27/01/2020
08:42:21
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Un verre avec Pierre Lore [Azur - Teyla] ?

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Pierre Lore sortit de la réunion après une heure d'une réunion où un sujet important fut traité. Il sortit le dernier de la salle et, avec son aide de camp, mais aussi avec des agents de sa sécurité, embauchés par le ministère de l'Intérieur, il traversa les différents couloirs du siège de l'Organisation des Nations Démocratiques. Il les traversa sans hâte. Il était quinze heures et il avait du temps libre jusqu'à dix-huit heures. À dix-huit heures l'attendait un dîner à la Résidence Faure qui figurait dans son agenda officiel, dans l'agenda officiel de deux ministres du gouvernement de Sa Majesté et, bien entendu, figurait aussi dans l'agenda officiel du Premier ministre de Sa Majesté Julien Hallier. Ce qu'il n'avait pas prévu, c'était de croiser à l'extérieur, mais devant le siège de l'Organisation des Nations Démocratiques, Intallah Ag Alghabass, représentant du califat constitutionnel d'Azur. Les cheveux courts au vent, Pierre Lore s'avança vers Intallah Ag Alghabass, un sourire aux lèvres, qui semblait sincère de la part du ministre des Affaires étrangères du gouvernement de Sa Majesté.

Alors, à la hauteur d'Intallah Ag Alghabass, Pierre Lore tendit la main, tout en enclenchant une prise de parole :

- Excellence Intallah Ag Alghabass. Ravi de vous revoir pour une deuxième fois de la journée. J'étais pressé tout à l'heure, je suis désolé d'avoir dû partir aussi promptement. J'ai du temps pour moi ou pour vous. Si vous voulez, on peut aller boire un verre, je vous le paye, dit-il en souriant amicalement et en pointant du doigt un café en face du siège de l'Organisation des Nations Démocratiques.

Derrière Pierre Lore, dès la prise de contact de Pierre Lore, l'un des gardes parlait discrètement dans sa radio, sûrement pour décrire l'homme avec lequel parlait Pierre Lore, respectant le protocole. Puis, à la proposition du café, le garde fronça les sourcils. Pierre Lore n’eut pas besoin de se retourner pour comprendre que sa proposition venait de contrarier au moins une personne dans son entourage immédiat. Le léger grésillement de la radio, suivi du silence tendu de son garde, suffisait à résumer la situation. Cette sortie n’était pas prévue. Elle ne figurait dans aucun agenda, n’avait fait l’objet d’aucune reconnaissance préalable, d’aucun itinéraire validé, d’aucune vérification du lieu par les services compétents. En résumé, tout ce que ne devait pas faire un ministre de Sa Majesté entre deux rendez-vous officiels.

L'un des quatre gardes visibles, standard pour un ministre de haut rang qui allait dans un bâtiment officiel jugé sensible, fit un pas de côté et regarda le café plus en détail. Il observa la façade du café, les fenêtres, les passants, les voitures stationnées et l’entrée principale de l’établissement. Un autre agent, un peu plus en retrait, porta la main à son oreillette, sans doute pour prévenir le chauffeur, lui aussi agent de sécurité, que le protégé venait de proposer un café à un diplomate étranger, connu des services de protection teylais du ministre. C'était là, la chance peut-être. Le siège de l'Organisation des Nations Démocratiques, du moins pour la partie non militaire, était le sol du Royaume de Teyla. Les membres des délégations diplomatiques des membres pleins, observateurs ou invités devaient passer par la validation du ministère des Affaires étrangères. Le transfert des dossiers n'était donc pas un problème. Puis, le ministre ou des membres de son équipe avaient l'occasion de venir beaucoup dans le bâtiment toujours derrière Pierre Lore. Les équipes se connaissaient plus ou moins bien, mais il y avait malgré tout une connaissance minimum.

Le lead terrain, celui qui avait froncé les sourcils en entendant la proposition de Pierre Lore, ne perdit pas plus de temps et regarda certains membres de l'équipe présente. Des gestes de la main d'une précision qui aurait pu être mortelle en d'autres circonstances réorganisèrent le groupe sur la voie publique. Deux agents se décalèrent légèrement vers une zone du trottoir, non pour bloquer le passage, mais pour créer une forme de couloir discret autour du ministre. Le troisième, qui venait de terminer sa transmission radio, se plaça presque à hauteur du ministre et, chose frappante, pas derrière, mais devant et sur le côté gauche. L'homme connaissait l'entraînement. Si le protégé devait entrer précipitamment dans la voiture pour être dégagé ou évacué vers un hôpital, le faire entrer dans le véhicule sans fracas, c'était difficile. Les agents avaient pour consigne de donner un coup de poing dans le ventre du protégé pour qu'il se plie en deux et qu'il évite de se prendre la carcasse de la voiture dans la tête, ce qui aggraverait toute situation d'urgence. Bien sûr, le garde maintiendrait d'une main cette position.

Le quatrième agent, lui, se plaça davantage côté rue, dans une position qui lui permettait à la fois de surveiller la circulation, les portières des véhicules stationnés et les mouvements provenant de l’entrée principale de l’Organisation. Les agents avaient déjà pris une décision silencieuse. Intallah Ag Alghabass faisait désormais partie de la bulle de protection du ministre des Affaires étrangères du Royaume de Teyla. Le protégé restait bel et bien Pierre Lore. Par leur action, les gardes avaient aussi inclus le diplomate azuréen dans la bulle de protection, ce qui était plus simple pour la protection du ministre. Tout en sachant que, si la personne à laquelle parlait Pierre Lore mourait devant lui, cela ferait mauvais genre.

Si le diplomate azuréen était soucieux des détails, il pouvait voir à l'entrée du bâtiment quelque chose de nouveau. L'un des gardes affectés au siège de l'Organisation des Nations Démocratiques eut l'apparition d'une tension dans ses épaules. Son regard ne balayait plus les entrants, le hall et l'extérieur avec une lassitude due aux longues heures de travail répétitives. Il observait véritablement les diverses scènes autour de lui et n'était plus un simple garde d'entrée. C'était discret pour ceux qui n'avaient pas vu ou qui ne savaient pas lire ce type de langage, mais la sécurité du bâtiment avait été visiblement prévenue. Pierre Lore continua de parler, comme si de rien n'était :

- Ou vous pouvez prendre rendez-vous avec moi en passant par mon bureau ? Ou avec l'ambassadeur azuréen. Cependant, je suis de bonne compagnie et je ne bois pas de café. Si vous voulez savoir ce que je bois dans un café, il faut venir, dit-il en gloussant.
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