07/07/2020
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Forces armées confédérales.

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J'aborderai ici les principales unités et corps d'armées assurant la défense de l'Empire, partez du principe que la plupart des informations sont publiques, notamment sur l'organisation et l'histoire de ces institutions...
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Représentation des unités d'élites de la Garde Impériale ; de gauche à droite : Les Hussards Karts, Les Cavaliers Oromocos, // Reconsitution historique de hussards polonais, forces militaires maliennes en moto

La Garde Impériale, une force hétéroclite et profondément marquée par l’Histoire et la recherche perpétuelle de prestige.

L’on associe souvent la Garde rapprochée de la Famille impériale à une seule et même unité ethniquement homogène, cultuellement homogène et culturellement proche. Mais en vérité la Garde Impériale est un mot assez vaste, bateau devrions-nous dire, qui englobe une réalité bien plus complexe. C’est là en effet la grande caractéristique des gardes traditionnelles ; de ces unités spéciales chargées de la protection, permanente ou temporaire, d’une cible, d’une famille ou d’un lieu. Ces dernières en effet ne sont plus uniquement le reflet de l’unité nationale autour d’une brigade de combat emblématique défendant la nation, les valeurs, la religion nationale… Au contraire dans ces monarchies là, l’Histoire s’impose comme la raison principale qui explique pourquoi la Garde des Polks, des Lanciers de Karty ou des Cavaliers Mandriarkans sont encore utilisés comme unité d’élite au sein des forces confédérales. Le prestige associé à ces troupes là, l’influence décisive que certains commandants d’unité ont pu exercer ainsi que la fidélité absolue de ces dernières vis à vis de la Couronne sont des facteurs bien plus déterminants que la formation d’une unité entièrement nationale qui pourrait assurer par elle-même et seule la défense de la Famille impériale. Seulement, il est inutile de voir en ces « reliquats du passé » une particularité antérinienne ; rechercher des mercenaires pour la protection des élites a toujours été une priorité, y compris dans les républiques ; comme à Velsna.

Cette défiance vis à vis des compatriotes, des sujets, des vassaux n’est pas fondamentalement irrationnelle ; on retrouve déjà de telles habitudes sous la Rhême antique ; des dizaines d’empereurs, parfois les plus tristement célèbres pour leurs atrocités, furent détrônés non pas par le Sénat, mais bel et bien par la Garde prétorienne. Cette unité d’élite composée des Rhêmiens et des représentants de l’aristocratie les plus influents des familles les plus anciennes. Et la garde barbare se révélera souvent bien plus fidèle et loyale que les troupes locales, et ce car elles étaient commandés par des rivaux directs des Empereurs. Et ces derniers, plus faciles à corrompre, ayant souvent des intérêts politiques à exécuter les Césars devenaient des dangers de tout les instants ; il fallait les couvrir de gloire, les honorer et les promouvoir. En clair tenter d’acheter leur fidélité. Et à terme les empereurs se méfiaient plus de leur garde du corps que des sénateurs trop virulents à leur égard ; à titre d’exemple, sur les 48 empereurs qui régnèrent de 27 avant le Christ jusqu’en 305, autrement jusqu’aux prémices de l’effondrement de l’Empire, 15 furent éliminés par la garde prétorienne. C’est justement cette méfiance qui explique pourquoi des généraux illustres préférèrent faire appel aux Saxons ou aux Huns pour les protéger ; notamment le « Dernier Rhêmien » qui prendra des Barbares venus de Brann pour assurer sa sécurité, et ce seront ses compatriotes, d’autres citoyens rhêmiens qui l’assassineront sur ordre de Valentinien.

Dès les premiers temps, une garde étrangère avait les mérites d’être fidèle, de n’appartenir qu’à ses propriétaires, tant que ces derniers se montraient réguliers et généreux. Par nature en effet elle est étrangère aux querelles politiques et souvent même incapable de comprendre les langages autochtones ; les risques de corruption sont minimes tout en assurant une fidélité maximale que des opinions divergentes ne briseraient pas. Mais c’est aussi une affaire de préjugés ; les peuples les plus imposants, les plus effrayants, voire même les plus repoussants, étaient naturellement avantagés dans cette quête des mercenaires parfaits. Un auteur antique disait cela des Hunyaks de Brann ; « Ils étaient si laids que même les nourrissons pleuraient lorsqu’ils souriaient, les femmes s’enfuyaient en courant et les hommes se préparaient à la combattre tant ils étaient repoussants. Il n’est pas surprenant de voir que leur rusticité et leur laideur ont fait d’eux des combattants hors pairs tétanisant l’ennemi avant même les premières charges. » Des qualités qui convaincs plus que tout autres les Rhêmiens cherchant à éviter les assassinats malheureux et les trahisons des Prétoriens. Et cette recherche quasi-ethnique expliquera aussi bien souvent pourquoi des peuples lointains sont engagés comme réservoir à mercenaires ; les Varangiens protégèrent les Empereurs de Théodosine alors que ces derniers étaient originaire de Rimaurie, de Tanska, des « pays de glace »… Par ailleurs l’histoire semble confirmer ces choix ; des Varègues ou des Hunyaks se révoltent peu, alors que les Janissaires aykhanides ou la garde de Théodosine avaient la fâcheuse tendance de s’opposer de plus en plus frontalement aux décisions du pouvoir politique et à se révolter dès que ces dernières n’allaient pas en leur sens. C’est principalement pour cette raison là que ces empires pourtant brillants connurent des périodes de déclin irréversibles causés en grande partie par des armées ingouvernables ; peut-être que si les Basileus de Théodosine avaient su garder en laisse leur garde et empêcher les mutineries de généraux, la Princesse Irène de Lykaron ou le Despote Mydon.

Ces considérations expliquent en grande partie pourquoi la confiance en agents étrangers pour assurer la protection des élites ; comme à Velsna, mais aussi en Antérinie avec la formation d’une garde royale, puis impériale, parallèle aux unités de mousquetaires (Tercios) d’élite. En premier lieu, au début de la Renaissance la Garde Kart (dites des « Indécis ») assurait déjà la protection de la Famille royale mais aussi comme corps de combat d’élite dans les batailles, chargeant uniquement sur l’ordre du Roi et non de ses maréchaux ou nobles. Cette troupe « venue d’est, plus loin encore que l’Héllènie » était la seule qui avait l’entière confiance du monarque avec une compagnie de Garde de Mirinegratz ; les meilleurs piquiers de toute la période. À une époque où la noblesse restait perpétuellement agitée, que la Couronne peinait à contrôler l’intégralité de ses fiefs lui revenant de droit ; comme ce fut le cas lors des Guerres d’Antérinie qui faillirent acter le démembrement du Royaume au profit de Teyla grâce au soutien d’une noblesse en perpétuelle révolte et d’une bourgeoisie citadine attachée à ses droits. Et pour le capitaine de la Garde Kart, Andrej Leczynski (ou tout autre nom que Karty juge bon de me donner ) « sans le soutien des Garde du corps étranger, le Roi Henri aurait eu bien du mal à reprendre le Duché de Luz aux Teylais ». Mais ce sera la Révolution antérinienne qui marquera la fin de la confiance des Princes envers l’armée. Notamment lorsque la Garde Nationale se formera et deviendra l’un des ennemis les plus acharnés des Contre-révolutionnaires.

Cet acte est vécu comme une trahison par la Couronne qui avait jusque là toujours compté sur l’armée pour ramener l’ordre dans ses provinces, y compris dans les comptoirs antériniens de Saint-Florent (Actuelle nouvelle Kintan) ou dans les provinces bahamanites. À vrai dire, la confiance était totale en l’armée, et lorsqu’une partie de cette dernière se souleva avec la populace pour exiger l’instauration d’une monarchie extrêmement limitée, et puis dans les dernières semaines de la Révolution une république ; ce fut un choc terrible, y compris au sein de l’aristocratie. Et la seule composante qui resta entièrement fidèle à la Couronne fut l’ensemble des compagnies de la « Maison des Roys Très Pieux » autrement dit une foule de groupes mercenaires s’étant composés en une véritable armée personnelle (pas moins de 15 milles soldats d’élite dans toutes les villes du Royaume et de l’Empire) qui fut extrêmement utile pour encadrer les recrues dans le Luzain et maintenir l’ordre dans les colonies. Même si la victoire des monarchistes, des « Blancs » sur les « Bleus » ne fut pas absolue, elle fut suffisamment importante pour permettre à la Couronne de conserver une armée propre pour se défendre face au Parlement qui put conserver les restes de la Garde Nationale pour former un nouveau corps d’Armée, cette fois-ci entièrement dépendant du Parlement. C’est donc la méfiance réciproque entre la Couronne et les parlementaires qui explique pourquoi les Rois antériniens conservent une Garde personnelle sous leur commandement direct. Cette dernière reste néanmoins financée par le Parlement et a souvent été réduite, les contrats n’étant pas toujours renouvelés pour certaines unités tandis que les plus emblématiques ont été conservées, tant pour des missions de prestige que de protection des palais royaux.

Mais aujourd’hui, les unités de la Garde Impériale ne sont pas uniquement étrangères ; en cas de guerre de haute intensité des unités d’élite, souvent issues de régiments extrêmement prestigieux, forment deux bataillons d’environ 1200 soldats chacun chargés d’intervenir au combat dans les zones où ce dernier bascule en faveur de l’ennemi. Ce sont des groupes ayant prêtés fidélité absolue à l’Empereur, même si ce dernier ne les commande pas directement. C’est ce point là qui explique pourquoi même si le corps de combat de la Garde Impérial relève de cette dernière en théorie, il se coordonne dans les faits avec l’Armée de Terre et est traditionnellement associé à cette dernière en cas de guerre. L’état major de la Garde acceptant d’en transférer immédiatement le contrôle avec effet immédiat pour faciliter le commandement et éviter des tensions internes du plus détestable effet. Ces troupes nationales furent néanmoins formées au XIXe siècle lors des guerres coloniales et internationales ; principalement contre le Kyojokoku et dans la répression des mouvements indépendantistes lors de grandes révoltes généralisées au Moranza ou dans les îles Célènes et Célestes… Ainsi, la Garde Impériale reste composée de deux principaux corps parfaitement indépendants ; les unités de mercenaires rattachés à l’autorité directe du Monarque, c’est à dire Sa Majesté Louis VI, et les troupes antériniennes (le IInd corps d’Armée de la Garde Impériale) ayant juré allégeance à la personne du souverain mais en vérité dépendants de l’Armée de Terre et agissant sous les ordres du Grand Quartier Général.

Charge de la Garde Kart // Charge de hussards ailés polonais.

La Garde Kart ; l’unité la plus ancienne de la Garde Impériale.

Si l’on se veut d’une rigoureuse exactitude, il serait faux que de prétendre que c’est la première unité mercenaire au service de la Couronne antérinienne ; en vérité elle serait plutôt la première unité au service des Antranias-Weilsbrecht ; autrement avec l’union du Duché de Weilsbrecht (dépendant de la Couronne Kaulthe) et du Royaume d’Antérinie. C’est donc pour cette raison là qu’un peuple si distant d’Antrania a pu fournir les meilleurs mercenaires à l’Antérinie pendant pas moins de trois siècles. En effet, avant même son couronnement en tant que Rex Anteriniae, le Duc Heinrich IV avait fait appel aux cavaliers karts ; les « husaria” signifiant ‘’Hussard’’ en français. Le prince impérial avait en effet eu besoin de ces mercenaires pour écraser une révolte paysanne et nobiliaire s’étant déclenchées suite à des hausses d’impôt particulièrement lourde. Même si, la légende tissée autour de ces bataillons prétend qu’ils furent employés pour soutenir l’Empereur Arius II dans l’expansion de l’Empire, certains chroniqueurs chargés d’entretenir le prestige de la nouvelle dynastie affirmaient même que ‘’sans l’aide de son féal sujet, le Bon sire Arius II aurait connu moult et moult défaites’’. Néanmoins, l’origine de ces unités ne fait pas non plus l’unanimité chez les historiens ; certains en effet prétendent que ces hussards ailés venaient d’Hunyakie ; actuelle Brann du Nord. Tandis que d’autres, majoritaires, affirment que les chevaux et les militaires appartiennent depuis le Moyen-Âge à la plus haute et à la plus pure aristocratie kartienne; le débat reste toujours ouvert, mais nombreux sont ceux qui considèrent que les hussards viennent de Karty.

D’autre part, il convient de rappeler que cette unité n’a pas uniquement servi dans le maintien de l’ordre contre des barons révoltés ou une populace en guenilles exaspérée par la fiscalité ducale. Car ce seront les guerres d’Antérinie qui donneront à ce bataillon dorénavant mythique ses lettres d’or et są légitimité actuelle. Ce seront ces derniers qui écraseront les Teylais devant Luz alors que les troupes antériniennes étaient en infériorité numérique. Sans l’intervention de ces hussards, il y aurait fort à parier que la bataille aurait tourné court et que les Teylais auraient très bien pu conserver la ville. C’est justement grâce à ces troupes de choc (littéralement) que l’Armée royale pût écraser dans une éclatante victoire cette armée teylaise. Si il est probable que peu de nations se souviennent de cette bataille considérée comme ‘’mineure” lors des guerres d’Antérinie, il convient néanmoins de confirmer que la ‘’Bataille des Anges” (en l’honneur des ailes si caractéristiques des hussards karts) reste un acte fondateur dans la geste antérinienne ; le triomphe du Roi sur de turbulents vassaux et la naissance du Royaume comme puissance continentale en voie de centralisation. C’est donc très souvent en cette honneur que la Garde Kart rejoue généralement cette scène lors de l’anniversaire de la bataille. Et c’est aussi pour cette seule raison, même si cette victoire est loin d’être le seul fait d’arme mémorable de cette compagnie, nous en reparlerons plus tard, que la Garde Kart est aujourd’hui considéré comme l’une des unités les plus prestgieuses et les plus connues de l’Armée antérinienne, même si nous le constaterons, elle n’a absolument rien d’Antérinien, même aujourd’hui. C’est à la suite de cette bataille là que Henri IV de Weilsbrecht fut couronné Comte de Saint-Jean-de-Luz lui permettant ainsi de cumuler les couronnes de Roi d’Antérinie et de mettre la main sur l’un des duchés les plus riches et les plus puissants de tout le Moyen-Âge antérinien, plus que ça de mettre au pas un Grand seigneur qui avait soutenu avec acharnement les révoltes des grands féodaux contre le pouvoir centralisateur de la Monarchie.

Car la stratégie des hussards ailés est simple ; d’une redoutabilité et d’une efficacité remarquable : assumer le rôle d’une cavalerie lourde véloce, brutale et intrépide. C’est pour cette raison là que les chevaux des Gardes Karts nous viennent tout droit des plaines kartiennes ; de véritables merveilles biologiques alliant la vitesse à la bravoure. Des qualités qui ne seront qu’exacerbées lors de l’entraînement ces équidés. On estime que leurs cheveaux sont un mélange, une hybride, entre deux races ; des ‘’purs sang’’ kartiens mêlés aux petits chevaux mongols qui furent importés lors des grandes invasions barbares et de l’expansion de plusieurs marquisats à l’Est de l’Eurysie. Par ailleurs, ces ailes si particulières avaient vocation à effrayer l’ennemi en lui faisant croire que les cavaliers étaient plus nombreux, cela permettait de doublait la masse visuellement tandis que les charges lorsqu’elles s’exécutaient rendaient assez flou le nombre de cavaliers. En effet ces derniers se resserraient petit à petit au fur et à mesure que la vitesse augmentait permettant ainsi de destabiliser psychologiquement les piquiers et les lignes d’infanterie, si la première charge ne suffisait pas, une seconde était retentée, facilitée par la maniabilité et l’endurance des chevaux. À une époque où les batailles se gagnaient lorsque les lignes principales se débandaient, avoir un tel atout dans są manche sauvait parfois des batailles entières ; plus encore ça renversait des tendances sur des fronts. Une force de choc si efficace était dans la plupart des cas une condition sine qua non pour des victoires stratégiques d’importance.

Néanmoins, malgré plusieurs victoires éclatantes contre les troupes kaulthes ou listoniennes sur le continent eurysien, le poids de la cavalerie diminua petit à petit au profit des régiments d’infanterie de ligne ; inutile de tenter une charge lorsque une simple salve de carabines ou de mousquets suffit à abattre des rangées entières de cavaliers. D’autant plus quand les armes deviennent encore plus précises et plus meurtrières ; les tirées de flèches à l’aveuglette lors des batailles médiévales sont en proportion de simples avant goût ; dorénavant la bataille se gagne par l’artillerie et le fracas des balles. C’est principalement pour cette raison que les missions de ces unités se sont progressivement réduites à de l’éclairage et et aux missions d’escorte. Leurs effectifs furent progressivement réduits pour atteindre les 1.500 cavaliers seulement ; réduisant drastiquement leur efficacité sur le terrain et leur permettant de se concentrer pleinement sur la protection rapprochée du souverain. Une mission qu’ils purent assumer publiquement, leur permettant ainsi de participer aux opérations de « prestige public » autrement dit de briller devant les autres compagnies royales et/puis impériales en escortant le carrosse et en menant parfois des spectacles équestres devant une foule impressionnée par une telle agilité et une telle dextérité.

Mais ce déclin progressif peu après la première moitié du XVIIIe siècle n’empêcha de rendre des services qui conditionnèrent la survie même de la monarchie antérinienne. En effet, lorsque la révolution éclata, que l’Armée impériale se retournât contre la monarchie (ou du moins les garnisons dans le Duché d’Antrania) et formât de manière purement autonome la Garde Nationale peu ou prou similaire aux milices bourgeoises du Moyen-Âge. Ce ne fut qu’avec l’aide de sa garde privé ainsi qu’un régiment de loyalistes que la famille royale put s’enfuir à Saint-Jean-de-Luz et coordonner la riposte avec les troupes fidèles dans le sud du Royaume. La Garde Kart joua un rôle majeur en réussissant à exfiltrer en un temps record le monarque et le Prince héritier tout en poursuivant avec acharnement le combat et en formant avec une remarquable efficacité les troupes de conscrits levés par la Couronne qui paraissait être en déroute à ce moment là. Si évidemment il est inutile d’affirmer que la victoire des « Blancs » sur les « Bleus » lors de la révolution est uniquement du à la Garde Kart, il est tout de même bon de noter que sans les efforts salutaires du Commandants kartiens Sobienski, le mouvement monarchiste aurait pu perdre sa tête de proue et son meneur ; le Roi. C’est cette seconde raison qui explique pourquoi cette unité est aussi prestigieuse et si élevée au sein de la Garde Impériale.

Aujourd’hui encore, même si la figure de ces cavaliers ailés est à la fois mémorielle et protocolaire, il est tout de même fascinant de noter que cette Garde reste un outil diplomatique unissant Karty à l’Antérinie par le biais de l’Histoire. En effet, ce sont toujours les Kartiens qui fournissent hommes, matériel et chevaux. Ce dernier est d’ailleurs si bien ancré, cette unité si prestigieuse, que jamais il n’a été envisagé par la Famille royale ni Parlement de s’en séparer ; y compris lorsque les relations antérino-kartiennes se tendirent brutalement à la suite de la défaite kartienne face à la Loduarie.

Les Walinzi Wekundu (aka la Garde Écarlate) défilant à Marcine // Garde Rouge sénégalaise, inspirée des saphis, unité de cavalerie apparue au XIXe siècle. Quelle classe, n'est-ce pas ?

La Cavalerie Orocomo ; l’effrayante « Walinzi Wekundu » (ou sobrement intitulée « garde écarlate » en français).

La cavalerie orocomo a toujours joué un rôle majeur dans l’histoire militaire marcinoise ; ces unités de cavalerie légère, même si elles sont ethniquement rattachées au territoire marcinois, sont pourtant clairement distinctes des autres ethniques du Royaume et des autres unités militaires du Royaume. C’est principalement pour cette raison que beaucoup d’historiens militaires voient en ces unités là des mercenaires étrangers plus que des soldats réguliers au service de l’Armée confédérale. Une nuance subtile, mais nécessaire est à comprendre pour éviter de mésinterpréter ces quelques lignes assez vagues ; en premier lieu, qui sont les Orocomo(s?) ? C’est cette ethnie là qu’il est fondamental de comprendre pour aborder sereinement la question.

En effet, les Orocomos sont une ethnie de l’extrême nord est de Marcine ; ils sont issus d’une vague de migration qui suivirent l’établissement des premiers peuples de l’ethnie Marcin’e (un vaste ensemble ethnique mêlant les populations du Hamaxoumar et du Makeba qui donna naissance aux groupes sawhilis). Les Orocomos eux étaient issus des peuples d’Antérie ; et même si les raisons de leur migration restent un mystère, il est communément admis qu’ils entrèrent très vite en conflit avec la royauté marcinoise et devinrent soi de turbulents tributaires tout au long des siècles, soi des opposants systématiques qui manquaient rarement une occasion pour se rebeller contre l’autorité royale. Avec l’importation des chevaux à partir du Ier siècle à la suite des premiers contacts entre Marcinois et marchands antériens. Profitant de leur position avantageuse (ils sont en plein sur la route d’exportation des équidés) et des similitudes linguistiques existant avec leurs ancêtres en provenance de ces régions les Orocomos furent donc les premiers à domestiquer les chevaux et à maîtriser mieux que quiconque dans la région l’art équestre. Un avantage tactique qu’ils ne se priveront pas d’utiliser durant les prochains siècles.

En effet, si l’on supposait à cette époque que l’État royal marcinois n’était qu’un nom pour désigner un conglomérat de tributaire tenus tant bien que mal en laisse par une dynastie possédant un fief bien implanté (ici ce serait une sorte de ville économiquement influente), les siècles suivants, avec l’effondrement progressif de l’autorité de la ville de Marcine au profit de Kalindi ou de Bagadi mieux situées et mieux défendues. Profitant de ce vide, les Orocomos purent fonder pendant quelques siècles un royaume autonome, presque étranger aux querelles entre principautés marcinoises. Mais néanmoins, avec la christianisation progressive de Marcine et l’établissement des premières missions en provenance d’Afarée du nord (le fameux royaume du Prêtre Jean) contribuèrent à distendre les relations entre les Orocomos attachés à leurs traditions païennes et les Marcinois, qui profitèrent du couvert de la foi pour tenter de mettre au pas de manière définitive ce peuple insoumis depuis plusieurs siècles. C’est donc sous couvert de conflits religieux qu’une expansion progressive se fit, et c’est à partir du IIe et du IIIe siècle après le Christ que l’utilisation de la cavalerie devint généralisée au sein des formations orocomos ; et c’est ainsi que naquirent les premières unités légères de cette cavalerie qui infligèrent plusieurs défaites aux armées marcinoises ; comme à Saalé (450 environ) où un millier de fantassins marcinois furent écrasés par deux cents cavaliers, une cinquantaine de frondeurs et une centaine de fantassins. Dans cette bataille la capacité à encercler le camp ennemi en quelques heures sans se fatiguer a joué un rôle déterminant qui a mené à la défaite absolue des marcinois. Et c’est sur fond de conflits religieux que l’islam put se propager aussi rapidement entre le Xe et le XIIe siècles. Encore aujourd’hui, les Orocomos sont considérés comme les dernières ethnies du Royaume de Marcine à pratiquer massivement l’islam.

Mais si les cavaliers orocomos s’allièrent avec l’infanterie légère marcinoise, c’est principalement à cause des incursions des cavaliers antériens et de la traite musulmane qui venait à se retourner contre les Orocomos. Menant ainsi à une alliance tactique entre l’émirat local et le Royaume de Marcine ; par ailleurs, face à la nécessité absolue de s’unir contre cette menace venue du nord, et face aux possibilités qu’offraient ce corps de cavalerie pour de potentielles campagnes d’expansion face au Dgondu et à son réseau de tributaires au sud. Même si tout au long de l’Histoire les conflits entre Marcine et le Dongdu furent somme toute assez rares (si l’on y excepte la sujétion du Mondawa). C’est donc pour une multitude de raisons que Marcine comprit très vite qu’une intégration pacifique des territoires orocomos seraient une nécessité pour être suffisamment forts face aux ingérences extérieures et aux expansions futures du Royaume. C’est à cette conclusion même que se rendirent les élites orcocomos lorsqu’elles se soumirent officiellement au Négusa Négast de Marcine en échange d’une autonomie intérieure absolue, même si dans tout les cas les princes marcinois étaient bien trop occupés à mater les ambitions de la haute aristocratie pour réellement pouvoir prétendre s’ingérer dans les affaires intérieures de l’émirat. Pour symboliser l’accord, les Négusa Négast engagèrent les cavaliers orocomos dans leurs gardes personnelles.

Si tout au long des siècles cette unité de quelques milliers d’hommes fut un atout décisif pour la royauté marcinoise, d’une part grâce à la grande habilité des cavaliers légers qui encerclaient les formations ennemies pour les harceler par le jet (une technique que l’on retrouve par ailleurs chez les Hunyaks de Brann au Moyen-Âge), ce sont aussi d’excellents éclaireurs capables de mener des escarmouches et d’harceler sans discontinuer les avants-gardes ennemies. Même en combat rapprochés les Orocomos ont des techniques particulières ; à titre d’exemple l’infanterie orocomo est montée et descend de cheval pour le combat. Cette manière si originale permettait notamment de ne pas craindre les volées de flèches lors des charges de cavaleries, l’arc étant l’arme favorite des forces musulmanes s’avançant en territoire marcinois et offrant ainsi une supériorité sur le champ de bataille en cas de guerres d’importance contre les mahométans. Malgré tout, il reste bon de notifier que l’infanterie montée reste anecdotique ; la plupart de ces conflits se limitant à des raids et à des contre raids nécessitant une cavalerie extrêmement mobile et se battant principalement à distance. Voire parfois en combat rapproché lorsqu’il s’agit de piller les camps ennemis, expliquant par la même l’existence de quelques compagnies d’infanterie montée. Les unités intégrées à la Garde sont quant à elles chargées de combattre auprès du Roi et, si nécessaire, de faire écran de leurs vies pour sauver celle du monarque.

Lors de l’union des Couronnes et de la formation des Antranias-Weilsbrecht-Marcine (actuelle Maison régnante, même si le Weilsbrecht a été retiré) les Orocomos virent leurs rôles devenir exclusivement militaires et protocolaires, le Roi ne passant qu’assez peu de temps à Marcine, certaines unités devinrent chargées de la protection des institutions ou du moins des grandes familles aristocratiques de Marcine occupant des places d’importance au sein du Conseil. Petit à petit, même si l’unité conservait sa supériorité tactique sur les champs de bataille, plusieurs de ses membres devinrent petit à petit des outils d’apparat ; une garde traditionnel tout aussi prestigieuse et tout aussi chargée d’histoire que les Hussards Karts ; c’est aussi pour cette raison là que plusieurs décrets interdirent au Roi de Marcine de s’entourer de ces lanciers sur le territoire marcinois, le forçant ainsi à recourir aux Orcomos. C’est de cette manière que ces troupes ne devinrent plus uniquement militaires, mais aussi politiques ; ce sont eux et personne d’autres assurant la protection du monarque marcinois, témoignant clairement de la volonté d’autonomie des Marcinois tant dans les symboles que dans les faits (avec la restructuration et l’approfondissement de l’Acte d’Union qui furent négociées en 1700 marquant de fait l’autonomie de la Couronne marcinoise vis à vis des Antériniens). Mais malgré tout, le rôle militaire des Orocomos déclina, et avec l’influence de cette ethnie, principalement à cause du triomphe de l’arme à feu sur les champs de bataille et la drastique perte d’efficacité des charges de cavalerie. Petit à petit, les unités se cantonnèrent à l’encerclement et à la démoralisation de l’ennemi par l’hacrcèlement de son arrière garde et de ses voies de communication ; redonnant un nouveau souffle, temporaire, aux Orocomos, qui purent ainsi remporter plusieurs victoires contre les Velsniens en soutenant les principautés ouwalindaises en tant que mercenaires.

Mais avec le nouveau triomphe de l’armement mécanisé lors de conflit de haute intensité opposants les grandes puissances eurysiennes au début du XXe siècle, il fut décidé de réduire progressivement les effectifs des régiments de cavalerie orocomos, devenus obselètes face aux véhicules légers ou aux chars d’assauts. Ces dernières furent même reléguer au maintien de l’ordre en devenant des supplétifs des gendarmes montés marcinois, tandis qu’ils obtenaient l’exclusivité des missions de prestige à Marcine, avec de nouveaux uniformes plus voyants et bien plus impressionnants visuellement. En effet, les couleurs « ternes », utiles pour se fondre plus facilement dans la masse et mener des combats d’arrière garde dans les montagnes ou les déserts, ont été remplacées par des uniformes rouges vifs aux couleurs de Marcine. Mais pourtant avec cette restructuration ayant débutée dans les années 1950, plusieurs officiers refusèrent l’obsolescence de leurs unités et tâchèrent de trouver une alternative permettant de conserver un rôle martial aux unités montées orocomos. Et justement à quelques milliers de kilomètres de là, se trouvait la solution.

Le Mandriarka, cette théocratie pour le moins « spéciale » était gangrenée par des bandes de « bikers » des pillards en moto localement appelés « Milisy Foco » (ou milices claniques) qui agissent comme protecteurs locaux et qui peuvent mettre en déroute des petites forces gouvernementales avec une redoutable efficacité. Bien que l’objectif des Orocomocos soient radicalement différents il n’en reste pas moins que l’on peut assimiler ces unités à de la cavalerie mécanisée légère. C’est principalement pour cette raison là que plusieurs missions d’observations furent accomplies au Mandriarka dans les années 1970 pour pouvoir s’informer et apprendre de ces techniques novatrices qui peuvent permettre aux cavaliers orocomocos de redevenir une force stratégique de second plan. En effet, les motocyclistes et les side-cars peuvent devenir des outils de patrouille et d’embuscade extrêmement efficaces pour peu que l’on sache les utiliser, c’est donc pour ces raisons que des unités de reconnaissance légère en moto et en side-cars les modèles les plus puissants et les plus récents pouvant atteindre entre 200 et 300 kilomètres à l’heure ; une vélocité qui permet de mener des offensives éclaires sur les routes pour freiner l’avancée ennemie ou une mener une véritable guerre d’insurrection à l’arrière des lignes de ravitaillement. En cas de bataille rangée ces véhicules pourraient parfaitement prendre à revers l’infanterie ou les blindés et mener des opérations visant à provoquer la confusion dans les rangs ennemis.

En un mot comme en mille, le régiment des Orocomos peut encore servir d’atout stratégique indéniable en Afarée pour le Royaume de Marcine tout comme il représente mieux que n’importe quelle unité la bravoure et la ténacité des forces armées marcinoises.

(A suivre, en attente des disponibilités de ceux que j'ai contacté).
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