14/10/2020
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[à archiver] Karty-Youslévie, entre ici Aldo Vera

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Demeure des camélias

AlinéaLa Demeure des Camélias est porteuse d'Histoire. D'abord appartenance de grands armateurs sous le Royaume de Karty, puis titre de grands bourgeois et aujourd'hui propriété du Musée des Beaux Arts de Volkingrad. Ce lieu tient son nom de la fleur de camélia, ancien emblème des armateurs propriétaires du lieu. Et aujourd'hui, c'est ce même lieu qui est choisi pour accueillir -à sa demande- une délégation Youslève. En effet, le dirigeant Vera a demandé une entrevue sur l'échos international: Volkingrad s'interroge sur les raisons de ladite demande. Volkingrad, ville où se situe la Demeure des Camélias. L'entrevue ne se déroule pas en grandes pompes, ni en démonstration de force, dans un lieu accessoire et calme en comparaison du Capitole.


22 janvier 2020, rapport classifié
AlinéaQuelques notes des renseignements concernant la République Fédératrice de Youslèvie, abrégée RFY. Selon les classements de l'état-major Kartien, il existe quatre classes de puissance militaire qui hiérarchisent les pays. La première catégorie réunit exclusivement l'Union Kahtanaise, l'Alguarena et la Grande République de Velsna. La deuxième catégorie réunit des pays comme le nôtre, l'Estalie ou encore l'Azur. La troisième cerne des puissances plus "intermédiaires", le cas considéré de la Youslèvie. La quatrième catégorie résume l'absence d'appareil coercitif, comme l'Etat de Grammatika.

Si la Youslèvie constitue une faible puissance de troisième rang pour notre pays, elle demeure membre de l'Organisation des Nations Commerçantes depuis 2009. Cette appartenance ne confère pas plus de puissance militaire à la Youslèvie, mais assure sa protection. Malgré sa puissance relative, la nation Youslève demeure fière, arrogante et même orgueilleuse. Le pan-hellénisme est une affaire parfois considérée d'Etat. Le nationalisme y est fort présent, clamant la beauté d'un pays démocratique et puissant dans son Histoire. Il est à rappeler que la puissance d'un Etat ne se résume pas à ses réussites passées mais bien à sa puissance actuelle.

La personnalité d'Hemeraldo Vera est omniprésente en Youslèvie. Depuis son accession au pouvoir du 10 octobre 2014 par la victoire du NPN, il a réussi entre autres à renforcer l'exécutif du pays par la transition vers une troisième république. Cet événement questionne le caractère démocratique dont sont tant fiers les Youslèves, puisque le dirigeant a pu limoger Alkesto Divardra, ancien équivalent du Ministre des Affaires Etrangères. En 2011, Vera tenait des discours anti-ONC: Ses positions actuelles à ce sujet nous sont floues puisque la Youslèvie est encore dans cette organisation.

Notre seule interaction avec ce pays fut une brouille diplomatique au niveau de la politique du Saint Empire de Karty sur la revendication d'une ZEE. Il est à rappeler que l'Estalie souhaite "libérer" la Vahrénie, ce qui se traduira par l'apparition d'un vassal Estalien similaire à la Kaulthie à la porte de notre pays et de la Youslèvie. Le sénateur Velsnien Di Grassi, partenaire de la Youslèvie par le biais de l'ONC, a qualifié d'une telle situation qu'elle "exercerait une pression sur un allié youslève apeuré", renforçant le caractère vacillant de la puissance militaire Youslève, fort dépendante à son appartenance à l'ONC.

La Youslèvie est à l'origine de notre rencontre bilatérale. Cette demande nous est parue dès lors notre victoire sur la Loduarie Communiste. Considérant notre non-appartenance à quelconque organisme international, il semblerait que la Youslèvie souhaite sonder notre pays, ses ambitions et un potentiel rapport de force entre nos deux pays. Il est supposé que la Youslèvie s'inquiète de notre politique internationale imprévisible, puisqu'elle ne guide que nos intérêts. Notre pays est plus puissant que la Youslèvie, il ressort d'une grande victoire contre la Loduarie Communiste: Nous n'aurons pas besoin d'affirmer notre puissance à Aldo Vera puisqu'il la connaît.


AlinéaLa délégation Youslève arriva à l'aéroport international de Volkingrad, avant d'emprunter un convoi de quelques Steinhart en direction de la Demeure des Camélias. Une fois arrivée, la délégation observa l'arrivée de la seule femme qui représentera la République Fédérale pour cette entrevue: La citoyenne Angèle Orlovski. Cette dernière rejoignit la demeure quelques dizaines de secondes après les Youslèves, habillée de son costume féminin et munie de sa pochette contenant quelques documents d'importance.

«Sieur Vera. Je dois reconnaître au moins une qualité aux réseaux internationaux: Leur praticité. Peut-être ont-ils évité des mois de correspondance.»

Citoyenne Angèle Orlovski
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"C'est pas foufou."

C'est la première pensée qui est venue à Hemeraldo Vera, le Directeur du Conseil de la République Fédératrice de Youslévie, et comme à son habitude, il s'empressa de se retourner pour l'exprimer à haute voix à son équipe.

"Nan mais sérieux, ces Slaves construisent un taudis avec quatre colonnes et ça devient la propriété des Beaux-Arts. On est là depuis une heure et j'ai déjà envie de me casser."

Il balance sur le siège à côté de lui le topo qu'on lui avait préparé sur Karty. Ce n'était pas dans la nature de Vera de se renseigner en profondeur sur les pays qu'il visitait. Et puis ce n'est pas comme s'il n'avait pas déjà une idée très arrêtée sur ce qu'était la République Fédérale Kartienne. Depuis son départ de Sedjan, trois mots revenaient sans cesse dans sa bouche : slaves, traîtres et rouges. Si pour le chef de l’État youslève, les deux premiers termes étaient des synonymes pour lui, Vera n'échappait à la règle de détester qui est de détester au plus haut point les Slaves, il fallait aussi admettre que tout ce qui se rapprochait de près ou de loin à un semblant de gauchisme lui donnait tout autant envie de dégueuler.

Entre les multiples revirement de situation des différents gouvernements kartyens sur la scène internationale, les changements de régime à gogo et les seuls échanges tendus par missive à propos d'une sombre histoire de ZEE, Karty ne pouvait être considérer comme un interlocuteur fiable pour Vera, et ce peu importe les pages de dossiers résumant la situation qu'on lui avait tendu dans l'avion. Le pire ? C'est que malgré les passages de l'Empire à une République Fédérale socialiste, en passant par pleins d’étapes différentes, les hauts fonctionnaires sont visiblement restés presque les mêmes, à l'image d’Angèle Orlovski. Aujourd'hui dirigeante du pays, elle était auparavant ministre des affaires étrangères sous le régime impériale, une vraie apparatchik qui rendrait jaloux les bureaucrates loduariens. Enfin, Vera, en bon conservateur, n'aimait pas tellement quand les choses bougeaient. Karty avait eu une croissance économique et militaire remarquable ces dernières, devenant sur les deux plans un État de premier rang, statistiquement du moins. La jeune République Fédérale avait réussie à défaire la Loduarie en Antares en tuant par la même occasion la successeuse de Lorenzo. Cet exploit conjugué à un développement impressionnant avait réveillé l'hubris de ces slaves. Voilà maintenant qu'ils pensaient être une nation qui compte dans le paysage mondial et plus précisément eurysien et leucytaléen.

" Ben voyons. pensa à voix haute Vera.
- Pardon ? " demanda un des ses secrétaires.

Le Directeur du Conseil ne pris pas la peine de lui répondre, trop perdu dans ses pensées. Cette poussée d'orgueil alimentée à grand coup d'inventaire et de victoires militaires sans gloire le dégoûtait. Premièrement car la Loduarie communiste était une bête en fin de vie depuis la mort de son bien-aimé mais très sanguinaire leader. Ensuite car ces derniers oubliaient que la puissance, la vraie ne tenait pas dans un tableau excel regroupant les forces de l'armée mais dans deux choses.

L'une, bien plus grande, était la culture, l'Histoire de sa nation, chose dont les Kartyens, contrairement aux Youslèves, étaient dépourvus. On reprochait souvent à Vera d'être nostalgique, et de même parfois de fantasmer, un passé lointain. Il avait pour habitude de rétorquer que lui pouvait regarder dans les manuels d'histoires de son pays et y apercevoir les grandioses temples antiques, le glorieux empire colonial youslève et tout les trésors que sa civilisation a apportée à l'Humanité. Qu'est-ce qu'un écolier kartyen, et à plus forte raison un slave, voit dans son manuel, il n'ose l'imaginer et se fend même d'un petit rictus ironique en imaginant cette scène. Karty a beau avoir les plus gros canons et les plus jolis rafiots, il ne pourront jamais produire ce que les Anciens youslèves ont battis briques par briques jusqu'à devenir des références dans à peu près tout ce qui s'est fait, se fait et se fera dans le monde. Cette grandeur est malheureusement absent du phénotype kartyen donc il serait inutile et fatiguant d'essayer de leur expliquer cela.
Par contre, la seconde choses que doivent sans doute oublier Orlovski et ses collaborateurs est très facile à comprendre, même pour un slave. C'est que la force du nombre est bien souvent beaucoup plus efficace que quand on est seul, surtout quand on sait s'entourer. Justement, la Youslévie, bien que de puissance militaire assez neutre fait partie de l'Organisation des Nations Commerçantes. Bien que Vera avait promis de prendre ses distances avec l'ONC, le fait est qu'il réussit pour l'instant son numéro d'équilibriste qui consiste à continuer de critiquer l'organisation et faire comme s'il prenait ses distances avec elle tout en restant suffisamment coopératif avec certains de ses contacts parmi ces alliés pour pouvoir recevoir leur aide quand il le faut. De son côté, Karty s'est taillé une solide réputation d’État inconstant et peu fiable.

Pourquoi donc venir ici, dans un territoire jugé à la fois hostile idéologiquement , culturellement et diplomatiquement ? Tout simplement car les circonstances le demandaient. Vera avait eu vent grâce à Velsna, un des États de l'ONC qui lui étaient plutôt favorable pour le moment, que Karty pourrait bien aider matériellement, si ce n'est plus, les Estaliens, ces derniers souhaitant remplacer l'actuel régime fasciste en Vahrénie par une nouvelle entité rouge à la botte des communes autogérées. Cela serait horrible pour la Youslévie, bien qu'un régime comme celui en vigueur chez ses voisins Vahr ne soit pas des plus recommandables, il a au moins le mérite de ne pas contrarier la tranquillité de la région, qui est devenue une des places fortes de l'ONC, ni les affaires youslèves. L'objectif de cette rencontre est d'aller tâter le terrain par soi-même et de prévenir les officiels kartyens (et également les Estaliens par l'entremise des interlocuteurs du jour) que le destin des Vahrs ne s'écrira pas sans les Youslèves et qu'il faudra sans doute revoir ses ambitions à la baisse. Ce sera également l'occasion de rappeler la contribution youslève lors de la simili guerre civile kartyenne, la marine hellène ayant appuyée l'Antérinie afin d'aider la jeune République kartyenne.

La voiture s'arrête alors devant les escaliers de la Demeure des Camélias, un portier vint ouvrir la porte à Vera et celui-ci pu finalement faire la rencontre de Madame Orlovski.

"Je suis un homme direct et je n'aime pas les formalités pompeuses des missives diplomatiques. Très heureux de faire votre connaissance."
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Plaçons les pions

AlinéaN'être qu'un simple pion, admettons simplement. Une destinée, une vie, des pas, tout cela réduit à un seul but. Un seul but qui, de surcroît, n'appartient pas réellement à son propre détenteur. Une destinée, dont l'exacte similitude se compare à une pièce d'échiquier, dont la présence n'est voulue que parce qu'autrui l'a souhaité, dont cet autrui se débarrasse à son bon gré. Une existence vouée à accomplir les desseins de quelqu'un d'autre, qui utilise comme un bouclier, sacrifie comme un maître et disparaît comme un Dieu.

N'est-ce pas une situation passionnante ?

La République Fédératrice de Youslévie était, à ce moment, à cette entrevue, enchaînée à l'état de pion. Si elle était au courant des ambitions Estaliennes sur la Vahrénie, c'était uniquement parce que la République Fédérale Kartienne, seule, l'avait voulu. Oh, ce cher Hemeraldo Vera pouvait bien détester au plus profond de lui la race slave, bâtarde. Mais c'était précisément cette race slave, cette femme, qui avait souligné auprès des autorités de la Grande République de Velsna les ambitions Estaliennes.

Tout cela n'était qu'un jeu d'échecs.

C'était la République Fédérale Kartienne qui plaçait les pions, ou à défaut au moins l'un des deux camps. Tout comme l'Organisation des Nations Commerçantes, et plus particulièrement Velsna et la Youslévie, la République Fédérale ne souhaitait aucunement voir apparaître un autre vassal Estalien à ses frontières. Pour autant, allait-elle s'en prendre à la Fédération des Peuples Estaliens, plus une alliée qu'une ennemie ? Non, il fallait simplement déléguer ce travail: Quel meilleur candidat que ces quelques membres de l'ONC ? Il fallait simplement leur tendre cette perche, après tout.

Quoiqu'il en est, Karty reste neutre.

Que la Grande République ou la République Fédératrice souhaite envahir la Vahrénie, quelle importance ? Que le régime fasciste Vahr se maintienne, quelle importance également ? La République Fédérale, elle, ne peut se résoudre à accueillir un autre vassal Estalien à sa porte: La Kaulthie remplit déjà amplement ce rôle. Le destin des Vahrs ne s'écrira pas sans les Youslèves, soit ! Que la Vahrénie reste fasciste, qu'elle soit vassalisée par Estaliens ou Onéciens: Volkingrad n'en fera rien. Le Commissariat des Armées Kartiennes restera neutre dans cette affaire: Mais cela, personne ne peut le déceler.

Quel est l'avantage de faire cavalier seul ?

La République Fédérale Kartienne est, d'un point de vue strictement organisationnel, seule. Elle ne fait partie intégrante d'aucun organisme international: Pas d'ONC, pas d'ONC, pas de Lib'. Néanmoins, elle n'est géopolitiquement pas seule, elle est même mieux entourée que le pion de l'ONC que constitue la Youslévie: Karty est alliée à Rasken, à l'Antares, à Slaviensk, à l'Antérinie et au Latrua. Karty n'a pas à agiter la queue comme un cabot face à une organisation internationale, non seulement cela: Mais elle est aussi souveraine, puissante et entourée.

Si Karty était une pièce elle serait le roi.

Ce fut avec cet ensemble en considération que la Gouverneure Orlovski invita son interlocuteur Yousléve à prendre place. Au fond, la Présidence Fédérale Kartienne n'avait fait que mettre un peu plus d'huile dans les engrenages. La situation se dégageait. Néanmoins, les ambitions Estaliennes sur la Vahrénie étaient connues publiquement, à condition de se renseigner: La Fédération des Peuples Estaliens se disant en guerre perpétuelle avec les pays de l'ordre de la Vahrénie. Cette dernière assumait ce dessein, il n'était ni nouveau ni inconnu, curieusement. Si la Youslévie était à l'origine de cette entrevue, ce fut Angèle qui se prononça la première.

«Nous vous éviterons, sieur Hemeraldo Vera, les formalités 'pompeuses' et 'diplomatiques'. Nous supposons que la République Fédératrice de Youslévie a souhaité cette entrevue avec notre pays considérant le cas de la Vahrénie, plus que par volontés amicales. Ce que nous entendons, la Vahrénie demeure un pays à l'idéologie fasciste, ce que nous ne pouvons tolérer.

Nous laisserons cependant ces considérations politiques de côté. La Commission à la Guerre Estalienne assume publiquement ses ressentiments contre les pays comme la Vahrénie. Or, la Vahrénie est faible, et proche de l'Estalie. Notre pays s'entend cordialement avec les Estaliens, peut-être même amicalement: Nous n'émettons aucune réserve quant à la chute du régime fasciste Vahr par leurs armes.

Il est cependant tout naturel, pour vous comme pour les Velsniens, de se hisser contre cela. La République Fédérale Kartienne est consciente de ces réalités. Notre question est la suivante, sieur Hemeraldo Vera, que souhaitez-vous obtenir de la République Fédérale Kartienne ?
»

Citoyenne Angèle Orlovski
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Un si jolie sourire...


C'était le début de l'entrevue, Aldo Vera arrivait donc plus ou moins à garder la tête froide ainsi que son attention, même si cela lui coûtait. Il commençait déjà à s'ennuyer face à la rhétorique aseptisée de son interlocutrice qui lui ressortait les éléments de langage qu'elle avait sans doute apprise par cœur en amont de cette rencontre.

Blablabla...c'est quand même fou de devoir tout le temps passer par mille chemins pour juste dire que tu ne te mouilles pas, se dit-il à lui-même.
On le sait que tu ne vas pas te mouiller, comme d'habitude, juste dis-le clairement plutôt que de faire une pirouette pour essayer de me faire croire que c'est moi qui ai besoin de toi. J'étais dans le business que t'étais pas née ma cocotte tu m'auras pas à ce petit jeu-là.

Il se redresse sur son fauteuil et esquisse son plus beau sourire colgate, laissant apparaître une dentition trop blanche pour ne pas être le fruit de multiples opérations de chirurgie esthétique.

"Juste une petite rectification qui me semble quand même importante. L'Estalie est à des milliers de kilomètres de la Vahrénie, c'est bien vous, les Kartiens, qui êtes frontaliers de ce pays, comme la Youslévie d'ailleurs. Ce n'est pas un détail, vous en conviendrez.

Ensuite, je ne sais pas si nous voulons obtenir quelque chose de votre part, surtout connaissant votre souplesse concernant la parole que vous pouvez donner aux uns et aux autres. Comme vous l'avez sans doute deviné en mettant ce sujet sur la table directement, je vous ai contacté pour parler du cas Vahr, et je ne parle pas des œufs d'esturgeons ahah...ce n'était pas ma meilleure je dois l'avouer mais vous ne m'en voudrez pas hein ?

L'Estalie, l'Estalie, l'Estalie...Ils font ce qu'ils veulent les Estaliens on est d'accord, de toute façon je ne pense pas que ça servirait à quelque chose de parler avec ces extrémistes sur n'importe quel sujet, y compris le...la Vahrénie."
Avant de dire ces derniers mots, Vera avait marqué une pause et, comme un enfant prêt à dire une bêtise, avait sourit avant de se raviser et de continuer. "C'est-à-dire que s'ils ont décidés d'attaquer nos voisins, on ne pourra sans doute pas les dissuader de le faire. Et nous en revenons-donc à vous, Mademoiselle...ou Madame peut-être, bref... Revenons-en à Karty car à défaut d'obtenir quelque chose de vous, nous voudrions bien savoir où vous voyez votre place dans ce potentiel conflit. En gros, qu'est-ce que Karty compte faire exactement avec le...la Vahrénie. Rebelote, cette fois il rougit légèrement et se retient franchement de rigoler.[b] Je n'aime pas beaucoup quand les discussions traînent en longueur et je vous avoue préférer quand on joue franc-jeu. Donc parlez sans crainte !"

Il ponctue ce monologue par un sourire à 32 dents.

bogoss
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La patrouille
La patrouille, Hans Osprey, Musée des Beaux Arts de Volkingrad.
AlinéaLa Gouverneure Orlovski sourit poliment à la blague de son interlocuteur, et également lorsque celui-ci se retenait —visiblement— d'exploser de rire lorsqu'il se trompait —encore— sur le déterminant à utiliser pour qualifier la Vahrénie. Cela témoignait d'une certaine impréparation sur un pays qui, vraisemblablement, apeurait la Youslévie, en reprenant les termes du Sénateur Velsnien Matteo Di Grassi. Ce fut donc d'un sourire plus diplomatique que réellement sincère, qu'Angèle retourna plus délicatement l'expression faciale que lui offrait son interlocuteur. Mademoiselle ou madame, Angèle était-elle mariée ? Oui. Et c'est ce qu'elle répondit, regardant brièvement son alliance qu'elle fit tourner délicatement autour de son doigt.

«Madame, Orlovski.»

Elle cessa de jouer avec son alliance, reprenant instantanément sa posture diplomatique.

«Si vous qualifiez nos méthodes diplomatiques comme emplies de 'souplesse', permettez-nous alors d'interroger le caractère hasardeux et, sans doute, incohérent des vôtres, sieur Hemeraldo Vera. Vous composez, en ce moment même, avec nos services: Aussi 'souples' soient-ils. Nous doutons qu'une diplomatie aussi qualitative que la vôtre prenne —sérieusement— la peine de composer avec des pays qui ne seraient pas dignes de confiance. Après tout, c'est bien la République Fédérale Kartienne —seule— qui a pris le risque d'une guerre ouverte contre la Loduarie Communiste, respectant ainsi un accord ratifié au prix d'un risque réel. Nous estimons que notre pays tient ses promesses.

Cette parenthèse étant fermée, la République Fédérale Kartienne est frontalière à la Vahrénie, cela n'est aucunement un détail. Nous en convenons. En revanche, ce sont bel et bien les Estaliens qui émettent l'idée d'une intervention contre ce pays, point le nôtre. Que comptons-nous faire de la Vahrénie ? Nous ne vous apprenons rien en vous évoquant le fait que notre frontière avec ce pays est militarisée, nous nous en contenterons. A moins, bien sûr, que la Vahrénie franchisse une ligne rouge comme une agression, ou bien un rapprochement trop important avec certains pays comme la Loduarie Communiste.

Admettons que l'Estalie attaque la Vahrénie. Deux éléments vous seront à retenir: Karty ne tolérera pas un transit militaire quelconque sur son sol pour accomplir ce dessein, mais n'empêchera pas l'Estalie de l'accomplir. Néanmoins, la situation semblerait plus complexe, notamment par votre réaction ou celle plus généralisée de votre organisation. Cela pourrait déclencher un conflit entre l'Union Libertaire et l'Organisation des Nations Commerçantes, à notre porte. Ce scénario ne nous enchante point, sieur Vera. C'est pourquoi nous souhaitons obtenir des informations quant à la position Yousléve en cas d'intervention Estalienne en Vahrénie.
»

Citoyenne Angèle Orlovski
1610
Tu files un mauvais coton Angèle...

Ok. Donc elle se fout vraiment de ma gueule là.

Vera ne savait pas s'il devait rire, se casser ou se casser en riant face à la réponse d'Orlovski. Il avait bien vu que sa réflexion quant aux nombreux revirements de la chancellerie kartyenne avait fait mouche. Orlovski s'était énervée et avait même parlée de la Loduarie, comme si c'était un exploit de mettre une raclée aux Loduariens. Il avait décidé de ne pas relever, pas qu'il soit pris d'un soudain élan de sagesse mais plutôt car la suite de la réponse de son interlocutrice l'avait laissé bouche-bée. Intérieurement il se disait qu'il devait halluciner et il espérait presque qu'elle n'était pas en train de jouer au jeu auquel il pensait. Il l'espérait vraiment car il n'aimait pas beaucoup qu'on se foute de sa gueule et qu'au jeu du plus con beaucoup s'étaient frottés à lui et il restait pour l'instant invaincu dans ce domaine.

Il reprit un sourire de façade :

"Permettez-moi, avant de vous répondre, de me réexpliquer un peu plus clairement votre position, à vous, à ce sujet. Je me fais vieux et j'ai parfois du mal à bien comprendre certaines tournures de phrases, encore plus quand elles passent par un traducteur, mais je ne comprends vraiment pas ce que ça signifie "Karty ne tolérera pas un transit militaire quelconque sur son sol pour accomplir ce dessein, mais n'empêchera pas l'Estalie de l'accomplir". Parce que ne pas tolérer quelque chose mais le laisser se produire c'est... antinomique... en tout cas en Youslévie, peut-être qu'en Karty c'est différents. Les coutumes changent beaucoup d'un pays à l'autre après tout. Je pense qu'il serait beaucoup plus simple d'exprimer clairement vos intentions. Que ce soit pour moi et mon cerveau ramolli ainsi que pour nos amis traducteurs qui décidément doivent se donner des sueurs froides pour nous permettre de nous comprendre.

Ne vous inquiétez pas, nous sommes entre gens de confiance."
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Alinéa Angèle sourit, simplement. Elle n'était pas spécialement offusquée par les méthodes de son interlocuteur. Elles étaient particulières, oui, mais il fallait juste les comprendre.

«Naturellement, sieur Vera.»

Il fallait être claire, omettre les codes diplomatiques habituels. Alors c'est exactement ce qu'elle fit.

«Mettons que les Estaliens envahissent la Vahrénie, là, maintenant, tout de suite. Nous n'accepterons pas que les armées Estaliennes ne transitent par notre territoire, terrestre comme aérien. C'est aussi simple que cela. En d'autres termes, nous n'aiderons pas l'Estalie dans son projet. Si, en revanche, elle s'avise de violer notre intégrité territoriale pour se faire, nous n'hésiterons pas à ouvrir le feu: Comme avec tout autre pays. Ce n'est pas un scénario plausible en l'état, nous tenons à le souligner.

Cela supposerait, en conséquence, que l'Estalie effectuera son invasion par voie aéroportée. Sachez, à titre indicatif, que l'Etat de Grammatika n'acceptera pas non plus un tel transit. Son territoire est sous notre protection, ce sera la même loi qui s'appliquera pour eux. La nôtre. Ainsi, l'Estalie devra contourner notre pays et le Grammatika, pour enclencher son intervention aéroportée. À partir du moment où elle ne traverse pas notre territoire, nous laisserons faire. C'est en cela que nous laisserons les Estaliens accomplir leur dessein, tant qu'il ne déborde pas sur notre sol.

Me comprenez-vous, sieur Vera ? Je serais, à la présente, ravie d'entendre vos positions sur cette attaque Estalienne. À moins, bien sûr, que vous souhaitiez obtenir plus d'informations.
»

Citoyenne Angèle Orlovski
2198
Aaaaaaah, comme ça. Elle m'a fait peur. Mais, en même temps, qui va la croire ?

Il était évident que ce que venait de dire la chancelière ne valait pas grand-chose. En tout cas c'est ce que pensait Aldo Vera, toujours aussi slavophobe. De plus, l'expérience lui avait déjà montré à plusieurs reprises qu'il ne fallait pas trop compter sur la parole des Kartyens en matière diplomatique.

"Merci beaucoup pour ces précisions. Comme je vous l'ai dit mon esprit commence à rabougrir et je suis parfois un peu long à la détente ahah. Bien sûr que je vais vous répondre maintenant, je vous ai dit que nous jouerions franc-jeu.

Juste avant, j'aimerais préciser qu'à l'heure où nous nous parlons, le leader Vahr vient de décéder et on ne sait pas encore qui le remplacera. Il est donc à mon avis urgent d'attendre que les choses se décantent chez notre voisin, c'est pour ça que je ne peux vous parler qu'au conditionnel. Il me semble par ailleurs que si la Vahrénie s'éloigne du fascisme et donne les gages d'une véritable transition démocratique il n'y aurait plus aucune raison morale à votre courroux. Et comme vous avez tenu à m'assurer de la rationalité de vos services je ne doute pas une seule seconde que si la Vahrénie redevient fréquentable vous cesserez alors de la menacer. A moins que les raisons qui poussent l'Estalie à lorgner sur la Vahrénie soient plus d'ordre stratégique. Des régimes autoritaires, totalitaires et fascistes il y en a à foison en Eurysie et dans ses alentours et bien que je comprenne votre inquiétude étant donné la frontière que vous partagez avec la Vahrénie, j'ai du mal à voir pourquoi l'Estalie veut s'attaquer à ce pays précisément. Vous n'en avez sans doute aucune idée je suppose, j'irai me renseigner à l'occasion auprès des principaux concernés.

Bon, maintenant admettons que l'Estalie souhaite toujours attaquer la Vahrénie et que cette dernière ait perpétué son régime fasciste. Nous n'y verrons pas d'inconvénients dans l'absolu. Toutefois, nous sommes réticents concernant le fait qu'un énième régime libertaire fleurisse en Eurysie et encore plus aux portes de notre pays. Si le régime fasciste prospère après la mort d'Hermann Schneider nous serions heureux de donner un coup de main à l'Estalie pour libérer le peuple Vahr, sans y mettre à la place un État fantoche à la botte d'un des deux camps et de véritablement laisser au peuple Vahr la possibilité de choisir quel sera son avenir. Tout cela est, je le rappelle dans l'hypothèse que la Vahrénie reste fasciste et que les intérêts estaliens soient uniquement motivés par la très pure volonté de venir en aide au peuple Vahr."
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