
Tuya Motors and Industrie, plus communément appelée Tuya, est un conglomérat industriel tivanais fondé en 1932 par Chosen Tuya. Issu à l'origine d'un atelier de mécanique agricole installé à Karya, le groupe s'est progressivement développé dans la fabrication de machines agricoles, la métallurgie, la mécanique lourde, les moteurs, les transmissions, l'automobile, les matériaux industriels, l'électronique, l'énergie et, plus récemment, les technologies agricoles et les véhicules électriques.
L'histoire de Tuya est caractérisée par une politique d'intégration industrielle particulièrement poussée. Le groupe a progressivement cherché à contrôler une part croissante des étapes nécessaires à la fabrication de ses produits, depuis la transformation des métaux jusqu'à l'assemblage automobile, en passant par les moteurs, les transmissions, les composants électriques et les matériaux techniques. Cette organisation, devenue l'une des caractéristiques de Tuya, explique également l'importance prise par ses activités industrielles dans l'emploi de plusieurs villes tivanaises.En 2020, le groupe demeure contrôlé par la famille Tuya. Depuis sa fondation, aucun dirigeant extérieur à la famille n'a occupé la fonction de président-directeur général. Cette continuité familiale s'accompagne toutefois d'un système de sélection interne particulièrement strict, notamment pour l'accès au conseil d'administration et à la direction du groupe.
Chosen Tuya naît en 1904 à Karya dans une famille d'artisans. Son père, Batu Tuya, travaille dans la réparation d'outils agricoles et possède un petit atelier dans le quartier de Naran. Chosen apprend très tôt la mécanique, mais se distingue rapidement par son intérêt pour la motorisation des outils agricoles.Au début des années 1930, il constate que les agriculteurs tivanais utilisent encore principalement des outils importés pour les travaux d'entretien des terres. Il décide alors de fabriquer lui-même des équipements simples pouvant être réparés localement. En 1932, il loue un ancien entrepôt de bois dans le sud de Karya et y installe sept machines-outils achetées auprès de fabricants étrangers.
L'entreprise, enregistrée sous le nom d'Ateliers Chosen Tuya, ne produit dans un premier temps aucune machine complète. Elle fabrique des pièces de remplacement, répare des moteurs et adapte des outils importés aux conditions agricoles locales.Le premier véritable produit conçu par Chosen Tuya apparaît en 1936. Il s'agit d'une débroussailleuse motorisée à manche court, la Tuya D-1. Sa conception est rudimentaire mais son entretien est particulièrement simple. La machine connaît un succès supérieur aux prévisions de son fondateur, notamment auprès des exploitations situées autour de Karya et dans les régions agricoles voisines.
Le succès de la D-1 pose cependant un problème nouveau à Chosen Tuya : l'atelier dépend presque entièrement de fournisseurs étrangers pour les moteurs, les engrenages et certaines pièces métalliques. Chosen considère rapidement cette dépendance comme un risque industriel.
En 1939, il décide donc d'investir dans une petite fonderie.
Cette décision constitue le véritable commencement de Tuya comme groupe industriel.
La Fonderie Tuya de Karya commence sa production en 1941. Elle ne fabrique alors que des pièces en fonte et en acier destinées aux équipements agricoles. Toutefois, Chosen Tuya poursuit progressivement l'intégration de nouvelles opérations.
L'entreprise acquiert en 1943 une petite forge, puis en 1946 un atelier de fabrication d'engrenages. En 1948, elle produit son premier moteur monocylindre entièrement assemblé à Karya.Ce moteur devient la base de la seconde génération de machines Tuya.La même année, Chosen crée Tuya Mécanique Générale, une filiale destinée à regrouper les activités de production de moteurs, de transmissions et de composants mécaniques.Cette organisation permet à l'entreprise de ne plus considérer chaque machine comme un produit isolé. Une débroussailleuse, un moteur agricole ou une future moissonneuse peuvent désormais utiliser les mêmes pièces, les mêmes alliages et certaines chaînes de production communes.
Chosen Tuya développe ainsi une philosophie industrielle qui restera présente dans toutes les générations suivantes : lorsqu'une pièce représente une dépendance stratégique, Tuya doit, lorsque cela est économiquement possible, être capable de la produire elle-même.
En 1951, Chosen Tuya confie progressivement la direction opérationnelle du groupe à son fils aîné, Taren Tuya. Âgé de vingt ans à peine lors de son entrée dans l'entreprise, Taren a travaillé pendant plusieurs années dans les ateliers de fonderie et de mécanique avant de prendre des responsabilités administratives.
Taren considère que l'entreprise familiale est arrivée à la limite de ce qu'elle peut accomplir en restant un fabricant de machines agricoles.Il entreprend alors le projet le plus important de l'histoire de Tuya depuis sa fondation : construire un ensemble industriel capable de produire les matériaux, les moteurs et les machines nécessaires à plusieurs secteurs.
En 1953 est créée Tuya Fonderies et Métaux. Deux ans plus tard, le groupe construit l'Aciérie de Karya-Nord. Le site devient rapidement l'une des principales installations sidérurgiques privées du pays.Taren investit également dans les fours, les laminoirs et la production d'alliages spécifiques.La stratégie est coûteuse et provoque plusieurs années de tensions financières. Taren refuse pourtant de ralentir le programme.
En 1958, le complexe industriel de Karya-Nord regroupe déjà une aciérie, une fonderie, une usine de moteurs, une unité de transmissions et plusieurs ateliers de pièces détachées.
L'entreprise ne fabrique plus seulement des machines agricoles.
Elle fabrique désormais les machines qui permettent de fabriquer ses propres machines.
La production agricole devient le premier grand marché industriel de Tuya.
En 1959, le groupe présente le Tuya T-59, son premier tracteur conçu entièrement en interne. Son moteur est fabriqué par Tuya Motor Works, sa transmission par Tuya Mécanique Générale et son châssis à Karya-Nord.
Cette organisation est considérée comme un succès stratégique.Elle permet à Taren de lancer une nouvelle gamme de produits comprenant tracteurs, cultivateurs, remorques, moteurs diesel, pompes agricoles et équipements hydrauliques.
En 1962, ces activités sont regroupées au sein de Tuya Agricultural Machinery.
Le groupe commence également à fabriquer des pièces pour des producteurs agricoles tiers. Cette activité devient rapidement suffisamment importante pour que Tuya cesse d'être uniquement un fabricant de produits finis et devienne également un fournisseur industriel.
L'automobile apparaît à la fin des années 1950.Le projet naît d'une initiative de Soren Valek, ingénieur en chef de Tuya Motor Works, et de Narek Tuya, cousin de Taren et responsable du bureau d'études mécaniques.
En 1958, les deux hommes développent un moteur destiné initialement à une nouvelle génération de machines agricoles.
Narek propose de monter ce moteur dans un châssis expérimental.Le prototype, désigné T-58, est présenté à Taren en décembre 1959.Taren décide alors de créer une division automobile.
Tuya Motors est officiellement créée en 1963.
La première automobile de série du groupe, la Tuya Ardan, est présentée en 1964. Elle ne cherche pas à concurrencer les véhicules populaires. Taren choisit de développer une automobile robuste, lourde et luxueuse, destinée aux dirigeants d'entreprises, aux administrations et aux particuliers fortunés.
Cette orientation constitue le début de la spécialisation de Tuya dans l'automobile haut de gamme.
La croissance industrielle du groupe transforme profondément Karya. Entre 1955 et 1975, plusieurs quartiers de la ville sont construits autour des installations industrielles de Tuya. Le groupe finance des logements destinés aux ouvriers, une école technique, une clinique industrielle, un centre de formation et plusieurs infrastructures de transport.
En 1965, Aran Tuya, frère de Taren, est élu maire de Karya. Il conserve cette fonction pendant deux mandats de cinq ans, jusqu'en 1975.Sous son mandat, les relations entre la municipalité et le groupe sont étroites. La ville aménage plusieurs routes conduisant aux zones industrielles tandis que Tuya participe au financement d'équipements publics.
Cette proximité devient rapidement controversée.
Les opposants d'Aran Tuya l'accusent de favoriser les intérêts industriels de sa propre famille. Le conseiller municipal Eren Vaskor affirme en 1972 que « la municipalité ne distingue plus suffisamment l'intérêt de Karya de celui de Tuya ».
Aran Tuya rejette ces accusations et affirme que les investissements du groupe ont permis à Karya de devenir un centre industriel majeur.
L'expression « ville des Tuya » apparaît dans la presse locale au début des années 1970.
Elle restera et est encore associée à Karya depuis plusieurs décennies.
La présence de la famille dans la politique nationale commence avec Taren Tuya, élu député fédéral de Karya-Centre en 1968.
Taren siège au Conseil national pendant son mandat de six ans, jusqu'en 1974, tout en conservant des responsabilités dans l'entreprise.
Cette situation entraîne les premières interrogations sur les conflits d'intérêts. Le groupe ne se contente toutefois pas de maintenir une présence politique locale. Plusieurs membres de la famille entrent progressivement dans les institutions nationales.
Narek Tuya devient député fédéral de Karya-Est en 1982, avant d'être nommé Haut-Sénateur en 1994.
Marek Tuya, fils d'Aran, est élu député fédéral de Karya-Nord en 1996.
Cette présence politique ne signifie cependant pas que tous les membres de la famille occupent des fonctions publiques simultanément. La famille développe au contraire une séparation progressive entre les fonctions politiques et la direction opérationnelle du groupe.
En 1974, Mako Tuya, frère de Taren, devient président du groupe.
Mako possède une conception différente de celle de son frère. Il considère que l'intégration verticale ne suffit plus et que Tuya doit également contrôler des secteurs complémentaires.
Il commence par acheter plusieurs fournisseurs industriels.
En 1975, Tuya acquiert Fonderies Namar, spécialisée dans les pièces métalliques lourdes.
En 1977, le groupe rachète Meka-Tiva, fabricant de transmissions agricoles.
En 1979, il prend le contrôle de Koryn Électromécanique, spécialisée dans les moteurs électriques.
En 1981, Tiva Matériaux Techniques rejoint le groupe.
En 1983, Tuya rachète Agrimak, fabricant de moissonneuses et de matériel de récolte.
En 1985, Valen Pneumatiques Industriels est acquis.
Ces opérations donnent naissance à une organisation industrielle beaucoup plus complexe.
Une voiture Tuya peut désormais utiliser un acier produit par Tuya Fonderies et Métaux, un moteur Tuya, une transmission Meka-Tiva, des composants électriques Koryn et des pneumatiques Valen.
Le groupe devient ainsi moins dépendant des fournisseurs extérieurs.
Cette stratégie d'intégration verticale est considérée par plusieurs économistes comme l'un des facteurs essentiels de la puissance industrielle acquise par Tuya. Elle correspond à une logique classique des grands groupes manufacturiers : internaliser certaines fonctions d'approvisionnement et de production afin de mieux contrôler les flux industriels et les coûts.
En 1986, Merya Tuya, fille de Taren, devient PDG.
Elle hérite d'un groupe industriel puissant mais encore organisé autour de plusieurs sociétés juridiquement séparées.
Merya crée alors Tuya Holding Industrielle, société de tête destinée à centraliser les participations familiales et les décisions stratégiques. Cette holding permet au groupe de conserver une structure familiale tout en donnant davantage d'autonomie aux différentes divisions industrielles. Merya réorganise le groupe autour de six pôles :
Tuya Motors, pour l'automobile ;
Tuya Industrial Systems, pour les machines industrielles ;
Tuya Agricultural Systems, pour les machines agricoles ;
Tuya Materials, pour la métallurgie, les alliages et les matériaux techniques ;
Tuya Energy & Components, pour les moteurs, l'électronique et les composants ;
Tuya Construction & Infrastructure, pour les équipements industriels et les infrastructures.
Cette période marque le passage définitif d'une entreprise familiale industrielle à un conglomérat.
En 1988, Merya crée Palkia Automobiles.
La nouvelle marque doit permettre à Tuya Motors de conserver une identité industrielle tandis que Palkia se spécialise dans les véhicules de très haut niveau.
Palkia développe notamment des véhicules destinés aux administrations, aux institutions et aux dirigeants.
Le groupe commence également à investir dans les premières technologies électriques. En 1998, Palkia présente le prototype Elys-1, entièrement électrique. Le projet reste expérimental mais devient le point de départ des futurs véhicules électriques de la marque.
Merya Tuya introduit en 1991 une règle particulièrement importante dans la gouvernance familiale.
L'accès au conseil d'administration ne dépend pas uniquement du lien familial. Un membre de la famille doit avoir travaillé dans au moins deux divisions différentes et, surtout, son parcours doit être distinct de celui du dernier membre de la famille entré au conseil.
La règle est connue sous le nom de principe des parcours croisés. Elle fonctionne de manière cumulative.
Si le dernier membre admis, Khaled Tuya, a travaillé dans Tuya Materials puis Tuya Motors, un cousin souhaitant entrer au conseil doit avoir acquis son expérience dans deux autres divisions.
Un parcours Tuya Materials + Tuya Motors ne lui permet donc pas d'entrer immédiatement au conseil.
En revanche, un parcours Tuya Agricultural Systems + Tuya Energy & Components satisfait le principe.
L'objectif de cette règle est d'éviter que plusieurs membres de la famille construisent exactement la même expérience professionnelle et que le conseil devienne dominé par une seule branche industrielle.
Elle impose également aux héritiers une mobilité interne.
La famille ne considère donc pas que la naissance suffit à préparer un successeur.
Un héritier doit connaître une partie réelle de l'entreprise, et son expérience doit compléter celle de la génération précédente.
La période 2004–2010 constitue la plus importante crise politique, industrielle et sociale de l'histoire moderne de Tuya.
Elle commence avec l'arrivée au pouvoir du président Waiu Qoiou, dont le gouvernement défend une politique économique fortement interventionniste à l'égard des grands groupes privés.
Le projet gouvernemental prévoit notamment une contribution exceptionnelle visant les plus grandes entreprises du pays, ainsi qu'un renforcement de leur participation au financement public. Le gouvernement présente la réforme comme un moyen de faire davantage contribuer les entreprises disposant des plus importantes capacités financières. Chez Tuya, le texte est immédiatement considéré comme une menace pour les investissements industriels. La réaction la plus importante ne vient cependant pas d'abord de la direction générale.
Elle vient de Saly Tuya.
Saly Tuya est alors Cheffe de la branche économique de Tuya Holding Industrielle.
Elle supervise les activités financières, les investissements, les acquisitions, la planification industrielle et les relations économiques entre les différentes divisions du groupe. Contrairement à Daryan Tuya, qui dirige alors une importante branche industrielle, Saly est considérée comme la principale responsable de la stratégie économique du conglomérat. Le 17 novembre 2005, elle est invitée à présenter la position du groupe devant une commission parlementaire consacrée au projet gouvernemental.Son intervention dure environ vingt minutes.
Elle commence par rappeler que Tuya ne possède pas seulement des bureaux et des actifs financiers.
Elle décrit successivement les aciéries, les ateliers mécaniques, les chaînes automobiles, les usines de moteurs, les centres de recherche, les sites agricoles et les réseaux de fournisseurs qui dépendent des investissements du groupe.
Puis elle aborde la question de l'emploi.
C'est à ce moment que son intervention change de nature.
Saly Tuya affirme que le problème ne concerne pas seulement les bénéfices du groupe, mais la possibilité même de maintenir certaines activités industrielles sur le territoire. Elle termine son intervention par une phrase qui devient immédiatement célèbre :
« Si cette politique devait se poursuivre, nous n’aurions d’autre choix que de reconsidérer chaque activité, chaque investissement et chaque emploi que nous maintenons dans ce pays. »
La déclaration de Saly Tuya est immédiatement reprise par la presse.
Le quotidien Le Courrier de Karya titre le lendemain :
« Tuya menace-t-il de retirer ses emplois de Tiva ? »
Le chiffre avancé dans les heures qui suivent est de 38 600 emplois directs et indirects.
Ce nombre ne correspond pas à une annonce immédiate de licenciements. Il correspond au volume d'emplois rattachés aux activités dont Tuya indique vouloir réexaminer le maintien si la politique gouvernementale est poursuivie.
Les syndicats dénoncent alors une stratégie de pression. Le gouvernement Qoiou accuse le groupe de « transformer l'emploi industriel en instrument de négociation politique ». Saly Tuya répond que Tuya ne menace pas les salariés mais décrit les conséquences économiques possibles d'une politique qu'elle juge incompatible avec le maintien de certains investissements.
La controverse prend une ampleur nationale.
Quelques semaines plus tard, la menace cesse d'être purement théorique. Tuya suspend certains recrutements et plusieurs programmes d'investissement.
Dans la division Tuya Materials, l'ouverture prévue d'une nouvelle ligne de traitement des alliages est suspendue.
Dans Tuya Motors, le recrutement prévu pour une nouvelle chaîne d'assemblage est gelé.
Dans Tuya Agricultural Systems, plusieurs contrats temporaires ne sont pas renouvelés.
Dans Tuya Industrial Systems, les investissements liés à une nouvelle usine de transmissions sont reportés.
La durée des suspensions varie selon les divisions.
Certaines durent quelques mois.
D'autres se prolongent jusqu'à la fin du conflit politique autour de la proposition gouvernementale.
Au total, environ [b]11 400 postes directs et indirects sont effectivement suspendus à différents moments de la période 2005–2010.[/b]
Tous ne disparaissent pas, une partie des postes est finalement réactivée lorsque les investissements reprennent.
Mais plusieurs milliers de travailleurs restent pendant plusieurs années dans une situation d'attente, notamment dans les sites dont les extensions ont été gelées. La phrase de Saly Tuya devient alors plus qu'une déclaration politique.
Elle devient un événement social.
La situation change encore lorsque Akram&Co intervient publiquement. Akram&Co est alors l'un des plus importants conglomérats privés de Tiva. Fondé par Akram Ben Yalun, le groupe est historiquement présent dans deux secteurs très différents : la distribution de masse et l'exploitation minière.
Son réseau de grandes surfaces, Akram Marchés, compte plusieurs dizaines d'établissements dans les principales villes du pays.
Parallèlement, Akram Mining exploite plusieurs sites miniers et fournit une partie importante des matières premières utilisées par l'industrie lourde.
Le groupe est donc particulièrement exposé à la réforme proposée par le gouvernement.
Son président, Nadir Akram, se montre d'abord prudent.
Mais lorsque le gouvernement refuse plusieurs demandes de modification du texte, Akram&Co rejoint ouvertement le mouvement de contestation des grands groupes. Cette décision est beaucoup plus importante que celle de Tuya. Akram&Co n'est pas seulement un industriel. Il touche directement les consommateurs, les salariés du commerce, les exploitations minières, les fournisseurs et une partie importante de la logistique nationale.
En 2006, Akram&Co, Tuya, Kavara Heavy Industries, Ordan Métallurgie et Veyra Electronics annoncent chacun la suspension ou le réexamen de certains investissements.
La presse commence à parler du « front industriel ». Le gouvernement Qoiou refuse cette expression et affirme que les groupes cherchent à coordonner leurs pressions. Akram&Co devient progressivement le groupe le plus visible de la contestation.Dans les grandes surfaces Akram Marchés, plusieurs investissements immobiliers sont gelés dans les mines, les extensions de capacités sont suspendues. Chez Tuya, les conséquences sont différentes selon les divisions, mais le principe est identique : aucune nouvelle capacité industrielle majeure ne doit être engagée tant que le cadre économique n'est pas stabilisé.
La controverse atteint son sommet entre 2006 et 2008.Le gouvernement accuse les grands groupes d'organiser artificiellement une crise de l'emploi.
Les directions des entreprises répondent que les investissements industriels nécessitent plusieurs années de visibilité et qu'une modification brutale de la fiscalité peut rendre certains projets non rentables.
Chez Tuya, la situation devient particulièrement sensible à Karya. La ville dépend fortement du groupe.
Les suspensions touchent directement les familles travaillant dans la métallurgie, les transports, la mécanique et l'automobile.
Des manifestations ont lieu devant le complexe de Karya-Nord. Les syndicats Union des Métallurgistes de Karya et Fédération des Travailleurs de l'Industrie Tivannaise organisent plusieurs rassemblements.
Une partie des salariés reproche à Tuya d'utiliser leur emploi comme moyen de pression.
Une autre partie estime au contraire que le maintien de l'investissement industriel dépend de la capacité du groupe à résister au projet gouvernemental.La crise divise ainsi même les salariés de Tuya.
Après plusieurs années de négociations, le gouvernement Qoiou accepte de revoir une partie de son projet.
La contribution exceptionnelle est maintenue dans son principe mais son application aux investissements industriels est fortement modifiée. Les entreprises obtenant un engagement pluriannuel d'investissement bénéficient de mécanismes d'étalement. Tuya accepte en contrepartie de réactiver plusieurs projets industriels.
L'accord final, conclu en 2009, devient connu sous le nom d'Accord industriel de Karya.
En 2010, les investissements suspendus commencent progressivement à reprendre, les 11 400 emplois suspendus au cours de la crise ne sont toutefois pas tous rétablis. Certaines créations de postes sont simplement abandonnées. D'autres sont réactivées plusieurs années plus tard.La crise de 2004–2010 laisse donc une trace durable dans la culture du groupe.
La crise modifie profondément la stratégie du groupe.
Avant 2004, Tuya cherchait principalement à augmenter sa présence industrielle à Tiva et à développer de nouveaux marchés.
Après 2010, la direction considère que la localisation des usines doit être pensée en fonction de plusieurs critères : accès aux matières premières, coûts énergétiques, proximité des marchés, fiscalité, infrastructures et stabilité réglementaire.
Le groupe ne renonce pas à Tiva.Au contraire, il conserve Karya comme l'un de ses principaux centres industriels. Mais il cesse de considérer la présence nationale comme acquise. Cette évolution est parfois décrite par les historiens économiques comme le « principe de mobilité industrielle Tuya ».
Après la crise, Sarya Tuya prend progressivement une place centrale dans le groupe. Elle succède à Daryan Tuya à la tête de Tuya Holding en 2010. Son objectif principal est de réduire la dépendance du groupe à quelques activités cycliques.
Elle lance un programme de réorganisation baptisé Horizon 2020. Le programme prévoit la modernisation des aciéries, la fermeture de plusieurs petites unités de production devenues trop coûteuses, la concentration des activités mécaniques sur les sites les plus performants et l'augmentation des investissements dans les composants électriques. Sarya ne cherche donc pas à simplement reconstruire le Tuya d'avant 2004. Elle cherche à créer un groupe moins vulnérable aux chocs économiques.
Palkia devient l'un des principaux bénéficiaires de cette stratégie. Les investissements réalisés dans les moteurs électriques et les batteries sont renforcés. En 2014, Palkia présente le Palkia Elys E, premier véhicule électrique destiné à une production limitée.Le groupe développe parallèlement une nouvelle activité de batteries sous le nom de Tuya Energy Storage.Cette activité bénéficie des compétences accumulées depuis plusieurs décennies dans la métallurgie, les moteurs et l'électronique. Tuya cherche ainsi à reproduire dans l'électrique la même logique d'intégration industrielle que celle qui avait permis son développement dans les moteurs thermiques.
À partir de 2015, Tuya renforce également son activité agricole.La stratégie ne consiste plus uniquement à fabriquer des tracteurs.Le groupe développe des équipements capables de couvrir plusieurs étapes de la production agricole, de la préparation des sols jusqu'à la récolte et au traitement des productions.Cette politique conduit à la création de Tuya Agro-Industrial.La branche travaille notamment sur la Camelina sativa, une plante oléagineuse dont les applications industrielles potentielles comprennent notamment les huiles destinées aux biocarburants, aux lubrifiants, aux revêtements et à certains matériaux biosourcés.
Tuya envisage alors de relier production agricole, machines, transformation de l'huile et recherche sur les matériaux.
Le projet reste en développement en 2020.
En 2020, Alya Tuya représente la nouvelle génération de la famille. Son parcours respecte le principe des parcours croisés : elle travaille successivement dans Tuya Agricultural Systems, Tuya Materials et Palkia avant d'accéder aux fonctions de direction.
Elle devient progressivement l'une des figures centrales du conseil d'administration. La direction du groupe reste néanmoins organisée autour de plusieurs générations de Tuya. L'entreprise conserve son modèle familial, mais son fonctionnement est devenu celui d'un vaste conglomérat industriel.
En 2020, Tuya est organisé autour de plusieurs grandes divisions.
Tuya Materials regroupe la métallurgie, les alliages, les matériaux techniques et plusieurs activités de transformation.
Tuya Powertrain rassemble les moteurs, transmissions et systèmes mécaniques.
Tuya Industrial Systems produit des machines industrielles et des équipements lourds.
Tuya Agricultural Systems fabrique les tracteurs, machines de récolte, équipements hydrauliques et systèmes agricoles.
Tuya Motors constitue la branche automobile historique.
Palkia concentre les véhicules de luxe, institutionnels et électriques.
Tuya Energy & Components travaille sur les batteries, les composants électriques et les systèmes énergétiques.
Tuya Agro-Industrial développe les projets liés à l'agriculture, à la transformation des matières premières agricoles et à la recherche sur la Camelina sativa.
Tuya Research & Engineering constitue le principal centre de recherche du groupe et travaille sur les matériaux, les motorisations, l'électrification et les procédés industriels.
Cette organisation donne à Tuya une caractéristique essentielle : le groupe ne se définit plus par un produit unique, mais par la capacité à déplacer ses compétences industrielles d'une branche à l'autre.
La puissance économique de Tuya a régulièrement suscité des controverses à Tiva.
La proximité entre la famille et la municipalité de Karya, la présence de plusieurs Tuya dans les institutions nationales, l'importance du groupe dans l'emploi local et les suspensions d'emplois de la crise de 2004–2010 constituent les principaux sujets de controverse. La famille est également critiquée pour son refus historique d'ouvrir la direction générale du groupe à des dirigeants extérieurs. Les défenseurs du système familial considèrent au contraire que cette continuité explique la capacité de Tuya à conserver une stratégie industrielle sur plusieurs générations.
Le débat reste particulièrement vif depuis la crise de 2004–2010, durant laquelle la direction de Tuya a démontré qu'elle pouvait, par ses décisions d'investissement, exercer une influence considérable sur l'économie nationale.
Chosen Tuya — fondateur et premier dirigeant.
Taren Tuya — artisan de l'industrialisation lourde et de la mécanisation agricole.
Mako Tuya — constructeur du conglomérat et responsable de la grande politique d'acquisitions.
Merya Tuya — réorganisatrice du groupe et fondatrice de Palkia.
Daryan Tuya — dirigeant de la période de confrontation avec le gouvernement Qoiou.
Sarya Tuya — responsable de la reconstruction et du programme Horizon 2020.
Alya Tuya — représentante de la nouvelle génération et responsable de l'accélération de l'électrification et de la transformation agricole.