08/02/2020
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[Institutions] Sheria na Uongozi

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Sheria na Uongozi


sheria na Uongozi

Aucune nation ne tient debout sur la seule force de ses armées ou la richesse de son sous-sol. Le Zafongo l'a appris à ses dépens, dans la douleur même, lorsque l'empire d'autrefois s'est effondré puis que la guerre civile de 1977 a manqué de faire éclater ce qui restait d'unité entre ses huit peuples. De cette histoire tourmentée est née une conviction profonde, presque instinctive chez tous ceux qui ont ensuite façonné l'État : sans institutions solides, capables d'entendre chaque communauté avant qu'elle ne se sente écartée du pouvoir, aucun pays de cette taille et de cette diversité ne pouvait espérer tenir bien longtemps. Ce topic se propose de dérouler, patiemment, toute l'architecture du pouvoir zafongolais, depuis son échelon le plus modeste jusqu'à ses institutions les plus solennelles. On commencera par les chefferies locales, cet échelon si proche du terrain qu'il touche presque à l'intime de chaque communauté. Là où siège un chef, parfois héréditaire selon la tradition qu'on lui a transmise, parfois élu selon les usages propres à son peuple, on retrouve un héritage direct de l'organisation ancestrale du territoire, celle des clans et des conseils d'anciens qui gouvernaient déjà ces terres bien avant que l'empire ne songe seulement à exister. Ce chef règle les petits différends du quotidien, fait le lien entre les habitants et l'administration centrale de Ménaka, et porte souvent, sur ses épaules, une légitimité que le gouvernement lui-même ne pourrait jamais espérer obtenir aussi naturellement. Vous découvrirez ensuite le Conseil des communautés, instance dont l'existence même raconte, à elle seule, tout ce que le pays a traversé pour en arriver là. Née de la peur ancienne qu'un peuple se sente un jour exclu des décisions qui le concernent, cette assemblée réunit des représentants de chaque grande communauté du Zafongo, un peu à la manière d'une chambre consultative où l'on discute avant que la discorde ne s'installe pour de bon. Son rôle ne consiste pas à légiférer, mais à désamorcer, à arbitrer les tensions entre groupes avant qu'elles ne remontent jusqu'au gouvernement central ou, pire encore, qu'elles ne se transforment en un conflit ouvert comme celui que le pays a déjà connu. On mesure difficilement, depuis l'extérieur, à quel point cette instance pèse dans l'équilibre fragile qui tient ensemble Bakongo, Luba, Yomba, Kota, Sira, Mbochi, Bateke et Teke, huit peuples que rien, sur le papier, n'obligeait à cohabiter aussi harmonieusement. La Cour suprême occupera également une large place dans ce topic, elle qui veille, depuis son sommet judiciaire, à ce que les lois votées par le parlement et les décisions prises par le président respectent scrupuleusement la constitution du pays. Dernier recours en cas de litige institutionnel majeur, elle incarne cette idée simple mais essentielle qu'aucun homme, fût-il chef de l'État, ne saurait se placer au-dessus des règles que la nation s'est elle-même données. Le parlement, enfin, complétera ce panorama institutionnel. Chargé d'examiner, de débattre puis d'adopter les lois qui régissent le quotidien de cent soixante-et-un millions de Zafongolais, il constitue l'arène où se négocient, souvent âprement, les grands choix de société du pays, qu'il s'agisse de fiscalité, d'éducation, de sécurité ou de répartition des ressources entre les huit régions. Vous trouverez, au fil des prochaines mises à jour de ce topic, le détail des grandes lois qui structurent aujourd'hui le Zafongo, celles qui organisent l'économie nationale, encadrent la sécurité intérieure, régissent l'éducation d'une jeunesse toujours plus nombreuse, et fixent enfin les contours précis de cette répartition des pouvoirs entre régions, sans laquelle aucune des huit communautés du pays n'aurait jamais accepté, un jour, de partager un même drapeau.
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Chefferies locales

Il faut descendre très bas dans l'architecture du pouvoir zafongolais pour trouver ce niveau-là. Plus bas que le parlement. Plus bas que les gouverneurs régionaux. Plus bas, même, que bien des institutions dont on parle dans les journaux de la capitale. Là, tout au fond, se trouve le chef local, et c'est peut-être lui, plus que n'importe quel ministre, qui incarne le mieux ce que signifie gouverner au Zafongo. Chaque village, chaque quartier rural, chaque hameau perdu dans les collines du Luba ou accroché aux pentes du Bateke possède le sien. Un homme, parfois une femme selon les traditions de certains peuples, dont l'autorité ne vient ni d'une élection nationale ni d'une nomination signée à Ménaka, mais d'une légitimité plus ancienne, plus enracinée, tissée dans la mémoire même de la communauté qu'il représente. Deux voies mènent à cette fonction, et aucune des deux n'a jamais cherché à s'imposer sur l'autre. Dans certains villages, la charge se transmet de père en fils, parfois de mère en fille, selon des règles de succession propres à chaque lignée, héritées d'un temps où l'on ne connaissait ni parlement ni constitution écrite. Un fils apprend dès l'enfance à observer son père trancher un litige de terrain, à écouter les anciens avant de rendre une décision, à connaître par cœur chaque famille du village, ses alliances, ses rancunes, ses secrets aussi parfois. Ailleurs, dans d'autres communautés qui ont préféré une autre logique, on élit ce chef, souvent parmi les sages reconnus du village, ceux dont la parole pèse déjà avant même qu'on ne leur confie officiellement la charge. Peu importe la méthode retenue : ce qui compte, c'est que la communauté elle-même ait choisi, ou reconnu, ou accepté celui qui la représentera. Le quotidien d'un chef local n'a rien de spectaculaire, et c'est précisément ce qui en fait la valeur. On ne le voit jamais à la télévision nationale. On ne cite jamais son nom dans les grands discours présidentiels. Et pourtant, c'est lui qu'on va chercher quand un conflit de bornage oppose deux voisins, comme cette fameuse querelle de manioc et de tomates qu'on raconte encore dans certains villages. C'est lui qu'on sollicite quand un mariage doit être arbitré entre deux familles qui ne s'entendent plus sur la dot. C'est lui, encore, qui négocie avec l'administration régionale quand il faut réclamer une école, un puits, une route praticable, portant la voix de tout un village jusqu'à des bureaux où, sans lui, personne ne songerait jamais à écouter un simple hameau perdu dans la montagne. Cette proximité constitue toute la force du système. Là où un ministre à Ménaka ne connaîtra jamais le nom du dernier enfant né dans un village reculé du Sira ou du Mbochi, le chef local, lui, saura tout : qui a besoin d'aide cette saison, quelle famille traverse une période difficile, quel jeune homme mérite qu'on lui donne sa chance avant un autre. Cette connaissance intime du terrain, aucune administration centrale, aussi bien intentionnée soit-elle, ne pourra jamais la reproduire depuis la capitale. Mais ce rôle dépasse largement la simple gestion des conflits quotidiens. Le chef local constitue aussi, et peut-être surtout, le premier maillon d'une chaîne qui remonte jusqu'au sommet de l'État. C'est par lui que transitent les informations du terrain vers l'administration centrale : une récolte compromise, une épidémie qui menace, une tension qui monte entre deux communautés voisines. C'est par lui, également, que redescendent les décisions prises à Ménaka, traduites, adaptées, expliquées dans les termes que le village comprendra le mieux. Sans ce relais, bien des politiques nationales resteraient lettre morte, incomprises ou simplement ignorées par une population qui fait bien plus confiance à son chef qu'à un fonctionnaire venu de la capitale pour une seule journée. On comprend mieux, dès lors, pourquoi cette institution, aussi modeste paraisse-t-elle sur l'organigramme officiel de l'État, occupe en réalité une place irremplaçable dans l'équilibre du Zafongo tout entier. Elle est l'héritage direct de ce que le pays était avant même de porter ce nom, avant l'empire, avant la guerre civile, avant même l'idée d'une nation unique regroupant huit peuples différents. Elle rappelle, à chaque génération, que le pouvoir, au Zafongo, ne descend pas uniquement d'en haut vers le bas, mais qu'il remonte aussi, patiemment, depuis le plus petit village jusqu'aux plus hautes institutions de l'État.
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