Il y a des armées qui se rêvent en poèmes de précision, taillées au laser, invisibles aux yeux comme aux radars. L'armée zafongolaise, elle, s'écrit dans une autre langue, plus rugueuse, moins ciselée, mais tenace comme une pierre qu'aucune érosion ne semble entamer. Point de chars fantômes glissant sans un bruit sur le bitume des champs de bataille, point d'appareils furtifs découpant le ciel comme une lame silencieuse, point de munitions guidées avec la froide élégance du centimètre. Ici, les blindés ont l'allure de vieux bœufs de labour, massifs, sans grâce, mais increvables ; les avions, polyvalents jusqu'à l'excès, préfèrent la fiabilité du geste répété à la virtuosité du geste unique. Car le Zafongo n'a jamais cru aux miracles de la précision. Il croit au nombre, comme on croit à une marée : lente, mais irrépressible. Le Général Bakary N'Diaye, qui veille aujourd'hui sur les armes de la nation, a fait de cette conviction presque une religion d'État. Là où d'autres peuples misent tout sur quelques joyaux mécaniques coûteux, fragiles, irremplaçables dès la première fêlure, le Zafongo préfère semer les blindés par dizaines, aligner les appareils par flottes entières, chacun simple, chacun robuste, chacun sacrifiable sans que l'édifice ne vacille. « Un avion parfait qu'on ne peut produire qu'à dix exemplaires ne vaut rien face à cent appareils robustes qu'on peut construire encore et encore », aime-t-il dire, et la phrase, à force d'être répétée dans les casernes, a fini par ressembler à un vers qu'on ne récite plus, qu'on porte. Cette philosophie de la multitude ne relève d'aucun hasard : elle est un choix, gravé dans l'indépendance même de la nation. Le Zafongo a refusé, depuis longtemps, de tendre la main vers l'étranger pour armer ses soldats. Il forge lui-même, sur son propre sol, dans des ateliers sans éclat mais increvables, les blindés et les munitions qui feront sa défense. Rien d'exceptionnel dans le dessin de ces machines tout, en revanche, dans la constance obstinée de leur fabrication. Des chaînes qui tournent, jour après jour, sourdes aux embargos, indifférentes aux sanctions, étrangères aux caprices d'un fournisseur qui pourrait, un matin, fermer sa porte. Ce n'est pas une résignation. C'est une manière d'habiter le monde autrement. Le Zafongo a compris ce que d'autres nations, éblouies par leur propre reflet d'acier, oublient parfois : une armée ne survit pas toujours par l'éclat de ses machines, mais par sa capacité à en fabriquer encore, quand les autres, à bout de pièces détachées, ne savent plus que réparer. Sommaire :
Le Z-81 n'a pas eu le temps de naître autrement que dans l'urgence. 1981, guerre civile, un pays qui n'avait ni le temps ni les moyens de réfléchir longtemps à ce qu'il fallait construire, il fallait juste un blindé, vite, capable d'encaisser ce qui venait. Alors on a fait ça : du métal très épais, presque têtu, un châssis assez lourd et stable pour que la main qui tient la visée ne tremble pas, même après le troisième ou quatrième tir, même quand le sol sous les chenilles ne pardonne rien. Il a fallu le produire vite aussi. À la chaîne, sans s'attarder, parce que le front en réclamait toujours plus et que le pays n'avait d'autre choix que de suivre ce rythme brutal. Des décennies plus tard, il roule toujours. On a touché à presque tout depuis, le tir, la conduite, les chenilles, remis à niveau année après année pour qu'il tienne encore la route. Le blindage, lui, n'a jamais changé depuis le premier jour. On préfère aujourd'hui lui accrocher des modules par-dessus plutôt que de toucher à ce qui, depuis 1981, n'a jamais cédé.
Z-81
Détail du véhicule En service : 100 (Char d'assaut de niveau 1) Autonomie : 550 km Membres d'équipage : 4 Armement principal : Canon de 140 mm Armement secondaire : Mitrailleuse de 7,62 mm Vitesse sur route : 70 km/h , 20 km/h en marche arrière Vitesse tout terrain : 45 km/h
Il porte l'année de sa naissance comme une signature, 1995, et rien d'autre à en dire pour comprendre son nom. Mais la même logique qui avait présidé, quatorze ans plus tôt, à la naissance du Z-81, continuait de guider les ingénieurs zafongolais : point n'est besoin de courir après la modernité la plus tape-à-l'œil, celle des arsenaux qui changent de matériel tous les dix ans pour suivre une mode militaire qui coûte cher et rassure peu de monde. On préfère ici une philosophie plus patiente, presque têtue, garder une base solide, et l'améliorer sans relâche, année après année, un boulon à la fois, plutôt que de tout recommencer à chaque génération. Le Z-95, pourtant, n'est pas né des mêmes urgences que son aîné. Là où le blindé de 1981 devait avant tout encaisser et tenir, celui de 1995 fut pensé pour une tout autre mission : aller vite, aller loin, aller là où les chars trop lourds s'embourbent et finissent par renoncer. Il a un châssis assez lourd et stable, ses huit roues massives, taillées pour mordre la boue plutôt que la redouter, l'emmènent sur des terrains que le relief du Zafongo réserve d'ordinaire aux seuls hommes à pied pistes détrempées du Luba, sentiers escarpés aux abords du Bateke, sols meubles qui avalent les chenilles sans jamais se refermer sur ses roues. C'est un véhicule pensé pour la manœuvre plutôt que pour l'affrontement frontal prolongé, rapide à repositionner, capable de soutenir une colonne en mouvement plutôt que de tenir une ligne fixe. Il incarne cette idée simple qu'une armée n'a pas toujours besoin du blindé le plus massif, mais souvent du plus mobile
Z-95
Détail du véhiculeEn service : 200 (Chars légers, niveau 2) Autonomie : 600 km Membres d'équipage : 3 Armement principal : Canon de 100 mm Armement secondaire : Mitrailleuse lourde de 12,7 mm en tourelleau téléopéré Vitesse sur route : 90 km/h Vitesse tout-terrain : 65 km/h Configuration : 8x8, motrices intégrales, pneus increvables à basse pression
Deux zéros dans son nom, comme un aveu presque involontaire, deux zéros, et 2002 accroché derrière, l'année où ce blindé a vu le jour. Il n'a jamais prétendu être une révolution. Il est né d'un constat plus modeste, celui d'une armée qui possédait déjà de quoi frapper fort et de quoi rouler vite, mais qui manquait cruellement d'un troisième outil, plus discret, plus utilitaire, un véhicule capable d'amener l'infanterie jusqu'au contact, de la couvrir le temps qu'elle descende, puis de rester là, à portée de voix, prête à rouvrir le feu si la situation l'exigeait. On ne construit pas ce genre de machine pour impressionner un défilé. On la construit pour qu'un soldat, accroupi à l'arrière avec son paquetage et son arme, ait une chance raisonnable d'arriver entier là où on l'envoie. Le blindage modulaire qui recouvre ses flancs en dit long sur cette priorité : chaque plaque peut se remplacer, se renforcer, s'ajuster selon la menace du moment, sans qu'il faille repenser tout le véhicule à chaque fois qu'une nouvelle munition ennemie apparaît sur le terrain. Sa tourelle, avec son canon de calibre modeste face aux standards des chars de bataille, ne cherche pas à rivaliser avec l'artillerie lourde. Elle existe pour une chose précise : neutraliser ce que l'infanterie ne peut pas neutraliser seule, un autre véhicule léger, une position retranchée, un groupe armé qui croyait sa cachette suffisamment discrète. Le reste du travail, le ZZ-02 le laisse volontiers aux hommes qu'il transporte, sachant très bien que sa mission s'arrête là où commence la leur. On ne parle jamais du ZZ-02 dans les grands récits de bataille, jamais en première ligne des communiqués officiels et c'est peut-être exactement ce qu'on attendait de lui. Un véhicule de transport et d'appui n'a pas vocation à devenir une légende. Il a vocation à ramener ses passagers vivants, encore et encore, mission après mission, sans qu'on ait jamais besoin de s'en souvenir particulièrement.
ZC-02
Détail du véhiculeEn service : 200 (Véhicule de combat d'infanterie, niveau 2) Autonomie : 550 km Membres d'équipage : 3 + 8 passagers Armement principal : Canon automatique de 30 mm Armement secondaire : Missile antichar filoguidé, mitrailleuse coaxiale de 7,62 mm Vitesse sur route : 95 km/h Vitesse tout-terrain : 55 km/h Blindage : Modulaire, résistant aux éclats et armes légères sur toutes les faces
Version 4e générationEn service : 110 (Véhicule de combat d'infanterie, niveau 4) Autonomie : 600 km Membres d'équipage : 3 + 8 passagers Armement principal : Canon automatique de 30 mm Armement secondaire : Missile antichar filoguidé, mitrailleuse coaxiale de 7,62 mm Vitesse sur route : 100 km/h Vitesse tout-terrain : 70 km/h Blindage : Modulaire, Plus résistant aux éclats et armes légères sur toutes les faces
Zéro un. Sa naissance remonte à 2001, un an à peine avant celle de son cousin le ZC-02, à une époque où l'armée cherchait un véhicule capable à la fois d'amener ses hommes jusqu'au front et de leur offrir, une fois sur place, un appui-feu suffisant pour tenir face à un adversaire léger. Six roues, pas huit. Ce choix répondait à une exigence bien précise : offrir une mobilité suffisante sans jamais sacrifier la maniabilité sur ces routes étroites qui serpentent à travers le Kota ou grimpent péniblement vers les hauteurs du Bateke. Un véhicule pensé d'abord pour transporter, capable de charger une escouade complète à l'arrière et de la déposer au plus près du contact, là où descendre à découvert reviendrait à s'offrir en cible. Son canon de 50 mm, monté en tourelle avant, trahit une ambition plus offensive que ce qu'on attend habituellement d'un simple porteur de troupes. Loin de rivaliser avec l'artillerie lourde des chars de bataille, ce calibre suffit largement à neutraliser un véhicule léger, une position fortifiée de fortune, ou tout groupe armé qui croirait sa cachette suffisamment discrète. Une manière, pour l'infanterie transportée, de descendre du véhicule non pas nue face au danger, mais couverte par un canon déjà en train de tenir l'ennemi à distance. Sa caisse, volumineuse et haute, privilégie l'espace intérieur sans pour autant négliger cet armement principal. On y entasse hommes, équipements, munitions de réserve, tout ce dont une section a besoin pour tenir plusieurs heures loin de son point de ravitaillement, pendant que la tourelle, elle, continue de veiller sur les alentours. On ne l'envoie jamais seul au cœur d'un assaut frontal prolongé, son blindage restant pensé pour le transport avant tout. Sa mission s'arrête là où l'infanterie qu'il vient de déposer prend le relais, un rôle discret, presque invisible dans les récits militaires officiels, mais sans lequel bien des opérations zafongolaises n'auraient jamais pu seulement débuter, particulièrement dans ces zones du Luba où chaque kilomètre parcouru à pied expose un peu plus les soldats aux embuscades qui guettent depuis la végétation.
ZT-01
Détail du véhiculeEn service : 1000 (à produire) (Transport de troupe blindé, niveau 4) Autonomie : 700 km Membres d'équipage : 2 + 10 passagers Armement principal : Canon de 50 mm Armement secondaire : Mitrailleuse coaxiale de 7,62 mm Vitesse sur route : 110 km/h Vitesse tout-terrain : 60 km/h Configuration : 6x6, blindage léger, priorité au volume de transport
Rien, dans ses lignes anguleuses et son aile à géométrie variable, ne cherche à se dissimuler. Le ZA-05 n'a jamais prétendu se fondre dans le ciel comme le font ces chasseurs furtifs que d'autres nations exhibent avec fierté sur papier glacé. Ce que l'armée zafongolaise voulait, en 2005, c'était autre chose : un appareil capable d'encaisser les dégâts d'un combat prolongé sans jamais faiblir, taillé pour durer plutôt que pour se cacher. Cette robustesse se lit jusque dans sa carlingue trapue, renforcée là où d'autres avions préfèrent l'allègement à tout prix. On raconte que certains ZA-05 ont continué de voler après avoir encaissé des impacts qui auraient cloué au sol n'importe quel appareil plus léger, une réputation qui a fini par lui valoir la confiance presque aveugle des pilotes zafongolais, sachant que leur monture les ramènerait à la base même après une mission difficile. Sa polyvalence constitue sans doute sa plus grande force. Chasseur dans l'âme, capable d'engager un combat aérien avec une précision redoutable, le ZA-05 sait tout aussi bien plonger vers le sol pour y frapper une cible terrestre pas forcement précise. Cette double vocation, rare chez les appareils de sa génération, en fait l'épine dorsale de l'aviation zafongolaise, mobilisable aussi bien pour intercepter une menace venue du ciel que pour appuyer une colonne au sol prise sous le feu ennemi, notamment dans les zones les plus disputées du Luba. Son armement reflète cette flexibilité tactique. Selon la mission qui l'attend, le ZA-05 peut embarquer jusqu'à 6 missiles air-air, de quoi engager plusieurs cibles successives sans jamais avoir à regagner sa base entre deux affrontements, ou bien troquer cet armement contre une charge de bombes air-sol pouvant aller jusqu'à six unités d'une tonne chacune, capables de pulvériser une position fortifiée ou un convoi ennemi repéré depuis les airs. Rien n'empêche non plus de combiner les deux profils en une seule sortie. Le ZA-05 peut alors conserver 3 missiles air-air pour se garder une capacité d'interception en cas d'imprévu, tout en emportant sous ses ailes restantes des bombes plus légères que les charges d'une tonne habituelles, un compromis qui réduit la puissance de frappe au sol sans jamais sacrifier la faculté de l'appareil à se défendre si un chasseur ennemi venait à croiser sa route en pleine mission d'appui.
ZA-05
Détail du véhiculeAnnée de mise en service : 2005 En service : 500 (à produire) (Avion de chasse niveau 3) Vitesse maximale : Mach 1,9 en haute altitude Rayon d'action : 900 km sans ravitaillement Plafond opérationnel : 15 000 mètres Armement air-air : Jusqu'à 6 missiles guidés Armement air-sol : Jusqu'à 6 bombes de 500 kg Canon embarqué : Canon de 23 mm Équipage : 1 pilote Version 2e générationAnnée de mise en service : 2005 En service : 18 (Avion de chasse niveau 2) Vitesse maximale : Mach 1,7 en haute altitude Rayon d'action : 800 km sans ravitaillement Plafond opérationnel : 13 000 mètres Armement air-air : Jusqu'à 4 missiles guidés Armement air-sol : Jusqu'à 4 bombes de 500 kg Canon embarqué : Canon de 18 mm Équipage : 1 pilote
Deux mille onze. L'année où le Zafongo a cessé, enfin, de tout miser sur ses postes radar au sol, ces installations dispersées et bien trop vulnérables pour offrir une vraie tranquillité d'esprit à l'état-major. Il fallait un œil qui voie loin. Et surtout, un œil qui voie avant que le danger n'arrive déjà sur les côtes du pays. Ce disque massif posé au-dessus du fuselage, on le remarque avant même de voir l'avion lui-même. C'est lui qui donne au ZAR-11 son allure si particulière, presque étrange au premier regard. À l'intérieur tourne un radar capable de balayer l'espace aérien sur des centaines de kilomètres à la ronde. L'armée n'a jamais présenté cet appareil comme un outil de frappe. Ce n'est pas son travail. Le ZAR-11 regarde. Il écoute. Il transmet. Et laisse ensuite à d'autres le soin d'intervenir si la situation l'exige vraiment. Il faut rester honnête sur ce que peut réellement cet appareil, sans céder à la tentation de le vendre comme une prouesse technologique sans faille. Le ZAR-11 repère bien des avions conventionnels, des missiles qui approchent, des mouvements aériens classiques, à des distances que jamais les radars terrestres du pays ne pourraient couvrir seuls. Mais il reste, comme n'importe quel appareil de sa génération, aveugle face aux technologies furtives les plus poussées, ces chasseurs pensés spécifiquement pour tromper ce genre de détection. Sa capacité à repérer des cibles volant très haut ou au ras du sol reste limitée elle aussi, quelques angles morts persistant malgré les améliorations apportées au fil des années de service. Cette faiblesse n'a jamais vraiment posé de problème concret jusqu'ici, le Zafongo n'ayant jamais eu à affronter un adversaire disposant d'une technologie furtive suffisamment avancée pour en tirer parti. Mais les militaires du pays le savent bien, et ne prétendent jamais offrir, avec cet appareil, une couverture totale et infaillible du ciel national. Ce serait mentir, et ce n'est pas dans la culture de cette armée que de vendre plus qu'elle ne peut tenir. Son rôle principal, au fond, tient surtout à la coordination. Depuis sa carlingue, une équipe entière d'opérateurs suit en temps réel tout ce qui bouge dans l'espace aérien surveillé, guidant au besoin les chasseurs comme le ZA-05 vers une cible repérée, ou prévenant les défenses sol-air d'une menace approchante bien avant qu'elle ne devienne visible depuis le sol. Une sorte de tour de contrôle volante, discrète mais indispensable, que l'armée protège avec soin, ne l'envoyant jamais au cœur d'une zone de combat directe où elle deviendrait, sans défense propre, une cible bien trop facile.
ZAR-11
Détail du véhiculeEn service : 1 (1 à produire) (avion radar 1er génération) Année de mise en service : 2011 Rôle : Avion de détection et de contrôle aérien (AWACS) Vitesse de croisière : 925 km/h Autonomie : 3 200 km sans ravitaillement Portée radar : Environ 450 km sur cibles conventionnelles Limites connues : Détection réduite face aux appareils furtifs, angles morts à très haute et très basse altitude Équipage : 4 membres de conduite, 12 à 15 opérateurs radar et transmission Armement : Aucun, appareil non armé Protection : Contre-mesures électroniques passives, absence d'escorte permanente mais priorité de protection en cas de menace détectée