Lorsqu'un appel appelle un appel.
Appel téléphonique entre Achos et la Poëtoscovie
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Effectivement, figurez-vous une organisation franchement en dehors de la ligne diplomatique d'un État, qui contacte un second État par un même courrier, lequel répond, et entreprend une régularisation avec des forces irrégulières. Cela aurait, légitimement, de quoi agacer, énerver, irriter, exciter, froisser, fâcher, exaspérer, horripiler, indisposer, tracasser, enquiquiner, crisper, importuner... bref, emmerder bien comme il faut Achos. C'est pourquoi les agents de la Sécurité de Poëtoscovie, qui n'étaient pas nés de la dernière pluie, évitèrent à tout prix cette situation, et alors que l'appel avec la mystérieuse organisation était toujours en cours, firent se constituer une cellule de crise sans délai. Composée de membres du Ministère des Relations internationales, de celui de la Sécurité d'État et en présence de messieurs leurs ministres respectifs, elle a pour but d'agir dans les règles de l'art.
- Bon, où en est-on exactement, intervint Piotr Vassia, ministre des Relations internationales de Poëtoscovie. Cela a-t-il avancé depuis la dernière fois ? Madame la Présidente de la République attend des renseignements précis, je viens d'avoir son cabinet au téléphone.
- Nous avons indiqué à l'AIAN que nous étions plutôt favorables à une coopération entre nos forces, tout en leur indiquant nos deux lignes rouges, expliqua un homme épaulant le fonctionnaire de la Sécurité d'État, lequel était toujours au téléphone avec la mystérieuse organisation.
Les deux ministres se regardaient, s'interrogeant du regard et avec un air de complicité propre à ce genre de situations inattendues. À dire vrai, l'homme d'État en charge des services de renseignement trépignait à l'idée de pouvoir continuer les opérations à l'encontre de Velsna, là où Piotr Vassia était plus sceptique, et comptait réellement sur le processus de paix. Et puis bon, après tout... Les velsniens n'avaient pas répondu, et il serait toujours possible de se retirer gentiment de toute collaboration avec l'AIAN. Au fond, si les différentes voies ouvertes à la Poëtoscovie ne pouvaient que lui être bénéfiques, il convenait d'adopter la plus grande prudence dans tout rapprochement d'une organisation que la seconde puissance mondiale n'aurait aucun mal à qualifier de terroriste.
- Et alors ? renchérit le ministre des Relations internationales. Où en est-on avec Achos ?
- L'organisation non-étatique sait que nous sommes actuellement engagés dans un processus de paix pour ce qui relève de notre posture publique. Elle sait aussi que nous ne comptons pas faire cela dans le dos de l'État achosien. Nous les avons d'ailleurs appelé, et nous attendons qu'ils puissent vous transférer leur ministre des Relations internationales...
Sur ce, un opérateur cria : « Connexion dans 3... » Un téléphone fut tendu au ministre. « 2... » Le ministre réalisa ce que son homologue avait décroché. « 1... » Piotr Vassia colla le téléphone à son oreille et dit :
- Allô, mon cher collègue... Oui ! C'est Piotr Vassia, pour la Poëtoscovie. Je vous remercie de me consacrer deux minutes.