07/06/2020
15:24:42
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Grand Ling | Alarya — De l'Empire aux Royaumes combattants

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Illustration rencontre.
DE L'EMPIRE AUX ROYAUMES COMBATTANTS
Rencontre Empire du Grand Ling — Royaumes-Unis d'Alarya.


La très longue Histoire de l'Empire du Grand Ling et son étonnante stabilité portée par son système unique des Quatre Factions du pouvoir avait donné au Grand Ling les capacités de se détacher totalement de son ancien suzerain, le Céleste empire des Ushongs dont il revendiquait encore aujourd'hui, non sans trop le crier, être l'unique descendant légitime. Ce détachement, au fil du temps, s'était matérialisé par des missions diplomatiques de plus en plus aventureuses et surtout fructueuses. Tous ceux qui s'étaient un jour évertués à lire les quelque trois millénaires d'existence de l'Empire du Milieu — surnom si bien trouvé pour ce qui était aujourd'hui le plus grand empire du Médian nazuméen — se souvenait sans aucune difficulté que l'apogée de cette mission diplomatique civilisatrice tint dans la Grande Armada de Song He, une flotte de jonque si imposante et si importante qu'elle multiplia les voyages aux quatre coins du Monde connu, allant jusqu'à remonter l'océan des Perles et remonter jusqu'aux rivages afaréens de la mer Blême ou s'évertuant à traverser le Scintillant pour toucher du doigt les côtes sauvages de ce qui serait connu bien des siècles après comme l'Aleucie. La Grande Armada et ses cent sept navires dont trente au moins étaient de puissants vaisseaux, que les académiciens nommèrent au XXe siècle « bateau-trésor », commencèrent leur périple par une simple traversée de la mer d'Azur jusqu'aux terres d'Alarya. En Alarya, plusieurs nations se déchiraient sans cesse pour le contrôle des autres. Cette instabilité chronique avait toujours profité à la Maison Impériale du Grand Ling qui, au travers de ses différents empereurs, avait acquit plus ou moins pérenne la fidélité des royaumes barbares d'Alarya. Tôt dans son histoire, certains d'entre eux furent tributaires du Grand Ling sous la dynastie Wu, puis vassaux sous celle des Jia avant que ces liens soient de plus en plus diffus jusqu'aux Qian qui tentèrent, lors de leur grande expédition, d'envahir aussi bien le Shotugarat que les terres d'Alarya sans jamais n'y parvenir. Finalement, lorsque la Flotte de Song He s'élança sur les eaux à l'orée de la dynastie Liang, en 1437, leur statut de vassaux fut récupéré non sans que les puissances voisines du Burujoa et du Fujiwa ne cherchent elles-mêmes leurs prétendants. L'isolationnisme des Liang mit un terme à cette union avec la couronne impériale lingoise, trop occupée à chasser les occidentaux qui tentaient par tous les moyens d'ouvrir encore plus le marché lingois dont, disait-on, il était fermé, car produisait tout en quantité sans avoir jamais besoin d'importer auprès de ces puissances étrangères quelques produits manufacturés.

C'était donc assez naturellement que pour l'actuel empire, l'Alarya qui se qualifiait à son tour de Royaumes-Unis, n'était qu'un ancien vassal et tout au pire un ancien tributaire. Les forces publiques du Grand Ling avaient toujours considéré les Alaryas comme faisant partie intégrante des Possessions, c'est-à-dire de cette galaxie de territoires qui furent un jour affiliés de près ou de loin à la Couronne. Pour les plus conservateurs et traditionalistes du pays, les Alaryas étaient encore pleinement tributaires du Grand Ling et estimaient que l'enfant malade devait recevoir sa correction afin de rejoindre à nouveau les bras de l'Empire. Cette lutte d'influence et d'idéologie au sein de la cour impériale comme de la Cour Législative prenait ses sources dans la rivalité entre les Lingois et les Xins dont ces derniers étaient considérés purement et simplement comme des usurpateurs, mais qui hélas avaient réussi à réunir autour d'eux certaines des anciennes Possessions telles que le Tahoku, la Transblêmie le Xindiqu (新地區, litt. la région du Xin) à qui on donnait un tout autre nom bien abrité des caméras et des oreilles curieuses, le Qietu (竊土, litt. la terre dérobée).
Le Monde avait poursuivi sa course effreinée, les rivalités s'estompaient ou se reformaient au gré des marées et la Dynastie estima qu'il était peut-être temps de retourner voir les Alaryas pour devancer les Xins tout autant que pour définir les contours précis de son pré carré. Le Grand Ling estimait nécessaire que les Royaumes-Unis soient dedans et à cet effet, il se considérait responsable de l'intégrité territoriale du pays. Le temps avait fait si bien son œuvre qu'il aurait été d'un anachronisme mortifère de croire que la vassalité ou le tribut reviendraient. Ici, en tous les cas, il n'en était pas question.

Face à la construction politique du Xindiqu avec une partie des Possessions, l'Empire entendait créer un autre modèle plus en phase avec la réalité du Monde et avec l'idéologie dominante du Grand Ling, celle portée par des idéaux socio-libéraux et démocratiques. C'était malgré tout une façade pour consolider ses appuis, mais cela présentait infiniment mieux que tenter coûte que coûte de rétablir un empire dysfonctionnel et impossible. La Communauté de Prospérité, le Concordat des Nations, l'Union Économique lingoise étaient les noms évoqués pour cette organisation sui generis que l'État lingois entendait construire. Si l'Union Économique lingoise était le terme préféré, il était certain que les plus souverainistes des Possessions n'accepterait jamais un tel nom. Alors, la question de le conserver et de tenter de l'imposer n'avait absolument plus aucun sens. Le Concordat sonnait très solennel, très neutre, sans aucune saveur. Le terme était très apprécié, mais difficilement vendeur. Ne restait plus alors que la Communauté de Prospérité.
C'était finalement pour faire adhérer l'Alarya à la Communauté de Prospérité que les autorités lingoises invitèrent leurs homologues alaryens à Neijing au sein du Palais Pourpre. Il eût été avant tout question de créer un Grand Traité, ainsi que la diplomatie lingoise le faisait très généralement. Celui-ci devait mettre sur pied différents accords bilatéraux puis initier l'idée d'une communauté économique entre le Grand Ling d'une part, et les autres d'autres parts. Un exercice difficile, mais pas irréalisable qui réunirait assez aisément au moins le Grand Ling, la Ramchourie, le Fujiwa, l'Alarya et peut-être d'autres possessions lointaines comme le Kyojokoku ou Myaikho.
Le début de l'année 2020 marqua aussi l'aboutissement de cette politique intégrationiste, les Alaryas acceptèrent de venir au Grand Ling et c'est ainsi qu'on retrouva le Premier ministre ZHOU Lee, la Duchesse de Qingshan-Hanlin, LIN Meiyue de la Maison Lin ; accessoirement directrice de la Linganese Culture Promotion Agency et tout un tas d'autres officiels et patrons qui devaient tôt ou tard, proposer des partenariats économiques sans communes mesures avec les tous récents et encore fragiles Royaumes-Unis.

Porte du Midi (cliquer pour agrandir).

L'arrivée de la délégation alaryenne se fit sans encombres sur la base aérienne de Neijing, en banlieue assez lointaine. Après quelques salutations officielles, des jeux d'hymnes et des présents offerts, un balai d'énormes SUV Dahatsu et Sheng Motors conduisirent tout ce beau monde vers le Palais Pourpre où ils finiraient à terme par rencontrer Sa Majesté. Pour l'heure, c'était une visite tout à fait plaisante où le Premier ministre s'improvisa guide auprès de son homologue, faisant découvrir certains monuments ou racontant certaines anecdotes sur tel ou tel endroit de la gargantuesque capitale où vivaient 22,5 millions d'habitants. Arrivée devant l'enceinte du Palais Pourpre, la délégation fut conduite vers un salon servant traditionnellement à recevoir les officiels et autres délégations avant l'introduction à l'Empereur. Ici encore, ce salon allait servir précisément pour cela. L'affaire était longue et nombreux étaient les sujets à aborder durant ces deux jours de délégation. En bout de piste, les lingois espéraient qu'un accord-cadre soit ratifié en vue d'officialiser selon les modalités juridiques respectives le Grand Traité lino-alaryens.
Le Premier ministre s'installa en dernier sur leurs fauteuils en acajou verni, d'un style néo-lingois, avant de souhaiter à nouveau la bienvenue à la délégation. La climatisation offrit un peu de répit pour les moins téméraires des deux communautés ici présentes. Une suite presque discontinue d'eunuques pénétrèrent la pièce pour déposer sur la table divers rafraîchissements et en-cas, très majoritairement des spécialités locales qui faisaient la renommée internationale des cuisines lingoises.

– Chers amis, une nouvelle fois, soyez les bienvenus. Nous avons beaucoup à voir ensemble avant que vous soyez introduit auprès de Sa Majesté qui vous présente ses plus sincères excuses pour ne pas avoir pu vous saluer plus tôt. Il se fera un immense honneur de vous rejoindre au banquet de ce soir donné en votre nom et en celui des Royaumes-Unis. Je vous en prie, n'hésitez surtout pas à vous servir en boisson et en nourriture. Déclara ZHOU Lee, bras grands ouverts et sourire sincère au visage.

Armoiries du Grand Ling.
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Takahito Hirazaki était un novice à propos de tout ce qui touchait aux rencontres diplomatiques. Il avait été élu par l'Assemblée pour la diriger, pas pour aller faire du tourisme à droite a gauche. Mais cette visite était bien plus que une simple balade sur des plages d'une nation nazumie ensoleillé en ce début d'été. Le ministre des Affaires étrangères étant en déplacement dans une nation qui lui était inconnue, ça commençait par Nex quelque chose lui semblait il, c'est lui qui avait été envoyé représenter l'Alarya durant une visite de plus haute importance, et envoyer le ministre des affaires étrangères aurait été une disgrâce pour la nation qui l'attendait et un manque de respect de la part du royaume du soleil levant. Fin du suspens, l'avion dans laquelle il était assis confortablement se dirigeait vers le Grand Ling ! Quand son départ avait été annoncé, les médias alaryens les plus conservateurs avaient crié au scandale et au déshonneur : il partait pour renouer des liens avec l'empire qui avait jadis colonisé sa terre. Dit comme ça, cela pouvait sonner absurde, ou même délirant, mais c'est bien ce qu'il allait faire. Cependant le temps avait passé depuis le XVe siècle, date du départ des lingois, non sans une certaine résistance, face à des alaryens poussés à bout par les décennies de colonisation et de protectorat. Depuis, l'eau avait coulé sous les pont, et hormis quelques refrognés vieillards des royaumes du sud, une grande partie de l'opinion publique était en faveur de cette visite, ainsi que bien évidemment le Daio Satoru Shin'en, ce dernier souhaitant renforcer la place de l'Alarya à l'international ainsi que nouer des partenariats stratégiques avec les puissances environnantes, comme ce qui avait été fait avec la République Fédérale de Tiva. Le Grand Ling quant à lui était aussi un royaume, bastion résistant face à l'élan républicain qui s'était propagé à travers tout le Nazum, ce qui avait même poussé certaines nations à créer des Républiques communistes, au antipodes du système monarchique en place en Alarya depuis des siècles. C'est pourquoi, pour ne pas entièrement dépendre de nations pouvant changer de gouvernement comme on peut changer de pantalon, et qui pouvaient donc du jour au lendemain devenir hostile à l'Alarya, nouer des relations avec l'empire du Grand Ling était une bonne chose, la nation étant par ailleurs accueillante envers l'Alarya, d'après les échanges entre leurs ministères affaires étrangères. Après tout, ils avaient plus en accord qu'en discorde, les deux pays partageants une longue histoire commune a bien des égards.
Photo avion gouvernemental alaryen

L'avion gouvernemental atterrit sur la base aérienne de Neijing, au Grand Ling vous l'aurez donc compris, sous un soleil radieux, symbole de bonne chance disait-on. Après les traditionnels poignées de mains chaleureuse et les échanges de présents, la délégation alaryenne ainsi que ses accompagnants lingois se dirigèrent vers le palais pourpre, haut lieu politique du pays. Sur le chemin, le premier ministre lingois leur partagea des anecdotes sur telle ou telle rue de la métropole, l'ambiance étant conviviale dans la voiture diplomatique. Il arrivèrent au palais et s'installèrent autour d'une table en acajou, avec de belles finitions, entourée de sièges confortablement rembourrés.

- Notre roi s'excuse également de n'avoir pu nous honorer de sa présence, des obligations familiales l'ayant retenu en Alarya. *Takahito se servit une tasse de thé et ingurgita un petit four, succulent soit dite au passant, avant de reprendre* Votre cité est tout à fait charmante, et le palais pareillement. Les artisans lingois sont réputés jusqu'aux Royaumes-Unis, et cette popularité est tout à fait légitime face aux fines décorations de cette pièce. Et ce thé est exquis, le thé alaryen dispose d'une sérieuse concurrence ! Dit le premier ministre sur le ton de la plaisanterie. Il y eu une courte pose, le temps que le représentant des Royaumes-Unis reprenne une gorgée de son thé, puis il continua : C'est un honneur pour moi-même ainsi que ma délégation d'être ici en votre compagnie. Quels sujets souhaiteriez vous que l'on aborde durant notre visite ?
Illustration rencontre.
DE L'EMPIRE AUX ROYAUMES COMBATTANTS
Rencontre Empire du Grand Ling — Royaumes-Unis d'Alarya.


L'Alarya était encore un enfant sur la scène internationale. D'aucuns auraient même jugé qu'il eût le nez encore bien trop rempli de lait tant ces premiers pas étaient assurément brouillons et ses allégeances... Nombreuses. Il n'était alors pas tant question d'éduquer l'Alarya que de la guider et la guider, si possible, dans le giron lingois exclusivement. C'était précisément la manoeuvre en traitant l'Alarya ainsi, non pas qu'ils ne méritaient pas le respect de l'Empire du Grand Ling, mais ce respect ne souffrait d'aucune gratuité. Il existait, en réalité, une multitude presque infinies de sujets à aborder lors de cette rencontre. Des questions qui, d'ordinaire, aurait été à traiter entre partenaires privés et autres acteurs économiques locaux qu'entre les murs d'un salon où les personnalités les plus influentes de leur politique nationale respective s'échangeaient des banalités teintées de thé et d'amuse-bouche.
Mais l'Empire usait et abusait de ses géants avec parcimonie mais rigueur. En d'autres termes, ils ne servaient que le softpower lingois lorsqu'ils étaient entre les mains des politiciens du Gouvernement. C'était une position fort confortable pour les industriels du pays car en échange de quelques facilités çà-et-là, ils acceptaient volontiers que leurs sociétés soient utilisés comme moyen de pression. Evidemment, le Cabinet de Sa Majesté n'avait pas encore convoqué la vieille tare d'être fou, aussi la puissance industrielle lingoise était systématiquement rediriger vers des secteurs qui lui était favorable sur le moyen ou long terme.
Pour la question alaryenne, ces secteurs se frottaient déjà docilement les mains. Du ferroviaire à l'aérien en passant par les télécommunications ou l'armement, nombreux étaient les groupes industriels lingois qui allaient être utilisés ici. Toujours, pour un unique but, Les Possessions.

– Vous ferez parvenir tout nos voeux de prompt rétablissement à votre souverain. Débuta le Premier ministre ZHOU. Je salue votre laconicité qui nous évitera de tourner autour du pot trop longtemps. Les sujets à aborder sont particulièrement nombreux, aussi certains d'entre-eux ont pu être formalisé lors de nos échanges diplomatiques mais il conviendrait d'en redéfinir le contour autour du Grand Traité que nous espérons signer avec vous durant votre visite.
Pour faire simple, l'Empire du Grand Ling cherche à renforcer ses soutiens régionaux et consolider ses amitiés. Les Royaumes-Unis sont donc très naturellement les candidats propices pour. A cet effet, nous estimons important d'aborder en premier lieu le cas de la Communauté de Prospérité que nous souhaitons créer autour des partenaires historiques du Grand Ling. La CP est à voir comme une organisation de coopération économique et culturelle entre nations ayant un jour partagé l'histoire lingoise, pour résumer. Soyons honnêtes, c'est aussi une façon pour le Grand Ling de garantir son pré-carré et protéger ses alliés autant qu'ils protégeront le Grand Ling.

Le Premier ministre marqua un temps de pause qu'il dédia à son thé. Aucun thé ne pouvait être meilleur à celui produit au Grand Ling, c'était tout du moins ce que pensait par pur chauvinisme le Premier ministre. Il avait fait le choix premier d'aborder la Communauté de Prospérité, le gros projet de la rencontre, parce qu'il croyait au bienfondé d'une telle entreprise. La CP était pensée pour être une sorte d'union volontaire d'États souverains, fondée sur des liens partagés qui relevait davantage de l'historique, du linguistique et du culturel. Elle formait un parfait espace de coopération horizontale où les membres développaient des instiitutions communes sans logique de hiérarchie — officiellement — et où la Communauté incarnait la solidarité active, orientée vers la mobilité, l'éducation et la prospérité économique collective. Dans les faits, le Grand Ling en était le chef et cette organisation visait tant à offrir un marché économique et culturel qu'à rétablir, dans une certaine forme tout au plus, l'ancien empire lingois.
Mais les Possessions n'était pas l'unique sujet à mettre sur la table. Il en restait bien trop pour une seule journée, et plus encore que la CP n'était qu'une idée pour l'heure.

– Cher homologue, sur un sujet transversal pas si éloigner, l'Empire du Grand Ling est doté de plusieurs entreprises que vous connaissez être redoutablement efficaces dans leurs domaines. Que ce soit le secteur ferroviaire, les télécommunications, l'aéronautique et l'aérospatial ; nous disposons de géants qui seraient fortement intéressés pour conquérir une partie du marché alaryen. Nous pensons que l'Alarya pourrait se montrer intéressée par ces sujets, d'autant que nous planifions de relier vos îles avec nos câbles sous-marin de fibre optique afin d'intégrer le grand réseau qu'est SEA-N-1.
D'ordinaire, nous cherchons à limiter les négociations au nom de nos entreprises car nous croyons dur comme fer aux marchés. Mais il arrive parfois que certains coups de main ne soient jamais plus qu'un peu d'élan donné.
Quoi qu'il en soit, est-ce que les Alaryas auraient des besoins à combler et surtout, que propose t-ils en échange ?

Là encore, le Premier ministre s'offrit le luxe d'une pause ponctuée d'un peu de thé. La rencontre semblait assez bien se passer compte tenu des sujets abordés. Il restait encore un point à évoquer. Depuis le lancement du Programme Baihu, l'Empire s'était trouvé dans l'originale situation de disposer de trop de matériel militaire. Ce n'était évidemment pas non plus un trop-plein énorme ni du matériel qui soit en très grande forme, quoi qu'il eût été toujours entretenu avec une rigueur... Militaire.
Baihu, du nom du tigre guerrier de la mythologie lingoise, devait offrir au Grand Ling une armée digne des très grands du Monde. Il lui octroirait, entre autre, deux flottes principales et une flotte auxiliaire en plus des forces militaires de la garde-côte. Il devait également revoir toute la chaîne de logistique et de force de frappe de l'armée de terre qui se traduisait par porter ses effectifs d'artillerie à jamais moins de 256 chars lourds au moins. Ces derniers, par ailleurs, s'offrait le luxe d'être de tout dernier crie, capable de rivaliser avec les armes occidentales.
Quant aux forces aériennes, la production polyvalente fut délocalisée en République Translavique où les coûts étaient bien inférieurs à ceux du Grand Ling tout en étant parfaitement protégés car directement lié au Royaume ami de Teyla. Le Programme Baihu allait encore plus loin encore mais il aurait été parfaitement déraisonnable pour le Premier ministre que de trahir le Secret Défense. Alors, se contenta t-il tout juste d'évoquer le renouvellement de matériel.

– Comme vous le savez, notre armée connait une profonde restructuration et une modernisation sans précédent. Cela conduit invariablement à ce que du matériel plus récent vienne à remplacer l'ancien. C'est précisément ce que nous vivons actuellement avec nos véhicules blindés légers et nos canon tractés.
En l'espèce, l'Empire du Grand Ling voudrait vous mettre à disposition et pour commencer ; 500 VBL de première génération et 500 canons tractés de deuxième génération. Auxquels s'ajouteront plus tard des dizaines de milliers d'arme d'infanterie légère, cinq cent camions de transport, trente-quatre hélicoptères d'attaque de deuxième générations et plusieurs bâtiments de guerre. Seriez-vous intéressé par cela ?
Par ailleurs, le Cabinet de Sa Majesté n'a pas pu s'empêcher de constater que vous avez considérablement multiplié les fournisseurs d'arme ces derniers temps. Nous ne commenterons pas l'action souveraine d'une nation, encore moins si elle est amie. Mais nous aimerions à la place vous proposer que le Grand Ling soit votre principal fournisseur d'armement, à terme. De telle sorte qu'il serait moins coûteux en entretien comme en formation de disposer que d'uniques types d'armements. D'autant que le moment venu, vous saurez acquérir une autonomie stratégique qui conduira à se poser la question de l'interopérabilité.

Le gros des sujets avait été abordé. Le Premier ministre avait donc fini d'exposer ses idées et arguments et il se contenta simplement de vider une nouvelle fois sa tasse de thé. Il en était déjà à son troisième thé de la rencontre mais, avec une consommation de thé moyenne oscillant entre 3,5 et 4 kg par an et par personne, soit plus de 465 000 tonnes de thé consommé au Grand Ling ; il fallait bien le justifier quelque part. ZHOU Lee, quand à lui, justifiait ses quatre kilos par sa fonction qui l'obligeait à boire beaucoup de thé pour ses vertues apaisantes et hydratante. Car la caféine contenue dans le thé, appelée vulgairement théine, avait certes des propriétés diurétiques, mais passé un certain stade de consommation et d'accoutumance, les effets diurétiques s'estompaient voire disparaissaient et à la place, c'était l'effet hydratant de l'eau contenue dans la boisson qui agissait.
La réalité était bien différente pour de nombreux autres lingois qui consommaient le thé pour son abondance dans le pays et donc, son faible coût là où le café plus rare et importé, coûtait infiniment plus cher. Et pour être abondant, ça le thé lingois l'était. Le Grand Ling produisait chaque année l'équivalent d'une fois et demie sa consommation ce qui le plaçait assez régulièrement mais pas systématiquement en tête des producteurs mondiaux de thé ; principalement à la faveur des récoltes plus difficiles des autres producteurs mondiaux.


Armoiries du Grand Ling.
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