30/08/2020
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[à archiver] Karty-Latrua, Resserrons les liens

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Roman en patrie mère

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aaaAlinéaLa République Fédérale Kartienne compte quatre alliés. Le plus important, et de loin, demeure la République d'Antares, la sœur. Viennent ensuite conjointement l'Empire Raskenois et la Fédération Slavis, deux alliances mutuellement bénéfiques par l'assurance d'une protection, possible par le biais d'une puissance militaire plus ou moins égale. La République du Latrua vient clôturer la file. Une alliance pour le moins curieuse, défensive comme les trois autres, mais dont la nature est à justifier pour beaucoup de politistes en raison de l'asymétrie des puissances militaires Kartienne et Latruante. Certains affirment que le Latrua se veut suffisamment stable et sûr pour engager un tel partenariat. Quoiqu'il en soit Volkingrad reçoit le Latrua, à sa demande.


AlinéaLongtemps, la République du Latrua avait été habituée à converser avec Volkingrad par l'intermédiaire de la Gouverneure Orlovski. De telle manière qu'une sorte de climat amical s'était bâti. Mais aujourd'hui, le Latrua avait sollicité deux choses, l'une suggérant l'autre. En effet, la volonté de créer un dialogue autour des menaces qui planent sur les deux pays a été mentionnée, indiquant nécessairement la révision du Codicille de Corbevent, qui prévoit surtout une protection Kartienne sur le Latrua et non l'inverse. L'entrevue prévue n'était donc pas à l'amicalité, mais à la pure puissance militaire. Il ne faisait pas bon vent de mélanger les deux, selon la Présidence Fédérale. Ainsi, de cette raison ou bien d'un empêchement quelconque, la Gouverneure Orlovski ne se joignait pas à cette entrevue. Tout était extrêmement simple, tout se voulait ainsi. La délégation en provenance de Vrarany atterrit à l'aéroport international de Volkingrad, où un convoi de Steinhart l'attendait, direction le Capitole. Il faisait particulièrement beau, pour un climat Kartien de mois d'avril. Deux personnages attendaient devant l'entrée Ouest, l'un plus avancé tandis que l'autre observait. Luciano Bellanti, puis Taliska Strakhova. Eux, ainsi que deux rangées de cinq soldats, encadrant simplement une invitation vers l'intérieur de l'infrastructure. Tout le protocole était simple, Karty connaît le Latrua, le Latrua connaît Karty. Pas de grande cérémonie, pas de fastidieuse démonstration de force, il n'y en avait guère besoin. Bellanti s'avança un peu plus, ses lunettes aviateurs sur le bout de son nez. Puis il s'exprima, de ses habitudes caractéristiques en levant haut ses deux mains.

«Luciano Bellanti, Gouverneur Fédéral ! Je vous souhaite la plus grande bienvenue messieurs !»

Il emboîta le pas en gardant son grand sourire, la Commissaire à la défense déjà avancée depuis quelques petites secondes. Etonnamment, le Gouverneur prit le temps de serrer la main de tout le monde. Les dignitaires Latruants oui, mais aussi les aides de camp, traducteurs: Tout le monde. Personne n'y échappa. Il alla même serrer la main des dix soldats Kartiens, les remerciant de leur présence par quelques mots à chacun.

Citoyen Luciano Bellanti
Citoyen Luciano Bellanti
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en-têteen-tête
15/04/2020, Capitole de Volkingrad, Karty
Voiture de la délégation

Le convoi latruant avançait à toute vitesse dans les rues de Volkingrad. La voiture, de conception kartienne, était encadré de trois motards et traversait la capitale de la République Fédérale, se dirigeant vers le cœur de cette dernière. Les bâtiments au style un peu brutaliste, un rien moderniste, défilaient les uns après les autres derrières les vitres tintées du véhicule. A l'intérieur de ce dernier était assise deux personnes que tout séparait, leur âge, leur physique leur carrière, leur métier, leur vie en soit.

Le premier d'entre eux arborait une chevelure poivre et sel, légèrement dégarnie, dévoilait une cinquantaine bien entamé. A 53 ans, Pyotr Abalyshev était une figure connue et respectée dans le monde de la diplomatie. Sorti premier de sa promotion après cinq années d'étude des relations internationales, entré très tôt au sein du Ministère des Affaires Étrangères du Latrua, Pyotr avait écumé en quinze ans tout ce que l'Eurysie pouvait contenir de chancelleries, d'ambassades et autres consulats. Il avait d'ailleurs été nommé en poste à Volkingrad, pendant quelques mois, dans le cadre d'un remplacement. il avait donc eu tout le loisir de découvrir plus en profondeur cette ville qui, si elle ne rivalisait en rien avec Vrarany, était marqué par une forme de gigantisme contenu, parfaite définition architecturale du peuple kartien. De Karty, Pyotr gardait aussi le souvenir d'un mariage, ou du moins de quelque chose de comparable. Il avait rencontré sa deuxième femme lors d'une visite effectuée dans le cadre de ses fonctions d'attaché diplomatique et s'était marié, sans vraiment y penser. L'union fut courte, huit mois tout au plus, le temps de sa présence sur le sol kartien. Le divorce fut tout aussi rapide et, aux dernières nouvelles, son ex-femme - une parmi tant d'autres - vivait en Alguarena, en partie grâce à la généreuse pension qu'il lui versait.
Quoi qu'il en soit, Pyotr était maintenant dans un tout autre rôle. Certes, sa mission était toujours de représenter le Latrua, mais non plus en tant que diplomate mais bien en sa qualité de chef de la diplomatie latruante. Cela faisait dix ans, depuis mai 2010, qu'il était en poste, nommé par le Président Shulichenko dont il fut, à une époque, le supérieur hiérarchique. Les choses s'étaient inversées et Pyotr avait vitre adhérer à la vision de la politique, du Latrua et du monde portée par Vasiliy. Il l'avait soutenu, il avait assisté à sa première victoire, à sa deuxième et s’apprêtait à être spectateur d'une nouvelle élection, donnée victorieuse pour le Président sortant.

C'est ce Président qu'il représentait aujourd'hui sur le sol kartien. Les ordres avaient été simples : aller à Volkingrad, lancer un véritable dialogue avec les services kartiens et surtout, surtout, consolider encore et toujours la relation bilatérale pour rendre tout revirement impossible. La mission était claire et elle serait exécutée avec calme, méthode et minutie. Il aimait le travail bien fait mais ne s'en vantait jamais. Il pensait en effet que le pêcher d'orgueil était le pire de tous, et il le voyais chaque jour chez certains de ses collègues du gouvernement. Lui s'était toujours défini comme un serviteur dont le seul et unique maître était l’État ; un sherpa zélé pour qui la lenteur permet la réflexion et la réflexion permet de tutoyer la perfection.

A sa gauche était assis un homme d'un corpulence imposante, tout comme son gras dégarni qui, lorsqu'il était promené en extérieur, luisait de mille feux. Le Maréchal du Latrua, Chef d’État Major des armées Lavrenti Lomtev était lui aussi un archétype : celui du soldat. Engagé au sein des forces armées depuis l'âge de 16 ans, il avait monté les échelons et les grades uns à uns pour arriver, du fait de la grâce présidentielle, à la tête des armées latruantes à 60 ans. En quarante-quatre ans de service, il avait put observer attentivement les dérives de son propre système ; il avait assisté aux brimades, aux bizutages, aux violences faites à de simples aspirants par leurs supérieurs ; il avait découvert avec horreur la corruption qui gangrénait tout le système étatique ; il avait constaté, atterré, l'incompétence de ceux qui formaient la chaîne de commandement. Alors, lorsque Vasiliy Shulichenko, tout juste élu Président, lui proposa de prendre la tête de l’État Major, sa réponse fut brève, fusant dans un éclat de voix : "Oui !"
Depuis ce jour, et en près de dix ans, il avait fait le ménage et réformé en profondeur l'armée. Certains parlaient d'une purge. Peut-être avaient-ils raison de qualifier cela ainsi. Quel que soit le qualificatif utilisé, le constat était clair : en dix ans, le Latrua s'était construit une véritable armée capable de répondre à n'importe quelle menace, et ce sur n'importe quel terrain. En dix ans, le Latrua avait su se trouver des alliés de confiance, au premier rang desquels la République de Karty. Les discussions qui se tiendraient aujourd'hui avaient donc pour but d'approfondir la coopération entre les deux armées et de préparer ensemble les plans d'intervention en cas d’agression de l'un des deux pays.

Les deux hommes étaient donc bien différents, mais pourtant si proches. Tous deux servaient le Latrua avec calme, patience et passion, sans rien demander en retour, surtout pas la moindre célébration. S'ils ne se considéraient pas comme proches, le Ministre et le Maréchal s'estimaient. Chacun savait le travail de l'autre important, essentiel même, et constatait le professionnalisme avec lequel il était mené. C'est accompagnés de ce sentiment de confiance qu'ils descendirent du véhicule et s'approchèrent du Gouverneur Fédéral. Pyotr fut le premier à s'avancer pour serrer la main tendue de Bellanti :

"Pyotr Abalyshev, Ministre des Affaires Étrangères. Heureux d'être avec vous aujourd'hui Excellence. "

Pendant ce temps, attendant son tour, Lavrenti salua chacun des dix soldats kartiens présents pour les accueillir. Lorsqu'il arriva à la fin de la rangée, il donna une légère tape sur le bras du dernier militaire, à l'étonnement de ce dernier, et dit, assez bas :

"Merci pour votre accueil, Messieurs. Beau travail."

Il se tourna ensuite vers le Gouverneur Fédéral, le salua militairement puis plus civilement, avant d'entrer à sa suite dans le bâtiment. Lorsqu'ils furent tous attablés et que Lavrenti se fut assuré d'avoir tous les documents nécessaires à la discussion en sa possession, il fit un signe à Pyotr qui commença :

"Monsieur le Gouverneur Fédéral, nous souhaitions tout d'abord vous remercier d'avoir répondu positivement à notre demande. Nous sommes honorés de vous rencontrer, qui plus est sur votre sol. Nous vous proposons la méthode suivante : nous abordons tout d'abord les sujets plus diplomatiques — on m'a dit que vous vouliez en aborder certains — puis il ne nous semble pas dénué de sens de passer à la partie plus militaire de l'entretien, avec le passage en revue, document à l'appui, des menaces qui pèsent sur nos pays et des solutions opérationnelles pour y pallier, en cas d'attaque."



Pyotr AbalyshevLavrenti Lomtev
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Citoyen Luciano Bellanti

AlinéaTandis que les trois hommes prirent place autour d'un bureau ovale, délimité imaginairement par une moitié Kartienne et l'autre Latruante: Cette moitié Kartienne paraissait un peu plus vide. En effet, il n'y avait qu'une seule chaise qui était occupée, le Gouverneur Bellanti s'y trouvant. Le siège de la Commissaire à la Défense était inoccupé. Pour cause, cette dernière était debout, derrière le Gouverneur, appuyée contre un mur. Taliska n'avait rien d'une diplomate, et elle n'allait pas prendre la peine de dissimuler cette apparence: A contrario de son équivalent Latruant, sieur Lavrenti Lomtev. Son long manteau ne l'avait pas quittée, pas plus que sa casquette ornée d'une étoile ou son écharpe rouge. Luciano ne prenait même pas la peine de se retourner, il savait le caractère atypique de sa collègue en tête du Commissariat des Armées Kartiennes. Il avait la lourde tâche, ici, de palier la cruelle asymétrie qu'offrait Taliska en matière d'accueil diplomatique.

«Naturellement, sieur Abalyshev. C'est naturellement, en effet, que Karty accueille le Latrua, j'y vois le simple respect d'un protocole d'alliance. Soit, j'accepte ce déroulement ! Karty aura trois principales propositions en réserve. Pour ce qui est des affaires militaires, et bien, ce sera à ma collègue du Commissariat des Armées de vous répondre.»

Dit-il en pointant sa main derrière lui, désignant approximativement Taliska.

«Trois propositions, je vous disais. Nous avions déjà évoqué durant nos échanges la volonté Kartienne quant à la révision du Codicille de Corbevent, en ce qui concerne l'article six, qui institue votre fidélisation auprès de l'Ordre. Je vais être direct avec vous: Le choix de la République Fédérale Kartienne de se passer d'un organisme international est comme une pièce de monnaie. Il y a deux faces, vous voyez. D'un côté nous avons les mains libres, de l'autre nous sommes les seuls responsables de notre défense. En ce sens, les lignes de production de l'Ordre sont requises pour notre propre militarisation. Je suis sûr que vous comprenez, messieurs. Après tout votre proposition d'étude des menaces potentielles sur nos deux pays en témoigne: Nous ne sommes jamais à l'abris. Ainsi, Karty ne pourra plus correctement assister votre militarisation. Nous ne voulons pas empiéter sur cette dernière en vous gardant sous le giron de l'Ordre. Puisqu'il ne pourra plus correctement vous fournir, la fidélisation avantageuse conclue il y a quelques années perd de son sens.

C'est à ce titre que nous avions conclu une dernière vente, assez conséquente, il me semble. J'enchaîne directement sur la deuxième proposition, Karty est en possibilité de vous offrir deux chemins quant à la fin de cet article six. D'une part, après étude et concertation, l'Ordre est disposé à vous fournir 800 blindés à très bas prix (200 véhicules blindés légers lvl 2/3, 200 transports de troupes blindés lvl 2/3, 200 véhicules de combat d'infanterie lvl 2/3 et 200 chars légers lvl 4/6 pour 20 000 unités monétaires internationales), ainsi que —comme convenu— un ou deux porte-avions dans un futur cependant plus lointain. D'autre part, la République Fédérale Kartienne est fermement alliée à la République d'Antares. Quel rapport me diriez-vous ? Si l'Antares est actuellement en guerre civile, Karty est sans nul doute le pays qui communique le plus avec sa sœur Antarienne. De nombreux indicateurs, ainsi que diverses discussions avec l'exécutif Antarien lui-même, montrent que l'Antares —une fois sa guerre civile achevée— serait en mesure d'assurer, partiellement ou entièrement, la continuité de cet article six à notre place. Autrement dit, l'Antares pourra vous vendre des armes dans un futur plus ou moins lointain. Comprenez que pour nous, l'Antares est bien plus qu'une alliée, je ne peux que vous encourager à vous rapprocher de la sœur Kartienne: L'Antares. A ce titre, et si vous le souhaitez, je peux demander à l'ambassadeur Antarien ici présent de se convier quelques instants à cette entrevue pour ce volet précis.

Finalement, je clôture mon monologue par le troisième point.
Dit-il en riant légèrement. Il s'agit de l'article cinq, le pacte de défense entre nos pays. Ce dernier stipule, et je cite, que ce pacte 'n'est qu'entièrement effectif pour la partie Latruante une fois sa capacité de projection navale suffisamment satisfaisante, ou bien dès lors l'année 2021 entamée'. Autrement dit, en l'état, il n'est pas effectif. Qui dit étude des menaces entre nos deux pays pour y répondre, dit également que ce pacte de défense doit finir par devenir entièrement bilatéral et sans condition. Vous me suivez ?»
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Pyotr avait écouté avec une grande attention l'intervention du Gouverneur Fédéral, allant même jusqu'à prendre en note certaines des informations. Lorsque le Kartien eut fini, le Ministre reposa son stylo, regarda son hôte et commença :

"Merci Monsieur le Gouverneur Fédéral pour cette présentation complète et précise. Nombre de propositions auxquelles je vais essayer de répondre avec la même clarté et la même précision que vous avez utilisées pour les présenter. Sur la question des livraisons de l'Ordre, nous comprenons les raisons qui vous poussent à faire ce choix ; nous les acceptons, car elles sont l'expression de votre souveraineté la plus naturelle. De notre côté, si Monsieur le Président est réélu le 19 avril, nous avons déjà prévu d'investir massivement dans l'industrie de la défense pour pallier nos manques et nos faiblesses sur ce sujet.
Nous notons tout de même, avec joie et honneur, que deux nouvelles livraisons sont possibles dans le futur. Une première de blindés, dont la composition et le prix nous conviennent amplement ; la seconde, qui est pour nous d'une importance d'ordre vital, est celle de porte-avions. Vous savez à quel point de tels bâtiments sont nécessaires aux armées latruantes, pour des questions de projection des forces, et nous savons aussi le temps que la construction de pareils navires peut mettre. C'est pourquoi nous n'avons aucune attente temporelle quant à une possible livraison. Le plus tôt sera le mieux, mais ne prenez pas cela comme une demande, un espoir, et encore moins comme un ordre, prenez cela uniquement comme un dicton qui, parfois, peut parfois, s'avérer vrai.

Cette petite digression philosophico-militaire passée, en ce qui concerne la République d'Antares, nous prenons en compte sérieusement cette proposition. Nous avons soutenu ce pays durant la guerre qui l'a opposé à la Loduarie et nous avons défendu ce qui, pour nous, était une grave atteinte à la souveraineté. Nous serions donc heureux de collaborer avec cette nation dont je salue ici l'ambassadeur. Cependant, deux paramètres sont à prendre en compte. Le premier est bien sûr les conflits internes à l'Antares qui, et cela, n'est dû qu'à de vieilles traditions diplomatiques latruantes et à leur rigidité, nous empêchent d'entrer en contact avec les autorités antariennes. Non pas que nous ne souhaitions pas le faire, bien au contraire, mais de telles discussions, qui plus est sur des sujets d'ordre militaire, pourraient être perçues comme des actes d'ingérences et donc mal interprétés. Nous préférons attendre que le peuple antarien décide du chemin qu'il souhaite pour l'avenir, avant d'entamer des pourparlers.
Deuxième point important, et non des moindres, je n'ai pas été mandaté pour cette mission, qui est d'ouvrir un canal de discussion stratégique avec la République d'Antares. Monsieur l'Ambassadeur, n'y voyez là aucune offense, mon pays et moi-même respectons énormément votre nation et votre peuple pour l'étincelle de liberté qui chaque jour l'anime. Et sachez, Monsieur l'Ambassadeur, que vous pouvez à vos services que le Latrua est très intéressé par l'horizon de coopérations futures. Cependant, en vertu de la Constitution du Latrua, je ne peux mener ce genre de discussions sans en avoir directement référé au Président de la République. Ce dernier me dirait ce que je vous ai énoncé précédemment et je devrais me tenir à cette ligne de conduite. Mais je me répète, ce refus - ou appelons-le plutôt cet empêchement - à discuter avec les représentants de la République d'Antares ne veut en rien signifier que nous ne le ferons pas dans le futur et encore moins que nous ne voulons pas le faire. Et je vous remercie encore une fois, Monsieur l'Ambassadeur d'avoir fait le chemin jusqu'à nous.

Sur la modification du Codicille de Corbevent, je suis totalement d'accord avec vous et entièrement prêt, au nom de la République du Latrua, à me livrer aux modifications nécessaires et adéquates. Le dialogue que nous lançons montre en effet la volonté du Latrua de défendre Karty en cas d'attaque et de préserver le peuple kartien de la mort et de la dévastation, comme ce dernier le fait avec le peuple latruant. C'est d'ailleurs sur ce volet que Monsieur le Maréchal s'exprimera. Cependant, je vous laisse bien évidemment, Monsieur le Gouverneur Fédéral, commenté, réagir, contre-proposer, amender ce que je viens de dire."




Pyotr AbalyshevLavrenti Lomtev
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Citoyen Luciano Bellanti

«Qu'il en soit ainsi. Nous aurons déjà conclu, pour ce début d'entrevue, ces deux ventes d'armements ainsi que l'actualisation des termes défensifs du Codicille de Corbevent. Pour ce qui est de l'Antares, soit également. La République Fédérale Kartienne, bien que neutre pour garantir la zone humanitaire de Roncevaux en accord avec l'ensemble des parties impliquées dans la guerre des ombres, soutient plus diplomatiquement Corvus. En rien le Latrua n'est contraint de choisir un camp à cet instant. Je transmettrais vos mots à l'ambassadeur Antarien ! Je n'ai rien à ajouter, je vous ai fait part de l'ensemble des propositions de Karty.

Mais il me semble, à présent, qu'il est question du volet militaire. Je vous laisse commencer. Plus précisément, je laisse le Maréchal commencer. Après tout, n'est-ce pas le Latrua qui est à l'origine de cette initiative ? Il serait sage de nous présenter vos attentes en la matière. Commissaire Strakhova ?
»

L'intéressée s'avança, toujours sur ses deux pieds, point attablée. Elle ne dit rien, ne confirmant pas la demande d'attention du Gouverneur. Pour autant, Luciano semblait presque pouvoir discerner une aura. La présence de Taliska paraissait un peu plus pesante, à la prononciation de son nom.
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Lavrenti regarda Pyotr, ouvrit son porte-documents pour en sortir deux feuillets de huit pages. Il transmit un premier dossier au Gouverneur Fédéral puis se leva pour donner l'autre exemplaire à la Commissaire à la Défense. Il entrevit, en la saluant, les yeux de cette dernière. Ce fut furtif et il ne put dire avec certitude si les pupilles de la femme étaient habitées de la moindre émotion. Il retourna autour de la table, regarda les représentants kartiens et commença :

"Merci Monsieur le Gouverneur Fédéral. Les documents que je vous ai distribués, à vous et à Madame la Commissaire à la Défense, sont des cartes qui illustreront mon propos et vous permettront de comprendre, pour une partie au moins, l'architecture de défense du Latrua, ses points forts et ses faiblesses. Elles ont toutes été construites pour montrer l'impact que pourraient avoir les différentes menaces sur le territoire national ainsi que les points qui pourraient être ciblés par l'ennemi."

Il prit les cartes et se lança dans leur description :

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Bien évidemment, tous ces éléments se conjuguant dans le cas d'un conflit, les réponses que nous leur apportons de manière isolée doivent, elles aussi se conjuguer. C'est pourquoi, au sein de l’État Major des armées latruantes, nous plaidons pour un vaste plan d'action, planifiant une réponse militaire coordonnée en cas d'attaque sur le sol latruant, et l'inverse bien sûr en cas d'attaque du sol kartien. Cette réunion est là pour cela.

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Je souhaitais, enfin, aborder trois points de la coopération militaire à revoir ou à diligenter de sorte à nous préparer au conflit en prenant en compte ces menaces. Le premier levier est les exercices militaires communs. Sur le territoire latruant, il nous semble important qu'ils se déroulent au Nord du Latrua, sur les zones maritimes marquées de rouge, et à l'est, dans l’oblast de Nénéstie. Nous sommes tout à fait prêt à faire de même sur votre territoire national.

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Nous aimerions ensuite créer une brigade commune d’aviation qui aurait à patrouiller sur des territoires donnés dans notre espace aérien national. Ces territoires, pour le Latrua, sont indiqués sur la carte par des cercles rouges. Nous voulons faire cela pour envoyer un message à toutes les nations qui voudraient attaquer nos pays, que notre coopération prend forme dans le conflit, mais aussi de le pré-conflit, et que nous coopérons pour nous défendre et pour dissuader de la guerre. Nous sommes totalement prêts et d'accord pour déployer cette même brigade sur votre territoire.

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"Voici l'ensemble des propositions et des remarques que nous avions à faire sur ces sujets. Je vous remercie pour votre écoute et votre attention et je suis maintenant à vos entières dispositions, Madame la Commissaire à la Défense, Monsieur le Gouverneur Fédéral, pour vous écouter et pour le cas échéant, vous répondre."


Lavrenti Lomtev
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Taliska theme

AlinéaLuciano souriait. Il souriait d'une manière que l'on lui connaissant tant, c'est à dire franchement, "paysannement" même, si le mot existait. Une façade peu diplomatique, légèrement niaise mais qui se voulait surtout avenante et accueillante. Il n'était certainement pas le membre le plus doué d'intelligence au sein du gouvernement, il était amical. Franchement, amical. C'était un horrible contraste avec sa camarade du Commissariat des Armées. Froide, impitoyable, sans aucun état d'âme, les adjectifs ne manquaient pas pour décrire la Commissaire Strakhova. Son caractère dénuait à un point si caricatural qu'elle s'en déshumanisait, ce que le Maréchal Latruant Lavrenti Lomtev avait entrevu en l'espace de quelques millisecondes, avec ce regard scarifiant. Elle était toujours quasiment adossée contre ce mur, une main plongée dans chaque poche de son long et vaste manteau. Elle ne sortit qu'une seule main pour saisir les documents que lui donnait le Latruant, ne le remerciant que d'un simple clignement des yeux. Ce qui était, pour elle, déjà un geste paradoxalement conséquent. Elle écouta la prise de parole en même temps qu'elle analysait les documents, ses iris cernant chaque petite ou moindre information qui lui était utile. Et le moins que l'on pouvait dire, c'était qu'elle ne considérait absolument pas le travail Latruant sur ce projet. Non, absolument pas. A contrario du Gouverneur qui, lui, se contentait d'hocher la tête à chaque fois qu'une information semblait à peu près lui plaire, soit très souvent. Elle posa les quelques feuilles sur le rebord de la fenêtre, replaça sa main droite au fin fond de sa poche, et entama sa réponse. Elle coupa Luciano dans son élan, lui qui voulait simplement remercier le Maréchal pour son discours qu'il jugeait qualitatif. Elle se prononça, sans avancer d'un pas, sans transparaître l'ombre d'une seule émotion. C'était Taliska.

«Il y a donc trois menaces qui peuvent viser le Latrua. Que cela soit plausible ou non, je ne suis pas là pour en discuter mais pour vous apporter une réponse militaire si cela advenait. Soit une attaque par Slaviensk, soit une attaque par la Retsvinie, soit une attaque par moyen de projection. Mettons qu'une attaque soit en provenance du territoire Slavis, cela indique que son gouvernement la soutient nécessairement et que son armée la soutient. Idem pour la Retsvinie, je ne m'attarderais pas sur le sujet puisque vous l'avez vous-même écarté.

Sous quelle base estimez-vous que l'oblast de Nénétsie tomberait en trois mois ? Vous ne pouvez estimer des chiffres si précis sans prendre en compte qui serait à l'origine de l'attaque. Simplement Slaviensk ? L'Union Libertaire toute entière ? L'OND ? Le Gondo ? Ce temps variera d'une faction à l'autre, votre oblast ne tiendrait pas plus de trois jours si l'Union Libertaire vous attaquait. Sans une base claire, je ne peux vous apporter une réponse claire.

Considérons désormais une attaque provenant d'un moyen de projection. Par les airs ou par la mer, ce sont les deux vecteurs principaux de la guerre moderne. La République Fédérale Kartienne possède l'une des plus grandes armées de l'air du monde. Lors de la guerre de l'Ouest rouge, la Loduarie a préféré tout simplement abandonner son espace aérien plutôt qu'avoir à nous combattre. Une telle force vous dispense donc d'une invasion par parachutage. Mettons que l'invasion soit par la mer, je crains que cela soit amplement plus compliqué. La marine Kartienne est en développement, mettons qu'elle soit au niveau de notre aviation. Réalistiquement, la marine Kartienne mettrait des dizaines de jours à rejoindre vos eaux. Il vous faudra résister par des systèmes de batteries côtières. Pour effectuer un débarquement, les navires ennemis doivent contrôler l'ensemble du territoire maritime. Quelle marine moderne serait prête à se mettre sous le feu de l'artillerie et des missiles sol-mer ? Je me répète, mais sans identifier clairement un scénario, ni l'échelle de la force de notre ennemi, je ne pourrais vous apporter une réponse plus claire.

Maintenant, laissez-moi vous présenter un des fonctionnements de la doctrine Kartienne. Nous l'avons utilisé en Loduarie, elle a dépassé nos attentes. Voyez, je vous présente un scénario clair, la réponse sera claire. Nous avons analysé les failles Loduariennes. Quelle est la faille d'une dictature autocratique ? Son dictateur. Plus de cent missiles ont été tiré sur toute la Loduarie, sachez que d'autres centaines étaient prévues en cas de continuation. Ces bombardements ont abattu la chaîne de commandement Loduarienne, mise en déroute. Nous avons gagné la guerre, et cela alors que la Loduarie battait à plate couture notre alliée la République d'Antares au sol.

Ma question est la suivante: Quels pays craignez-vous au point de vouloir planifier avec notre pays une contre-attaque adaptée ?
»

Le Gouverneur se frotta la nuque, ne savant que trop enchaîner avec ce qui venait d'être dit.

«Hum... Oui... J'ai retenu, pour ma part, que vous souhaitiez consolider le système d'entraînements militaires conjoints ? C'est bien cela ? En cas d'entraînement maritime sur les zones indiquées, ne craignez-vous pas une réaction des Velsniens ?...

Oh, j'ai cru comprendre également que vous souhaitiez une "brigade conjointe", une aérienne et une maritime. Le nom est beau, mais je peine à comprendre ce qu'il cache réellement. Pourriez-vous préciser concrètement comment se formerait cette brigade, s'il-vous-plaît ?
»

Commissaire Taliska Strakhova
Commissaire Taliska Strakhova
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Lavrenti écouta avec une forme de détachement les remarques acerbes, au vitriol, de la Kartienne. Il était habitué, après quarante-quatre années passées au sein des armées, dont trente en tant que soldat, aux brimades, aux réprimandes, aux mots peu aimables de ses supérieurs et à leur caractère colérique et ténébreux.
Ce n’était donc pas la saute d’humeur de la Commissaire qui l’intimidait, encore moins qui lui faisait peur. Si pour son homologue, ce genre d’accès et d’excès d’autorité était une manière d’arriver à ses fins, de se faire respecter, ils étaient pour Lavrenti l’aveu d’une impuissance : celle d’obtenir le respect de l’autre par la courtoisie.

La guerre n’était pas un dîner de gala, c’était indéniable, mais l’autoritarisme des supérieurs face à leurs subordonnés était une méthode d’un autre temps qui n’avait jamais, au grand jamais, montré le moindre résultat positif. Au contraire, de tels comportements aggravaient cette relation et créaient des dissensions au sein des composantes de l’armée, nuisibles au bon déroulement des opérations.

De plus, il n’oubliait pas que si la Commissaire à la Défense était une femme influente au sein de l’appareil kartien, elle n’en était pour autant pas à la tête. Elle devait, comme lui, obéir à ses supérieurs qui venaient tous du monde politique. Un monde qui s’embarrassait peu des personnes et qui pouvait vous détruire en rien de temps en vous rendant à la vie civile. Elle était donc obligée de se contenir et de garder un semblant de bienséance à l’endroit de la délégation latruante.

Lavrenti se tourna donc vers le Ministre des Affaires Étrangères, lui assurant silencieusement qu’il avait les choses bien en main. Lorsqu’il fut assuré du silence de son voisin, il regarda la Commissaire et entama sa réponse, méthodique, aux critiques dont il était la cible :

  « Merci beaucoup Madame la Commissaire pour vos remarques marquées des sceaux du respect, de la considération et de l’intelligence. Je vais tâcher de vous répondre avec la même précision que vous avez employé mais avec, il est vrai, moins de verve et d’emportement.

Je me permet tout d’abord de corriger une petite erreur, sûrement due à mon manque de clarté. La Fédération des communes slavis n’est en aucun cas une menace pour le Latrua et, au vu de nos relations diplomatiques avec ce pays, elle n’est pas prête d’en être une. Seul un changement de régime brutal pourrait remettre en cause ses relations et, qui sait, constituer une menace. Un tel coup d’état ferait passer le gouvernement slavis de la gauche à l’extrême gauche ou l’extrême droite de l’échiquier politique, ou peut-être même le pays serait-il dirigé par une junte.

Dans ce cas, Slaviensk perdrait le soutient de l’Union Libertaire et de l’OND. Si ce n’est pas sûr, cela est néanmoins fort probable.

Vous me demandez ensuite comment nous pouvons savoir que l’oblast frontalier tomberait en trois mois et quelle armée a été prise en compte pour calculer ce délai. Je vous réponds que ce sont les effectifs militaires de la Restvinie qui ont été pris en compte car, si il est affaibli, ce pays reste une menace tant qu’un changement de régime durable et l’instauration d’une véritable démocratie. Nous ne souhaitons pas être à l’initiative d’un tel changement, car nous respectons la souveraineté populaire, mais nous l’espérons, pour le peuple restvinien, pour la sécurité du Latrua et pour la stabilité de la région.
En attendant, même affaiblie, cette nation reste une menace. Vous me direz que la Restvinie sera aidée en cas de conflit : de deux choses l’une, cela me semble peu probable, et puis nous serions nous-même épaulés par certains alliés, à commencer par les slavis.

Pour ce qui est de la question maritime, votre remarque est on ne peut plus intéressante et je l’entends entièrement. Cependant, ce que je vous propose n’est pas de chiffrer directement les moyens utilisés, premièrement car cela devra être modifié dans un futur proche, et ce continuellement, car nos armées ne cessent d’évoluer ; deuxièmement, car je ne veux en aucun donner un nombre de soldats et de bâtiments kartiens utiles à de telles opérations, car le déploiement de ces forces reste votre droit le plus entier.
Finalement, si vous ne croyez pas à la possibilité d’une attaque par la mer, soit, qu’à cela ne tienne. Cependant, je vous prierais de noter que faisant mon travail de Chef d’État Major, je me devais de prendre en compte toutes les menaces, et je dis bien toutes.

J’ai aussi trouvé très intéressante votre présentation, très succincte, de votre doctrine militaire. J’ai pris maintes notes ; reste à les appliquer, si j’en trouve l’utilité.

Quelle était la question suivante ? Ah oui ! Quel pays craignons-nous le plus ; quelle nation nous fait si peur pour que nous élaborions pareils plans et pareilles stratégies ? Aucun, Madame, aucun. Nous n’avons peur d’aucune nation, car notre politique diplomatique - et je ne suis pas le mieux placé pour en parler - permet à mon pays de jouir d’une certaine neutralité et donc de vivre paisiblement. Vous pourrez trouver ce genre de choix peu audacieux, voire un peu planqué, mais ils sont les nôtres et ils ont protégé le Latrua pendant quelques siècles.

Alors, pourquoi proposez-vous cette réunion ; pourquoi vous proposez ces stratégies ; pourquoi vous soumettre ces documents ; pourquoi vous tenir ce discours ; pourquoi vous atterrez avec ces propositions ? Peut-être, car nos deux pays ont décidé de coopérer, en particulier sur les sujets de défense. Cela n’est ni mon choix ni le vôtre. Que cela vous dérange de traiter avec un pays militairement plus faible, et c’est bien peu de le dire, que le vôtre, je le conçois et je le comprends. Mais n’est-il pas dans l’intérêt de la nation kartienne que d’aider le Latrua, pour que ce dernier puisse venir lui porter assistance, avec ses maigres moyens, en cas de conflit ? Si je ne doute pas de votre capacité à vous défendre militairement - vous l’avez montré à de multiples reprises - il est toujours bon de se savoir soutenu et aidé.
Diriger les armées latruantes est le plus grand honneur qu’il m’a été donné de vivre. Ce genre de mission, je ne vais pas vous l’apprendre, appelle parfois des sacrifices et je ne tremblerai pas si l’on me donne l'ordre d’envoyer des soldats pour vous venir en aide ; je n’hésiterai pas à risquer le sacrifice humain pour sauver une pays allié, peut-être même ami ; et j’espère que la réciproque n’est pas qu’un doux rêve m. Car nous coopérons. Ce n’est pas une minaffaire, maisais nous le faisons en bons serviteurs de nos États.

C’est dans cet esprit de coopération que nous souhaitons intensifier les exercices militaires M. Nous souhaitons le faire en eaux latruantes, dans ce qui constitue notre ZEE, dans ce qui est sous pleine, entière et unique juridiction. Que la République de Velsna s’en mêle serait un abus clair et cela bafouerait notre souveraineté. De plus, et je parle ici sous le contrôle de Monsieur le Ministre, des discussions entre le Latrua et Velsna ont lieu.

Enfin, toujours dans l’idée de coopérer, nous vous proposons de créer une brigade d’aviation et une patrouille maritime communes. Leur objectif serait d’assurer des missions de surveillance et de dissuasion. Lorsque ces dernières s’effectueraient sur un territoire sous juridiction latruante, les corps d’armée seraient majoritairement composés d’engins latruants, 70% contre seulement 30% d’équipements kartiens. Cela s’inverse quand les missions seraient menées en territoire kartien. Car tout ce que nous proposons ne s’applique pas qu’au simple Latrua, ce serait égoïste de notre part, mais bien à nos deux pays. Si vous souhaitez que je sois encore plus précis, je pense, en ce qui concerne les brigades aériennes, qu’un détachement de douze appareils, composé de cinq avions de chasse, trois avions d’attaque au sol, deux bombardiers stratégiques, un avion ravitailleur et un avion radar, serait suffisant pour accomplir à la fois des missions de surveillance et aussi pour exécuter des manœuvres techniques.
Pour les missions marines, un groupement de trois patrouilleurs, de trois sous-marins, d’un destroyer et d’une frégate serait adéquat. Mais il faut bien évidemment prendre en compte nos capacités dans ce domaine et je suis ouvert à une restructuration de ce groupement.

Car vous dites que votre marine est sous-développée. Cela tombe bien, la nôtre aussi ! Travaillons ensemble pour construire deux marines solides, modernes, capables de travailler ensemble et séparément. Je pense que, modestement, nos armées peuvent en apprendre l’une de l’autre, et c’est pour cela que nous travaillons aujourd’hui. Je suis prêt à faire les efforts nécessaires pour le arriver à une réalisation concrète et satisfaisante, et je suis convaincu qu’il en est de même pour vous, car c’est dans notre intérêt.

Je vous remercie pour votre écoute. »


Lavrenti Lomtev
2161
Citoyen Luciano Bellanti

AlinéaLe Commissariat des Armées Kartiennes est dirigé par sa Commissaire à la Défense, présentement dame Taliska Strakhova. D'un point de vue strictement militaire, la femme n'a aucun supérieur, personne pour lui dicter un ordre. Si le fonctionnement du Commissariat est confronté à quelques changements au cours du temps, il n'en restera pas moins soumis à l'exécutif: La Présidence Fédérale. Cette dernière dicte quoi faire, le Commissariat décide néanmoins entièrement du comment cela va se faire. Malgré tout cela, Taliska ne s'agaça pas de la prise de parole du Maréchal. Non à vrai dire, elle s'en fichait assez simplement. Si un jour la République du Latrua devra avoir le soutien des armées Kartiennes, ce sera avec elle qu'il faudra composer. En l'état, cette discussion n'était absolument pas militaire: Elle était diplomatique et, au mieux, politique. Cela ne la regardait pas. Absolument pas. Le Gouverneur Bellanti le comprenant bien, il répondit au Maréchal.

«Mhm, comprenez le comportement des gradés de notre état-major, Excellences Latruantes. S'il est fort peu diplomatique, il faut se le dire, c'est avant tout grâce à des personnes comme la Commissaire Strakhova que notre armée est si efficace. Soyez assurés que le jour venu d'un conflit contre vous, que Dieu vous garde d'un tel présage, ce seront ces personnes là qui opéreront pour vous soutenir.

Discuter du comment de ces affaires militaires, ce sera au Commissariat des Armées de le faire, pas à moi. En revanche, je crois bien comprendre que vous avez déjà établi les solutions aux scénarios que présentent vos documents ? Cela passerait par le déroulement d'exercices militaires maritimes dans votre ZEE, ainsi que la création de ces deux brigades. Pour ce qui est de faire plus d'exercices, soit, ce sera chose faite. Cependant, je ne peux en l'état accéder à vôtre requête sur cette brigade maritime. Notre navy suffit à protéger nos propres côtes, à peine plus. Il ne serait pas sage d'amoindrir cette capacité qui, soyons clairs, n'est déjà pas suffisante.

De plus, la République Fédérale Kartienne ne tolèrera pas une quelconque présence militaire étrangère. Sur son sol, sur ses mers et dans ses airs. Toute présence militaire durable chez nous sera combattue, c'est ce que demande notre peuple. Ainsi, l'idée de cette brigade aérienne est bonne, mais elle ne pourra s'installer en Karty. Que des exercices militaires aient lieu, soit, c'est une présence temporelle et courte. Ainsi, si j'ai bien saisi votre idée, vous souhaiteriez que des aéronefs Kartiens soient sur votre sol ?
»
2555
Pyotr comprenait la manœuvre du Gouverneur Fédéral. Il fallait absolument calmer les esprits qui avaient commencé à s'échauffer. Les militaires ont ce défaut premier, primaire, d'être francs, bien trop francs. La sortie des deux militaires était assez honteuse du point de vue d'un diplomate, car elle dérogeait à la bienséance la plus élémentaire. Pyotr était un homme de calme, ne supportant pas le moindre excès ou énervement. Il était étonné par les propos et surtout le ton employé par le Maréchal, et amusé par celui de la Commissaire à la Défense, cette dernière lui rappelant un peu sa cinquième femme : une femme un brin autoritaire, presque castratrice, qui avait, Dieu merci, péri dans un accident de voiture, donnant le statut de veuf à Pyotr, après seulement un an de mariage.

Le Ministre se devait de ramener la discussion sur des terrains plus diplomatiques, plus feutrés, et de terminer cette entrevue avec une victoire et des garanties pour la partie latruante. Il appréciait donc la perche lancée par son homologue kartien. Il regarda ce dernier et dit :

"Merci Monsieur le Gouverneur Fédéral pour vos réponses. Les miennes seront aussi simples et rapides. Sur la brigade aérienne commune, deux points importants sont à aborder. Le premier, et je pense que c'est le plus important, est que ce détachement ne serait pas constamment stationné sur nos territoires. Les aéronefs kartiens viendraient pour une durée d'un mois, et ce six fois par an, sur le territoire latruant, et inversement pour la chasse latruante.
En faisant cela, nous respectons la volonté de nos deux nations de ne pas avoir de présence militaire étrangère sur leur sol, ou du moins sans que ce genre de présence soit réciproque. En faisant cela, nous mettons, dans le cadre de notre coopération et de nos partenariats, nos deux pays sur le même pied d'égalité. En faisant cela, nous montrons qu'en modifiant nos traités, nous rendons notre relation plus uniforme et que la République Fédérale de Karty peut compter militairement sur la République du Latrua. En faisant cela, nous créons un outil de coopération et de protection sans empiéter plus encore sur notre souveraineté respective. En faisant cela, nous permettons à nos pilotes de coopérer, d'apprendre à travailler ensemble sur nos terrains aériens, et nous surveillons nos frontières dans un moment où les menaces et les tensions ne vont que devenir de plus en plus concrètes.

Pour clôturer mon intervention, je voulais redire, et je me répète, cette présence ne serait pas permanente, nos bases respectives n'abriteraient pas les avions de l'autre que durant un mois, et pas un jour de plus. Si le nombre de rotation vous paraît trop grand, nous sommes totalement ouverts à une restructuration.
Enfin, ce sujet passé, je serais très intéressé d'entendre si des menaces existent aujourd'hui sur votre nation, et le cas échéant, comment le Latrua pourrait vous aider, quel pays le Latrua devrait considérer comme un ennemi potentiel et un belligérant dans les années à venir ? "



Pyotr Abalyshev
4282
Citoyen Luciano Bellanti

AlinéaLe Gouverneur Bellanti hocha la tête. Pas par acquiescement, mais plus pour faire comprendre que le message était entendu. Reçu, plus précisément. Il répondit, d'un air tant chaleureux que tranchant. Il fallait l'être de temps en temps, tranchant: Et cela, même Luciano le savait.

«J'entends ce que vous me dites, sieur Abalyshev. Sincèrement. Cependant, la République Fédérale Kartienne ne peut accepter une quelconque présence militaire étrangère sur son sol. Soyons clairs, vous me dites que cette brigade aérienne serait à moitié de composition Kartienne, et à moitié de composition Latruante. Cette brigade serait présente pendant un mois, et ce six fois par an. Soit, autrement dit, la moitié de l'année chez un pays, l'autre moitié chez l'autre. En d'autres mots: Une présence établie de militaires étrangers sur notre sol, qui a vocation à perdurer, là où un simple exercice militaire entre dans le cadre d'une exception. Nous ne pouvons accepter toute autre chose qui n'est pas une exception, et c'est déjà beaucoup pour nous.

Je pourrais vous évoquer toute une panoplie de raisons, que vous connaissez déjà. Par souveraineté, par idéologie, par honneur. Mais c'est surtout là la volonté de notre peuple. Et c'est ce que moi, Gouverneur Fédéral, je dois défendre en premier. Une cause populaire Kartienne qui justifie un ressentiment aussi grand à cette idée, et qui vous est peut-être inconnue, demeure le Culte Angélien. Même s'il n'y a que 30% des Kartiens qui le pratiquent, il faut dire que seuls des Kartiens le pratiquent d'une part, et que d'autre part, ce culte possède une influence significative sur toute notre société. Un des aspects qui ressort demeure le fait que le territoire Kartien est une terre sainte, la terre promise des Kartiens à eux seuls. N'entrons pas dans un débat d'ordre théologique cependant, comprenez simplement que notre peuple n'acceptera jamais une présence militaire qui n'est pas des leurs et qui a vocation à s'éterniser.

J'entends que vous souhaitiez obtenir la présence de nos aéronefs sur votre sol, afin de montrer sécurité et coopération. En revanche, vous dites également que le Latrua ne pourrait vraisemblablement pas accepter —quant à lui— un partenariat asymétrique. Soit, mais j'ai peur que nous touchons là une impasse. Et ça n'est pas une fin en soi, fort heureusement. Je vous propose, à la place, comme pour la marine, d'intensifier les exercices militaires, et ce dans le volet aérien.
»

Luciano souffla, portant à ses lèvres un verre d'eau pour se donner une pause. Théoriquement, ce serait au Commissariat des Armées de répondre à la question des menaces qui pèsent sur la patrie mère. En revanche, la Commissaire Strakhova ne semblait pas vouloir se prononcer, ou du moins voulait-elle laisser la parole au Gouverneur.

«En l'état, aucune menace sérieuse contre la République Fédérale Kartienne n'est à souligner. La victoire contre la Loduarie a d'abord constitué la chute de notre premier rival, et a ensuite affirmé notre puissance aux yeux du monde. Quel pays serait prêt à s'attaquer à ceux qui ont fait tomber Lyonnars en un seul jour ? Cependant, aucune menace sérieuse ne veut pas dire aucune menace. La Vahrénie est à cette heure le régime le plus inquiétant. En revanche, son infériorité militaire est telle qu'une guerre entre nos deux pays ne serait qu'une simple promenade de santé pour nous. A ce même titre, il y aurait également l'Illirée ou encore le Churaynn: Si vous souhaitez que je développe la question, faites-le moi savoir.

En réalité, et ce fut le cas contre la Loduarie Communiste, une intervention militaire Kartienne serait en majeure partie due par un accord international. Imaginons que l'Antares, Rasken, ou encore vous, se fasse attaquer... Ce serait le scénario le plus probable, aujourd'hui. Pas une attaque directe contre nous. La diplomatie que mène la Présidence Fédérale est suffisamment qualitative pour lui éviter ce genre de désagrément, pour l'instant. La géopolitique étant un terrain dangereux, ce que je vous dis aujourd'hui pourrait ne plus être demain.

En revanche, le scénario sur lequel s'attarde le plus nos autorités est la Vahrénie. Il ne s'agirait pas d'une intervention contre nous, mais plutôt d'une intervention de la Fédération Estalienne en Vahrénie. Si nous nous entendons bien avec l'Estalie, il n'en reste pas moins que l'apparition d'un autre vassal Estalien à notre frontière ne nous enchante pas. Or, l'Estalie se dit perpétuellement en guerre avec les pays fascistes, et nous a explicitement signalé sa volonté de 'libérer' la Vahrénie par les armes. S'ajoute à cela les intérêts de l'ONC, sieur Abalyshev. La Grande République de Velsna nous a fait savoir que l'apparition d'un proxy Estalien frontalier à la Youslévie —membre de l'ONC— et bordant la Leucytalée ne serait pas une bonne chose. La situation la plus grave et plausible, en l'état, serait une attaque Estalienne sur la Vahrénie, qui par ricochet entraînerait l'ONC contre l'Estalie, puis l'Union Libertaire contre l'ONC. Tout ça à notre frontière. Même si ce scénario indiquerait notre neutralité, il ne serait pas... Enchantant.
»
1869
Décevant pensa Pyotr. Il ne rentrerait pas à Vrarany avec l'assurance de la création de nouveaux dispositifs inter-armés. Pour lui, l'homme consciencieux, l'homme de l'ombre, ce refus sonnait comme un échec et, s'il y a bien une chose au monde qu'il déteste, c'est d'échouer. Le monologue qui suivit l’intéressa de manière distraite ; connaître les menaces qui planaient sur la nation kartienne revenait à entendre une liste longue, presque infinie, tant la République Fédéral savait provoquer l'inimitié et la dureté. Mais il fallait être diplomate, élégant, voire même passionné, et c'est pourquoi le Ministre prit sur lui pour relancer son interlocuteur :

"Merci Monsieur le Gouverneur Fédéral pour toutes ces explications. Sur la question des forces communes, nous comprenons votre position et vous remercions pour votre proposition d'intensifier les exercices militaires dans les domaines aériens et maritimes. Nous accueillons cela avec joie, comme une marque de confiance de votre part et de votre volonté de poursuivre nos efforts dans le domaine de la coopération militaire.

En ce qui concerne les menaces qui pèsent sur votre nation, je salue votre analyse précise et détaillée. Deux questions me viennent à l'esprit. La première porte sur les menaces venant d'Illirée et du Churaynn : quelles formes prendraient-elles, pensez-vous qu'elles pourraient se concrétiser dans un avenir proche et quelles raisons vous poussent à considérer ces pays comme de possibles ennemis ? La deuxième concerne la Vahrénie : quelles seraient les limites qui, si elles étaient dépassées, amèneraient Karty à s'engager dans un conflit ?

Enfin, si nous ne pouvons organiser de plan clair permettant une réponse militaire rapide et coordonnée, nous souhaiterions nous accorder sur une marche à suivre en cas de conflit. Cette dernière stipulerait qu'en cas de conflit, nos deux nations disposeraient d'un délai de deux jours à compter des premières attaques pour entrer en contact avec le ou les agresseurs, afin de chercher une solution diplomatique à l'affrontement. Passé ce délai, nous devrons impérativement entrer en guerre contre le ou les belligérants, en soutien. Que pensez-vous de ce protocole ? "



Pyotr Abalyshev
2694
Citoyen Luciano Bellanti

AlinéaLuciano posa sa main sur son menton, affichant sa réflexion. Le Churaynn était une affaire lointaine, pour lui, d'un gouvernement et même d'un régime ancien.

«Pour ce qui est de l'Illirée, c'est ce pays qui pourrait considérer Karty comme une ennemie, dans la mesure où nous avons humilié son maître Loduarien. Non seulement nous avons tué leur gourou, cette secrétaire générale Aurore vous savez, mais nous sommes à l'origine de la chute de leur organisation: L'UICS. Ce n'est, cependant, absolument pas une menace pour nous. En étant tout à fait honnête, un soutien Latruant, plus que diplomatique, ne serait pas demandé. L'Illirée est, d'une part, bien inférieur à nous sur le plan militaire. D'autre part, si l'Illirée nous attaque, les Raskenois seraient les premiers à nous défendre.

Concernant le Churaynn... Karty a, il y a quelques années de cela, 'averti' militairement le Churaynn. Cette histoire est vieille, sans doute plus d'actualité. Anciennement, le Churaynn avait annoncé combattre l'Etat de Grammatika en raison de sa colonie en Afarée. Une question de décolonisation. Notre ancien gouvernement avait, en conséquence, contacté les autorités Churaynnaises afin de s'assurer qu'il ne s'agissait que d'une hostilité contre la colonie en Afarée. Leur réponse s'était portée sur un agissement potentiel contre le Grammatika Eurysien, à notre frontière. Suite à divers échanges tendus, leur réponse n'ayant pas été satisfaisante, deux missiles balistiques Kartiens ont été tiré sur une infrastructure militaire du Churaynn en guise d'avertissement. Mais, comme je vous l'ai dit, cette histoire est vieille, trop vieille pour être considérée. Le Churaynn ne serait, de toute façon, pas une menace pour nous.

Pour ce troisième cas de la Vahrénie, je ne pense pas que nous pouvons anticiper tout ce qui pourrait se passer là-bas. Sachez, en revanche, que la très grande majorité des scénarios indiqueraient notre neutralité. Il s'agit d'une situation délicate, car l'ONC pourrait y affronter l'Union Libertaire: Deux organisations avec lesquelles nous sommes proches. Finalement, votre dernière proposition est acceptée: Nous l'ajoutons à la modification du Codicille de Corbevent. Je vous propose, donc, le modification des articles V et VI.
»

Articles modifiésArticle V: Les deux parties s'engagent dans un strict pacte de défense commun: Toute attaque contre l'intégrité du territoire de l'une entraîne une réponse militaire de l'autre. Dans le cas d'un conflit, la partie supposée apporter cette réponse militaire dispose d'un délai de deux jours pour engager la diplomatie avec l'acteur responsable de l'attaque: Sans quoi ladite ladite réponse devra être portée par une déclaration de guerre. Cet article ne saurait constituer un effet de blanc-seing.

Article VI: La fidélisation Latruante auprès de l'Ordre Oruzhiya est rendue caduque. La partie Kartienne s'engage à fournir les pièces de rechange nécessaires aux équipements Kartiens, moyennant les retours monétaires, considérant l'importance de ces derniers dans l'armée Latruante. Par ailleurs, la partie Kartienne s'engage à étudier la production d'un groupe aéronaval pour la partie Latruante, moyennant les retours monétaires.
1009
La situation était claire pour Pyotr. Il avait pris nombre de notes et ferait un rapport précis au Président, à son retour à Vrarany. Il lut les propositions de modifications et n'y trouva rien à redire. La réunion était décevante, mais pas totalement inutile. Le Ministre des Affaires Étrangères clôtura ainsi la rencontre :

"Merci Monsieur le Gouverneur Fédéral pour vos précisions qui nous permettent de mieux appréhender vos relations diplomatiques avec certaines nations du monde. En ce qui concerne les modifications apportées à nos textes, je les trouve tout à fait en phase avec la réalité de notre temps et avec l'évolution de nos doctrines.
Je tenais à vous remercier, Monsieur le Gouverneur, pour ces discussions fructueuses qui montrent que, malgré les obstacles qui peuvent exister, notre alliance est forte et résistante. Monsieur le Président de la République, et le Latrua tout entier sont heureux des liens qui unissent nos deux pays, et nous serons honorés d'accueillir Madame la Gouverneure Fédérale, si Monsieur le Président est réélu, à l'investiture d'avril et, à plus long terme, lors d'une visite d’État sur notre territoire.
Je vous remercie."



Pyotr Abalyshev
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