05/09/2020
21:21:30
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Activités étrangères de Petite Brann

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Activités étrangères de Petite Brann

Ce topic est ouvert à tous les joueurs possédant un pays validé. Vous pouvez publier ici les RP concernant les activités menées par vos ressortissants de Petite Brann. Ceux-ci vous permettront d’accroître l'influence potentielle de votre pays sur les territoires locaux. Veillez toutefois à ce que vos écrits restent conformes au background développé par le joueur de la Petite Brann, sinon quoi, ils pourraient être invalidés.

Personnages immunisés contre les tentatives d'assassinat :
(Rappel des règles)
  • Abigél Lajos, présidente de la Petite Brann.
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Maracaillbosse, 21 décembre 2019, Palais du Printemps

Le San Youté s'apprête à renforcer un peu plus leurs liens avec la poudrière du monde, c'est-à-dire l'Eurysie.
En effet, aujourd'hui, nouvelle cérémonie et nouvelle accueil de chef d'Etat en la personne d’Abigél Lajos, la récente présidente de la République Indépendante de Petite Brann avait il y a peu entamer des contacts diplomatiques avec le San Youté, cela à notamment commencé à l'occasion du Forum de Pucâs où le San Youté, intrigué par l'événement, avait envoyé quelques représentants.
Les discussions qui allaient avoir lieu dans le Palais du Printemps, enceinte qui commence à avoir l'habitude d'accueillir les rencontres du président, étaient de la plus hautes importances pour les deux parties.
La Petite Brann était désireuse de s'entourer de nouveaux partenaires et le San Youté avait le profil idéal pour entamer des relations.
Le San Youté souhaitait de son côté mettre en place de nouveaux accords bilatéraux, avec un nouveau partenaire, dans la perspective de tirer des bénéfices importants pour son économie.

Aux alentours de onze heures, les deux chefs d'Etat entrèrent enfin en contact mais l'heure n'était pas encore aux discussions, le San Youté avait en effet sortie le grand jeu pour impressionner son invité, comme une parade de char par exemple.
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Défilé de char Ikeo et de Girafe M-2

Après une cérémonie et le défilé militaire, l'exposition de la rencontre se calmait et les deux chefs d'états peuvent désormais commencer la mise en place de partenariats communs.
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Le président du San Youté pris la parole :
”Bien, c'est un honneur de vous accueillir dans cette salle et sans plus tarder commençons, il y a de nombreuses choses dont nous devons parler.”
Le président du San Youté avait deux objectifs prioritaire pour la Petite Brann : d'abord il devait obtenir des facilités pour l'implantation d'entreprise du San Youté, il était d'ailleurs accompagner de plusieurs PDG de multinationales du San Youté, comme le PDG de Pellenos, Marcos Delacasa où le PDG de la HQ Corps, Maria Mariaux.
Ensuite, le président du San Youté à pour objectif de trouver un débouchés supplémentaires aux surplus militaires et aux armements vieillissants de l’armée de la République Fédérale, bien que l’armée dispose déjà de débouchés en l’État de l’Ouaine, le président souhaite diversifier ses débouchés mais surtout éviter et limiter l”armements que le San Youté envois vers des pays communistes.
”J'ai évidemment plusieurs idées de la manière dont le San Youté pourrait collaborer avec la Petite Brann mais je vous laisse l'honneur de commencer.”
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Le Président du San Youté rétorqua :
”Je n'ai aucune opposition à mettre à votre proposition, elle me paraît être une bonne base pour entamer les partenariats entre nos deux nations.”

Les deux présidents mire noir sur blanc cette accord et le signerent, puis le président repris la parole :
”Maintenant que ceci est chose faite, passons aux propositions que peut faire le San Youté avec la Petite Brann.”

Clara Mendizabal sort alors un document et le passe à la présidente brann.

”Pour commencer, je propose quela Petite Brann devienne le client prioritaire des exportations de surplus d'armes du San Youté.
Je pense qu'un contrat de ce type est bénéfique pour nos deux nations car il permet à la Petite Brann de s'armer à bas coût en bénéficiant du complexe militaro-industriel du San Youté et de notre côté nous nous faisons de l'argent et nous trouvons un débouchés pour notre matériel vieillissant.
Ensuite, nous souhaiterions que les entreprises du San Youté bénéficient de facilités pour s'implanter en Petite Brann.
Mais avant de vous laisser répondre, permettez moi de vous expliquer en quoi cela sera bénéfique pour nous deux.”


Le président sort à nouveau des documents.
La première liste les différentes entreprises concernées par les aménagements que souhaite le président, on peut y lire quatre noms : Pellenos, HQ Corps, San Youtair et Bank.
Le second document était l'appel d'offres lancé par la Pellenos.
Une fois les documents lues par ces interlocuteurs, le président repris :
”Je peux comprendre les craintes quant à la concurrence que pourraient faire les entreprises du San Youté six entreprises brann mais il faut aussi prendre en compte le bénéfice que votre pays peut en bénéficier.
L'arrivée d'investissement du San Youté va stimuler votre économie et participer à sa croissance avec la création d'emplois.
De plus, les entreprises du San Youté peuvent combler des trous dans le tissu industriel brann.”

Sur ces mots, il invita Abigél Lajos à reprendre son offre.
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La nuit était pourtant calme sur les hauteurs de Petite Brann. C'est dans ce décor paisible que résidait temporairement la délégation diplomatique de la IIIe République de Nexanie. Mais à minuit précis, le silence fut pulvérisé. Des personnes encore non découvertes fit irruption, ouvrant un feu nourri et aveugle contre la façade du bâtiment.
Les détonations d'armes automatiques résonnèrent dans tout le quartier, faisant voler les vitres en éclats et criblant les murs de béton de dizaines d'impacts de balles.

L'effet de surprise fut de courte durée.
Rompus aux théâtres d'opérations les plus hostiles, les agents de la sécurité nexanienne et les forces de protection de Petite Brann réagirent en une fraction de seconde.
Un tir croisé, méthodique et impitoyable, s'abattit sur les assaillants.
Au terme d'un affrontement bref mais d'une violence extrême, le professionnalisme des gardes fit la différence :
trois membres furent mortellement touchés, s'effondrant sur le bitume.
Côté nexanien, le bilan tenait du miracle : aucune perte humaine n'était à déplorer. La zone fut immédiatement bouclée.

À des centaines de kilomètres de là, dans le secret du Palais présidentiel de Maneonne, l'information remonta en temps réel jusqu'au sommet de l'État.
Le visage de marbre, le regard noir de colère, le Président Josh McKenzie prit instantanément la mesure de l'affront.
Sans perdre une minute, il saisit le téléphone crypté reliant sa ligne à celle de la présidente de Petite Brann.

L'appareil à l'autre bout du fil ne sonna qu'une seule fois avant que la voix de la dirigeante brann ne se fasse entendre.
McKenzie n'attendit aucune formule protocolaire et attaqua de front, d'une voix glaciale qui trahissait une fureur contenue :

''Madame la Présidente. Je suppose que vos services vous ont déjà fait le rapport de la situation. Des gens de je sais pas ou viennent littéralement de fusiller l'endroit où se tournait ma délégation diplomatique, sur votre propre sol.''

Un silence pesant s'installa sur la ligne, le dirigeant nexanien laissant volontairement ses mots s'ancrer dans l'esprit de son interlocutrice avant de poursuivre :

''Nos forces de sécurité respectives ont fait leur travail avec une efficacité redoutable. Trois de ces chiens qui veulent je sais pas quoi ont été neutralisés et abattus sur place, et par chance, aucun de mes hommes n'a été touché. Mais le simple fait que ces extrémistes aient pu approcher une délégation officielle de la Nexanie avec des armes de guerre dans votre pays est une faille de sécurité totalement inadmissible.''

Le ton du Président se fit encore plus dur, presque menaçant, posant les conditions d'un État qui n'entendait pas négocier sa sécurité :

''La Nexanie ne tolère pas qu'on joue avec la vie de ses représentants. Je veux des garanties immédiates sur la sécurisation de nos diplomates. Que comptez-vous faire pour nettoyer ces putains de vermines qui veulent je sais pas quoi avant que je ne doive m'en mêler ? Si votre gouvernement a besoin de l'appui de la Nexanie pour éradiquer cette menace et verrouiller vos secteurs, dites-le-moi. Mais je vous le dis très clairement, il n'y aura pas de pitié envers ces fils de pute QUI VOUS MENACE ET QUI NOUS MENACE !''

McKenzie raccrocha instantanément après cela.
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Une affiche visible au cœur du paysage urbain,
des arrêts de bus aux devantures de commerces, partout à travers le pays.

Programme Visit Néxania
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Nous sommes partout.

Le 16 mai était une journée ensoleillée pour un mois de mai. Les températures étaient plutôt agréables, le soleil était de sortie, la population aussi. Les premiers bourgeons commençaient à sortir, les feuilles reprenaient peu à peu leur couleur verte initiale. Bref, tout plein d'éléments qui ne pourraient faire songer qu'à une excellente journée. La capitale de la Petite Brann, Syltrua, était ravissante, la météo lui donnait un air de conte folklorique local. Beaucoup de gens étaient sortis boire un petit café sur les terrasses, profitant des douces températures. Posé en terrasse, la cathédrale Karl II sur notre droite, un café face à nous sur notre table, accompagné d'un livre d'un auteur brann un peu niche, et le pont Ânatalek sur notre gauche, rien ne pouvait présager du drame qui allait suivre. C'était donc une odeur de café qui régnait dans les rues de la capitale, une odeur de café mélangée aux pollens qui pullulait et faisait réagir des dizaines d'allergiques.

Soudain, alors que vous alliez replonger dans votre livre passionnant après une grande gorgée de votre café noir, une agitation sur le pont Ânatalek vous rappela à la réalité. Vous glissez discrètement votre main dans votre manteau vert kaki et vous attrapez la poignée de votre revolver. Ce qui se passe sur le pont, vous le savez et vous le saviez. C'est vous qui l'avez préparé. Sur le pont Ânatalek, une voiture s'arrête en travers de la route, bloquant la circulation. Quatre hommes en sortent, vêtus de cagoules, de vêtements noirs et surtout, d'armes à feu de type fusils d'assaut. Les trois hommes sortent calmement, et d'un geste presque habituel, les trois chargeurs sont vidés sur les voitures environnantes. En quelques instants, c'est le chaos sur le pont. Les gens tentent de partir à pied, courant le plus loin possible de ce massacre. Mais les balles fusent et les corps tombent. Fort heureusement pour les gens se situant sur le pont, et fort malheureusement pour vous, commissaire Milan Georgiev, contrairement à ce qui était prévu, une patrouille de police se trouvait sur le pont lors de l'attaque. Les policiers sortent et surprennent les terroristes qui s'attendaient à une fusillade facile. Les trois hommes sont rapidement abattus. Le dernier homme dans la voiture tente de s'enfuir mais est lui aussi rapidement abattu par une ribambelle de balles. Cette fois ce n'était pas le Mouvement de libération Brann, mais une autre organisation plus grande, venue du nord du Nazum.

Au total, 9 brann mourront, dont un membre des forces de l'ordre, des balles terroristes et 21 seront blessés. Mais la Petite Brann n'est pas le seul pays endeuillé.
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Un très bon lapin farci


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Le conclave avançait, et il était peu de gens à savoir pourquoi son éminence Giovanni Spinelli faisait autant d'allers retours dans les cuisines, ou du moins, les chanoines qu'il avait corrompu pour transmettre ses messages. Ceux ci furetaient autour des plats transmis à midi et en soirée. Et ce midi, l'un d'entre eux s'approchait dangereusement du plat préféré de son éminence Gergo. Il lui a suffit d'un coup de fourchette pour découvrir une bien étrange lettre enroulée autour d'une ficelle.

Chère éminence Gergo,

Vous me pardonnerez la façon dont j'ai de vous contacter, mais il m'importait de m'entretenir avec vous. Nous connaissons votre volonté, commune à la notre, de voir en notre Eglise l'ardeur à la réformer afin qu'elle se recoupe au mieux avec les aspirations des petites gens, et des grandes évolutions du monde. Nous n'irons pas par quatre chemins: il nous faut gagner ce conclave, car un résultat contraire me ferait craindre le pire pour notre Sainte mère l'Eglise. Un conclave est chose sérieuse, et c'est pour cela que j'ai fait don de ma personne afin de m'y présenter.

Je connais votre rigueur et l'ardeur de votre foi. Que me faudrait t-il pour vous convaincre que notre choix est le meilleur ?

Que le seigneur protège notre volonté de réforme, en attendant votre réponse.

Giovanni Spinelli.

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Blason personnel de Stefano III


Bulle Papale
De l'excommunication de la prétendue Papauté d'Almarag et de monseigneur Constant Von Sepnärt, évêque de Wassemberg


DU SOUVERAIN PONTIFE
STEFANO III
AUX ÉVÊQUES
AUX PRÊTRES ET AUX DIACRES
À TOUTES LES PERSONNES CONSACRÉES
À TOUS LES FIDÈLES



Nous, Stefanus troisième du nom, Évêque de Sancte et de Rhème, Vicaire de Jésus-Christ sur Terre, Souverain de l'État de la sainte Catholagne, et Chef suprême de l'Église catholane depuis le 13 aout 2020. Nous qui sommes l'intercesseur du seigneur, est dans notre devoir de maintenir l'unité de notre Sainte mère l'Eglise et de sa liturgie universelle auprès de tous nos fils, nos filles et nos enfants les fidèles.

Nous réaffirmons en premier lieu que Le Saint-Siège apostolique rhémien est le premier de tous les sièges, auquel, en tant qu'intercesseur de Dieu sur Terre, appartient plus particulièrement le souci de toutes les Églises, a daigné, pour la paix et l'utilité de l'Église, nous envoyer comme ses légats en la cité de Warenburg, la clameur qui montait de cette ville était fondée, ou sinon, pour qu'il le sache. Sachez donc, avant tout, que les gens de cette ville et de Kaulthie, ou tout du moins que toute la partie sensée de la population, sont pleinement chrétiens et catholans. Mais, quant à ceux que l'on a improprement nommer "Pape", "Episcopus" ou quelconque affabulation de l'esprit, qu'on appelle abusivement patriarche ou diacre, et aux partisans de sa folie, eux sèment chaque jour au milieu d'elle une multitude d'ivraies d'hérésies.

Ainsi, nous faisons le constat de l'erreur impardonnable et innommable de provoquer la division de notre Saint Mère l'Eglise par l'établissement de l'anti-pape, autrefois évêque de Wassemberg Constant Von Sepnärt, et de celui d'une administration ecclesiastique parralèle, sans aucune légitimité ni aucun fondement, car il n'est point de dogme nous séparant que d'une ambition de pouvoir temporel déplacé et pervers, issu des pêchés d'envie, d'avarice et d'orgueil.

C'est pourquoi, ne pouvant tolérer ces injures inouïes et ces outrages faits au Premier Siège Apostolique, constatant que la foi catholane et son universalité est ouvertement attaquée, et par l'autorité de la Sainte et Indivisible Trinité, du Siège Apostolique dont nous remplissons la légation, de tous les Pères de l'Eglise et de tous les conciles tenus par l'Église catholane depuis le temps des martyrs, nous signons contre Constant Von Sepnärt et ses partisans l'anathème que nous prononçons contre s'ils ne se repentent pas. Que Constant Von Sepnärt soit anathème, ainsi que tous ceux qui le suivent dans sa folie.

Ne sera levée notre colère de voir la division dans la maison du christ qu'aux conditions fixées:
  • Que Constant Von Sepnärt soit dépouillé, tant de son faux titre de pontife universel que de son episcopat.
  • Que le clergé de Kaulthie et de tous ceux qui se réclament de cette hérésie quittent leurs paroisses et remettent leurs offices aux diacres approuvés par nous-mêmes.
  • Que ceux ci nous demandent le pardon et la miséricorde sur leurs genoux.
Nous serons disposés à accueillir de nouveau dans l'amour du christ ceux qui se réclament de cette hérésie que lorsque nos demandes seront rencontrées. A l'égard de nos brebis, nous encourageons de ne point chercher le conflit, mais de ne point laisser ces gens faire partie de vos existences de bons chrétiens. Que tout soit entrepris pour contenir ces pensées contraires à la nature de notre Eglise universelle, que nos missionnaires rendent coup pour coup aux leurs, et que leur parole soit maudite et oubliée de tous.


Donné à Sancte, près de Saint-Pierre, le 17 aout 2020, de la première année de mon pontificat.
Pontifex Maximus Stefanus
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Le Grand Vizir du Capitalisme d'Occasion


« Voilà », dit le Brann. « Vous avez tout vu. »

Ils s’étaient arrêtés sur un quai en béton brut. L’air était chargé de cette odeur typique des ports industriels. La chair de poisson, la soude, le kérosène. Un parfum riche et répugnant. Le kah-tanais acquiesça tranquillement.

On l’avait surnommé le Grand Vizir du CaDoc, soit capitalisme d’occasion. Pleinement responsable des investissements kah-tanais dans plus d’une dizaine de pays, c’était pourtant un individu discret, et ce surnom n’avait lieu que dans une presse très spécialisée, et dans des réunions où l’on souhaitait l’évoquer sans parler de lui, directement. Il savait sa réputation inquiétante.

Le Brann vint se placer à ses côtés, et suivit son regard. Il y avait un bras d’eau, assez large pour faire passer trois bateaux de face. De l’autre côté, le port industriel de Consténįne se prolongeait sur des installations anciennes. Certaines semblaient à l’abandon, d’autres étaient en pleine activité. Le suranné côtoyait le fâcheusement nouveau, et le port s’extirpait mollement de sa vieille peau. La mue prendrait encore du temps. Le Grand Vizir étouffa une quinte de toux.

« Ca nel… »

Le Brann fronça les sourcils.

« Désolé je ne parle pas syncrelangue.
– C’était du nahuatl », corrigea-t-il en affectant un air poli. « Vous évoquiez des chiffres de croissance impressionnants.
– Presque 73 % depuis 2019.
– Ah, c’est impressionnant. »

Il n’avait pas besoin qu’on lui répète les chiffres. Il les avait bien en tête. Le Grand Vizir fixait encore les ports. Le Brann croisa les bras.

« Tout le pays n’en a pas profité de façon égale mais le fret est un secteur clef, je ne doute pas que les travaux suivront bientôt l’ensemble du port.
– J’y compte bien. Voyez-vous jeune homme, si nous souhaitons faire de ce port une porte d’entrée crédible vers l’Eurysie nous devrons moderniser non seulement les grues et les terminaux, mais les routes, les rails, les systèmes de liaison internet. Si nous voulons respecter la sévère loi kah-tanaise sur le commerce et la taxation sur la pollution et le coût humain, il faudra des investissements visant à produire de l’énergie verte et la création d’un tissu syndical solide et copropriétaire de nos accomplissements. Et bien sûr, parce que c’est une économie capitaliste, et que le marché est une jungle, il nous faudra nous assurer que nos investissements gagnent la course, et que ceux de nos rivaux finissent le nez dans le caniveau.
– Vos rivaux
 », répéta le Brann.

Le Grand Vizir acquiesça.

« J’en conviens. Aucun des pays ayant investi dans votre république ne peut être considéré comme un rival pour l’Union. Mais à l’échelle de ce pays, nous nous battrons pour un même marché, pour le contrôle – car c’est de ça qu’il s’agit – des mêmes ressources, de la même force de travail. Et puisque vous vivez dans un régime libéral, pour le contrôle de l’âme même du pays. Sur ce plan ce seront nos rivaux. »

Le Brann ne répondit pas immédiatement. Il fixa le regard du vieil homme. Un visage ridé, des cheveux épais, mi-longs, et des lunettes à bord carré. Il avait quelque chose d’à la fois très sévère, et parfaitement apaisé. Finalement le Brann décida de répondre en toute franchise.

« Je vous suis. Mais je suis surpris que vous parliez d’âme.
– Ah oui ?
– Vous êtes des matérialistes, au Grand Kah.
– Et vous êtes un peuple perclus de religiosité, à couteau tiré avec vous-même, et en proie à des violences pas possibles depuis que le dernier pape a jugé bon d’excommunier cinquante pour cent de votre population.
– C’est faux.
– Ca nel… » répéta le Grand Vizir, d’un air vaguement ironique. Et le Brann sourit.

« Alors vous n’êtes pas tous matérialistes. Et vous ?
– Je ne crois pas à l’âme, c’était un abus de langage. Les conditions matérielles d’existence ont un impact beaucoup plus fort sur notre quotidien que des éléments immanents ou rémanents.
– Matérialiste.
– Je conçois la religiosité comme une béquille ou un luxe, selon la situation de chacun.
– Vous n’allez pas vous faire que des amis, ici.
– Mon cher ami, détrompez-vous. »

Il se détourna enfin de la digue, les mains plongées dans les larges poches de son manteau. Le tissu brun était chaud, mais informe, et l’ensemble semblait se confondre avec sa personne. Il n’avait pas tant l’air de porter son costume que de l’être. Le Brann le suivait d’un pas tranquille. Depuis qu’il était là, le Grand Vizir lui avait tenu de nombreux discours. Philosophiques, historiques, matérialistes. De son point de vue, c’était un vieil homme. Un vieil homme qui, comme beaucoup de ses congénères, était invariablement bavard. Mais son esprit restait vif, son expérience réelle, et il représentait les intérêts économiques d’une dizaine de conglomérats et d’un pays dont la puissance avait de quoi faire trembler. Une fois, le Grand Vizir s’était décrit comme « le bout immergé du titan ». Puis il avait eu un rire triste, ou une quinte de toux, et l’avait fixé dans le blanc des yeux.

« En nous invitant ici, votre gouvernement veut faire changer les choses. Le sait-il seulement ? »

Il avait dit ça avec son calme habituel, mais il y avait alors quelque chose de franchement intense dans son regard. Au point d’en être déstabilisant. Changer les choses ? Le Grand Kah n’allait sans doute pas faire la révolution. Pas dans un pays qui venait de s’extraire d’un système bipartisan en bout de course, pas dans un pays qui avait donné le pouvoir à des libéraux à plus de 78 % Ce n’était pas l’endroit et pas le moment. Le Brann y avait pensé, et avait conclu que le Grand Vizir pensait au long terme. Les communalistes pensaient toujours au long terme. Les kah-tanais, surtout. C’était une caractéristique si habituelle, chez eux. Et qui avait tendance à agacer leurs congénères étrangers. « Nous pouvons faire la révolution maintenant ! Les conditions sont rassemblées ! » « Attendons encore un peu. » L’attente allait bien avec ce que dégageait le grand homme.

Aujourd’hui il semblait de meilleure humeur. Il indiqua la place où était garée la voiture, et fit un signe discret au conducteur et au garde du corps. Le premier éteignit une cigarette et retourna à sa place, le second jeta un regard à la ronde avant de monter sur la place du mort.

« J’aimerais visiter les bâtiments que vous aviez repérés pour l’éventuel institut culturel kah-tanais.
– N’oubliez pas votre dîner à l’ambassade. »

Le kah-tanais eut un geste de main, comme pour chasser une mouche.

« Nous avons le temps. Je dois simplement les voir, et juger de leur emplacement en ville.
– Oui d’ailleurs, pourquoi l’implanter ici ? C’est une ville importante mais vous pourriez toucher beaucoup plus de monde à l’intérieur des terres. Votre public cible : les étudiants, les professions culturelles...
– La capitale en comptera aussi un.
– Ok ok.
– Et nous nous adressons aussi aux travailleurs. C’est un bassin ouvrier, non ?
– Ok, allons-y alors. »

Ils montèrent dans la berline électrique, qui s’élança dans la ville.
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Blason personnel de Stefano III


Encyclique Papale
Contre le catholagnisme impérial et autres expressions des nationalismes



DU SOUVERAIN PONTIFE
Stefano III
AUX ÉVÊQUES
AUX PRÊTRES ET AUX DIACRES
À TOUTES LES PERSONNES CONSACRÉES
À TOUS LES FIDÈLES
SUR LA VÉRITÉ ET LE DIALOGUE



Nous, Stefanus troisième du nom, nous adressons à tous les peuples et à tous les fidèles, en notre qualité de pasteur universel de sa Saint Mère l'Eglise. Nos prédécesseurs n'ont que peu évoqué le sujet des nations et du droits des peuples, et nous le déplorons grandement. Nous entendons donc corriger ces errements par la publication de notre encyclique. Nous nous adressons ainsi à tous ceux qui sur Terre, ne jouissent pas encore pleinement des bienfaits de la paix, et même, çà et là, de vieilles et de nouvelles discordes provoquent l'éruption de séditions et de guerres civiles, les pires de tous les conflits. Mais toutes les guerres dont nous sommes le témoin ne sont-elles pas toutes ainsi.

Par ailleurs, la plupart, assurément, des controverses qui touchent à la tranquillité et à la prospérité des peuples ne peuvent d'aucune manière recevoir de solution sans l'action concertée et les efforts des chefs des Etats et de ceux qui en gèrent et poursuivent les intérêts, en association avec note Sainte Mère l'Eglise. Nous comprenons aisément, dans ce monde pétri par les fardeaux des nationalistes, que plus personne ne refuse d'admettre l'unité du genre humain. Mais nous, Stefanus, sommes persuadés que la la plupart des hommes désirent voir, au nom de cette fraternité universelle, les divers peuples s'unir entre eux par des liens chaque jour plus étroits. C'est en cela que notre Sainte Mère l'Eglise assume le rôle qui est le sien depuis l'époque des martyrs, d'unir tous les peuples sous l'amour de notre Seigneur.

Nous, Stefanus troisième du nom, qui avons entrepris le grand chantier de la réforme de notre Eglise, avons été dans le triste constat que l'horreur des nationalismes s'était emparée de notre institution sacrée et d'une part de nos fidèles. Nous, en tant que pasteur universel, qui pleurions déjà le fait de voir des Etats puissants tenter d'influencer notre jugement et l'indépendance de notre autorité spirituelle suprême, avons à faire le constat du mal que causent les idées nationalistes au travers du monde, et de la manière dont au delà de retourner les peuples les uns contre les autres, nous voyons des catholans s'en prendre à d'autres catholans. Le pouvoir des nations est une entreprise funeste contre lequel notre Sainte Mère l'Aglise s'est construite depuis le XIème siècle, et nous, Stefanus, entendons reprendre le flambeau de cette lutte contre ses instigateurs les plus bruyants, et ceux qui commettent le plus grand mal envers les Hommes et notre Sainte mère l'Eglise. De telles entreprises, qui mènent le plus souvent au bellicisme et à la mort, ne peuvent, en aucune manière, être approuvées par nous, puisqu'elles s'appuient sur la théorie erronée que le pouvoir de la nation est supérieur à celui de notre Seigneur.

Si nous, Stefanus troisième du nom, condamnons d'ores et déjà ces égos guerriers, il est à notre inquiétude de voir que ces luttes temporelles ont encore et toujours piétiner les prérogatives de notre Eglise qui est d'assurer la plénitude des vivants, et le salut des morts. Nous constatons que les pouvoirs politiques ont tout fait, depuis des décennies et sans intention de s'arrêter, de s'immiscer dans les affaires de notre Sainte Mère l'Eglise. Cette volonté de bafouer notre qualité de première des patriarchies, et de briser l'unité de tous les chrétiens, a trouvé plusieurs émanations que nous condamnons ici publiquement.

C'est ainsi que nous, Stefanus, tenons à aborder la question du soi disant "Catholagnisme impérial", pour peu qu'il s'agisse d'une véritable dénomination religieuse. Puisque de lithurgie, il n'y a aucune différence entre non frères kaulthes et le reste de nos enfants. Pas plus que les rîtes et les gestes de nos frères et enfants de Kaulthie démontrent une quelconque différence avec ceux du reste de notre communauté des croyants. Ainsi, le catholagnisme impérial n'est ni une confession réformée, ni une Eglise autocéphale dont les habitus culturels et cultuels se sont écartés de notre Sainte Mère l'Eglise sans retour possible à notre sens.

Nous, Stefanus, définissons le Catholagnisme iméprial comme une ineptie émanant des volontés d'indépendance politique et de nationalisme des anciens dirigeants de la Kaumthie impériale, qui se sont substitués à notre autorité, se sont emparés de nos églises et ont détourné nos frères et nos sœurs de la communauté universelle. Nous, Stefanus, qualifions le catholagnisme impérial, et de la nomination de la continuité d'une subversion de notre autorité universelle au profit d'une part de ce clergé impérial, qui a vendu ses mitres aux empereurs successifs de Kaulthie afin de satisfaire leurs appétits despotiques, car non contents de régner sur Terre, ceux ci ont construit cette fraude impériale comme d'un moyen d'assurer leur autorité spirituelle, et leur règne sur nos fidèles. Notre parole ne faiblira point, tant que nos évêques et nos diacres, choisis par nous, retrouveront leur place dans leurs évêchés et paroisses.

Il n'est point de haine entre nous, Stefanus, et le peuple kaulthien, car nous savons plus qui quiconque à quel point nos rites et notre liturgie sont identiques, tout comme le peuple kaukthe est le frère de tous les autres peuples, et que la soi disant Eglise impériale n'est qu'une excroissance n'appartenant pas à ce corps, qui n'existe que pour contenter le désir d'exceptionnalisme des nostalgiques du régime impérial kaulthe. Nous tendons la main, ainsi, à tous nos frères, sœurs et enfants catholans de Kaulthie, et nous n'avons guère besoin de l'intermédiaire d'un reliquat spirituel d'un régime politique disparu pour le faire. Nous appelons nos frères, soeurs et enfants, qu'ils soient de Petite Brann ou de Kaulthie, à rentrer dans la communion de notre Sainte Mère l'Eglise, sans qu'il n'y ait pour cela l'influence néfaste de la haine et des missionnaires armés pour porter nos paroles, car nous pensons que c'est grâce à la discussion et le débat théologique que l'hérésie impériale s'éteindra d'elle même.



***

Donné à Sancte, près de Saint-Pierre, le 4 septembre 2020, de la première année de mon pontificat.
Pontifex Maximus Stefanus
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