31/07/2020
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Décès de sa majesté princière, le Kurfürst Karl-Wilhelm V est décédé (1968-2020)

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Son Altesse princière, le prince souverain de l’Embsund Karl-Wilhelm V, est décédé à l’âge de 62 ans dans la nuit du 11 mars 2020, selon un communiqué du palais princier de Sankt-Ludeck où résidait le prince souverain de l’Embsund.

Karl-Wilhelm V, né le 28 mai 1958 à Höchhagen, dans le palais de vacance de la famille princière, et fils aîné de Son Altesse princière Friedrich-Wilhelm III (1906-1968) et de la princesse consort Anna Margeritha von Lüprands Marstallerin, est devenu Kurfürst de l’Embsund en 1968 à l’âge de 10 ans lors du décès de son père. Sous la régence de sa mère, le prince souverain, devenu majeur à l’âge de 18 ans, est le souverain le plus apprécié de la principauté de l’Emsbund, en retrait de la vie politique, intervenant peu au-delà des questions de crise politique et respectant à la lettre la Loi fondamentale, la Déclaration des droits et les principes démocratiques qui régissent la principauté de l’Embsund. Malgré les importants pouvoirs constitutionnels dont est pourvu le pouvoir princier qu’il incarne, il n’en a jamais véritablement fait usage, sauf sur les conseils de ses chanceliers, inaugurant la période de démocratie après son père, qui est l’auteur de la Charte constitutionnelle de 1948. Préférant le rôle d’arbitre institutionnel et de garant de l’indépendance de la nation ainsi que de son bon fonctionnement, il est le souverain le plus discret qu’ait connu l’Emsbund. Il est le prince de la modernité, accompagnant une principauté qui, depuis mai 1964, cherche à durablement passer d’une société conservatrice à une société libérale. Sous son règne, de nombreuses lois en faveur de l’égalité entre hommes et femmes, pour les minorités ethniques et sexuelles, mais également pour la protection des droits des Emsois, ont été adoptées. Grand prince et prince électeur du Saint-Empire, il a toujours fait valoir son attachement à une principauté wardonne unie et forte face aux puissances étrangères, appelant à l’unité de l’Empire et au renforcement des pouvoirs de l’Empereur. Karl-Wilhelm V faisait partie de ceux qui croyaient que seule une Wardonie unie et forte autour d’une figure charismatique était capable de peser sur le monde multipolaire qui se dessinait.

Apprécié de ses sujets comme des autres habitants de l’Empire, il incarne la voie de la modernité qui reste toutefois attachée à ses racines historiques, ni trop libérale et progressiste ni trop conservatrice et réactionnaire. Le prince de la mesure a toujours cherché à représenter au mieux l’ensemble des voix et des peuples qui composent son domaine sans prendre parti pour l’un ou pour l’autre.

Ayant vécu Mai 1964, la grande révolte qui s’est étalée sur plusieurs mois en Embsund, des manifestations étudiantes, ouvrières et de travailleurs qui ont manifesté dans l’ensemble de la principauté pour une réforme de la société, une libéralisation du pouvoir et une ouverture des mœurs qui régissent la principauté, à la suite de Mai 1964 s’installent des gouvernements progressistes issus de la gauche qui vont durablement impacter le futur prince de l’Emsbund. Prince de la modernité à l’Emsoise, il s’inscrit parfaitement dans ce courant de transformation des mœurs et des identités qui traverse toute la société emsoise. En faveur de l’égalité hommes-femmes, de la protection des minorités et du renforcement de la démocratie malgré son attachement à des figures considérées comme plutôt conservatrices, comme l’Église, aux traditions multiséculaires et à une vision forte de l’Empire, il est connu pour avoir durablement impacté les mentalités de l’Emsbund. Sous son règne, l’Emsbund connaît le plus grand nombre de gouvernements progressistes, d’abord celui de Ludwig Kramer (1968-1972), à la tête de l’Union démocrate et libérale (UDL) de centre-gauche, qui parvient à arracher le pouvoir aux conservateurs de l’Alliance de la droite populaire et qui est directement arrivé au pouvoir après les événements de Mai 1964, et qui va durablement transformer la principauté, notamment le droit, la sécurité sociale, mais également l’éducation et la protection des travailleurs. Si le véritable chancelier qu’il nomme est Friedrich Horlder (1972-1984), à la tête du Parti de la liberté, il affirme par cette nomination son attachement aux valeurs libérales et progressistes et s’éloigne des conservateurs de l’Alliance de la droite populaire et de ceux du Parti du prince, qui se sentiront trahis par le pouvoir princier. Horlder, tout comme Kramer, s’inscrivent tous deux parfaitement dans la continuité des réformes voulues par Mai 1964. Le retour de l’ADP en 1984 sous la tête de Karl-Theodor Aigels (1984-1992) marque l’image d’un prince de gauche au sein de la principauté. Il faut attendre 1992 pour qu’arrive au pouvoir un gouvernement de droite après la percée de l’Alliance de la droite populaire portée par Matthias von Bischoff (1992-2004).

S’il est apprécié par beaucoup de ses sujets pour son attachement aux valeurs progressistes et libérales, mais également aux institutions démocratiques, les partis de droite lui ont été pendant longtemps opposés en raison de sa trahison idéologique. Les rares gouvernements de droite qui arrivent au pouvoir sous son règne, comme celui de Matthias von Bischoff (1992-2004) et le dernier, celui de Cunz von Beringen (2012-2020), tous deux de l’Alliance de la droite populaire, se sont attachés à peu le consulter et à lui demander son avis, préférant diriger et administrer la principauté sans son chef d’État. Le Parti du prince et son électorat ne se sont jamais vraiment remis de cette trahison perçue envers la fidélité à la principauté, à la figure du prince, à ses prérogatives, à l’Église mais également aux valeurs conservatrices de la société emsoise. Ce sentiment est allé tellement loin que le parti a cherché de nombreuses fois à modifier son nom, mais sans véritable succès.

Dès l’annonce de son décès par le palais princier de Sankt-Ludeck, les drapeaux de la principauté ont été mis en berne. Les cloches des églises et des cathédrales ont sonné dans la matinée tandis que la famille princière s’est rendue au palais de Sankt-Ludeck pour organiser les funérailles du souverain tant aimé de l’Emsbund. Spontanément, de nombreux citoyens se sont rendus eux aussi au palais princier pour pleurer la perte de leur souverain et pour déposer des fleurs, des bougies et des messages de condoléances en son hommage, réaffirmant leur fidélité envers leur prince et envers l’Emsbund. L’actualité nationale de l’Embsund est occupée par cet événement majeur. Après avoir régné pendant un demi-siècle, le prince souverain Karl-Wilhelm V s’en va, laissant s’ouvrir une nouvelle page de l’histoire de l’Embsund. Le gouvernement et le palais royal doivent, dans les prochaines heures, communiquer sur la succession au trône, qui devrait revenir à la princesse Luise-Amalie Ire, première femme à accéder au trône de princesse souveraine de l’Emsbund et à porter le titre d’électrice de l’Emsbund, ainsi que sur les modalités des funérailles.
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Quel avenir pour l'Emsbund à l'approche des législatives d'avril 2020 ?

L’échéance électorale pour l’actuelle législature approche à grands pas et la date de renouvellement du Landtag, chambre basse du parlement de l’Emsbund, est proche, une échéance électorale qui met sous pression la coalition gouvernementale arrivée au pouvoir en 2016 et dirigée par le chancelier Cunz Von Beringen de l’Alliance de la droite populaire, coalition composée du Parti du prince et du Parti de la liberté, une coalition qui est arrivée au pouvoir dans un moment particulièrement important de l’Emsbund mais qui, en manque d’une majorité politique aux deux chambres avec 143 sièges sur 287 au Landtag et 49 sièges à la Kammer der Fürsten, s’est vue être dans l’impossibilité de gouverner la principauté sans le soutien de la gauche et du centre-gauche, en particulier de l’Union démocrate et libérale qui a par ailleurs refusé de faire partie de la coalition. Un gouvernement minoritaire qui a été très en défaveur du chancelier, qui, malgré sa politique ambitieuse de recentrer l’Empire sur l’Emsbund, s’est retrouvé incapable de mener une quelconque politique au sein de l’Emsbund sans négocier chaque texte avec la gauche. Une situation infernale, qui s’est illustrée par l’année 2017 où, à la suite de l’opposition de la gauche sur le budget de la coalition du gouvernement qui voulait notamment baisser les impôts et taxes pour les plus riches et fortunés et, dans le même temps, diminuer les aides accordées au système de protection sociale, une politique qui a provoqué une colère générale et un refus d’accepter le budget, les deux camps restant campés sur leurs positions et, malgré la demande du chancelier au feu notre Kurfürst Karl-Wilhelm V, ce dernier l’avait refusée, prétextant que le chancelier ne réunissait pas une majorité de députés capable de soutenir sa décision.

Une année 2017 qui a été chaotique et qui a illustré l’incapacité de la coalition à diriger l’Emsbund, élément qui s’est confirmé au fur et à mesure du temps qui est passé, l’administration étant restée fonctionnelle grâce à la grande diversité d’acteurs politiques indépendants au sein de l’Emsbund, comme les conseils communautaires ou conseils de districts qui ont largement, certes avec difficultés, repris le rôle de l’État central devenu dysfonctionnel. Les élections législatives d’avril 2020 vont être un tournant pour la principauté, puisque chaque parti va essayer d’acquérir la majorité politique au sein de la chambre basse pour gouverner.

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Le chancelier Cunz Von Beringen (ADP), lors de la dernière séance plénière du Landtag marquant la fin de cette législature, le 13 Mars 2020. le dernier sujet des discussion, qui a été l'IVG a été particulièrement houleux.

Le dernier débat sur la constitutionnalisation de l’IVG qui a été particulièrement houleux, notamment entre le chancelier Cunz Von Beringen et la députée de l’Union socialiste et écologiste Karolina Windischmann, cette dernière souhaite inscrire l’IVG comme un droit fondamental dans la Constitution (Charte fondamentale de la principauté) afin de protéger ce droit des femmes jusqu’alors protégé seulement par une loi organique. Ce sujet, revenu à l’ordre du jour suite à la loi votée à Brocelynwood qui pénalise le droit à l’avortement et le droit des femmes à disposer de leur corps, a relancé cette question en Emsbund. Il va sans dire que la gauche en fait une question centrale pour sa campagne électorale, dénonçant un gouvernement incapable de protéger le droit des femmes et étant trop mou pour agir malgré, selon les déclarations du chancelier lui-même, vouloir : « inscrire ce droit au sein de la Charte fondamentale mais seulement après s’être concerté et avec des majorités claires, l’actuelle composition du Landtag et de la Kammer der Fürsten rendant une réforme constitutionnelle quasiment impossible ». Pour la majorité des analystes politiques, d’observateurs et de professeurs de sciences politiques, c’est ce sujet qui a été l’élément central du lancement de la campagne électorale qui a officiellement débuté, la gauche assurant faire inscrire ce droit à la Charte fondamentale une fois arrivée au pouvoir tandis que la droite tempère la situation, préférant attendre le moment opportun pour le faire.

C’est d’ailleurs cette question qui a divisé la majorité gouvernementale, le Parti de la liberté étant favorable en grande partie à ce projet de loi, de même que l’Alliance de la droite populaire, tandis que le Parti du prince, plus conservateur dans ses mœurs, s’est assuré d’être plus contre le projet, déjà selon eux suffisamment protégé par la loi et qu’aucun législateur ne va chercher à modifier dans le futur.

Si l’IVG est la question centrale, d’autres sujets restent des éternels sujets de campagnes électorales. L’économie de la principauté est en berne, largement incapable de fonctionner selon ses normes habituelles avec une hausse des factures de l’énergie et une baisse du pouvoir d’achat des ménages, la question sécuritaire avec le conflit en Falkenberg et les tensions en Marcheburg qui posent de sérieuses questions sur la capacité du gouvernement à protéger la principauté, surtout si l’on regarde les capacités militaires actuelles de l’Emsbund, en berne après des années de réductions fiscales et de coupes budgétaires, une armée de 10 000 hommes largement sous-financée et sous-équipée, incapable de faire face à la moindre menace sérieuse. La question sociale, avec les travailleurs transfrontaliers overjieldais qui causent des tensions dans de nombreux secteurs économiques de la principauté et qui divisent l’opinion politique de la principauté, si l’Emsbund a perdu depuis quelques années son rôle de leader économique, il reste une terre largement prisée pour des travailleurs étrangers overjieldais à la recherche de prospérité économique sans oublier les migrations pour cause sécuritaire avec les familles qui fuient le conflit actuel en Falkenberg pour se réfugier en Emsbund. Tous ces éléments pris chacun de son côté sont facilement gérables par l’État, mais tous ces facteurs pris en commun rendent la recherche de solutions et la résolution de ces problèmes impossibles : l’instabilité politique conjuguée à la crise économique (inflation + baisse du pouvoir d’achat), à laquelle on ajoute l’immigration transfrontalière, laisse le pouvoir politique au bord du précipice, incapable d’agir, de décider et de se coordonner. Les crises se cumulent et les solutions peinent à se mettre en place. C’est dans ce tableau peu reluisant de la principauté de l’Emsbund que commencent et se lancent les élections législatives où les 287 députés du Landtag sont appelés à se faire renouveler dans l’ensemble du pays.


Une coalition minoritaire et fracturée qui ne pouvait plus gouverner l’Emsbund

Tout d’abord, il faut revenir sur le mécanisme qui a conduit à cette impasse politique au sein de la principauté électorale de l’Emsbund. La coalition sortante, formée après les élections de 2016 autour de l'Alliance de la Droite Populaire (ADP) de Cunz Von Beringen, chancelier de l’Emsbund, du Parti du Prince et du Parti de la Liberté, était une coalition qui est parvenue à prendre le pouvoir politique en raison de la grande dislocation de la chambre parlementaire en de grands blocs rivaux et opposés, la gauche étant le bloc le plus divisé politiquement en pas moins de 6 blocs politiques. Malgré tout, pour la coalition gouvernementale de droite, elle reste elle-même largement minoritaire, ne possédant que 143 sièges sur 287 et 49 sièges sur 100 dans les deux chambres du parlement, une composition qui rend le pays ingouvernable et qui ne permet pas au gouvernement de mener sa politique sans discuter avec des partis de gauche pour obtenir une majorité. C'est très précisément cette division parlementaire qui a fini par user la coalition de l’intérieur, chaque parti cherchant, avec l’absence de majorité, à faire avancer son propre agenda politique. L’Alliance de la Droite Populaire du chancelier, avec 65 sièges, reste le plus grand parti politique du Landtag en nombre de députés et cherche à poursuivre un programme politique en faveur des grandes entreprises, des familles nobles et en faveur de la déconcentration, poursuivant la politique de réduction du rôle de l’État central dans le milieu des affaires et dans l’économie en général. Le Parti de la Liberté, lui, est déjà en faveur de l’IVG mais, en plus, cherche à privatiser un grand ensemble des services publics de l’État (préfecture, permis, nationalité) mais également des chaînes publiques de télévision et, dans le même temps, à réduire les pouvoirs du Kurfürst, ce qui ne plaît ni à l’ADP ni au Parti du Prince qui, lui, cherche à protéger les acquis actuels de la principauté, à renforcer le rôle du Kurfürst dans la vie politique et à venir en aide aux familles nobles par des investissements pour la gestion du patrimoine qu’ils considèrent comme faisant partie de l’identité culturelle de la principauté. Trois membres d’une coalition, trois acteurs aux points de vue et aux intérêts divergents qui vont rapidement diviser la coalition gouvernementale et rendre la position du chancelier précaire. En 2019, on considère que le chancelier n’était qu’un chef du gouvernement de nom, sans véritable pouvoir ni autorité au sein de sa coalition.

« Ce que nous observons depuis un an, c'est une coalition parlementaire qui n'a plus de majorité pour ses projets de loi, mais seulement une majorité pour des blocages », selon une analyse du professeur Ilse Vandenhoeck, titulaire de la chaire d'histoire sociale à l'Université de Sankt-Ludeck. Pour les observateurs politiques, l’actuelle composition parlementaire et la situation au sein de la coalition ne permettent pas de gouverner l’Emsbund mais de permettre à chaque faction de bloquer les projets de l’autre faction, le Landtag, institution qui se réunit rarement, étant alors à chacune de ses séances une chambre où s’observe cette division parlementaire à coups de débats houleux, d’échanges agressifs et d’incapacité à s’entendre pour créer des projets de loi concrets et structurés pour répondre aux besoins de la population et des citoyens emsois. Une situation jugée terrible pour la plupart des Emsois interrogés qui qualifient la chambre de « cour de récréation pour enfants ». Sur l’ensemble de la période de la législature, seulement 38 textes ont été approuvés contre une moyenne de 78 en général pour une législature parlementaire, un chiffre qui illustre cette division parlementaire qui a rendu stériles la chambre basse comme la chambre haute. En effet, même si on parle peu de la chambre haute, la kammer der Fursten, cette dernière est à tout point identique à la chambre basse, avec là aussi des factions incapables de s’entendre pour gouverner, la chambre pourtant historiquement acquise à la droite et aux conservateurs s’est retrouvée avec une majorité de gauche : 51/100 mais qui, en raison de la division de la gauche en de nombreux groupes et blocs, reste incapable de se coordonner pour, là aussi, mener des projets cohérents. L’Emsbund, tout au long de la législature, est donc un pays sous un état de mort cérébrale, avec un cerveau complètement éteint et incapable de fonctionner pour diriger le corps. Le chancelier Cunz Von Beringen l’a bien évidemment compris. Au courant de sa position terrible, sans majorité claire et sans soutien efficace, le chef du gouvernement a préféré temporiser, beaucoup trop même pour certains membres de son propre parti comme de sa coalition. Peu enclin à agir, trop dans la prudence et dans l’écoute plus que dans l’action, le chancelier a divisé la chambre parlementaire mais est quand même parvenu à rester à la tête de l’État jusqu’à la fin de la législature. Toutefois, selon plusieurs sources fiables, un projet d’éviction du chancelier est en cours au sein de l’Alliance de la Droite Populaire.

Anna Madlene Maier favorite d'une opposition rassemblée mais hétérogène

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Anna Madlene Maier (UDL), en meeting de campagne devant l'hôtel de district de Loewenfurt, le 24 mars 2020. Elle est credité de possède une avance considérable sur ses concurents notamment de la coalition sortante.

Face à la coalition sortante, l’Union démocrate et libérale ainsi que tous les autres partis politiques étaient prêts pour cette période électorale. Après avoir attendu quatre longues années de blocage politique et d’instabilité, les partis de gauche, en particulier l’Union démocrate et libérale de centre gauche et d’obédience sociale-démocrate, sont prêts à la course pour obtenir le pouvoir politique suprême, avec un programme politique déjà prêt et approuvé par plusieurs institutions économiques et la Cour des comptes. Le parti se construit dans une ligne sociale et économique qui lui attire un électorat centriste, de gauche et un peu de droite déçu par la coalition sortante de l’Alliance de la Droite Populaire et du Parti de la Liberté. La tête de l’UDL, Anna Madlene Maier, est créditée pour obtenir environ 34 % des sièges du Landtag, soit 98 sièges, une majorité confortable qui peut être complétée par le soutien d’autres partis pour obtenir une majorité parlementaire et ainsi rendre l’Emsbund plus gouvernable après quatre années d’instabilité politique. La cheffe de file de l’UDL a mis son programme sur le protectionnisme économique, notamment vis-à-vis de l’Overjield considéré comme un concurrent déloyale pour certains secteurs économiques dans l’industrie, comme l’industrie légère et la main-d’œuvre où les capacités de production et les coûts sont extrêmement plus faibles qu’en Emsbund. Du côté social, le parti propose une réforme du système de sécurité sociale avec un renforcement de l’aide accordée aux ménages face à l’inflation et une plus grande régulation de l’économie après la période trop laissez-faire du gouvernement sortant. Une réforme du système de péréquation territoriale est également de mise selon le parti, comme une hausse des impôts pour les plus riches pour financer le programme de réarmement de la principauté afin de se donner des moyens capacitaires. Concrètement, le parti rompt avec son aile libérale en grande partie pour revêtir un costume social. La grande question et sujet de campagne qu’est l’IVG guide toute cette campagne, le parti souhaite la constitutionnaliser.

Mais il reste le fait que cette avance dans les sondages ne dit rien, ou presque, de la capacité réelle de l'UDL à gouverner effectivement la principauté électorale de l’Emsbund. Contrairement à la coalition sortante qui ne bénéficiait d’aucune solidarité ni de programme clair et établi et, en plus, était soumise à un parlement divisé en blocs concurrents mais qui ont su parvenir à s’unir pour au moins prendre le pouvoir, alors que l'opposition emsoise lors de cette législature ne s'est jamais formellement constituée en bloc électoral cohérent, ce qui reste l’enjeu principal de cette campagne, former une coalition politique capable de gouverner l’Emsbund. L’Union démocrate et libérale devra composer, pour espérer une majorité, avec l'Union socialiste et écologiste, le Parti du progrès social et la Section de l’Internationale socialiste pour espérer gouverner puisque, malgré son avance nette, l’UDL serait incapable d’avoir la majorité politique à la chambre à elle seule, un élément qui ne s’est jamais réalisé dans l’histoire de l’Emsbund. La SIS reste un puissant parti dans les territoires encore industriels de l’Emsbund avec encore une importante base électorale ouvrière acquise au parti mais dont le programme trop à gauche risque de diviser rapidement la future coalition s’il y a une victoire de la gauche aux élections. L’Union socialiste et écologiste est quant à elle beaucoup plus proche de l’UDL idéologiquement, même si son volet environnemental et écologique risque de se heurter au programme économique de l’UDL. Enfin, le Parti du progrès social est un parti sérieux pour une coalition en cas de victoire électorale de la gauche, lui aussi crédité d’un bon score de 18 % des suffrages, ce qui permettrait une coalition orange-beige solide capable de gouverner avec le Parti de l’Union socialiste. De toute façon, les résultats électoraux risquent de constituer un immense bordel politique au sein de l’Emsbund. Ce qui est certain, c’est qu’un parti devrait pouvoir prendre la tête lors de ces élections et ainsi pouvoir se démarquer des autres.

Un autre front : les travailleurs frontaliers, un outil d'instrumentalisation politique lors de ces élections.

Environ 90 000 travailleurs étrangers effectuent chaque jour un mouvement pendulaire pour venir travailler en Emsbund afin de bénéficier des salaires élevés et ensuite repartir vivre chez eux avec un coût de la vie moindre. Parmi ces 90 000 travailleurs, une grosse proportion est bien évidemment overjieldaise à hauteur de 82,3 %, un nombre immense qui, grâce à son coût moins élevé pour le patronat, est une bénédiction tandis que, pour les syndicats et les travailleurs emsois, c’est de la concurrence déloyale. En effet, selon eux, les travailleurs transfrontaliers viennent travailler en Emsbund et bénéficient à ce titre de salaires élevés et d’importantes cotisations sociales pour la retraite (bien qu’il reste considéré comme étant à risque tellement le système de sécurité emsois couvre peu les travailleurs, la norme étant les sociétés d’assurance, les mutuelles ou la capitalisation) sans en supporter les coûts que subissent les Emsois : le coût de la vie, le service militaire, la concurrence sur l’accès à l’emploi et le fait que l’importante main-d’œuvre étrangère tire les salaires vers le bas. C’est dans ce contexte de campagne électorale que les partis politiques se sont emparés de ce sujet. La coalition sortante reste divisée sur le sujet avec l’ADP et le Parti de la Liberté qui sont en faveur d’une politique plus libérale et plus ouverte sur le commerce étranger et plus axée sur l’accueil de travailleurs étrangers légaux pour soutenir certains secteurs économiques en crise de la principauté tout en, dans le même temps, dérégulant le marché à coups de privatisations, de réduction de la participation de l’État sur l’économie (moins d’interventions), de baisse des charges et des subventions. Tandis que le Parti du Prince, lui, est en faveur d’une politique souverainiste sur le sujet, avec une réduction de l’immigration et un contrôle des frontières et avec une vision plus dirigiste de l’État sur l’économie. Une opposition des deux grands groupes de la coalition qui la mène vers l’explosion quand d’autres sujets comme l’IVG sont mis sur la table. Là encore, l’ADP et le Parti de la Liberté sont en faveur tandis que le Parti du Prince y est strictement opposé, et a déjà menacé de quitter la coalition si le gouvernement se lançait dans une telle politique pour constitutionnaliser l’IVG.

Au sein de la gauche, cette question est partagée de manière quasi unanime, la réponse est tout simplement un protectionnisme économique pour favoriser les travailleurs emsois face aux travailleurs étrangers. Une lecture politique qui pourrait paraître étrange aux yeux de nos lecteurs étrangers habitués à une droite protectionniste et à une gauche plus ouverte aux travailleurs étrangers. En Emsbund, c’est actuellement l’inverse, car la gauche dépend encore d’une grande partie de sa base électorale qui est ouvrière et appartenant également aux classes moyennes et inférieures directement touchées par cette concurrence étrangère qu’ils qualifient de déloyale. En se positionnant pour le protectionnisme économique, la gauche s’installe et se présente comme la gauche du peuple, responsable et à l’écoute des sujets qui touchent directement les citoyens face à une droite déconnectée des intérêts du peuple. L’UDL est là encore le parti qui devrait recevoir le plus de soutien de l’électorat car son programme est tout simplement en grande partie axé sur cette question de l’immigration transfrontalière, le parti annonce mettre en place dès son arrivée au pouvoir des mesures politiques et économiques qui seraient en faveur des travailleurs emsois et non en faveur des travailleurs transfrontaliers. La Section de l’Internationale socialiste devrait quand même jouer un rôle central sur ce sujet grâce à sa base électorale importante dans les milieux ouvriers et syndicaux, ce qui, en cas de coalition, devrait fortement peser sur la balance. Exception, le Parti communiste ouvrier et le parti du mouvement révolutionnaire citoyen semblent ne plus attirer les citoyens, et même sur le sujet de l’immigration, les deux partis se sont déchirés en interne entre la nécessité de soutenir les travailleurs emsois soumis à la concurrence ou rester sur une ligne de soutien aux travailleurs internationaux. Cette incapacité à se positionner clairement joue en défaveur des partis politiques d’extrême gauche, déjà soumis à une pression électorale importante et à une incapacité à peser au Landtag.

La campagne électorale d’avril 2024 marque sans aucun doute le moment où l’Emsbund devra choisir son avenir politique. Cette campagne sera particulièrement rude, et va voir s’opposer une gauche en pleine puissance et une coalition sortante en morceaux incapable de se coordonner. Si les sondages sont exacts, le Landtag de l’Emsbund se dirige encore une nouvelle fois vers une victoire de la gauche et du centre gauche, particulièrement avec les couleurs de l’UDL d’Anna Madlene Maier.
Avec la légalisation de l'homosexualité, une Gay Pride est organisée à Sankt-Ludeck


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La Cour suprême de l'Emsbund, jusqu'alors connue pour sa majorité largement conservatrice, a opéré un large revirement de jurisprudence en matière de minorités sexuelles, de mariage pour tous et de protection des minorités. La Cour suprême de l'Emsbund, institution très puissante au cœur des contre-pouvoirs de l'Emsbund, est connue pour rendre, à certaines périodes de l'histoire, des arrêts particulièrement marquants et importants qui transforment l'ensemble du droit emsois, et aujourd'hui l'Emsbund est au cœur d'un de ces revirements de jurisprudence majeurs avec son arrêt n° 2020-11 CS : la Cour suprême de l'Emsbund reconnaît l'homosexualité et le mariage pour tous comme étant légaux et ouvre l'accès au mariage aux couples homosexuels, un revirement de jurisprudence majeur quand on connaît les positions historiques de la Cour à l'égard de l'homosexualité. Une victoire politique majeure pour les associations de lutte contre l'homophobie et pour la protection des minorités.

Revenons au cœur de l'affaire. La Cour suprême de l'Emsbund, juridiction suprême de l'ordre judiciaire de l'Emsbund, est connue pour ses arrêts définitifs qui s'imposent à tous dès lors qu'ils sont rendus. Messieurs Konstantin Ahlwardt et Frieder Sonnenberg, deux habitants du district de Lauterbach, avaient saisi le 14 mars 2019 la juridiction de première instance de leur district pour faire annuler le refus de l'officier de l'état civil de publier les bans de leur mariage. La juridiction a rendu un arrêt confirmatif de la décision de l'officier d'état civil ; saisie en appel par le couple, la cour princière de Lornaufen a également rendu, le 9 septembre 2019, un arrêt confirmatif du jugement de première instance. Une défaite judiciaire qui a pesé lourd sur le couple malgré le soutien de plusieurs associations LGBT qui luttent pour la légalisation de l'homosexualité. Monsieur Frieder Sonnenberg déclarera même sur la chaîne Ems Matin : « Toutes ces épreuves judiciaires et ces défaites devant les juridictions ont pesé lourd sur notre moral, et nous hésitons même à nous pourvoir en cassation devant la Cour suprême ; tout le monde connaît la position conservatrice de la Cour, et si nous subissons une nouvelle défaite, ce serait non seulement une défaite particulièrement violente pour nous, mais aussi pour toute la cause LGBT. » Une hésitation qui ne durera pas longtemps, puisque le couple, soutenu par ses avocats, décidera de se pourvoir en cassation pour faire annuler la décision rendue par la cour princière et ainsi obtenir gain de cause.

Ce sera chose faite : la juridiction suprême de l'Emsbund rendra, quelques mois plus tard, en assemblée plénière, un arrêt de revirement de jurisprudence rendant de facto l'homosexualité légale en Emsbund, au nom de l'égalité pour tous formulée au sein des dispositions de l'article X de la Déclaration des droits de l'Emsbund de 1948, une victoire historique pour la cause LGBT, la Cour sommant même le Parlement de modifier le plus rapidement possible l'article 144 et suivants du Code civil afin de les rendre conformes à l'arrêt rendu par la Cour.
Devant les caméras de télévision, le couple déclarera : « Tout cela a finalement valu la peine ; malgré les embûches que nous avons traversées, nous avons pu le faire. Nous sommes fiers d'avoir lutté pour nos droits et nous continuerons à les défendre », remerciant au passage toutes les personnes qui les ont soutenus dans leur périple judiciaire extrêmement lourd et difficile.

Immédiatement après, plusieurs associations LGBT et de lutte contre l'homophobie ont décidé d'organiser une Gay Pride dans les rues de Sankt-Ludeck, et celle-ci revêt pour elles une saveur particulière puisqu'elle célèbre cette victoire historique après plusieurs années d'interdiction du mariage pour tous, au nom d'un droit que certains décrivent comme étant « ancien, inadapté à notre siècle et à notre époque ». Au milieu du cortège animé, plusieurs associations de la cause du mariage pour tous et LGBT, comme la Regenbogenbund (Union Arc-en-ciel) etNeue Vielfalt (Nouvelle Diversité), ont organisé de grandes festivités réunissant plusieurs milliers de personnes. Un événement particulièrement inhabituel dans les rues de Sankt-Ludeck, capitale politique connue pour son caractère austère et particulièrement conservateur. Quelques années auparavant, une telle festivité LGBT n'aurait jamais pu prendre une telle ampleur dans les rues de la ville, en raison de ses maires successifs conservateurs (issus du parti du Prince) qui réprimaient toute manifestation LGBT au nom de l'ordre public.

Au sein du paysage politique emsois, l'appréciation du jugement reste différente selon les partis politiques : joie à gauche, incompréhension à droite, voire même haine et propos violents à l'encontre de la décision et des personnes LGBT. Le parti du gouvernement, l'Alliance de la droite populaire de Von Cruz, chancelier de l'Emsbund, a déclaré par l'intermédiaire du ministère de la Justice : « prendre acte de la décision rendue par la juridiction suprême de l'Emsbund et prendre toutes les mesures nécessaires pour adapter le droit emsois à la décision de la juridiction suprême ». Le chancelier, interrogé par les chaînes de télévision emsoises et confédérales, a déclaré : « Il ne m'appartient pas de critiquer les décisions de la Cour suprême. Bien que, personnellement, cette décision aille à l'encontre de mes valeurs de christianisme conservateur, de ma vision de la famille composée d'un homme et d'une femme, mais aussi de ma vision de la famille en général, il convient de se rendre compte que, malgré nos valeurs, celles-ci ne sont peut-être plus d'actualité, et c'est peut-être le cas ici. Je prends donc, au nom de ma coalition parlementaire, la décision de mettre le droit emsois en conformité avec l'arrêt de la Cour suprême. » Malgré cette annonce du chancelier, qui montre une coalition unie derrière lui, ce n'est pas le cas, puisque le parti du Prince a d'ores et déjà annoncé ne pas soutenir la réforme et s'opposer fermement à la destruction des valeurs chrétiennes, sociales et familiales de l'Emsbund, appelant à un retour vers les traditions de l'Emsbund.

À gauche, c'est bien évidemment la victoire : plusieurs députés du Parti révolutionnaire citoyen, du PCO, du Parti du progrès social notamment, mais aussi de la droite démocrate et libérale, étaient parmi ceux qui ont participé à la Gay Pride, en signe de victoire et de soutien politique à la cause LGBT. Les partis de gauche ont annoncé, après les élections législatives et leur victoire aux élections, prendre tous les moyens disponibles pour modifier en profondeur le droit emsois afin de le rendre plus égalitaire et plus juste envers tous les citoyens, quels que soient leur sexe, leur origine ou leur religion.
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Au cœur d’un projet de réforme contesté, le ministre de l’intérieur Gitta Franke souhaite généraliser le travail carcéral


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Cette fin de législature parlementaire a de quoi faire parler en Emsbund : décès de notre cher prince souverain, Karl-Wilhelm V, légalisation du mariage pour tous par la Cour suprême, une décision historique et enfin le gouvernement Von Beringen qui ne cesse de se mettre dans l’embarras et dans la polémique dans cette fin de législature que l’Emsbund n’a jamais connue comme étant aussi explosive. La raison : le projet de réforme du système carcéral, plan proposé par la ministre de l’intérieur, Gitta Franke (Parti du prince), à seulement un mois des élections législatives et alors même que la tradition parlementaire recommande au gouvernement de ne gérer que les affaires courantes à l’approche des législatives.

Concrètement, la ministre de l’intérieur souhaite porter un projet de loi majeur au sein de la législature parlementaire, pour modifier considérablement le système carcéral Emsois, notamment dans l’aspect travail au sein du système. La ministre souhaite généraliser le travail obligatoire en prison selon plusieurs sources diverses, dont certaines viennent de la ministre elle-même. « La réforme du système carcéral a pour but d’améliorer le système et de responsabiliser les criminels. Au lieu de rester seulement enfermés dans leurs cellules, les prisonniers peuvent contribuer au système en travaillant en échange d’un juste petit salaire, tout le monde y est gagnant », dit Gitta Franke devant nos micros en réponse à notre question sur quoi porte exactement son projet de réforme carcérale.

Le problème est pourtant ailleurs, déjà qu’en Emsbund, pays du particularisme régional, où chaque région défend ardemment ses privilèges et ses droits anciens, un projet de réforme aussi important risque de chambouler plusieurs de ces droits anciens octroyés aux différents Districts, mais également aux différentes communautés de la principauté. En Ems, on ne possède pas la même législation fiscale qu’en Loffenland au Nazum, et ceci est un privilège ardemment défendu par chaque habitant d’une communauté, d’une province et d’un district qui y voit l’expression de son héritage politique, culturel et historique. Une réforme d’ampleur modifiant substantiellement le droit de plusieurs districts, provinces et communautés autonomes nécessite généralement plusieurs mois, voire années de débats et de discussions, chose que ne semble pas comprendre la ministre de l’intérieur, entêtée à faire passer son projet de loi rapidement avant la fin de la législature, même au mépris des traditions législatives et parlementaires en vigueur en Emsbund.

Le deuxième problème qu’apporte le projet de la ministre est exactement sur ce point de respect des traditions parlementaires et législatives. En Emsbund, la tradition veut que même pour un gouvernement majoritaire, chose qui n’est pas le cas pour la coalition dont fait partie Madame la ministre, qu’aucun projet de loi ne soit soumis au parlement durant les trois mois qui précèdent les élections législatives. Durant cette période, le gouvernement en place est censé gérer les affaires courantes. C’est donc avec un mépris profond de nos institutions et de nos traditions que Madame la ministre, portée par son orgueil personnel, monte au créneau pour faire pression afin qu’on examine rapidement et vote son projet de loi, pression d’ailleurs qui peine à faire effet tellement la ministre possède peu de charisme.

Il n’est pas chose nouvelle qu’en Emsbund, des hommes comme des femmes politiques cherchent, à l’arrivée des élections législatives, à redorer leur image, à affirmer leur puissance, mais également à faire passer des mesures populaires pour s’attirer les bonnes faveurs du tout-puissant peuple souverain Emsois. Et il n’est pas chose nouvelle pour les experts de notre rédaction de savoir que Madame Gitta Franke ne fait pas partie des gens de cette trempe-là. Ce n’est qu’une pauvre opportuniste, lèche-botte de la première heure, membre d’un parti réactionnaire qui méprise autant la femme et ses droits qu’il ne méprise les citoyens Emsois. Chez ces gens-là, la femme est reléguée au rang de nourricière et de mère au foyer tandis que l’homme, le père et le chef de la famille, doit travailler pour subvenir aux besoins de la famille. Une conception bien patriarcale de la famille qui plaît tant à Madame la Ministre, pourtant chargée de l’égalité homme-femme en Emsbund. Quand on y pense, on rigole, mais notre rédaction ne souhaite point s’attaquer à la ministre, loin de là, mais plutôt on attaque ses idées. C’est pour cela qu’on se demande pourquoi maintenant ? Pourquoi pas avant afin de laisser le parlement examiner un tel projet de loi ? La réponse, elle est simple : la peur, la peur de voir la gauche remporter les élections et reléguer son parti dans l’opposition pendant 5 ans, alors on essaie tout, on tente tout pour sauver les meubles.

Tout cela sans parler du corps de son projet. Madame la ministre Gitta Franke cherche à privatiser le système carcéral et à exploiter les prisonniers. En Emsbund, la grande tradition de privatisation des services publics fait toujours œuvre, c’est une grande tradition que chaque gouvernement perpétue. La privatisation d’une grande partie du système carcéral est l’objectif final de la ministre de l’intérieur sortante puisqu’en obligeant les prisonniers à travailler comme s’ils étaient des travailleurs lambdas en CDD pour des entreprises privées en échange d’une rémunération inférieure à ce qui se fait sur le marché, c’est tout simplement de la privatisation d’un service public, mais c’est également de l’exploitation de l’être humain. Madame la ministre hésite selon elle sur le caractère obligatoire de ce travail, elle souhaite laisser le choix au prisonnier au dernier nouvelle, mais dans le même temps elle les oblige à payer un loyer conséquent pour bénéficier des services de la prison (en gros plus tu payes, plus tu en auras : de la nourriture de qualité, des vêtements, douches), en quelque sorte une privatisation là encore de notre système carcéral et une inégalité entre les prisonniers devant la justice et devant la loi, puisque les prisonniers ne disposent pas des mêmes moyens et que faire quand un prisonnier ne peut travailler pour payer les charges imposées ?

En Emsbund, la gestion du système carcéral relève du domaine local, tout d’abord du shérif du district grâce au financement local, mais également des provinces qui subventionnent. Le rôle de l’État est mineur puisqu’il n’assiste que les districts en grande difficulté financière. S’il y a quelque chose à dire à Madame la ministre, c’est qu’elle s’occupe plutôt des problèmes urgents : la guerre à nos frontières et qu’elle lâche, aussi horrible soit-il, nos prisonniers et nos prisons tranquilles. De même, on lui apprendra que le respect des traditions fermement établies est ce qui fait qu’une personne est une grande personne, pas l’inverse.
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