03/01/2020
12:12:03
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Attaque dans le détroit Eurysio-nazuméen

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Suite à ceci.

Opération 'Sécuriser Stériliser Cicatriser', déploiement dans le détroit Eurysio-nazuméen.

https://i.imgur.com/HOzF3Ud.png

Pavillon de guerre de la Marine Militaire Communale du Grand Kah



Contexte de l'opération

Lors de sa fondation il y a désormais plus de douze ans, l'Internationale Libertaire était moins conçue comme l'authentique 'organe de gestion globale de la révolution' voulu par ses partisans kah-tanais que sous la forme beaucoup plus simple d'une instance coopérative dont le rôle premier et historique devait être de répondre à l'éternelle question de la sécurité des révolutions. Si des travaux louables ont été menés dans plusieurs domaines civils, économiques et théoriques, c'est essentiellement par ce prisme que les observateurs internationaux se plaisent à étudier et à comprendre l'organisation. Pas sans raison, ses coups d'éclats les plus notables ayant été des applications strictes de cette mission de défense de la révolution voulu par les premiers auteurs de la Charte constituante.

Nous ne sommes plus en 2006, et il va sans dire que la situation mondiale a bien évolué. On pourrait souligner la disparition de deux des quatre révolutions fondatrices de l'Internationale, celles de Pharos et des Églises Australes. On pourrait également évoquer la reprise en main progressive de l'organisation par le Grand Kah, qui sut lui insuffler une ligne plus conforme aux ambitions de sa nouvelle direction politique : moins attachée à la seule coordination des révolutions qu'à l'élaboration d'une doctrine commune, suffisamment souple pour intégrer des expériences diverses. À cela s'ajouta l'émergence de nouveaux pôles d'influence, comme l'Estalie.

Une chose, cependant, ne changea pas : l'obsession sécuritaire des libertaires. Non pas la sécurité au sens où l'entendaient les libéraux, mais celle, plus existentielle, de quiconque se savait engagé contre un ordre dominant et percevait son existence comme continuellement menacée par des forces à la fois opaques et bien réelles. En d'autres termes, il fallait obtenir une forme d'acceptation internationale et démontrer, de manière visible et répétée, que toute agression contre l'un des membres de l'organisation représenterait une perte nette pour tout acteur sinon pleinement rationnel, du moins capable d'une lecture élémentaire de ses propres intérêts.

La doctrine kah-tanaise en matière de sécurité collective reposait ainsi sur l'application immédiate de mesures drastiques et violentes, conçues comme le préalable – et uniquement le préalable – à toute solution négociée. Il s'agissait d'empêcher quiconque d'éroder progressivement les forces de l'alliance au moyen d'incidents limités, répétés puis systématiquement niés. Chaque transgression devait être sanctionnée par une riposte suffisamment brutale pour laisser une cicatrice durable, aussitôt cautérisée par l'impératif diplomatique, mais assez douloureuse pour susciter la méfiance, voire apprendre la crainte : toute agression, même limitée, doit ainsi provoquer un coût largement supérieur au gain attendu.

Cette doctrine s'était déjà vue appliquer pour protéger l'Altrecht, quelques années plus tôt, lors du bombardement hostalien qui avait suivi sa propre révolution. La crise, quoi qu'encore irrésolue sur le plan des conséquences diplomatiques, avait ainsi donné lieu à une escalade jugée tout à fait inévitable par les stratèges kah-tanais. Inévitable dans le sens où il n'aurait été pas entendable qu'on ne pousse pas la situation à son paroxysme, obligeant les alliés de l'Hotsaline à sortir du bois et à exposer leurs arguments pour défendre un régime ethno-nationaliste à la doctrine pour le moins ambiguë. Inévitable, aussi, en ça qu'il était tout à fait prudent de faire comprendre aux rivaux de l'Union et de ses alliés qu'aucun 'petit manquement à la courtoisie géopolitique' ne saurait amener à quoi que ce soit d'autre qu'une crise longue, coûteuse, douloureuse pour tous les partis impliqués, et ne pouvant se régler que par un solide usage de la diplomatie, de l'excuse et du compromis officiel. Une position maximaliste qui, accompagnée du relatif succès économique et diplomatique de l'Union auprès des sphères altermondialistes et indépendantes, avait pour le moment joué son rôle à la perfection.

Il est donc important de lire et comprendre la doctrine kah-tanaise pour ce qu’elle est : une construction intellectuelle réfléchie, mise à l'épreuve et jugée satisfaisante au regard de ses résultats. Les réactions brutales de l’Union n’étaient pas le résultat d’une forme de fanatisme irraisonné, ou d’impulsions populaires incontrôlables, ou d’une lecture nécropolitique des relations internationales. Elles procédaient d'un calcul complexe dont les variables pouvaient être ajustées selon les circonstances.

Ainsi par exemple, c’était par courtoisie et afin de laisser une porte ouverte à la négociation que le Commissariat à la Paix avait, dans sa communication concernant la crise dont nous allons ici traiter, fait mine d’ignorer qu’un tir de missile ciblant les bâtiments altrechois était parti du Drovolski. Cette agression caractérisée, qui accompagnait parfaitement l’attaque sous-marine subie par les bâtiments, n’avait échappée à personne, les analystes et représentants s’en donnaient déjà à cœur joie sur les bancs de la Convention générale, des communes, et dans leurs bureaux. Cependant, les exigences formulées par l'Union poursuivaient moins un objectif de vengeance immédiate que la sécurisation d'intérêts stratégiques de long terme, intérêts susceptibles, du reste, de bénéficier à l'ensemble de la communauté internationale. Il avait donc été décidé de laisser cette question de côté. L'accusation demeurait disponible ; il suffisait d'attendre le moment opportun pour la faire valoir, si les circonstances l'exigeaient.

Une autre raison expliquait enfin l'ampleur de la réaction kah-tanaise : l'histoire récente de sa marine. Les observateurs internationaux le savaient bien. La Marine communale kah-tanaise avait longtemps été considérée comme une force secondaire, peu prestigieuse. L'augmentation soudaine de son budget, l'accélération de sa modernisation, la multiplication des exercices de haute intensité et, plus récemment, les succès remportés lors du bref conflit contre le Fujiwa constituaient autant de ruptures inédites dans l'histoire militaire moderne de la Confédération. Historiquement surnommée 'l’Impériale', petit surnom infamant datant de la première Révolution, la force maritime de l'Union a toujours souffert d'un très relatif discrédit.

Rangée du côté de la monarchie lors de la Révolution, et de l'Empire lors de la première Réaction, la formation de nouveaux officiers qui fit suite à la purge des anciens en fit certes une force moderne, parmi les premières au monde à expérimenter avec les moteurs à vapeur, les sous-marins, les blindages métalliques, mais lui donna aussi une réputation de groupement d'expérimentateurs sympathiques mais inefficaces. Généralement réduites à des missions de supplétifs et de patrouille, il existait un refus avéré de la Thalassocratie par une Union qui ne dut le développement de ses principales forces navales que par l’insistance des Communes exclaves, autrement plus exposées.

Au fond le grand problème de l’Impériale fut qu’elle coexistait dans le même écosystème que l’infiniment populaire Armée de l’Air, et que l’extrêmement prestigieuse Garde Communale. Le vingtième siècle fut celui des conflits coloniaux et des libérations menées par le canon et la baïonnette. Des guerres asymétriques et dont les ampleurs parfois importantes n’amenèrent jamais à d’importantes batailles navales. Quoi qu’ayant fait état de toute sa compétence lors de la guerre civile ayant fait suite à l’instauration de la Junte Impériale dans les années 80, la flotte ne fut pas que très superficiellement modernisée dans les années 90, et les efforts importants de la Directrice Zephreïne Argento, héroïne de guerre et amirale de la flotte, n’aboutirent pas aux résultats escomptés : le vingt-et-unième siècle s’ouvrait sur une alliance avec la principale force maritime mondiale, le Syndiat Pharois, justifiant d’un partage des tâches poussant le Grand Kah à se concentrer sur ‘ses domaines d’expertises’.

Il avait fallu 2008 et l’humiliation du Pontarbello pour pousser l’Union à réfléchir à sa doctrine, et à réenvisager sa conception de la guerre.

Le reste appartenait à l'histoire. Il y avait eu la disparition du Pharois, l'observation de nombreuses batailles navales aux conséquences gravissimes, l'accélération des tensions entre l'Union et l’État puis Shogunat du Fujiwa, et la publication d'un document cadre, le 'Plan de réarmement stratégique naval', fixant des objectifs pour dix ans. Ce plan, porté par le Shin Hantei Suisen Riron (la 'Théorie e la Nouvelle Guerre Navale Anti-Impérialiste') avait fait beaucoup de bruit au sein de l'Union, au point de devenir le grand feuilleton politique de l'Union des cinq dernières années.

Finalement, malgré les résistances attendues des courants les plus pacifiques, isolationnistes ou encore traditionalistes, les recommandations du Bureau Stratégique des Conceptions d'Armement et du Commandement Maritime Communal furent appliquées dans les grandes lignes et l’Union développa l’un des plans de réarmement les plus ambitieux de l’Histoire récente, mené avec des trésors d’ingéniosité et de méthode. Portée par les débats publics, des financements conséquents et un soudain engouement dans les sphères culturelles et artistiques, la flotte kah-tanaise se dota de ses nouveaux héros, renforça sa crédibilité et son professionnalisme lors de très nombreux exercices de très haute intensité dans le golfe des empires, avec les partenaires paltoterran, puis nazumis, et dernièrement au large de l'Afarée, en coopération avec la flotte kartienne, et mena un conflit brutal dans le Scintillant, qui amena à l’effondrement du Fujiwa.

Cette force, parce qu'elle mobilise un complexe militaro-industriel conséquent, les fantasmes de toute une génération de kah-tanais et est né dans le creuset de la politique communale, a une conscience très aiguë de ses intérêts, et a donc tout naturellement considérée la présente crise comme une nouvelle occasion d'attester de son rôle désormais central. Du reste, et cette donnée implicite à son importance, c'est une force qui a mené l'essentiel de ses actions au Nazum, et considère d'une certaine façon ce continent, dans son ensemble, comme sa chasse gardée. Si on est bien loin des territoires du LiberalIntern, il faut reconnaître qu'il aurait été d'autant plus intolérable pour la flotte d'accepter que des alliés de l'Union ne soient pas en sécurité dans ces eaux.

La citoyenne Meredith et son Comité, qui avaient espéré créer un ordre international multipolaire basé sur les intérêts partagés des différentes nations, laissait volontairement courir ces sentiments au sein de ses forces. Après tout, sécuriser les routes maritimes était à l'avantage de toutes et tous.

Objectifs et déroulement de l'opération

Considérant le temps nécessaire au fait de rassembler et déplacer un groupe d'intervention massif des eaux traditionnellement 'kah-tanaises' vers peu ou prou l'autre bout du monde, la première étape de l'opération consiste à la rendre connue, et très publique, de façon à ce que le risque représenté par ces groupes pèse déjà sur les décisions des différents acteurs sur place. Ou en d'autres termes, il s'agit de faire peser le poids de la flotte kah-tanaise avant même son arrivée, afin d'assurer que les évènements se déroulent dans de 'bonnes conditions' et ne puissent mener à une escalade irresponsable (y compris en refusant les conditions d'ouverture et de sécurisation du détroit posée par l'Union). Après la déclaration du Commissariat à la Paix
concernant la situation dans le détroit Eurysio-nazumi
, ce sont donc deux groupes qui se mettent en route :

Le groupe Adjudication, partant en direction du nord du détroit depuis la base des Marquises et les eaux polaires, et le groupe dit Sabre, qui contourne le Nazum par le sud et rejoindra le détroit par le sud après une brève escale à Jadida. Ces deux groupes procèdent à une vitesse de déploiement d'environs 20 à 25 nœuds, ce qui est rapide, nécessite une flotte logistique qui pourra faire des aller-retours dans les ports de la Confédération Socialiste du Nazum et du Mokhaï pour se réalimenter.

L'objectif de l'opération est, dans un premier temps, de sécuriser les eaux du détroit pour permettre une enquête sur l'origine de l'attaque ayant ciblée l'Altrecht et, le cas échéant, de faire peser une pression sur tout acteur malveillant ou hostile. Considérant la situation extrêmement grave d’agression caractérisée contre une nation alliée de l'Union et en respect de la doctrine évoquée plus tôt, ces deux forces sont autorisées à mener des batailles et à prendre le contrôle opérationnel du détroit si la situation l'impose.

https://i.imgur.com/IsxPCgq.png

Effectifs engagés

Flotte d'Intervention Adjudication - Positionnement au nord du Détroit :

Commandement : Contre-Amiral Stephan Connaway Rachinsky

https://i.imgur.com/4QQPd3Z.jpeg

L'amiral Stephan Connaway Rachinsky est une figure relativement neuve et inconnue pour les observateurs internationaux. Ayant servit de longue date dans les forces aéronavales de l'Union, il a notamment mené les opérations militaires d'escorte de la Confédération en Manche Blanche lors du conflit opposant le LiberalIntern à l'Hotsaline et à ses soutiens. Issus de la Jeune École kah-tanaise, faisant la part-belle à la chasse au submersible et à l'utilisation de l'aviation, Rachinsky a pour réputation d'être un homme prompt aux décisions autonomes, mais fermement attaché aux lois traditionnelles de la mer. La présence au sein de son entourage d'officiers du corps des Fusiliers Marins est un contre-poids volontaire à sa nature potentiellement rassurante de "gendarme des mers" s'étant essentiellement illustré en participant aux opérations de routine de sécurisation des voies commerciales navigables.

  • 1 Porte-avions de Niveau 5 (Classe Nuna Choque Caipa) emportant 65 Chasseur-bombardier de Niveau 8 (Classe MCS-98 "Phénix"), 3 Avions Ravitailleurs de Niveau 9 (Classe MRT-10 "Mictlan"), 1 Avion radar de niveau 8 (Classe E-70 "Neuromancien" ), 1 Avion de guerre électronique de niveau 8 (E-120 "Galaxie"), 5 Drones de reconnaissance de niveau 8 et 20 Hélicoptères d'attaque de niveau 8.
  • 1 Porte-hélicoptères de Niveau 4 (Classe Soulèvement) emportant 25 Hélicoptères léger polyvalent de Niveau 9, 5 Avions de chasse de Niveau 10 (Classe MCS-99 "Constellation")
  • 1 Croiseur de Niveau 6 (Classe Grand Soir)
  • 3 Destroyers de Niveau 7 (Classe Révolution)
  • 5 Frégate de Niveau 8 (Classe Justice)
  • 4 Corvettes de Niveau 9 (Classe Guillotine)
  • 5 Sous-marins d'attaque de Niveau 10 (Classe Nocturne)
  • 2 Pétrolier-ravitailleur de Niveau 9 (Classe Mictlan)
  • 1 Remorqueurs de Niveau 6 (Classe Scribe)
  • 2 Dragueurs de mines de Niveau 9 (Classe )
  • 1 000 Mines Navales de Niveau 10
Supplétifs Altrechtois

Flotte d'Intervention Sabre - Positionnement au sud du Détroit :

Commandement : Vice-Amiral Toshirō Tohei

https://i.imgur.com/V01AUCZ.png

La Flotte d'Intervention Sabre est dirigée par la main experte de l’amiral Tohei, qui a l'insigne honneur d'avoir fait connaître au monde l'existence de la flotte kah-tanaise lors d'exercices au sein du Golfe des Empires en 2008, et s'était depuis illustré lors de plusieurs exercices navals de haute importance, et lors de la guerre du Fujiwa. Longtemps considéré comme un potentiel directeur de la Garde Communale, il aura finalement laissé 'sa' place à l'ancienne amirale de la flotte logistique, Hazel Maillard, sur recommandations des autres officiers de la flotte, soucieux du prestige important qu'amenait la simple présence de l'amiral au corps armé. Un homme qui a assurément l'oreille d'Axis Mundis.

  • 1 Porte-avions de Niveau 3 (Classe Dignité) emportant 30 Chasseurs-bombardier de Niveau 8 (Classe MCS-98 "Phénix"), 10 Avions de chasse de Niveau 10 (Classe MCS-99 "Constellation"), 1 Avion ravitailleur de Niveau 9 (Classe MRT-10 "Mictlan"), 1 Avion radar de Niveau 8 (Classe E-120 "Galaxie"), 2 Hélicoptères de transport moyen de Niveau 10, et 4 Drones de reconnaissance de Niveau 8.
  • 1 Croiseur de Niveau 6 (Classe Grand Soir)
  • 2 Destroyers de Niveau 7 (Classe Révolution)
  • 4 Frégate de Niveau 8 (Classe Justice)
  • 2 Corvettes de Niveau 9 (Classe Guillotine)
  • 3 Patrouilleurs de Niveau 10 (Classe Levant)
  • 3 Sous-marins d'attaque de Niveau 10 (Classe Nocturne)
  • 2 Pétrolier-ravitailleur de Niveau 9 (Classe Mictlan)
  • 2 Remorqueur de Niveau 6 (Classe Scribe)
  • 1 Dragueur de mines de Niveau 9
  • 500 Mines Navales de Niveau 10
9701
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Les démons d'Eurysie de l'Est m'entrainent jusqu'au bout de la nuit
L'histoire d'un début de guerre ? - I

Le Royaume de Teyla et la République Translavique entretiennent de bonnes relations, pour ne pas dire d'excellentes relations. Ce n'est pas méconnu que des suites de la séparation entre les deux "Translavya", la partie "libérale" s'est rapprochée en premier lieu des nations de l'Organisation des Nations Démocratiques et de la Gallouèse, dans l'objectif de se prémunir d'une attaque extérieure venant de sa voisine communiste soutenue directement ou indirectement par un bloc communaliste et/ou eurycommuniste. La République Translavique a toujours voulu un rapprochement des liens et des relations avec sa voisine communiste, c'est même ainsi dans sa Constitution. Cependant, elle n'oublie pas que les intentions de ses voisins, sans les connaître pleinement, peuvent peut-être différer des siennes, ce qui serait dommageable pour sa sécurité.

Sans être dans l'Organisation des Nations Démocratiques, cela n'a pas empêché la République Translavique, donc, d'établir des liens étroits notamment sur les questions militaires. Le Royaume de Teyla, non sans intérêt, n'a pas tardé à faire des transferts technologiques pour certains matériels afin que la République Translavique puisse reconstruire, au plus vite, une armée capable, non de résister à une invasion de son territoire, mais d'appuyer les nations l'aidant à repousser ladite invasion. Cette coopération, timide dans ses premières années, a pris au fil du temps une ampleur plus assumée. Certains des officiers translaves ont été formés dans des académies militaires teylaises et inversement, bien que le premier cas eût été plus largement nombreux, des exercices conjoints et nombreux, notamment côté naval, ont été faits entre les deux nations. Certaines industries de défense de la République Translavique ont bénéficié d’un savoir-faire étranger sans lequel elles auraient mis des décennies à rattraper leur retard.

Pour le Royaume de Teyla, ce n'était pas de la gratitude, de la gentillesse, et cela, tout le monde l'avait compris des deux côtés. Il y avait une vision stratégique. Tout comme le Royaume de Teyla comptait sur la Pax Teylica pour chercher la paix en Eurysie de l'Ouest, le Royaume espérait qu'une nation alliée et partenaire du Royaume de Teyla assure cette paix et les intérêts de l'Organisation des Nations Démocratiques en Eurysie de l'Est et du Sud. Alors, aucune des deux nations ne fut surprise par le rapprochement. Le Royaume de Teyla avait ce besoin, la République Translavique en avait un autre et, assez étrangement, les manières pour atteindre les objectifs semblaient s'accorder pour chacune des parties, non sans soulever d'immenses débats des deux côtés.

Au Royaume de Teyla, les oppositions de gauche dénonçaient, et dénoncent toujours, un "réflexe" colonialiste toujours présent. Des mots forts et évoquant, sans doute possible, le passé colonialiste teylais. Le Royaume fut à une époque, pas si lointaine, l'un des plus grands empires coloniaux du monde avec entre autres la Grande République Velsna, les deux nations cherchant à étendre leurs territoires et leurs emprises sur le monde, partout où cela était possible, dans ce qui aurait pu être une rivalité et qui l'était certainement. Cette mémoire presque impériale (Le Royaume ne s'est jamais proclamé Empire dans son histoire) resta dans l'opinion teylaise, soit comme une bonne nostalgie ou un mauvais souvenir, selon le camp politique. Dans les débats parlementaires, certains députés n’hésitaient pas à parler d’une "diplomatie ayant les vieux réflexes immoraux". Selon eux, Teyla ne cherchait pas seulement à protéger la République Translavique, mais à faire d’elle une pièce avancée de sa propre architecture stratégique en Eurysie de l'Est, et qui, de la dépendance au Royaume de Teyla, n'aurait pas le choix de répondre à toute menace régionale, si le Royaume le demande.

Le Gouvernement et les parlementaires de la majorité se défendaient, et énonçaient que la République Translavique avait voté pour sa nouvelle Constitution, après avoir voté pour une assemblée constituante, puis avait voté pour la présidentielle et les législatives sans aucune ingérence de la part du Royaume de Teyla. Ils mettaient en avant la souveraineté translavique et utiliaient les mots "coopération" ou encore "relation bilatérale forte". La coopération militaire était présentée comme une coopération entre États adultes, née d’un besoin commun et d’une perception partagée des risques. Le Royaume rappelait aussi que les transferts technologiques, loin d’enfermer la République Translavique dans une dépendance totale, avaient précisément pour objectif de lui permettre de reconstruire une autonomie militaire minimale, capable de rendre son territoire plus coûteux à menacer et plus facile à soutenir en cas de crise.

Du côté de la République Translavique, les oppositions de n'importe quel bord politique dénonçaient le "renoncement progressif à la souveraineté translave". Pour elles, le gouvernement avait transformé une nécessité temporaire en orientation stratégique permanente. Recevoir de l’aide après la séparation pouvait se comprendre, cependant pour certaines oppositions, elles voulaient de l'aide d'autres camps internationaux ou alors de nations neutres dans la guerre qui avait amené à la scission. Toutefois, ce qui ne pouvait pas se comprendre selon les oppositions, c'était que cette politique ait continué pendant plusieurs années et continue encore actuellement. Le mot de souveraineté revenait sans cesse dans les discours, dans les tribunes, dans les manifestations de rue ou encore pendant les campagnes électorales. Les opposants accusaient le pouvoir d’avoir choisi l'acceptation d'une dépendance étrangère pour ne plus avoir la peur d’une domination communiste.

Plus encore, des discours pouvant être parfois présentés par le Gouvernement en place et élu comme radicaux, disaient que la dépendance au Royaume de Teyla et à plusieurs nations de l'Organisation des Nations Démocratiques empêchaient tout rapprochement avec la Démocratie communiste de Translavya, une relation diplomatique anticonstitutionnelle ainsi donc. Comment prétendre vouloir le rapprochement entre les deux peuples translavs, demandaient-ils, tout en multipliant les exercices navals avec une monarchie étrangère, en envoyant des officiers dans ses académies et en alignant progressivement ses standards et normes militaires sur ceux de l’Organisation des Nations Démocratiques ?

À ces égards, les années suivant la construction de la nation républicaine et translave, des moments décisifs sont à noter. Plusieurs rencontres bilatérales vinrent donner une scène concrète pour les rapprochements entre les deux nations. Début deux mille seize, plusieurs rencontres ministérielles sont faites, symboliquement, à Anapol en territoire républicain donc. Ces rencontres ont permis les premiers échanges informels sur les questions stratégiques, le détroit, la piraterie navale et les formations d'officiers, sans que des accords officiels soient conclus. En deux mille dix-sept, c'est le Premier ministre de Sa Majesté, Angel Rojas, qui se rend sur le territoire translave. Le chef du Gouvernement vient conclure, avec son homologue translave, les traités discutés lors des réunions ministérielles. Le chef d'État teylais, dans la conférence de presse, énonce ce qui fera la UNE des journaux translaves : "Lorsqu'un Translave meurt, c'est la nation teylaise qui est en deuil." Le représentant translave dans la conférence de presse, regardant les journalistes, sachant la réaction que cela allait provoquer, répondit : "Lorsqu'un Teylais meurt, c'est l'une des nations translaves qui est en deuil, Excellence."

Les presses des deux nations ont bien noté la formulation "L'une des deux nations translaves", reconnaissant subtilement la présence de la Démocratie communiste de Translavya et sa souveraineté. Les médias avaient aussi capté le hochement de tête bref mais assuré du Premier ministre Angel Rojas, une réponse aux mots du représentant translave. Le Royaume de Teyla respectait, semble-t-il, publiquement la position translave sur la reconnaissance et la volonté de dialogue entre les deux Translavya. Quelques semaines plus tard, ce sont les chefs d'état-major des deux nations qui se sont rencontrés, mais cette fois-ci à Manticore, au sein du Royaume de Teyla. Puis, en deux mille dix-huit, c'est rien de moins que Sa Majesté Catherine III qui visita officiellement la République Translavique.

Ce fut sans doute long et laborieux à organiser, une monarchie parlait à une nouvelle République, ce qui n'était jamais simple, d'autant plus que les fonctionnaires de l'ancien régime translave étaient pour la plupart dans l'ancienne capitale de l'ancien régime. Sauf que cette capitale se trouve en territoire communiste. L’État translave avait perdu des compétences et des talents. Mais fort d'une forte patience, le Secrétaire Privé de Sa Majesté, le ministère des Affaires étrangères et d'autres institutions ont permis de rendre possible cette rencontre. Sa Majesté resta en République Translavique sept jours, sa plus longue campagne à l'étranger depuis deux mille onze. Elle déclara lors d'une étape dans la ruralité translave : "La souveraineté d'une nation ne se mesure pas à l'absence d'alliés ou à qui sont ses partenaires, mais par le degré de liberté avec laquelle elle choisit ses partenaires." Les journalistes déversèrent un tsunami de questions tout de suite après la déclaration, mais d'un sourire aux lèvres, la cheffe d'État teylaise tourna les talons et entra dans une ferme, dont le nom n'avait pas d'importance.

Alors qu'un incident, événement militaire se créa dans le détroit (duquel ni Teyla ni la RT ne sont au courant pour l'instant), et sans surprise, les deux nations ont des patrouilles en commun dans les mers et les océans. Ce n'est pas non plus une surprise que des avions teylais ou hélicoptères teylais se trouvent sur les vaisseaux de guerre translaves. Le Royaume de Teyla surveille, comme il le peut, le détroit et sa sécurité. En outre, l'importance de ce détroit pour le commerce teylais allant vers le Nazum et une partie de l'Afarée est vitale à bien des égards. Pour la République Translavique, c'est aussi le cas, mais de façon plus extrême. Selon des données officielles et des rapports officiels, si le détroit n'est plus libre de passage, dans le pire des scénarios, dans une République Translavique encore dépendante des importations pour beaucoup de produits, c'est en quelques semaines que viendrait une famine, une pénurie de pétrole, etc. Cela signerait probablement la fin de la République Translavique.

Les deux nations patrouillent les mers et océans ensemble et veillent à la sécurité de l'une et de l'autre.

Actuellement en mer dans la région ou à quai :

En mer :
  • 1 sous-marin d'attaque de niveau 1, Teylaise.
  • 1 sou-marin d'attaque de niveau 1, Translave.

  • 1 porte-avion de niveau 3, Teylaise.
  • 2 frégates de niveau 4, Teylaise.
  • 2 frégates de niveau 6, Teylaise.
  • 1 frégate de niveau 6, Translave.

A quai :
  • Le reste de l'Atlas de la République Translavique.
  • 3 patrouilleurs de niveau 10, Teylaise.
  • 1 corvette de niveau 9, Teylaise.
  • 1 Pétrolier-ravitailleur de niveau 3, Teylaise.
  • 1 Remorqueur de niveau 3, Teylaise
.
2479
Logotype CEN
Communauté des États Nazumis
Communiqué officiel du Secrétaire général de la CEN Ilmir Züleyhan



Appel à la paix dans le détroit de Mesolvarde
A l'attention de l'ensemble des acteurs de la communauté internationale


Honorables représentants,

La Communauté des États Nazumis tient à exprimer ses plus profondes inquiétudes face à l'évolution de la situation dans le détroit de Mésolvarde, entre l'Eurysie et le Nazum. Si nous ne pouvions, à l'origine, que condamner l'action de l'Empire constitutionnel de Drovolski à l'encontre d'un navire marchand des Communes Unies d'Altrecht, nous constatons hélas aujourd'hui que le sort des victimes et le règlement de cette affaire dans un cadre diplomatique neutre et pacifique tendent à être relégués au second plan au profit d'une escalade démesurée de la crise, marquée par l'intervention d'une flotte de l'Union des Communes Unies du Grand Kah et du Royaume de Teyla.

S'il ne relève pas de l'autorité du Secrétariat général de la Communauté des États Nazumis de remettre en question le jeu des alliances et des intérêts des nations, nous ne pouvons qu'appeler l'ensemble des acteurs de la crise à la tempérance et à la modération. Nous invitons l'ensemble des acteurs actuels de la crise, à savoir l'Empire constitutionnel de Drovolski, les Communes Unies d'Altrecht, l'Union des Communes Unies du Grand Kah et le Royaume de Teyla, à mettre fin à l'usage de la force militaire brute comme seule solution à la résolution de cette affaire et à participer à un règlement rapide de la crise dans le cadre d'un sommet international neutre.

L'Organisation des Nations Démocratiques (OND) et l'Internationale Libertaire, toutes deux organisations des plus respectables, ne doivent pas contribuer à l'aggravation de cette escalade, mais bien soutenir la démarche de paix, de stabilité et de diplomatie qui constitue, selon nous, le seul moyen de régler la question sans provoquer davantage de morts et de blessés inutiles dans tous les camps, y compris parmi les populations civiles.

Le Secrétariat général de la Communauté des États Nazumis affirme suivre avec une grande attention l'évolution de la situation et invite les États membres de la Communauté à saisir, au besoin, le Conseil de la Communauté, de par la présence dans les eaux du détroit du territoire de Kansen-shō, territoire à statut spécial de l'Empire constitutionnel de Drovolski disposant du plein exercice de ses compétences en matière diplomatique et, à ce titre, membre de la Communauté des États Nazumis.

Toute solution pérenne à cette crise ne pourra être trouvée que par la voie diplomatique, en concertation avec l'ensemble des acteurs du conflit, et non par la violence, qui ne pourra engendrer qu'une situation encore pire que celle que nous connaissons actuellement.

Avec mes salutations les plus distinguées,

Fait à Khydan, le 31 décembre 2019

Ilmir Züleyhan,
Secrétaire par intérim.

Illustration
1924
Magistrature

Communication exceptionnelle de la Magistrature


Le transport militaire détruit par les forces armées de Mesolvarde est réputé hostile à notre nation. Le transport altrechtois, comprenant un patrouilleur non déclaré suivant un convoi non autorisé, la Magistrature s'est vue obligée d'intervenir. Mesolvarde ne peut admettre qu'un bâtiment militaire non autorisé traverse ses côtes à moins de 50 km. L'Altrechtois a déclaré le Drovolski comme appartenant à la liste noire des nations hostiles ; ce faisant, la Magistrature a qualifié la non-déclaration de son transit par notre détroit comme une menace potentielle, soit pour le commerce, soit pour l'intégrité territoriale du Drovolski.

Ce faisant, et au regard de l'ampleur que prennent les interventions de chacun, la Magistrature réitère la position de sa Cour de cassation. Mesolvarde reste le promoteur du libre transit commercial par son détroit et requiert la déclaration des transports militaires, d'autant plus quand il s'agit d'une nation ouvertement hostile. Cette prérogative va dans notre intérêt primordial, à savoir que le détroit reste ouvert et que notre territoire demeure exempt d'attaques ennemies.

De droit coutumier, le transport militaire est soumis à déclaration. C'est une habitude déjà prise par de nombreuses nations, que nous saluons, et nous n'avons pour lors jamais entendu les refuser, mais simplement poser des conditions, notamment en volume et en horaires. Sur cette voie, nous faisons appel à Velsna et à Teyla en tant que conciliateurs de ce différend, ayant tous deux des bases militaires marines au Drovolski à proximité du détroit et susceptibles de constituer des partenaires sans a priori immédiat. Nous appelons à ce que notre droit à protéger notre territoire soit observé avec le respect qui lui est dû. Même un patrouilleur, s'il n'est pas déclaré, constitue une menace étant donné la nature de son commanditaire, l'Altrech.

La présidence du Kasen-sho déclare ouvrir les portes de Centre-1 aux survivants de l'intervention de Mesolvarde. Kasus Bonvasar présente ses excuses à la CEN au motif que l'hospitalité du BonSecours ne doit pas être confondue avec les actions coercitives de Mesolvarde.


En mer : 8 sous-marins de niveau 1, mission de protection du détroit

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