24/09/2020
07:18:48
Index du forum Continents Eurysie Le Minuit

Activités étrangères dans le Minuit

Voir fiche pays Voir sur la carte
386
Activités étrangères dans le Minuit

Ce topic est ouvert à tous les joueurs possédant un pays validé. Vous pouvez publier ici les RP concernant les activités menées par vos ressortissants dans le Minuit. Ceux-ci vous permettront d'accroître l'influence potentielle de votre pays sur les territoires locaux. Veillez toutefois à ce que vos écrits restent conformes au background développé par le joueur du Minuit, sinon quoi ils pourraient être invalidés.
1548

Volignon en soutien humanitaire à Malfestin auprès des populations carnavalaises réfugiées : Appelées par les autorités de Carnavale pour apporter un soutien social, médical et sanitaire aux réfugiés chassés par la guerre, et agissant avec l'accord du Potentat de Minuit, les nonnes de Volignon arrivent à Malfestin sous le drapeau de la Croix Rouge.


 Un travail de logistique assez considérable est actuellement en cours pour installer les hopitaux.
Un travail de logistique assez considérable est actuellement en cours pour apporter toute l'aide possible aux réfugiées.

Narration de l'Evénement

Certes, Volignon n’est pas cosmopolite et n'est pas de ceux qui pensent que la terre appartient à tout le monde et qu’il est loisible à chacun de se déplacer comme il l’entend en dépit des frontières et du droit souverain de chaque peuple à vivre paisiblement chez lui. Néanmoins, force est de constater que les réfugiés carnavalais de Malfestin, chassés par la guerre d’agression de l’OND, entité supranationale aussi impérialiste que cruelle, n’ont pas choisi de quitter la terre de leurs pères. Ils n’agissaient donc pas en envahisseurs en pénétrant en Minuit mais en braves gens voulant sauver leur vie et celles de leurs enfants. Par ailleurs, l’Église espère beaucoup que l’assistance qu’elle va apporter aux Carnavalais permettra d’ouvrir leurs yeux à l’imposture qu’est la Contre-Église de Catholagne et facilitera leur conversion à l’Église de Volignon, qui est la seule vraie Église.

Concrètement, l’aide apportée est de trois natures : la nourriture, en faisant fonctionner des soupes de charité ; le social, en fournissant hébergement et matériels divers ; et la santé, par l’établissement d’hôpitaux de campagne. Tout cela sera expliqué en son temps, au fur et à mesure de l’installation des communautés.


Effet en terme de jeu

Même chose que pour la Ciscarnavalie : RP humanitaire ouvrant à des carabistouilles. Cela dit, comme il y a beaucoup moins d'enjeux et d'intérêts ludiques ici, Minuit et Malfestin passeront très logiquement après ce qu'il se passe en Carnavale et je n'y posterais qu'en cas de creux manifeste.
9214

Volignon en soutien humanitaire à Malfestin auprès des populations carnavalaises réfugiées : Par les efforts et le dévouement des première communautés arrivées sur place, et en particulier celle de la Mère Isabeau, les premières distributions de nourritures sont organisées ou comment les rescapées de la guerre d'agression de l'OND recommencent à pouvoir manger à leur faim.


 Une des nombreuses soupes populaires qui apparaissent un peu partout à Malfestin et qui semblent devoir se multiplier à court terme.
Une des nombreuses soupes populaires qui apparaissent un peu partout à Malfestin et qui semblent devoir se multiplier à court terme.

Narration de l'Evénement

Si les difficultés et le flou semblaient devoir entourer pour un temps le travail des sœurs réginistes dans les territoires occupés de la Ciscarnavalie, il n’en allait, heureusement, absolument pas de même pour Malfestin, en Minuit, où, les autorités ne faisant aucun obstacle, l’installation de nos religieuses pouvait s’effectuer efficacement et sereinement. C’est ainsi que les religieuses réginistes, avec la célérité qu’on leur connaît et leur quasi-esprit de ruche, ont commencé à investir l’endroit, y flairant l’occasion d’y pratiquer de nombreuses formes de charité et d’actions de bienfaisance qui étaient assurément parmi les meilleures pratiques possibles pour s’assurer du salut de son âme immortelle.

Il s’agit, ici, d’un vrai sujet que nous n’avons pas eu l’occasion d’aborder avec nos lecteurs et qui n’est pas pour autant dénué d’intérêt, sans compter qu’il explique un peu la cause de cet événement et, globalement, l’ensemble des actions des sœurs de l’Ordre de Sainte-Régine. Car si nos religieuses allaient partout où on les laissait aller pour apporter un soutien matériel, moral et spirituel aux populations en difficulté, ce n’était évidemment pas par tiers-mondisme, par socialisme ou sur la base d’autres doctrines matérialistes grossièrement fausses du milieu du XIXe siècle ; non, si elles venaient apporter leur aide aux nécessiteux, c’était avant tout pour sauver leurs âmes. Le Volignonisme, en effet, dont les sœurs réginistes n’étaient qu’une manifestation parmi beaucoup d’autres, n’était rien d’autre, in fine, qu’un gigantesque champ de bataille pour le salut des âmes. Pas d’idéologie, pas de concordisme avec les systèmes en vogue, pas de recherche de conformisme ou de respect humain, mais seulement le combat, la lutte contre les démons, avec l’aide de la Cour céleste, pour in fine sauver son âme, rejoindre Dieu et avec Lui ne plus faire qu’un dans le cadre de noces mystiques. Si l’on échouait dans ce combat épique et hautement difficile, alors l’on était condamné à connaître, pour jamais, un écartement de Dieu, un rejet de la Cour céleste et une cohabitation avec les esprits réprouvés pour y brûler avec eux dans les lieux sombres et hideux. En somme, la damnation n’était rien d’autre que de voir son âme finir à la poubelle.

Ainsi, on l’aura compris, il n’y avait pas de place pour le bas respect humain, pas de place pour un quelconque touche-pipi avec les petites idées du temps, pas de place non plus pour les accommodements raisonnables avec l'ennemi. Ce qui ne signifiait nullement que les Volignonistes, et en l’occurrence ici nos nonnes, étaient des saintes. Loin de là, puisque menant de front le combat contre les démons, n’étant comprises en rien dans les petites affaires sordides du siècle, elles canalisaient mécaniquement la colère de l'enfer, de ses démons et de ses esclaves. Concrètement, pour le dire sans détour, c’est parce qu’elles voulaient sauver leurs âmes immortelles qu’elles faisaient des œuvres (ici une mission humanitaire) et pour rien d’autre, et c’est parce qu’elles n’étaient accessibles par rien d’autre qu’elles pouvaient tomber dans les péchés personnels et intimes les plus embarrassants que nous pouvons voir ça et là dans les récits qu’il nous est possible de poser ou de rendre effectifs. Voilà donc : pas d’humanisme à deux ronds, d’humanitarisme ronflant et superbe, mais le combat, la boue et la lutte perpétuelle contre une déchéance et un mal que l’on sait devoir combattre jusqu’à la mort sans jamais pouvoir l’abattre.

De ce point de vue, et l’on en restera là pour cette fois avec les considérations générales pour attaquer la narration de notre récit, le Volignonisme et le réginisme, qui en est la forme cénobitique féminine la plus connue, ressemblaient beaucoup par certains aspects au mazdéisme et à ses intuitions profondes, même si, l’on s’en doute, ils s’en distinguaient bien entendu en ce qui regardait leurs prescriptions pratiques, leurs rites et l’objet central de leur culte (car Ahura et le Dieu trine sont naturellement assez différents). Ainsi, comme dans le mazdéisme, la finalité de la religion résidait dans la lutte contre les démons, et comme dans le mazdéisme tout le monde se trouvait investi de la mission aussi intime que sacrée de lutter contre les ténèbres intérieures et extérieures pour les repousser en dehors du Jardin clos qui est notre âme ainsi que la société. Les ténèbres intérieures, nous l’avons vu, ce sont les choses qui se passent dans les esprits vivants qui ont choisi de ne pas consentir au siècle, de ne pas se soumettre à la tyrannie des démons sur leur âme. Quant à savoir ce que sont les ténèbres extérieures, c’est une chose sur laquelle il faudra revenir en son temps.

Penchons-nous maintenant sur le cas de la mère Isabeau, l’une des supérieures en charge de la distribution des soupes en faveur des réfugiés carnavalais en Malfestin. Il s’agit assurément d’une jeune supérieure, même selon les critères de Volignon, puisqu’elle a à peine trente ans. À ce sujet, il faut bien se figurer que Volignon n’a pas les problèmes de sénescence et de dépopulation que connaît Catholagne, cette curieuse Église qui emprunte un peu à l’esthétisme du catholicisme sans en conserver le fond. Ainsi donc, le clergé volignoniste est populeux et jeune, comme la population des pays d’où il est issu. Notre mère Isabeau, d’ailleurs, a commencé son postulat à ses quinze ans après avoir initiée une scolarité dans une institution de filles qu’elle n’acheva pas pour rejoindre un noviciat prestigieux. Sa vocation n’avait rien de forcé ni de complaisance, comme l’on dit dans le monde volignoniste, elle venait de ce désir profond de sauver son âme et de rejoindre le Christ en devenant son épouse. Épouse du Christ qu’elle ne tarda pas à devenir après deux ans de noviciat, en prononçant ses vœux temporaires, suivis quelques années après de vœux perpétuels.

Bien entendu, si sœur Isabeau était d’une foi droite et d’une orthodoxie incontestable, elle n’était évidemment pas immunisée contre la tentation ni invincible dans la bataille qu’elle livrait contre les démons. Il lui arrivait de perdre, et même fréquemment, mais, comme nombre de ses consœurs, elle avait la sagesse de recourir au jeûne et à la pénitence pour discipliner son corps et vaincre la concupiscence de sa chair. Car, comme toutes les Makotanes — notre héroïne était en effet makotane —, elle avait un corps puissant et énergique, et n’était en rien souffreteuse ou malingre au naturel, bien que ses efforts pour discipliner sa chair et l’état de privation que cela impliquait concrètement (car quiconque connaît ce domaine sait qu’il n’est pas possible de dominer un corps sain et puissant sans l’affamer) semblaient indiquer le contraire. Donc, pour le dire concrètement, notre Isabeau était une combattante spirituelle et une ascète de premier ordre. Son péché dominant, puisque tout le monde en a un, était certainement ce désir inné et quasi irrépressible de contrôle et de domination qui était le sien et qui s’appliquait à ses subordonnées et à ses protégés avec souvent beaucoup trop de rigueur et avec une rectitude et une violence telles qu’il en devenait indiscutablement peccamineux. Cela atteignait le sommet du vice quand, appliquant des châtiments corporels en secret à une consœur consentante, ils ne prenaient pas tout simplement une forme assez évidente et incontestable de sadisme. A ce sujet, notons qu'il lui était déjà arrivé, par le passé, de tomber dans une forme curieuse d’amitié particulière avec des sœurs masochistes dans un cadre et selon des modalités que nous laisserons à l'imagination du lecteur ; heureusement ces relations ne durèrent guère et demeurèrent sans conséquence sur la réputation de notre nonne.

Attaquons maintenant le cœur du sujet. Quand les autorités de Carnavale avaient fait savoir à sœur Scolastique, clone de Mlle Castelage et en charge en quelque sorte de la nonciature volignonaise dans la Cité noire, qu’il se passait un drame moral en Malfestin, il fallut très peu de temps pour que cela fût su de l’ensemble des communautés de l’Ordre réginiste. Sœur Isabeau assembla des religieuses volontaires et se rendit en Malfestin, devenant par là même supérieure d’une communauté ad hoc. Cela s’était passé peu ou prou comme on l’avait vu avec la formation de la communauté de Dakoraville qui, recrutée par l’inénarrable sœur Mahaut (une religieuse alcoolique et violente mais très dévouée), l’avait propulsée mécaniquement au supériorat. Pour revenir à Isabeau, c’est malgré tout une dizaine de sœurs qu’elle parvint à convaincre de la suivre dans la misère de Malfestin. Naturellement, comme on s’en doute, un certain nombre de ces religieuses étaient d’anciennes consœurs qu’elle avait châtiées dans le cadre de ces fameuses relations dont nous avons parlé ; il faudrait donc s’attendre à quelques scandales dans l’avenir touchant ce point.

En ce qui concerne l’aide concrète apportée (car il faut en glisser deux mots quand même), nos nonnes apportent tout : la nourriture, les couverts, le mobilier et leurs tentes. Et elles prennent tout en charge intégralement pour assurer la distribution quotidienne de trois repas : le matin, le midi et le soir. Le matin, on sert du lait, du pain et de la confiture, ainsi qu’un peu de vin rouge pour les jours où il fait froid, pour les enfants et les malades également, car il s’agit d’un excellent fortifiant, même s’il excite les nerfs si l’on en consomme trop (ou s’il pousse à agresser des gens, comme a pu le faire, dans le passé, la mère Mahaut de l’orphelinat de Dakoraville, comme l’on a déjà pu en parler). Le midi et le soir, c’est le même repas : la soupe et le pain. La soupe est lardée autant qu’il est possible, à l’exception des jours où la viande n’est pas permise. Ces jours-là, que l’on dit maigres, c’est-à-dire tous les vendredis, tous les jours de Carême hors dimanches et fêtes, et les veilles de grandes fêtes, nos religieuses servent du thon en boîte, que l’on peut parfaitement verser dans la soupe et qui permet, en plus austère il est vrai, de donner au liquide la saveur qui convient. Naturellement, le vin est généreusement distribué le midi et le soir, surtout quand il fait froid. C’est ainsi donc que la mère Isabeau (comme d’autres supérieures au profil similaire) organisait la survie alimentaire des pauvres gens de Malfestin.




Effet en terme de jeu

Je me suis encore perdu dans de nombreuses considérations de Lore (et oui, je sais que c'est un peu fleuve), mais l'essentiel y est : les religieuses Volignonistes tiennent des soupes populaires pour les réfugiés carnavalais.
7354

Volignon en soutien humanitaire à Malfestin auprès des populations carnavalaises réfugiées : Parce qu'il ne sert à rien de secourir les corps si l'on néglige les âmes et qu'elles se perdent dans les poubelles de l'univers, à savoir la Géhenne de feu; ou comment nos bonnes religieuses Réginistes catéchisent autant qu'elles le peuvent les enfants carnavalais de Malfestin sans pour autant négliger le reste.


 Tandis que la soupe du soir se prépare, une religieuse instruit les enfants des choses de la foi.
Tandis que la soupe du soir se prépare, une religieuse, sœur Radegonde, instruit les enfants des choses de la foi.

Narration de l'Evénement

- C’est pourquoi, les enfants, on peut douter de tout sauf de la nécessité de mener un combat à mort contre la gent démoniaque…

Sœur Radegonde, qui, l’après-midi, était chargée de catéchiser les enfants (le matin elle s’occupait de l’eau chaude des douches), se voulait la plus expressive possible et se donnait tout entière pour remplir sa charge de catéchiste aussi bien qu'elle le pouvait. En effet, elle considérait, sans doute à raison, que cette charge qu’on lui avait donnée, et qu’elle exerçait pour la première fois (car son domaine de prédilection, celui où elle été expérimentée, était plutôt le soin aux vieillards), était beaucoup plus importante que les besognes matérielles du camps dont elle s’acquittait, certes, avec zèle, mais sans rien qui pût ressembler à cette sorte d’exaltation mystique et évangélique qui l’animait quand elle travaillait à l’instruction spirituelle des enfants réfugiés de Malfestin.

Et le travail était considérable, car tout ce petit monde avait l’esprit empoisonné par les mensonges et les hérésies de la secte protestante dite de Catholagne, qui déformait tous les dogmes et rendait la foi inaccessible, et avec elle les possibilités de salut car, comme tout le monde le savait bien, la détention de la foi étaient nécessaire pour appartenir à l'Eglise, et cette appartenance à l'Eglise était bien évidemment indispensable au Salut. Et à quoi cela pouvait-il bien servir de maintenir en vie les corps de ces gens si leurs âmes, tombées dans les ténèbres de l’erreur voire de l’incrédulité, si ces âmes donc demeuraient mortes ? Certes, par la grâce de conversion l’on pouvait ressusciter les âmes, tandis que les meilleurs soins ne pouvaient, évidemment, pas ramener à la vie des corps morts ; c’est bien pour ça que l’on commençait toujours par soigner les corps, mais enfin, il fallait aussi que la foi fût prêchée, sinon l’on perdait son temps. Or le temps des religieuses était précieux, car toute nonne qui était mobilisée en Minuit ou en Carnavale, ou partout ailleurs où l’on pouvait avoir besoin d’elle, c’était une sœur en moins au Makota, au Dakora ou en Barbery pour s’occuper des malades, des enfants, des vieillards ou des fous. Car les miséreux ne manquaient pas en Nouvelle-Gallouèse et il n'y avait pas de raison que l'on ne favorisa pas les corps des siens plutôt que celui des étrangers, il y avait donc un péché à soigner les corps des carnavalais sans chercher à soigner leurs âmes.

… Et comment mène-t-on ce combat indispensable contre le Diable, ses anges, et les mauvais hommes qui en sont les suppôts ? Quelqu’un le sait ? Oui ?

— En étant bon ? demanda, naïvement, un jeune garçon.

— C’est vrai, mais c’est un peu large comme réponse, n’est-ce pas ? Il faut être plus précis. Oui ?

— Il faut faire la charité, comme vous, ma sœur ? s’essaya une jeune fille un peu intimidée par l’exaltation de la nonne.

— La charité ? Oui, c’est exact. Mais qu’est-ce que la charité ? Car, enfin, c’est comme être bon, ce sont des mots avec des sens très compliqués…

— C’est donner à manger aux parasites de la société et aux cas sociaux de tous poils, c’est ça ?

— Où as-tu entendu ça ? Ce ne sont pas des mots d’enfant.

— C’est mon père qui le dit tout le temps, et il dit que la plupart des gens ici sont des faux réfugiés qui ne viennent que pour profiter de la soupe gratuite et que c’est pour ça qu’il n’y en a pas assez pour les gens bien et normaux.

— Je vois… Je ne crois pas qu’il y ait des faux réfugiés, personne ne quitte sa maison pour vivre dans un camp de réfugiés et on fait tous ce que l'on peut pour que tout le monde puisse manger, mais vous êtes tellement nombreux ... Mais oui, il est dans notre mission de nourrir tous les nécessiteux, y compris ceux qui ne servent pas la société et qu’il n’est donc pas utile matériellement d’aider. La charité, les enfants, c’est ça : l’amour de Dieu au mépris de soi et l’amour des autres comme soi-même au nom de Dieu. Donc il faut aimer tout le monde, y compris, donc, les parasites et les cas sociaux. Naturellement, ce n’est pas toujours facile, c’est parfois même une croix. Mais c’est ça, être un authentique volignoniste. Et oui, en faisant la charité l’on met en défaite les démons, car il s’agit d’un ordre chrétien, or les démons détestent tout ce qui est chrétien et s'enfuient si ils voient les vertus divines se manifester. Autre chose pour combattre les démons ?

— Il faut tuer les hérétiques et les idolâtres ? tenta un petit garçon qui mâchonnait un morceau de viande séchée.

— C’est une réponse virile, mon garçon, et oui Dieu hait les hérétiques et les idolâtres, et c’est sans doute faire reculer les démons que de les tuer, mais enfin, ce n’est pas aimer ces gens que de les tuer, n’est-ce pas ? Il est préférable de rectifier la foi des hérétiques, de l’expurger des erreurs qui s’y sont accumulées du fait des manœuvres infernales. Quant aux idolâtres, il faut ni plus ni moins que les convertir, alors ils brûlent eux-mêmes les idoles maudites de leurs faux dieux démoniaques, perfides et menteurs. Et oui, là, les démons reculent bien. C’est bien mon garçon, tu as bien répondu. La charité et la lutte contre l’idolâtrie et l’hérésie, c’est bien, mais ce n’est pas tout, il y a encore plein de choses à faire pour combattre les démons. Je vous écoute.

— Faut tuer les communistes aussi ! répondit, exalté, un petit garçon au museau barbouillé de chocolat.

— Oui, c’est vrai qu’il faut tuer les communistes si l’on ne peut pas les faire sortir de leur idolâtrie matérialiste et statolâtrique… Naturellement Dieu hait souverainement les communistes… Mais ça revient à parler encore des idolâtres… Vous connaissez les réponses que je vous demande.

— Il faut aller à la messe ? dit, assez timidement, une petite fille que l’on n’avait pas entendue jusque-là.

— Et oui, bien répondu. C’est bien ça, il faut aller à la messe pour assister au Sacrifice, aller en confession pour accuser ses péchés autant que nécessaire, faire toutes les processions qu’il est d’usage de faire, vénérer les reliques, adorer le Christ en la Sainte Hostie et se livrer à tous les exercices de piété qu’imposent les usages ou vers lesquels notre âme nous incline. Oui, c’est sans doute là un moyen excellent, et certainement le meilleur, de combattre les démons. Les sacrements remplissent nos âmes de la présence de Dieu, la piété permet d’embellir l’intérieur de cette maison que sont nos âmes. Si l’on néglige nos devoirs religieux, l’assistance aux saints mystères et tout ce qui va avec, alors les murs de la maison s’effritent, les portes s’abîment et les démons peuvent les enfoncer. Évidemment, quand on pèche, on ouvre la porte pour qu’ils rentrent directement… Mais la confession les chasse et les œuvres de réparation font le ménage et ferment les portes. Et il existe un dernier moyen très efficace de combattre les démons, mais je ne vous le demande pas car les enfants ne doivent pas le pratiquer, c’est le jeûne et la pénitence. Affamer son corps donne à notre âme une force considérable qui lui permet de combattre les démons qui l’assaillent, et la pénitence lui permet de prendre des forces supplémentaires en la grâce de Dieu. Naturellement, les mortifications plus fortes comme le fouet ou le cilice sont encore mieux mais, plus encore que le jeûne ou la pénitence, elles nécessitent une préparation plus avancée.

— Et vous, vous vous mortifiez, ma sœur ? demanda une jeune fille, un peu plus âgée que les autres, dont le visage exprimait une certaine forme de dégoût ou de crainte.

— Oui, cela m’arrive. Cependant, il ne faut pas en parler, ça doit rester entre toi et ton confesseur. Mais comme je dois montrer l’exemple, alors je le dis. Le fouet, de temps à autre, quand j’ai commis une faute grave, me permet de prendre conscience de la gravité de mes péchés, ça leur donne leur portée réelle, ils sortent de l’abstraction spirituelle. Tu vois ce que je veux dire ? Ça permet aussi de mieux s’unir à la Passion du Christ, la flagellation est d’ailleurs un mystère très important du chapelet. Il faudra que nous en parlions à fond quand nous aurons appris le chemin de croix et la façon de bien le faire. Chez nous, les Réginistes, le chemin de croix l’emporte sur le rosaire, il y a tout un tas de raisons. Mais enfin, il est l’heure, je vous relache, vous avez été sages et attentifs, je suis très satisfaite.

Effet en terme de jeu

Néant, petit RP de lore, pour voir à quoi ressemble un cours de catéchisme volignoniste. Je rappelle que le Volignonisme est un sédévacantisme surjoué pour les besoins (et les conforts) de la fiction et que je suis opposé à toutes formes de violences.
Haut de page