
Bodhi Balïq —09/04/2020
Il aura fallu une destitution, une condamnation et l'annonce de nouvelles élections générales pour que certains découvrent soudainement les vertus du changement politique.
L'Action Centriste Fédérale vient d'annoncer son ralliement à la « Compagnie à Gauche ».
Nous ne sommes pas surpris.
Nous sommes simplement étonnés de voir avec quelle rapidité certains responsables politiques changent de veste lorsque la porte du pouvoir commence à se refermer derrière eux.
L'ACF a été créée par Aimyouk. Aimyouk a dirigé Tiva pendant dix années. Il a occupé la présidence de la République de 2010 à 2020. Il était auparavant socialiste. Il a ensuite fondé l'ACF en prétendant construire une voie centriste indépendante.
Et maintenant que son fondateur vient d'être déchu et condamné, l'ACF retourne vers la famille politique dont elle s'était précisément éloignée.
Le chien qui retourne à la niche, après avoir passé dix ans à prétendre qu'il avait quitté la maison.
Nous pourrions presque en rire si la situation de notre République n'était pas aussi grave.
Pendant des années, l'ACF a expliqué qu'elle était différente des socialistes. Elle se voulait indépendante, raisonnable, responsable, capable de parler à tout le monde.
Aujourd'hui, elle rejoint une coalition dominée par des forces qui, jusqu'à hier encore, étaient incapables de se parler.
La Confédération de Tiva populaire ne parlait plus aux socialistes.
Les socialistes et les communistes se regardaient en chiens de faïence.
Les écologistes avaient commencé à se rapprocher du centre tout en continuant à expliquer publiquement à quel point le centre était insuffisant.
Et les communistes ont fini par suivre les orientations des Insoumis avec une docilité qui ferait presque oublier qu'ils possèdent eux aussi un parti.
Puis arrivent les élections, ils se fracassent, se rejettent mutuellement la faute, se reprochent leurs candidatures, leurs divisions, leurs stratégies et leurs résultats.
Et maintenant, miracle politique : tout le monde aurait compris qu'il fallait s'unir !
La « Compagnie à Gauche » n'est pas née d'une grande histoire d'amour politique. Elle est née de la peur de perdre chacun séparément.
Et c'est précisément dans cette construction que l'ACF prétend désormais jouer les arbitres.
Il faudrait donc croire que le parti fondé par le président qui vient d'être destitué et condamné serait aujourd'hui celui qui viendrait expliquer à la gauche comment gouverner ?
Il faudrait également croire que ceux qui ont participé pendant dix ans à la construction de l'ordre politique actuel peuvent soudainement se présenter comme les artisans du « monde d'après » ?
Nous refusons cette réécriture de l'histoire.
L'ACF a le droit de rejoindre la gauche.
Elle a le droit de changer de stratégie, le même le droit de prétendre que son ancien positionnement était une erreur.
Mais elle n'a pas le droit de demander aux Tivanais d'oublier dix années de politique simplement parce que son ancien président n'est plus au pouvoir.Les Loyalistes, eux, ne changent pas de camp parce que les sondages changent.
Nous ne rejoignons pas la LNC parce qu'elle serait aujourd'hui la solution de facilité. Nous la rejoignons parce que nous considérons qu'une droite divisée serait incapable de répondre à la recomposition politique actuelle.
La gauche s'organise. La droite doit s'organiser à son tour.
C'est la raison pour laquelle Les Loyalistes annoncent officiellement leur rattachement à la Ligue Nationale Conservatrice.
Nous voulons participer à la construction d'une droite capable de gouverner après les élections qui s'annoncent.
Nous ne voulons pas d'une droite qui s'excuse d'être de droite pas d'être une droite qui attend que le centre lui explique à chaque élection dans quelle direction elle doit regarder.Et surtout, nous ne voulons pas d'une droite qui se laisse enfermer dans un duel artificiel entre elle et une coalition de gauche construite en catastrophe.
Notre position est simple : nous assumons notre camp.
La LNC représente aujourd'hui le principal point de rassemblement possible des forces conservatrices et nationales. C'est autour d'elle que doit désormais se construire l'alternative, l'ACF a choisi de rejoindre la Compagnie à Gauche, très bien.
Mais qu'elle ne demande pas à la droite de lui fournir demain les voix qui lui permettront de gouverner avec ceux qu'elle combattait hier.Et qu'elle ne vienne surtout pas expliquer aux Tivanais que son changement de camp serait une preuve de courage politique.
Le courage politique consiste parfois à rester là où l'on était lorsque le vent tourne.
Les Loyalistes ont fait leur choix.
Nous choisissons la LNC, l'unité des droites, la clarté plutôt que les arrangements.
Et nous choisissons surtout de ne pas attendre la prochaine crise pour découvrir soudainement ce que nous défendons.
À ceux qui ont changé de camp au moment où leur ancien camp s'effondrait, nous laissons leurs explications.
À ceux qui veulent reconstruire une droite solide, nous ouvrons notre porte.
La campagne commence.
Les masques sont tombés.
Et cette fois, les électeurs sauront qui assume quoi.
Le Bureau national des Loyalistes-Son président Wiung Hinoï.