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Publié à Lingou, le 5 janvier 2020, par la rédaction.


Chères lectrices, chers lecteurs,

La rédaction a le plaisir de vous présenter Le Courrier Kronavien, le premier quotidien du Kronavio en termes de ventes. Notre journal a vocation à être un pilier incontournable de l'information dans notre pays, mais sans vous, nos fidèles lecteurs, nous n'y arriverons pas.

Depuis nos bureaux basés à Lingou, la capitale de notre chère patrie, notre équipe ne se limitera pas à l'actualité locale. Elle couvrira, avec une grande rigueur et en mobilisant tous ses moyens, l'ensemble de l'actualité nationale. Que vous viviez en ville, à la campagne, à la mer ou à la montagne, notre mission est simple, claire et précise : informer la totalité de la population, sans exception.

C'est pourquoi Le Courrier Kronavien est pensé pour être accessible à tous. Cela passe d'abord par un prix unique dans tout le pays : seulement 1 ₣. Rendez-vous compte : un journal qui coûte moins cher qu'un pain ! Vous ne trouverez jamais un prix aussi bas pour une actualité de cette qualité. Vous trouverez d'ailleurs toujours votre journal en vente dans vos bureaux de presse ou de tabac.

Cette accessibilité se traduit aussi dans nos pages. Chaque jour, nous vous garantissons un sujet inédit. Vous y retrouverez toutes sortes d’informations : de la politique à l'économie, en passant par le sport, l'environnement, ou encore des pages culturelles dédiées à la musique, aux festivals, à la littérature et aux arts en général. Une diversité de sujets inégalée au Kronavio !

Enfin, la force de notre journal réside dans sa déontologie. Dans chaque numéro, la rédaction s'engage à traiter l'information avec une totale impartialité. Cette neutralité est le gage de notre indépendance : Le Courrier Kronavien n'est détenu ni par l'État, ni par une quelconque entreprise publique.

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Merci pour votre confiance et bonne lecture !

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Mentions légales : Le Courrier Kronavien | Directrice de la publication : María Fernanda Carita | Siège social : 42 Avenida Vostoka, Lingou.
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LE CAMELEON REINOS

Publié à Lingou, le 5 janvier 2020, par la journaliste Estefania Carvallo.


L’unique caméléon kronavien, le Caméléon Reinos (Chamaeleonidae Suprireinos), est en danger d’extinction. La population de cette espèce endémique de l’État tropical de Kronavio a diminué de 90 % au XXe siècle, et sa population a encore chuté de 60 % entre 2000 et 2005 suite à la perte de ses habitats naturels. La déforestation, permettant de faire de la place aux cultures de canne à sucre, mais surtout l'utilisation de pesticides toxiques ont entraîné le départ des insectes dont se nourrissent les caméléons.
Chamaeleonidae Suprireinos

L'espèce souffre également d'un braconnage organisé par une bande d'amateurs étrangers clandestins souhaitant posséder la plus grande et la plus belle espèce de caméléon au monde.

Pour trouver des solutions à cette disparition, une expérience unique en son genre, réalisée sur une centaine d'individus dans la région de Louyabegrad, montre que la fermeture des accès à de petites zones de la forêt est un moyen efficace pour sauver l’espèce. Cette étude a été menée par les scientifiques Aarón Muñoz (actuellement à l'Université de Lingou), Yvonne Sanz (de l'Institut environnemental de Kronavio, rattaché au Ministère de l'Éducation et de la Recherche) ainsi que deux autres chercheurs kronaviens.

En janvier 2009, en concertation avec ces chercheurs, différents propriétaires de terrains implantés dans la forêt ont fermé tous les accès à une zone de 10 kilomètres de rayon autour de la plus grande population de Caméléons Reinos, située dans la région de Louyabegrad. En parallèle, ils ont laissé une zone témoin autour d’une autre colonie, installée à 60 kilomètres de là.

Grâce à des caméras installées sur des arbres stratégiques, le scientifique Aarón Muñoz et ses collègues ont étudié le comportement de 98 caméléons des deux colonies, avant et après la fermeture des accès. Les résultats sont sans appel !

Avant la fermeture, plus de 75% des caméléons parcouraient jusqu’à 20 kilomètres en deux jours pour trouver leur nourriture. Trois mois seulement après la fermeture des accès, 70 % des caméléons observés ne se déplaçaient plus que sur 5 kilomètres pour s'alimenter, c’est-à-dire à l’intérieur de l’aire protégée. Le temps dévolu à la quête de nourriture a diminué de près de 30 %. Moins de temps perdu à chercher de la nourriture signifie plus de temps consacré à la recherche d'un partenaire et au soin des petits, ce qui entraîne un meilleur taux de survie des jeunes. Dans la zone témoin, en revanche, l’aire de recherche de nourriture est restée similaire, et les caméléons ont même accru leurs efforts en allant jusqu'à traverser des champs entiers de canne à sucre.

L'expérience realisée prouve que la protection d’une aire relativement petite peut avoir des effets positifs immédiats sur cette espèce endémique en danger d’extinction, et elle confirme par la même occasion l’impact négatif de la déforestation et de l'agriculture sur les populations de caméléons.

Après le succès de cette expérience, l'Etat de Kronavio a décidé de lancer en 2015 un programme de développement d’aires protégées. L'État rachète des terrains de forêt vierge, intacts de toute activité humaine, pour y créer des réserves. Dans ces dernières, l'accès des véhicules motorisés ou pas est strictement interdit. Les balades à pied restent toujours autorisées.

Les effets de cette politique sont déjà visibles en 2020. La population a augmenté de 18 %, passant de 850 à 1 003 entre 2015 et 2020. Plus qu'un succès démographique, l'espèce de camaleon apporte un bénéfice inattendu à la santé publique : en tant que redoutables prédateurs, ils contribuent à réguler la population de moustiques et donc la circulation de maladies telles que le Chikungunya, le Paludisme ou le virus Zika.

Mais comme toujours, les agriculteurs se plaignent. Les caméléons seraient les seuls responsables des ravages provoqués aux cultures. Des accusations totalement infondées pour les scientifiques, dans l'objectif de piller l'Etat en récupérant des aides d'Etat.

Les agriculteurs ont par ailleurs lancé des actions coup de poing devant les bureaux de la province de Louyabegrad en y jetant des déchets de canne à sucre. Le président de la région de Louyabegrad, n'ayant pas accepté une telle dégradation, a envoyé la facture du nettoyage aux organisateurs, pour un total de 300.000 ₣. La tension est montée d'un cran, et les organisateurs ont annoncé fièrement sur la place publique qu'ils ne s'arrêteraient pas à cet événement si l'Etat ne s'engageait pas en leur faveur.

Manifestation des agriculteurs

L'Etat ne compte pas céder face aux éternels mécontents puisque la canne à sucre ne nourrit pas la population.

A voir ce que le destin nous réserve... Une révolution ? Qui sait...

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BENITO ORDONEZ ACQUITE PAR LE TRIBUNAL

Publié à Lingou, le 26 février 2020, par la journaliste Estefania Carvallo.


Accusé il y a une semaine de corruption, Benito Ordóñez vient d'être jugé par le Tribunal Militaire de première instance au terme de vifs échanges : il en ressort acquitté ! Déclaré non coupable de corruption aggravée par un haut fonctionnaire, le Chef de l'État-major général des armées échappe ainsi à la peine de mort. Un verdict immédiatement salué par son avocat, qui a félicité la cour pour son bon sens.

Pour rappel, l'affaire portait sur un accord controversé conclu avec la République de Nexanie. Cet accord prévoyait l'attribution d'un marché à un prix inférieur aux offres concurrentes, en échange de remises financières sur l'ensemble des armements néxaniens. Le Tribunal a estimé que l'accusé avait agi dans l'intérêt du Kronavio et la Nexanie n'ayant versé aucune somme d'argent, la qualification de corruption ne pouvait être retenue. Dans l'exercice de ses fonctions, Monsieur Ordonez n'a pas commis de faute pénalement répréhensible du fait d'un manque de preuve d'un enrichissement personnel. L'infraction pénale tombe donc. En revanche, les juges ont retenu le délit de favoritisme. L'ancien haut responsable écope ainsi de quatre ans de prison avec sursis et d'une amende de 26 000 fessos.

À la sortie de l'audience, l'accusé a quitté les lieux la tête basse, esquivant les regards et les interrogations des journalistes. Escorté par une garde rapprochée, il est rapidement entré dans sa berline sans un mot, tandis que son avocat refusait lui aussi tout commentaire.

Démis de ses fonctions dès la révélation du scandale par le quatrième Chef suprême de la République, Benito Ordóñez ne réintégrera pas ses fonctions de sitôt. Dans un communiqué officiel, Diego Alejandro Sáez a tenu à rappeler la portée symbolique et stratégique de ce poste : "la fonction de l'État-major général des armées exige une exemplarité absolue, incompatible avec un casier judiciaire". Il n'a toutefois pas complètement fermé la porte à un retour dans la vie politique. En attendant la désignation d'un successeur titulaire, l'intérim est assuré par le capitaine Simón Tassis.

Cependant, après avoir analyser la législation, la rédaction n'a pas trouvé l'existence d'une loi exigeant un casier vierge. Cette mise à l'écart repose alors sur un vide juridique ou simplement dit, cette règle d'inéligibilité ne figure dans aucun texte officiel. Un flou qui relance l'éternel débat au moindre scandale : faut-il refondre intégralement la législation kronavienne ? Construite sur des textes centenaires, notre système juridique est aujourd'hui en décalage complet avec les réalités du monde contemporain.

Face à ce constat, le Chef suprême a annoncé la tenue imminente d'une réunion avec le Cabinet des ministres pour discuter d'une potentielle refonte globale du Code Rouge. L'objectif affiché est très ambitieux : repartir du Code Rouge de 1871 et tout réécrire, ou plutôt mettre fin à la "jungle législative", expression utilisée pour qualifier les nombreux textes non codifiés, obsolètes ou égarés au fil du temps.

Code Rouge

Le chantier s'annonce néanmoins titanesque. Il s'agira d'éplucher des milliers de lois, d'archiver les travaux de l'Assemblée Populaire pour retrouver les textes tombés en désuétude, puis de trier et relire les 6 783 pages du code actuel. Les législateurs devront ensuite adapter les règles aux enjeux modernes tout en comblant les lacunes actuelles avant de soumettre le texte final au vote. Dans le milieu juridique, beaucoup jugent la tâche presque irréalisable. Les estimations les plus optimistes évoquent au moins cinq ans pour obtenir une ébauche, et près d'une décennie pour aboutir à un code.

Pourtant, l'urgence est incontestable. Un rapport récent pointe du doigt un taux d'inapplication des lois atteignant le chiffre critique de 36 %. Plus d'un texte sur trois est aujourd'hui ignoré, transformant les citoyens en contrevenants involontaires. Cette situation fragilise la sécurité juridique ! À titre d'exemple, il vous est théoriquement interdit, en vertu d'une loi de 1915 jamais abrogée, de baptiser votre cochon "Sergio". Une absurdité d'un autre temps qui ne donne évidemment lieu à aucune poursuite en pratique.

Pire encore : connaissiez-vous l'existence de l'ancien impôt sur les portes et fenêtres ? En d'autres temps, cette taxe frappait les propriétaires en fonction du nombre d'ouvertures de leur logement. Une fiscalité étrange qui a donné naissance à des constructions pour le moins insolites mais économiques : des habitations totalement privées de fenêtres.

Voilà l'illustration parfaite d'un héritage législatif qu'il devient urgent de moderniser !!

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L'AEROPORT INTERNATIONAL DE LINGOU AU BORD DU GOUFFRE

Publié à Lingou, le 10 avril 2020, par la Estefania Carvallo.


Aéroport International de Lingou

L'Aéroport International de Lingou a publié le 8 avril des résultats annuels extrêmement inquiétant pour l'exercice 2019. Avec un chiffre d'affaires de 19 millions de fessos en baisse de 12 % par rapport à 2018 et un résultat net en chute libre de 56 % affichant 8 millions de déficit, la situation financière est catastrophique. Ces pertes s'ajoutent à une dette désormais ingérable de 23 millions de fessos.

Pourtant, l'État aura tout tenté pour sauver le seul et l'unique aéroport du Kronavio. Inauguré en 1991 après plus de 9 ans de travaux dont 2 ans de retard dans le chantier, l'aéroport a connu une première année d'exploitation désastreuse. Seulement 5 000 voyageurs transportés. Depuis, les comptes n'ont jamais trouvé d'équilibre viable, accumulant d'année en année des pertes plus ou moins lourdes.

Au total, le site aura connu pas moins de trois plans de restruturation et de modernisation entre 1991 et 2009. D'abord en 1998, puis en 2002 et 2010. En 2010, la situation financière est intenable. L'ancien propriétaire et exploitant, la SAK (Société Aéroportuaire du Kronavio) croule sous les dettes, avec une année record présentant un déficit de 42 millions de fessos. Incapables de payer les fournisseurs et rembourser les emprunts, elle est placée en liquidation.

Aucune société ne souhaite reprendre l'aéroport qui reste fermée pendant 4 mois. A l'issue de cette période, le Groupe Vivinci annonce reprendre l'aéroport après avoir trouvé un accord avec l'Etat. En échange de l'abandon des créance, d'un plan de modernisation de 84 millions de fessos financé intégralement par l'Etat pour rénover l'infrastructure du sol au plafond et d'une garantie de renflouement public pendant 5 ans (en cas de déficit), la société accepte de reprendre le controle de l'aéroport en le rachetant pour 1₣ symbolique. La fermeture définitive est évitée !

L'aéroport n'aura cependant jamais trouvé de succès auprès des voyageurs mais également auprès des compagnies aériennes. En 2019, ce n'est que 40 000 voyageurs rescencés. La faute a une offre de destinations très modeste. Actuellement, l'aéroport ne dispose que d'une seule liaison directe permanente en direction du Namarov. Les autres destinations sont occasionnelles et peu nombreuses.

Le Ministère des Transports et des Infrastructures aura beau investir autant d'argent en renflouant les caisses, l'aéroport semble aujourd'hui impossible à relever. Après y avoir injecté plus de 161 millions de fessos depuis l'ouverture du site, le ministre hésite aujourd'hui à accorder une nouvelle aide demandée par le groupe.

En effet, le Groupe Vivinci, à travers la filiale Vivinci Aéroport, actuel propriétaire et exploitant du site (depuis 2010), ne souhaite plus renflouer les caisses et investir de nouveau dans cette entreprise défaillante. Lors de l'annonce des résultats, le directeur a tenu un petit discours : "Le Groupe Vivinci n'a jamais et ne cherchera jamais à réaliser des bénéfices démesurés comme certaines sociétés capitalistes honteuse, mais au mieux à équilibrer le budget, au pire à concéder un déficit acceptable. Les pertes de ces cinq dernières années sont intolérables. Nous préférons investir dans nos autres filiales, tels que Vivinci Immobilier pour répondre à la demande de logements, plutôt que de gaspiller des sommes considérables dans une société qui ne rencontre ni son public ni des besoins essentiels".

Le groupe a donc soumis au ministre un ultime plan de redressement. Le plan n'est pas encore été annoncé publiquement mais d'après une source proche du dossier, le ministre aurait déjà accepter le plan. Ce dernier prévoit une réduction de 35 % des effectifs ainsi qu'une hausse des tarifs de location des locaux commerciaux et des redevances appliquées aux compagnies aériennes. Reste à savoir si cette mesure sauvera l'aéroport ou précipitera sa chute. Mais Vivinci a prévenu : à défaut d'un redressement de l'aéroport dans les deux ans, il n'en conservera pas la gestion. Passé ce délai, la société sera donc liquidée et l'aéroport définitivement abandonné.

Mais pourquoi l'aéroport de Lingou n'a jamais pu trouver de nombreux passagers, malgré une concurrence inexistante ? Une récente étude publiée par le Ministère des Transports et des Infrastructures tente d'expliquer ce phénomène. Résultat, 69 % des Kronaviens estiment le bateau moins dangereux que l'avion, en dépit des statistiques prouvant le contraire. Il s'agit donc avant tout d'une question de mentalité.

L'alternative de la voie maritime serait donc l'option privilégié par les voyageurs kronaviens. L'essor de cette alternative est visible dans la compagnie nationale Viavero qui affiche en effet de très belles performances. Avec un record de 2,1 millions de passagers transportés en 2019, la société récolte les fruits de sa stratégie. Spécialisée à l'origine dans le fret, elle a ouvert en 2014 une branche de transport de voyageurs. Qu'il s'agisse de croisières ou de ferries, pour relier les ports kronaviens ou l'étranger, la population semble largement privilégier le bateau. De quoi expliquer une grande partie des difficultés de l'Aéroport International de Lingou.

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