
L'ACF rejoint la Compagnie à Gauche : « Le centre ne peut plus rester spectateur »
Action Centriste Fédérale annonce son intégration à la Compagnie à Gauche.
Cette décision intervient dans une période exceptionnelle pour notre République. Le Président Aimyouk, fondateur de notre mouvement et figure centrale de la vie politique tivanaise depuis 2010, vient d'être déchu de ses fonctions et condamné. Les institutions sont appelées à se renouveler et de nouvelles élections générales vont déterminer l'orientation politique du pays.
Nous ne pouvons pas faire comme si rien ne s'était passé.
L'ACF a été créée autour d'une ambition : offrir à Tiva une force capable de dépasser les affrontements traditionnels entre la droite et la gauche, de rechercher des compromis et de défendre une conception fédérale, institutionnelle et pragmatique du pouvoir.
Cette ambition a eu son utilité.Mais les événements récemment évoqué, nous obligent à reconnaître une réalité plus difficile : le centre autonome que nous avions voulu construire n'a pas réussi à empêcher la polarisation du pays.
Pire encore, notre propre histoire nous place face à une contradiction que nous ne pouvons plus esquiver.Notre fondateur, Aimyouk, était lui-même issu du Parti Socialiste avant de créer l'Action Centriste Fédérale. Il a incarné pendant une décennie une tentative de dépassement des clivages traditionnels ,aujourd'hui, cette expérience s'est terminée dans la crise.Et il serait donc particulièrement commode de prétendre que la situation actuelle ne nous concerne pas.Alors qu'elle nous concerne directementC'est donc précisément parce que nous avons participé à la construction du système politique qui vient de s'effondrer que nous devons accepter de repenser notre positionnement.
La Compagnie à Gauche nous offre désormais la possibilité de participer à une recomposition politique qui ne se limite pas à la traditionnelle opposition entre socialistes et conservateurs.
Certes, les différences entre ses composantes sont considérables. Puisque, la Confédération de Tiva populaire défend une ligne beaucoup plus radicale que la nôtre. Le Parti Sociale-Démocrate demeure marqué par son histoire socialiste. La Fédération Verte porte ses propres priorités environnementales. Le Parti Communiste Tivanais conserve une tradition politique spécifique. Et chacun sait que leurs relations n'ont pas toujours été simples.
Car les socialistes et les communistes ont longtemps entretenu des rapports particulièrement difficiles. Les Insoumis ont eux-mêmes rompu le dialogue avec les socialistes. Les écologistes se sont rapprochés du centre tout en conservant une opposition régulière à ses représentants. Pendant cette période, la gauche tivanaise a davantage ressemblé à une collection de forces concurrentes qu'à une véritable famille politique.
Nous ne prétendons pas que ces désaccords ont disparu par magie.
Mais nous considérons qu'ils peuvent désormais être transformés en débat politique organisé plutôt qu'en guerre permanente entre appareils.
C'est précisément là que l'ACF entend jouer son rôle.
Notre participation à la Compagnie à Gauche doit permettre d'y introduire une culture du compromis, du fédéralisme et de la responsabilité institutionnelle.
Nous ne rejoignons pas cette coalition pour devenir une caution centriste, nous ne rejoignons pas non plus cette coalition pour faire disparaître nos convictions.
Nous y entrons parce que nous considérons que l'avenir politique de Tiva ne peut pas être laissé à un affrontement entre une droite conservatrice structurée autour de la LNC et une gauche qui serait incapable de gouverner au-delà de ses propres querelles.
La crise actuelle constitue une rupture.La destitution d'Aimyouk Chichoniakymari en est l'un des symboles les plus importants.
Nous devons en tirer une conclusion politique : le temps des anciennes équations est terminé.
L'ACF choisit donc de participer à la construction d'une nouvelle majorité.Cette décision ne demande à personne d'oublier ce que nous avons été. Elle demande simplement d'accepter que les circonstances puissent rendre nécessaire une nouvelle orientation.
Nous voulons que la Compagnie à Gauche devienne davantage qu'une addition de partis ayant besoin les uns des autres pour gagner une élection.
Nous voulons qu'elle devienne un espace de gouvernement.
C'est dans cet objectif que l'Action Centriste Fédérale rejoint officiellement la coalition.
La campagne qui s'ouvre sera difficile.
La droite tentera naturellement de présenter notre décision comme une conversion opportuniste de dernière minute. Elle rappellera notre proximité passée avec le pouvoir et la trajectoire politique d'Aimyouk. Elle aura raison de rappeler ces faits : nous ne les contestons pas.
Mais nous refusons que l'échec d'un homme condamne toute une génération politique à l'immobilisme.
L'ACF ne cherche pas à sauver le passé. Elle cherche à participer à ce qui viendra après.