31/12/2019
10:10:00
Index du forum Continents Afarée Zafongo

[PRESSE] Televisheni ya Zafongo

Voir fiche pays Voir sur la carte
359
https://i.postimg.cc/zfTX4Ltz/Capture-d-ecran-2026-07-05-171459.png

Depuis les couloirs du parlement jusqu'aux villages les plus reculés des plaines de Doro, c'est ici que bat le pouls de la République. Les grandes annonces de la présidence, les événements qui façonnent la nation, les nouvelles qui font et défont les jours de 161 millions de Zafongolais, tout passe par TZ1, première chaîne d'information du pays, et depuis toujours !
2442
https://i.postimg.cc/zfTX4Ltz/Capture-d-ecran-2026-07-05-171459.png

Le gouvernement envisage enfin de désenclaver des territoires oubliés


image route dans les massifs montagneux

Il faut avoir grandi là-haut, avoir senti le froid mordre à travers trois couches de laine, pour comprendre vraiment ce que signifie l'hiver dans les montagnes de l'Ouest. Car il n'existait, jusqu'à aujourd'hui, aucune route en ces lieux pas la moindre langue de bitume, pas même un ruban de gravier tassé pour rassurer les roues. Il n'y avait que des sentiers de terre nue, façonnés siècle après siècle par les pas fatigués des habitants et les sabots patients des bêtes de somme. Des chemins que la première averse changeait en fange, et que le premier gel transformait en miroir traître.
Un territoire livré à lui-même L'été, ces pistes survivaient, comme on survit à quelque chose plutôt qu'on ne le maîtrise. On s'y hasardait en 4x4, parfois à pied, le souffle court dans les virages où la terre cédait sous les pneus comme du sable. Mais que l'automne posait seulement un pied sur ces crêtes, et tout s'effondrait. La boue et la neige effaçait les pistes en une nuit, gommait jusqu'au souvenir du tracé, et les villages accrochés aux pentes se retrouvaient seuls au monde pour des semaines, parfois pour des saisons entières. Ceux qui sont allés voir sur place en revenaient avec des récits qu'on croirait empruntés à un autre âge : des greniers qu'il fallait remplir avant les premières neiges comme on prépare un siège, des familles qui guettaient le ciel en se demandant si une ambulance pourrait seulement franchir le col, des enfants dont l'école devenait un souvenir lointain le temps que la neige veuille bien fondre.

Ce qui frappait, quand on s'attardait sur ces pentes, c'était la régularité presque tranquille des drames. Une terre gorgée d'eau ou durcie par le gel ne pardonnait rien : les véhicules glissaient vers des ravins que rien ne signalait, les pierres se détachaient sans prévenir sur la tête des marcheurs, les sentiers longeaient le vide sans jamais offrir de garde-fou. Chaque année, les mêmes récits revenaient, et parmi eux, trop souvent, des récits qui ne se terminaient pas bien. Les habitants, eux, avaient cessé depuis longtemps de dissimuler leur lassitude. Combien de lettres envoyées, combien d'alertes lancées vers une capitale qui semblait ne jamais entendre ? Combien de deuils avait-il fallu accumuler avant qu'on daigne, enfin, tourner un regard vers eux ?

C'est dans ce silence prolongé que la nouvelle est tombée, presque sans crier gare : le gouvernement a officiellement annoncé la création de nouvelles routes à travers les montagnes de l'Ouest. Un vaste programme de désenclavement, disent les communiqués officiels, qui prévoit la construction d'axes praticables toute l'année, capables de résister aux pluies et au chute de boue ainsi qu'à la neiges, et de relier enfin ces territoires oubliés au reste du pays.
Haut de page