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[Vlastie-Pravoslavnyy], rencontre en marge de l'enterrement

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----------------15/03/2018
--------Il faisait plutôt froid en ce matin de mars.
--------La cérémonie dédiée aux funérailles de Léonin Frejnès n’avait pas encore commencée que déjà des foules entières s’étaient réunies à Mosvara pour honorer la mémoire du défunt. La dernière fois qu’un événement avait autant attiré la population, c’était à la mort de Joséphine Talin en 1963 même si davantage de personnes s’y trouvaient et de loin.
--------Georges Valérien Androlophe, qui était encore jeune à l’époque, devait très certainement s’en souvenir. C’est une certitude qu’avait son fils, Michaël Sergioson Gorbata, avant de lui faire un rapide débrief de la situation.
-------«-Père, avant les funérailles, nous allons devoir réaliser quelques rencontres.-»
--------Le vieil homme se contenta d’acquiescer, avant de se lever.
--------La journée s’avérait être plus que chargée pour un homme dans sa condition. En effet, en plus de devoir répondre au long et fastidieux cérémonial, il allait être nécessaire pour le vieux directeur des services secrets destiné à être le futur dirigeant de commencer son devoir diplomatique. Même si sa place de successeur n’avait été réellement annoncée, il ne faisait pas de doute qu’Androlophe allait être le prochain roi de l’échiquier.

--------Pour cette première rencontre en marge des obsèques, ils allaient rencontrer la Première Ministre pravoslave :Tatiana Anatolievna Golikova.
--------Comme d’autres pays, la République Démocratique Populaire de Pravoslavnyy allait certainement faire d’une pierre deux coups : honorer la mémoire d’un communiste célèbre et nouer des liens avec un pays fermé. Une stratégie plutôt logique au vu de la politique vlastique et de son renfermement, mais ils allaient devoir composer avec le farouche Androlophe.
--------En effet, en bon vlastique vieux jeu et nourri par des décennies de propagande, Georges Androlophe était assez xénophobe. Par chance pour la représentante pravoslave, cette xénophobie était très grandement atténuée dans les cas où il avait affaire à des communistes, même si rien n’était joué d’avance.
--------À son approche, Androlophe, Gorbata et quelques représentants vlastiques la saluèrent poliment, elle ainsi que toute sa délégation. Bien entendu, ce furent les paroles du vieux communiste qui ressortirent en premier.
-------«-Votre excellence, je vous souhaite la bienvenue en Vlastie, et je vous remercie pour avoir pris le temps de nous rendre visite au sein de notre humble République Démocratique.-»
--------Malgré son antipathie pour les étrangers, Georges Androlophe semblait clairement faire l’effort de se montrer accueillant par rapport au fait que ses interlocuteurs étaient communistes. Après les salutations de rigueur, ils se dirigèrent vers un...
Salon privé
Eh, le communisme... ça claque ou pas ?
--------Même si la réunion était censée être rapide au vu de l’importance de cette journée, des collations ainsi que des boissons avaient été distribuées. Malgré le fait qu’il s’agissait principalement de café au vu de l’heure matinale.
-------«-Madame, si vous le souhaitez, j’aimerais en venir à la raison de votre venue. D’ailleurs, si vous le souhaitez, vous pouvez dès à présent introduire les motivations de votre nation et son gouvernement à demander cette entrevue.-»
--------Il laissa la Première ministre ouvrir le bal des négociations.
Le pays vlastique était froid, plutôt froid même. Mais comparé aux températures que l'hiver pravoslave pouvait endurer, ce n'était rien. Cependant, nous pouvions sentir le froid du pays dû à la mort de son dirigeant. Il était évident qu'une rencontre juste avant un enterrement ne semblait au premier regard pas une si bonne, voire une très mauvaise idée. Cependant, si cette idée est regardée de plus près, ce n'est pas si con horrible. En effet, après la mort du dirigeant, le pays est endeuillé et plus vulnérable mentalement. Quand une personne n'est pas totalement reposée d'esprit, quelques manœuvres et la voici toute oui à vos demandes. La Vlastie était aujourd'hui plus vulnérable. C'était madame la première ministre Tatiana Anatolievna Golikova à qui la lourde tâche avait été attribuée. Avant de pleurer chaudement à l'enterrement, elle allait devoir négocier le plus d'aide possible de la part de la République démocratique Vlastique et faire de ce pays un fidèle allié.

Tatiana Anatolievna Golikova : Je vous remercie moi aussi d'avoir accepté cette rencontre malgré les circonstances et sachez que moi-même ainsi que l'ensemble de la Pravoslavnyy vous apportent ses plus sincères condoléances. Nous souhaitions avant tout vous offrir ce bouquet de 39 chrysanthèmes pour les 39 années de glorieux pouvoir de Léonin Frejnès.

Elle dépose délicatement un bouquet de 39 magnifiques chrysanthèmes blancs sur la table.

Tatiana Anatolievna Golikova : Avant de commencer pleinement la rencontre, nous souhaiterions vous dire à quel point Frejnès et la République démocratique vlastique ont pu être un modèle pour la politique pravoslave et son Excellence Karpov, grand sauveur de la nation.
Nos deux nations sont similaires sur de nombreux points et la République démocratique populaire de Pravoslavnyy s'est même construite avec votre modèle. Nos deux nations sont bien similaires, elles ne font presque qu'une. Nous sommes tous deux des nations assez fermées à la diplomatie internationale, alors nous proposons une union très forte entre nos deux pays. Premièrement, nous voudrions négocier des droits de douane à la baisse et surtout une collaboration commerciale entre nos deux nations. Cette collaboration aura pour objectif de favoriser les échanges commerciaux entre nous ainsi que son encouragement. Qu'en dites-vous ?
--------Le doyen n’était pas dupe.
--------Il savait qu’il ne devait rien lâcher, en tous cas pas totalement gratuitement. La mort de Frejnès, son vieil ami, ne l’avait pas laissé indemne, mais il devait impérativement faire attention à ne pas se laisser manier comme une marionnette, c’était pour ça qu’il avait fait convier son son fils, dont le rôle était principalement de l’aider à s'ancrer dans la réalité. Il valait mieux avoir un soutien en qui il pouvait avoir confiance.
--------Androlophe fut d’ailleurs touché par le cadeau de la Première Ministre, il le prit délicatement avant de lui répondre.
-------«-Merci pour cette délicate attention. Nous nous assurerons de prévenir la famille du défunt ainsi que de mettre ces fleurs avec celles prévues pour la cérémonie.-»
--------Le bouquet fut ensuite donné à des responsables des funérailles. Mettre à l’honneur ce bouquet avec les autres qui seront présents à la cérémonie était un moyen de répondre au cadeau diplomatique, et possiblement de se rapprocher du pays.

--------Ils écoutèrent attentivement les dires de la dirigeante.
--------Le vieil homme prit la parole pour répondre, Gorbata garda le silence et se contenta d’observer nonchalamment la scène en s’effaçant presque du tableau.
-------«-Nous sommes contents d’apprendre que notre système a pu inspirer celui prit par votre nation sur la voie du socialisme. Mais surtout, pour la considération que vous donnez à l’image du camarade Frejnès vis-à-vis du camarade Secrétaire Général Karpov.
--------D’autant plus au vu du fait que j’ai pu moi-même participer, avec le camarade Frejnès, à la consolidation de notre système et de notre gouvernement.-»
--------Il prit quelques secondes pour reprendre son souffle, mais surtout pour réfléchir, avant de continuer dans sa réponse à la proposition qui lui était faite.
-------«-Concernant l’union à laquelle vous faites référence, je ne pense pas que ce terme soit réellement approprié. Nos pays sont semblables sur les plans de la diplomatie et de la politique, mais également assez différents sur bien des aspects.
--------Cela dit, il serait effectivement intéressant d’envisager des échanges économiques ainsi que de les encourager. Il est indéniable qu’un commerce accru et un rapprochement entre nos nations serait bénéfique. Également, nous pourrions envisager la mise en place d’une ambassade permanente sur nos deux sols, pour ainsi compenser notre isolement respectif grâce à des relations Vlastie-Pravoslavnyy rapprochées.-»
--------Malgré sa xénophobie caractérisée, Androlophe est lucide : il avait toujours considéré l’isolement de la Vlastie comme un désavantage. Cette jeune république aux tendances communistes pouvait être un futur partenaire intéressant.
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