07/11/2019
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Présentation de la Division Massenvernichtung.

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Division Massenvernichtung :

Division Massenvernichtung.

Les fous du camp de concentration.
⮕ Néo-nazis accélérationnistes.


Histoire :

Il serait commode et inexact de présenter le racisme radical götterlandais comme un phénomène tardif, importé de l'extérieur sur un terreau vierge. La vérité est que le Götterland porte dans ses institutions les plus archaïques les germes d'une pensée raciale qui n'avait pas besoin d'attendre le XIXe siècle pour s'exprimer dans les faits : la stérilisation systématique des esclaves royaux à partir du milieu du XIIe siècle, décidée par les monarques götterlandais pour éteindre biologiquement les révoltes serviles, constitue l'un des premiers exemples documentés d'un projet eugénique d'Etat en Eurysie et ce plusieurs siècles avant que la biologie comme discipline ne fut inventée pour lui donner un habillage scientifique. Ce détail n'a pas échappé aux théoriciens ultérieurs de la suprématie raciale götterlandaise qui l'ont abondamment réinterprété comme la preuve que l'instinct aryen de pureté avait toujours travaillé sourdement dans la civilisation germanique, même sans les outils conceptuels pour se nommer. C'est néanmoins l'impérialisme colonial du XVIIIe et XIXe siècle qui structure le premier grand corpus de pseudoscience raciale götterlandaise. Les entreprises coloniales en Aleucie, en Paltoterra et surtout en Afarée nécessitaient une justification morale et intellectuelle afin de rationaliser les massacres systématiques des populations indigènes, leur réduction en esclavage et le démantèlement de leurs structures sociales. L'Université Impériale de Waltereich répondit à cette demande avec une efficacité déconcertante car dans ses couloirs, à partir des années 1870, se développa une anthropologie physique coloniale dont la figure de proue la plus influente fut le professeur Wilhelm Roth-Garnier (1849-1921), titulaire de la première chaire d'anthropologie des peuples coloniaux du Saint-Empire.

L'œuvre de Roth-Garnie, notamment de son traité majeur "Die Hierarchie der Kulturrassen" (1888), constitue le document fondateur de la pseudoscience raciale götterlandaise. Son argument central reposait sur une tripartition de l'humanité qu'il empruntait aux naturalistes de l'époque pour le réinterpréter dans un cadre civilisationnel entre les Kulturrassen (races porteuses de civilisation) au sommet desquelles il plaçait sans surprise les peuples germaniques eurysiens et en particulier les Götterlandais germanophones, les Kulturfolger (races imitatrices) qui étaient capables d'assimiler les apports civilisationnels des Kulturrassen sans jamais les créer elles-mêmes et enfin les Kulturnichtige (races nuisibles à la civilisation) qui étaient condamnées par leur nature biologique à la destruction ou à la servitude des autres races desquelles il plaça la totalité des populations afaréennes, paltoterannes, nazuméennes et aleuciennes indigènes. Cette classification, présentée avec l'appareil rigoureux des mensurations crâniennes et des comparaisons anatomiques propres à l'anthropologie physique de l'époque, circula massivement dans les administrations coloniales götterlandaises et servit de cadre théorique aux gouverneurs pour justifier les répressions les plus brutales. Ce qui distingue Roth-Garnie des simples apologètes du colonialisme de l'époque, cependant, ce fut qu'il ne s'était pas contenté de hiérarchiser les races, il affirmait également leur incompatibilité fondamentale car dans un appendice ajouté à la deuxième édition de son traité en 1901, il développe la théorie du Rassenkampf (combat des races en götterlandais) comme une loi universelle de l'histoire où tout contact prolongé entre les Kulturrassen germaniques et les Kulturnichtige conduisait inévitablement à la dégradation biologique des premières par contamination. Cela étant, cette idée dépassait de loin les besoins immédiats de l'administration coloniale et gênait déjà ses contemporains par sa radicalité ; de plus, il faut insister sur le fait que les textes de Roth-Garnier restent entièrement dans le registre de la justification du colonialisme et n'avaient pas volonté d'appeler à l'extermination car pour lui, la question ne se posait au sein du Götterland continentale où la population non-germanique restait suffisamment marginale. Le racisme qu'il avait théorisé était entièrement tourné vers l'extérieur, les colonies, vers ce qu'il nommait les Außenweltvölker, les peuples du monde extérieur. Ce n'est que bien plus tard que ses successeurs vont retourner ses outils conceptuels contre les minorités intérieurs et contre les autres peuples eurysiens.

L'assassinat de l'Empereur Walter III en 1908 et l'effondrement du Saint-Empire qui s'ensuivit furent un véritable traumatisme pour l'extrême droite nationaliste götterlandaise moderne. La Première République avait beau être farouchement nationaliste et militariste, elle n'était pas radicalement raciste au sens pseudo-scientifique du terme, son idéologie tenait plus de celle d'une junte militaire conservatrice dont l'anticommunisme constituait le ciment bien plus que la pureté raciale. Cependant, les défaites des guerres de reconquête de l'Empire en 1908-1909, sanctionnée par le Traité de Wastled qui força le Götterland à reconnaître l'indépendance de ses anciennes dépendances eurysiennes, laissa dans son sillage un sentiment de trahison et d'humiliation nationales que certains esprits vont s'employer à transformer en système politique. La figure centrale de ce mouvement fut Ernst Waldemar Kress (1881-1948), un journaliste et pamphlétaire issu d'une famille modeste de Waldenau dont il avait quitté les usines pour les rédactions nationalistes de la capitale. Kress avait servi comme correspondant de guerre pour plusieurs journaux conservateurs durant les campagnes coloniales et en était revenu convaincu d'une chose : le Götterland n'avait pas été vaincu par ses ennemis, il avait été trahi de l'intérieur. Cette conviction, qu'il formule dès 1915 dans son ouvrage fondateur "Der Verrat von Innen", fit de lui le principal architecte de la mythologie de la trahison götterlandaise. Selon Kress, la chute du Saint-Empire ne s'expliquait pas par l'épuisement industriel, l'endettement du pays ou les défaillances stratégiques d'une armée trop élargie et léthargique, elle était la faute de la subversion intérieure des communistes, des internationalistes et des pacifistes qu'il désignait sous le terme générique de Zersetzungskräfte (littéralement les forces de décomposition). Ce premier texte, bien que virulent, restait relativement avare de désigner ethniquement et précisément des ennemis. L'étape décisive dans la radicalisation de Kress arriva avec son second ouvrage, "Die Zersetzung des deutschen Blutes" (Décomposition du sang germanique), en 1921 où il se permet de renommer les Zersetzungskräfte de son premier ouvrage en y ajoutant une identification explicitement raciale : les forces de décomposition avaient désormais le visage de la conspiration judéo-bolchévique internationale dont les agents locaux étaient représentés par les socialistes, les libéraux cosmopolites et les intellectuels germanophobes qui avaient selon lui délibérément saboté l'effort de guerre götterlandais pour livrer le Götterland à ses ennemis. Ce texte rencontra un écho limité dans le grand public mais fut largement diffusé dans les cercles nationalistes radicaux de la Première République et contribua à naturaliser une forme d'antisémitisme qui, en dépit de son caractère largement importé, trouva dans le terreau götterlandais des conditions de développement particulièrement favorables. D'ailleurs, le paradoxe de l'antisémitisme götterland tient précisément à son caractère assez artificiel par rapport aux sociétés où il s'était développé de manière endogène. Les communautés juives du Götterland sont quantitativement assez modestes et socialement intégrées depuis des générations, elles ne présentaient pas de caractères visibles, de concentration spatiale ou de tensions sociales qui auraient pu alimenter des pogroms comme dans d'autres pays eurysiens. L'antisémitisme götterlandais est davantage une importation idéologique qu'une réalité sociale en soit et à vrai dire, la place des Juifs dans les rapports de l'extrême droite götterlandaise a souvent été un objet davantage symbolique que directement persécutoire.

Parallèlement à la tradition nationaliste et raciste issue de Roth-Garnie et de Kress, une autre généalogie intellectuelle alimenta ce qui allait devenir le courant clérico-fasciste. Ses racines plongeaient dans les courants ultraconservateurs du catholicisme götterlandais qui avaient résisté à toute forme de modernisation ecclésiastique et qui voyaient les grands bouleversements du XXe siècle non comme des événements historiques mais comme des signes bibliques et cosmologiques. Le père Augustin von Kreuzberg (1895-1973) fut la figure de proue de ce mouvement. Prêtre de la région de Chronstadt où il a reçu sa formation théologie, von Kreuzberg avait développé dans les années 1930 une théologie politique qui divergait radicalement de la doctrine sociale officielle de l'Eglise car là où l'enseignement catholique habituel prône une forme de corporatisme social modéré et une défense des droits naturels tant opposé au libéralisme qu'au socialisme, von Kreuzberg développa une vision du monde fondamentalement différente dans son ouvrage "Die Hierarchie und ihre Zerstörer" (1937) où sa thèse centrale stipulait que Dieu avait créé l'ordre du monde selon une hiérarchie immuable que les Ecritures révélaient en son principe et que la nature confirmait dans sa réalité. Cette hiérarchie divine impliquait la subordination du faible face au fort, de la femme face à l'homme, des peuples inférieurs face aux peuples supérieures, du séculier face au sacré. La modernité dans son ensemble, que ce soit la révolution, la démocratie, l'égalitarisme, le socialisme, les droits de l'homme ou le libéralisme sont une révolte métaphysique contre l'ordre voulu par Dieu, à la manière de la révolte d'Adam et Eve contre leur Créateur mais à l'échelle de civilisations entières. La conséquence qu'en tira von Kreuzberg était que si la modernité était une apostasie vis-à-vis de Dieu, la réponse devait être eschatologique, il ne suffisait pas de réformer les institutions mais de restaurer l'ordre sacré par la violence purificatrice, une violence vue comme un instrument au service du divin. Von Kreuzberg puisait par là dans la tradition médiévale des croisades et des guerres saintes pour justifier sa théologie de la violence légitime. Dans sa lecture, il estimait enfin que le fascisme se discernait parmi les autres mouvements politiques car il représentait la tentative humaine la plus avancée afin de rétablir sur Terre la hiérarchie divine que la modernité avait brisée. Von Kreuzberg fut finalement suspendu de ses fonctions ecclésiastiques en 1952 après avoir refusé de se rétracter sur ses positions que sa hiérarchie estimait incompatible avec la doctrine officielle de l'Eglise, notamment son soutien explicite aux répressions armées des mouvements ouvriers. Deux caractéristiques distinguent donc la tradition clérico-fasciste des autres courants de l'extrême droite götterlandais. D'un côté, elle offre quelque chose que la tradition nationaliste et raciste ou accélérationniste ne peut pas offrir, c'est-à-dire un horizon positif puisque les cléricaux-fascistes veulent construire l'ordre sacré, la Cité de Dieu sur Terre, un projet certes réactionnaire et oppressif mais qui donne un sens aux sacrifices et à la violence. D'un autre côté, cette posture place ce courant en tension permanente avec les autres courants de l'extrême droite.

Le troisième grand courant intellectuel de l'extrême droite vient de l'occultisme marginal et des philosophies nihilistes radicales qui se développe dans la sous-culture alternative götterlandaise des années 1960-1980. Son architecte principal fut Rudolf Schwarzer (né en 1952, disparu en 1989), figure quasi-légendaire de la nébuleuse occulte de Waltereich avec une forte influence sur les milieux les plus extrêmes. Schwarzer a été formé à la philosophie et à la chimie, deux disciplines qu'il pratiquait dans son appartement de l'Altstadt à Walteriech transformé en laboratoire et en bibliothèque ésotérique. Son œuvre, distribuée sous forme de fasciscules dans des petits cercles restreints, synthétisait plusieurs traditions intellectuelles en apparence incompatibles entre gnosticisme antique (qui voyait dans le monde matériel la création d'un démiurge maléfique distinct du Dieu véritable inconnaissable), la philosophie nihiliste, le pessimisme métaphysique et une saupoudrée d'occultisme racial. Son premier ouvrage majeur, "Das Schwarze Evangelium" (1983), partait du postulat que le monde matériel n'était pas une création divine mais une erreur et une illusion épaisse fabriquée par une entité malveillante que Schwarzer nommait le Weltfürst (Prince du monde) et dont la fonction était de piéger la conscience humaine dans la matière et le temps. La civilisation était donc loin d'être un progrès mais le mécanisme le plus efficace jamais conçu par le Weltfürst pour maintenir les consciences de l'humanité captives en leur donnant l'illusion d'avoir un sens dans leur existence et une dignité qui leur permette d'accepter de se reproduire indéfiniment dans une prison matérielle dans laquelle les humains sont enfermés depuis toujours. De ce postulat, Schwarzer en tira la conclusion (et c'est là où son idéologie intègre une forme de racisme radical qui rend son idéologie assez incohérente en soit) que si toutes les races humaines étaient également prisonnières du Weltfürst, certaines plus que d'autres (les peuples germaniques) avaient conservé dans leur mémoire collective un souvenir obscur et déformé de la transcendance originelle dont la matière les avait exilées. Ce souvenir s'exprimait dans la pulsion de violence et de domination que l'anthropologie raciale traditionnelle attribuait à la nature de la race germanique alors que Schwarzer n'y voyait guère une forme de supériorité biologique mais l'expression d'une rage métaphysique contre l'existence, un instinct de destruction qui forme la plus authentique des résistances contre le Weltfürst. Détruire le monde, c'est refuser d'y vivre. Son second texte majeur, "Anti-Kosmos" (1986) va aller même plus loin puisqu'il y développe une forme de satanisme anti-cosmique, une terminologie qui lui attira d'ailleurs beaucoup d'ennuis mais aussi beaucoup de disciples, le terme en lui-même étant très opaque. Schwarzer utilisait le terme Satan mais pas au sens théologique chrétien, il a carrément renversé la figure satanique pour lui donner un sens cosmologique anti-christique. Satan, pour Schwarzer, ce n'est pas le Diable que la tradition chrétienne cherche à présenter mais c'est celui qui représente le principe du refus et de la négation et qui s'est en vérité opposé à la création maléfique du Weltfürst. Servir Satan, pour Schwarzer, c'est servir la destruction du monde illusoire produit par le Weltfürst. De même, le racisme et la violence deviennent pour lui des instruments car les races que Schwarzer considérait comme des Kulturzerstörer (races destructrices de civilisation), donc tout ce qui n'était pas germanique en autre, ne sont pas nécessairement des races biologiquement inférieures mais elles sont condamnées sur le plan métaphysique et sont des instruments du Weltfürst afin de perpétuer la prison de la matière. Les éliminer et les éradiquer de la surface de la Terre permettra la libération métaphysique du reste de l'humanité. Schwarzer disparaît en 1989 dans des circonstances qui n'ont jamais été élucidées. Ses proches ont affirmés par la suite qu'il avait été assassiné par ses propres disciples tandis que d'autres ont rapportés qu'il avait simplement disparu ou qu'il vivait reclus quelque part dans les montagnes à l'est du Bas-Götterland sous une fausse identité.

La figure intellectuelle qui fait la jonction ensuite entre ces traditions et prépare le plus directement le terrain à la future Zerstörungdoktrin de la Division Massenvernichtung est Heinrich Vogel-Brandt (1898-1974), sans doute le penseur le plus important de l'extrême droite götterlandaise du XXe siècle, bien qu'il était un illustre inconnu de son vivant. Fils d'un officier militaire de la Première République mort durant les guerres coloniales, Vogel-Brandt avait étudié la philosophie et l'histoire à l'Université de Falkenberg avant de devenir professeur dans un lycée de la même ville, profession qu'il exerça jusqu'à sa retraite. Ses écrits poliyiques ne furent jamais publiés dans les conditions normales de l'édition. Vogel-Brandt, conscient que ses positions étaient difficilement tolérables pour les autorités libérales de la Seconde République, diffusa ses textes en petit nombre dans des cercles restreints. Son œuvre majeure connue du grand public fut "Zivilisationsverfall und nationaler Tod" (1951), était encore assez modéré dans sa forme, c'était un essai nationaliste conservateur parlant du déclin de l'identité germanique sous la pression du libéralisme économique et du cosmopolitisme. En soit, un texte classique au vu de la bibliographie de l'extrême droite de l'époque. Mais son œuvre la plus connue fut de toute autre nature, c'était un manuscrit clandestin rédigé entre 1962 et 1968 et retrouvé après sa mort dans les cartons par sa veuve à un de ses disciples de confiance. Ce manuscrit, nommé "Vom Untergang zur Auferstehung : Über die Notwendigkeit der Zerstörung" (De la Décadence à la Résurrection : Sur la Nécessité de la Destruction), devint le texte fondateur de l'accélérationnisme d'extrême droite au Götterland. L'argument central de ce manuscrit était que la civilisation libérale et démocrate était fondamentalement corrompue, pas au sens d'un corps malade qu'on peut guérir par des réformes, mais bien corrompue par une putréfaction qui avait atteint chaque cellule de l'organisme social. Les institutions politiques, les structures économiques, la famille, l'Eglise, l'armée, l'université, les syndicats, les partis ; absolument tout avait été contaminé par l'esprit libéral au point qu'aucune de ces structures n'était récupérable en l'état. Toute tentative de prendre le pouvoir dans ce système via la conquête électorale ou l'infiltration de l'Etat conduisait inévitablement à la cooptation, le système nous transformait avant qu'on puisse le transformer nous-mêmes de l'intérieur. La conclusion de Vogel-Brandt était donc que si rien n'était à sauver et que la réforme était une illusion, la seule action encore possible dans ce monde était de tout raser, une destruction conscient d'elle-même. Bien que Vogel-Brandt n'y théorise pas l'extermination raciale (il restait dans un cadre assez nationaliste et conventionnel), il posa les bases conceptuelles d'une politique sans projet constructif derrière, une action qui trouve sa justification dans l'acte lui-même. Ce manuscrit, diffusé après sa mort, circula dans les milieux radicaux d'extrême droite durant les années 1980 et 1990. C'est dans ces cercles restreints que grandit la génération qui allait fonder la Division Massenvernichtung, notamment un certain Falko Klebs.

Falko Klebs naît en 1982 à Falkenberg dans une famille de la petite bourgeoisie conservatrice dont le père était officier militaire à la retraite. Il grandit dans une ville qui a fait de sa nostalgie impériale une identité, Falkenberg est une ville où la vieille bourgeoisie cultive le souvenir du Saint-Empire dans ses clubs, ses associations d'anciens combattants et ses cercles académiques, une ville dont les hauts quartiers abritent encore dans leurs bibliothèques les ouvrages de Roth-Garnier ou de Vogel-Brandt. Klebs étudie l'histoire et à la philosophie à l'Université de Falkenberg où il y rencontre les derniers cercles de disciples de Vogel-Brandt, avant d'abandonner les études en 2005par désillusion intellectuelle totale face au milieu académique qu'il juge colonisé par le relativisme libéral, se retrouvant sans diplôme. De 2005 à 2015, il se radicalise progressivement par étapes. Il fréquente d'abord le Parti d'Identité Nationale dans les cercles militants de sa ville, attiré par leur nationalisme et la rhétorique anti-establishment de Goldstein, avant de s'en éloigner quelques mois plus tard avec le sentiment que le PIN cherche juste à trouver une place dans le système républicain et non à la détruire. Il passe ensuite dans plusieurs groupuscules nationalistes radicaux illégaux où il découvre le manifeste de Vogel-Brandt et en 2009-2010, il prend contact avec d'autres réseaux internationaux accélérationnistes et nationalistes et découvre des théorisations plus récentes de cette mouvance qui l'inspirent pour écrire le Zerstörungsmanifest (manifeste de la destruction), écrit en 2014 et diffusé en 2015. Le Zerstörungsmanifest reprend et radicalise le postulat de Vogel-Brandt, il estime que la civilisation libérale-démocrate est irréversiblement corrompue à la fois sur le plan politique, économique et surtout biologique et qu'il n'existe aucun levier institutionnel susceptible d'inverser ce processus. Sa critique des fascismes existants est tout aussi impitoyable, il critique ouvertement le kohlisme rimaurien, les orthografistes ou le Front Impérial de Menkelt comme des mouvements trompeurs qui essaient de gouverner vainement. Son programme est négatif dans toutes les acceptations du terme, il n'a pas de plan de gouvernement, pas de vision d'une société future, il cherche seulement la destruction systématique et totale, la renaissance raciale n'adviendra qu'après la destruction. La Division Massenvernichtung se fonde en janvier 2015 et rassemble d'anciens membres de groupuscules nationalistes, quelques vétérans de l'armée götterlandaise et des jeunes issus des milieux populaires déclassés par la crise économique. Entre 2015 et 2017, la Division Massenvernichtung opère principalement comme une organisation terroriste, conformément au schéma prévu par la Zerstörungdoktrin avec des actions sporadiques et de faible intensité : profanation de cimetières et de lieux non-catholiques, agression des militants d'extrême gauche et des minorités ethniques et linguistiques, propagande en ligne, etc. En 2016, la Division monte en gamme et fait exploser des bombes artisanales devant les sièges du SPDG et des Verts à Waltereich et à Falkenberg. En mars 2016, un attentat à la voiture piégée vise sans succès un rassemblement du SPDG à Waldenau. Plusieurs militants de gauche et des journalistes connus pour leurs positions progressistes ou antiracistes sont victimes d'agressions, certains sont tués sur leur lieu de travail ou dans la rue. La réponse des autorités est évidemment insuffisante car le Parti du Progrès, davantage préoccupé par les émeutes ouvrières et la montée en puissance de l'extrême gauche, relègue la menace néo-nazie au second rang de ses priorités. Le RG infiltre la Division à plusieurs reprises mais ses agents peinent à pénétrer une structure délibérément fragmentée et sans hiérarchie identifiable dont les cellules opérationnelles n'ont que des contacts limités. Cette structure en réseau se révèle d'une efficacité redoutable face aux tentatives de décapitation des services de renseignement républicains. Lorsque la guerre civile finit par éclater en 2018, la Division s'empare rapidement de Falkenberg avec le soutien de la bourgeoisie conservatrice qui y voit davantage une restauration de l'ordre face au chaos républicain et à la menace communiste. La lune de miel entre conservateurs locaux et néo-nazis ne dure cependant pas car dès les premières semaines, la Zerstörungdoktrin montre sa véritable nature aux habitants de la ville qui ont cru accueillir des libérations. Sur le Hauptplatz, le sang des exécutions publiques commence à couler, d'abord de simples militants de gauche, des agents présumés de l'ALPG, des étrangers. Puis des minorités. Puis des supposés collaborateurs républicains. L'université de la ville se transforme en centre idéologique de la Division assez vite, les bibliothèques sont expurgées, les professeurs qui refusent de prêter allégeance sont massacrés publiquement et le programme des étudiants se transforme en bourrage de crâne idéologique et en formation militaire.

Organisation :

Formellement, le commandement supérieur de la Division repose sur Falko Klebs qui détient le titre de Hauptführer et concentre entre ses mains l'autorité politique et militaire. Sous lui, un cercle restreint de commandants régionaux assure la coordination opérationnelle sur les territoires contrôlés mais ce cercle n'a ni réunions régulières, ni procédures de décision. Les forces armées de la Division sont organisées en unités de taille variable sans standardisation de leur doctrine ou leur équipement, leur qualité est hétérogène à l'extrême. Le noyau le plus efficace se compose de vétérans de l'armée götterlandaise qui ont déserté pour rejoindre la Division. Ces vétérans apportent à la Division un savoir-faire tactique important mais ils sont peu nombreux et leurs pertes sont souvent irremplaçables. Le reste des combattants sont des volontaires dont une partie d'étrangers issus de plusieurs pays eurysiens qui ont rejoints la Division, attirés par la réputation radicale de l'organisation dans les réseaux internationaux de l'extrémisme blanc. L'armement de la Division constitue son talon d'Achille le plus évident. Contrairement à l'ALPG ou le FRN qui ont récupérés des arsenaux militaires substantiels au début de la guerre civile, la Division dépend presque entièrement du marché noir, des magasins de chasse pillés, des armes récupérées sur les ennemis ou d'armes imprimées en 3D dont la qualité est aléatoire. Certains commandants de terrain réussissent parfois à obtenir du matériel de bonne qualité auprès d'intermédiaires comme la RG-A qui n'a aucun scrupule à vendre à tous les camps mais ces acquisitions restent insuffisantes.

Quant à l'économie, c'est simple, elle n'existe pas. Le port de Falkenberg fonctionne de manière minimale pour l'entrée des volontaires étrangers et l'importation d'armes et de fourniture via les réseaux de contrebande mais au-delà de ça, la Division survit à travers le pillage et la réquisition forcée et les campements esclavagistes produisent une certaine quantité de biens tout juste suffisante pour les besoins immédiats des combattants. C'est une limite structurelle cruciale pour la Division car si le pillage permet de subvenir aux besoins de la Division à moindre coût, elle ne peut pas le faire sur le long terme. Plus la Division sera en guerre, plus elle videra l'éponge que représente l'économie des territoires. Soit elle devra conquérir de nouveaux territoires, soit elle déclinera lentement vers le néant total.

Courants principaux :

Le courant dominant de la Division est celle de l'accélérationnisme racial et néo-nazi représenté par Falko Klebs. Il part de l'idée que la civilisation libérale-démocrate est dans un état de dégénérescence avancée et que la seule façon de créer les conditions d'une renaissance de la race blanche est d'accélérer le processus de dégénérescence jusqu'à son terme par l'effondrement total. La mission de la Division est donc de pousser les contradictions du système jusqu'à leur point de rupture et d'ajouter du désordre dans le désordre jusqu'à détruire ce qui reste de debout. Cette posture implique une relation particulière à la violence car pour ce courant, la violence est l'objectif en lui-même, provisoirement, non pas que la violence soit un bien en soi mais parce que c'est la seule action politique qui puisse être entreprise dans un monde où toutes les autres formes d'action sont des compromissions. Voter, militer, négocier, réformer, ce sont des cadres que la Zerstörungdoktrin nie radicalement. Seule la destruction accepte la réalité de la situation, le monde est condamné et y participer par des moyens conventionnels revient à aider à perpétuer sa condamnation. La vision raciale du courant est orthodoxement blanche et suprémaciste dans son architecture, elle prône la hiérarchie des races, la nécessité d'un Etat ethniquement pur et l'extermination des non-blancs et des éléments dégénérés de la race blanche mais elle présente quand même quelques spécificités. D'abord, son rapport au projet étatique est plus ambigu que les fascismes traditionnels, Klebs accepte l'idée d'un Etat racial futur mais se refuse à en préciser les contours car le définir maintenir risque de créer une orthodoxie susceptible de limiter l'action présente. Ensuite, la question juive occupe une position d'autant plus étrange car elle est centrale dans la rhétorique mais relativement secondaire dans les victimisations concrètes qui visent davantage les populations non-eurysiennes, les immigrés ou les opposants politiques.

Ensuite, la faction clérico-fasciste de la Division, qui est dirigée par Augustin Drach, qui reprend directement l'idéologie de Von Kreuzberg. Le monde, pour Drach, est engagé dans une guerre spirituelle dont le conflit armé götterlandais n'est que la manifestation terrestre. Cette guerre n'oppose pas des classes ou des races au sens biologique du terme, bien que Drach reconnaissance la réalité de la hiérarchie raciale et de la supériorité de l'homme blanc, il estime plutôt que c'est l'ordre sacré voulu par Dieu contre le chaos satanique promu par les forces révolutionnaires qui ont détruit l'Eurysie chrétienne depuis le XVIIIe siècle. Les révolutions du XVIIIe et XIXe siècles, le libéralisme, le socialisme, la démocratie, le féminisme, le progressisme sexuel, toutes ces idéologies forment un seul et même mouvement de négation de Dieu dont le moteur spirituel est la même révolte luciférienne qui a précipité Satan hors du Paradis. Dans cette vision, la Division joue donc un rôle de justice divine car dans ce cadre, la Zerstörungdoktrin devient un instrument de la colère de Dieu face à une société traîtresse, telle que Dieu a puni les hommes dans l'Ancien Testament. Néanmoins, contrairement aux autres courants, les cléricaux-fascistes ne sont pas nihilistes, ils ont un projet politique derrière, bien que réactionnaire à l'extrême. Ils souhaitent la restauration de l'ordre sacré via un Etat chrétien fermement catholique, organisé selon une hiérarchie naturelle qui subordonne la femme à l'homme, le laïc au clerc, les races inférieures aux races supérieures et le temporel au spirituel.

Enfin, la faction babylono-sataniste qui est objectivement la plus difficile à analyser. Son chef est Hegle Heinrich dont l'identité est peu connue. On sait qu'il doit avoir la trentaine, qu'il est sûrement originaire du Bas-Götterland et qu'il a été formé dans les cercles occultistes marginaux cultivés dans les textes de Schwarzer dans les années 1990 et 2000. L'idéologie que porte sa faction est directement liée à Schwarzer en reprenant son anti-cosmisme gnostique selon lequel le monde matériel est une prison créée par le Weltfürst, une illusion conçue pour enchaîner les consciences dans une existence dénuée de sens et toute tentative de lui donner un sens religieux, politique, romantique ou artistique est une coopération avec la tromperie du démiurge. Dans cette perspective, même le projet nationaliste et racial de la Division est une forme d'illusion car elle cherche à construire un Etat aryen mais ça reste dans le cadre de la prison du monde matériel. Le satanisme de cette faction n'est pas une religion au sens ordinaire non plus car le Satan de Heinrich n'est pas le Diable dans les Evangiles ou le Prince des Ténèbres de l'iconographie chrétienne mais la représentation du principe de négation absolu et le refus ontologique à l'existence, une force qui s'oppose à la création du Weltfürst pour annihiler la création comme telle. Adorer Satan, c'est donc affirmer que le néant vaut mieux que l'être et que la violence est l'expression la plus pure de cette affirmation, ce qui amène à des pratiques assez...douteuses, qui ont tendance à dégoûter leurs alliés de la Division car cette faction pratique ce qu'il appelle le Schwarzes Sakrament (Sacrement Noir), un rituel de mise à mort qui vise les victimes non-blanches.
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