Événements divers et variés
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Posté le : 16 juin 2026 à 06:25:07
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Ce climat amplifie naturellement la paranoïa présente au sein des deux partis. « Il ne va pas au restaurant un peu trop souvent ? », « Depuis quand a-t-il assez d'argent pour acheter une voiture de luxe ? », telles sont les questions qu'ils se posent constamment entre amis et alliés. Cette paranoïa a conduit les chefs du FNSD à publier une déclaration ouvrant la porte à la collaboration avec « tous ceux avec qui nous partageons de l'ADN politique » — une autorisation à peine voilée à négocier avec PRONA. Aujourd'hui est le grand jour, un accord, même secret, même informel, pourrait donner une majorité absolue à la coalition, mais pour l'obtenir, il faut savoir quoi donner et quoi refuser.
Joan a vu PRONA en action, la manière avec laquelle ils ont détruit le gouvernement du FL, en collaboration avec MAXIMUS, était déconcertante. Pour certains au sein du leadership du FNSD, c'était même un avertissement. « Ils ne sont que des prostitués », disent certains. « Ce ne sont que des charlatans », disent d'autres. Mais le fait est là : si la coalition FNSD-PSU veut sécuriser sa place dans l'Assemblée, elle a besoin de leurs votes, c'est alors que Joan, après avoir marché pendant un temps qui semblait si long pour un restaurant si petit, arrive à la chambre privée où les négociations doivent se tenir. « On se croirait dans un film de gangsters », pense-t-il. La lumière rose émanant des lampes ne fait rien pour dissiper ce sentiment, il ouvre la porte. C'est là qu'il voit João Batista, président de PRONA, installé avec son bras droit, Manuel Nunes. Ce dernier se lève et dit d'un ton amical :
Batista : Bonsoir, Monsieur le Premier ministre. Alors ? Vous soutenez le nouveau nom ?
Joan : Oui, merci de vous en soucier, monsieur Batista, lance Joan d'un ton des plus nonchalants.
Batista : Bien, bien… alors, passons directement au sujet. Quelle est la raison de cette rencontre ?
Joan : Nous avons besoin de vos votes.
Batista : De nos votes ? Sur quoi ?
Joan : Nous avons mis en place un projet de loi pour créer un ministère dédié à la lutte anticorruption et, pour être franc, nous avons besoin de chaque vote que nous pouvons obtenir.
Batista : N'avez-vous pas déja une majorité à l'Assemblée ? Monsieur le Premier ministre ne serait-il pas confiant quant à l'intégrité de ses alliés ?
Joan : …
Un silence tombe sur la salle, un silence aussi embarrassant que révélateur. Un sentiment de honte submerge le Premier ministre, il sait que Batista fera tout ce qui est en son pouvoir pour obtenir le maximum de concessions possibles.
Batista : Bon, ça va, reprend Batista. Vous aurez vos voix, mais à une seule condition : quand vous passerez cette loi, je veux que les premiers à en sentir les effets soient les syndicats de votre coalition.
Joan : quoi ? non ! Ces conditions sont inacceptables, il y a sûrement autre chose sur laquelle on peut s'entendre.
Soudainement, Batista l'interrompt d'une voix sèche : Non, si cela vous inquiète, Monsieur le Premier ministre, je vous garantis qu'il n'y a pas d'appareil de surveillance ici, alors arrêtez votre cinéma, la balle est désormais dans votre camp, c'est ça, ou je vote contre vos mesures.
Nunes lui tape alors sur l'épaule et lui glisse discrètement un rappel à l'oreille :Tu te souviens de ce que tu as dit à la conférence du parti ?
Soudainement, Batista se souvient de ce que Nunes veut lui dire : Oh ! Et nous voulons que celui qui dirigera le ministère soit choisi par nous.
Joan est pour le moins surpris par cette demande. Accepter pourrait déclencher une guerre civile dans la coalition.
Joan : Non, rétorque Joan d'une voix ferme. Je peux accepter l'une de vos conditions, pas les deux en même temps, alors décidez, que voulez-vous faire ?
Batista : Vous savez qu'on a les cartes en main, si vous pouviez passer cette loi sans nous, vous ne seriez pas venu ici.
Joan : Je peux aussi tout simplement ne pas présenter la proposition à l'Assemblée et voter contre toutes vos propositions, vous obtiendrez quelque chose en collaborant, mais vous n'obtiendrez rien en restant sur votre morale.
Batista soupire et regarda son compère :
Batista : Vous pouvez nous accorder un moment seuls à seuls ?
Joan acquiesce, se lève et quitte la pièce pour rejoindre ses gardes du corps. Restés seuls, les deux hommes se consultent rapidement.
Batista : Faut se rendre à l'évidence, il faut choisir soit l'un, soit l'autre.
Nunes : Ou bien on peut rester dans l'opposition, tout ce qu'il nous faut, c'est un autre scandale de corruption et moderniser notre bureau des relations publiques. On s'en fout des gauchistes, ils sont corrompus jusqu'à la moelle.
Batista : Mais c'est une opportunité qui ne se représentera jamais.
Nunes : Et alors ?
Batista : Tout ce qu'on a à faire, c'est trouver des preuves. Même s'ils surveillent chaque mouvement de celui que nous choisirons, on aura juste besoin d'une preuve, d'un document, et on pourra soit le livrer à la presse, soit l'utiliser pour leur forcer la main.
Nunes : OK… OK… Mais assure-moi que tu veilleras au grain, on ne peut pas se permettre de se faire piégé de cette manière.
Batista hocha la tête et se lève pour ouvrir la porte :
Batista : Nous avons fait notre choix, vous pouvez entrer.
Joan : Finalement, alors, quelle est votre réponse ?
Batista : On veut qu'un de nos gars dirige le ministère. Montre-lui, Manuel.
Nunes sort alors deux documents de son dossier :
Nunes : Vous aurez le choix entre ces deux candidats. À droite, Juliano Prestes : c'est un journaliste, un idéologue compétent et dévoué. Il travaille pour nous, le problème, c'est que sa famille avait des liens avec le régime de Samir. À gauche, il y a Luciano Quintana : économiste, il travaille dans un des magazines majeurs du pays. C'était un ancien membre du parti quand on était unis, mais après avoir obtenu un travail, il a décidé de se tenir loin de la politique. Malgré cela, on reste en contact avec lui et il produit occasionnellement des articles qui vont dans notre direction.
Joan prend les deux documents et les passe en revue sans fin. Ces deux choix ne sont pas bons, il le sait. Ces deux bâtards essaient de l'entuber et le leadership du parti le saura quand ils verront les conditions. Même s'il a une influence considérable, il doit toujours composer avec le reste du conseil pour éviter des rébellions, et ça c'est sans même parler des communistes, il était déjà à cran quand le conseil a publié la déclaration, mais ils seront probablement furieux quand ils auront des nouvelles de cet accord.
Joan : J'irai avec Quintana, tranche Joan.
Batista : Ravi de faire affaire avec vous, Monsieur le Premier ministre.
Joan, avec un sourire des plus superficiels, réplique : Moi aussi.
Sur cette note, Joan se lève et se dirige vers son véhicule. Il connaît les critiques qui s'abattront sur lui pour ce qu'il vient de faire et cet accord sera potentiellement l'événement le plus important de sa carrière, qui pourrait soit le renforcer, soit le bannir dans les profondeurs de l'infamie.