18/01/2020
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Laion, un laboratoire économique du despotat
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Laïon, un laboratoire économique du despotat de Georgiplios ?
Les zones économiques spéciales de Laïon constituent depuis quelques années les vitrines d’une politique d’ouverture contrôlée par le gouvernement du territoire autonome au sein d’un ensemble politique sous tension et, par ailleurs, jaloux de ses prérogatives fiscales.

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Port-Sélène, près de la grande cité métropole de Laïon, Paleopolis, capitale régionale, constitue un poumon logistique de la ZES de la Corniche (nom donné au territoire de plaines situé au contrebas des monts Pelagos qui couvre 70 % du territoire du territoire autonome.

Laïon est un territoire qui occupe une place et une position singulières au sein du despotat de Georgiplios. Rappelons-le déjà, ce territoire situé au Nazum reste un territoire autonome stratégique pour le despotat en raison de ses vastes ressources naturelles, tant minières que pétrolières et gazières. Ensuite, il reste le dernier vestige de la colonisation rhémienne du Nazum dans l'Antiquité, toujours soigneusement conservé par le despotat malgré l'histoire. Toutefois, l’Exarchat brille autrement que par ce statut singulier qu’il possède qui est, rappelons-le, tout aussi intéressant. En effet, depuis quelques années, le gouvernement autonome du territoire de Laïon avait lancé un vaste programme de création de ZES soigneusement négocié avec les autorités de Leitagios afin de relancer l’économie du territoire autonome et pour créer une zone de transit non négligeable sur le Nazum. La marge d’autonomie constitutionnelle dont dispose le gouvernement autonome s’est ainsi transformée en un puissant levier économique permis par la création des ZES (Zones Économiques Spéciales). Laïon a fait le choix du commerce international pour répondre à ses besoins stratégiques territoriaux : manque d’espace, de cultures et de productions économiques qui a causé depuis des années une fragilité économique considérable, ayant poussé plusieurs jeunes à soit s’expatrier en métropole, soit vers les pays étrangers en Eurysie. Le projet de ZES est un projet qui cherche à redynamiser le territoire, à donner des emplois et des opportunités à une jeunesse qui se sent délaissée et oubliée, mais a également fait le choix d’attirer les capitaux et investissements directs étrangers (IDE).

Ce projet pharaonique se concentre sur quelques grandes villes et zones économiques déjà importantes au sein de Laïon. Le projet se concentre tout d’abord autour de Paleopolis, ville capitale de la région de Diepolis située au sud de Laïon. C’est ici que les plus grands projets d’investissement et de construction ont eu lieu avec la modernisation du Port-Sélène, censé être le reflet de cette politique libérale d’ouverture économique. Au menu, on retrouve l’agrandissement du port et la création de nouvelles zones portuaires avec quais, terminaux de transbordement et création de nouvelles lignes ferroviaires pour connecter le territoire à l’arrière-pays, où vont se trouver les centres de production. Erythra devra également jouer un rôle majeur. En effet, la petite ville, quoique grande ville, aura un rôle majeur, celui d’être la ville qui organise le flux logistique vers Port-Sélène avec ses aéroports et ses gares. La ville devra jouer le rôle d’un véritable hub. D’autres villes vont occuper une fonction centrale. Le projet voulu par le gouvernement autonome est certainement de faire profiter au maximum l’ensemble du tissu économique régional pour que le maximum de personnes et de territoires bénéficie de cette ouverture économique et de ce projet. Au rendez-vous également, mais avec un rôle moins majeur que Port-Sélène, les ports des villes de Leressa, Kythera, Hagios Point et Nikostinopolis, la capitale, sont des invités au grand projet de transformation. Grand oubliée, Lizephysos, capitale du territoire autonome de jure, est reléguée à un rôle de troisième plan, un mal considéré comme étant nécessaire par le gouvernement, la ville étant divisée en deux (une Georgipliote et l’autre Bozyurte) et trop éloignée des côtes, avec une position peu favorable aux transports et aux flux, obligeant le gouvernement et les acteurs du projet à la mettre de côté.

La ZES de Port-Sélène, avec une grande partie de ses travaux terminés, demeure aujourd’hui la représentante la plus emblématique du projet. Elle concentre l’essentiel des activités logistiques et de transformation lourde du territoire : entrepôts sous douane (permettant le stockage de marchandises en attente d’une destination douanière), plateformes de réexportation des produits et des biens, ateliers d’assemblage naval d’une capacité à traiter des bâtiments de moyen tonnage et une industrie de conditionnement alimentaire tournée vers l’exportation vers les marchés voisins bozyurte et aykhanide notamment. Avantage économique pour les entreprises qui s’y installent mis en place par le gouvernement du territoire autonome de Laïon : celles-ci bénéficient d’une exonération quasi totale d’impôt sur les sociétés pendant une période de dix ans, à condition qu’elles emploient une majorité de travailleurs laïonniens, d’un droit de rapatriement intégral des bénéfices et d’une dispense de visa de travail pour leurs cadres étrangers venus s’installer et travailler sur le territoire pour une durée supérieure à trois mois, régime favorable que l’on ne connaît nulle part ailleurs dans le reste du despotat de Georgiplios.
Port-Sélène, dont les quais ont été considérablement modernisés grâce à des financements mixtes venant du gouvernement du despotat et d’acteurs privés désireux de s’investir dans le projet de modernisation des ports du territoire en espérant sûrement des retombées économiques plus que positives, cherche maintenant à s’imposer comme une escale incontournable pour les armateurs opérant entre le Nazum du Nord et du Sud mais aussi vers les grandes routes océaniques de l’Océan des Perles.

La ZES de Leressa s’est, quant à elle, spécialisée dans l’assemblage de composants électroniques légers et dans le textile technique naval, deux secteurs qui profitent d’une main-d’œuvre abondante et d’une fiscalité du travail allégée par le gouvernement en raison d’une structure économique qui est largement favorable, la communauté turcophone du despotat étant connue pour sa grande maîtrise de l’art du textile depuis le Moyen Âge. Cette grande capacité économique constitue également leur faiblesse : l’existence d’un très grand nombre de sociétés spécialisées dans ce secteur ne fait que tirer les prix vers le bas. On y trouve notamment les ateliers du groupe Sennaride Corporation, entreprise de taille moyenne et intermédiaire agissant comme sous-traitant de plusieurs grandes marques d’électronique grand public nationales comme étrangères, qui, encore là, profitent de l’existence d’un salaire minimum très bas et d’une main-d’œuvre qualifiée à faible coût d’exploitation. Dans le paysage économique de Leressa, on retrouve également une énorme grappe de petites et moyennes entreprises spécialisées dans les tissus enduits (tissu tissé, recouvert d'une très fine couche de polyuréthane) et les fibres ignifugées (fibres connues pour être résistantes au feu et à la chaleur), destinées à l’exportation vers les marchés nazumiens. Cette zone économique souffre toutefois d’une image sociale plus mauvaise que celle de la Corniche : les conditions salariales y demeurent, comme nous l’avons dit précédemment, nettement inférieures à la moyenne nationale du despotat et même du territoire de Laïon (les salaires à Port-Sélène sont nettement supérieurs à ceux de Leressa pour un travail équivalent), ce qui alimente régulièrement des critiques de la part d’organisations non gouvernementales, notamment des syndicats et des associations de protection des marins, quant aux conditions de travail des ouvriers et des marins, sans que l’administration de l’Énarque ne semble disposée à durcir sensiblement la réglementation, de crainte de voir les investisseurs étrangers se reporter sur d’autres territoires nazumiens offrant de meilleures conditions de travail, à l’image du Zijian. La question de cette inégalité a d’ailleurs été portée devant les tribunaux et jusqu’au Sénat suprême du despotat, sorte de Cour suprême qui est par ailleurs sur un projet de transformation qui n’est pas le sujet de notre analyse actuelle. Toutefois, cette dernière ne s’est pas encore prononcée sur l’affaire et ne risque pas de le faire avant la réforme constitutionnelle portée par le gouvernement chrétien-démocrate en métropole.
Encore incertain des résultats du projet en raison du fait que le projet est actuellement très récent et que les travaux ne sont pas entièrement terminés, le gouvernement autonome espère toutefois en tirer des bénéfices économiques et politiques.

L’ambition qui est de mise est de transformer ces ZES en des sortes de places financières offshore hors du cadre financier légal du despotat. L’argument du gouvernement autonome est que, si les grandes entreprises cherchent à maximiser leurs profits en faisant usage des paradis fiscaux, autant en devenir un, le tout étant gagnant pour le territoire autonome du despotat : création de flux et de richesses, création d’emplois et, en plus, le pays attire des fonds étrangers nécessaires à des projets politiques. De grands groupes financiers et bancaires internationaux ont d’ailleurs ouvert leurs filiales dans les ZES, bénéficiant également d’un nouveau cadre réglementaire : celui d’un secret bancaire absolu pour les étrangers, les citoyens georgipliotes, eux, étant exclus de ce cadre.
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