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07:56:54
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[Vlastie-Monde] Adieux au plus grand des camarades...

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----------------15/03/2019
Pas mal, non ? C’est vlastique. (oui, je répéterai cette blague autant que je veux, tu vas faire quoi ?)
Mosvara
--------Cette froide matinée de fin d’hiver était étrangement dépourvue de l’habituelle agitation de la capitale vlastique.
--------Un orchestre, composé des membres de l’Armée Populaire et Démocratique de Vlastie, se mit à jouer une marche funèbre qui semblait dicter un nouveau rythme pour la ville en cette journée de deuil national.

--------Le soir précédent, une veillée mortuaire avait eu lieu avec les chefs de l’État Major, les membres du Conseil des Ministres et la famille du défunt. Conformément à la tradition et au protocole, le corps avait été déplacé de la salle de présentation du bâtiment Conseil des Syndicats de Mosvara vers une pièce plus intimiste.
--------Durant plusieurs heures, les proches de Léonin Ilyas Frejnès étaient restés aux côtés de son corps embaumé, dans un silence pesant et un cadre qui n’était pas enclin aux caméras. Durant la traditionnelle veillée, la veuve Frejnès prit les deux Colliers d’Âmes Sœurs entrelacés, hérités de leur mariage, avant de défaire le nœud pour les séparer.
--------C’était une tradition funéraire de la Vlastie : le nouveau foyer, symbolisé par les deux colliers d’âmes sœurs des parents à leur mariage, se retrouvait séparé par le décès d’un des deux époux. Conformément à ladite tradition, quand allait survenir le décès de Victoria Pénéloppe Frejnès, son collier d’âme sœur allait être de nouveau noué à celui de son époux décédé (à moins qu’elle ne se remarie entre-temps).
Je suppose que c’est bien la femme de Brejnev IRL d’après ce que j’ai pu voir des archives filmées de l’enterrement.
--------Elle était entourée principalement de membres de la famille (plus ou moins proche) de son époux ainsi que d’amis (plus ou moins par intérêt) de celui-ci.

--------Ce fut enfin aux personnalités politiques vlastiques de payer un dernier hommage au défunt avant le départ de celui-ci vers sa dernière demeure.
Alors... lequel de ces petits vieux va mourir en premier ?
--------Il s’agissait là des hommes de pouvoir les plus puissants et parmi les plus connus de la politique en Vlastie.
--------On pouvait déceler parmi eux, entre autres, l’actuel ministre de la culture et de l’information (chargé de la propagande) Gabriel Baudelaire, le Directeur du S.R.S. ou "Sérèse" (chargé de la surveillance de masse) Georges Valérien Androlophe, ou encore le secrétaire du Bureau Politique ainsi que très proche partenaire et ami de Frejnès Constantin Tartempion.
--------Néanmoins, le nom du successeur ne faisait pas de doutes. En se référant au passé de la Vlastie, il était facile pour les observateurs étrangers de deviner, par répétition historique, qui serait le prochain dirigeant. À savoir : l’organisateur des actuelles funérailles nationales.
--------L’identité dudit organisateur avait été révélée par la presse vlastique au cours de l’annonce télévisée faite à la population quelques jours plus tôt pour annoncer le décès de Léonin Ilyas Frejnès. Ledit successeur ne semblait pouvoir être nul autre Georges Androlophe, connu pour avoir grimper les échelons du Parti Communiste Vlastique (P.C.V.) grâce à aux nombreux dossiers compromettants qu’il avait recueilli au fil des décennies.
--------Le tour vint ensuite aux membres de chaque délégation diplomatique de saluer la mémoire du défunt, ils emboîtèrent le pas aux cadres du pouvoir vlastique face au cercueil.

--------Alors que le groupe continuait à jouer la marche funèbre de rigueur, des soldats soulevèrent le cercueil pour le déposer sur un affût d’artillerie.
--------Au moment où ils sortirent le corps de la salle puis du bâtiment, leurs pas furent suivis par les dirigeants du P.C.V. ainsi que du Présidium vlastique, les membres du comité funéraire, la famille ainsi que les amis du défunt, les membres du Conseil des Ministres, les hauts responsables du Comité Central... Les délégations diplomatiques, quant à elles, ne furent pas oubliées et rejoignirent le cortège dans sa silencieuse contemplation, à une place de choix.


--------À l’extérieur, le froid était mordant et semblait s’insinuer sous la peau de chacun.
--------Des centaines de couronnes de fleurs (rouges, il va sans dire) étaient déposées devant la Maison des Syndicats de Mosvara où trônait le corps depuis quelques jours. Celles ramenées par les délégations étrangères furent mises en avant par rapport aux autres. Les décorations militaires du défunt sont soigneusement apportées par des militaires sur des coussins de satin pourpre : une décoration par coussin, un coussin par militaire.
--------La Place Centrale de la ville est presque saturée par la gigantesque foule.
--------Des travaux de dernière minute y furent effectués. Tout d’abord, les rares végétations qui dénotaient dans l’étendue de béton furent arrachées, ensuite un sol de pavés fut installé afin de donner un côté plus authentique à la cérémonie. Après tout, chaque événement pouvait être propice à un peu de propagande.

--------Le cortège s’arrêta aux côtés du mausolée où reposait le corps embaumé et conservé de la fondatrice du régime communiste : Valérie Irène Lainin.
Oui, ça dénote un peu avec ce à quoi ressemble habituellement la capitale vlastique.
--------Le cercueil de Léonin Frejnès fut transposé sur un socle.
--------Les membres du Bureau Politique (aussi appelé "Politburo"), quant à eux, se séparèrent de la foule pour monter sur le podium central dudit mausolée. Une relique du temps de Joséphine Talin : dictatrice ultra-autoritaire qui régna sur la Vlastie avec une main plus ferme que quiconque, et ce des années trente aux années soixante.
--------Tous attendirent, sans exception, l’allocution des différentes personnalités centrales du régime sur la vie du dirigeant défunt. Et ce particulièrement pour les délégations diplomatiques ayant répondu favorablement à l’invitation de la Vlastie faite au monde pour les funérailles.


--------Plusieurs personnes intervinrent, mais la plus attendue mit du temps avant de se faire entendre.
--------L’homme que tout le monde pouvait voir comme étant le successeur de Frejnès à la tête du pays s’avança enfin derrière le pupitre pour prendre la parole.
Pépé pas content, et surtout pépé frigorifié.
--------Les hauts-parleurs de la ville diffusèrent les paroles du futur leader vlastique, et en particulier ceux braqués sur la place centrale où se trouvaient les personnes assistant aux commémorations. Voici ce qu’ils entendirent :
--------«-Camarades !
--------C'est avec vous que je pleure la perte qu'ont subi notre chère et tendre Vlastie, notre peuple et la part de l'humanité pour qui le progrès revêt une importance capitale. En cette bien triste journée, nous accompagnons, sur son chemin vers sa dernière demeure, Léonin Ilyas Frejnès : un des fils glorieux de notre chère patrie.
--------Il était un patriote et laininiste convaincu, dirigeant éminent du Parti Communiste et de l'État vlastique, grand acteur du mouvement communiste et du mouvement des ouvrier, lutteur infatigable pour la paix et la protection de notre peuple... Je me permettrai, avant toute chose, d'exprimer mes profondes condoléances à la famille et aux proches amis de Léonin Frejnès, proches dont je faisais partie.
--------Il faisait partie des citoyens vlastiques qui ont grandi et se sont fortifiés au moment de la lutte du peuple vlastique pour renforcer les grandes réalisations de la Révolution Patriotique de Juillet : la Grande Guerre Patriotique de 1958. Un combat qui fut entreprit pour mettre en œuvre le testament de Lainin, pour faire avancer le socialisme dans notre pays, pour son indépendance et sa liberté.
--------Qu'il s'agisse de nos travailleurs, guerriers, savants... Léonin Ilyas Frejnès a su montrer maintes fois son attachement envers absolument toutes les catégories qui composaient notre peuple. Toute sa vie et toute son action furent mises au service des personnes de labeur. Toute son immense énergie et tout impressionnant son talent ont été utilisés pour l'œuvre du communisme, pour le renforcement de la justice sociale, de la fraternité des gens de labeur.
-»
--------Le vieil homme prit quelques secondes pour recouvrer son souffle et se racler discrètement la gorge, prenant soin de discrètement couper les microphones afin d’éviter que le public ne l’entende. Toute cette manœuvre ayant simplement pour but de se lancer dans une nouvelle tirade, semblant être aussi interminable que la précédente.
--------«-Léonin Ilyas Frejnès a été parmi les éléments les plus actifs du Parti, entièrement dévoué pour satisfaire les fonctions les plus élevées de notre glorieuse mère la Vlastie. Il s'agit là d'une période extrêmement importante et que nous avons vécu, une période qui deviendra un jour centrale dans les cours d'histoire des futures générations, et une période qui s'acheva avec lui. C'est en effet sous sa direction que la politique du Parti a été la plus constante dans son élaboration et sa mise en œuvre.
--------Pénétré par son intérêt pour l'âme du travail, pour l'élévation des conditions d'existences de nos citoyens... c'est grâce à lui que ce sont renforcés les principes de la nation vlastique dans une atmosphère de fraternité commune et de labeur partagé. Une atmosphère opposée à toutes les tentatives d'entraves venant de personnes mal intentionnées, contre lesquelles il a su nous garder dressés et fiers dans l’adversité.
--------Dans la mémoire du peuple vlastique, Léonin Ilyas Frejnès restera toujours un homme parmi les plus grands, un des plus grands contributeurs pour la paix durable et la coexistence pacifique entre la Vlastie et ses voisins. C'est avec constance et avec passion qu'il a combattu pour une détente internationale, pour que notre pays soit soulagé d'une menace des armes de destruction massive lors de la Crise des Aleumissiles, malgré la perfidie de certains individus. Les mêmes passion et constance avec lesquelles il combattit durant la Grande Guerre Patriotique de 1958.
--------Camarades, en cette heure amère et en disant au revoir au camarade Frejnès, tout notre pays déclare sa décision de poursuivre, de façon constante et inébranlable, la mise en place de la stratégie et de la politique qui avait jadis été élaborée avec l'aplomb de notre défunt camarade. Les citoyens vlastiques, de façon unanime et spontanée, qu'ils sont prêts à appuyer la politique de notre Parti et qu'ils lui accordent leur infinie confiance.
--------Sachez que nous renforcerons encore davantage notre économie, notre niveau de vie, notre industrie et ainsi que notre démocratie. Pour le peuple, pour notre indépendance, pour notre puissance et pour notre avenir.
--------Nous disons adieu à notre très cher ami et à notre fidèle camarade. Nous espérons voir ta mémoire demeurer vivante dans nos cœurs et dans les travaux du Parti Communiste.
-»
--------Ayant clôturé son intervention, le vieil homme s’éloigna du pupitre.

--------Les applaudissements de rigueur se firent entendre dans la foule, malgré l’ambiance pesante et les circonstances. Bien entendu, il ne s’agissait pas d’une ovation explosive mais de simples clappements de mains peu bruyants.
--------Les hauts dignitaires se suivirent dans un balai de discours tous plus grandiloquents les uns que les autres sur la vie du dictateur défunt. Néanmoins, aucun ne semblait éclipser les paroles de Georges Valérien Androlophe, dont les paroles semblaient avoir été mises particulièrement en avant.
--------Une véritable propagande funèbre faite par un régime aux représentants dévoyés, à l’idéologie vantée comme étant prédominante mais surtout supérieure.

--------En guise de conclusion, un remerciement fut prononcé envers les délégations de tous les pays ayant répondu favorablement à l’invitation de la Vlastie.
--------Ce fut le fils de d’Androlophe, Michaël Sergioson Gorbata, qui exprima les remerciements du pays face aux invités diplomatiques :
--------«-Nous tenons, avant de continuer, à exprimer notre gratitude.
--------Une gratitude qui va envers tous ceux qui sont présents avec nous pour partager la peine de la Vlastie, malgré le fait qu’il ne s’agisse pas de leur pays ou de leur leader. À vous, qui nous avez rejoint depuis vos pays respectifs, que nous remercions chacun à titre individuel et personnel pour la présence de leurs représentants.
--------La Méta-Baronnie, la République Démocratique Populaire de Pravoslavnyy, la République Socialiste de Barvynie, la République Démocratique Populaire d'Ouaine, la République Socialiste de Vostokoslavie, l’État d'Orazie-Grénat-Balui, l’Empire Démocratique et Parlementaire du Nord, la République Fédérale Kartienne, le Parti Communiste Avourgeois et la République de Lermandie.
--------Merci, de la part de notre peuple et du camarade Frejnès.
-»
--------Le jeune Premier Secrétaire du Bureau Politique se retira enfin. Il dénotait assez avec les hommes qui l'entouraient : tous avaient été assez vieux pour se souvenir de la Grande Guerre de 1958 – voire même assez pour y avoir combattu. Alors que lui n’en était qu’au début de sa vingtaine, cerné par des individus ayant au moins le triple de son âge.
--------Une fois venu l’achèvement de toutes ses différentes allocutions, enchaînées à un rythme effréné, les différents dignitaires qui furent présents dans sur le podium du monument en descendirent.


--------Au moment où ceux-ci s’approchèrent du cercueil laissé ouvert, des militaires les rejoignirent.
--------Se mouvant à l'unisson, ils empoignèrent les hanses du cercueil et le soulevèrent en même temps. Cependant, il était évident que les vieux détenteurs du pouvoir ne portaient pas le poids du corps. En effet, les militaires, bien plus jeunes et vigoureux, portaient la masse, cachés derrière les vieux hommes qui servaient bien plus d’apparat que de réelle aide.
Les p’tit vieux qui auraient galéré sans le militaires pour tout porter.
--------On pouvait distinguer, en tête du funeste cortège, le vieil Androlophe, disséminant un autre indice (s’il y en fallait davantage) concernant la future position dans la hiérarchie du pays. Ledit cortège reprit son chemin, dans la même disposition qu’il arborait plus tôt : une longue colonne silencieuse se mouvant dans le son des pas et de la marche funèbre.

--------Enfin, ils arrivèrent à leur destination.
--------La procession s’arrêta devant une cavité creusée dans le sol : la tombe qui allait accueillir la dépouille de Léonin Frejnès. Elle était adjacente à celles des dirigeants et grandes personnalités vlastiques qui l’avaient précédés, chacune marquée d’une stèle commémorative massive, sur laquelle figurait nom, prénom, date de naissance, date de mort, mais surtout : faits notables.
--------Pour le camarade Frejnès, ces faits avaient déjà été gravés dans le marbre, de façon métaphorique comme littérale, par les mots suivants :
Léonin Ilyas
FREJNÈS

Illustre soldat, grand patriote, leader sage, père et mari aimant.


--------Une nouvelle fois, ce fut en priorité à la famille et aux amis proches du défunt de lui dire un dernier aurevoir.
Là, j’ai pas de commentaire drôle, c’est quand même une image assez pesante.
--------Ce fut ensuite aux hauts gradés de la caste du pouvoir de rendre hommage au défunt puis, de nouveau, le tour vint aux délégations diplomatiques de saluer le corps du défunt.
--------Une fois les derniers hommages apportés, le cercueil fut fermé par les soldats qui avaient assuré son transport. Il entama ensuite sa lente et inéluctable descente dans la fosse. Une fois qu’il eut atteint le fond, la famille jeta les premières poignées de terre sur celui-ci, avant que les pompes funèbres ne se chargent de le recouvrir avec de nombreuses pelletées.
--------Ainsi s’acheva le règne de l’homme le plus puissant d’un des pays les plus peuplés du monde : pas dans une guerre contre l’ennemi de toujours, pas dans un coup d’État contre des rivaux internes. Non. Dans de simples obsèques, semblables à celles qu’auraient pu vivre n’importe quel agriculteur, travailleur d’usine, employé de bureau ou autre non-membre du Parti, et ce peu importe les fastes de la cérémonie en son honneur ou le nombre de personnes présentes pour le saluer.









--------Après l’enterrement, une cérémonie regroupant certains responsables politiques et les les membres des représentations diplomatique se tint au sein du...
Pas mal, non ? C’est vlastique. (oui, je répéterai cette blague autant que je veux, tu vas faire quoi ?)
Palais de Vertailles
--------L’édifice, qui tenait du monument historique, avait été érigé au cours de la période protectorale et se trouvait en marge de la capitale. Plus précisément, il s’agissait d’une commande architecturale de la reine Louis XIV de la maison Bourdons au cours du XIXème siècle. Le but était alors pour la souveraine de transformer un ancien pavillon de chasse en véritable demeure pour elle et toute sa cour.
--------Au fil des régimes connus par la Vlastie, il connut de nombreux changements dans ses utilisations et les rôles qui lui étaient attribués.

--------Aujourd’hui, il s’agissait surtout d’un domaine permettant la tenue de fêtes pour l’élite et aussi d’une résidence de vacances pour la personne élue à la tête du présidium.
--------En parlant dudit poste, il n’y eut aucune surprise parmi les observateurs étrangers quand le Comité central du P.C.V. annonça, dans la journée, que Georges Valérien Androlophe avait été élu à la direction du Présidium ainsi qu’au pose de Secrétaire général du Parti. Il ne fut pas étonnant de le voir à la réception donnée à la fin de la journée.
--------Au cours de ladite réception étaient aussi conviés lesdits observateurs étrangers, leur donnant la possibilité, s’ils le désiraient, de s’adresser à certains membres du pouvoir, et plus particulièrement au nouveau dirigeant de la Vlastie.
--------Pour leur bon plaisir, un grand panel de boissons et de mets de grand luxe avait été mis à leur disposition. Qu’il s’agisse de canapés au pargue fumé, de toast au caviar ou encore de champagne, il y avait de quoi régaler les invités d’honneur.
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