01/11/2019
11:53:00
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La Jungle du Bas-Götterland.

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La Jungle du Bas-Götterland :

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Emprise des cartels :
Moyenne (45%).
(Si l'emprise des cartels augmente jusqu'à 100%, il est probable que l'autorité de l'ALPG s'effondre pour laisser place à un pur narco-Etat ; si l'emprise des cartels est trop forte, elle peut avoir un impact sur l'organisation des troupes de l'ALPG).

Le problème de la drogue au Bas-Götterland n'est pas un phénomène lié directement à la guerre civile mais une pathologie sociale antérieure à 2017 que la guerre civile a seulement contribué à aggraver davantage sans en être la cause première puisque la drogue fait figure, depuis les années 2010 et le vide laissé par la désindustrialisation et l'effondrement des services publics, de structure économique et sociale quasi-parallèle au reste de la société civile. Le terrain est déjà préparé pour ça entre le chômage de masse qui atteint quasiment la moitié de la population active, produisant une génération entière de jeunes adultes sans perspective d'emploi, sans formation valorisable sur un marché du travail défaillant avant la guerre et désormais inexistant et avec un système de santé mentale et d'addictologie déjà sous-financé par des décennies de coupures budgétaires du Parti du Progrès. Dans ce contexte, la consommation de stupéfiants a émergé comme une réponse de masse de la population à une sorte de désespoir collectif, une fonction d'anesthésie sociale qui s'est normalisée au point que la consommation publique ne suscite plus ni honte ni dissimulation dans la plupart des rues des grandes villes. Sur le plan de l'offre, le marché qui s'est structuré dans cette période repose sur une coexistence entre cartels locaux et réseaux pilotés depuis l'extérieur, principalement par des mafias étrangères de tous bords, notamment velsnienne, qui ont trouvés dans le Bas-Götterland un débouché logistique intéressant grâce aux infrastructures industrielles partiellement désaffectées qui offrent des points de stockage et de transformation difficiles à surveiller pour des autorités déjà débordées. Les substances qui circulent vont des opioïdes synthétiques, dont la prescription massive par GCP dans les années 2000 et 2010 (avec le cas Dormazin) a créé un bassin de dépendance préexistant que le marché illégal n'a eu qu'à prendre en charge une fois les circuits légaux de remboursement devenus trop coûteux ou inaccessibles, jusqu'aux drogues de synthèse produites localement dans des laboratoires clandestins installés dans des friches industrielles, en passant par les importations classiques acheminées via les réseaux mafieux étrangers.

L'arrivée de la guerre civile et de l'ALPG n'a pas démantelé les réseaux pour autant et a même renforcé ces derniers à plusieurs égards. D'abord car l'effondrement de ce qui restait de l'appareil policier et hospitalier de la République a supprimé les derniers freins institutionnels, aussi inefficaces fussent-ils, qui pesaient sur le trafic. Ensuite car la désorganisation économique généralisée des territoires de l'ALPG a fait des réseaux de distribution de drogue l'un des rares employeurs fonctionnels du territoire, captant une main d'œuvre jeune et sans emploi que l'ALPG elle-même peine à recruter dans ses rangs. Enfin, parce que dans plusieurs quartiers, des structures liées aux cartels assurent de fait certaines fonctions de la gouvernance locale, pour la distribution alimentaire ou la protection de proximité par exemple, que ni l'administration révolutionnaire balbutiante, ni les organisations de l'ALPG ne peuvent fournir, ce qui crée une dépendance réciproque entre une partie de la population et des acteurs que la plupart des factions de l'ALPG qualifient généralement d'éléments contre-révolutionnaires. Les conséquences sanitaires sont massives et largement non quantifiées, faute de système de surveillance épidémiologique fonctionnel : overdoses non recensées, maladies infectieuses liées à l'usage de drogues injectables alors le matériel stérile manque cruellement, comorbidités psychiatriques non traitées, etc. Les conséquences sur l'ordre public sont tout autant catastrophiques car la consommation ouverte dans l'espace public s'étend au fur à mesure que les structures sociales qui maintenaient encore un minimum de régulation informelle se sont effondrées et les rivalités entre cartels contribuent à une violence armée récurrente dans les grandes villes, à la fois entre les cartels eux-mêmes mais aussi entre combattants de l'ALPG et trafiquants, brouillant en permanence la lecture du niveau de violence réel sur le territoire, il arrive parfois que les actions de la guérilla réactionnaire se mêle avec des affrontements de cartels.


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Force de la résistance réactionnaire :
Forte (70%).
(Bien que les réactionnaires du Bas-Götterland sont bien incapables matériellement de combattre l'ALPG ou de renverser ces derniers, une résistance réactionnaire trop forte minera le moral et l'organisation des troupes de l'ALPG sur le terrain et gênera toute opération militaire de leur part).

La guérilla réactionnaire qui sévit dans les campagnes et certaines périphéries urbaines du Bas-Götterland constitue, du point de vue de l'ALPG, une de ses menaces intérieures les plus sérieuses. Le terreau sociologique de cette résistance était déjà constitué avant la guerre civile car après tout, le Bas-Götterland rurale, contrairement aux grandes villes qui ont rapidement basculé vers l'ALPG, n'a jamais été un terrain favorable à l'extrême gauche : c'est une population vieillissante, rigoureusement catholique dans une proportion supérieure à la moyenne nationale, attachée à la propriété foncière (même modeste) et durablement exposée depuis des décennies à un discours médiatique et politique fermement anticommuniste qui associe le communisme aux clichés habituels et aux peurs collectives provoquées par la collectivisation, la confiscation des terres ou la destruction des structures familiales et religieuses qui organisent encore la vie communautaire rurale. Quand l'ALPG a pris le contrôle plus ou moins effectif de la région à la faveur de la récupération de ses bastions industriels, elle n'a pas conquis une population neutre ou hésitante mais un territoire où l'écrasante majorité des habitants perçoit encore l'ALPG comme une force d'occupation hostile et illégitime, tantôt des rebelles communistes lunatiques, dans d'autres cas les simples agents de l'étranger, qu'ils soient à la solde du Grand Kah ou de la Loduarie.

C'est une résistance qui est, d'un point de vue organisationnel, peu unifiée et qui ressemble beaucoup plus à une constellation de groupes locaux qu'à une force de résistance unique, ce qui donne un certain avantage à l'ALPG qui est certes rongé par le factionnalisme mais qui reste bien mieux organisé. On trouve dans cette résistance plusieurs strates qui se superposent sans nécessairement coordonner leurs actions entre des réseaux de notables locaux (propriétaires terriens, élus locaux, clergé local) qui fournissent surtout des infrastructures de soutien comme des caches d'armes, des refuges, des renseignements et une légitimité morale auprès de la population qui transforme les actes de violence réactionnaire en résistance légitime ; d'anciens militaires de la Seconde République qui n'ont pas eu le luxe de pouvoir rejoindre une faction particulière et qui s'organisent en groupes locaux qui ne vont pas plus loin dans leur allégeance politique que la revendication d'un anticommunisme viscéral ; enfin, de nombreux jeunes hommes radicalisés par la propagande conservatrice ou religieuse qui prennent à leur tour les armes dans des groupes hétéroclites et disparates. Cette guérilla, dans son ensemble, mène une forme d'insurrection de faible intensité sur le territoire du Bas-Götterland : attentats à l'explosif sur les postes de contrôle ou les convois de transport, destructions d'infrastructures (ponts, voies ferrées), embuscades de patrouilles et de colonnes de ravitaillement (notamment dans les zones rurales bien connues des insurgés et peu connues des combattants de l'ALPG, composés de citadins peu habitués à la campagne), assassinats ciblés sur des cadres ou officiers de l'ALPG, etc.
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