YOMIURI ZA — Corporation nationale des collecteurs, écrivains, censeurs, typographes, imprimeurs et diffuseurs de nouvelles. Fondée en 1653 du calendrier international à Odawara. Siège social : 7889 Kaishaku-mori, CHOTAI. Organisation décentralisée des crieurs de journaux, des fabricants de kawaraban et des imprimeurs de kakemono. Autorisation officielle du Bureau des censures par délégation aux offices des monastères, ou bien par délégation directe aux rédactions locales, sur appointement. Profession de foi : « Nous crions le matin les soupirs de la veille, pour animer le repas de midi ! » Parution non garantie dans les îles irrédentes.
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㊘ MASCARADE Défaut d'usage sur plusieurs modèles, le Tatami rappelle les bonnes pratiques
« Il faut ramener Koko à la maison » : la commune d'Izainangonagara est pleinement mobilisée depuis trois jours et trois nuits, à la recherche de Koko, seize ans, lycéen taciturne qui s'est emparé d'un « précieux masque » après une dispute chez son professeur de calligraphie, ce lundi dernier dans la soirée. « Un masque de singe rouge » permettrait, selon Okaha Marumi, brigadière en cheffe pour le collectif de sécurité populaire de l'île, « d'identifier facilement » le disparu. D'après des voisins, le jeune homme serait cependant en fuite, en proie à un « pur délire woke » et à une « confusion identitaire schizoïde » liée aux effets secondaires de la manipulation d'un masque à fort effet cathartique. « C'est du bois de rose du Mirobansar », s'alarme son propriétaire, qui s'inquiète de la fragmentation « irréversible » qui frapperait celui qui le porterait sans précautions d'usage. La maman du concerné a cependant fait valoir qu'elle avait donné à celui-ci une amulette en forme de grenouille du Shandiqalsa, « ce qui résout a priori l'hypothèse d'un suicide », veut croire l'un des meneurs de la battue qui a fermé les recherches aux abords des falaises de Sishalmir. Sur l'île, l'émoi reste cependant fort ; c'est le quatrième cas constaté cette année de disparition suite à l'usage immodéré d'un masque, à tel point que c'est à seulement quelques semaines de la mascarade bisannuelle des îles du Sûtra de la Mer que le gouvernement central a fait parvenir de nouvelles consignes. « Les masques doivent être manipulés avec parcimonie et sous supervision d'un personnel habilité », rappelle le gouvernement, qui a signifié aux propriétaires des modèles les plus spectaculaires une assignation à résidence. « Interdit de sortir les masques en-dehors des jours de fête », déplore Sutanorei Ippukishi, « c'est nier notre patrimoine » et ça risque même de « poser des problèmes d'entretien. » Evoquant une galerie personnelle de plus de cinquante modèles, notamment d'axolotl, de tengu et de cromcruach, il se laisse aller à la colère : « y en a ras-le-cul de ces Parisiens de merde qui comprennent rien à nos territoires ! » En attendant, la municipalité insiste sur la nécessité de bien rappeler les bonnes pratiques dans l'usage des masques, en appliquant à la lettre les formules d'usage, en faisant des pauses toutes les heures, et en s'abstenant de boire et de manger à travers les masques — une erreur qui est pratiquée avec une inconséquence insouciante par certains jeunes adeptes du voyage astral. « Les masques ne sont pas des jouets, il faut les respecter », a ainsi martelé la Première ministre Shirawa Futsuko à l'occasion d'un déplacement au théâtre de Shironekomae, qui lui aura permis de partager le souci du gouvernement pour la jeunesse à cette occasion. Beaucoup d'observateurs font cependant remarquer au Tatami que « ces bonnes pratiques sont vaines », notamment eut égard à la multiplication des cas extrêmes de détournement de masques, qu'a dénoncé un syndicat de forêt après une fête libertine sur le volcan du Tenshaiyama. « Il faut brûler les masques ! » maintient quant à lui le sultan Saharzân de Sindar, enfonçant un petit coup de canif dans les négociations en cours pour restaurer la paix entre l'archipel séparatiste et le reste de la Terre Pure.