30/03/2020
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Le siège social de l'Union des Banques Antériniennes et Confédérales aka le Clan Bancaire. // Voilà la magie de Wall Street, coeur battant du capitalisme américain.

Le Clan Bancaire antérinien ; qu’est-ce que c’est ?

En voilà un nom évocateur ; le Clan Bancaire. Quel nom original, quelque peu inquiétant par ailleurs. Et pourtant il annonce d’office la couleur ; tout comme les Cinq cavaliers de l’Apocalypse il est difficile d’avoir confiance en une institution qui se donne le même nom qu’un cartel d’entrepreneurs ambitieux. Et pourtant, loin d’être une amicale de gangsters, de criminels, d’amis des narcos hernandiens ou wanmiriens ; le Clan bancaire est une institution tout ce qu’il y a de plus respectable ; elle regroupe en son sein les plus grandes banques d’Antérinie et de Marcine, elle finance l’État et les « Licornes » des bourses de Luz, de la Nouvelle Antrania ainsi que d’Abunaj ou de Velsna ; c’est à dire des sociétés prometteuses, riches à millions et capables d’innover dans des secteurs clefs ; l’énergie banairaise, l’agro-alimentaire antérinien, la logistique velsnienne. Que des sociétés qui ont pu, ou qui recevront des prêts et des financements de la part du Clan Bancaire. Une institution qui tend, progressivement, à jouer un rôle de plus en plus important au sein même de l’économie antérinienne, mais aussi et surtout dans les circuits financiers mondiaux ; un ogre qui n’attend qu’une chose ; des opportunités. Comme le disait un ancien Premier Ministre conservateur anglo-saxon ; « il ne faut jamais gaspiller une bonne crise ». Et c’est là le nouveau carburant de ce conglomérat de banques et de financiers qui voient en chaque catastrophes politiques, économiques, sociales ou écologiques une opportunité de s’enrichir. Plus encore, c’est un excellent moyen de prendre de nouvelles parts du marché ; de conquérir de nouveaux pans de l’industrie.

Mais avant toute chose ; qu’est-ce que le Clan bancaire ; certes nous savons que c’est un conglomérat de banques ; mais en conviendrez cela reste vague ; ça coule de source. Pour le dire de manière populaire ; « rien de nouveau sous le soleil des tropiques »… Nonobstant il est bon de noter que plusieurs pistes s’offrent à nous pour comprendre comment fonctionne cette « corporation » de banques antériniennes. Le Porte Parole de l’Union des Banques Antériniennes et Confédérales ; autrement dit le Clan Bancaire. Pour ce dernier, l’U.B.A.C est en quelque sorte à une version entrepreneuriale et financière de l’Organisation des Nations Commerçantes ; leur mission est la même ; assurer l’ouverture et le financement de nouveaux marchés. Alors, que l’O.N.C fait parler la diplomatie de la cannonière, l’U.B.A.C se charge de donner vie à ces projets en injectant des fonds et en incitant à investir ; car sans argent, il n’y pas d’investissements et il n’y a pas non plus de marché, seulement de la pauvreté. Comme c’est le cas des États socialistes qui pullulent au Nord du Nazum. Le Clan régule, assure les transactions, lève des fonds et collecte les dettes des entreprises partenaires ; c’est toute une architecture, une structure complexe qui permet d’offrir aux entreprises la capacité de financer une croissance saine, des projets ambitieux et des buts concrets. En ce sens, l’U.B.A.C est l’un des groupes bancaires les plus originaux ; loin d’être une fusion, ni même un groupe ; on devrait plutot dire une sorte de de consortium durable ; une stabilité qui s’avère être un avantage décisif ; les fonds sont levés rapidement avec peu de frictions et une redoutable efficacité en faisant, pour de nombreuses sociétés antériniennes ainsi que pour les institutions publiques un partenaire de premier choix aux coûts abordables et justes.

C’est dans cette capacité à investir et s’assurer des revenus réguliers par les intérêts des emprunts que le modèle économique du groupe réside avec un objectif simple : les risques sont partagées en proportion des finances des banques participantes et les intérêts connaissent un partage similaire proportionnels au risque pris et au capital investi. C’est un système simple et vertueux ; les petites banques se font un nom et une réputation, les grandes banques bénéficient d’une influence accrue et d’une capacité à lever des fonds extraordinaire pour le marché antérinien. C’est du gagnant-gagnant. Et cette mentalité, cette morale devrions-nous dire, est aussi reprise par le Clan Bancaire vis à vis de ses clients ; le plus importants est de pouvoir vendre de manière attractive et mutuellement bénéfique expliquant ainsi les taux relativement honnêtes et les crédits plafonnés qui concernent États et grandes entreprises. C’est toute une philosophie directement inspirée de l’Église et de sa doctrine sociale que l’on retrouve-là ; créer un capitalisme « vertueux » et véritablement bénéfique aux masses. Si cette mentalité imprègne certaines banques plus que d’autres, il n’en demeure pas moins que cela « rassure » les clients en leur offrant une sorte de « garantie » morale qui vise à assurer ces derniers des meilleures intentions de l’U.B.A.C ; autrement dit à générer de la confiance. Et tout investisseur le sait, la confiance en son partenaire financier est essentiel ; sans cela le marché se brise, il se casse, il s’effondre en bout de course. Un particulier ne confie pas son argent à n’importe qui ; c’est exactement la même chose pour les banques et les entrepreneurs ; les premiers ne souhaitent pas de faillite de la part du second tandis que le second refuse d’être considéré comme une vache à lait sacrifiable par les premiers. Et c’est cette qualité là se construit, investissements après investissements ; sur le marché antérinien, ce géant est déjà reconnu comme une référence, dans les bourses d’Aserjuco, d’Agartha, de Velsna ou de Fortuna le Clan fait figure de petits nouveaux ; des petits joueurs. Et c’est dans cette optique là que l’U.B.A.C entend se donner une réputation d’investisseuse compréhensive et flexible, capable de rivaliser, ou du moins d’égaler les grands de cette cour ; la Banque Pàsàtias en Alguarena, référence mondiale avec les groupes Rimini de Fortuna ou la Zecca di Velsna.

Mais pourtant, le Secrétaire-Général du groupe se dit « optimiste » après tout, le gouvernement confédéral est un acteur stable, influent, et pragmatique. Il est certes reconnu comme l’un des parangon du libéral-conservatisme mais il n’en demeure pas moins digne de confiance. L’État antérinien a depuis longtemps misé sur les entreprises pour faire sa fortune ; peu d’impôts sur les sociétés, des zones franches ouvertes sur les façades maritimes prometteuses, un soutien inconditionnel à l’étranger pour les grandes compagnies. L’Antérinie, puis la Confédération, ont donc tout naturellement adhéré aux espaces de libre-échange ; d’abord l’Union Économique Eurysienne qui permit de tisser des liens commerciaux solides avec le Rasken ; l’une des premières économies eurysiennes. À la suite du décès officiel de l’U.E.E, l’Organisation des Nations Commerçantes devient le nouveau partenaire du gouvernement ; et les entreprises ont accès à un immense marché regroupant pas moins du tiers des plus grandes économies mondiales ; tandis que Eberstadt et Antrania restent à l’affût et connaissent une croissance économique exemplaire et régulière. Cela facilité évidemment les liens commerciaux, et donc l’ouverture de marchés auparavant inaccessibles aux géants financiers antériniens qui sont pourtant des nains comparés aux titans de l’économie bancaire mondiale.

Malgré tout, certains défis persistent encore malgré des signes encourageants, en effet, même si des prêts ont été débloqué pour l’État banairais et lui permettre de financer un vaste projet visant à créer de l’énergie verte, mieux encore un carburant vert à base d’hydrogène extrait par l’électrolyse, il est bon de noter que c’est un arbre qui cache la forêt. Si l’U.B.A.C fait des prêts de plusieurs centaines de millions de talents antériniens sur le marché intérieur, à l’international la plus haute transaction est d’une dizaine de millions de talents d’or, en un mot les résultat sont faibles et l’indice reste médiocre pour les sociétés et les États cherchant des capitaux. La faute reste principalement imputable au manque de réputation du « Clan » qui est assez peu connu en vérité ; ce dernier ne détendant que peu de parts au sein des États, qui se montrent généralement sceptiques vis à vis des nouveaux arrivants ; tandis que de leur côté, les nouveaux entrés sont aussi méfiants vis à vis des États réputés « volatiles » ( à risques). Mais néanmoins, le Secrétaire Général de l’Union se montre une nouvelle fois optimiste « le gouvernement antérinien a bien fait son travail, les Banques sont saines, les investissements sont raisonnés et rationnels, les accords sont justes et les bénéfices sont mutuellement juteux. Les demandeurs de crédit ne devraient pas avoir à s’inquiéter de notre modèle de financement. Le Banairah a fait ce choix et il s’en sort remarquablement bien ! ». En un mot comme en mille tout est une question de temps avant de voir les petits États désireux de de connaître une croissance rapide se tourner vers l’U.B.A.C pour se financer. Ce n’est qu’une question de confiance qui sera « vite résolue » selon le Secrétaire Général de l’Union.

En effet, il n’y existe aucune raison légitime de douter de la fiabilité de la structure d’un ensemble qui pourrait pourtant paraître fragile. En effet, le principe est simple ; un capital de départ existe initialement, c’est un quelque sorte une réserve de liquidités utilisées par les Banques pour financer les petits projets ; quelques dizaine de millions de talents d’or (soit une dizaine d’unité monétaires internationales) qui permettent de débloquer rapidement des fonds en urgence. Mais néanmoins, comme les banques antériniennes restent encore relativement petites, ce capital de départ est partagé entre ces dernières ; les vingt millions de talents d’or de réserve appartiennent principalement aux quatre grandes banques de l’Union. Cela suffit néanmoins à fournir immédiatement les sommes demandées. De ce fait, c’est de cette manière que le Banairah a pu recevoir aussi vite les dix millions de talents d’or demandés ; en quelques jours seulement il a ainsi pu faire croître son économie de quelques milliards grâce à un tel projet. Pour les levées plus importantes, les banques émettent des milliers d’actions afin d’obtenir les capitaux suffisants pour financer des prêts à pas moins d’une centaine de millions de talents d’or (une centaine de millier d’unités monétaires internationales, rendez-vous compte !). Voire en s’associant avec des banques étrangères, comme la Zecca, pour pouvoir supporter le coût d’un tel effort et mutualiser les risques et les bénéfices des différents participants ; un moyen de perdre moins tout en gagnant tout autant. Pour l’heure, les projets de prêts « exceptionnels » visant à maximiser les gains tout en minimisant les risques avec des normes et une sélection rigoureuse sont encore en gestation au sein des cabinets de conseil appartenant aux principales banques de l’Union. Il n’en demeure pas moins que « le Clan est l’un des syndicats bancaires les plus sûrs et les plus à même de mener les missions d’une banque d’affaire auprès des États. » selon l’un des présidents d’un banque impliquée. Pour un autre, c’est un investisseur « sain » tant pour les particuliers que pour les grandes entreprises et les États.

En conclusion, nous n’avons qu’à citer le Porte Parole du Groupe ; « qu’attendez-vous pour emprunter ? ». Mais il serait tout de même intéressant de pouvoir présenter en profondeur les principaux membres de ce Clan une fois que nous en avons compris les rouages.

Principaux acteurs de l’Union des Banques Antériniennes et Confédérales.


La Première banque est bien entendu le Groupe des Banques Populaires et des Caisses Épargnantes (abrégé plus facilement G.B.P.C.E) qui sont la première banque incontestée pour les ménages antériniens ; et ce dès le début de son histoire avec la naissance d’un produit financier que l’on retrouve encore aujourd’hui comme l’une de ses références historiques ; c’est sur le livret d’épargne que s’est construite toute sa réputation, mais aussi toute sa clientèle depuis sa fondation en 1835. C’est la première banque « populaire » de l’histoire antérinienne ; c’est à dire la première banque à fournir des services à des particuliers (comme le crédit ou le livret d’épargne) alors que ces derniers, devaient compter sur des prêteurs ou leurs propres économies personnelles avant de chercher à investir, acheter et devenir propriétaires. Mais surtout c’est l’existence de ce livret bien étrange qui fait un tabac à l’époque. Généralement à taux de deux pourcents ; ce dernier promettait d’augmenter l’argent économisée pour peu qu’il restait en banque. C’est ainsi que petit à petit, l’épargne s’est progressivement banalisée grâce au prêt de cet argent aux institutions publiques. Nous considérons à tort qu’un livret d’épargne est une sorte de ponzi, pire que l’argent est « magique » qu’il vient de l’État comme une sorte de subvention accordée. Alors qu’en vérité, tout cet or dormant contribue à financer les grands travaux en échange d’intérêts (c’est donc un emprunt) qui bénéficie doublement aux citoyens, d’une part car les travaux qu’ils financent indirectement devient un service leur facilitant la vie (la construction d’un hôpital en province, la création d’une ligne de chemin de fer désenclavant des régions entières…) tout en profitant en même temps des intérêts à deux pourcents qui font fructifier leur épargne (qui les empêche surtout d’être dépassée par l’inflation…). Et c’est l’arme principal qui leur permettra de devenir une banque incontournable dès leur début.

Cela ne signifie pas pour autant que la route de la gloire et de la fortune fut rapide et sans embûche ; en deux siècles plusieurs crises économiques, politiques et sociales faillirent mettre à mal cette puissante banque, qui tutoyait l’État, influençait les politiciens et les investissements, gouvernait secrètement l’économie pendant pas moins d’un demi-siècle ! Au départ en revanche, elle devait faire face à plusieurs concurrents ; des banques d’investissement d’origine étrangère qui avaient vu en Saint-Jean-de-Luz et en l’Antérinie une opportunité d’investissement colossale. Après tout la révolution industrielle battait son plein et beaucoup de financiers commençaient à saisir pleinement les possibilités que représentaient le réseau ferroviaire, c’est donc pour cette raison qu’un nouveau concurrent, national cette fois-ci est né. Les Banques Populaires sont un réseau unifié par d’habiles tractations et rachat massifs à partir de la seconde moitié du XIXe siècle ; ces derniers ont ainsi acquis un solide réseau qui était surtout à l’avant garde du progrès économique ; investir dans des chemins de fer à cette époque revenait à investir dans un pari risqué, presque perdu d’avance. Et pourtant, avoir réussi à prendre le coche avant tout le monde, malgré le risque encouru à grandement enrichi les Banques populaires (qui n’avaient rien de populeux, seulement c’était un moyen de plaire aux investisseurs libéraux qui pouvaient ainsi se croire « proches » du peuple). Les faisant directement entrer en concurrence et dans une sourde rivalité contre les Caisses Épargnantes, qui avaient pourtant largement dénigrées les Chemin de Fer. Pourquoi ? Simplement parce que c’étaient deux groupes qui s’étaient découverts un secteur d’investissement commun; la logistique portuaire ; alors que les capitaux devaient êtres limités pour proposer des prêts à taux élevés, les présidents des C.E se sont sentis une âme d’investisseurs et ont aussi participé à des marchés qui étaient pourtant l’apanage des « banques de négoce ». Le résultat ne fut pas aussi bénéfique qu’espéré car la concurrence entre les deux banques les poussa à proposer des taux de 5 % au lieu des 15 % espérés par les B.P… Une perte assez lourde qui contraste avec l’éclatante réussite du chemin de fer.

Cet évènement, qui aurait très bien pu rester un épiphénomène de la période industrielle devint un conflit durable et profond entre les deux banques simplement parce que leurs présidents en ont fait une affaire personnelle et une guerre d’égo s’est construite de toute pièce sur une affaire de ports. Et ça à mener à l’une des rivalités les plus fascinantes de toute l’ère industrielle, deux banques se sont lancées dans une guerre des prix pour tenter de se détruire mutuellement. Cette relation éminemment malsaine n’a pas manqué de faire les affaires des industriels ; les taux d’intérêts des deux plus grandes banques se révélaient être imbattables ; et malgré leur haine viscérale et féroce, leurs prix bas, les deux établissements se révélaient êtres rentables. Évidemment cela n’a pas manqué d’alarmer des actionnaires communs qui réalisaient que les profits auraient pu être bien plus élevées sans cette course au taux d’emprunt avantageux. C’est cela qui poussa donc ces derniers à en alerter les Présidents, mais leurs alarmes restèrent lettres mortes, tant la rancune et les provocations successives étaient grandes.

Seulement, la crise du rail, survenue suite à de mauvaises manipulations financières qui menèrent à une véritable bulle financière englobant le secteur de la logistique tout entier, ce fut une ruine absolue pour les deux géants ; leurs prêts à taux réduits contraints par une concurrence acharnée et une rivalité exacerbée par des relations tendues entre les deux patrons failli mener à la perte de la C.E et des B.P ; les défauts de paiement s’enchaînèrent, les entreprises de logistique (la Compagnie Nationale des Chemins de Fer Antériniens (C.N.C.F.A), la Compagnie du Rail Marcinois (C.R.M)…) firent faillite successivement à cause des dettes astronomiques cumulées pour l’établissement d’un réseau coûteux à installer dans des territoires inhospitaliers. Pour les actionnaires ce fut un déclic, tandis que les deux Présidents furent révoqués de leurs fonctions, leurs remplaçants durent entamer un rapprochement pour un alignement des taux d’intérêts ; une victoire qui amena par la suite l’union et la fusion des deux banques, en faisant l’un des plus grands groupes bancaires antériniens, un statut que peu disputent aujourd’hui.

En second lieu vient le Crédit Communal, une ancienne caisse de dépôt, Cajas de Ahorros, qui s’est progressivement reconvertie en un acteur de l’économie de la finance en profitant de la Loi Martini autorisant les Banques à mêler l’argent que leurs clients déposent chez eux à leurs activités financières ; malgré des gardes fous qui sont encore imposées pour éviter que leurs réserves soient nulles, il est possible pour les « caisse de dépôts » comme on les appelait encore à cette époque (les années 30’, période à laquelle cette loi a été votée) de jouer en bourse avec l’argent de leurs clients. Une dérégulation qui permit à cette banque des marches, à l’action initialement sociale lors de sa création, vers la fin du XIXe siècle, de s’enrichir rapidement. En premier car même si action se révélait se concentrer uniquement sur l’investissement bénéficiant aux communautés des Marches, il est important de rappeler que la région était à cette époque en train de connaître un petit « boom » économique avec une série d’investissements massifs dans le chemin de fer pour relier les grandes villes minières du nord aux cités portuaires et industrielles du sud. Tout cela bénéficia grandement aux Caisses Communales qui purent ainsi financer une multitude de projets, s’enrichir grandement par les intérêts ; leur permettant ainsi de devenir les créanciers de la plupart des sociétés et entreprises de la région. Un statut qui ne manque pas de leur apporter une sorte de prédominance sur le marché régionale, malgré une lutte acharnée contre les B.P et les C.E qui s’alignaient progressivement pour écraser la concurrence.

Étrangement, loin de s’affaisser, le Crédit survécut et put se renforcer car il avait l’avantage de connaître la région, l’offre locale, les intérêts particuliers des clients qui « comptent vraiment ». Ainsi, le C.C acquit un capital suffisamment important pour se sentir prêt à jouer en bourse avec le revenu des intérêts, mais aussi avec le dépôt des clients. La promesse était simple ; démultiplier les gains en devenant une banque d’investissement qui possédait des actions un peu partout dans les grandes sociétés cotées à Luz, mais aussi à Fortuna et à Messalie. Très vite, les activités financières dépassèrent en rendements les bénéfices des autres activités d’une Banque de détail ; ce fut un véritable triomphe financier pour le Crédit qui devint la seconde banque d’investissements derrière les B.P.C.E ; un véritable empire de l’ombre s’est crée en moins d’une cinquantaine d’années grâce au génie financier de celui que l’on appelle aujourd’hui le « Prophète de la finance » ; le lointain président de la C.C n’était pas des Marches, mais originaires du Marcheburg ; les Barons von Goldschild (à l’origine des changeurs d’origine juive devenus des aristocrates fortunés en quelques générations seulement). Ce dernier en effet, Louis de Goldshild avait mené des opérations financières osées ; mais d’une redoutable efficacité ; il avait coutume de faire croire qu’il vendait toutes ses parts d’une société, inquiétant ainsi les autres actionnaires, lui permettant de cette manière de racheter des centaines, voire des milliers d’actions, à prix bradés ; un véritable loup de la finance avant l’heure. Et ce dernier, mena une politique très claire l’entreprise d’abord ; faisant du Crédit une force financière d’envergure rivalisant sur certains points avec le géant de la « coalition bancaire » (autrement dit le groupe B.P.C.E)…

Plusieurs scandales et crises économiques entachèrent l’image même du Crédit ; de son vivant Louis avait tendance à braquer les projecteurs sur ses coups d’une grande malhonnêteté et d’une ruse que l’on attribuait volontiers à la « génétique juive ». Une véritable tragédie qui affecta la communauté juive considérée, à tort, comme le nid à vipère de la finance. Mais le pire fut certainement l’acquisition de la Compagnie de Négoce du Nord ; la C.N.N, le colosse au pied d’argile constituait une position solide, la compagnie en effet était celle qui soutenait avec le Crédit Communal l’économie du nord de l’Antérinie, pourtant réputé pauvre et sous-financé. L’acquisition n’en fut que plus éclatante ; et elle se résumait à quelques articles d’une plume financière respectée et connue, à la simulation d’une panique boursière et à la reprise en main puis à la restructuration d’une banque avant d’annoncer la fusion avec le C.C ; nous connaissons tous l’adage ; « on ne change pas une équipe qui gagne » et visiblement la traditionnelle recette miracle de Goldshild continuait à faire effet, au détriment de ses concurrents. Car grâce à ce « coup bas », le Crédit Communal put conserver sa place de second en 1947 et rivaliser avec les Banques Populaires et Caisses Épargnantes…

Mais dans le petit monde bancaire antérinien, un séisme allait se produire lorsque la Banque Ounagou tout droit venue de Marcine commença à s’établir progressivement en Antérinie ; ce fut une véritable panique à Antrania et Luz ; pour la première fois les firmes financières des deux têtes d’un même aigle pourraient s’entrechoquer ; ce qui n’a pas manqué d’alarmer le ministère de l’économie qui souhaitait éviter une confrontation entre des acteurs majeurs qui auraient pu avoir un effet néfaste sur le marché intérieur. De cette manière là, la confrontation tant attendue n’eut pas lieu ; simplement parce que le ministère s’était montré clair ; les banques ne doivent pas faire paniquer les marchés. Mais cela a aussi marqué l’apothéose d’une banque née dans les années 1870 ; pour la première fois dans l’histoire de l’Afarée noire, une banque afaréenne, avec des capitaux afaréens et des dirigeants afaréens ouvrit ses portes dans l’un des derniers royaumes indépendants, autonomes plutot, du continent. Et pourtant initialement peu de monde avait confiance en ce banquier s’étant formé en Eurysie et ayant importé des pratiques qui n’avaient pas encore cours ; comme les taux d’intérêts, les rouages de la finance, le le Livret d’épargne. Toutes ces importations sont évidemment dues à Ouganou ; qui avait fondé la Compagnie du Négoce de Marcine dans l’objectif avoué de faire du royaume une place industrielle et non plus seulement portuaire. C’est donc de cette manière là que le Royaume s’est progressivement industrialisé, poussé par un secteur bancaire extrêmement dynamique et puissant ; les réformes du gouvernement marcinois ayant par ailleurs réussi à attirer les capitaux pour faire du petit royaume afaréen une puissance économique de premier plan à l’échelle régionale et internationale.

Évidemment cette ascension ne manque pas d’être entourée de certaines zones d’ombre ; quid du financement des opérations marcinoises au Moranza, quid du dédain affiché pour les droits des travailleurs lorsque Désiré Ouganou affirmait « Nul besoin de se préoccuper de la masse, la police maintient l’ordre face à ces agitateurs d’une dangerosité jusqu’alors inégalée. » Plusieurs crises économiques, comme la Crise de la Perle, jusqu’alors monnaie nationale firent de cette dernière une coquille vide ; hyperinflation, perte de confiance en la valeur de cette dernière et refus des investisseurs d’échanger les talents en perles ; ce fut un désastre financier absolu pour Marcine qui, en plus d’une dette extrêmement lourde, dut accepter de changer la monnaie nationale au profit du talent antérinien afin de stabiliser la dette. Ouganou aillant prévu, et même selon certaines figures médiatiques de la fin du siècle « conspiré contre la Perle » ; ainsi les réserves de talents accumulées et le taux de change avantageux de ces derniers permis à sa banque de conclure une belle affaire ; de juteux bénéfices s’élevant à plusieurs millions de talents ; une richesse qui a permis une expansion rapide de la banque tandis que ses concurrents locaux, inexpérimentés et pris de cour par la Crise de la dette marcinoise mettant ainsi sur la paille la concurrence. Un coup qui lui permettra d’exercer un quasi-monopole dans la finance et les activités bancaires à Marcine et au Moranza pendant un demi-siècle sans concurrence capable de l’inquiéter. Aujourd’hui encore, les Banques Ouganou restent hégémoniques malgré la concurrence de la Banque de Marcine.

Une fois débarquée en Antérinie dans la seconde moitié du XXe siècle, il est probable que les présidents de la Banque Ouganou furent déçus ; le marché était déjà bien ciselé et les concurrents potentiels s’unirent presque pour ralentir chaque établissement et lancement de nouveaux produits par une concurrence acharnée ; et étrangement cette union temporaire face à un ennemi commun qui s’était établi un peu partout dans le monde et qui était réputée pour un être un prédateur, bien plus vorace et ambitieux que les B.P.C.E contribua à donner naissance aux premiers investissements regroupés impliquant plus de six banques d’affaires majeures lors du boom économique de la période et l’émergence de plusieurs géants industriels ; comme Carbonnex ou Transpex… Ce qui amena les premières négociations pour envisager la formation d’un capital commun regroupant toutes les banques pour lever rapidement des fonds tout en mutualisant les risques. Une initiative qui ne manqua pas d’alerter les représentants des banques marcinoises, qui se voyaient exclues de négociations aussi profitables.

Pas moins de dix ans furent nécessaires pour mener à bien les premiers projets d’investissements conjoints, pas moins de dix ans supplémentaires furent nécessaires pour former la première caisse commune. La faute à une communication difficile et à des rivalités toujours vivaces entre les grands patrons de ces groupes ; les de Goldshild étaient, il y a quelques années encore, en perpétuelle rivalité avec les de Larrieu du groupe des Banques Populaires et Caisses Épargnantes ; seule la possible introduction d’un rival qui aurait pu bousculer à leur désavantage le difficile équilibre qui subsistait entre ces groupes. Mais ce sera pas l’intermédiaire de Louis de Escubria, président de la Société Générale d’Investissements que l’unité entre les différentes banques d’affaires se fera réellement ; ce dernier en effet est actionnaire minoritaire de plusieurs d’entre elles et s’est transformé en un véritable médiateur une fois qu’il entendit parler de ce projet ; il remua ciel et terre pour organiser des tables rondes, des rendez-vous où chaque partie expose ses intérêts et ses contraintes pour permettre d’avancer collectivement ; un travail de géant selon ses propres mots qui poussa plusieurs de ses partenaires à envisager de nouvelles options pour conserver leurs autonomie ; car en vérité le cœur même des dissenssions n’était pas personnel, mais professionnel ; quelles banques en profiteraient le plus, quels statuts obtiendraient-elles au sein de cette « Ligue d’investissements », quelle indépendance conserveraient-elles ? Et ce fut principalement pour ces raisons que les négociations durèrent si longtemps, d’autant plus que des fonds d’investissements cherchaient aussi à y être intégrés ; les prêts particuliers étant tout aussi rentables que les prêts des banques, un intérêt évident à comprendre se manifesta.

Il fut donc décider de rester sur un simple ensemble de fonds communs destinés à combler les besoins des grandes entreprises par secteur ; d’abord la logistique, la construction, ensuite les prêts aux institutions… Porgressivement ce réseau disparate de banques s’alliant pour imposer les taux se renforça malgré la prudence, la « moralité », de certaines d’entre elles. Etablissant ainsi un rapport équilibré marqué par l a confiance entre investisseurs et débiteurs. C’est ce même objectif que poursuivent ces banques sur le marché international. Le Clan bancaire se compose ainsi, progressivement, poussant les banques à s'agréger pour profiter d'un énorme gâteau.
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