
Principales figures
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Posté le : 03 août 2026 à 15:43:33
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Nom : Mikhaylo Derenko
Naissance : 12 mars 1972, Velyka, Radina (43377)
Famille : Fils d'un instituteur rural et d'une sage-femme, Mikhaylo Derenko grandit dans une petite ville agricole du centre de la Vélèsie. Son père fait partie de cette minorité de lettrés ayant poursuivi l'enseignement autorisé malgré les restrictions imposées par l'ancienne théocratie. Il lui apprend très tôt à lire les rares ouvrages autorisés, puis clandestinement quelques textes interdits provenant de l'étranger. Sa mère meurt alors qu'il est encore adolescent, victime d'une maladie relativement facilement soignable dans des pays plus développés mais qui faute d'infrastructures médicales, lui fut fatale. Il ne s'est jamais marié et n'a pas d'enfant.
Foi : Agnostique
Idéologie : Socialisme démocratique, parlementarisme, pluralisme politique, réformisme
Faction : Front Commun des Forces Communistes Narodopalatiennes (courant socialiste parlementaire)
Rôle : Mikhaylo Derenko dirige le courant des socialistes parlementaires au sein du Front Commun des Forces Communistes Narodopalatiennes. Officiellement, il siège au Directoire Révolutionnaire Provisoire au même titre qu'Ilyan Vorodine et Sava Estrel. Dans les faits, son influence militaire demeure limitée, mais son importance politique est considérable. Cela car il agit comme le principal médiateur entre les différentes tendances révolutionnaires. Lorsque les Poradistes exigent davantage de centralisation ou que les Communalistes menacent de quitter une opération commune, c'est presque toujours lui qui tente de maintenir le dialogue. Il passe davantage de temps à arbitrer des désaccords qu'à élaborer des offensives militaires et à planifier la stratégie des socialistes dans tout ce beau bordel. Sans sa présence, le Front aurait probablement déjà connu plusieurs scissions majeures. Beaucoup de responsables locaux, y compris parmi ceux qui ne partagent absolument pas ses idées, reconnaissent tout de même qu'il constitue l'un des rares et le principal acteur grâce à qui toutes les sensibilités acceptent encore de se parler. Cette fonction de modérateur lui vaut autant de respect que de mépris ouvert. Les plus radicaux le considèrent comme un frein permanent à la révolution, tandis que certains civils voient en lui l'un des rares dirigeants cherchant encore à préserver une forme d'humanité au milieu du conflit.
Caractère : Mikhaylo Derenko n'a rien d'un chef de guerre. En vérité, il n'a rien d'un meneur tout court. Sa voix manque d'assurance, tremble, s'éteint. Ses discours sont hésitants, souvent trop longs, ponctués de silences et de formulations prudentes, mal construits et ne soulèvent aucune foule. Là où Vorodine électrise une assemblée en quelques phrases et où Sava Estrel captive par son éloquence passionnée, Derenko semble presque toujours parler avec l'impression de déranger son auditoire. À dire vrai, il ne possède aucun charisme naturel. Son visage ordinaire, sa silhouette sans prestance, son regard souvent fuyant ou glissant vers le bas, son front large, sa maladresse corporelle évidente et sa difficulté à imposer sa présence font de lui l'exact opposé des figures révolutionnaires héroïques que célèbrent les affiches de propagande ou qui marquent durablement l'histoire. Même parmi ses propres partisans, rares sont ceux qui le suivent par admiration. On le suit parce qu'on lui fait confiance pour ne pas diviser, non parce qu'il inspire.
Profondément pacifiste avant la guerre, il demeure horrifié par la violence quotidienne. Chaque rapport d'exécution, chaque village bombardé, chaque prisonnier torturé l'affecte personnellement. Il dort peu, fait des cauchemars réguliers, doute constamment et remet presque chacune de ses décisions en question. Cette sensibilité constitue une qualité parfois mais plus fréquemment est sa plus grande faiblesse. Il est incapable d'accepter la cruauté comme une simple nécessité politique. Là où les communalistes et les podaristes raisonnent en termes de pertes acceptables pour l'aboutissement de la révolution, lui continue à voir des individus. Il s'oppose régulièrement aux exécutions sommaires, aux purges internes ou aux réquisitions abusives, parfois au prix de son propre crédit politique.
Pourtant, il manque cruellement de fermeté. Lorsqu'il affronte les personnalités les plus dominantes du Front, notamment Ilyan Vorodine, il peine souvent à maintenir ses positions jusqu'au bout et lutte de toutes ses forces pour ne pas se soumettre. Ses convictions sont solides, mais sa personnalité l'est moins. Il cède, négocie, recule, puis tente ensuite de limiter les conséquences des compromis qu'il a acceptés. Cette faiblesse est parfaitement connue de ses interlocuteurs qui en profitent allégrement. Vorodine le considère avec une forme de condescendance mêlée d'exaspération et de l'idée qu'il reste malgré tout nécessaire et utile. Il juge son idéalisme naïf mais reconnaît qu'il évite au Front de sombrer dans des affrontements internes permanents. Sava Estrel entretient avec lui une relation plus ambiguë, oscillant entre affection sincère, admiration pour son intégrité morale et frustration devant son incapacité chronique à s'imposer. Il a une sorte d'attitude mêlant pitié et paternalisme de grand frère envers lui. Mikhaylo Derenko admire profondément les qualités de meneur des deux autres dirigeants mais surtout d'Estrel tout en redoutant ce qu'ils pourraient devenir si plus personne ne venait tempérer leurs ambitions.
Biographie : Mikhaylo Derenko grandit dans une Vélèsie où la politique demeure absente de la vie quotidienne. Dans les campagnes, la majorité de la population vit essentiellement de l'agriculture de subsistance et dans un quotidien semblable à la première moitié du vingtième siècle, et encore. Beaucoup ne savent qu'à peine lire, et la majorité pas du tout d'ailleurs. Nous imaginons donc bien que les débats idéologiques semblent appartenir à des cercles restreints des grandes villes ou aux élites religieuses. Son père constitue toutefois une exception. Instituteur passionné, il lui transmet une curiosité intellectuelle peu commune dans cette région. Derenko découvre progressivement des ouvrages de philosophie, d'histoire et de sciences politiques introduits clandestinement depuis l'étranger. Cette ouverture contraste brutalement avec l'environnement autoritaire dans lequel il grandit, un fossé aussi net que le jour et la nuit.
Adolescent, il comprend rapidement que la plupart des habitants de son pays n'ont jamais réellement choisi le système politique dans lequel ils vivent, quoique la révolution de 1913 fut à l'époque soutenue par la masse populaire et croyante. Beaucoup obéissent simplement parce qu'ils n'ont connu rien d'autre et car la politique ne les intéresse en rien. Ils sont d'ailleurs quasiment sans informations du monde au-delà de 30 km de chez eux. Il poursuit des études modestes avant de devenir lui-même enseignant pendant quelques années. Son engagement politique naît moins d'une fascination pour le marxisme que d'une envie grandissante des libertés publiques étrangères, de l'instruction et à l'idée qu'un gouvernement devrait pouvoir être critiqué sans provoquer la disparition de celui qui parle. Lorsque le pays bascule entre les mains du Maréchal-Régent et que celui-ci proclame un Mandat Divin qui accélère la transformation totalitaire du pays, il rejoint progressivement les réseaux clandestins socialistes dont il s'était déjà rapproché. Il fuit à l'est, dans les territoires les moins contrôlés par le régime, avec plusieurs camarades. Son profil discret lui permet d'échapper longtemps aux services de sécurité. Contrairement à beaucoup d'autres militants, il ne participe ni à des attentats ni à des sabotages. Il organise surtout des réseaux d'alphabétisation clandestine, imprime des journaux artisanaux et anime des discussions politiques secrètes dans des caves de petits villages.
Lorsque la guerre civile éclate, il est presque malgré lui propulsé à la tête des socialistes parlementaires. Ce choix ne repose absolument pas sur un leadership exceptionnel, mais sur son absence de capacité à diviser du fait de son tempérament pour le moins… mou. Les personnalités plus brillantes ou plus affirmées sont rejetées par une partie du mouvement car elles présentent parfois trop d'ambitions et sont rivales entre elles. Lui apparaît comme le seul capable de maintenir un minimum de cohésion. Son entrée au Directoire Révolutionnaire relève davantage d'un compromis et d'un concours de circonstances plus ou moins heureux que d'une victoire personnelle au terme de savantes manœuvres. Depuis lors, il tente de préserver l'unité du Front tout en empêchant celui-ci de reproduire les méthodes qu'il combat chez le Mandat Divin. Cette position devient chaque mois plus difficile à tenir. Les exigences militaires, la radicalisation progressive des combattants et l'influence croissante des Poradistes réduisent progressivement son espace politique. Il en est parfaitement conscient. Son grand malheur est que chaque victoire militaire renforce souvent ceux dont il redoute les ambitions et que chaque défaite fragilise au contraire les partisans d'une transition démocratique. Il poursuit pourtant son travail, convaincu que si les modérés disparaissent du Front, la guerre ne prendra jamais véritablement fin même en cas de chute du Mandat, les poradistes et les communalistes seraient bien capables de reprendre les armes les uns contre les autres.
Buts : Mikhaylo Derenko souhaite renverser le Mandat Divin afin de mettre un terme à la théocratie totalitaire, mais refuse que cette victoire débouche sur une nouvelle dictature ou une nouvelle guerre civile entre forces de gauche. Son objectif est l'établissement d'une république parlementaire fondée sur le suffrage universel, la liberté d'expression, la séparation des pouvoirs, la reconnaissance des minorités nationales et religieuses, sûrement un fédéralisme propre à la Vélèsie, ainsi qu'un socialisme démocratique capable de réduire les profondes inégalités héritées du système précédent. Il sait cependant que ces ambitions apparaissent aujourd'hui presque irréalistes.
La guerre favorise les chefs militaires bien davantage que les juristes ou les parlementaires. Les populations vivent dans l'urgence, les armes parlent plus fort que les discours et les courants les plus radicaux gagnent en influence à mesure que le conflit s'enlise. Sa plus grande crainte est peut-être autant que le Front perde la guerre qu'il la gagne. Car il redoute qu'une victoire militaire obtenue par les armes ouvre la voie à une nouvelle domination autoritaire que les poradistes sont les plus enclins à mettre en place, simplement fondée sur une idéologie différente, ou que les communalistes s'engagent dans une collaboration avec l'Estalie et le Kah qui menerait le pays à à perdre son indépendance et l'entrainerait dans des dynamiques plus vastes qui seraient selon lui néfastes alors que le pays sort de plus d'un siècle de traumatisme et qu'il n'aspire qu'à la tranquilité et la justice. Ces perspectives le hantent davantage encore que sa propre mort.
Il continue malgré tout à croire que même dans un pays où plusieurs générations ont grandi sans véritable culture politique, la démocratie peut un jour s'enraciner, à condition que quelqu'un accepte d'en défendre les principes lorsque plus personne ne semble y croire et qu'une fois la victoire acquise, que les vainqueurs prennent le temps de construire le droit et les conditions de la politisation stable et calme.
Posté le : 04 août 2026 à 21:01:10
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Nom : Ilyan Tymofijovych Vorodine
Naissance : 3 février 1985, Karskaya (44360)
Famille : Né dans une famille ouvrière installée à proximité d'un complexe minier du nord de la Vélèsie, Ilyan Vorodine est le fils d'un contremaître violent qui battait sa mère et qui est mort lors d'un effondrement de galerie peu de temps après que Ilyan ait quitté la maison. Sa mère, femme au foyer, élève difficilement ses quatre enfants dans une région encore plus pauvre que le reste du pays. Ilyan Vorodine n'est jamais allé à l'école et ses compétences en lecture comme en écriture sont fragiles. Il travaille tôt comme manutentionnaire, bûcheron puis ouvrier saisonnier. Il ne s'est jamais marié malgré de très nombreuses relations. Plusieurs femmes affirment être les mères de ses enfants. Lui-même reconnaît avoir << plus de bâtards que de cartouches dans une musette >>, sans qu'il soit possible de connaître leur nombre exact. Il n'entretient que très peu de liens suivis qu'avec quelques-uns d'entre eux.
Foi : Athée militant, fermement anticlérical
Idéologie : Poradisme, marxisme-léninisme narodopalatien, militarisme révolutionnaire, centralisme autoritaire, dictature du prolétariat
Faction : Front Commun des Forces Communistes Narodopalatiennes (courant poradiste)
Rôle : Ilyan Vorodine dirige le courant poradiste, principale force militaire du Front Commun des Forces Communistes Narodopalatiennes, et est le plus jeune dirigeant du triumvirat qui contrôle le Directoire Révolutionnaire Provisoire. Au sein du Directoire Révolutionnaire Provisoire, il incarne l'aile la plus centralisatrice et la plus favorable à une conduite implacable de la guerre. Il incarne aussi la ligne la plus autoritaire. Contrairement à Mikhaylo Derenko ou à Sava Estrel, il considère que les débats idéologiques interminables affaiblissent la révolution. Contrairement aux communalistes, il estime qu'une discipline de fer doit précéder toute transformation sociale.
Et cela se reflète aussi dans sa véritable autorité qui ne provient ni des statuts du Front ni de son courant politique. Elle vient des combattants et de la guerre. Ilyan partage leur quotidien, dort dans les mêmes baraquements, traverse les mêmes marais, mange les mêmes rations et monte lui-même aux assauts lorsque les combats deviennent les plus violents. Il refuse systématiquement les postes de commandement éloignés du front. Ses hommes le voient régulièrement combattre fusil ou sabre à la main, parfois avec une témérité qui confine à la brutalité pure. Cette proximité lui confère une popularité exceptionnelle auprès des unités de première ligne. Dans de nombreuses brigades, sa parole possède davantage de poids que celle du Directoire lui-même et sa présence motive grandement les troupes.
Cette réputation inquiète autant qu'elle rassure les autres dirigeants car tous savent qu'il représente aujourd'hui le principal visage militaire de la révolution et que sans lui, l'efficacité des armées révolutionnaires serait compromise.
Caractère : Ilyan Vorodine est un homme de passions immédiates et intenses. Il agit souvent avant de réfléchir et parle avant de mesurer les conséquences de ses paroles. Son tempérament est explosif, exubérant, presque caricatural. Il rit fort, s'emporte rapidement, insulte facilement ses interlocuteurs et règle volontiers certains différends par les poings lorsqu'aucune autorité ne l'en empêche. Et il cultive, plus ou moins volontairement cette image. Grosse barbe sombre, uniforme rarement impeccable, cigarettes constamment coincées entre les lèvres, bouteille presque toujours à portée de main lorsqu'il n'est pas en opération, il revendique une proximité assumée avec les soldats ordinaires et méprise profondément les dirigeants qui dirigent une guerre depuis un bureau, d'où son mépris pour Derenko.
L'alcool occupe une place importante dans sa vie. Ses proches savent que certaines de ses colères les plus violentes surviennent après plusieurs jours de consommation excessive. Pourtant, paradoxalement, il semble conserver une étonnante lucidité dès qu'un combat débute. Là où d'autres s'effondrent sous la fatigue ou l'ivresse, lui retrouve une énergie presque inquiétante. Autre point sombre venant souvent avec l'alcool : sa relation aux femmes. Sa stature de soldat courageux et son tempérament de dragueur lui permettent de nombreuses aventures. Cependant il est tout aussi violent avec celles-ci. Jaloux mais infidèle, jamais prêt à s'engager sérieusement, il méprise la plupart des femmes et est habité par un désir physique presque constant. Bien-sûr, orgueilleux et brutal, il s'emporte quand on se refuse à lui. Des témoignages rapportent qu'il a frappé plusieurs femmes qui l'avaient repoussé ou des femmes avec qui il avait eu une liaison puis qui avaient fréquenté d'autres hommes. D'autres témoignages rapportent de probables viols.
Ce que cet homme aime aussi profondément que les conquêtes charnelles, c'est la guerre. Non pas seulement parce qu'il croit en la révolution, mais parce qu'il trouve dans le combat une forme de liberté et d'adrénaline qu'il n'a jamais connue ailleurs. Les offensives, les explosions, les assauts de nuit et les batailles rapprochées lui procurent une exaltation qu'il ne cherche pas à dissimuler. Ilyan s'épanouit dans la guerre et la violence. Le sang ne le choque pas, bien au contraire, il aime cela. Les exécutions de collaborateurs ou d'ennemis, les purges internes ou les représailles contre les partisans du Mandat lui apparaissent comme des réalités ordinaires d'une guerre révolutionnaire. Mais au-delà de la nécessité qu'il voit dedans, il prend un plaisir presque sadique à tuer, et n'éprouve pratiquement aucun remords.
Son charisme repose bien moins sur l'éloquence que sur la force brute de sa personnalité. Ses discours improvisés sont brouillons, remplis d'insultes, de jurons, d'images populaires et de promesses de vengeance. Ils sont rarement élégants mais produisent souvent un effet considérable sur les combattants. Beaucoup disent qu'après quelques minutes à l'écouter, ils auraient envie de repartir immédiatement à l'assaut. Tant mieux, soutenir des idées ordonnées pendant plusieurs minutes l'épuise. En revanche, dès que la conversation porte sur l'économie, l'organisation institutionnelle ou la théorie marxiste, ses limites et ses faiblesses apparaissent rapidement. Il connaît les grands principes de son idéologie évidemment, mais maîtrise très mal leurs fondements intellectuels. Il confond certains auteurs, simplifie à l'extrême les débats doctrinaux et se lasse rapidement des discussions théoriques. Cette faiblesse est largement compensée par sa plus proche collaboratrice, Iryna Heorhiyivna Zaporozhets. Brillante organisatrice et véritable cerveau politique du courant poradiste, elle rédige l'immense majorité de ses discours officiels, prépare ses interventions publiques importantes et traduit ses intuitions militaires en doctrine politique cohérente. Elle le suit d'une foi aveugle et totale, une fois probablement amoureuse. Ilyan Vorodine en est parfaitement conscient mais maintient Iryna dans son ombre.
Biographie : L'enfance d'Ilyan Vorodine ressemble à celle de milliers d'autres habitants des régions extrêmement pauvres du nord. La pauvreté, le travail précoce et l'absence presque totale de perspectives d'amélioration des conditions de vie façonnent rapidement son caractère. Comme une grande partie de sa génération, il grandit dans une société où la politique demeure monopolisée par les autorités religieuses et administratives. Les rares discussions publiques concernent davantage les récoltes ou les cérémonies religieuses qu'il déteste tant. Il apprend davantage dans les tavernes que dans les livres puisque celui-ci ne sait pas lire à l'époque.
Très jeune, il participe à plusieurs mouvements de protestation ouvrière rapidement dispersés par les autorités et est quelques fois emprisonné. Ces expériences renforcent encore plus chez lui une haine profonde des élites dirigeantes et une admiration croissante pour les quelques militants clandestins qui osent encore défier le pouvoir. Lorsque les réseaux poradistes commencent à se structurer dans les régions proto-industrielles du nord, Ilyan Vorodine s'impose plus par ses qualités de meneur d'hommes et son audace que par ses convictions idéologiques. Il organise les premières milices d'autodéfense, protège les réunions clandestines et dirige plusieurs opérations de récupération d'armes. Il est au début l'exécutant des basses besognes. Sa réputation grandit rapidement après plusieurs affrontements particulièrement violents contre les forces de sécurité du Mandat et certains natifs. L'éclatement de la guerre civile transforme définitivement son destin.
Excellent tacticien de terrain sans véritable formation militaire, il démontre une remarquable capacité d'adaptation. Ses offensives restent souvent rudimentaires mais audacieuses. Il accepte des risques que beaucoup d'autres commandants refuseraient et obtient plusieurs succès inattendus contre des forces pourtant mieux équipées. Sa popularité explose alors dans les rangs poradistes et des autres factions communistes parfois. Lorsque le Front Commun est créé, personne ne conteste réellement sa place au sein du Directoire Révolutionnaire en tant que chef de l'armée rouge podariste et principal commandant militaire de l'alliance. Depuis, il concentre l'essentiel de son énergie sur la conduite des opérations militaires. Les affaires administratives l'ennuient profondément et les réflexions complexes en dehors de la stratégie militaire le fatiguent. Les réunions interminables du Directoire l'horipilent et il n'hésite pas à le faire savoir de manière rude, tant et si bien qu'il quitte souvent la table avant leur conclusion pour retourner auprès de ses unités.
Cette attitude provoque régulièrement des tensions avec Mikhaylo Derenko, qui tente de préserver un équilibre politique, tandis que ses relations avec Sava Estrel reposent davantage sur un respect mutuel entre hommes convaincus que la révolution ne survivra pas à un éclatement du Front. Les soldats, eux, lui ont donné un surnom qui circule désormais dans tout le nord de la Vélèsie, Ilyan, l'Ours du Nord. Un nom qu'il porte avec une fierté presque enfantine et simplette.
Buts : Ilyan ne rêve pas simplement de renverser le Mandat Divin. Il veut l'écraser totalement et brûler tous ses vestiges et ses preuves. À ses yeux, aucune réconciliation durable n'est possible avec ceux qui ont servi la théocratie. Les responsables politiques, les hauts fonctionnaires, les officiers supérieurs et les principaux cadres idéologiques devront être éliminés du pouvoir par tous les moyens nécessaires afin d'empêcher toute contre-révolution, de préférence par la mort, sans procès. Une fois la guerre terminée, il souhaite instaurer une dictature du prolétariat fortement centralisée, dirigée par un parti révolutionnaire unique capable de reconstruire le pays, d'industrialiser rapidement l'économie et de militariser durablement la société afin de prévenir toute tentative de restauration. Il considère les démocrates comme des idéalistes incapables de défendre une révolution et les communalistes comme des rêveurs condamnés à l'impuissance sans un État fort et vendus aux étrangers. Il souhaite peut-être prendre la tête de cet État pour peu qu'il puisse rester avant tout un chef de guerre.
À plus long terme, Ilyan Vorodine souhaite que la Vélèsie rejoigne pleinement la Confédération Socialiste du Nazum. Il voit dans cette intégration l'assurance de protéger définitivement la révolution, d'accélérer l'industrialisation du pays et de faire de la Vélèsie un véritable bastion du communisme au nord du Nazum et si possible, de prendre la tête par la puissance militaire et commerciale de cette confédération qu'il voit tout de même comme des pays trop mous et pas assez autoritaires ni assez puissants.
En dehors de ces objectifs, il nourrit une ambition beaucoup plus simple. Mourir vieux lui importe peu. Mourir après avoir gagné la guerre lui paraît largement possible, mais de préférence les armes à la main.