
La Gouverneure Tosca Shimanskaya marchait aux côtés du Ministre Axel Orndorff, une discussion légère les accompagnait. Cette dernière ne trouva aucune interruption, cette bérézina du G20 Poëtoscovien étant enfin clôturée pour l'Empire Raskenois et la République Fédérale Kartienne. Cette discussion ne s'arrêta guère, pas même lorsque les deux homologues durent s'installer dans une fidèle berline Steiner au moteur thermique, une qui se mit à ronronner, si ce n'est pas à gronder, d'une essence sans aucune forme de doute traitée par les lobbies d'Apex Energy. C'était cela après tout, l'allié Raskenois: De grandes voitures, du pétrole, des projets militaires et industriels pharaoniques !
Volkingrad et Eberstadt composaient tous deux en la matière, ne serait-ce que par le projet du CL-20 ou bien du projet Krechet. Les deux diplomates s'amusèrent finement de la tentative Poëtoscovienne, quelques piques et boutades partagées entre deux alliés soudés. Tantôt l'universalisme impossible était pointé du doigt, tantôt l'impréparation rocambolesque des hôtes, tantôt la croyance enfantine en une diplomatie aussi multilatéraliste.
La course terrestre s'arrêta finalement à l'aéroport international Poëtoscovien, devant le grand aéronef diplomatique Raskenois. Tosca le mira, ce dernier s'écartait en tout point des avions diplomatiques Kartiens. L'appareil Raskenois était massif, imposant, en bref il était visible. Un bec corné, des ailes rappelant un avion de chasse, des réacteurs à propulsion et non de simples turbines, pour sûr, cet engin était unique. Les aéronefs diplomatiques de la République Fédérale, eux, étaient de simples jets: Discrets, fiables, doués d'un confort à toute épreuve.
La Gouverneure Shimanskaya fut invitée à monter à bord. L'équipage semblait plutôt curieux de cette nouvelle arrivante, qui n'était pas prévue initialement: Les aléas du G20 en somme. Le Ministre Orndorff invita son interlocutrice à prendre place en face de lui, la laissant visiblement commencer le réel début d'une diplomatie respectable. Honneur aux femmes dirions-nous.
«Excellence et allié Raskenois, je me dois évidement de vous remercier pour cet accueil. Il m'est tant un plaisir qu'un honneur de profiter avec vous de ce trajet !
Quoiqu'il en soit, je vous évoquais la finalité du projet Krechet... La République Fédérale Kartienne a réussi à mettre nos hélicoptères d'assaut en ligne de production, déjà vingt unités produites ! Permettez-moi de dire que c'est encourageant, à mes yeux ! Ce partenariat cerne une chose, sieur Orndorff. Si les Etats comme la Poëtoscovie sont... Illuminés, dirons-nous, d'une sorte de prisme universaliste d'une paix malheureusement inatteignable, la réalité de la scène internationale s'est encore imposée. Il est sage, à mes yeux, de savoir que cette scène est injuste. Mais nier les règles dans de fausses espérances ne nous mènera nulle part, c'est sans doute un des éléments qui nous différencie d'Hernani n'est-ce pas ? Malheureusement, seul le pur rapport de force s'avère la finalité dans la majorité des événements. Ce partenariat, disais-je, va en ce sens. Pendant que la Poëtoscovie s'illumine du droit international, nous avons développé un des hélicoptères d'attaque les plus performants de ce monde.
Ce volet militaire me permet d'en aborder un autre. La Loduarie. Mon pays est venu à bout de la dictature rouge, sieur Orndorff. Les Loduariens se sont renfermés sur eux-mêmes, totalement coupés du monde désormais. Ils laissent avec eux deux orphelins. L'Union Internationale du Socialisme et du Communisme, mais surtout, dans notre cas intéressé, l'Illirée. Une faible puissance sur laquelle nous partageons un certain ressentiment il me semble... Quel est votre point de vue sur ce pays, désormais la Loduarie défaite ? Se tounera-t-elle vers d'autres horizons, persistera-telle dans le chemin emprunté, ou encore laissera-t-elle des représailles à Volkingrad ?»
