14/04/2020
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Le pourquoi du comment

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Extrait des « Causes de la cinquième Révolution » de Gopine





Le lecteur qui se rendra en Vamprinie, s’il parvient à passer les barrages mis en place par les ennemis de l’île, ou qui simplement se penchera sur sa situation actuelle sera surpris. Il se demandera sans doute comment un bout de terre, aussi isolé, avec toutes les conséquences qui s’en suivent logiquement, peut en être à un tel état de la Révolution, entre nous, on s’attendrait plutôt à l’inverse. C’est ce que nous allons tenter d’expliquer à notre lecteur, qui a vrai dire, n’a que bien peu de sources fiables et objectives, les historiens et politicologues, soient par intérêt, soit par incompréhension, ne parviennent ni à saisir l’authenticité populaire de phénomène vampriniste, ni à en comprendre pleinement ses causes. L’auteur lui, n’appartenant à aucun parti, se targuant seulement de ses accointances libertaires, ne cherchant aucune honneur, n’aura aucun intérêt à déformer la vérité telle qu’elle est. Il se servira de toutes les sources fiables ayant entouré le mouvement actuel, des registres sur les époques anciennes, et de son expérience personnelle dans la région pour tenter d’éclairer le lecteur et de lui faire oublier toutes les calomnies que de sauteurs vendus au régime jettent sur le mouvement actuel du peuple tel qu’il est en Vamprinie.


La Vamprinie, quelques indications géographiques.

Se qui frappe d’abord l’œil extérieur, c’est le caractère sauvage et isolé de la Vamprinie. Car la Vamprinie n’est pas grande, cette île perdue a plus de 100 kilomètres de la moindre terre habitée ou non, ne couvre qu’une superficie de 231 kilomètres carrés exactement. Autour de l’île en tant que telle, s’égrènent un chapelet d’îlots, n’excédant jamais le kilomètre carré, et étant le plus souvent réduit à un simple pic crevant les flots. Ces milliers d’îlots forment comme une barrière naturelle qui protège l’île de toute action extérieure, naturelle ou humaine. Si ces îlots sont presque intégralement inhabités ( on compte seulement quelques maisons d’un autre temps, quelques lieux de stockage de pêcheurs et parfois une ou deux véritable maison habitables mais pour autant vides, mais aucune vie ne s’y déroule, ce ne sont ici que des cas très isolés et n’ayant sans véritable importance ), ils ont une forte influence sur la vie humaine de l’île. En effet, ils ne permettent ainsi que trois voies de navigation réellement utilisables par des bateaux de tailles raisonnables pour atteindre la terre. Les rochers parfois immergés de quelques centimètres, et les forts courants qui séparent les pics rocheux se chargent tout bateau commercial un peu trop aventureux. Seuls les pêcheurs de longues dates de l’île, grâce à des cartes héritées de leurs ancêtres et une expérience immémorielle parviennent à se frayer des chemins parmi les rocs, des chemins inaccessibles pour tout autre.
Ce sont donc autour de ces trois voies de navigation que se sont formés les trois ports de l’ile, et par la même occasion ces principales villes. Les deux premières voies, du nord-est et de l’est, aboutissent à deux ports, Godaï-Paul et Mavokon. Les deux villes, distantes de trois kilomètres, se réunissent pour former l’entité principale de l’ile, regroupant deux-cent quarante mille habitants. C’est par ici que passent la majorité des échanges commerciaux et culturels de l’île dont c’est le cœur battant. C’est autour de celle-ci que l’on retrouve les principalement zones cultivées. S’étendant sur toute la côte est et sur plus de cinq kilomètres à l’intérieur de terres, cette bande cultivée couvre environ 26 kilomètres carrés de terre contrôlée. Il s’agit surtout de champs d’orges et d’élevages de chèvres, qui fournissent la majorité des protéines et du lait de l’île. Toutefois. Le lecteur ne doit pas s’imaginer une terre parfaitement maîtrisée, les élevages sont assez rudimentaires, de même que les champs. C’est aussi la que l’on retrouve les rares potagers permis par le rude climat local, quelques vergers et des élevages de porc, fournissant la viande de l’île.
Au delà, c’est la nature la plus sauvage. Ce sont une épaisse forêt couvrant des zones rocailleuses et montagneuses extrêmement difficiles d’accès. On ne retrouve ici rien d’humain à part quelques rares troupeaux de chevreuil semi-apprivoisés fournissant leur lait à leurs éleveurs, des êtres reculés vivant dans de simples cabanes de bois au fin fond des montagnes, et sur les côtes de rares villages pêcheurs. Cet espace couvre plus de 80% de l’île et est totalement laissé à lui-même. Le lecteur comprendra donc que la véritable partie habitable de l’île n’excède pas les 30 kilomètres carrés.
Mais, il existe une troisième voie d’accès par la mer, par l’ouest. Celle-ci est bien moins utilisée, les marchandises et personnes venant de l’est, et surtout ne débouchant que sur la zone sauvage. Il y a cependant un port et une petite ville, Zdonig. Bien que petite avec ses 24000 habitants seulement, elle est d’une grande importance. Isolée de tout, elle est cependant d’une grande importance dans la genèse des événements actuels, comme nous pourrons y revenir plus tard.
Nous nous permettrons, pour clôturer cette partie, un petit point sur le climat de l’ile. Extrêmement froid et soumis à des vents glacées, la température n’y dépasse jamais les 10 degrés pendant les 6 mois du long et rigoureux hiver. De novembre à mars, un importante banquise se déploie autour de l’ile, ce qui permet alors de relier bien plus facilement tous les points de celle-ci, bien que compliquant grandement les échanges avec l’extérieur et la pêche, indispensable à une partie de l’île.


Comment la Vamprinie est devenue l’avant-garde de la Révolution

Cette description, bien que rapide et incomplète, lue, le lecteur aura probablement du mal à comprendre l’état actuel de l’île. Cet état surprenant repose sur deux facteurs:
1) le fort esprit révolutionnaire historiquement présent.
2) le caractère isolé de l’île.
Car, bien que je haïsse cette tournure, « de tout temps les hommes y ont défendu la cause libertaire, ou du moins, ont été soumis à une forte préparation intellectuelle ».
La raison à cela se trouve dans son caractère isolé, justement. Son éloignement extrême et ses conditions de vie difficiles en faisaient un lieu de choix pour l’exil des opposants politiques de gauche, à la fois pour l’Empire Mor, pour le régime communiste et pour la démocratie. Le lecteur s’étonnera de trouver ici mention d’exil d’opposants de gauche de la part des régimes communistes et démocratiques. Il est ici fait référence à la fois aux libertaires, aux anarcho-syndicalistes pour le régime communiste, mais aussi aux communistes révolutionnaires pour la démocratie. La Vamprinie, et surtout Zdonig devint ainsi au cours du temps un lieu ou on retrouvaient tous les opposants d’extrême gauche au régime en place. Ceux-ci étaient soient envoyés, sous l’empire Mor, dans la vaste colonie pénitentiaire de Zdonig, dans ce centre devenu goulag sous les communistes totalitaires et simplement en prison sous la démocratie. Ceux-ci se retrouvant libérés à chaque révolution ou bouleversement politique majeur, pouvaient ainsi se mêler à la population de l’île et diffuser leurs idées, ce qu’ils faisaient déjà derrière les barreaux. Cependant, on trouvait aussi des exilés volontaires. Ceux-ci, en désaccord avec la politique de l’état venaient dans cette région isolée pour développer leur thèses ou organiser la révolution. C’est dans la région centrale et impénétrable de l’ile, que les dissidents prirent le maquis depuis l’empire Mor. Bien à l’abri dans les épaisses forêts et dans les hauts pics, ils fondaient parfois sur les régions habitées, dans des raids sanglants contre les autorités locales et pénitentiaires et contre les oppresseurs du peuple, aboutissant souvent à des évasions massives. Il est à noter qu’anima trouvaient souvent une forte popularité dans la population locale, ils y entreprirent d’ailleurs une formidable entreprise d’éducation, ce qui fait de l’île un lieu extrêmement cultivé, même chez les simples paysans. Les autorités de leur côté laissaient faire, ne pouvant de toute façon pas nettoyer le maquis, elles préféraient subir les légers désagrément causés par les rebelles, ne souhaitant d’ailleurs pas y envoyer de troupe qui pourrait fraterniser avec eux. Ils colportèrent toutefois de nombreuses calomnies sur ces gens vivant cachés. C’est d’ailleurs l’empire Mor qui les calomnia en les faisant passé pour des vampires, ce qui donna son nom à l’île par la suite.
Le lecteur comprendra bien sûr que toutes ces populations étaient actives à chaque révolution, en faisant aux yeux des révolutionnaires du continent, l’avant-garde de celle-ci.
Enfin, pour comprendre les événements actuels, il faut prendre en compte l’isolement de l’île. Celle-ci étant très difficiles d’accès, les communistes étatiques y étaient peu nombreux et n’avaient donc pu mettre avec la même efficacité qu’ailleurs leur système de contrôle et de répression habituel, ce qui permit plus facilement qu’ailleurs le renversement de ceux-ci.


[b]La Révolution d’avril 2020[/i]

C’est dans cet état d’esprit qu’eurent lieux les mêmes évènement de janvier et février 2020 que sur le continent, à savoir le renversement de la démocratie et la mise en place d’un régime totalitaire.
D’abord accueilli avec enthousiasme par les masses, celles-ci déchantèrent très vite. Devant les restrictions de libertés subies par le peuple, l’orgueil et la violence du régime et son éloignement de la révolution vers un énième état fasciste poussèrent la population à bout. Ce fut un événement anodin qui mit le feu aux poudres de 3 avril 2020. Après la chute de la démocratie, les mesures liberticides se succédèrent. Surtout, les trois principales usines de l’île se virent changer de direction. On y vit arrivée depuis le continent de jeunes cadres du parti. Ceux-ci, sans doute pleins de bonnes intentions, mirent en place les différentes procédures du régime, totalement inadaptées a l’île. Lorsque les ouvriers proposèrent des améliorations, on leur rétorqua froidement que le parti savait ce qu’il faisait, devant l’évidence du contraire, une grève eut lieu le 3 mars. Dès son déclenchement, elle réunit de nombreux ouvriers souhaitant simplement faire avancer les choses comme elles le devaient, contrôler l’usine comme ils savaient bien qu’il fallait le faire. Plutôt que de les comprendre, les jeunes cadres du régime le menacèrent, leurs dirent de se disperser, puis, devant leurs refus, firent venu les forces armées de l’île. La colère des cadres continua d’augmenter jusqu’à ce qu’ils demandèrent à leurs troupes les plus abrutis par la propagande étatique de faire feu sur la foule, faisant de nombreux morts.
Les coups de feu alertèrent les soldats présents sur l’île, qui suivaient comme toute la population avec beaucoup d’attention les événements. Il faut noter que ces soldats étaient profondément pénétrés des idées libertaires et étaient révoltés comme tous par les révoltes abjectes du gouvernement. Lorsqu’on vint leur demander de poursuivre les responsables de la grève, ils refusèrent et décidèrent plutôt de désarmer les hommes ayant tiré sur la foule. Apres une courte fusillade, ceux-ci se rendirent en même-temps que les cadres responsables de la fusillade. Ceux-ci furent immédiatement constitués prisonniers.
Le parti averti sur le continent ne voulut rien savoir et ordonna leur libération et le chatoiement des responsables de cette mutinerie. Malgré la bonne foi des militaires et des ouvriers. Le gouvernent en vint à les menacer s’ils n’obéissaient pas, avant de finalement les qualifier de contre-révolutionnaire.
Une réunion publique fut alors organisée, sur plus de trois jours, 120 000 personne s’y participèrent avec ferveur. Il fut finalement décidé de se constituer en entité libertaire et de faire définitivement sécession du gouvernement communiste qui avait trahi la Révolution.
La nouvelle annoncée, le gouvernement qualifia le mouvement de réactionnaire dans sa propagande d’état, le dit contre-révolutionnaire, capitaliste, vendu aux puissances étrangères et coupa définitivement les ponts avec celui-ci, promettant des conséquences graves. Notre travail d’historien s’arrête ici, la suite s’écrit maintenant, avec vous…


Tiré d’un texte de Gopine, «Les causes de la cinquième révolution », 25/05/2020
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