04/11/2019
23:59:48
Index du forum Continents Eurysie Götterland Front de Résistance Nationale

Présentation du Front de Résistance Nationale.

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Front de Résistance Nationale :

FRN

You are fake news.
⮕ Conservateurs.


Histoire :

Pour comprendre le Front de Résistance Nationale, il faut en revenir au parti qui est au centre même de cette faction, le Parti d'Identité Nationale, fondé en 2001, dont il convient lui aussi de revenir sur les origines. Le Parti Libéral-Conservateur, qui avait gouverné le Götterland depuis la fondation de la Seconde République en 1929 n'a jamais véritablement survécu au tournant néolibéral de 1979. Une partie de son électorat et de ses cadres ont directement été absorbés par le Parti du Progrès lui-même qui proposait après tout sur le plan économique un programme de dérégulation et de privatisation que les libéraux-conservateurs avaient eux-mêmes commencé à esquisser. Une autre partie s'était repliée sur l'Union Chrétienne qui était devenue de fait le réceptacle de tout ce qui restait de la droite parlementaire traditionnelle. Le PLC lui-même se dissout progressivement dans les années 1980 et 1990, ses dernières fédérations locales se vidant ou fusionnant avec l'UC avant d'être formellement dissoute au tournant du siècle. Cependant, cette absorption laissa insatisfaite une fraction significative et croissante de l'électorat conservateur götterlandais pour des raisons que ni le Parti du Progrès, ni l'Union Chrétienne ne pouvaient satisfaire simultanément. Le Parti du Progrès offrait certes le libéralisme économique mais l'assortissait d'un progressisme social et d'un multiculturalisme que les conservateurs rejetaient catégoriquement tandis que l'UC offrait une forme de conservatisme social et un certain scepticisme à l'égard du néolibéralisme pur mais dans un cadre résolument modéré, démocrate-chrétien, attaché au dialogue institutionnel et de plus de plus marginalisé électoralement. Pour une fraction de l'électorat conservateur, notamment dans les villes industrielles en déclin comme Rheinbruck, les campagnes ou encore au sein de la bourgeoisie nationaliste des grandes villes, ni l'une ni l'autre de ces deux offres politiques ne correspondait à ce qu'ils ressentaient comme leurs préoccupations réelles entre la peur du déclassement économique face à la mondialisation, l'hostilité croissante à l'immigration, le rejet viscéral de ce qu'ils percevaient comme l'arrogance culturelle des élites progressistes urbaines et une nostalgie diffuse d'une époque où le Götterland comptait encore sur la scène internationale. Le Parti d'Identité Nationale fut donc fondé en 2001 par une coalition hétérogène d'anciens cadres du PLC dissous, de transfuges de l'aile droitière de l'UC frustrés par ce qu'ils percevaient comme de la mollesse et de l'indécision chronique de leur parti, et surtout de nombreux nouveaux entrants issus de mouvements régionalistes, identitaires et anti-immigration qui existaient en marge du système parlementaire depuis les années 1990 sans avoir aucune structure électorale pour faire porter leur voix au Landtag. Cette genèse plurielle explique en partie l'identité initiale du parti qui combine plusieurs éléments qui ne s'articulent pas toujours de manière cohérente car le parti mélange à la fois un fort discours populiste anti-élitiste et anti-establishment qui cible le Parti du Progrès et l'Union Chrétienne, un nationalisme et un nativisme qui font de l'immigration et de la mondialisation la première cause du déclin götterlandais et un programme économique qui, paradoxalement pour un parti qui se prétend défenseur de la classe moyenne et des travailleurs honnêtes, favorise énormément l'économie de marché, la privatisation et le conservatisme fiscal, un programme qui est à peine plus différent que celui du Parti du Progrès dans le fond.

Les premières années du PIN sont assez hésitantes. Sous sa direction initiale, assez collégiale et dominée par d'anciennes figures du PLC, le PIN se présente encore sous le même langage que l'ancien PLC avec un vocabulaire conservateur classique avec quelques accents nettement nationalistes et protectionnistes. Les premiers résultats électoraux sont modestes car même si le PIN entre au Landtag dès 2001, son faible nombre de sièges cantonne le parti à une force d'appoint incapable de constituer une alternative crédible au duopole de centre-droit du Parti du Progrès et de l'UC qui structure clairement le débat politique götterlandais dans les années 2000. Cette période fut donc marquée par un débat interne qui allait par la suite structurer le parti par la suite : fallait-il chercher la respectabilité en présentant comme une alternative conservatrice sérieuse capable de gouverner en coalition, quitte à modérer le discours et diluer l'identité du parti, ou faut-il cultiver la radicalité et accepter le statut de parti protestataire au prix d'une certaine marginalisation électorale prolongée ? La direction des premières années optait clairement pour la première option, produisant ainsi des résultats électoraux certes décevants mais stables, le parti progressait lentement, sans aucune percée, accumulant une frustration croissante dans sa base militante qui se sentait trahie par la timidité de la direction du parti. C'est dans ce contexte de frustration que mûrit l'idée, au milieu des années 2000, l'idée d'ouvrir la direction du parti à une primaire élargie afin de permettre non seulement aux cadres actuels mais également à l'ensemble des adhérents et sympathisants extérieurs du parti d'être désigné comme nouveau président. Cette réforme, à l'époque vue comme une modernisation démocratique du fonctionnement interne du parti, allait avoir des conséquences durables.

En 2008, une primaire élargie est organisée au sein du PIN et parmi de nombreux candidats issus des rangs habituels du Parti (députés, responsables fédéraux, figures militantes), un candidat sort du lot : Leonhard Goldstein. Goldstein est un homme d'affaires et une personnalité médiatique importante issue de Rheinbruck, connu pour détenir le groupe Volksstimme, un important groupe médiatique privé qui commente régulièrement l'actualité politique et économique, souvent avec grossièreté et sans retenue et qui tranche radicalement avec le ton feutré de la politique götterlandaise traditionnelle. Goldstein n'avait jamais jusqu'alors occupé une fonction politique ou membre d'un parti politique et ses détracteurs au sein du PIN le présentaient déjà comme un amateur sans connaissance des dossiers, un bouffon ploutocrate qui va transformer le parti en spectacle si on le laissait faire. Sa candidature a pourtant le vent en poupe car ses médias privés lui constitue rapidement une audience fidèle de plusieurs centaines de milliers de personnes, principalement des hommes d'âge moyen, des ouvriers et des petits commerçants des villes industrielles et des campagnes. Toutes ces parties se reconnaissent dans son ton brutal, sa colère contre les élites de la capitale, ses avis impopulaires sur l'immigration et le multiculturalisme et son mépris assumé pour ce qu'il considère comme la bien-pensance et le politiquement correct. Cette audience, mobilisée par une campagne de primaire menée exclusivement sur les ondes de ses médias et relayée sur les réseaux sociaux, submerge les autres candidats qui, avec une base militante plus âgée et moins nombreuse, ne peut rivaliser. La victoire de Goldstein à la primaire de 2008 avec environ 58% des voix exprimées face à quatre autres candidats, est un choc pour l'establishment du parti qui envisage sérieusement, dans les semaines qui suivent, de faire scission plutôt que d'accepter cette direction jugée grotesque. Cette scission n'aura finalement pas lieu, notamment grâce aux sondages qui montrèrent assez vite que la personnalité de Goldstein séduisait l'électorat götterlandais, faisant monter le PIN dans les intentions de vote et fut suffisant pour convaincre les plus hésitants à rester.

La même année, toujours en 2008, la campagne présidentielle de cette année fut le moment pour Goldstein de briller. Son programme combinait un isolationnisme international assumé et un paléo-conservatisme qui prônait un maintien strict des territoires d'outre-mer, la répression des mouvements indépendantistes et même l'idée de restaurer l'influence götterlandaise en Afarée, une position que même l'aile la plus dure de l'UC a jugé anachronique et colonialiste. Sur le plan intérieur, le programme de Goldstein visait à la fois une privatisation massive du secteur public résiduel, une libéralisation du contrôle des armes à feu, une surveillance accrue de la population au nom de la sécurité publique et un conservatisme fiscal absolu. Goldstein défendait un programme économique résolument libéral mais reprenait une rhétorique de défense de la classe moyenne et des travailleurs honnêtes (et blancs) götterlandais en s'attaquant à une forme de triade d'ennemis fondamentalement liés les uns aux autres : les grandes entreprises (qui délocalisent sans scrupule), les puissances étrangères (qui favorisent la désindustrialisation du pays à leur profit) et les immigrés (qui "volent" les emplois des Götterlandais). Cette articulation avec un programme qui, techniquement, bénéficiait structurellement aux grands propriétaires et au grand patronat mais présenté comme une défense du petit peuple contre les puissants, n'a jamais été examiné de manière critique par l'électorat du PIN pour qui l'identité de l'ennemi importait infiniment plus que la cohérence du programme. Evidemment, face à la machine électorale hégémonique du Parti du Progrès, Goldstein est battu à plat de couture à l'élection de 2008 mais le scrutin qu'il obtient, le meilleur de l'histoire du parti jusqu'à là, transforme immédiatement sa position interne. Lui qui était encore perçu jusqu'ici comme un épiphénomène ou une anomalie politique était devenue en quelques mois l'identité du parti et les années qui suivent permettent à Goldstein de consolider son emprise sur le parti en purgeant progressivement les cadres les plus réticents, en remplaçant les responsables fédéraux par des figures issues de son réseau et il transforme ses médias en des organes de propagande semi-officiels de son parti où il y diffuse ses interventions politiques.

La récession au début des années 2010 est une aubaine politique pour le PIN. Le discours anti-mondialiste du parti, jusqu'à là vu comme une simple rhétorique excessive sans grande prise sur la réalité économique, était devenue une théorie valide aux yeux d'une partie croissante de la population face à l'effondrement réel de pans entiers de l'économie götterlandaise. Les fermetures d'usines, les licenciements massifs, la précarisation généralisée touchent directement la base sociologique que Goldstein mobilise dans ses discours et celui-ci ne se prive pas de désigner les mêmes ennemis : l'élite mondialisée de Waltereich, les grandes entreprises apatrides, les immigrés, tout ceci offrant une explication simple et satisfaisante à une population qui souffre des conditions économiques de la crise. Lorsque la grande grève de Zollstadt éclate en 2013, au lieu de prendre parti pour les grévistes ou la direction de VGW, Goldstein attaque les deux camps et les présentent tous deux comme deux faces d'une seule et même corruption systémique entre les grévistes qui, selon lui, ne sont que des agitateurs communistes manipulés par les puissances étrangères loduariennes et kah-tanaises qui pourrit de l'intérieur la véritable culture ouvrière götterlandaise, et la direction de VGW qui incarne précisément le type de dirigeant technocratique, déconnecté du peuple, formé à l'étranger et indifférent au sort des travailleurs götterlandais. Cette double dénonciation permettait à Goldstein de se positionner comme seul défenseur authentique des travailleurs sans soutenir le mouvement en lui-même, lui permettant de capter une partie de la colère ouvrière sans s'aliéner ses soutiens patronaux et agricoles. C'est également durant cette période que commença à se développer discrètement le noyau dur de ce qui allait devenir plus tard les milices du FRN car sous la forme officielles d'associations de défense de quartier, ces structures regroupaient des militants du PIN, issus de ses sections de jeunesse, qui s'entraînaient au maniement des armes à feu et développaient progressivement une culture paramilitaire à l'écart du spectre légal.

L'élection présidentielle de 2015 constitue le moment de bascule décisif de toute l'histoire du PIN à partir duquel le parti cessa progressivement d'être une force d'opposition parlementaire pour devenir un mouvement plus structuré autour d'un rejet fondamental de la légitimité même du système républicain. Les résultats de cette élection, bien qu'ils furent établis comme certifiés par les autorités compétentes, donnèrent une autre victoire, bien que plus serrée, au Parti du Progrès mais l'analyse détaillée des résultats révélait un détail que le PIN va longuement exploiter par la suite car en suffrages exprimés à l'échelle nationale, Goldstein avait en réalité obtenu une pluralité, voire une majorité absolue, des voix individuelles, bien que ce résultat ne se traduit pas par une victoire en raison des mécanismes électoraux de la Seconde République surreprésentent structurellement les zones urbaines et libérales au détriment des campagnes et des villes moyennes conservatrices. Cette situation n'est pas forcément nouvelle en soit, le biais urbain du système électoral götterlandais est connu, documenté et débattu depuis des décennies et avait toujours profité électoralement au Parti du Progrès sans que cela ne suscite une remise en cause fondamentale de la part de l'opposition conservatrice qui se contentait généralement de réclamer, sans grande conviction, une réforme du mode de scrutin qu'ils savaient souvent vaine du fait de l'impossibilité de rassembler une majorité suffisante au Landtag. Mais en 2015, ce qui changea radicalement par rapport aux autres années, ce fut la réponse de Goldstein car au lieu de concéder l'élection comme tous ses prédécesseurs conservateurs, il refusa tout bonnement de reconnaître la légitimité de ce résultat et dans une série d'interventions dans les médias et des rassemblements dans les jours qui suivent l'élection, il affirma sans nuance que le peuple götterlandais avait voté pour lui et que cette victoire lui avait été volée par un système conçu délibérément pour priver la majorité réelle du pays de sa représentation légitime et que le gouvernement qui en résulterait ne serait qu'un régime usurpateur sans mandat populaire. Cette rhétorique, loin d'être passagère, a été entretenue, développée et systématisée par Goldstein et ses médias dans les mois et années qui suivirent jusqu'à devenir le fondement même de l'identité politique du PIN dans sa phase finale. Le terme de régime usurpateur, loin d'être retiré du vocabulaire du parti, fut non seulement maintenu mais élargi à l'ensemble des institutions de la Seconde République, présentées comme conçues structurellement depuis 1929 pour garantir le pouvoir perpétuel des élites urbaines progressistes contre la volonté du peuple réel. Les années 2015-2017 furent donc une succession d'escalades qui dépassait de loin la simple opposition parlementaire et qui s'accompagnait d'une préparation de plus en plus explicite à une confrontation qui dépasserait le cadre parlementaire avec le développement des associations paramilitaires pro-PIN qui se généralisaient au fur à mesure que Goldstein normalisait l'idée qu'une forme de résistance armée pourrait devenir nécessaire face à un régime que le parti présentait désormais ouvertement comme illégitime. Cette période vit se développer de manière discrète des réseaux de sympathie et de recrutement au sein de l'armée et des forces de sécurité républicaines. Plusieurs officiers partageaient ouvertement ou tacitement l'analyse du PIN sur la corruption et l'illégitimité du système politique, sans pour autant que cela se traduise par une quelconque action concrète. Lorsque la grève de Waldenau éclata en 2017, la polarisation va continuer de s'accroître car Waldenau, divisé entre un nord majoritairement bourgeois et acquis au PIN électoralement et un sud ouvrier qui était acquis aux mouvances eurycommunistes et anarchistes, va voir pendant cette période des affrontements directs entre des militants syndicaux du VFG et des agents liés au PEG face à des militants et des sympathisants du PIN dans le nord de la ville, la police républicaine étant débordée et incapable de contenir ces affrontements. Pour Goldstein, les affrontements entre militants de gauche et de droite pendant la grève de Waldenau confirment son discours selon lequel le pays sombre dans le chaos provoqué par les communistes tandis que le gouvernement, faible et illégitime, est incapable de protéger les honnêtes gens, estimant qu'en ces temps de crise, la protection des citoyens doit être assurés par d'autres moyens que ceux d'un Etat défaillant. En janvier 2018, le gouvernement déclare l'état d'urgence face aux émeutes à Waltereich déclenche une réaction en chaîne au sein du PIN : le gouvernement illégitime néolibéral, dépourvu de mandat populaire, s'accordait les pouvoirs absolus par décret. Le PIN quitte le Landtag dans les semaines qui suivent, les structures paramilitaires du parti s'activent, les officiers sympathisants font défection et le PIN, rejoint par plusieurs partis conservateurs locaux mineurs et même quelques éléments dissidents de l'UC, proclame la formation du Front de Résistance Nationale et prend le contrôle immédiatement de Rheinbruck, de ses alentours et du nord de Waldenau.

Organisation :

Au sommet du FRN se trouve Goldstein lui-même qui conserve le titre de Président de la République (auto-proclamé mais qui est logique du point de vue du PIN car c'est la continuité directe du verdict populaire de 2015). Autour de Goldstein s'est constitué le cabinet présidentiel, un organe informel d'anciens cadres dirigeants du PIN dont le rôle théorique est de coordonner l'action politique et administrative du FRN sur le territoire mais dont l'autorité réelle reste largement subordonnée aux décisions personnelles de Goldstein, prises souvent unilatéralement. Cette concentration personnelle du pouvoir politique au sommet contraste pourtant avec la réalité du terrain où le pouvoir est plus décentralisé, où les anciens députés et responsables locaux du PIN exercent leur autorité administrative de fait sur leurs circonscriptions d'origine en y gérant l'approvisionnement, la justice et les relations avec les populations locales selon des modalités qui varient d'une région à une autre et dont la vérification échappe au cabinet présidentiel.

La situation militaire du FRN constitue le problème organisationnel majeur du FRN. Le ralliement de plusieurs unités de l'armée régulière, accompagné de leurs officiers, a fourni au FRN un noyau de forces disposant d'un entraînement, d'un équipement et d'une expérience correcte que beaucoup d'autres factions ne possèdent pas mais ce ralliement n'a procédé d'aucune coordination centrale préalable : chaque officier et chaque unité qui a basculé l'a fait séparément, selon ses propres réseaux et sans qu'aucune chaîne de commandement unifiée n'ait été établie au moment du basculement. Le résultat est une structure qu'on peut difficilement nommer comme un état-major puisqu'il s'agit de fait davantage d'une coalition de commandements régionaux dont les titulaires (tous d'anciens généraux ou officiers supérieurs de l'armée régulière) revendiquent une forme d'autorité difficilement reconnue par les autres. Goldstein lui-même, sans aucune formation ou expérience militaire, n'a d'ailleurs jamais tenté d'arbitrer directement les tensions entre les officiers de son armée, préférant les ignorer publiquement tout en cultivant des relations personnelles privilégiées avec certains commandements, ce qui a davantage tendance à alimenter les tensions. En plus des unités de l'armée régulière, on retrouve un ensemble de milices nationalistes affiliées au PIN. Ces milices, organisées sur une base régionale et souvent locale, sont commandées par des cadres issus des structures de jeunesse et militantes du parti dont la légitimité repose entièrement sur leur loyauté politique éprouvée et leur ancienneté militante et non sur une quelconque formation militaire. Leur niveau d'entraînement est donc très variable, certaines unités ont une bonne expérience du tir et des tactiques de petites unités tandis que d'autres sont composées exclusivement de volontaires sans expérience des armes à feu. La relation entre ces milices et les unités de l'ancienne armée régulière sont un autre point de friction car les officiers de l'armée régulière considèrent les milices comme des formations indisciplinées et dangereuses pour l'image du FRN alors que les commandants de milice considèrent les officiers comme des éléments suspects quant à leur loyauté, ce sont des hommes qui ont servi pendant des décennies la Seconde République illégitime et leur ralliement tardif, davantage motivé par pur anticommunisme que par adhésion aux idéaux du mouvement, ne suffit pas selon eux.

Sur le plan économique, le FRN et son administration repose presque entièrement sur la mobilisation de l'appareil agricole des territoires du FRN, seul secteur économique d'envergure que le Front dispose. Cette mobilisation s'organise autour de comités de réquisition locaux, généralement dirigés par les notables et propriétaires terriens locaux qui constituent l'ossature économique et sociale de ces régions avant la guerre et désormais investis d'une autorité quasi-officielle pour organiser la production, la collecte et la distribution des denrées alimentaires vers les zones urbaines. Cette continuité entre les structures économiques d'avant-guerre et l'administration du FRN présente l'avantage de la familiarité et de la légitimité locale mais elle pose également un autre problème au Front : la quasi-totalité de la production agricole dépendait avant la guerre d'intrants produits par GCP dont les usines de Rheinbruck sont certes sous le contrôle du FRN mais dont l'approvisionnement en précurseurs chimiques et la coordination avec le reste de l'appareil productif de GCP, largement basé dans les territoires républicains, restent profondément perturbés.

Idéologie :

Le coeur économique de l'idéologie du FRN repose sur une synthèse entre un programme qui, dans le détail technique, appartient pleinement à la tradition économique libérale que le Parti du Progrès applique depuis quarante ans, et une rhétorique qui se veut l'antithèse de cette même tradition au nom de la défense de la classe moyenne et des travailleurs götterlandais contre les grandes entreprises. D'un côté se trouvent les grandes entreprises comme TGS dont l'actionnariat internationale et les pratiques fiscales offshore en font une cible privilégiée ou GBV dont l'exposition aux capitaux étrangers symbolise tout ce que le FRN dénonce comme la financiarisation cosmopolite de l'économie nationale, ces éléments sont présentés comme des ennemis du peuple götterlandais malgré leur statut d'entreprises privées. De l'autre se trouvent les entreprises et les propriétaires que le FRN considère comme authentiquement götterlandais comme les grandes exploitations agricoles, les entreprises industrielles familiales et même certaines fractions de VGW qui sont perçues comme productrices d'emplois nationaux malgré son appartenance au même establishment économique que les autres conglomérats, qui sont présentés comme les véritables piliers de l'économie nationale en méritant protection et soutien. Cette distinction de capitalisme exclusif entre entreprises jugées cosmopolites ou nationales n'a aucune base juridique ou économique cohérente mais elle remplit pour le FRN une fonction politique essentielle en permettant de maintenir le soutien de sa base populaire en prétendant la défendre contre des forces économiques perçues comme hostiles tout en ayant des soutiens économiques réels.

La dimension identitaire de l'idéologie du FRN occupe une place encore plus centrale et va parfois plus loin que la simple opposition aux politiques migratoires. Le discours de Goldstein est construit sur une vision d'un Götterland vue comme une nation menacée dans son identité même par une convergence de phénomènes présentés comme liés entre l'immigration issue d'Afarée ou d'Aleucie, le multiculturalisme promu par le Parti du Progrès et plus largement une forme de dilution culturelle que le mouvement attribue à l'influence cosmopolite des élites urbaines. Cette rhétorique ne s'articule cependant pas avec les tensions linguistiques et ethniques de l'histoire götterlandaise avec les Calmüsers et les Anglikaners car si le FRN ne défend pas explicitement la discrimination linguistique contre ces dites minorités anglophones et francophones, elle préfère au contraire concentrer son discours sur une frontière stricte entre peuples eurysiens blancs, peu importe leur langue, et les populations extra-eurysiennes. Sur la question des territoires d'outre-mer, le FRN défend un discours qui est dans la continuité coloniale d'antan avec un maintien strict des territoires, la répression des mouvements indépendantistes même la restauration de l'influence götterlandaise en Afarée, une forme de nostalgie impériale qui a un écho particulier dans l'électorat le plus âgé et dans les cercles militaires traditionnels, bien que le FRN n'ait aucun moyen concret vu la guerre civile de mettre en œuvre une telle politique. La politique étrangère du FRN repose sur une forme d'isolationnisme de principe en rejetant catégoriquement toute forme d'intégration institutionnelle avec les voisins eurysiens, présentée comme une aliénation de la souveraineté nationale au profit de structures bureaucratiques supranationales contrôlées par les mêmes élites qui ont ruinés le Götterland. Cette position, déjà présente depuis 2008, s'accompagne paradoxalement d'une ouverture pragmatique aux soutiens extérieurs informels qui peuvent servir les intérêts immédiats du Front.

Sur le plan intérieur, le FRN combine une défense absolutiste du port d'armes mais également paradoxalement une surveillance accrue de la population car selon le FRN, les armes doivent être accessibles parce qu'elles permettent aux citoyens locaux de se défendre eux-mêmes contre la criminalité et le désordre que le gouvernement républicain a été incapable de combattre efficacement. La surveillance doit donc être renforcée pour mieux identifier les éléments subversifs comme les communistes ou les immigrés illégaux qui menacent l'ordre social. Dans les deux cas, le FRN vise à renforcer la capacité du peuple götterlandais, c'est-à-dire les Götterlandais blancs, à se protéger contre des menaces identifiées, extérieures comme intérieures. Contrairement à l'Union Chrétienne, le FRN entretient un rapport à la religion catholique qui tient plus du caractère civilisationnel et identitaire que théologique car le christianisme, selon Goldstein, fonctionne moins comme un système de croyances et de valeurs morales contraignantes que comme un marqueur d'appartenance culturelle, opposé aux cultures et aux religions associées aux immigrés. Cette instrumentalisation de la religion catholique crée des tensions avec l'électorat conservateur rural pour qui la défense du patrimoine chrétien par un homme dont le mode de vie (plusieurs divorces, fortune construite sur la spéculation immobilière, vocabulaire grossier) correspond mal aux exigences de la foi qu'il prétend défendre.

Enfin, le FRN a une relation assez ambiguë avec l'extrême droite radicale car si Goldstein s'efforce systématiquement de minimiser publiquement ses liens avec les mouvements d'extrême droite radicaux, il est difficile pour lui de faire oublier que Falkenberg, un des grands bastions électoraux du PIN avant la guerre, s'est massivement rallié à la Division Massenvernichtung dont les pratiques de purification ethnique dépassent de très loin tout ce que peut revendiquer le FRN. Cette situation créait une double difficulté puisqu'une partie significative de l'ancien réseau de cadres et de militants nationalistes de Falkenberg à la solde du PIN se retrouvent non seulement membres de la Division Massenvernichtung, ce qui signifie qu'il existe encore un réseau de militants ayant des affinités idéologiques entre le FRN et la Division Massenvernichtung ; d'autre part, le FRN a structurellement besoin de se présenter comme une alternative nationaliste mais non génocidaire à l'international en se mettant au centre entre le communisme de l'ALPG et le nazisme de la Division Massenvernichtung, une position centriste qui contraste énormément avec la radicalité politique des milices du FRN dont les pratiques se rapprochent parfois dangereusement de celles de leurs compères néo-nazis.

Personnalités :

Leonhard Goldstein.
Leonhard Goldstein (1953-...), Président auto-proclamé de la République et président du Parti d'Identité Nationale.

Leonhard Goldstein est né en 1953 à Rheinbruck dans une famille qui avait fait fortune dans le commerce maritime et le fret de marchandises à l'époque où le port de Rheinbruck faisait partie des infrastructures portuaires majeures de la côte occidentale eurysienne. Son grand-père avait fondé une compagnie de navigation modeste dans les années 1900 que son fils diversifia par la suite pour se lancer dans l'industrie sidérurgique et chimique. Goldstein hérite de l'entreprise de son père en 1981 à sa mort au moment où Rheinbruck est en phase de déclin face à la concurrence des grands hubs logistiques internationaux en Eurysie. Dans la première moitié des années 1980, au lieu de tenter de maintenir ou de moderniser l'activité de l'entreprise familiale qu'il jugeait avec un certain réalisme comme dans un déclin structurel irréversible, Goldstein décide de liquider progressivement les actifs de son entreprise familiale et réinvestit tout le capital dégagé dans la reconversion immobilière des anciens terrains portuaires et des entrepôts familiaux pour les transformer au cours des années 1980 et 1990 en quartiers résidentiels et commerciaux sous l'enseigne de la société Rheinufer Beteiligungen. Cette reconversion, menée avec un certain sens aigu d'opportunisme et une absence totale de scrupules dans ses relations avec les anciens employés de l'entreprise familiale dont il liquida les centaines d'emplois, fit de Goldstein l'un des hommes les plus riches du Götterland dans les années 1990 alors même que sa ville natale entrait dans une spirale de désindustrialisation et de chômage de masse. Toujours dans les années 1990, Goldstein investit dans les médias et fonde le futur groupe médiatique Volksstimme, d'abord cantonnée à l'actualité régionale puis qui devient rapidement une référence médiatique nationale au cours des années 2000. Au cours de cette période, on esquisse déjà la personnalité du futur homme politique : Goldstein ne s'excuse jamais et ne regrette rien, peu importe la controverse et de toute sa carrière politique Goldstein n'a jamais formellement reconnu avoir eu tort sur quoi que ce soit, il est partisan d'avoir toujours le dernier mot, même quand il est dans le tort. Il a une propension importante pour les théories du complot, une capacité remarquable à formuler des positions changeantes parfois contradictoires d'une semaine à l'autre sans que cela n'affecte la loyauté de sa base car ce qui compte n'est pas la cohérence du contenu mais la constance du ton, son hostilité envers les mêmes ennemis, identifiés et mis dans des cases. Enfin, Goldstein fait preuve d'une litigiosité notoire, il a durant sa carrière intenté des dizaines de procès contre des journalistes, des concurrents politiques au sein du PIN et des critiques, procès qu'il abandonne la plupart du temps mais dont le but est davantage d'intimider ses adversaires et de les exposer médiatiquement plutôt que de gagner effectivement sur le terrain judiciaire. L'épisode le plus durablement embarrassant de la vie de Goldstein fut cependant l'affaire Rieger. Klaus Rieger dirigeait à Waltereich, jusqu'à son arrestation en 2014, une société de conseil et de gestion de fortune qui servait en réalité de façade à un vaste réseau de blanchiment d'argent et de fourniture de services illicites, notamment le même réseau d'escorts de luxe impliqué dans le scandale de corruption de VGW révélé en 2016. Goldstein avait, durant les années 2000, fait appel aux services de la société de Rieger pour plusieurs opérations de change liées à ses investissements immobiliers et avait été photographié à plusieurs reprises lors d'événements sociaux organisés par Rieger. Lorsque l'arrestation de Rieger en 2014 fut accompagnée d'annonces sur l'existence d'une liste de clients dont la publication ferait trembler le pays, le nom de Goldstein circula immédiatement parmi les personnalités potentiellement concernées. Rieger mourut en détention quelques mois plus tard, officiellement par suicide, dans des circonstances que l'enquête qui suivit qualifia d'incomplètes faute de moyens suffisants pour les éclaircir pleinement et l'essentiel de la documentation de son réseau ne fut jamais rendu public dans son intégralité. Goldstein a depuis lors systématiquement nié toute implication dans les activités illicites de Rieger au-delà de relations d'affaires parfaitement légales, employant invariablement la même rhétorique à chaque fois qu'on évoque le sujet : Je ne suis pas dans les dossiers.

Timon Luxenberg.
Timon Luxenberg (1954-...), commandant en chef des forces armées du Front de Résistance Nationale (contesté).

Le général Timon Luxenberg représenta la figure la plus en vue parmi les anciens officiers de l'armée régulière et l'officier dont le ralliement ai FRN a eu l'impact le plus significatif sur la crédibilité militaire du mouvement. Issu d'une famille d'officiers de carrière sans particule ni prétention aristocratique, Luxenberg avait fait l'essentiel de sa carrière dans l'infanterie avec notamment plusieurs années de service dans les territoires d'outre-mer aleuciens et paltoterrans durant les dernières opérations de maintien de l'ordre des années 1980, une expérience qui avait profondément ancré chez lui une conviction de la nécessité de la force pour préserver l'ordre face au désordre, conviction qu'il étendit sans difficulté, des décennies plus tard, à la guerre civile götterlandaise. Luxenberg n'a jamais été un militant du PIN avant la guerre civile, il n'est pas particulièrement attiré par la rhétorique identitaire et anti-establishment du mouvement de Goldstein qu'il considère à titre personnel comme indigne d'être un homme d'Etat, sans pour autant l'exprimer publiquement. Son ralliement au FRN procède d'un calcul plus étroit et pragmatique, il était convaincu que le gouvernement républicain, paralysé par ses divisions internes et son attachement aux libertés civiles était incapable de rétablir l'ordre face à la menace communiste qu'il considère, dans la pure tradition anticommuniste qui régit l'armée götterlandaise depuis la Première République, comme la menace existentielle absolue. Pour Luxenberg, le FRN est donc la seule faction capable selon lui d'arrêter et d'éradiquer la menace communiste et de restaurer l'ordre. Sa relation avec Goldtsein est empreinte d'une condescendance polie soigneusement dissimulée derrière les formes du respect institutionnel et sa relation avec les commandants de milice sont autant plus tendues, Luxenberg considère ces unités comme indisciplinées et dangereuses et globalement inutiles au-delà de leur valeur numérique brute, une appréciation que ses homologues miliciens lui rendent avec une hostilité comparable.
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