09/01/2020
08:13:27
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[DÉFENSE] Wuambushu

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logo armée Zafongolaise

Il y a des armées qui se rêvent en poèmes de précision, taillées au laser, invisibles aux yeux comme aux radars. L'armée zafongolaise, elle, s'écrit dans une autre langue, plus rugueuse, moins ciselée, mais tenace comme une pierre qu'aucune érosion ne semble entamer. Point de chars fantômes glissant sans un bruit sur le bitume des champs de bataille, point d'appareils furtifs découpant le ciel comme une lame silencieuse, point de munitions guidées avec la froide élégance du centimètre. Ici, les blindés ont l'allure de vieux bœufs de labour, massifs, sans grâce, mais increvables ; les avions, polyvalents jusqu'à l'excès, préfèrent la fiabilité du geste répété à la virtuosité du geste unique. Car le Zafongo n'a jamais cru aux miracles de la précision. Il croit au nombre, comme on croit à une marée : lente, mais irrépressible. Le Général Bakary N'Diaye, qui veille aujourd'hui sur les armes de la nation, a fait de cette conviction presque une religion d'État. Là où d'autres peuples misent tout sur quelques joyaux mécaniques coûteux, fragiles, irremplaçables dès la première fêlure, le Zafongo préfère semer les blindés par dizaines, aligner les appareils par flottes entières, chacun simple, chacun robuste, chacun sacrifiable sans que l'édifice ne vacille. « Un avion parfait qu'on ne peut produire qu'à dix exemplaires ne vaut rien face à cent appareils robustes qu'on peut construire encore et encore », aime-t-il dire, et la phrase, à force d'être répétée dans les casernes, a fini par ressembler à un vers qu'on ne récite plus, qu'on porte. Cette philosophie de la multitude ne relève d'aucun hasard : elle est un choix, gravé dans l'indépendance même de la nation. Le Zafongo a refusé, depuis longtemps, de tendre la main vers l'étranger pour armer ses soldats. Il forge lui-même, sur son propre sol, dans des ateliers sans éclat mais increvables, les blindés et les munitions qui feront sa défense. Rien d'exceptionnel dans le dessin de ces machines tout, en revanche, dans la constance obstinée de leur fabrication. Des chaînes qui tournent, jour après jour, sourdes aux embargos, indifférentes aux sanctions, étrangères aux caprices d'un fournisseur qui pourrait, un matin, fermer sa porte. Ce n'est pas une résignation. C'est une manière d'habiter le monde autrement. Le Zafongo a compris ce que d'autres nations, éblouies par leur propre reflet d'acier, oublient parfois : une armée ne survit pas toujours par l'éclat de ses machines, mais par sa capacité à en fabriquer encore, quand les autres, à bout de pièces détachées, ne savent plus que réparer.
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