08/04/2020
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[ARMÉES] Kesatuan Pertahanan Nasional Myaikho

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Kesatuan Pertahanan Nasional Myaikho


La Kesatuan Pertahanan Nasional Myaikho, ou Unité de Défense Nationale de Myaikho, est le nom des forces armées de la République de la Cité de Myaikho. Créées en 1965 lors de l'indépendance de la Cité vis-à-vis de sa nation tutélaire de l'époque, l'Empire du Nord. Ses forces armées à ses débuts héritent à prix bas d'un certain nombre de navires nordistes stationnés dans la région en contrepartie que les navires impériaux puissent transiter et se ravitailler librement dans les ports militaires de la Cité et que l'armée de cette dernière coopère étroitement avec l'armée impériale. Les forces de la cité résident historiquement avant même la colonisation nordiste et lors de la guerre d'indépendance qui opposa la cité de Talo à l'Empire Wisani dans ses forces navales. La Cité est un port stratégique et est surnommée la Cité des perles en raison de son importance cruciale dans ce commerce. Son économie et sa culture sont tournées vers la mer, et logiquement sa force militaire également.

Durant les années 70-80, l'essor économique et technologique de la Cité et son importance toujours croissante dans le commerce mondial lui fait prendre conscience de la nécessité de disposer de forces armées robustes et que celles-ci, bien que partiellement protégées par son statut de nœud commercial majeur et de place financière nazumi de premier plan, elle subit malgré tout la piraterie, les menaces hybrides et que sa stature diplomatique ne peut être que renforcée par des forces permettant d'épauler ses alliés et le commerce international. Elle disposera donc à son apogée dans les années 80, début des années 90, d'une force navale relativement importante pour un pays de sa taille. On parle d'une flotte composée d'une dizaine de patrouilleurs, de cinq sous-marins, une dizaine de corvettes, cinq frégates, un destroyer et un porte-hélicoptère léger issu de la modification d'un porte-conteneur. On estime à environ un tiers le nombre de navires achetés à l'étranger, un tiers ceux produits directement comme tels par l'industrie nationale et un tiers issu de modification de navire existants. La Cité disposa aussi d'une force aérienne d'approximativement plus d'une centaine d'avions de chasse et une poignée d'avions radars et de guerre électronique bien que ce point fut l'une des principales lacunes de l'aviation de la Cité. Enfin, à cette époque, l'armée de terre était également arrivée à son apogée moderne. La Cité disposait d'une force régulière et permanente pour l'armée de terre de 30 000 soldats professionnels auxquels s'ajoutaient 30 à 35 000 conscrits / réservistes. À l'époque cette force était équipée d'environ 2000 blindés tout type confondus, plusieurs centaines d'autres véhicules, des systèmes radars et radios très modernes pour l'époque, ainsi qu'environ 200 pièces d'artilleries et une DCA naissante.

A partir des années 90 les forces armées suivent le déclin de la Cité. Ce déclin s'enclenche de par plusieurs facteurs, parmi lesquels un sous-investissement dans les infrastructures commerciales durant les dernières années, une mauvaise gestion financière, une période où d'autres pays ou villes captent les investissements étrangers en devenant plus compétitifs que la Cité (Heon-Kuang notamment), un manque de renouveau politique après plus des 25 ans de gouvernance du PPM et du faible renouvellement des profils (gouvernance du PPM qui durera encore 25 ans de plus), baisse inquiétante de la natalité qui continue encore aujourd'hui, coût croissant de l'entretien militaire, perte de vitesse de la recherche et de la technologie myaikhosienne, difficultés d'approvisionnement énergétique, etc.

Le coût d’entretien devient rapidement insupportable pour les finances de la Cité qui peine à contenir la croisse de la dette et qui avait largement surestimé ses capacités pour soutenir une telle force armée à long terme. Le PPM engage une réforme désastreuse du service militaire qui ne le rendra quasiment plus obligatoire et qui engendra un manque d'effectifs chroniques. L'armée de terre est la première victime des arbitrages budgétaires et verra ses forces blindées peu à peu diminuer, être vendues à l'étranger ou simplement rester dans les hangars sans pièces de rechange nécessaire. Le carburant sera rationné compte tenu des difficultés globales d'approvisionnement et la marine ainsi que l'aviation seront prioritaires. Les effectifs se réduisent à 20 000 au tournant des années 2000 puis 10 000 lors du budget de 2010, chiffre qui sera en réalité moindre, car peu de temps après 10 000 ne représente plus que les effectifs totaux des armées et une partie importante de ceux-ci sont attribués à la marine. L'aviation, elle est la seconde à décliner. Les capacités de projection sont abandonnées pour privilégier la défense de la Cité et de ses alentours et les capacités AWACS et EW sont, elles aussi, perdues au profit de systèmes au sol moins efficaces, mais moins coûteux. Les derniers avions vieillissants sont abandonnés ou vendus à bas prix dans les années 2010 par manque de pièce de rechange et de pilotes formés. Ventes qui mèneront à un scandale qui participera à la chute du PPM quelques années plus tard, car des avions myaikhosiens seront retrouvées lors de guerres civiles en Afarée, au Nazum et utilisés par des régimes autoritaires sur ces continents ainsi qu'au Paltoterra et en Eurysie de l'est. Des aéronefs aux caractéristiques ressemblant fortement aux avions myaikhosiens seront également retrouvés sur des territoires sous contrôle terroriste dans certaines régions du monde sans preuves formelles qu'ils proviennent de la Cité.

Finalement, la marine est la dernière à se voir décliner. Son importance était financièrement insoutenable, les infrastructures n'étaient plus à niveau et une telle flotte demandait des capacités d'entretien que peu de pays pouvaient se permettre. Le navire amiral, le porte-hélicoptère NSMP Raja Lautan , est désarmé au vu de son faible emploi en 2003. Suivent les capacités de haute mer les plus importantes telles que le destroyer NSMP Guruh et 2 frégates en 2005. Les sous-marins arrivés en fin de cycle en 2008 ne sont pas remplacés. Trois corvettes sont vendues en 2004 tandis que deux autres se percutent en 2009 lors d'un retour au port et doivent être sabordées. Considérant les risques sécuritaires de conserver les cinq autres corvettes dans un état de dégradation alarmant, il est décidé de les désarmer et de transférer leurs coques à plusieurs entreprises nazumies et aleuciennes pour les démanteler. Seule la dernière corvette mise à l'eau en 1994 est conservée. Enfin les patrouilleurs sont convertis en navires de pêche pour la plupart ou à leurs tours vendus à d'autres États. Seul subsiste de cette période les frégates NSMP Mutiara et NSMP Lautan Emas ainsi que la corvette NSMP Waspada.

L'armée de terre subsistait sous la forme d'une infanterie quasiment sans armements lourds et l'aviation ne disposait plus d'aucuns aéronefs.

Cependant, ces dernières années le nouveau gouvernement a exprimé la volonté de voir les forces armées de la Cité se reconstituer et a engagé plusieurs plans d'investissements et de montées de budget. À l'heure actuelle, fin 2019, la Cité n'a pas reconstitué de capacité industrielle de production militaire nationale. Toutefois, elle a investi massivement dans la R&D sur de nombreux pans économiques et dans le secteur de la défense, lui permettant progressivement de rattraper son retard mais aussi d'envisager de devenir leader dans certaines technologies. Ces avancées lui permettent ainsi de disposer théoriquement des technologies nécessaires pour envisager la production nationale d'aéronefs de plutôt bonne facture, bien qu'une difficulté semble se poser pour le saut de la sixième génération en termes d'aviation radar, d'aviation autonome et d'aviation multimissions mais aussi pour les hélicoptères. La Cité est pratiquement à la pointe de la technologie navale, électronique et balistique, et cherche à développer à présent des compétences en matière de robotique, de radars, d'intelligence artificielles et de DCA.

Cependant ce constat de compétences en matière technologique s'accompagne du constat que la Cité n'est pas en mesure de produire ces équipements par manque d'industrie en la matière ou du moins, dans les proportions requises. C'est pourquoi dans un premier temps le gouvernement s'est mis en quête d'achats d'équipements à bas prix dans le déstockage de ses alliés ou dans les enchères internationales. Cette stratégie, bien que vivement critiquée par l'opposition, a permis à la Kesatuan Pertahanan Nasional Myaikho de recouvrer une certaine mobilité sur le plan terrestre en disposant fin 2019 d'environ 200 blindés et plus d'une centaine de camions, mais également de retrouver une capacité aérienne naissante - faiblement technologique au demeurant - par l'achat d'une dizaine d'avions de chasse, une dizaine de chasseurs multirôles et de capacités de bombardements stratégiques. Si ces avions sont pour partie très en retard technologiquement, ils permettent tout de même à la Cité de ne pas être sans défense, mais surtout de former de nouveaux pilotes qui devront par la suite être aux commandes d'aéronefs bien plus performants. De nouveaux achats sont envisagés prochainement pour renforcer les forces nouvelles de l'armée de terre dont la Cité est à ce stade incapable de produire des véhicules à but militaires par sa propre industrie. Il est également question de reconstituer les capacités sous-marines de la République des perles, de se procurer pour les mêmes raisons de formations de pilotes, des hélicoptères de tout type et enfin reconstituer des capacités patrouilles maritimes côtières.

Ce réarmement s'opérant depuis 2015 ne manque pas de susciter des tensions au sein de la classe politique mais aussi de la société toute entière. Une feuille de route précise de se réarmement est réclamée. A cela s'ajoute l'engagement récent de la marine de la cité dans une opération extérieure, l'opération grand barrage du Grand Ling, pour la première fois depuis 2003. L'armée redevient donc un enjeu majeur et connaît un regain d'intérêt sur tous les plans.
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Kesatuan Pertahanan Nasional Myaikho



La Kesatuan Pertahanan Nasional Myaikho (KPNM) constitue l'ensemble des forces armées de la République de Myaikho. Héritière des structures militaires établies lors de l'indépendance de la Cité en 1965, elle demeure officiellement placée sous l'autorité des institutions civiles, conformément aux principes fondateurs de la République parlementaire. Son organisation repose sur trois branches principales : la Force de Sûreté Navale (FSN), la Force de Défense Terrestre (FDT) et la Force de Sécurité Aérienne (FSA).

  • La Force de Sûreté Navale demeure historiquement la composante dominante. Son quartier général est installé dans l'enceinte du complexe naval de Timbangan Agung, principal port militaire du pays. Elle assure pour missions la surveillance des eaux territoriales, la protection des routes commerciales, les missions de présence diplomatique ainsi que la coopération avec les marines alliées. Elle est commandée par le Premier Stratège Naval Geng Guanting depuis 2013, officier issu de la communauté cathayenne et considéré comme l'un des principaux architectes du redressement militaire engagé depuis 2015. Sous son autorité se trouvent les escadres de surface, les forces sous-marines, les forces côtières, les unités de surveillance maritime et les services logistiques navals bien qu'une partie de ces branches ne soient que théoriques du fait de l'absence de matériel. Sont associés à la FSN un Directoire National de la Marine (composé de parlementaires, d'officiers et d'administrateurs du gouvernement) dirigé par le Magistrat aux Armées et chargé de coordonner le dialogue entre les différents acteurs impliqués dans la marine et trouver des orientations collégiales à soumettre à la Diète et à sa Commission de la Sûreté Stratégique.

  • La Force de Défense Terrestre est elle responsable de la protection du territoire national, des infrastructures stratégiques, des ports, des zones industrielles et des bâtiments gouvernementaux. Elle est également une composante importante des engagements humanitaires extérieurs de la Cité bien qu'elle soit en rivalité avec les forces de fusiliers marins de la FSN. Elle peut également être amené à réaliser des travaux d'intérêt général sur le territoire de la Cité et épauler les forces de l'ordre. Son état-major est installé dans le complexe militaire de Bukit Kemerdekaan. Elle est commandée par le Premier Stratège Général Arif Wibisana depuis 2011, chargé de superviser l'armement, les infrastructures, les besoins, les missions de cette branche armée mais aussi les structures de mobilisation civile.

  • La Force de Surveillance Aérienne, réactivée progressivement après des années de maintient en tant que structure officielle mais sans missions compte tenu de la disparition de ses effectifs et de ses aéronefs, demeure la branche la plus modeste des forces armées. Son commandement est installé sur la base aérienne de Badai Matahari Terbit. Elle est dirigée par le Premier Stratège du Ciel Surya Mahendra, dont la mission principale consiste actuellement à reconstruire les capacités aériennes du pays, former une nouvelle génération de pilotes et assurer la surveillance de l'espace aérien national, tout en devant officiellement superviser les forces de projection de la Cité, les forces de guerres électroniques, les forces de prévention, d'interception, de supériorité aérienne.

  • Au-dessus de ces trois branches se trouve l'État-Major Général de la Défense Nationale, chargé de coordonner l'action interarmées. Le chef d'État-major, Tirta Cahya Pranata depuis 2016, supervise de manière globale l'ensemble des forces armées, est le lien entre les différentes branches et la principale autorité militaire en dehors du chef de l'État qui détient théoriquement une << prérogative avancée de contrôle des armées en vertu de sa fonction incarnant la continuité de l'État, le garant de la Nation >>. [citation de la Constitution de la République] Prérogative avancée cependant nuancée par un autre passage : << La détention du pouvoir militaire par le Président de la République convient, selon l'esprit de la constitution et de l'organisation de l'État, d'être partagé dans ses manifestations et dans les réflexions et préparations de celles-ci, avec la représentation nationale et la volonté citoyenne incarnées par la Diète Communale. >> [autre citation de la Constitution de la République] L'État-Major Général à la Défense Nationale est donc théoriquement soumis au chef de l'État et à la représentation nationale, et est par conséquent, supervisé par le lien entre la Diète et le Gouvernement, à savoir la Magistrature aux Armées, dirigée par le Magistrat Valentin Hector depuis 2015. Théoriquement, les grandes orientations militaires sont soumises à l'approbation de la Diète Communale qui vote les budgets, approuve les programmes d'armement et dispose de commissions permanentes chargées du contrôle de l'action gouvernementale disposant d'un droit de censure et de résolutions contraignantes. Le Magistrat aux Armées ne possède donc officiellement qu'un pouvoir exécutif délégué par la majorité parlementaire.


  • En pratique, le fonctionnement est devenu plus complexe. Depuis quelques années, les états-majors disposent d'une autonomie importante dans la conduite opérationnelle et la planification militaire, tandis que les coopérations internationales sont souvent négociées directement entre le gouvernement et les commandements militaires avant même leur présentation aux députés. Cette évolution est particulièrement visible dans les dossiers de réarmement et dans les opérations navales menées aux côtés des alliés de la République.

    L'organisation actuelle de la KPNM est le résultat d'une transformation profonde commencée dès l'indépendance. Entre 1965 et le début des années 1990, les forces armées de la Cité connaissent une phase d'expansion continue. Si la structuration de l'armée n'a pas toujours été aussi claire et soumise au pouvoir de la Diète, le développement économique spectaculaire de Myaikho lui permettant alors de financer une marine régionale de premier ordre, une aviation moderne et une armée de terre relativement importante pour un État de taille modeste ont aboutis à la nécessité de réformer le système pour ne pas aboutir de facto à une situation d'autonomie du pouvoir militaire. Durant cette période, l'institution militaire est perçue comme l'un des symboles du succès myaikhosien. Les gouvernements successifs du Parti du Progrès Myaikhosien investissent massivement dans les infrastructures navales, les arsenaux, les écoles militaires et les programmes technologiques. Comme expliqué plus haut dans le texte précédant, le tournant intervient dans les années 1990. L'essoufflement économique de la Cité provoque une série de réductions budgétaires qui affectent durablement les capacités militaires. La priorité est alors donnée au maintien de la stabilité financière plutôt qu'à l'entretien d'une force armée devenue disproportionnée par rapport aux ressources nationales. Les effectifs diminuent, les recrutements ralentissent, les exercices sont espacés et les programmes de modernisation sont reportés. Cette évolution modifie profondément la culture militaire du pays qui par ailleurs avait axé son esthétique sur la sécurité commerciale, la coopération, les participations humanitaires et stabilisatrices. Les états-majors abandonnent progressivement les ambitions de projection régionale qui caractérisaient les décennies précédentes pour se concentrer sur la protection directe du territoire et des routes commerciales avant de se cantonner à la seule ambition de protéger les ports du pays de la piraterie wanmirienne. La disparition de l'aviation de combat, la réduction drastique des effectifs terrestres et le retrait progressif de la majorité de la flotte entraînent une véritable crise identitaire au sein des forces armées qui se caractérisera en partie par un rejet croissant des gouvernements centristes et progressistes par les militaires, les anciens militaires, les officiers, les familles de militaires licenciés ainsi que qu'une partie des générations ayant vu un système de service militaire vider de sa substance aboutir au terme de chaotiques réformes, leur donnant le sentiment de perdre du temps précieux de leur jeunesse dans un système inefficient.

    Durant les années 2000 et au début des années 2010, la KPNM devient davantage une administration de préservation qu'une institution militaire pleinement opérationnelle. Les écoles forment moins d'officiers, les carrières perdent de leur attractivité et la baisse des salaires liée à la mauvaise santé économique et financière de la Cité n'arrange pas les choses et une partie importante des compétences techniques disparaît avec les départs à la retraite. Plusieurs observateurs considèrent alors que l'armée myaikhosienne est entrée dans une phase de déclin irréversible. L'arrivée du gouvernement nationaliste marque cependant une rupture majeure dans la stratégie financière et les priorités du gouvernement. Sans disposer des moyens financiers nécessaires pour reconstruire immédiatement une industrie militaire complète, les autorités choisissent une stratégie graduelle : restaurer les effectifs et augmenter progressivement l'attractivité au fil de l'amélioration de la situation économique, acquérir du matériel disponible à faible coût auprès d'États alliés, relancer la formation des cadres et reconstruire les chaînes logistiques. Cette politique vise moins à retrouver immédiatement les capacités perdues qu'à recréer les fondations humaines et organisationnelles permettant un réarmement futur et permettant une situation budgétaire supportable à moyen terme.

    Cette reconstruction militaire s'accompagne toutefois d'une transformation beaucoup plus profonde des rapports de pouvoir au sein de la République. Depuis 2015, la montée en puissance du Gerakan Pertahanan Tradisionalis modifie progressivement l'équilibre institutionnel qui caractérisait historiquement la démocratie parlementaire myaikhosienne. Officiellement, la Diète Communale demeure l'autorité la plus puissante de la République. Les textes constitutionnels n'ont pas été fondamentalement modifiés et les votes continuent d'être menés. Pourtant, dans les faits, le gouvernement s'efforce progressivement de transférer une partie du centre de gravité politique vers l'exécutif et les administrations stratégiques. Et pour cela il dispose d'une majorité fidèle et disciplinée qui, paradoxalement, grâce à la grande puissance de la Diète, peut neutraliser plus ou moins visiblement les contre-pouvoirs et l'opposition qui cherche à freiner ces changements. La défense constitue l'un des principaux instruments de cette évolution. Le gouvernement présente régulièrement les questions militaires comme des sujets trop techniques ou trop urgents pour être ralentis par de longs débats parlementaires. Les commissions de contrôle existent toujours mais disposent d'informations de plus en plus limitées et interviennent souvent après la prise des décisions majeures. De toute manière, la majorité au sein de celles-ci étant soutien du gouvernement, elles ne s'opposent pas aux choix de celui-ci.

    Cette évolution favorise l'émergence d'une nouvelle génération de responsables militaires que le GPT et toute la sphère nationale-conservatrice avait déjà commencée à approcher et convaincre avant sa victoire aux élections de 2015. Les officiers et une partie des soldats s'étant laissés séduire par l'extrême droite, et des profils fidèles issus de parcours au sein desquels ils ont souvent fréquentés les nouveaux hommes forts de la République se voit attribuer des postes importants et infiltrent donc l'appareil militaire ainsi que l’appareil administratif et gouvernemental. Le Premier Stratège Naval Geng Guanting est devenu l'une des personnalités les plus influentes de la République. Son rôle dans le redressement de la marine et dans les coopérations avec le Grand Ling, l'Empire du Nord et plusieurs puissances nazumies lui confère une stature dépassant largement le simple cadre militaire et sa proximité avec le gouvernement se fait de plus en plus ressentir. De son côté, le Magistrat Valentin Hector apparaît désormais comme l'un des piliers du gouvernement, participant régulièrement aux grandes orientations diplomatiques, industrielles et stratégiques du pays. L'armée est l'un des principaux terrains du gouvernement pour déployer sa rhétorique d'ordre et de renaissance nationale, et en ce sens le Magistrat incarne cela et est désormais l'un des hommes forts de la Cité, aidés par ailleurs par des liens croissants avec le monde économique myaikhosien et international.

    Autour d'eux se forme donc progressivement un réseau de hauts fonctionnaires, d'officiers supérieurs, d'experts en sécurité et de responsables industriels partageant une vision commune : celle d'un État plus centralisé, plus discipliné et moins dépendant des compromis parlementaires traditionnels, nourrissant même une rancœur tenace contre le parlementarisme. Cette tendance ne se traduit pas encore par une remise en cause ouverte du régime républicain, mais elle contribue à renforcer le poids des institutions exécutives face à une Diète dont l'influence s'érode lentement et à progressivement ouvrir le débat et rendre la dérive lente plus acceptable.

    Les projets actuellement étudiés par le gouvernement vont dans cette direction. Ils incluent la création d'un Conseil Supérieur de Sécurité Nationale, l'élargissement des prérogatives de la Magistrature aux Armées en période de crise, le renforcement des pouvoirs réglementaires de l'exécutif dans les domaines stratégiques et la mise en place de mécanismes permettant d'accélérer les procédures d'acquisition militaire. À la fin de l'année 2019, la KPNM se trouve donc dans l'épicentre de tous les enjeux de la Cité.
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