05/02/2020
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Résumé synthétique de l'Anarchisme Renouvelé

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Résumé synthétique de l'Anarchisme Renouvelé :

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⮕ Clarifier l'idéologie.


Ce post vise à clarifier et à expliciter les points essentiels de l'Anarchisme Renouvelé, aussi appelé officieusement l'husakisme (du nom de son auteur, Pyotr Husak). Au fur à mesure du RP, des remarques ou de questions en HRP, il est parfaitement possible que des éléments soient ajoutés et que des apartés précis sur des questions pointues soient également ajoutés. Le but de la présentation est bien sûr de donner un point de vue d'ensemble de l'idéologie husakiste mais il est parfaitement possible que j'ajoute en spoiler des précisions spécifiques à des questions bien précises.

Politique :

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  • Question de l'Etat : L'Anarchisme Renouvelé, contrairement aux autres mouvances anarchistes plus classiques, conserve l'Etat, considéré comme un mal nécessaire, mais le reconfigure radicalement ; l'Etat doit être dans ses fondements anarcho-communiste et fédéraliste en supprimant immédiatement les structures étatistes considérées comme superflues et pouvant être léguées à l'organisation des masses que sont les communes, l'Etat y est instrumentalisé et encadré avec pour horizon programmatique sa propre dissolution de manière progressive (théorie de la déconstruction progressive de l'Etat) ; il ne conserve dans l'immédiat que les fonctions régaliennes incompressibles qui sont les siennes, c'est-à-dire la défense militaire, la cohésion fédérale, la coordination économique stratégique et le contrôle économique de la monnaie.

  • Sur la démocratie : Conscients du risque principal de l'Etat, c'est-à-dire sa bureaucratisation et la transformation en une nouvelle domination, l'husakisme prévoit systématiquement des contre-pouvoirs importants face à l'Etat fédéral restant, à travers l'usage de mandats impératifs et révocables pour tous les responsables fédéraux, la suppression de toute bureaucratie de carrière permanente qui échapperait au contrôle populaire, une stricte délimitation constitutionnelle des compétences fédérales (tout ce qui n'est pas explicitement fédéral appartient aux communes) et un droit d'insurrection juridiquement codifié en tant que mécanisme constitutionnel. La démocratie directe est érigée en principe absolu, toute forme de démocratie représentative est proscrite, considérée comme une continuation déguisée des aristocraties.

  • Sur la séparation des pouvoirs : selon les husakistes, dans un régime fédéraliste et libertaire qui se fonde sur la souveraineté directe des assemblées, la séparation classique entre exécutif et législatif perd sa raison d'être car elle repose historiquement sur la délégation du pouvoir à des représentants distincts, la loi est l'expression immédiate de la volonté collective, décidée et formulée par les mêmes organes populaires ; ainsi, distinguer deux fonctions séparées reviendrait à recréer une distance entre la décision et l'action, ouvrant la voie à l'autonomisation d'un appareil exécutif susceptible de se détacher du contrôle direct des citoyens ; à l'inverse, l'unité des fonctions permet d'assurer que toute décision est immédiatement suivie de sa mise en œuvre sous un contrôle permanent via les mandats impératifs, révocables et strictement encadrés ; l'exécutif a donc ici une simple fonction technique qui reste subordonnée à la délibération collective et constamment réabsorbée en elle, réduisant structurellement les risques de bureaucratisation et de concentration de pouvoir.

  • Sur le militarisme : Si les husakistes conservent l'Etat, c'est d'autant plus car celui-ci maintient la nature explicitement militariste de la fédération ; l'husakisme rejette le pacifisme comme un suicide politique et une complicité naïve dans un monde où deux Etats coexistent ; dès lors découle l'idée de la Grande Guerre Finale, l'idée que les Révolutions libertaires sont destinées inévitablement à entrer en confrontation armée avec le capitalisme armé pour un ultime affrontement qui décidera du sort de l'Humanité, les husakistes explicitent cette vision militariste sans en faire un fantasme, la guerre y est vue ici comme une nécessité matérielle inévitable, empiriquement prouvée par des siècles de répression réactionnaire contre les mouvements révolutionnaires et émancipateurs. Bien que militaristes, conscients du risque d'une armée centralisée et professionnelle, l'husakisme préconise tout de même que l'armée doit être certes disciplinée et efficace mais aussi démocratiquement contrôlée, populaire et formée idéologiquement.

  • Sur l'internationalisme : La lutte est universelle et totale, aucune portion du monde ne doit échapper à la révolution ; néanmoins, les husakistes précisent que cet internationalisme reste avant tout fédéraliste, il n'impose aucun modèle unique aux peuples libérés, doit se baser sur la solidarité horizontale des peuples en lutte et doit respecter les spécificités culturelles locales.
Economie :

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  • Sur le salariat : Assimilé à une forme d'esclavage moderne, plus subtil, d'autant plus efficace qu'il donne l'illusion de la liberté, les husakistes prônent son abolition immédiate ; pour ce qui est de son remplacement, le cortège idéologique de l'Anarchisme Renouvelé ne précise pas le modèle à adopter en remplacement, considérant qu'il n'existe pas qu'un seul modèle de rémunération valide qui permette de rémunérer les travailleuses et travailleurs à leur juste valeur.

  • Sur la monnaie : les husakistes concèdent pragmatiquement que la monnaie doit être conservée comme valeur d'échange utile à la condition que son contrôle soit démocratique, le troc est jugé à l'inverse comme primitif et insuffisant pour mener une lutte internationale à grande échelle.

  • Sur la propriété et l'héritage : l'héritage est condamné comme une forme de continuation des aristocraties terriennes et financières en perpétuant les inégalités, en détruisant les familles et en provoquant le déracinement des peuples, ce qui mène à l'aliénation et donc à la soumission.

  • Sur l'industrie : l'husakisme développe une vision industrielle en deux temps dialectiquement liés ; dans un premier temps, une phase productiviste assumée où la révolution doit être capable de concurrencer matériellement le capitalisme sur son propre terrain, de produire autant et mieux et de démontrer que le modèle libertaire n'est pas synonyme de régression économique. C'est vu ici comme une nécessité stratégique, une révolution pauvre est une révolution vulnérable. Dans un second temps, une fois la Grande Guerre Finale conclue et l'humanité unifiée sous un ordre libertaire, s'ouvre la possibilité d'un dépassement progressif du modèle industriel vers quelque chose plus proche du primitivisme raisonné, c'est-à-dire une réduction volontaire et maîtrisée de l'empreinte industrielle, rendue possiblement précisément parce qu'elle se ferait dans un monde unifié, dépourvu de compétitions entre les Etats, sans impératif à la production militaire et sans nécessité de course à l'armement. Le productivisme est vu par les husakistes comme un moyen historique mais non une fin en soit à glorifier.

  • Sur l'organisation économique : l'husakisme prône l'autogestion des unités de production combinée à une planification indicative démocratique à l'échelle fédérale, rejetant à la fois l'économie de marché capitaliste tout comme les formes d'économies socialistes planifiées et centralisées.
Social :

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  • Sur la famille : Un des points les plus clivants avec les traditions anarchistes classiques, la famille traditionnelle est défendue par l'husakisme comme un modèle sain pour l'humanité, considérant que ce modèle doit être protégée des instrumentalisations faites par le libéralisme progressiste qui est qualifié de passager clandestin dans la lutte émancipatrice mais aussi contre l'ultra-consumérisme. Il convient de préciser que la défense de la famille traditionnelle ne découle pas d'une forme de conservatisme moral abstrait mais découle d'une analyse matérialiste quant aux fonctions sociales de la famille, envisagée ici comme une structure de base de reproduction sociale et affective, antérieure et irréductible à l'Etat comme au marché, qui permet la transmission des normes, de la culture et des dispositions coopératives nécessaires à toute organisation collective durable ; dans cette perspective, la famille agit comme un espace de solidarité entre l'individu et des structures politiques plus larges, évitant ainsi son atomisation individualiste et la dépendance de l'individu envers des institutions centralisées. L'husakisme considère que le capitalisme avancé et l'ultra-consumérisme ont un intérêt objectif à fragiliser ces structures intermédiaires en substituant aux liens durables des relations marchandes fluides et en transformant les individus en unités de consommation isolées ; de ce fait, certaines formes de libéralisme progressiste sont perçues comme des vecteurs involontaires de dissolution des solidarités prolétaires en valorisant une conception purement individualiste de la liberté détachée de toute inscription sociale stable. La défense de la famille traditionnelle devient dans ce cadre un moyen de résistance à la marchandisation du lien social en préservant un cadre où les relations ne sont pas médiées par l'échange économique. Cela étant, cette défense ne signifie pas une sacralisation autoritaire ou figée du modèle familiale, la famille n'est légitime dans la mesure où celle-ci n'est pas oppressive, qu'elle est fondée sur le consentement, l'égalité des membres et la responsabilité mutuelle, c'est pour ces raisons que les husakistes ne préconisent pas d'imposer ce modèle mais de le reconnaître et de le défendre comme organisation sociale capable de soutenir la formation d'individus aptes à la vie collective.

  • Sur l'individualisme : L'individualisme au sens personnel est condamné comme vecteur d'égoïsme et de péché capitaliste, l'individualisme personnel reproduit l'atomisation des individus, la guerre de tous contre tous et l'état de nature prolongé tandis que le collectivisme, lui, se fonde sur la nature politique et sociale de l'Homme.

  • Sur les discriminations : l'husakisme prône l'égalité absolue entre les ethnies, les langues, les religions, les cultures et les sexes ; de surcroît, l'husakisme ne se considère pas anti-religieux, il respecte les croyances et ne remet pas en question l'hypothèse divine, plaçant toutes les religions à égalité devant la loi commune ; l'Anarchisme Renouvelé considère cependant que les structures cléricales doivent être abolies, considérant que les structures cléricales n'ayant théoriquement qu'une autorité spirituelle ont historiquement toujours consolidé l'ordre réactionnaire en place.

  • Sur l'éducation : Bien le plus précieux de l'Humanité et qui le distingue de l'animal, l'husakisme considère que l'éducation doit être laïque, gratuite, universelle et obligatoire, considérant que c'est la connaissance qui assure la liberté en toutes circonstances, même dans la défaite.

  • Sur le droit : si l'anarchisme classique est profondément méfiant envers le droit codifié (perçu comme un instrument de domination de classe qui cristallise les rapports de force existants), les husakistes se veulent plus nuancés, ils rejettent le droit naturel au sens libéral (l'idée de droits immuables antérieurs à toute société, qui servent le plus clair du temps à sacraliser la propriété privée) et s'approchent davantage d'un droit social produit démocratiquement par les masses qui serait évolutif et ancré dans les conditions matérielles réelles. Néanmoins, contrairement aux anarchistes classiques, ils reconnaissent la nécessité d'un droit fédéral minimal et uniforme dans les domaines qui relèvent de la compétence fédérale (défense, coordination économique, droits fondamentaux universels) afin d'éviter que les spécificités locales ne deviennent des prétextes à des formes de domination locale non contrôlée ; le reste du droit reste décentralisé et communal, produit par les assemblées.

  • Sur la justice : l'husakisme adopte une position principalement restaurative, il reconnait que dans une période révolutionnaire, certaines formes de justice punitive sont inévitables, notamment envers les contre-révolutionnaires les plus actifs mais l'husakisme est explicite dès ses débuts sur la dignité des vaincus et des captifs, même le capitaliste est un être humain devant être traité dignement, la justice husakiste est donc restaurative ordinairement.

  • Sur l'enfance : Bien que favorable à une défense de la famille traditionnelle, l'husakisme propose un modèle dual quant à l'éducation des enfants, estimant que la famille reste le premier cercle éducatif et affectif de l'enfant mais que c'est à la collectivité, via l'école, de prendre en charge la formation intellectuelle, politique et civique, les husakistes assument la complémentarité entre les parents et leur transmission affective et morale, et la commune qui s'assure de la formation critique et sociale, l'Etat fédéral n'a pas à intervenir dans l'éducation domestique en raison du principe de subsidiarité.

  • Sur la culture : L'eurycommunisme a historiquement tranché en considérant que la culture doit être au service de la révolution, via le réalisme socialiste, tandis que les anarchistes défendent la liberté absolue de création ; les husakistes refusent ces deux extrêmes, ils rejettent à la fois le dirigisme culturel eurycommunisme qui est vue comme une forme de domination idéologique incompatible avec les principes libertaires mais ils ne sont pas naïfs non plus sur la culture qui n'a rien d'un espace neutre, le capitalisme colonise l'imaginaire, formate les désirs et instrumentalise les formes culturelles, l'husakisme prône donc une liberté de création totale combinée à une éducation critique de la réception, la production en elle-même reste libre mais il faut former les individus à être capable de décrypter les mécanismes de manipulation culturelle, la révolution culturelle passe par l'éducation et non la censure.

  • Sur le rapport au corps : Par sa défense de la famille traditionnelle et sa condamnation du libéralisme progressiste, l'husakisme a une position de sobriété corporelle sur le corps, le corps ni y est ni nié ou mortifiée mais l'ultra-consumérisme lié au corps, notamment la marchandisation du corps en tant qu'objet de performance ou de spectacle, est rejeté comme une manifestation du capitalisme, le rapport au corps doit être ancré dans la dignité, la santé et la communauté.
Philosophie et métaphysique :

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  • Matérialisme libertaire : l'Anarchisme Renouvelé rompt avec l'idéalisme optimiste des anarchistes classiques qui croient que la bonne conscience et les principes purs finiront par triompher, l'husakisme établit ses postulats à partir des conditions matérielles réelles et de rapports de force effectifs ; néanmoins, le matérialisme des husakistes n'est pas fondamentalement déterministe, la volonté et la conscience continuent de jouer un rôle, à la condition de s'appuyer sur une lecture correcte du réel.

  • Dialectique sur la liberté : issus d'un héritage assurément spinoziste et hégélien, les husakistes considèrent que la liberté n'est pas l'absence de contrainte mais la compréhension et la maîtrise progressive de la nécessité, elle est considéré comme un point d'arrivée, une conquête et non une propriété naturelle ; dès lors, les institutions ne nient pas la liberté mais en sont la condition qui la rendent possible.

  • Rapports aux fins et aux moyens : Rejet du principe anarchiste selon lequel les moyens doivent être immédiatement conformes aux fins, les moyens doivent être adéquats aux conditions concrètes de la lutte ; dès lors, certaines formes d'organisation temporairement autoritaires peuvent servir des fins libertaires, à condition d'un contrôle démocratique strict et d'un cadre d'existence limité et défini.

  • Urgence historique et fenêtre d'opportunité révolutionnaire : Le temps est vu comme un concept politique central, les husakistes considèrent que la fenêtre révolutionnaire à travers le monde se ferme dans le cadre du capitalisme tardif, de part les évolutions technologiques de contrôle social qui rendent matériellement impossibles l'émergence d'une conscience de classe ou l'organisation par la base de mouvements révolutionnaires et contestataires, et de part la crise écologique qui force toujours les grandes puissances capitalistes basées sur l'exploitation des pays les plus pauvres à accroître leurs politiques de prédation économique, créant des tensions et des guerres de survie qui rendent également toute émergence de conscience de classe impossible ; les husakistes rejettent viscéralement l'attentisme et considèrent l'action immédiate comme une nécessité ontologique.

  • Position sur la nature humaine : Les husakistes ne déterminent pas si l'homme est naturellement bon ou mauvais, s'il est naturellement altruiste ou égoïste car ces fondements reposent sur l'éducation et les conditions matérielles en fonction des époques ; le seul postulat acquis est que l'homme est un animal politique et social incapable d'avancer seul.

  • Position sur la religion : L'husakisme préfère prôner une position agnostique tolérante, ces derniers ne nient pas l'existence divine et respectent les croyances de chacun, ils rompent donc complètement avec l'athéisme militant de la plupart des traditions révolutionnaires.
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