19/08/2020
15:48:09
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[AIAN - Poëtoscovie] Pour vivre heureux, vivons cachés.

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Pour vivre heureux, vivons cachés.
Appel téléphonique entre une mystérieuse organisation achosienne et la Poëtoscovie
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Il faut dire que cela était particulièrement étrange... Une lettre reçue un jour, exprimant certes des condoléances dans un temps qui en nécessitant bien plus qu'accueillies, mais tout de même. Cette lettre avait en elle une chose énigmatique, d'une étrangeté sans nom, d'un caractère insondable, d'une vie occulte même, presque d'un délire des sens, du moins un peu de folie, sinon un appel d'intrépidité, sans doute un peu de suspens voulu mais, par-dessus tout, du mystère. C'était bien là, d'ailleurs, le cœur de l'affaire : quatre initiales. Et de ces quatre initiales on ne pouvait percevoir rien d'autre qui eut la moindre saveur d'indice, la senteur de vérité, la conscience d'une chose sue, le plaisir d'une intrigue découverte ; bref, une chose simple. Au fond c'était donc un tas de multiples choses comme il en existe plein, mais qui, ici, avec tout le caractère imprévisible du monde et un peu de nature aventureuse, apparaissait clairement singulier. Une lettre pourtant banale, cependant accompagne d'une note particulière, et c'était là tout le drame de cette comédie.

On indiqua finalement à l'homme qui s'occupait du courrier du ministère et qui, d'un air à demi-désespéré, énonçait seul des énonciations avec une mine tantôt mélancolique tantôt grotesque, qu'il fallait au sujet de cette lettre écrire une note pour dire ceci en cinq mots tout au plus : on ne l'avait pas comprise.
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Dans un bureau sombre d'un vieux château, un homme était assis près de la petite table sur laquelle était disposé son téléphone filaire, attendant patiemment que celui-ci sonne tout en humant sa pipe. La nuit dehors était fraîche et sèche, bien trop sèche pour la saison, se dit l'homme qui, tout en gigotant sur son large fauteuil de velours, jouait nerveusement avec le câble du téléphone. Il faut dire qu'il s'agissait d'un enjeu de taille pour l'organisation achosienne. Pour la première fois depuis presque un demi-siècle, l'AIAN osait chercher des soutiens extérieurs, et les récentes tensions entre la Poëtscovie et Velsna étaient peut-être la seule fenêtre de tir dont ils disposaient. Ainsi, une goutte de sueur froide parcourut l'échine de l'homme lorsque l'instrument à sa droite fit raisonner la pièce de son tintement strident.Se rassurant grâce à une longue inspiration, il finit par décrocher :

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"Bonjour et merci d'avoir accepté cette entrevue téléphonique. Puissiez-vous excuser la manière certes peu orthodoxe dont nous prirent contact avec vous, mais il nous fallait être discret aux yeux de notre cher gouvernement. "

Malgré les fortes modifications apportées par le brouilleur, la voix de l'homme était claire et trahissait son érudition qui transparaissait par son langage des plus soutenus mais également son origine celtique que les grésillements métalliques ne pouvaient dissimuler.

"Mais je ne me suis pas encore présentée et vous devez sûrement vous demander à quoi rime toute cette histoire. Vous pouvez m'appeler Cerf et je suis le représentant chargé des contacts avec l'étranger de l'Alliance pour l'Indépendance de l'Achosie du Nord, généralement abrégé plus simplement en A.I.A.N. Comme notre nom l'indique, nous cherchons depuis presque cinq-cents ans à rétablir le territoire de jure de la Sérénissime République d'Achos en reprenant enfin la partie nord de l'île celtique, de plein droit achosienne et occupée depuis presque 800 ans par la Grande République de Velsna. Or, nous crûmes comprendre que votre nation a récemment subi les foudres des actions impérialistes de cette nation corrompue. Encore une preuve qu'elle cherche désespérément à maintenir son hégémonie aussi bien sur les mers que sur les peuples du globe. Nous vous contactons donc pour établir, comment dire..., un échange de bon procédé, voilà ! À nous opposer depuis si longtemps, nous avons appris à connaître le moindre détail, la moindre stratégie de Velsna. Un savoir qui pourrait se révéler très utile pour vous ! Quant à vous, votre réputation en matière d'intelligence vous précède ! Depuis la débâcle de la fin des années 80, nous avons du mal à remettre ce réseau sur pied, et qui plus est, nous manquons cruellement de matériel. Ainsi, nous proposons donc cet échange de bon procédé, qu'en pensez-vous ?Il est évident que nous sommes ouverts à toutes autres questions ou négociations que vous proposerez ! Cela va de soi "
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Le mystérieux conseiller du ministère des Relations internationales de Poëtoscovie avait finalement appelé le mystérieux numéro... Il ne comprenait pas tout ce qui se présentait à lui, c'était une évidence, mais percevait du moins les intérêts d'un tel appel, lequel revêtait d'une importance absolument capitale dans la lutte contre Velsna.

- Qu'on appelle le ministre ! lança le fonctionnaire, certain — à raison — que cela l'intéresserait. Cependant, ses collègues, habitués aux extravagances de l'homme, ne purent réprimer l'éclat d'un rire sincère. Bien évidemment, cela ne fut en rien perceptible au téléphone, car le conseiller avait pris soin de positionner sa main contre le micro, ainsi que le font les gens sérieux aux fonctions sérieuses. Allô ? Oui, nous sommes particulièrement intéressés par ce que vous nous proposez là... Oui oui, j'entends, parfaitement... Absolument... Num... C'est noté... Bien... Dans ce cas, je me permets de vous mettre en attente, afin d'en rendre compte à mes supérieurs et de transmettre la communication à une personne habilitée.

On raconta qu'un homme fit alors son jogging dans l'enceinte du large bâtiment tenant lieu de siège au ministère des Relations internationales. En vérité, le conseiller allait aussi vite qu'il pouvait non pour muscler ses petits mollets — quoique ceux-ci en auraient eu assurément besoin —, mais assurément pour contacter le cabinet du ministre. Il courut, courut, manqua quelques fois de renverser un membre du personnel d'entretien, ne chercha point à faire bonne impression aux diplomates qu'il croisa, fit fi des ampoules qui commençaient à éclore dans le cuir douloureux de ses luxueuses chaussures, pensa à prendre les escaliers plutôt que l’ascenseur, dévala les marches — le ministre était au rez-de-chaussée —, faillit choir aux dernières d'entre elles, reprit sa course, manqua de nouveau de bousculer de nouveaux membres du personnel d'entretien — le ministre tenait personnellement à ce que le bâtiment fût d'une hygiène irréprochable —, esquiva de plus les hommes en costume bien taillés, leur rendit leur regard arrogant, leur tira la langue lorsqu'ils furent derrière lui, constata après coup que d'autres l'avaient vu tirer la langue, poursuivit alors sa course à un rythme d'autant plus important et, enfin, arriva devant la porte, avec l'air d'avoir réalisé un marathon, soit tel que vous pouvez vous le figurer.

Le fonctionnaire expliqua la situation à Monsieur le secrétaire de Monsieur le Chef de cabinet de Monsieur le ministre. Monsieur le secrétaire, comme le lui imposait la procédure, partit prévenir Monsieur le Chef de cabinet de Monsieur le ministre. Désormais disposé à recevoir le fonctionnaire dans les plus brefs délais, Monsieur le secrétaire fit entrer le fonctionnaire dans le cabinet de Monsieur le Chef de cabinet. Monsieur le Chef de cabinet, pour la seconde fois, eut un récit fort détaillé de ce qu'il advenait pour le fonctionnaire. Il écoutait avec beaucoup d'attention. Lorsque ce récit fut achevé, il demanda de patienter quelques instants qui ne furent en réalité guère longs pour le fonctionnaire. Il alla dans le bureau de Monsieur le ministre, l'y trouva dans des dispositions propres à accueillir Monsieur le Chef de cabinet, Monsieur le secrétaire de Monsieur le Chef de cabinet et le fonctionnaire. Le fonctionnaire entra alors, en dernier évidemment et lorsque Monsieur le Chef de cabinet, naturellement, fut revenu pour le lui dire. Dans le bureau de Monsieur le ministre où se trouvait toute cette joyeuse assemblée, fut tenu à peu près ce discours :

- Monsieur le Ministre, dit le fonctionnaire en s'inclinant, hautement honoré de rencontrer un homme de ce rang-là, il faut absolument que vous sachiez quelle discussion j'ai eue à l'instant avec une organisation, que j'ai mise en attente dans mon bureau au troisième étage.

Le fonctionnaire lui raconta tout ce qu'il y avait à raconter, jusqu'à ce que le ministre remercia le fonctionnaire et le pria de transférer l'appel à son chef de cabinet. Monsieur le Chef de cabinet, que nous n'avons pas mentionné depuis au moins trois lignes, ce qui est une cruelle erreur, était occupé en cet instant à s'assurer que les vitres eussent été faites selon son bon vouloir. Le fonctionnaire réalisa alors à cet instant seulement que ce que tout le monde croyait comme étant du ressort de la maniaquerie de Monsieur le Ministre était en réalité du fait de Monsieur son Chef de cabinet. En bref, il fallut alors lui répéter la substance de la conversation, mais Monsieur le Secrétaire, qui s'employait généralement à ce genre de missions, en somme, lui en fit une parfaite synthèse.

Pendant ce temps, le fonctionnaire courut à son bureau pour transférer l'appel. On raconta alors que le même homme fit un second jogging dans l'enceinte du large bâtiment. Il allait aussi vite qu'il pouvait non pour muscler ses petits mollets — quoique ceux-ci en auraient toujours assurément besoin —, mais assurément pour cesser la mise en attente d'une organisation aussi importante et transférer l'appel à Monsieur le Chef de cabinet de Monsieur le ministre. Il courut, courut, manqua quelques fois de renverser d'autres membres du personnel d'entretien, ne chercha point à faire bonne impression aux diplomates qu'il croisa de nouveau, fit fi des ampoules qui continuaient d'éclore et de suinter au contact douloureux du cuir douloureux de ses luxueuses chaussures, pensa cette fois à prendre l’ascenseur plutôt que l'escalier, ne dévala pas les marches — il ne descendait ni n'empruntait les escaliers, ce qui eût rendu ce choix de verbe tout à fait inapproprié —, faillit choir au sortir de la cage, reprit sa course, manqua de nouveau de bousculer de nouveaux membres du personnel d'entretien — Monsieur le Chef de cabinet de Monsieur le Ministre, et non Monsieur le Ministre comme nous l'avons déjà expliqué, tenait personnellement à ce que le bâtiment fût d'une hygiène irréprochable —, esquiva de plus les hommes en costume bien taillés, leur rendit leur regard arrogant, leur tira la langue lorsqu'ils furent derrière lui, constata après coup que d'autres l'avaient vu tirer la langue, poursuivit alors sa course à un rythme d'autant plus important et, enfin, arriva devant la porte, avec l'air d'avoir réalisé deux marathons, soit tel que vous pouvez vous le figurer.

L'appel fut donc transféré immédiatement, dès cet instant, à Monsieur le Chef de cabinet, auquel Monsieur son Secrétaire avait fait une note, lequel transféra lui-même l'appel ainsi que cette même note à un responsable équivalent de Monsieur le secrétaire, mais au sein du ministère de la Sécurité d'État. L'homme, sans doute bien davantage discipliné que chez le ministre des Relations internationales, prit l'appel comme si c'était lui qui, dès la première seconde, avait été au bout du fil.

- Bonjour, Monsieur Cerf, je suis responsable de la Sécurité d'État en tout ce qui concerne les épisodes avec la Grande République de Velsna. Je n'ignore ni votre position, ni ce que vous nous soumettez. Je souhaite malgré tout que vous ayez en tête que la République de Poëtoscovie s'est officiellement engagée en faveur d'un processus de paix avec son allié. Tous nos efforts sont pour l'heure engagés dans cette voie, et il faut que vous soyez conscients que nous ne pourrons pas, diplomatiquement, vous être d'un secours quelconque. En revanche, nous sommes tout à fait disposés à mettre en commun nos moyens, informationnels comme matériels, afin de faire avancer notre cause commune.

Le responsable prit un temps de pause, écouta les acquiescements conventionnels formulés par son interlocuteur et reprit.

- Comprenez cependant qu'il nous soit impossible de travailler en une si étroite collaboration sans en avertir au préalable les autorités légitimes et légales d'Achosie. Il est important pour nous de travailler avec un acteur étatique capable de soutenir notre action sur la scène internationale afin de n'être pas accusés d'ingérences à l'encontre d'un État avec lequel nous ne souhaiterions aucune tension. Comprenez-vous cela ? La position est évidemment très tendue de votre côté, ce qui est absolument légitime, mais elle ne l'est pas moins pour nous, qui avons subi une défaite importante.

HRP : Cela signifie que la discussion continue sur ce canal, mais qu'en parallèle la Poëtoscovie contacte Achos. J'ouvrirai très prochainement (aujourd'hui ou demain) cette discussion téléphonique dans la section diplomatie (où se trouve actuellement le présent topic).
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