24/05/2020
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[à archiver] Karty-Shaula, ceux qui mènent la danse

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Triomphe
Triomphe, Oskana, Musée des Beaux Arts de Volkingrad

Par ici l'ambiance

AlinéaVictoire.

Victoire pour la République Fédérale Kartienne, victoire pour le Concordat de Shaula. Il s'agissait de cela, pour l'entrevue qui s'apprêtait à se dérouler. La sœur Kartienne avait écrasé purement et simplement la Loduarie, son armée et ses dignitaires. Ainsi l'avait dépeint Oskana à travers son œuvre, Triomphe, un soldat Kartien piétinant un casque Loduarien. Karty avait vaincu, la Loduarie avait perdu, l'Antares était sauvé. Sauvé ? En réalité, pas encore. Les autorités Kartiennes avaient bien conscience que, tôt ou tard, la guerre civile Antarienne reprendrait. Il s'agissait de temps. L'erreur de Karty avait été de croire que personne ne s'y ingérerait, il n'y aura pas de deuxième fois. Karty protégera l'Antares, et soutiendra Corvus si le besoin en est. Même si, pour l'heure, la politique demeure de laisser faire, ingérer dans une guerre civile n'a que trop peu de fois été bénéfique pour un pays.

Les diplomates, Curvuns, Antariens ou même plus officieusement de la MIRA, étaient accueillis d'une manière réellement peu habituelle pour Volkingrad. Il n'y avait ni austérité ni démonstration de force, mais plutôt de grandes pratiques de joie. La sœur Antarienne était accueille sous un chant du culte Angélien, une première historique pour quelconque pays. Il s'agissait d'un hymne guerrier, cependant. Quelque chose qui fêtait la victoire contre les euryfascistes. Une marche militaire de courage, ancrée dans le folklore et la religion native de la République Fédérale Kartienne. Pareillement de ce culte, les nouveaux venus étaient invités sous le regard de la statue de Velestra, de sa caractéristique épée. Et, finalement, la Gouverneure Orlovski se tenait là, proche de la statue, sous le chant qui remplissait la ville. Elle était souriante, chaleureuse, une différence à son caractère diplomatique qu'on lui accordait d'habitude.

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La beauté du lieu. Telle était la réflexion principale de la délégation Concordante sous les acclamations et les spectacles offerts par les soins de sa sœur, la République Fédérale Kartienne. C'était sûrement une belle différence avec ce qu'ils venaient de vivre, et surtout ce qu'ils allaient vivre aussi.

Au rendez-vous, il y avait déjà une partie de la délégation Concordante qui s'était exilée aux premières lueurs de l'attaque Loduarienne, ne craignant une escalade mortelle pour le pays. Celle-ci comprennait notamment Lÿsä Köwnatör, représentant Corvus, ainsi que Clara Malmaison. Le reste de la délégation ayant du rentrer pour mettre en ordre la situation de crise après la retraite du pays ocre, c'est le Président du Conseil Luca Ravenne qui se présenta au rendez-vous. Et avec ces deux groupes, bien évidemment, l'Escoffier était présent pour représenter la partie de la MIRA. Un Escoffier qui, malgré le fait qu'il était masqué comme à son habitude, restait à l'écart. Après tout, il n'avait pas l'habitude des grandes cérémonies comme celle-ci, il ressortait sûrement du lot et n'avait aucune envie de transpirer sous son masque.

La troupe des quatre regardaient autour d'eux à mesure que les chants et les accueils devenaient de plus en plus pompeux, une manifestation chaleureuse après tout le mal qu'ils avaient vécu. C'était certainement étrange, mais ils avaient l'impression d'être en Antares. À la maison. Aimés tout autant que chez eux.

La plus émerveillée était sûrement Lÿsä, se retrouvant au centre de toute cette cérémonie parmi ses accompagnateurs. Elle avait profité de son court séjour pour se renseigner de plus en plus sur la culture Kartienne, ce qu'elle voyait sous ses yeux avait donc bien plus de signification qu'elle pouvait en avoir l'air par exemple sous le regard de Clara. Et justement, la corvienne dévisagea cette dernière, qui à contrario d'elle restait totalement impassible. Bon, pas grave. On l'avait prévenue qu'elle ne souriait presque jamais. Elle appréciait très certainement.

Alors qu'elle continuait de contempler, c'est le Président du Conseil qui l'aborda chaleureusement.

"Mademoiselle Köwnatör, c'est un plaisir de vous retrouver ici !"

Lÿsä se retourna, étonnée du fait qu'on la considère à ce point. Le Président vint lui serrer la main, toujours avec cet air chaleureux, tandis qu'elle balbutia quelque mots, toujours sous l'effet de l'étonnement.

"Je... Enchantée, oui..."

"Alors c'est vous à présent la diplomate de Corvus, si je l'entends bien ?"

"J'essaye, disons que là n'est pas ma force..."

"Et pourtant, votre père semble être d'un avis différent, n'es-ce pas ?"

"Mon... Mon père ?"

"Oui, Ryämö lui-même. Vous vous doutez bien que j'ai conversé avec lui à plusieurs reprises ?"

"C'est que je n'y crois toujours pas au fait qu'il veuille que je devienne une sorte d'ambassadrice... Ces choses là ne m'ont jamais réussi..."

"On doit tous commencer quelque part, non ? Et puis, vous êtes encore jeune, vous ferez une excellente diplomate si vous parvenez à gagner cette guerre civile. Ne vous découragez pas, au contraire, osez. Parce que des diplomates qui n'osent pas, il y en a beaucoup. Et bien souvent, ce ne sont pas eux dont l'histoire se souvient."

"Oser ? Comment Oser ? Je dois monter sur une estrade et porter un discours ?"

"En réalité, j'avais une meilleure idée. Qu'en dites-vous de nous introduire lorsque nous rencontrerons nos homologues kartiens ?"

"Nous introduire ?"

"Bien sûr, vous êtes la plus curieuse du groupe, à vous de lancer la conversation !"

"Mais n'es-ce pas du favoritisme que d'avoir Corvus qui représente le Concordat ?"

"Justement, vous ne représentez pas Corvus. Pas encore en tout cas. Vous représentez le Concordat. Et dans mon avis, vous êtes la meilleure personne pour se faire. Vous avez cette étincelle dans vos yeux que nous les vieux avons perdu avec le temps !"

Il rigola de bon cœur avant de reprendre.

"Qui plus est, votre père en serait fier, n'est-ce pas ?"

"S'il en serait fier, c'est une évidence..."

"Eh bien ! Voilà qui est dit. Je vous laisserai donc mener cette danse."

Ces mots résonnaient comme un écho à travers la jeune femme. Mener la danse.

Elle se souvenait de quand elle était petite, elle prenait des cours de danse comme la plupart des filles de son collège. Elle était très forte lorsqu'il s'agissait de suivre un tempo, de suivre une chorégraphie. Mais mener la danse ? Ses talents d'improvisation n'avait jamais été très importants. Et pourtant, elle a toujours voulu inverser cette tendance. Elle avait tenté de s'intéresser au théâtre, puis à la musique et même l'écriture créative, rien n'y faisait. Rien n'était mieux qu'un bon livre d'histoire, bien prévisible.

Ce monde là pourtant, elle avait appris à le connaitre grâce à la guerre civile. Depuis le début, il n'y avait aucune place pour quoi que ce soit de prévisible. Les premiers jours de la guerre surtout étaient si imprévisibles qu'ils étaient longs. Elle avait pris ainsi l'habitude de tenir des discours à la taverne du Pieu Vert, mais là encore trop loin de la vraie improvisation puisque la plupart étaient écrits un peu à l'avance. Non, cette fois-ci, pas de script, rien de prévu. Elle devait se jeter, elle devait parler avec le cœur et non être constamment prudente. Bref, elle devait se réaliser.

Elle se souvenait encore de la discussion qu'elle avait eu avec Gaspard. Elle lui avait notamment écrit pour lui proposer de venir à la cérémonie, il avait répondu qu'il devait travailler. Mais elle le savait, Gaspard était là mentalement et psychologiquement, pour l'aider, pour la porter sur cette nouvelle tâche qu'elle venait de recevoir. Celle de représenter le Concordat dans les premières instances de discussions avec la République Fédérale de Karty.

Et puis, l'enjeu était de taille sans vraiment l'être. Encore une fois, ils étaient chez eux. Ils jouaient à domicile.

* * *

Le Capitole venait très certainement couronner le tout, après la cérémonie à laquelle ils venaient d'assister. C'était comme la cerise sur le gâteau: un bâtiment imposant, représentant fièrement la rayonnante République Fédérale à la maison comme à l'étranger. À l'intérieur, c'était un spectacle encore plus somptueux: des arcades, grandes marches d'escaliers et chandeliers ornés, digne de sans hésitation l'une des plus belles institutions gouvernementales d'Eurysie. Il n'y avait aucun doute dans l'esprit de la délégation, ils étaient là dans quartier magnifique.

Pas le temps cependant de s'attarder sur cette beauté du lieu, il fallait parler politique. Et justement, leurs homologues kartiens les attendaient dans une salle à part où allait se tenir la réunion. Et comme prévu, Lÿsä fut le première à entrer, à mener la danse et serrer la main de la chancelière Angèle Orlovski, en s'exclamant.

"C'est un honneur que d'être présents victorieux à vos côtés aujourd'hui !"

Les présentations n'avaient rien d'une simple rencontre diplomatiques. Ils étaient tous comme amis, comme ressortis d'un gouffre et heureux de l'avoir fait. En quelques sortes, c'est ce qui était réellement arrivé. Mais à présent, c'était derrière eux, et ils n'allaient pas revenir dessus.

Ils prirent tous place à leurs positions respectives, et alors que le calme s'imposa, Lÿsä se leva avec une assurance palpable et lança la discussion en souriant.

"Tout d'abord, j'aimerais exprimer ma gratitude auprès des représentants de la République Fédérale Kartienne, non pas pour l'aide inestimable qui nous a été offerte dans les secondes suivant l'assaut de la Loduarie Communiste, ni même pour les efforts diplomatiques dépassant toute attente pour garder le conflit localisé, bien avant que les puissances locales elles-mêmes n'interviennent à ce sujet, mais avant tout et surtout pour l'accueil que vous nous avez offerts, à moi et certains membres de cette même délégation, pour que nous puissions trouver refuge dans un pays allié dans le cas le plus indésirable que notre nation se fasse engouffrer par une autre. Même si nous n'avons eu à frôler ces extrêmes, vous nous avez offert la sécurité, et surtout l'assurance de votre position envers la notre, la garantie de votre engagement qui continue de faire vivre notre unité à ce jour. Donc à nouveau, j'aimerais exprimer ma gratitude à l'égard de ce geste que nous considérons personnellement des plus chaleureux qui soit.

Après, sans m'attarder sur des exploits que nous connaissons déjà, les remerciements sont tout autant adressés à votre armée qui à su être réactive comme je l'ai mentionné, ainsi que la diplomatie que vous avez tenu en notre nom alors même que nous étions muets sur la scène internationale.

Cependant, vous et moi savons que le conflit est loin d'être terminé, et à défaut de détruire notre ennemi, c'est à nous de nous reconstruire. Des antariens souffrent toujours dans les villes de Riaux et Laxandes, premières victimes des bombardements Loduariens, ainsi que les Kartiens pris au piège sous la menace du régime Lorenziste. L'Etat est certainement décapité, et l'ennemi a battu en retraite. Il n'est plus là pour écrire l'histoire. C'est donc à nous d'en rédiger les volets.

Notre objectif est très clair, tout d'abord apaiser le contexte local et prévenir toute sortes de réactions de la part des pays environnants. La situation doit paraître sous contrôle, puisqu'elle l'est. C'est déjà une première étape pour écarter toute embûche diplomatique et nous laisser la place comme je l'ai dit de nous reconstruire.

Vous l'aurez compris, s'en suivra un réarmement et une reconstruction de l'Antares pour pouvoir affronter toute autre tentative d'invasion si ce danger existe encore, afin de pouvoir compter sur une meilleure force de résistance qui seront capitales pour que nous puissions répondre de façon rapide ou mieux, écarter toute personnes en faisant les tentatives.

L'aspect final sera de consolider une zone neutre autour de la région de Roncevaux et ainsi surveiller le pays lorsque la Guerre des Ombres reprendra inévitablement. Mais cette fois-ci, nous pourrons garantir l'imperméabilité de nos frontières et le nul-impact sur la stabilité à grande échelle de l'eurysie de l'ouest. Et dès l'ors, ce sera aux Antariens de décider de l'avenir de leur pays, ceux qui supportent la MIRA ou bien Corvus, et non une entité étrangère.

À présent, si nous sommes ici en votre compagnie, c'est que nous reconnaissons la nécessité d'une présence Kartienne pour épauler le Gouvernement dans cette tâche. Tout d'abord, pour la première phase, rassurer par votre présence la retrouvaille d'une stabilité en déployant des troupes pour profiter de cet entre-deux-guerres et nous aider dans notre reconstruction, l'aide humanitaire mais aussi la production d'armement défensif sur laquelle nous mettons l'accent vis-à-vis de le seconde phase. Comment vous préférez vous y prendre, c'est une décision qui vous revient et que nous respecterons même s'il s'agira de compromis. Après tout, c'est une requête importante que nous vous faisons à présent, et celle qui suit l'est encore plus, puisque votre présence serait essentielle lorsque le pays retombera dans la guerre des ombres pour faire en sortes que le gouvernement puisse continuer à garder les civils non volontaires en dehors du conflit et assurer par ce même geste la permanence de la zone humanitaire de Roncevaux.

Avec cette entraide, nous comptons continuer à faire battre le pays économiquement et culturellement par le biais de Roncevaux qui deviendra un véritable cœur alors que le reste du pays décidera de notre avenir au long terme. Notre survie dépend donc en partie de l'aide que vous comptez nous apporter. Et sachez que nous sommes prêts, quiconque sortira victorieux du conflit, à retourner quelconque faveur vous comptez nous offrir, en prenant à notre tour une importance nouvelle sur la scène internationale et solidifier de plus en plus le trait d'union qui nous relie.

En somme, venons en au but, au delà d'honorer notre amitié c'est un investissement que je vous demande. Au nom du Concordat et de ce que deviendra Antares."


Ayant fini de parler, elle s'assied à nouveau, le visage radieux. En jetant un coup d'œil a droite, elle dévisagea le Président du Conseil qui lui retourna un clin d'oeil.

Bien joué, disait il. À présent, il était temps de continuer la danse que Lÿsä avait su initier.

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AlinéaUn autre matin s'éleva sur Volkingrad, ce jour du 11 septembre 2018. S'il était d'apparence similaire au précédent, la nuit elle, avait été des plus longues. Elle s'était étendue sur la matinée. Ce soir-là, aucun diplomate n'avait pu trouver le sommeil. Car en quelques heures, l'Antares s'était violemment faite attaquée par la Loduarie, la République Fédérale Kartienne avait répondu: La conclusion était la défaite Loduarienne. Quelques heures dérisoires avaient décidé de l'avenir de l'Eurysie de l'Ouest, et Karty avait joué sa place d'honneur. Tout cela, la plupart des Kartiens l'apprirent au levée du matin. Une journée banale parmi tant d'autres, qui annonçait pourtant l'un des plus grands tournants historiques de leur pays.


AlinéaCe matin-là, Kuba se lève aux premières lueurs du jour, comme à son habitude, aux alentours de sept heures trente. Peut-être un peu moins. Le bruit de la cafetière usée résonne orageusement entre les murs de son appartement en banlieue de la ville-centre de Volkingrad, tandis que l'eau commence à couler dans sa salle de bain. Kuba fait partie de ces gens qui essaient de se lever le plus tard possible pour gagner quelques minutes de sommeil, en échange d'un réveil précipité qu'il avait réussi à dresser. Tout cela lui est fort machinal, mais lui convient. Après avoir fermé le dernier bouton de sa chemise et vidé les dernières gouttes de sa boisson noire, Kuba se dégage de son appartement, en refermant la porte derrière lui. Sa fidèle Steinhart se présente à lui, pour l'emmener à son travail. Le paysage urbain défile.

Lorsqu'il entra dans le centre ville, il fut surpris de remarquer des amassements de foule. Pis encore, il ne pouvait plus circuler: Ce qui semblait être des manifestations s'invitèrent sur les routes. Il ne pu prendre le temps que de garer précipitamment sa voiture, tout en s'interrogeant sur la raison de ces... revendications ? Les manifestations étaient plutôt rares en Karty, le pays étant en pleine croissance économique: Tout indicateur était au vert. Décidé à rejoindre son travail à la marche, Kuba fut néanmoins arrêté par l'une des foules. Un homme se tenait en son milieu, sur un point surélevé, tenant un discours apparemment "passionné". Il agitait un torchon entre ses mains, ou plutôt un journal enroulé ?

«La bâtarde est morte amis citoyens !»

Cet homme, élégamment habillé d'un costume, louait la mort d'une personne ? De qui, au juste ? Kuba suivait de loin les actualités, il ne lui semblait pas se rappeler d'un fugitif que traquait le gouvernement, ni d'une opération à l'étranger ? Alors de qui parlait-on ? Intrigué, il se dirigea plus au cœur de la foule, son travail pouvait bien attendre quelques minutes. Après tout, il n'aura qu'à prétexter son retard par les embouteillages des manifestations, son patron savait qu'il habitait en banlieue. Il demanda à son nouveau voisin, dont les yeux étaient rivés sur les lèvres de l'orateur.

«Bonjour... Excusez-moi, de qui parle-t-on ? Qui est mort ?»
«T'es pas au courant ?! Ces enculés en Loduarie ont attaqué l'Antares ! Bref tout ça pour dire qu'ils se sont mangés nos missiles et leur dirigeante est morte là... Comment qu'elle s'appelle déjà ?»
«Aurore.»
«Ouais c'est ça, Aurore.»
«Et la guerre ?»
L'homme lui tend un journal.
«Morte avec sa dirigeante.»

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il s'agissait donc bien de manifestations, guère de revendication néanmoins: De joie. Volkingrad, Corbevent, Aubétoile, Barlena, Ravenitz, Rebecca, Hedwiga, toutes les grandes métropoles Kartiennes -leurs citoyens- fêtaient la mort de la tyran rouge. Après tout, les Kartiens avaient déjà fêté la mort de Lorenzo par le passé, pourquoi Aurore y échapperait-elle ? Ces regroupements se profilaient partout en Karty, une cérémonie quelque peu morbide. Paraîtrait-il, finalement, que les autorités Kartiennes n'ont point cherché à réprimer ces manifestations: Les encadrer, oui. Ce fut sous les chants, peut-être même des policiers, qu'elles se déroulèrent. Les plus imposantes étaient évidement à Volkingrad. A cela s'ajoutait la délégation tant attendue, pour les diplomates: Celle du Concordat de Shaula. Kuba vit des hommes de la Kaldrika se déployer, la garde de la province de Volkingrad. Ils n'étaient pas là pour réprimer, simplement pour dégager la route afin de laisser passer ce qui semblait être un convoi d'importance.
Soldats de la Kaldrika

AlinéaPlusieurs véhicules s'engagèrent sur la route nouvellement dégagée. Toujours des Steinhart, cette fois qui répondaient aux usages et conforts de la diplomatie. Les moteurs vrombissant parvinrent à isoler le bruit des foules, tandis que les roues épousaient le bitume d'une remarquable constance. Chaque voiture pouvait accueillir deux personnalités: L'une avec Luca Ravenne et Clara Malmaison, une autre avec Angèle Orlovski et Lÿsä Köwnatör, et enfin la dernière -contenant des diplomates- n'avait que l'Escoffier. Cette répartition n'avait rien d'hasardeuse, décidée des autorités Kartiennes. Isoler le haut représentant de la MIRA avait été pensé pour lui rendre service, les renseignements avaient bien saisi son caractère d'isolation. Les deux membres du gouvernement légitime ensemble, et la représentante de Corvus avec Orlovski: Le camp que soutenait Karty, sans prendre de réelle position officielle. Angèle entama la discussion, avant l'entrevue officielle. Elle se présenta d'une manière plus avenante qu'à son habitude, voyant son interlocutrice apparemment quelque peu déstabilisée.

«Rassurez-vous, dame Köwnatör, ces manifestations ne sont aucunement contre vous. Dit-elle en riant chaleureusement. Non en réalité, nos citoyens se réjouissent de la fin de la guerre, ils sont profondément heureux de pouvoir vous accueillir. Voyez donc. Elle indiqua de son bras une direction, d'où une Kartienne brandissait une symbolique Corvienne. La Gouverneure Orlovski reprit un ton plus sérieux. Quoiqu'il puisse en être, dame Köwnatör, je tiens à vous faire parvenir cette réflexion, que je vous prie de garder pour votre mémoire et à celles que vous jugerez dignes de l'accueillir. La République Fédérale Kartienne sait que votre guerre interne va reprendre, ce n'est qu'une question de temps. Votre trêve ne trouvait raison que dans la menace Loduarienne, elle n'est plus. Si notre pays ne s'est pas positionné en faveur de Corvus, de la MIRA ou du gouvernement légitime, vous n'ignorez sans doute pas qu'il appréciera plus l'ascension de votre camp que celui de la junte. Nous ne parlons guère de notre ingérence au sein de la guerre civile, l'Histoire a démontré qu'une telle pratique n'insufflait que de la pure instabilité. Cependant, il est de nôtre devoir d'envisager votre défaite, tout comme nous l'avions prévu pour la Loduarie Communiste. Le cas échéant, Corvus pourra compter sur la République Fédérale Kartienne pour lui éviter l'extinction.»

Les paroles d'Orlovski semblèrent peser lourdement. Non pas que l'ambiance se tendait, le discours avait un sens lourd de symbolique, important. La Gouverneure reprit son attitude chaleureuse, attendant peut-être une réponse de son interlocutrice: Elle regarda les foules au dehors de la voiture en cette attente. Ces foules qui, voyant le convoi défiler, s'en étaient approchées. Les citoyens et citoyennes saluaient les voitures, Angèle leur répondit en ouvrant sa fenêtre pour les saluer en retour, elle montrait sa proximité avec le peuple.

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La Gouverneure Orlovski écouta avec attention le discours de Lÿsä Köwnatör. Elle répondit, d'un ton moins amical certes mais toujours diplomate et accueillant.

«Vous nous remerciez de vous avoir ouvert nos portes. N'est-il pas naturel qu'une famille vous accueille sous son toit lorsque vous fuyez l'incendie ? La République Fédérale Kartienne a respecté ses engagements, à vrai dire nous ne sommes pas allés plus loin que l'écoute de notre peuple. Ce peuple a dicté son soutien à votre égard. Nous sommes persuadés que la République d'Antares nous aurait soutenu dans une situation similaire. Rares sont les alliances qui ne reposent pas sur des intérêts conjoints, mais bien plus simplement sur une amitié 'loyale' et réciproque. C'est à ce titre, que notre pays vous a prêté main forte, dame Köwnatör. La Gouverneure ouvrit un tiroir de son bureau, en sortant ce qui semblait être une figure métallique. Permettez-moi, à ce même titre, de vous offrir ce présent. Il s'agit d'une réplique du premier missile Kartien ayant touché le sol Loduarien suite à son agression délibérée. Voyez cet objet comme un témoin, lorsque la République Fédérale Kartienne donne sa parole, elle la tient jusqu'au bout. Cette maquette a été produite au sein de la première aciérie nationale sujette aux attentes des idéaux économiques de la République Fédérale.

Angèle tendit le présent, avant de reprendre.

Votre pays doit se reconstruire, en effet. La République Fédérale Kartienne continuera de vous apporter son aide en ce sens, économique, diplomatique et militaire. Nous enverrons des ouvriers pour reconstruire vos infrastructures, hommes et femmes pour l'assistance humanitaire, mais aussi et surtout notre appui militaire pour vous éviter tout 'désagrément' extérieur. La République Fédérale Kartienne souhaite donc installer nombres de complexes militaires sur votre sol afin d'assurer cette sécurité. En l'état, nous parlons de 50 000 soldats. Ce nombre sera destiné à se réduire, nous préférons cependant attendre la fin officielle de votre conflit interne pour se faire. Ces bases vous seront accessibles, évidement. De surcroît, la République Fédérale assistera votre militarisation en vous fournissant des équipements. Une question demeure: Le fruit de cette militarisation -Kartienne ou Antarienne- ne devra pas servir votre guerre interne. Comment comptez-vous l'assurer ?

Quant au volet diplomatique, nous l'avons dores et déjà assuré. Nous avons écarté l'Estalie et l'Union Kahtanaise du conflit, nous avons également conversé avec la Grande République de Velsna pour la rassurer de nos objectifs en cas de victoire en Eurysie de l'Ouest. Pareillement, en ce qui concerne les civils Kartiens en Loduarie Communiste, nous conversons en ce moment même avec le Royaume de Teyla afin qu'il accepte l'accueil temporaire de nos citoyens. En ce sens, nous souhaitons obtenir du Duché de Gallouèse et de votre pays la même garantie. Finalement, la République Fédérale estime nécessaire de refuser toute assistance militaire tierce, ainsi qu'humanitaire pour éviter toute ingérence. Ce ne serait pas la première fois qu'un pays prétexte l'aide humanitaire pour s'ingérer dans un conflit. Nous avons conscience de l'importance de cette demande, nous estimons néanmoins que notre fidélité est suffisante pour ne 'miser' que sur la main Kartienne.
»

réplique du missile classe Kassandra qui a tué Aurore
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Le cadeau fit ricaner le Président du Conseil: c'était certainement quelque chose d'ironique et magnifique. Il échangea un jeu de sourires avec ses partenaires avant que la chancelière ne continue son discours.

Une fois celui-ci terminé, Lÿsä prit immédiatement la parole. Il faut dire que les autres représentants n'ont pas hésité à manifester leur étonnement, cette jeune femme semblait avoir pris une assurance de leader sans précédent, et ayant pris en main la rencontre comme nulle autre, elle manifestait un visage et une présence qui mettait en avant une atmosphère détendue et heureuse autour de la convention. C'était comme si sa simple démarche faisait sourire le camp Kartien, et dans les faits, c'était le cas. Du côté Concordant, même l'Escoffier qui normalement aurait du broncher vis-à-vis du fait que ce soit une corvienne qui se charge de représenter leur côté de la table semblait presque séduit par la manière dont elle parlait, une émotion qui transparaissait même à travers de son masque monoculaire noir. Justement, le Président du Conseil l'avait remarqué, en jetant un coup d'oeil à côté de lui. Il voyait quelque chose dans l'Escoffier que les autres ne voyaient pas. Et l'Escoffier à son tour voyait plus profond dans la personnalité de Lÿsä. Le Président du Conseil lui semblait être satisfait, dégageant une attitude de "Je le savais depuis le début" avec son petit sourire.

"Vous soulevez en effet un point important, bien des contrées se sont ruées à notre secours au milieu de félicitations maintes et diverses pour nous proposer des aides à la reconstruction, et sachant celle que vous compteriez nous offrir, nous avons préféré en décliner la plupart pour éviter les ingérences que vous mentionnez, mais aussi du côté logistique. Si nous devons recevoir de l'aide, celle-ci doit être organisée de la plus efficaces des façons, et multiplier les acteurs est contreproductif à cet objectif, d'autant plus que nous avons confiance en la qualité de l'organisation Kartienne quand aux opérations de grande envergure. Cependant, vous devez savoir que nous avons accepté l'aide éverienne déjà comme seule exception, et cela pour plusieurs raisons. Tout d'abord, l'Empire d'Everia est certainement notre allié le plus ancien, et nous tenons à respecter nos traditions d'aide mutuelle qui nous ont rapproché durant toutes ces décennies. Mais au delà de cela, Everia a déjà envoyé de l'aide humanitaire bien avant l'attaque loduarienne, ils se trouvent déjà dans la ville de Roncevaux et participent déjà à l'organisation et la traite des rescapés. Il serait presque contreproductif de leur demander de partir, surtout puisqu'ils contribuent et comptent le faire d'avantage. Bien évidemment, cette aide compte rester purement humanitaire, et nous ferons en sortes qu'elle concorde avec vos services à vous.

J'en viens donc à votre deuxième demande. Bien évidemment, nous entendons coopérer pour établir des bases militaires Kartiennes, de préférence hors agglomérations puisque ces zones seront potentiellement des points stratégiques où vous pourriez être retrouvés piégés par inadvertance par les conflits. Nous avons déjà identifié sept lieux, plus huit autres que nous sommes en train de traiter pour permettre l'accueil de vos forces. Naturellement, le gros de votre force se concentrera surtout sur la région de Roncevaux, pour assurer une imperméabilité totale de la zone humanitaire.

Et justement, cette imperméabilité face aux armes la simple présence Kartienne l'assurera d'elle-même. Nous sommes dispos, le camp Corvun et celui de la MIRA, à ne pas user des moyens de productions et les produits qui font tourner le pays et contribueront à une réponse rapide, d'autant plus que nous avons tous les deux souffert des pertes énormes de l'invasion loduarienne, mais aussi car nous savons que c'est la meilleure décision pour le pays et son futur. Il va donc de soi que nous respections ces décisions individuellement. Quand bien même, je suis certaine que l'Escoffier ici présent sera d'accord avec moi pour dire que nous n'avons aucun avantage, ni même simplement de raisons de nous en prendre à des forces Kartiennes venues nous prêter de l'aide. Et, si nous devons donner une ultime garantie, c'est que le matériel produit sera gardé en zone humanitaire et produit en grande partie par des rescapés eux-mêmes. S'ils décident de céder cela à une partie ou à une autre, ils violent l'intégrité de leur propre sûreté. Et je crois être en position de dire qu'aucune personne voudrait se tirer une balle dans le pied à ce point, excusez l'aspect colloquial."


L'Escoffier acquiesça, encore une fois bluffé par l'assurance et l'éloquence de la jeune femme, en plus de son efficacité pour aborder les sujets importants avec concision. Il se sentait presque un intrus ici, lui qui pourrait difficilement prendre parole avec autant de charisme sans être menaçant.
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Statue de Shaula, Capitole à Volkingrad

AlinéaOrlovski écouta avec attention dame Köwnatör, elle en acquiesça le fond. Tout semblait convenir, les as se croisaient. D'un côté l'as de cœur pour la République Fédérale Kartienne, qui se traduisait par la rose -symbole d'amour- l'emblème national. De l'autre côté l'as de pique en devenir, Angèle l'espérait tout du moins. Cette vision des as allait illuminer le chemin des relations Shaula-Karty. Elle tirait son fond d'une appréciation culturelle commune, pour les jeux de cartes et notamment le poker: Les deux peuples l'appréciant. La femme Kartienne leva d'un léger coup d'index le couvercle d'un encrier, le bruit d'un léger cliquetis s'émit sur son bureau. Elle sortit également une grande plume de son bureau, embibant son bout dans l'encrier. Il s'agissait d'une vieille tradition Kartienne qui s'était encore conservée. Désuète, certes, mais élégante. Ce sont la plupart des diplomates Kartiens qui signent à la plume. Or, ici, Angèle s'apprêtait à entamer la rédaction des accords qui se profilaient. Tout en écoutant Lÿsä, c'était comme si elle prenait des notes. Lorsque la Corvienne eut clôturé sa prise de parole, Angèle répondit en gardant la tête plongée sur la feuille qu'elle annotait.

«Je vous remercie, dame Köwnatör. Il paraît évidence la limitation des acteurs étrangers sur votre sol, tant humanitaires que militaires. Concernant l'implication de Catan, la République Fédérale sait les relations que vous partagez avec les Everiens. Nous ne vous demanderons pas de les exclure des aides humanitaires, d'autant plus que celles-ci ne sont et ne seront pas militaires. Nous partageons de surcroît de cordiales relations avec l'Everia. Notre seule demande à ce sujet sera la direction Kartienne sur les aides humanitaires, l'autorité centralisée nous paraît bien plus efficace pour la gestion efficace du volet humanitaire. Or, l'efficacité s'avère un besoin crucial pour la situation de votre pays. Notre pays conversera directement avec Catan à ce sujet de coordination.»

Angèle continuait de griffonner, au même temps que son discours.

«Quant à l'installation de nos complexes, nous parlons en conséquence de quinze lieux. La République Fédérale se chargera de la construction de cinq autres infrastructures, hors agglomération. Par logique militaire, il est nécessaire de disperser au mieux nos effectifs en cas d'attaque balistique. C'est à ce même titre que nos militaires pourraient se mêler aux vôtres, sous certaines mesures que permettront la guerre civile, néanmoins. Nous comprenons l'objectif de Roncevaux, une solution qualitative.»

Elle leva quelques secondes les yeux, son regard passant par l'Escoffier. Angèle s'interrogeait sur ce personnage, masqué qui plus est. Quoiqu'il pouvait en être, ce seront des interrogations qu'elle se posera plus tard. Le reste de la délégation semblait approuver ses dires, elle poursuivit la rédaction.

«A la présente, perrmettez-moi de vous suggérer d'aller porter votre regard à cette fenêtre, je vous en prie. Elle indiqua de son bras gauche la fenêtre dont il était question. Vous y trouverez, il me semble, un autre présent -souhait de notre peuple- à votre égard.»

Cette fenêtre donnait sur la façade Sud du Capitole, la délégation Antarienne et Corvienne pouvait admirer Volkingrad. En contrebas, l'on pouvait apercevoir une grande statue de Shaula, qui couronnait l'entrée Sud du grand bâtiment administratif. Lorsque ladite délégation termina l'admiration du nouveau chef d'œuvre, Angèle lui tendit la première ébauche du traité.

Accord des as croisés
Accord des as croisés

Préambule:
AlinéaL'accord des as croisés est l'évolution des relations bilatérales entre la République Fédérale Kartienne et la République d'Antares, il découle à la fois de la guerre dite des ombres ainsi que la guerre dite de l'Ouest rouge. La République Fédérale Kartienne, représentée par la citoyenne Angèle Orlovski, et le Concordat de Shaula, ci-après nommées les parties, s'engagent au respect strict de l'ensemble des articles de l'accord des as croisés. Le Concordat de Shaula est constitué des trois parties de la guerre des ombres: La nation Corvienne représentée par dame Lÿsä Köwnatör, la nation Antarienne représentée par sieur Luca Ravenne et le camp de la MIRA représenté par le dénommé Escoffier.

Article I: Chacune des trois parties de la guerre des ombres, réunies sous le nom du Concordat de Shaula le 12 septembre 2018, jour de la signature du présent accord, s'engagent au respect de ce dernier, y compris après la rupture du Concordat.

Article II: La République Fédérale Kartienne s'engage à la protection totale du territoire de la République d'Antares contre toute intervention extérieure.

Article III: Afin de garantir la sécurité évoquée dans l'article II du présent accord, les trois parties du Concordat de Shaula conviennent d'accorder à la partie Kartienne le droit d'installer plusieurs bases militaires sur son sol.

Article IV: Les complexes militaires évoqués dans l'article III du présent accord ne sauraient constituer un vecteur de projection pour la partie Kartienne, mais bien simplement un qui indique la protection du sol de la République d'Antares et de ses peuples, Corvuns ou Antariens. En ce sens, la République Fédérale Kartienne n'installera pas d'unité balistique sur le sol de la République d'Antares.

Article V: Au même titre que les complexes militaires Kartiens sont accessibles à l'armée régulière de la République d'Antares, les militaires Kartiens en Antares pourront se mélanger avec ceux Antariens afin d'assurer la collaboration et la sécurité des services armés. Cet article est à modérer par la guerre des ombres, tout individu d'une partie quelconque se rendant dans le complexe militaire d'une autre partie ne saurait constituer une aggravation de cette guerre.

Article VI: La République Fédérale Kartienne affirme sa neutralité dans la guerre des ombres et ne saurait participer à l'aide d'une de ses parties.

Article VII: Afin de prémunir toute nouvelle ingérence extérieure, la zone de la métropole de Roncevaux demeurera un territoire de neutralité dans la guerre des ombres. Ce territoire servira à la fois à la continuité des aides humanitaires, ainsi qu'à la production d'équipements militaires Antariens en vue d'une invasion tierce: Ce matériel ne devra pas servir à nourrir la guerre des ombres.

Article VIII: Afin d'assurer la neutralité de Roncevaux évoquée dans l'article VII du présent accord, la République Fédérale Kartienne sera temporairement chargée d'assurer la sécurité et la co-administration avec le gouvernement dit légitime, de cette dernière.

Article IX: La République Fédérale Kartienne fera bénéficier d'une partie de la production de l'Ordre Oruzhiya au Concordat de Shaula afin d'assurer sa militarisation en vue d'une ingérence extérieure, les matériels concernés seront entreposés dans la zone neutre de Roncevaux.

Article X: Les trois parties du Concordat de Shaula s'exposent à une réponse armée Kartienne en cas de violation de la neutralité de la zone Roncevaloise.

Article XI: Les trois parties du Concordat de Shaula s'engagent à ne pas tolérer toute présence militaire étrangère sur leur sol, à l'exception de celle Kartienne.

Article XII: Les trois parties du Concordat de Shaula s'engagent à ne pas tolérer toute présence humanitaire étrangère sur leur sol, à l'exception de celle Kartienne et Everienne. Les aides humanitaires seront en stricte coopération par les autorités Kartiennes et Everiennes.

Article XIII: L'ensemble des parties du présent accord conviennent d'assurer la non internationalisation du conflit évoqué.

Article XIV: La République Fédérale Kartienne s'engage à retourner la pleine administration de Roncevaux une fois la guerre des ombres achevées, à la partie sortante de cette dernière.

Article XV: La République Fédérale Kartienne et la partie sortante de la guerre des ombres effectueront une entrevue dès le conflit interne à la République d'Antares clôturé afin de réviser conjointement l'accord des as croisés.
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Cela leur faisait certainement bizarre de voir la statue de Shaula en dehors de l'Antares, surtout entretenue avec si bon soin. Mais au fond d'eux, c'était probablement la cerise sur le gâteau quand à l'accueil qui leur avait été réservé. C'était peut-être l'unique est seule chose qui couronnait donc le spectacle, et naturellement, mit les représentants dans un état encore plus clément que précédemment. C'était probablement la sensation de se sentir chez soi...

Lÿsä s'empara du traité et le lit rapidement. Elle ne fit pas une seule grimace, pour elle tout dans ce texte semblait convenir aux intérêts Concordants. Elle le fit lire cependant aux autres représentants, eux aussi n'ayant rien à reproché. Le tour de lecture clôturé, Lÿsä prit la parole pour la dernière fois, mettant fin à l'entrevue.

"Eh bien, que dire de plus ? Cet accord nous convient parfaitement. Sachez le, nous sommes des plus ravis de voir qu'encore une fois nous réussissons malgré tout ce qui à cherché à nous abattre à nous rapprocher d'avantage et de façon plus solide !"

Et ainsi, les représentants quittèrent la salle, en se souvenant probablement de cette entrevue comme la plus agréable qu'ils aient eu à animer dans leur carrières.
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AlinéaLorsque le traité fut communément signé, la Gouverneure Orlovski se leva. Elle emmena la délégation Concordante hors du Capitole, sans doute préparée à retourner à l'aéroport de Volkingrad, direction leur terre natale. Pour cause, il y avait fort à faire. Néanmoins, la Gouverneure avait pour eux un dernier présent: Assister au retour des soldats ayant combattu dans les airs, ainsi que les civils pris au piège en Loduarie Communiste. Elle entama son discours.

«Soldats de nos armées, protecteurs de notre civilisation. Ce fut frénétiquement, que l'appareil d'Etat Loduarien persécuta nos familles, perpétrant assassinats, massacres et rafles. Ce fut sauvagement, que la machine de guerre Loduarienne profana notre alliée Antarienne, violant paix, souveraineté et frontières. Et ce fut d'une obsession maladive, que la Loduarie n'engagea plus seulement une guerre, mais bien des velléités destructrices contre tout ce qui arborait la couleur Kartienne ou Antarienne.

Et ce fut ensemble, avec nos alliés, que nous nous hissions rempart contre l'oppression. La lueur de notre étoile n'eut jamais faiblie, car elle éclaira sans cesse les voies par lesquelles nous triomphions de la Loduarie et de son totalitarisme. Notre pays et l'Etoile Antarienne repoussèrent tous deux l'envahisseur Loduarien hors des frontières du Concordat, hors de cette campagne de terreur contre nos civilisations. Notre route fut longue et difficile, barrée par toutes les violences de la guerre. 16 de nos frères et sœurs ont péri lors de cette route, ce fut par leurs sacrifices et les vôtres qu'aujourd'hui, nous pouvons nous affirmer nation libre, et partisane de la liberté.
»

Se déroula par la suite l'enterrement symbolique -puisqu'on ne disposait pas des corps- des pilotes abattus dans le ciel Loduarie. Sur les 50 000 civils Kartiens capturés en Loduarie, seulement une centaine pu en sortir vivant, de retour en patrie mère. Le reste fut soit abattu, capturé, ou bien ignora tout simplement l'occasion de rentrer en Karty.

Citoyenne Angèle Orlovski
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