Posté le : 27 août 2026 à 12:04:17
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Cours sur les moteurs ioniques :
La base du vol spatial est la suivante :
L'action est toujours égale et opposée à la réaction ; c'est-à-dire, que les actions de deux corps l'un sur l'autre sont toujours égales, et dans des directions contraires.
Autrement dit, tout action d’un corps A sur un corps B entraîne irrémédiablement une action réciproque et de sens contraire du corps B sur le corps A. Dans l’espace, ce principe est utilisé pour faire avancer les satellites, modules et autres sondes envoyés par les humains. Cependant, l’espace étant vide, il est impossible de s’appuyer sur un corps B présent dans l’espace pour faire avancer le corps A, le satellite. La solution est la suivante : embarquer avec nous le corps B, le carburant, puis l’éjecter vers l’arrière pour nous propulser vers l’avant. Il convient donc de définir de quelle façon l’éjecter, pour lui donner la plus grande force possible, et nous permettre d’emporter le moins de carburant avec nous. Comme l’énergie que nous donnons aux carburants ne dépend que de deux choses : leur masse et leur vitesse, et que la formule de l’énergie cinétique E=1/2m*v² nous précise que E varie avec le carré de la vitesse, il parait évident qu’il faut en priorité augmenter la vitesse d’éjection de notre carburant si l’on veut maximiser son efficacité. Comment donc maximiser sa vitesse ? La solution la plus simple est de mettre le carburant sous pression puis de le lâcher pour lui donner sa vitesse. Cependant, cela n’est pas efficace, car le carburant reste inerte. Une meilleure méthode, la plus utilisée, consiste plutôt à utiliser les propriétés chimiques des carburants : en les faisant brûler, les gaz s’expandent, prennent plus de place, et ont donc une vitesse d’éjection plus élevée, sans nécessairement ajouter de complexité au moteur. Actuellement, c’est la meilleure méthode de propulsion dans l’espace, et elle a déjà atteint ses limites, avec les moteurs à hydrogène liquide qui donnent une impulsion spécifique de 435 sec.
Et si il y avait d’autres moyens d’accélérer la vitesse des gaz éjectés ?
La méthode ici étudiée est la méthode du propulseur ionique : elle consiste à utiliser un gaz inerte, ici le xénon, puis le ioniser, pour le rendre sensible aux champs magnétiques. Ensuite, on le fait passer dans un champ magnétique qui l’accélère, pour produire la poussée du moteur.
Le moteur à l’étude est donc composé de trois pièces principales : un ioniseur, un canon à électron qui projette des électrons dans un flux d’atome, et qui les ionise donc, les rendant électriquement chargés.
un aimant, qui accélère les particules ainsi chargées à de très grandes vitesses (50 km/s).
un autre canon à électrons qui désionise des particules sortantes du moteur pour les empêcher d'être attirées par la structure du moteur en les rendant électriquement neutres.
La très grande vitesse d’éjection des gaz permet d’atteindre une très grande efficacité, de l’ordre de 900 sec. Cette efficacité pourrait rendre plus simple les voyages interplanétaires. La source d’énergie du moteur, ici, n’est pas le carburant lui-même, qui n’est qu’une masse inerte, mais l’électricité produite par les panneaux solaires de la sonde. Évidemment, ce moteur requiert donc une source fiable et constante d’électricité, ce qui a amené les ingénieurs à améliorer grandement l’efficacité des panneaux solaires.
Le moteur à ions sur lequel se sont concentrés les ingénieurs du programme Kazablanca est nommé SMR-REX 3, et doit être testé dans une mission spatiale nommée Kazablanca 01. La sonde qui supportera le moteur devra, une fois en orbite, utiliser l’efficacité du moteur pour se rendre en orbite de la Lune, et deviendra donc le premier satellite milathien à orbiter un autre astre que la Terre.