Infos Tiva 1er | ÉDITION SPÉCIALE — PRÉSIDENTIELLE ANTICIPÉE 202017/04/2020ÉDITION SPÉCIALE — PRÉSIDENTIELLE ANTICIPÉE 2020LA LNC DOMINE LE HAUT-SÉNAT, MAIS ASMAN REFUSE ENCORE DE LUI DONNER LES CLÉS DE LA PRÉSIDENCELa présidentielle anticipée entre désormais dans une phase où les sondages nationaux ne suffisent plus à mesurer les chances réelles des candidats. Alors que la Ligue Nationale Conservatrice apparaît en tête des intentions de vote avec 47,8 %, devant la Compagnie à Gauche à 40 % et le MaD à 12,2 %, la composition du Haut-Sénat révèle une réalité beaucoup plus complexe :
la LNC dispose d'une majorité très importante au niveau fédéral, mais elle n'a pas encore obtenu les majorités territoriales nécessaires dans chacun des trois districts.Cette situation résulte directement du mécanisme exceptionnel mis en place après la destitution et la condamnation de l'ancien président Aimyouk. Les élections générales n'étant prévues qu'en 2022, les députés de la législature actuelle demeurent en fonction. La présidentielle anticipée ne provoque donc ni dissolution de l'Assemblée ni renouvellement général des députés. Le pays doit désigner un nouveau président alors même que l'actuelle législature poursuit son mandat.
Dans ce dispositif, le Haut-Sénat joue un rôle central. Ses 90 membres représentent les institutions des trois districts, à raison de
30 Haut-Sénateurs par district. La règle ne consiste pas simplement à être le candidat arrivé en tête : il faut franchir le seuil de la majorité absolue dans chacun des territoires, soit
16 voix sur 30.
Et c'est précisément ce qui rend la situation actuelle particulièrement incertaine.
UN HAUT-SÉNAT LARGEMENT DOMINÉ PAR LA DROITELa composition actuelle donne une avance considérable aux forces de droite. Les Loyalistes , À Droite pour Tiva disposent à eux seuls de 42 sièges, auxquels s'ajoutent les 9 Haut-Sénateurs de la Ligue Nationale Conservatrice. L'UPD, avec ses 12 représentants, constitue également une force importante dans cette équation, même si son implantation est plus dispersée.
Face à eux, l'ancien centre présidentiel représenté par l'ATC, les socialistes, la CTP et le Parti Communiste Tivanais disposent d'une représentation significative mais minoritaire.
La répartition territoriale est la suivante :
La géographie politique est particulièrement nette :
Ötüken est quasiment verrouillé par la droite, tandis que Dharma et surtout Asman concentrent l'essentiel des incertitudes.
DHARMA : LA LNC PASSE JUSTE AU-DESSUS DU SEUILÀ Dharma, la projection donne 16 voix à la LNC, contre 13 à la Compagnie à Gauche et une au MaD.
La LNC franchit donc la majorité absolue, mais avec une marge extrêmement réduite.
Un seul Haut-Sénateur changeant de camp suffirait à faire disparaître cette majorité.Cette fragilité explique pourquoi la campagne de la LNC est particulièrement active dans le nord du Dharma, où elle possède déjà un important réseau politique. Le parti cherche à consolider les soutiens qui lui permettent d'atteindre les 16 voix nécessaires plutôt qu'à simplement augmenter son score national.
Pour la Compagnie à Gauche, Dharma constitue au contraire une occasion de remettre en cause la dynamique nationale de la LNC. Avec 13 voix, elle n'est qu'à trois sièges du seuil.
ASMAN : LE SEUL DISTRICT OÙ PERSONNE NE GAGNE ENCOREC'est cependant à Asman que se trouve le véritable verrou de cette présidentielle.
La projection donne 15 Haut-Sénateurs à la Compagnie à Gauche, 14 à la LNC et une voix au MaD.
La Compagnie à Gauche arrive donc en tête, mais
elle ne possède pas la majorité absolue. Avec 15 voix, elle atteint exactement 50 %, alors que le seuil nécessaire est de 16.
Le résultat est politiquement explosif : le district dans lequel la CAG est la plus forte électoralement est également celui où elle échoue, pour l'instant, à transformer cette domination en majorité institutionnelle.
Le seul Haut-Sénateur du MaD peut donc devenir déterminant.
S'il rejoint la CAG, celle-ci atteint immédiatement 16 voix.
S'il choisit la LNC, celle-ci atteindrait 15 voix et resterait encore à une voix du seuil.
Et si le MaD refuse de choisir entre les deux blocs, la négociation devra se déplacer vers les autres formations représentées à Asman.
Un seul siège manque donc à chacun des deux grands blocs pour contrôler Asman.C'est exactement la situation que les états-majors redoutaient : une élection où le résultat national ne permet pas de déterminer le vainqueur institutionnel.
ÖTÜKEN : LE BASTION OÙ LA LNC NE TREMBLE PASÀ Ötüken, le scénario est radicalement différent.
La LNC dispose de 30 voix sur 30 dans la projection institutionnelle.
Ce résultat reflète l'implantation exceptionnelle de la droite dans le district. Les Loyalistes y possèdent 20 sièges, auxquels s'ajoutent les 9 représentants de la LNC et un représentant de l'UPD.
La LNC n'a donc aucun problème pour franchir le seuil des 16 voix à Ötüken.
Ce district constitue son véritable verrou institutionnel et explique en grande partie pourquoi le parti conserve une position aussi favorable dans la projection nationale.
60 VOIX SUR 90, MAIS UNE VICTOIRE QUI N'EST TOUJOURS PAS ACQUISEAu total, la projection donne :
À première vue, le rapport de force semble écrasant :
60 Haut-Sénateurs pour la LNC contre 28 pour la CAG et 2 pour le MaD.Mais le système ne récompense pas uniquement la majorité nationale.
La LNC possède 60 voix, mais elle doit franchir trois seuils territoriaux distincts. Elle les franchit à Dharma et Ötüken, mais pas encore à Asman.
C'est toute la particularité de cette présidentielle.
Une majorité fédérale ne remplace pas une majorité territoriale.L'OMBRE DE L'ACF PLANE SUR TOUTE L'ÉLECTIONCette équation institutionnelle ne peut être comprise sans revenir sur le bouleversement provoqué par le rattachement de l'Action Centriste Fédérale à la Compagnie à Gauche.
L'ancien parti présidentiel, qui a accompagné Aimyouk pendant une décennie, s'est finalement retrouvé dans la coalition regroupant la CTP, les socialistes, les écologistes et les communistes.
Le choix est lourd de conséquences.
Une partie de l'ancien électorat ACF s'est effectivement déplacée vers la Compagnie à Gauche. Mais plusieurs élus centristes ont pris le chemin inverse et ont rejoint la LNC.
Ces transferts produisent une situation politiquement inhabituelle :
les électeurs de l'ancien parti présidentiel ne suivent plus nécessairement les consignes de leurs anciens dirigeants, tandis que certains de ses élus siègent désormais aux côtés de la droite conservatrice.La LNC exploite cette fracture pour présenter son élargissement comme une coalition de responsabilité institutionnelle. La CAG, elle, tente de démontrer que le ralliement de l'ACF prouve qu'elle n'est plus simplement une alliance de gauche mais une force capable de rassembler au-delà de son électorat traditionnel.
La bataille porte donc autant sur l'interprétation de ces ralliements que sur leur nombre réel.
UNE ÉTRANGE MIGRATION POLITIQUELa campagne présente ainsi un phénomène rarement observé dans la vie politique tivanaise :
l'électorat et les élus d'une même formation ne prennent plus nécessairement la même direction.Une partie des électeurs de l'ACF se rapproche de la Compagnie à Gauche, convaincue que l'alliance avec la gauche permettra de préserver certains acquis de la période présidentielle. Dans le même temps, plusieurs élus ACF rejoignent la LNC, estimant que leur responsabilité institutionnelle leur impose au contraire de s'opposer à cette coalition.
Cette divergence donne une importance nouvelle aux alliances.
La Compagnie à Gauche peut désormais dire qu'elle rassemble une grande partie de l'ancien centre, les socialistes, la CTP, les écologistes et les communistes. La LNC peut répondre qu'elle rassemble désormais non seulement la droite conservatrice traditionnelle, mais également une partie des anciens élus centristes qui ont gouverné le pays.
Le MaD, lui, conserve une position intermédiaire. Ses 12,2 % nationaux ne lui permettent pas actuellement de prétendre à la victoire, mais ils pourraient être déterminants dans les territoires où quelques points suffisent à faire basculer une majorité.
UNE PRÉSIDENTIELLE QUI SE GAGNERA AVEC DES ALLIÉSDans une présidentielle classique, la logique est relativement simple : obtenir suffisamment de voix pour accéder au second tour, puis réunir une majorité populaire. Ici, cette mécanique disparaît presque entièrement.
Les partis doivent désormais réfléchir en termes de
coalitions territoriales et institutionnelles. Un candidat peut arriver très largement en tête au niveau national mais échouer à construire la majorité requise dans un district. À l'inverse, un candidat qui dispose d'une implantation plus équilibrée peut être mieux placé pour obtenir les soutiens nécessaires.
C'est pourquoi les négociations sont devenues aussi importantes que les sondages.
La LNC cherche à consolider ses positions à Ötüken, à conserver son avantage dans le nord du Dharma et à récupérer suffisamment d'élus centristes dans les territoires de l'ancien électorat ACF.
La Compagnie à Gauche doit préserver son avance à Asman, empêcher l'érosion de son électorat centriste et démontrer que le rattachement de l'ACF n'est pas simplement symbolique mais qu'il peut réellement lui apporter des soutiens institutionnels.
Le MaD cherche, lui, à conserver son autonomie tout en devenant suffisamment important pour que les deux grands blocs soient obligés de négocier avec lui.
La bataille ne porte donc plus seulement sur le nombre de voix obtenues, mais sur la capacité à transformer ces voix en sièges, ces sièges en soutiens institutionnels et ces soutiens en majorité.LE RISQUE D'UNE PRÉSIDENCE SANS MAJORITÉ PARLEMENTAIREUne autre difficulté apparaît immédiatement : les députés qui participent aujourd'hui au processus présidentiel ne sont pas issus d'une nouvelle élection générale.
Ils sont les députés de la législature actuelle et restent en fonction jusqu'en 2022.
Le président qui sera désigné en 2020 devra donc gouverner avec une Assemblée qui n'aura pas nécessairement été élue sur son nom ou sur son programme. Il pourra être soutenu par une coalition institutionnelle suffisamment large pour accéder à la présidence tout en se retrouvant, quelques mois plus tard, confronté à une Assemblée beaucoup moins favorable à son gouvernement.
C'est ici que le calendrier prend toute son importance.
2020 ne constitue pas le début d'une nouvelle législature. C'est une rupture présidentielle au milieu de la législature actuelle.Les députés restent donc en place jusqu'en 2022. Ce n'est qu'à cette date que les électeurs seront appelés à renouveler normalement l'Assemblée.
Le futur président devra ensuite obtenir la confiance de la nouvelle majorité issue des élections générales de 2022, conformément au fonctionnement ordinaire des institutions.
2022 EST DÉJÀ DANS TOUTES LES TÊTESCette perspective explique pourquoi les partis abordent la campagne avec une prudence particulière. Une alliance qui permettrait de remporter la présidentielle en 2020 pourrait devenir un handicap lors des générales de 2022. À l'inverse, une formation qui refuserait une alliance aujourd'hui pourrait perdre l'occasion d'influencer le prochain gouvernement.
La LNC doit donc arbitrer entre son avantage actuel dans les sondages et la nécessité de ne pas effrayer les électeurs centristes qu'elle cherche à récupérer.
La Compagnie à Gauche doit démontrer que son alliance avec l'ACF ne transforme pas la coalition en un ensemble politiquement incohérent, tout en rassurant les électeurs qui craignent l'influence de la gauche radicale.
L'ACF, elle, joue probablement son avenir politique. Après avoir été au pouvoir pendant dix ans, son choix de rejoindre la gauche constitue une rupture majeure. Les élus qui l'ont quittée pour la LNC peuvent désormais tenter de convaincre les électeurs que l'ancien parti présidentiel a perdu sa fonction historique.
LE RÉFÉRENDUM, DERNIÈRE ÉTAPEMême après la bataille institutionnelle, l'élection ne sera pas totalement terminée.
Le président désigné devra encore retourner devant les citoyens. Le référendum constitue la dernière étape du processus :
le peuple devra accepter ou refuser la personne choisie pour exercer la présidence.Cette étape donne au scrutin une dimension particulière. Les formations devront non seulement parvenir à faire élire leur candidat, mais également construire autour de lui une légitimité suffisamment large pour éviter qu'une victoire institutionnelle ne soit immédiatement suivie d'un rejet populaire.
Une campagne de référendum pourrait alors devenir une nouvelle bataille politique, notamment si le candidat est élu avec une majorité fragile ou grâce à une alliance entre plusieurs forces qui ne partagent pas exactement le même projet.
LA LNC FAVORITE, MAIS RIEN N'EST JOUÉÀ ce stade de la campagne, la Ligue Nationale Conservatrice dispose d'un avantage national réel : 47,8 % contre 40 % pour la Compagnie à Gauche et 12,2 % pour le MaD.
Le Haut-Sénat donne quant à lui une avance institutionnelle considérable à la LNC avec 60 voix sur 90.
Pourtant, l'élection n'est toujours pas réglée.
La LNC contrôle Dharma et Ötüken dans la projection institutionnelle, mais reste bloquée à Asman. La Compagnie à Gauche est première à Asman mais ne dispose pas de la majorité absolue. Le MaD peut donc devenir un acteur décisif.
Et derrière les chiffres se joue une bataille politique plus profonde : celle des alliances.
L'ACF a rejoint la gauche tandis que certains de ses élus ont rejoint la droite. Les anciens centristes se dispersent. L'UPD peut devenir un partenaire indispensable de la LNC. Le MaD peut faire basculer Asman. Les formations historiques de gauche cherchent à conserver leur influence tout en se présentant comme une coalition capable de gouverner.
Jamais une élection présidentielle tivanaise n'aura autant dépendu de la capacité des partis à transformer leurs alliances en majorités territoriales.La LNC possède aujourd'hui l'avantage national et institutionnel. La Compagnie à Gauche conserve une importante réserve de voix, particulièrement à Asman. Le MaD possède peu de représentants mais pourrait disposer de l'un des pouvoirs de négociation les plus importants de la campagne.
Une chose est désormais certaine :
la bataille présidentielle ne se gagnera pas uniquement au nombre de voix obtenues dans le pays. Elle se gagnera district par district, majorité par majorité, alliance par alliance.Et à l'heure actuelle,
Asman est le seul territoire qui empêche encore la LNC de transformer sa domination institutionnelle en victoire complète.