentes factions de l'ALPG ne lui rendent pas service : le PEG veut encadrer la RGU dans la discipline du parti et le Mouvement anti-fasciste libertaire veut en faire le noyau d'une autogestion ouvrière directe sans direction politique centralisée. La RGU est dirigée par Ingrid Molter, actuelle secrétaire générale de la RGU et ancienne responsable d'IG Metall Zollstadt. C'est une femme de 45 ans, ancienne ouvrière spécialisée reconvertie en permanente syndicale, c'était la figure la plus radicale de la VFG bien avant la guerre civile et elle avait mené en première ligne la grève de 2013 sur le terrain. Sa rupture avec Harrenberg en 2018 fur vécue des deux côtés comme une trahison ; depuis, elle dirige la RGU avec une autorité qui repose en grande partie sur sa légitimité de terrain mais en tant que figure de proue, elle se retrouve au centre des tensions entre le PEG eurycommuniste et les libertaires du Mouvement anti-fasciste qui cherchent tous deux à la rallier ou à la neutraliser afin de saisir définitivement la RGU.
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