Pour vivre heureux, vivons cachés.
Rencontre entre Achos et la Poëtoscovie
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Il faut dire que cela était particulièrement étrange... Une lettre reçue un jour, exprimant certes des condoléances dans un temps qui en nécessitant bien plus qu'accueillies, mais tout de même. Cette lettre avait en elle une chose énigmatique, d'une étrangeté sans nom, d'un caractère insondable, d'une vie occulte même, presque d'un délire des sens, du moins un peu de folie, sinon un appel d'intrépidité, sans doute un peu de suspens voulu mais, par-dessus tout, du mystère. C'était bien là, d'ailleurs, le cœur de l'affaire : quatre initiales. Et de ces quatre initiales on ne pouvait percevoir rien d'autre qui eut la moindre saveur d'indice, la senteur de vérité, la conscience d'une chose sue, le plaisir d'une intrigue découverte ; bref, une chose simple. Au fond c'était donc un tas de multiples choses comme il en existe plein, mais qui, ici, avec tout le caractère imprévisible du monde et un peu de nature aventureuse, apparaissait clairement singulier. Une lettre pourtant banale, cependant accompagne d'une note particulière, et c'était là tout le drame de cette comédie.
On indiqua finalement à l'homme qui s'occupait du courrier du ministère et qui, d'un air à demi-désespéré, énonçait seul des énonciations avec une mine tantôt mélancolique tantôt grotesque, qu'il fallait au sujet de cette lettre écrire une note pour dire ceci en cinq mots tout au plus : on ne l'avait pas comprise.